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le blog du laboratoire anarchiste

lalibertédautruiestlaconditiondemaliberté

Samedi 27 octobre 2012 6 27 /10 /Oct /2012 11:20

Révoltes et répression à la prison de Roanne, été 2012
Interview d’un ex-prisonnier, sorti récemment de Roanne

Le 4 juillet 2012, quatre prisonniers du centre de détention de Roanne sont chargés sans sommation par huit surveillants alors qu’ils avaient décidé de bloquer la cour de promenade pour protester contre le sort qui leur était réservé.
Une répression sévère s’en suit.
Clandestinement, des détenus solidaires filment la scène, la font circuler sur internet, accompagnée d’une lettre.

L’un des quatre détenus qui avaient voulu bloquer la cour de promenade est à présent sorti de prison et, dans une interview d’une dizaine de minutes, il revient sur les conditions de détention à Roanne, les raisons du mécontentement, ce qui s’est passé ce jour-là dans la cour de promenade, la répression qui s’en est suivie…

À écouter ou télécharger ici

Ces informations doivent circuler le plus largement possible, à destination d’autres prisonniers aussi si c’est possible. Face à ces infos, nous ne pouvons pas rester passifs, nous contenter de nous indigner, ou avoir peur de la répression, mais cela devrait plutôt nous inciter à être et rester solidaires des prisonniers en lutte…

(NB : vous remarquerez que dans l’interview, certains noms d’oiseaux se sont transformés en bruits d’animaux.)

Pour + d’infos sur les évènements au centre de détention de Roanne :

• Écoutez l’émission de radio spéciale ;

• Lisez un résumé des évènements à Roanne jusqu’au 9 juillet ;

• Regardez la vidéo du 4 juillet et un autre résumé des événements ;

• À lire aussi : le dernier numéro du journal L’Envolée, sur les mouvements contre les prisons, à Roanne et ailleurs (n° 33, disponible entre autres à la librairie notre temps valence Rendez-Vous, aiuu laboratoire anarchique, à Valence).

Pour contacter le collectif anti-carcéral Papillon (émission de radio, solidarité avec les prisonniers, publication d’infos et témoignages, etc.)

:

Émission Papillon
16 rue du Mont
42100 Saint-Étienne

Publié dans : lalibertédautruiestlaconditiondemaliberté
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Vendredi 12 octobre 2012 5 12 /10 /Oct /2012 11:54

on devait faire connaître ce personnage anarchiste individualiste. Par la  connaissance des antimilitaristes, le blog le laboratoire vous permet de redécouvrir cette personne.

Agitateur, propagandiste pacifiste, philosophe et individualiste libertaire, André DUPONT dit Aguigui MOUNA est né 1er octobre 1911, à Meythet (Haute Savoie) dans une famille de petits cultivateurs. Orphelin à 9 ans, il travaille en usine à 13 ans, puis s'engage un temps dans la marine. Chômeur dans les années 30, puis employé d’hôtel, serveur, barman, … il multiplie les petits boulots, et les échecs, à Nice, Paris, Antibes, Marseille … Il se marie avec  Mimi, une antiboise. Mobilisé en 1939 durant la "Drôle de guerre", ce moment fera de lui un antimilitariste. Il s'installe restaurateur à Paris mais fait faillite 4 ans plus tard.  A la libération il adhère au parti communiste. En 1946, il s’occupe d’une petite pension de famille à Antibes, puis d’une gérance à Paris. Mais il est à un tournant : son mariage vole en éclat, il est exclu du parti. Sa véritable prise de conscience philosophique, mélange de pacifisme et d'individualisme anarchiste, date de 1951. Il prend alors le nom d'Aguigui Mouna.

Il se transporte alors dans la rue donnant tout son talent d'agitateur car « les mass médias rendent souvent les masses médiocres » et « C'est en parlant qu'on devient haut-parleur ». Manifestation à lui tout seul, il harangue les passants dans les rues de Paris. Antinucléaire de la première heure, il crée son propre journal « Le Mouna Frères » qu'il diffuse lui-même.

Se saisissant de toutes les occasions pour se faire entendre, il se présentera à plusieurs reprises aux élections présidentielles en tant que "Non-candidat", afin d’y mettre son « grain de ciel ». Sur ses bulletins de vote, il se présente dès les années 1970 comme "écologiste", mais aussi "humaniste, mondialiste" et bien sur, "cyclodidacte". Le programme est simple: "des vélos, pas trop d'autos, du gazon, pas de béton, des moutons, pas de canons".

Il meurt à 88 ans le 8 mai 1999 à Paris. Le cinéaste Bernard Baissat lui a consacré un film, et la journaliste Anne Gallois une biographie : Aguigui Mouna "Gueule ou crève", à lire absolument.

 

Mouna n'avait pas d'enfant, mais des milliers d'enfants de cœur de 4 à 104 ans; il habitait au pied de la Butte Montmartre, dans un petit logement du boulevard de Clichy et il parcourait le bitume parisien sur un vélo tractant une remorque bricolée, avec dans ses sacoches tout un bric-à-brac de clown de rue et son fameux  "Mouna Frère", le seul journal publié et vendu épisodiquement selon les ressources.

Il allait de par les sentiers du Quartier latin, de par les places publiques, de par les festivals d'Avignon, de Bourges et d'ailleurs, il ne ratait aucune manifestation, rassemblements anti-nucléaires, pacifiste, soutien des objecteurs, ... il s’indignait contre tout ce qui n’allait pas;  il avait une philosophie, non violente  et généreuse; en 68 il dira aux uns « Que vos grenades se transforment en fleurs », et aux autres « Que vos pavés se métamorphosent en bouquets », et à tous : « La société est la projection de chacun de nous. Moi je demande le droit à la dignité, au respect, à la tolérance, à la tendresse, à l’amour, pas à la haine. La haine engendre la haine » ce qui lui vaudra d’être considéré comme un traître par les militants gauchistes. Une information entendue à la radio le faisait bondir sur les lieux pour protester. Les nuits passées dans les commissariats de police, sous la direction orchestrale de Mouna, restent  gravées dans les mémoires des manifestants de l'époque. "Taisez-vous !" disaient les flics.  "Une-deux", rétorquait Mouna, et la chorale reprenait en chœur.

Debout sur son éternelle poubelle, comme Diogène sur son tonneau, avec sa longue barbe blanche hirsute de diable révolutionnaire, et un éternel chapeau mou recouvert de badges pacifistes et écolos vissé sur le crâne, il apostrophait les consommateurs et les nantis, bousculant les valeurs polluantes et les tabous mesquins de notre société à bout de sagesse ! Que résonne encore dans nos cœurs endurcis, cette clameur intempestive et joyeuse de notre frère Mouna !

Dans sa harangue passionnée, prophétique, rigolarde, véhémente, coq-à-l'âne et calembourdesque à la mords-moi le nœud, on voyait défiler à toute vitesse: la haine de l'armée et tout ce qui tue, l'horreur de la chasse, de la pêche, de la corrida, des combats de coqs et de tout ce qui fait joujou avec la mort des autres, la dénonciation de la pollution, c'est à dire du saccage de la terre et des êtres vivants pour nos petits conforts et nos minables gadgets, la dénonciation des crapuleries politicardes, de l'hypocrisie envers le Tiers-monde, le refus de tous les puissants, les riches, les juges, la police, les curés ...

Mouna c'était une manif à lui tout seul, un prophète.

lisez les paroles de AGUIGUI MOUNA ici 

 

 

 

 

 


Approchez, approchez, on désinfectera après.

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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 01:10

Lu  sur

Un premier commentaire aux deux journées "Une montagne de livres contre le TAV"

(traduit d'après No-Tav info)
auteur anonyme

Samedi et dimanche, la présence dans la Vallée de nombre d'auteurs et d'éditeurs nous a amené dans la vallée la solidarité d'une partie importante des "travailleurs de l'imaginaire", comme les a définis Serge Quadruppani, qui a eu l'idée de la manifestation.
Avant le début de la rencontre, on était allé rendre visite à l'ami Giorgio, aux arrêts domiciliaires

à qui des centaines de cartes postales de solidarité (dont quelques dizaines du plateau de Millevaches) ont été envoyées après qu'il eut été placé à l'isolement, quand il était encore en prison (il a été libéré à la fin de la semaine dernière) 


Samedi à Bussoleno, dimanche à Chiomonte et Giaglione dans un premier temps, dans le Val Clarea ensuite [portion de forêt qui a subi une extension sauvage récente du camp fortifié présenté comme un chantier ndt], entre lectures, visite des grillages d'enceintre, discussions lors d'une table ronde sur comment cette proximité peut et doit s'exprimer, et devant une table bien garnie sur tous les sujets imaginables, nous ont apporté des reflets sur la manière dont, hors de la Vallée, est vue notre lutte, et sur celles à laquelle elle est associée. Renonçant à tenter un résumé cohérent des deux journées, j'essaie d'en rapporter quelques instantanés.
De la journée de samedi
- Entendre l'incipit du prochain roman de Serge Quadruppani ("je devais le remettre fin mars", dit-il), qui s'ouvre par la description d'un paysage divisé en deux parties inégales par la ligne d'un viaduc d'autoroute, dans la partie basse de laquelle, sous le soleil de juillet, s'affrontent police et manifestants, séparés par un grillage. Inutile d'entendre nommer Suse pour comprendre ce qui se passe.
L'argent de la solidarité récolté lors d'un banquet à Peyrelevade a été remis…

…et j'ai insisté pour que les billets soient photographiés, afin d'éloigner les soupçons de mes camarades sur un éventuel usage de cet argent au profit de mes intempérances diverses
- Rester interdits après avoir entendu Dominique Manotti qui tire d'un de ses livres une explicite métaphore sexuelle du rapport entre pouvoir politique et pouvoir économique, le premier étant complètement soumis au second.
Bien connus des services de police: Dominique Manotti, Marc Porcu et, au premier rang, Girolamo De Michele…
- La réflexion de Filippo Sottile sur le fortin de la Val Clarea comme scène prête à la représentation d'un camp de concentration, dans l'attente de l'arrivée des figurants.

- Kai Zen J, qui avec un passage de Delta Bues, centré sur les actions dans le delta du Niger d'une "firme" assez facilement identifiable nous met devant la question: "Qu'est-ce qui se passe si nous découvrons, dans la trame du roman noir, que l'assassin, c'est nous?"
- Le tonnerre d'applaudissement qui salue la fin de la lecture par Wu Ming 1 de "La plus grande carpe d'Occitanie", écrit en février, après la rafale d'arrestations pour les manifestations de juillet, qui, parmi toutes les lectures écoutées, explicite peut-être le mieux le sentiment de participation commune qu'on a respiré durant ces deux jours.
- La ré-évocation émue de la lutte de la Val Bormida contre l'Acna de Cengio, dans les pages de Patricia Dao.
- Entendre tous les présents, dans le débat, insister sur la nécessité d'une écriture qui sorte de l'impasse de l'écriture intimiste pour se réapproprier la réalité et aider à la modifier.

De la journée de dimanche

- Découvrir, en le lisant au bar de Chiomonte que La Stampa a écrit un petit article sur la manifestation, en indiquant dans le titre comme présents quatre écrivains dont un seul était effectivement là.

en route vers le chantier


- Revivre dans le centre de Chiomonte, la scène de la place Alimonda [où a été tué Carlo Giuliani, aux manifs contre le sommet du G8 à Gênes  ndt] de juillet 2001, revoir dans les pages de La visione del Cieco [roman de Girolamo De Michele ndt], la séquence des faits et celle des distorsions que les récits successifs (des médias, de la politique, de la magistrature) y ont introduits ensuite.

Devant le fortin, nous avons dérangé la digestion dominicale des forces de police avec notamment la lecture par Wu Ming 1 de ce poème: Toutes les géographies ne sont pas égales/Dans la tête de certains/Pour aller de Turin à Lyon/On passe par Gênes, arrêt Bozanetto [caserne où l'on tortura en juillet 2001 ndt]/Et ce doit être un train/spécial/sa mécanique doit être/quantique/en fait, il zigzague dans le temps/Il fait escale à Mexico/En 68/(Super, il y a les Olympiades!/il fait le plein à Pékin, place Tienanmen/en 89/passe par Santiago du Chili/en 73/et dans d'autres beaux endroits, d'autres beaux moments/et n'arrive jamais en retard/il écourte les minutes/à la matraque/les passagers ne manquent pas/une correspondance (quel pot!)/ni une décennie./Et roule roule roule toujours plus fort/(...)/J'ai vu la météo: au long du voyage/nous trouverons un peu de brume/irritante./Pas de quoi s'inquiéter, il suffira/de fermer les fenêtres/et de se fier à ceux qui conduisent./Ceux qui conduisent/savent ce qui est le mieux pour nous.

 

Ici, il y avait un cimetière mérovingien, un site unique dans les Alpes, qui a été détruit par les blindés et transformée en parking

 

Ici, il y avait une forêt de châtaigniers pluriscéculaires


- Voir, à la vue du "chantier", les réactions de Serge Quadruppani qui y revenait après quelques mois, et de Fabrizzio Ruggirello qui y venait pour la première fois. S'entendre demander par le second "mais les policiers, là-dedans, qu'est-ce qu'ils défendent?", et ne pas savoir quoi répondre.

Maintenant, à la base des pylônes autour du fortin, il y a des panneaux censés empêcher qu'on y grimpe


- Entendre Sergio Bianchi, avec derrière lui le pylône électrique le plus fameux de la Vallée [celui où a été électrocuté Luca Abbà ndt], raconter la chute d'un pylône semblable lors d'un sabotage durant les années 70 et l'entendre conclure sa lecture avec "peut-être une nouvelle un peu extrémiste", comme pour modérer les applaudissements dont la force l'avait surpris.



- Ecouter une poésie de Marc Porcu "que j'ai écrite pour le peuple palestinien, mais qui aujourd'hui, après avoir vu le fil de fer barbelé israélien [celui qui, selon ceux de la Vallée est utilisé pour le fortin ndt], j'ai pensé qu'elle serait adaptée à la situation.



Deux journées très intenses qu'on espère pouvoir répéter bientôt si se réalise la proposition de Sergio Bianchi d'une semaine entière au cours de laquelle des travailleurs de l'imaginaire, cette fois non plus seulement des écrivains mais aussi des peintres et des documentaristes [et des musiciens, ndt] viendront dans la vallée pour apporter non pas quelque chose de déjà prêt mais pour y créer quelque chose qui parle de la lutte no-Tav

Dans la partie de la vallée déclarée "zone d'intérêt stratégique", les paysans n'ont le droit de cultiver leurs terres qu'à certaines heures, après avoir passé des contrôles, et ils ne peuvent embaucher des gens fichés comme no-tav. En compensation, ils peuvent admirer ces véhicules qui circulent sur leurs chemins



Un beau programme: "La Maddalena sera votre Vietnam", suivie d'une réponse si-tav sans ambiguïté: "Alors, Napa
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