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le blog du laboratoire anarchiste
Révoltes et répression à la prison de Roanne, été 2012
Interview d’un ex-prisonnier, sorti récemment de Roanne
Le 4 juillet 2012, quatre prisonniers du centre de détention de Roanne sont chargés sans sommation par huit surveillants alors qu’ils avaient décidé de bloquer
la cour de promenade pour protester contre le sort qui leur était réservé.
Une répression sévère s’en suit.
Clandestinement, des détenus solidaires filment la scène, la font circuler sur internet, accompagnée d’une lettre.
L’un des quatre détenus qui avaient voulu bloquer la cour de promenade est à présent sorti de prison et, dans une interview d’une dizaine de minutes, il revient sur les conditions de détention à Roanne, les raisons du mécontentement, ce qui s’est passé ce jour-là dans la cour de promenade, la répression qui s’en est suivie…
Ces informations doivent circuler le plus largement possible, à destination d’autres prisonniers aussi si c’est possible. Face à ces infos, nous ne pouvons pas rester passifs, nous contenter de nous indigner, ou avoir peur de la répression, mais cela devrait plutôt nous inciter à être et rester solidaires des prisonniers en lutte…
(NB : vous remarquerez que dans l’interview, certains noms d’oiseaux se sont transformés en bruits d’animaux.)
Pour + d’infos sur les évènements au centre de détention de Roanne :
• Écoutez l’émission de radio spéciale ;
• Lisez un résumé des évènements à Roanne jusqu’au 9 juillet ;
• Regardez la vidéo du 4 juillet et un autre résumé des événements ;
• À lire aussi : le dernier numéro du journal L’Envolée, sur les mouvements contre les prisons, à Roanne et ailleurs (n° 33, disponible entre autres à la librairie notre temps valence Rendez-Vous, aiuu laboratoire anarchique, à Valence).
Pour contacter le collectif anti-carcéral Papillon (émission de radio, solidarité avec les prisonniers, publication d’infos et témoignages, etc.)
:
Émission Papillon
16 rue du Mont
42100 Saint-Étienne
on devait faire connaître ce personnage anarchiste individualiste. Par la connaissance des antimilitaristes, le blog le laboratoire vous permet de redécouvrir cette personne.
Agitateur, propagandiste pacifiste, philosophe et individualiste libertaire, André DUPONT dit Aguigui MOUNA est né 1er octobre 1911, à Meythet (Haute Savoie) dans une famille de petits cultivateurs. Orphelin à 9 ans, il travaille en usine à 13 ans, puis s'engage un temps dans la marine. Chômeur dans les années 30, puis employé d’hôtel, serveur, barman, … il multiplie les petits boulots, et les échecs, à Nice, Paris, Antibes, Marseille … Il se marie avec Mimi, une antiboise. Mobilisé en 1939 durant la "Drôle de guerre", ce moment fera de lui un antimilitariste. Il s'installe restaurateur à Paris mais fait faillite 4 ans plus tard. A la libération il adhère au parti communiste. En 1946, il s’occupe d’une petite pension de famille à Antibes, puis d’une gérance à Paris. Mais il est à un tournant : son mariage vole en éclat, il est exclu du parti. Sa véritable prise de conscience philosophique, mélange de pacifisme et d'individualisme anarchiste, date de 1951. Il prend alors le nom d'Aguigui Mouna.
Il se transporte alors dans la rue donnant tout son talent d'agitateur car « les mass médias rendent souvent les masses médiocres » et « C'est en parlant qu'on devient haut-parleur ». Manifestation à lui tout seul, il harangue les passants dans les rues de Paris. Antinucléaire de la première heure, il crée son propre journal « Le Mouna Frères » qu'il diffuse lui-même.
Se saisissant de toutes les occasions pour se faire entendre, il se présentera à plusieurs reprises aux élections présidentielles en tant que "Non-candidat", afin d’y mettre son « grain de ciel ». Sur ses bulletins de vote, il se présente dès les années 1970 comme "écologiste", mais aussi "humaniste, mondialiste" et bien sur, "cyclodidacte". Le programme est simple: "des vélos, pas trop d'autos, du gazon, pas de béton, des moutons, pas de canons".
Il meurt à 88 ans le 8 mai 1999 à Paris. Le cinéaste Bernard Baissat lui a consacré un film, et la journaliste Anne Gallois une biographie : Aguigui Mouna "Gueule ou crève", à lire absolument.
Mouna n'avait pas d'enfant, mais des milliers d'enfants de cœur de 4 à 104 ans; il habitait au pied de la Butte Montmartre, dans un petit logement du boulevard de Clichy et il parcourait le bitume parisien sur un vélo tractant une remorque bricolée, avec dans ses sacoches tout un bric-à-brac de clown de rue et son fameux "Mouna Frère", le seul journal publié et vendu épisodiquement selon les ressources.
Il allait de par les sentiers du Quartier latin, de par les places publiques, de par les festivals d'Avignon, de Bourges et d'ailleurs, il ne ratait aucune manifestation, rassemblements anti-nucléaires, pacifiste, soutien des objecteurs, ... il s’indignait contre tout ce qui n’allait pas; il avait une philosophie, non violente et généreuse; en 68 il dira aux uns « Que vos grenades se transforment en fleurs », et aux autres « Que vos pavés se métamorphosent en bouquets », et à tous : « La société est la projection de chacun de nous. Moi je demande le droit à la dignité, au respect, à la tolérance, à la tendresse, à l’amour, pas à la haine. La haine engendre la haine » ce qui lui vaudra d’être considéré comme un traître par les militants gauchistes. Une information entendue à la radio le faisait bondir sur les lieux pour protester. Les nuits passées dans les commissariats de police, sous la direction orchestrale de Mouna, restent gravées dans les mémoires des manifestants de l'époque. "Taisez-vous !" disaient les flics. "Une-deux", rétorquait Mouna, et la chorale reprenait en chœur.
Debout sur son éternelle poubelle, comme Diogène sur son tonneau, avec sa longue barbe blanche hirsute de diable révolutionnaire, et un éternel chapeau mou recouvert de badges pacifistes et écolos vissé sur le crâne, il apostrophait les consommateurs et les nantis, bousculant les valeurs polluantes et les tabous mesquins de notre société à bout de sagesse ! Que résonne encore dans nos cœurs endurcis, cette clameur intempestive et joyeuse de notre frère Mouna !
Dans sa harangue passionnée, prophétique, rigolarde, véhémente, coq-à-l'âne et calembourdesque à la mords-moi le nœud, on voyait défiler à toute vitesse: la haine de l'armée et tout ce qui tue, l'horreur de la chasse, de la pêche, de la corrida, des combats de coqs et de tout ce qui fait joujou avec la mort des autres, la dénonciation de la pollution, c'est à dire du saccage de la terre et des êtres vivants pour nos petits conforts et nos minables gadgets, la dénonciation des crapuleries politicardes, de l'hypocrisie envers le Tiers-monde, le refus de tous les puissants, les riches, les juges, la police, les curés ...
Mouna c'était une manif à lui tout seul, un prophète.
lisez les paroles de AGUIGUI MOUNA ici
Approchez, approchez, on désinfectera après.
Un premier commentaire aux deux journées "Une montagne de livres contre le TAV"
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| Avant le début de la rencontre, on était allé rendre visite à l'ami Giorgio, aux arrêts domiciliaires… |
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| L'argent de la solidarité récolté lors d'un banquet à Peyrelevade a été remis… |
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| …et j'ai insisté pour que les billets soient photographiés, afin d'éloigner les soupçons de mes camarades sur un éventuel usage de cet argent au profit de mes intempérances diverses |
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| Bien connus des services de police: Dominique Manotti, Marc Porcu et, au premier rang, Girolamo De Michele… |
- Kai Zen J, qui avec un passage de Delta Bues, centré sur les actions dans le delta du Niger d'une "firme" assez facilement identifiable nous met devant
la question: "Qu'est-ce qui se passe si nous découvrons, dans la trame du roman noir, que l'assassin, c'est nous?"
- Le tonnerre d'applaudissement qui salue la fin de la lecture par Wu Ming 1 de "La plus grande carpe d'Occitanie", écrit en février, après la rafale d'arrestations
pour les manifestations de juillet, qui, parmi toutes les lectures écoutées, explicite peut-être le mieux le sentiment de participation commune qu'on a respiré durant ces deux jours.
- La ré-évocation émue de la lutte de la Val Bormida contre l'Acna de Cengio, dans les pages de Patricia Dao.
- Entendre tous les présents, dans le débat, insister sur la nécessité d'une écriture qui sorte de l'impasse de l'écriture intimiste pour se réapproprier la réalité
et aider à la modifier.
De la journée de dimanche
- Découvrir, en le lisant au bar de Chiomonte que La Stampa a écrit un petit article sur la manifestation, en indiquant dans le titre comme présents quatre
écrivains dont un seul était effectivement là.
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| en route vers le chantier |
- Revivre dans le centre de Chiomonte, la scène de la place Alimonda [où a été tué Carlo Giuliani, aux manifs contre le sommet du G8 à Gênes ndt] de juillet
2001, revoir dans les pages de La visione del Cieco [roman de Girolamo De Michele ndt], la séquence des faits et celle des distorsions que les récits successifs (des médias, de la
politique, de la magistrature) y ont introduits ensuite.
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| Ici, il y avait un cimetière mérovingien, un site unique dans les Alpes, qui a été détruit par les blindés et transformée en parking |
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| Ici, il y avait une forêt de châtaigniers pluriscéculaires |
- Voir, à la vue du "chantier", les réactions de Serge Quadruppani qui y revenait après quelques mois, et de
Fabrizzio Ruggirello qui y venait pour la première fois. S'entendre demander par le second "mais les policiers, là-dedans, qu'est-ce qu'ils défendent?", et ne pas savoir quoi répondre.
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| Maintenant, à la base des pylônes autour du fortin, il y a des panneaux censés empêcher qu'on y grimpe |
- Entendre Sergio Bianchi, avec derrière lui le pylône électrique le plus fameux de la Vallée [celui où a été électrocuté Luca Abbà ndt], raconter la chute d'un
pylône semblable lors d'un sabotage durant les années 70 et l'entendre conclure sa lecture avec "peut-être une nouvelle un peu extrémiste", comme pour modérer les applaudissements dont la force
l'avait surpris.
- Ecouter une poésie de Marc Porcu "que j'ai écrite pour le peuple palestinien, mais qui aujourd'hui, après avoir vu le fil de fer barbelé israélien [celui qui, selon ceux de la Vallée est
utilisé pour le fortin ndt], j'ai pensé qu'elle serait adaptée à la situation.
Deux journées très intenses qu'on espère pouvoir répéter bientôt si se réalise la proposition de Sergio Bianchi d'une semaine entière au cours de laquelle des travailleurs de l'imaginaire, cette fois non plus seulement des écrivains mais aussi des peintres et des documentaristes [et des musiciens, ndt] viendront dans la vallée pour apporter non pas quelque chose de déjà prêt mais pour y créer quelque chose qui parle de la lutte no-Tav
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| Un beau programme: "La Maddalena sera votre Vietnam", suivie d'une réponse si-tav sans ambiguïté: "Alors, Napa |
mercredi 8 mai de 16h à 18h
lecture collective de la revue subversion
café théet biscuit
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