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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 14:15

Scéance publique pour ce projet de loile 4 octobre. Comme dise les gaudillots tous derrière le président S. A ne pas douter aucune voie manquera pas pour cette loiet comme Ségoléne la trouve intéressante

La commission de la Défense de l'Assemblée nationale, saisie pour avis, s'est prononcée contre la proposition de loi d'Eric Ciotti, député UMP, sur l'encadrement militaire des mineurs délinquants. Cette proposition, qui vise à "instaurer un service citoyen pour les mineurs délinquants", d'une durée comprise entre quatre et six mois, devrait être examinée par la commission des Lois la semaine prochaine, avant de l'être par les députés le 4 octobre.

"C'est la première fois qu'un texte est rejeté en dix ans que je suis président de la commission de la Défense", a expliqué Guy Teissier (UMP), qui a précisé s'être lui-même abstenu. Le texte a été repoussé "d'une bonne majorité", selon une source parlementaire.

Une proposition "battue à plate couture"
Il prévoit que le service citoyen se déroule au sein d'un Etablissement public d'insertion de la Défense (Epide). Selon le PS, cette proposition a été "battue à plate couture en commission à douze voix contre deux". "Les députés UMP n'ont même pas daigné la soutenir", écrivent les députés socialistes dans un communiqué.

La proposition d'un service encadré avait reçu le soutien officiel de Nicolas Sarkozy lors d'une visite du chef de l'Etat le 13 septembre, à la nouvelle prison de Réau (Seine-et-Marne). Initialement, Eric Ciotti envisageait de réserver cet encadrement aux mineurs en état de récidive ou de réitération.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 06:58
Sous prétexte de vouloir transposer les directives européennes dans la loi française, l’Etat a fait adopter une loi qui restreint encore plus le droit des étrangers. Cette loi modifie le Code d’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESDA) et un certain nombre d’ordonnances concernant l’Outre-mer (application du CESDA dans les départements et territoires d’Outre-mer), le code du travail, le code de la sécurité sociale, le code civil, le code du service national, le code du commerce, le code de la justice administrative, le code de procédure pénale, le code général des collectivités territoriales et le Code de l’action sociale et des familles. Le Conseil constitutionnel n’a retoqué qu’une seule disposition : est invalidée celle qui permet de prolonger de douze mois supplémentaires, au-delà des six premiers mois, la rétention des étrangers condamnés à une Interdiction du Territoire Français (ITF) ou expulsés pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste. En voici une première analyse.


Entrée : création de zones d’attente ad-hoc

Une zone d’attente est un territoire, délimité par l’Etat, à l’intérieur duquel l’étranger n’est pas considéré comme étant admis sur le territoire français. Jusqu’à présent, les zones d’attente étaient limitées aux points d’embarquement et de débarquement, tels que les gares, aéroports, et ports. Désormais, des zones d’attente spéciales pourront être créées, pour une durée maximale de 26 jours afin de faire face à l’arrivée “d’un groupe d’au moins dix étrangers en dehors d’un point de passage frontalier en un même lieu ou sur un ensemble de lieux distants d’au plus dix kilomètres”.
Cette mesure avait été proposée en réaction à la découverte sur une plage corse de 123 clandestins d’origine kurde en février 2010. Ces derniers avaient été placés en centre de rétention, puis la majorité d’entre eux avait été libérée par les juges des libertés et de la détention pour vice de procédure ; ils ont par la suite pu déposer une demande d’asile. L’existence d’une telle zone aurait permis d’y maintenir les 123 Kurdes ; ils auraient probablement eu plus de difficultés à demander l’asile. En effet, les demandes d’asile déposées alors que le demandeur est en zone d’attente passent en procédure prioritaire, ce qui signifie qu’elles sont instruites de manière accélérée, avec des chances de réussite amoindries.

Refus de séjour et éloignement

La création d’une interdiction de retour sur le territoire : La nouvelle loi crée une possibilité d’interdiction de retour sur le territoire de l’Union Européenne pendant plusieurs années (2 à 5 ans selon les situations) pour les étrangers soumis à une mesure d’expulsion qui se maintiendront sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire. Des « raisons humanitaires » pourront être invoquées pour empêcher cette interdiction de retour. Cette mesure est une application de la directive européenne dite « Retour » (1).
Elle crée une double peine et s’apparente à un bannissement. L’allongement de la durée maximale de rétention : La durée maximale de placement en centre de rétention passe de 32 jours à 45 jours. Cet allongement est justifié, selon le Gouvernement, par la nécessité de transposer la directive européenne « Retour », d’augmenter l’efficacité de la procédure d’éloignement et de disposer de plus de temps pour obtenir un plus grand nombre de laissez-passer consulaires. Actuellement, seules 30% des mesures d’éloignement du territoire sont suivies d’effet. Le recul de l’intervention du JLD : Jusqu’à présent, lors du placement en rétention d’un étranger soumis à une mesure d’expulsion du territoire français, le Juge des Libertés et de la Détention (JLD), censé être garant de la légalité des procédures engagées à l’encontre de l’étranger en situation irrégulière, pouvait être saisi dès le 2ème jour du placement en rétention. Il pouvait notamment décider de la libération du ressortissant étranger si ce dernier avait été placé en rétention suite à un vice de procédure. Désormais, le juge administratif (qui décide du placement en rétention) statuera en premier et le JLD ne pourra être saisi que 5 jours après, contre 2 jours auparavant.
Avec la garde à vue, cela a pour conséquence qu’un étranger pourra être privé de liberté pendant une semaine sans voir un juge. Sachant qu’un grand nombre d’expulsions se font dans un délai d’une semaine, certains pourront être expulsés avant même que la légalité de leur rétention ait pu être vérifiée.

Restriction du séjour

La restriction du séjour pour les Européens : Un étranger ressortissant d’un Etat Européen (et Etats assimilés) aura, conformément à la libre circulation dans l’Union Européenne, le droit de séjourner 3 mois en France sans formalité particulière. Il pourra faire l’objet d’une mesure d’éloignement s’il devient “une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale” (assurance maladie, aide sociale, prestations publiques). De même, un étranger, européen ou non, présent depuis plus de trois mois, mais moins de trois ans, pourra être reconduit à la frontière en cas de menaces à l’ordre public, telles que mendicité agressive, vols répétés ou occupation illégale d’un terrain.
Ces deux mesures visent notamment les Roms. Elles font suite aux « événements » de juillet 2010 où, suite au décès d’un jeune de la communauté du voyage, tué par les gendarmes après avoir forcé un contrôle, des violences avaient éclaté dans plusieurs communautés Roms de France. S’en est suivi un durcissement des discours (“problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms” - Nicolas Sarkozy, 28 juillet 2010), des législations et des actions (démantèlements de camps) visant directement la communauté Rom. Restriction du droit de séjour des étrangers gravement malades : Les conditions d’attribution du titre de séjour pour les étrangers gravement malades (Autorisation provisoire de Séjour pour Soin) ont été restreintes. Ce titre de séjour ne pourra dorénavant être accordé qu’en cas d’”absence” du traitement approprié dans le pays d’origine. Or, la présence d’un traitement dans un pays ne le rend par pour autant accessible, pour des raisons financières ou géographiques par exemple. Cette disposition a fait l’objet d’une longue bataille entre les Députés et les Sénateurs. Le compromis trouvé est l’ajout d’une possibilité de prendre en compte des “circonstances humanitaires exceptionnelles” pour l’attribution de ce titre de séjour.
Cette loi est dangereuse pour la santé des personnes concernées, mais également pour la santé publique. Les migrations pour raison de santé ne concernent que 6% des migrants ; les 28 000 étrangers gravement malades représentent 1% des étrangers vivant en France. Pénalisation du mariage gris : On connaissait le mariage blanc, voici le mariage gris, dans lequel un des conjoints abuse des sentiments de l’autre. Il sera passible de 15 000 € d’amende, et de 5 ans d’emprisonnement.

La création de la Carte Bleue Européenne

L’Union Européenne a souhaité mettre en place ce nouveau titre de séjour pour rétablir l’important déséquilibre entre l’Europe et les Etats-Unis en termes d’attraction des compétences : en effet, 50% des immigrants qualifiés du Maghreb partent au Canada ou aux Etats-Unis, contre 5,5% seulement en Europe. Les parlementaires européens avaient suggéré de ne pas autoriser la délivrance de ce titre de séjour pour des métiers qui souffrent de pénurie de main d’œuvre dans les pays d’origine (notamment la santé et l’éducation). Ils préconisaient que le choix des métiers pour lesquels la Carte Bleue Européenne pourrait être délivrée soient définis dans les accords bilatéraux de gestion concertée des flux migratoires. Une directive européenne a été adoptée le 25 mai 2009. Comme tous les titres de séjour pour venir travailler en France, le candidat à la Carte Bleue Européenne devra avoir une promesse d’embauche, pour un emploi qui correspond à sa qualification. Le salaire proposé par l’employeur devra être important (au moins égal à 1,7 fois le Smic). La Carte Bleue Européenne devrait être valable 3 ans, renouvelable pour deux ans au moins. Si la durée du contrat de travail est inférieure à 3 ans, la carte devrait être valable pour toute la durée du contrat + 3 mois, pendant lesquels le titulaire devra trouver un autre emploi (correspondant aux critères exigés). Pendant les 3 premières années, le titulaire de la carte pourra accéder au marché du travail français dans le secteur concerné. Au-delà de ces trois années, il devrait pouvoir accéder à tous les emplois qualifiés au même titre que les ressortissants français. Les bénéficiaires de ce titre de séjour devront être diplômés de l’enseignement supérieur, avec un niveau au moins égal au bac + 3, ou avoir une expérience professionnelle d’au moins 5 ans, dont deux ans dans un poste de haut niveau.
Ce titre de séjour semble offrir des opportunités inférieures à la “Green Card américaine” : elle est valable moins longtemps, et les niveaux de qualification et de salaire exigés la rendent très restrictive. La création d’un nouveau titre de séjour à destination des étrangers qualifiés pose également la question de la multiplication des dispositifs, qui complexifie le droit des étrangers. En effet, la carte Bleue Européenne risque de s’ajouter à la Carte Compétences et talents, qui peine déjà à trouver des candidats, à la Carte scientifique, voir même à la Carte pour contribution économique exceptionnelle (”carte Gold”), dernière création du ministère de l’Immigration.

Sanctions à l’encontre des employeurs de salariés sans-papiers

Plusieurs des sanctions décrites ne sont en réalité que des rappels. C’est par exemple le cas de l‘inéligibilité aux appels d’offre et aux aides publiques et le remboursement des aides publiques. Si les faits sont graves et répétés, la sanction de la fermeture administrative de l’entreprise pourra être envisagée. Le projet insiste sur la co-responsabilité des donneurs-d’ordre, des co-contractants, des maîtres d’ouvrage, et de toute personne traitant directement ou indirectement avec un employeur de sans-papiers, tant dans la vérification des autorisations de travail de leurs salariés étrangers que dans les sanctions encourues. Pour rappel, tout employeur ayant à son service un salarié étranger doit obligatoirement demander vérification de son titre de séjour et de son autorisation auprès de la Direccte (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) lors de l’embauche, puis tous les 6 mois.
Un amendement protège toutefois les employeurs de “bonne foi” qui se retrouvent employeurs de sans-papiers, bien qu’ils aient procédé à toutes les déclarations auprès des organismes de protection sociale et à toutes les vérifications obligatoires. Ce qui a fait dire à un député : “C’est la première loi d’amnistie des patrons qui emploient des clandestins !”.

L’accent mis sur “l’intégration”

Lors de la naturalisation, une charte des droits et des devoirs sera signée. Un “cours d’intégration” portant sur l’histoire et la culture de la société française, sanctionné par un examen, sera mis en place pour les candidats à la naturalisation. Le processus de naturalisation sera accéléré pour ceux qui présentent un parcours exceptionnel d’intégration, dans les domaines civique, scientifique, économique, culturel ou sportif.

A noter que certains articles concernant la modification du code du travail (sanctions à l’encontre des employeurs), la Carte bleue Européenne et l’éloignement n’entreront en vigueur qu’à compter d’une date fixée par décret en Conseil d’Etat et au plus tard le dernier jour du troisième mois suivant le jour de la publication de la loi (donc au plus tard le 16 septembre 2011).

Les grains de sable dans la machine à expulser évoqués dans le numéro précédent de Courant Alternatif vont donc disparaître. Mais cette loi ne résout rien. Espérons que d’autres grains de sable viennent bloquer la machine.

Camille, le 21 juin 2011

1) Le Parlement européen a adopté la directive sur le retour des étrangers en situation irrégulière (appelée « directive de la honte ») le 18 juin 2008 par 367 voix contre 206. Le texte fixe des règles communes en matière de départ des États membres des étrangers en situation irrégulière. Le maintien en avant expulsion est autorisé jusqu’à un maximum de dix-huit mois.



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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 06:40
La « révolte des tentes » en Israël peut-elle être comparée aux processus révolutionnaires qui traversent le monde arabe ? Boulevard Rothschild à Tel-Aviv (rebaptisé place Tahrir), on pouvait lire le panneau : « Nétanyahou, Moubarak t’attend » (au tribunal bien sûr).

 


La justice et l’égalité pour qui ? 

Mais Israël n’est pas l’Egypte. Ce n’est pas un pays comme les autres. C’est un morceau d’Occident implanté au Proche-Orient. Cette société est fondée sur la colonisation, l’occupation et l’apartheid. Entre Méditerranée et Jourdain, il y a 5,5 millions de Juifs israéliens et 5,5 millions de Palestiniens. Le niveau de vie d’un Israélien moyen n’a rien à voir avec celui d’un Palestinien (50% de la population sous le seuil de pauvreté pour les Palestiniens ayant la nationalité israélienne, beaucoup plus en Cisjordanie et une misère généralisée dans les camps de réfugiés et à Gaza). La révolte de la classe moyenne israélienne ne remet pas en cause le sionisme qui est à la fois une théorie de la séparation (Les Juifs ne pourraient pas vivre avec les autres) et un colonialisme visant à expulser le peuple autochtone. Un opprimé ne peut pas se libérer s’il reste oppresseur. Même le syndicalisme israélien est perverti : la Histadrouth est un syndicat patron qui défend statutairement le « travail juif » et elle est intégrée à l’appareil d’un Etat qu’elle a contribué à fonder. 
Omar Barghouti qui est un des porte-parole de l’appel palestinien au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions contre l’Etat d’Israël) a donné une interview dans laquelle il est très sévère sur ce mouvement « des tentes » (de la classe moyenne) qu’il qualifie de lutte pour le maintien des privilèges coloniaux de la population juive d’Israël. Il rappelle d’ailleurs un précédent qui s’était déroulé dans l’Afrique du Sud de l’apartheid dans les années 80 où la population blanche avait manifesté pour plus de « justice sociale ».

Fractures dans l’idéologie dominante ? 

Le sionisme dans lequel toute la population israélienne a été élevée a besoin en permanence de tension et de guerres. Dès qu’on oublie cette tension permanente entretenue, les fractures apparaissent. L’ « Etat juif » est terriblement raciste et inégalitaire. Le racisme ne touche pas que les Palestiniens, il frappe aussi les travailleurs immigrés, les Falashas, les Juifs venus du monde arabe. 
Comme l’avait dit Ehud Barak, « nous n’avons pas de partenaire pour la paix ». Plus exactement, si le gouvernement israélien en a, il le tuera pour maintenir cette fuite en avant permanente. Quelque part le sionisme et l’ultralibéralisme sont entrés en contradiction. Le libéralisme a détruit de nombreux privilèges que le sionisme avait promis aux Juifs pour mieux les aliéner : une terre, un logement, un travail, une protection sociale. 
En 2003, Vicky Knafo, une mère célibataire de trois enfants, avait marché depuis le Néguev jusqu’à Jérusalem pour protester contre les réductions drastiques des allocations familiales et la misère qui en résultait. Son geste avait eu une immense popularité. Ces revendications ont été noyées dans la guerre du Liban et l’opération « Plomb durci » contre Gaza. 
En 2008, un jeune candidat communiste, refuznik (objecteur) et antisioniste (Dov Khenin) avait eu 35% des voix aux élections municipales de Tel-Aviv. Les jeunes avaient largement voté pour un candidat refuznik et la population « européanisée » avait signifié son aspiration à une vie « normale » sans guerre permanente. Bref une « paix pour nous ». 
Le mouvement des tentes est à rapprocher de cela : dès que la tension artificielle s’estompe, la société israélienne est rattrapée par ses contradictions et par la lutte des classes. Dans cette société où tous les dirigeants politiques sont poursuivis pour viol ou corruption, où la mafia contrôle plusieurs secteurs, la croissance de 5% et les technologies de pointe ne masquent plus la réalité : 60% du budget va à l’armée ou à la colonisation et même la classe moyenne ne peut plus se loger et se soigner décemment. 25% des Israéliens juifs ont moins de 740 euros par mois et une partie de la société ne supporte plus les inégalités.

Une clarification indispensable 

Jusque-là les grandes manifestations en Israël avaient été celles contre Sabra et Chatila dans les années 80, sur l’assassinat de Rabin en 1995 ou pour les colons dans les années 2000. Cette fois-ci, il y a eu moins de ferveur nationaliste. 
Comme dans des manifestations « d’Indigné-e-s » ailleurs dans le monde, on a entendu de tout dans les gigantesques manifestations des grandes villes israéliennes. Certain-e-es ne remettaient rien en cause (ce qui explique la popularité du mouvement) et Nétanyahou leur a aussitôt promis des logements à bas prix à Jérusalem Est ou dans les colonies de Cisjordanie. Dans les manifestations d’Haïfa, il y avait très peu de drapeaux israéliens, mais des drapeaux rouges et des slogans plus clairs : « nous ne sommes pas des marchandises, un autre monde est possible » « révolution », « le peuple exige la justice sociale et un avenir ». Le discours prononcé par la militante féministe Shira Ohayon lors de la manifestation monstre de Tel-Aviv du 6 août opposait la prétendue « sécurité » d’Israël à l’insécurité de celles et ceux qui ne peuvent plus vivre dignement. 
Ce qui va être décisif dans ce mouvement, c’est la recherche de la convergence avec la population palestinienne d’Israël et les anticolonialistes. À Haïfa, la population palestinienne a participé à un des défilés. À Beersheva dans le Néguev, les Bédouins qui luttent depuis des années contre les confiscations de leurs terres et les destructions de leurs villages sont descendus dans la rue. Pour l’instant, la convergence entre le « mouvement des tentes » et les « Palestiniens de 48 » qui vivent en Israël toute une série de discriminations à la possession de la terre, au logement, au travail, à l’éducation est balbutiante. Elle est pourtant décisive sur l’avenir de ce mouvement. À Tel-Aviv, une tente de 1948 « multiculturelle et antiapartheid » s’est installée. Elle a été attaquée par les colons fascistes (pardon pour le pléonasme), mais elle est toujours en place.

Il n’y aura pas de solution juste à la guerre du Proche-Orient dans le cadre du sionisme. Il n’y aura pas de rupture « du front intérieur » et donc de rupture avec le colonialisme en Israël sans qu’une certaine souffrance économique et sociale ne pousse à cette rupture. Il est donc décisif que ce « tous ensemble » né en Israël en juillet 2011 ne se limite pas à la population juive. La lutte des classes doit rejoindre la lutte anticoloniale. Sinon, l’issue est connue d’avance : une nouvelle provocation, une nouvelle guerre dont l’actuelle agression contre Gaza est le signe avant-coureur et une nouvelle « union nationale » pour noyer la révolte sociale.

Alternative libertaire, septembre 2011
 
     
 

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 12:06

 

 

 A la fin des rencontres de Lézan (Convergence citoyenne pour une
transition énergétique) sous le grand chapiteau est élaboré avec les
difficultés de la démocratie directe et du vote à main levée, le texte de
la déclaration de Lézan (http://www.convergenceenergetique.org), et à la
grande surprise des militants antinucléaires dit radicaux (car pour
l'arrêt immédiat du nucléaire) et bien la salle vote pour : "L'arrêt
immédiat du nucléaire civil et militaire".

Cet arrêt "immédiat" est visiblement intolérable à Maxime Combes d'ATTAC
qui (alors que le vote vient d'être effectué selon la procédure
habituelle) prend le micro pour expliquer à ceux qui ont voté, qu'ils ont
mal voté, qu'ils n'ont pas compris les enjeux de leur vote, qu'il ne faut
pas mettre "immédiat" car cela menace l'union de la convergence... voir la
vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=xG3j6am56d4

En fait cela menace surtout la possibilité de faire pour les élections de
2012 une grande "union" de la gauche (PS+FG+EELV+...), ça heurterait trop
les grands partenaires très pronucléaires (PS et PC).

Et la conclusion, c'est qu'après avoir dit aux gens (ces idiots), qu'ils
n'avaient pas compris les enjeux de ce qu'ils faisaient, et bien, les
idiots en question confirment en acceptant de revenir sur leur vote et de
revoter cette fois "Arrêter le nucléaire civil et militaire" une
formulation bien plus neutre et beaucoup moins dangereuse pour les
apparatchiks d'Attac... les places d'attachés parlementaires et autres
petites gâteries de la république ne leur échapperont pas en cas de
victoire, ouf...

Mathias Goldstein,
pour Infonucléaire.

http://www.dissident-media.org/infonucleaire

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 11:07

Pour la libération de Sonja SUDER et Christian GAUCHER

 

* Pour tout approfondissement, dont un “rappel des faits” exhaustif, nous renvoyons au “4 pages” annexe, et au site stopextraditions.com

Sonja Suder et Christian Gauger ont été extradés vers l’Allemagne ce mercredi 14 septembre 2011, après 4 ans de procédure et 36 ans de vie en France. Elle, Sonja, âgée de 79 ans, lui, Christian 70 ans, reconnu gravement atteint par les séquelles d’un accident cardiaque puis cérébral.

Ils ont été enlevés de chez eux au petit matin, “à l’heure du laitier”, chargés, lui sur une ambulance, elle dans une voiture de police, livrés directement, ‘comme une lettre à la poste’, et finalement déposés l’un derrière la porte d’un hôpital carcéral, l’autre derrière le portail d’une prison pour femmes de haute sécurité, à Francfort s/M, République d’Allemagne. Des hommes, tels des prédateurs autorisés, ont frappé avec Autorité à la porte de ce couple, de ces deux vieilles personnes, et les ont réveillés, emportés dans une réalité de cauchemar.

Une expertise médicale déposée au mois d’Avril dernier (octroyée par la Chancellerie en réponse à la demande in extremis de l’avocate, Me Irène Terrel) avait – pourtant ! – conclu à une incompatibilité des pathologies cardiaques et des séquelles neuro-psychiques de Christian avec une mise en détention. Le médecin expert auprès des tribunaux soulignait encore un risque de dégradation irréversible, avec risque d’effondrement psychique au cas où il serait séparé de sa compagne, elle seule capable de réordonner sa mémoire et de stimuler ses émotions et son articulation au réel.
Reprenons cette logique : nous – premier Ministre et garde des Sceaux – déclarons suspendre l’exécution de l’extradition à de nouvelles expertises (les dernières datant de deux ans) ; ces expertises sont faites, elles sont défavorables à l’extradabilité au point de vue médical … donc ( sans même attendre qu’elles soient communiquées à l’avocate à laquelle nous les avions concédées)… on extrade ! Il y a ici, au-delà des rouages des machineries judiciaires et politiques d’Etat et d’entre-Etats, une surenchère gratuite, un surplus de cruauté qui font de cet acte une ignominie qui compromet ces hommes de pouvoir !

Dans une déclaration faite publiquement à propos du cas de Roman Polanski, Monsieur Nicolas Sarkozy lui-même, avec l’autorité supposée attachée à son statut de Président de la République, avait rappelé un principe – la temporalité – et en avait conclu qu’une justice qui s’exercerait trente-deux ans après des faits, et à propos d’un homme âgé de 76 ans, serait une justice malade. [« Ce n’est pas une bonne administration de la Justice que de se prononcer trente-deux ans après les faits, alors que l’intéressé a aujourd’hui soixante-seize ans » – N. Sarkozy, Le Figaro, 16.10.2009 ].

On pouvait s’autoriser à penser qu’il reconnaissait à ce principe d’un «  délai raisonnable » requis – d’ailleurs énoncé dans le Droit comme une des conditions d’un «  procès équitable » – la valeur de critère « égal pour tous », constitutive de toute légitimité possible.
De toute évidence, on se trompait : il s’agissait pour cet homme d’une règle aléatoire, à appliquer d’une façon discriminatoire, arbitraire, “à la tête du client”, à la mesure des connivences de castes…
En se reniant aussi lamentablement au moment d’exercer contre deux personnes une violence qu’il avait la faculté, et donc le choix de ne pas exercer, l’homme Nicolas Sarkozy a perdu la face. Qui le regarde en face, ne voit, comme l’enfant devant le roi nu, que ‘le reste d’un rien’ !

Maintenant, nous avons à Francfort deux otages d’un autre Etat, la République Fédérale d’Allemagne.
Les autorités judiciaires allemandes ne peuvent pas ne pas savoir pertinemment, qu’une instruction, qui commence 36 ans après les faits aussi longue et pénible soit-elle, ne pourra déboucher sur une condamnation [en Allemagne il n’y a pas de procès par contumace, et l’instruction est reprise au début quand les prévenus sont présents]
Il s’agirait donc ici d’une condamnation préventive à la peine de risque de mort.

Avec les avocats et les camarades en Allemagne, nous réclamerons donc, avant toute autre chose, une libération conditionnelle qui les réunisse.

Paris, le 19. IX. 2011

L’assemblée de soutien appelée par les personnes ayant animé le réseau « Maisons-abris, solidarité active »


Pour écrire aux prisonniers :

Christian Gauger, Justizvollzugsanstalt (JVA), Theodor-Fliedner-Straße 12, 34121 Kassel. Allemagne.

Sonja Suder, JVA Frankfurt III, Obere Kreuzäckerstraße 4, 60435 Frankfurt-am-Main. Allemagne.


Ils ont osé extrader Sonja SUDER et Christian GAUGER

Mercredi 14 septembre, la police française a enlevé nos camarades Sonja Suder et Christian Gauger et les a directement livrés à la justice allemande.

Sonja, 79 ans, et Christian, 70 ans, étaient réclamés par l’Allemagne pour des faits remontant à plus de 35 ans. Arrêtés une première fois en France en 2000, puis relâchés pour prescription selon le droit français, ils ont finalement pu être extradés mercredi par le biais du nouveau dispositif de mandat d’arrêt européen. Il leur est reproché d’avoir participé à des actions des Cellules Révolutionnaires contre la gentrification et contre des entreprises allemandes impliquées dans l’armement nucléaire du régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Sonja a été placée en détention à la prison de Francfort-Preungesheim et Christian, dont l’état de santé est très précaire, a été placé à l’hôpital pénitentiaire de Kassel. Aucune nouvelles de nos camarades ne nous sont parvenues depuis leur arrestation et extradition immédiate. Compte tenu de leurs âges et de leur état de santé, nous sommes particulièrement inquiets quant aux conséquences de cet emprisonnement.

Que notre rage et notre détermination s’entendent jusqu’à Francfort.

LIBERTE pour SONJA ET CHRISTIAN !


Entretien avec Sonja Suder et Christian Gauger, dont l’Allemagne réclame l’extradition à la France le 13 décembre, 2010.

http://carlogiuliani.fr/associazion

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 08:22

on vous donne l'information issus de next up , on peut lire aussi sur le site de la CRIIRAD le communiqué du 23 septembre et aussi le communiqué de l'association  Henri Pézerat.C'est ignoblede la part des divers organisation politique de laisser sans réaction face à cette mort de Josétué par le capital. Aucune manifestation, rien , si la chaîne humaine du RSN 26 07 avec les bouffons du NPA et les autres on est habituéde leur compromission.

communiqué de Next up.

Ce lundi 12 septembre 2011 à 11 h 45 s’est produit une forte déflagration dans un des deux fours à induction électromagnétique de l’unité de fusion de l’usine CENTRACO (CENtre de TRAitement et de COnditionnement de déchets faiblement radioactifs), mitoyenne du site du CEA de Marcoule située sur la commune de Codolet (département du Gard), cette usine est classée Installation Nucléaire de Base (INB).
La radioactivité maximale alpha des déchets traités est fixée à 370 Bq/g ; leur radioactivité bêta gamma maximale à 20 000 Bq/g.

L’incendie qui s’est ensuite déclenché suite à l'explosion a été maîtrisé par l’intervention d'une équipe d'intervention de l'usine et des pompiers de Bagnols environ 30 mn plus tard. Paradoxalement une sirène aurait retenti sur le site à 13 h 22 !

L'accident a provoqué un mort et 4 blessés dont un gravement brûlé à 80%.
Roland Vierne, représentant du directeur de l’usine et porte-parole de SOCODEI a déclaré : "C'est la première fois qu'un tel événement de cette ampleur s'est produit sur le site".
Le Plan d’Urgence Interne (PUI) a été activé avec le confinement à titre préventif du personnel, mais le Plan Particulier d'Intervention (PPI), qui prévoit des mesures comme le confinement ou l'évacuation des populations riveraines menacées n'a pas été déclenché, néanmoins dans les écoles des confinements temporaires ont été exécutés.

L’usine CENTRACO exploitée par la société SOCODEI (SOciété pour le COnditionnement des Déchets et des Effluents Industriels) filiale de la SA EDF et d’AREVA mise en service en 1999 est unique en France, elle emploie 190 personnes (CENTRACO) et globalement environ 350 personnes sur le site de Marcoule, elle traite de 3 000 à 6 000 tonnes / an de déchets radioactifs.
Au final CENTRACO produit des "colis" essentiellement à destination de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), qui est l’établissement public industriel et commercial chargé de la gestion de l'ensemble des déchets radioactifs en France.

CENTRACO traite sur le même site dans deux unités différentes des déchets dits faiblement radioactifs soit par le procédé de fusion pour les déchets métalliques, soit par incinération pour les déchets incinérables (combustibles).

Aucune pollution environnementale radioactive ou chimique de rejets dits hors normes n’aurait été détectée à l'extérieur par les balises installées dans la région, affirment dans des communiqués distincts EDF et l'ASN qui a déjà classé provisoirement l’accident au niveau 1 sur l’échelle INES.

L’explosion n’aurait à proprement parlé pas endommagé le four à induction électromagnétique lui-même mais aurait projeté du métal en fusion, elle aurait peut être été provoquée par la présence de déchets liquides ou gazeux dans les métaux ou lors de la préparation du calibrage par découpages mécaniques, mais aussi et surtout de façon thermique, une enquête judiciaire a été ouverte pour en déterminer les circonstances.    

L’unité de fusion de l’usine CENTRACO est alimentée essentiellement par des transports routiers de containers de déchets radioactifs de France et de pays Européens.  Elle comprend un centre de tri, de préparation (découpage) et de conditionnement (calibrage, grenaillage, séchage) mécanique et thermique des déchets métalliques radioactifs provenant des installations nucléaires suivant leur volume, taille et leur type d’activité afin de pouvoir rentrer par l’ouverture du four .

L’essentiel de l’unité de fusion, dans laquelle s’est produite l’explosion se compose d’un four à induction électromagnétique d’une capacité de 4 tonnes qui porte le métal à 1600°, celui-ci était en charge lorsque l’accident s’est produit.
En principe ce type de four est ce qu’il y a de moins polluant en rejets d’effluents gazeux (tout est relatif !) et il assure en outre, toujours en principe, une homogénéisation qui engendre une optimisation du métal dans le bain de fusion.

Les gaz toxiques et radioactifs émis sont collectés tant que faire se peut par des systèmes de ventilations spécifiques, refroidis puis injectés dans un réseau de filtres à particules pour épuration toujours tant que faire se peut, puis rejetés par dilution dans l’atmosphère par des cheminées dont les conduits sont collectés et habilement camouflés dans une super structure en harmonie avec celle des bâtiments porteurs.
(Dans un autre finalité non ionisante il y a syllogisme avec la super structure de camouflage  située sur l’Hôpital Nord de Marseille ! [1]  [2].

Le métal en fusion est ensuite introduit dans une centrifugeuse qui lui fait prendre la forme d’un tube cylindrique d’environ un mètre de diamètre, il est ensuite scié pour pouvoir être conditionné en "colis" radioactifs munis d’un fond, d'un couvercle et d’une bride pour les manipulations. Les métaux radioactifs qui ne peuvent pas être traités par ce cursus de cette filière sont coulés sous forme de lingots chemisés qui peuvent atteindre le poids de 1,5 tonne, ils sont ensuite expédiés à l’ANDRA qui procède à leur stockage en surface en tant que déchets ultimes.

L’unité d’incinération traite les déchets radiatifs combustibles ainsi que certains effluents liquides qui proviennent des installations nucléaires, ainsi que ceux radioactifs d’hôpitaux et de laboratoires.

Après un contrôle radiographique visuel qui sert de tri, ceux-ci sont soit directement incinérés ou font l’objet d’un reconditionnement pour leur stockage.
L’incinérateur se compose de trois chambres afin de pouvoir confiner au mieux la radioactivité, sa température de fonctionnement est de 800°. Dans sa partie basse se trouvent deux vis sans fin qui assurent le brassage des résidus radioactifs pour achever leur combustion qui la transforme en mâchefer. Celui-ci et les cendres seront ensuite mélangés et liés dans un béton, auquel suivant certains types d’activités radiatives est adjoint une chemise de protection en acier, puis les blocs (colis) sont réceptionnés sous forme solide par l’ANDRA pour un stockage de surface. 
L’incinérateur traite environ une tonne de déchet à l’heure avec une réduction de volume d'un facteur de 17 à 20.

Le traitement des rejets des effluents radioactifs gazeux (fumée/particules) s’effectue en plusieurs étapes, en premier le refroidissement dans une tour, puis dans un vaste réseau de plusieurs centaines de mètres de filtres à manches. Le traitement chimique des effluents gazeux radioactifs se finalise avant rejet dans des colonnes dites de lavages afin d’éliminer notamment le chlore et le dioxyde de souffre, puis dans un réacteur catalytique pour éliminer les divers dioxydes (azote) et surtout les dioxines, ceci afin que les rejets par la cheminée d’effluents gazeux  par dilution dans l’atmosphère sur zone soient "aux normes".

En ce qui concerne les effluents radioactifs et chimique liquides, pareillement après traitement ils sont rejetés "aux normes" dans le Rhône suivant son débit pour une dilution.

En conséquence par exemple lorsque le Rhône traverse Avignon, il a "encaissé" les rejets contaminants d’effluents liquides radioactifs et chimiques dits "aux normes" qui sont en réalité cumulatifs et au final des Centrales ou Sites Nucléaires du Bugey, de Saint-Alban, de la CERCA (AREVA) de Romans [Reportage " les vérités qui dérangenrt" relatif à la pollution de l'Isère], de Cruas-Meysse, du Tricastin (EDF et AREVA) et ceux du complexe de Marcoule. Si par malheur vous habitez au sud d’Avignon, le Rhône offre un "bonus" toxique avec l’apport des effluents liquides radioactifs et chimiques de Cadarache.
La théorie des rejets dits "aux normes" a montré son "efficacité" avec le PCB dans les sédiments du Rhône !

Villeneuve-Lès-Avignon et l’ouest d’Avignon impactés ?

Il est possible que l’explosion ait engendré, comme toute explosion, des rejets de particules en tous genres par l'effet de souffle (suppression).
Pareillement les installations sensibles de filtrage radioactif sujettes à l’explosion n’ont-elles pas perdu leurs intégrités et rejeté de façon incontrôlée des particules ?
Les systèmes sophistiqués aboutissants aux conduits des cheminées de rejets ont-ils été endommagés ? 

En tout état de cause, aux niveaux des radionucléides tout dépend de ce qui a déclenché l’explosion et surtout de ce qui était traité au moment de l’explosion, le chiffre de "67 000 becquerels" a été indiqué pour l'ensemble du chargement. En tout état de cause CENTRACO n’a pas bonne réputation puisqu’elle a été rappelée plusieurs fois à l’ordre pas l’ASN pour manque de "rigueur" notamment pour avoir rejeté dans le passé des effluents gazeux de tritium hors des normes.

Lors de l’accident du lundi 12 septembre 2011 à 11 h 45 de l’usine CENTRACO de Codolet, le mistral soufflait fort, de façon très directive suivant un axe nord / sud, en conséquence les agglomérations proches de Villeneuve-Lès-Avignon et la partie ouest d’Avignon situées exactement sur la trajectoire peuvent avoir été impactées rapidement ceci pendant une courte période, malheureusement aucune balise et collecteur de particules de la CRIIRAD ne se situent dans cet axe précis, plein sud ou sud-sud-ouest.
Les deux balises de détection de la CRIIRAD sur zone, ne situant pas dans exactement dans l'axe des vents directifs dominants et assez forts, soit à 21 km au sud-sud-est d’Avignon pour la balise atmosphérique et à 17 km au sud-sud-est pour la balise aquatique [Plus d'explication et de détails : CRIIRAD]

Comprendre : Radioactivité, Irradiation et Contamination, Unités de Mesures, Sieverts, Becquerels, . . . [PDF]

L’ASN indique dans son dernier communiqué : "Il n’y a pas eu de rejet à l’extérieur", c’est une certitude difficile à croire, une explosion sans dispersion ?!!
Ce qui est sûr c’est que le fort mistral a surtout bien "arrangé" la situation sur le site, notamment lors des mises en scène "pour amuser la galerie" et les médias avec des mesures au sol réalisées par un technicien équipé d'un compteur Geiger dans l’enceinte ou sur les parkings de l’usine.

Faire acte de responsabilité aurait exigé des mesures notamment pour la population située dans l’axe Codolet / Villeneuve-Lès-Avignon !
De toutes les façons en cas d’accident nucléaire avéré et même majeur dans l’axe rhodanien, la vérité sera toujours cachée car il y aura impossibilité matérielle d’une évacuation des populations comprises entre Marseille et Lyon, ces deux villes étant évidemment incluses (zone impactée) !  

La réalité de l’explosion à l’usine CENTRACO :

"Des rejets radioactifs ont eu lieu malgré les démentis des autorités.
Les mesures indépendantes réalisées par le Collectif antinucléaire du Vaucluse (CAN84) indiquent le lundi 12 septembre à 15h30 un taux de radioactivité 10 fois supérieur à la mesure quotidienne sur Avignon et 4 fois supérieure au pied du Ventoux".

En voici les relevés qui font apparaître une augmentation anormale de la radioactivité en temps et en heure dont la cause pourrait être liée à l'accident de l’usine CENTRACO de Marcoule, sauf à ce qu'une autre explication crédible soit fournie par les responsables de l'accident nucléaire.


[source CAN Sud-Est]

Comme les mesures du Collectif antinucléaire du Vaucluse le démontrent les conditions météo (mistral assez fort) ont engendré une dissémination très directive et une dilution rapide des aérosols (poussières et particules radioactives) émettant des rayonnements Alpha et Bêta, ainsi que les divers rejets gazeux radioactifs.

Next-up organisation regrette de n’avoir pas été averti immédiatement de l’accident nucléaire car il aurait été possible de déployer et de mettre opérationnel sur zone, exactement à Codolet, ceci en moins de 45 minutes un Collecteur de Particules afin d’avoir des preuves irréfutables conservatoires et apporter une réponse détaillée sur la contamination.


La journée fut noire pour EDF, car dans la foulée de cet accident, l'action EDF perdait ce lundi à 14 h 15 près de 7% à la Bourse de Paris et hasard du calendrier l’AIEA était en réunion extraordinaire à Bruxelles pour, sic :
" L’Amélioration en matière de sûreté nucléaire ! "
Yukiya Amano, directeur général de l'AIEA, a précisé que le centre de crise de l'agence Onusienne avait été "immédiatement activé" et il a demandé des informations à l'ASN concernant l'accident de CENTRACO à Codolet.

 

Annexe :

AUTORISATION DE REJETS CENTRACO - SOCODEI :

L’autorisation de rejets des effluents gazeux et liquide datée du 7 mai 1998, fixe les limites annuelles suivantes :

— Rejets gazeux radioactifs :
2 000 GBq de tritium, 2 000 GBq de carbone 14, 1 GBq d’émetteurs bêta/gamma et 0,2 MBq d’émetteurs alpha ;

— Rejets gazeux chimiques :
- l’unité " fusion " est autorisée à rejeter 4,8 t de CO, 4,8 t de HCl, et 28,8 t de SO2 chaque année.
- l’unité " incinération ", quant à elle, est autorisée à rejeter 13,8 t de CO, 0,940 t de HCl, 5 540 t de SO2, et 55,3 t de Nox [CliGard 27.vi.00].

— Rejets liquides radioactifs :
- MBq d’émetteurs alpha, 4 GBq de césium 137, 26 GBq d’émetteurs bêta gamma et 10 000 GBq de tritium.

— Rejets liquides chimiques :
- 270 t de chlore, 300 t de sodium et 255 t de sulfates par an [CLI Gard 27.vi.00].

PROBLEMES

Comment la SOCODEI va-t-elle apprécier correctement, à réception de toutes les pièces (conteneurs de déchets), les différents types de contaminations alpha, bêta ?
En 2000 la SOCODEI a effectué 8 audits sur les sites des producteurs de déchets : EDF 4, Cogéma 1, CEA 3.
Avant la mise en service de l’usine, la SOCODEIa indiqué que "des mesures seront effectuées sur les colis et conteneurs à l’entrée (réception)" et il y aura "des contrôles complémentaires au moment du déchargement et du tri permettant afin de déceler d’éventuelles anomalies ponctuelles."
Mais quels sont les valeurs des mesures et contrôles et pour quel pourcentage (quantitatif) des déchets ?

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 07:55

Difficile de dire si ce film aura un réel interêt pour nous. Il se présente comme intéressant, a priori…. à suivre. Mercredi 28, 20h40 sur  Arte. La lecture du livre de Mario Moretti :Brigatte Rosse une histoire italienne édition Amsterdampermettra de décrypterle film d'Arte

« Ils avaient entre 20 et 30 ans. Ils étaient originaires de Bari, de Rome et de Reggio-Emilia. Certains étaient étudiants, d’autres ouvriers, artisans, techniciens. L’un d’entre eux venait du monde rural. Ils formaient les « Brigades Rouges ». Le 16 mars 1978, dans une Rome en état de siège, dix d’entre eux parviennent à bloquer le convoi d’Aldo Moro, à tuer son escorte, à l’enlever et à l’enfermer dans ce qu’ils ont appelé « une prison du peuple ». La séquestration de ce dirigeant politique prestigieux, symbole de l’Etat italien, va durer 55 jours. Comme en Allemagne et en Amérique du sud, ils ont exigé pour la libération de leur otage, la libération de 13 combattants révolutionnaires prisonniers. Ils voulaient de fait être reconnus comme une force d’opposition armée. Devant le refus de céder du gouvernement italien, ils achèveront leur otage.

Cet événement, qui concentre en lui la violence des «Années de plomb» en Italie, va paradoxalement sonner le glas d’un mouvement qui s’était fixé comme objectif, dix ans auparavant, de faire la révolution par les armes, de créer une société plus juste par l’affrontement armé avec le Capital et les institutions de l’Etat italien. Cette histoire des Brigades Rouges est reconstituée par 4 membres du commando qui a enlevé, séquestré et tué Aldo Moro. »

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 07:46

lu sur le silence qui parle

En Europe, après d’autres régions du monde, la lutte des classes se déploie et se concentre aujourd’hui autour de la dette. La crise de la dette touche maintenant les États-Unis et le monde anglo-saxon, autrement dit les pays où sont nés non seulement la dernière débâcle financière, mais aussi et surtout le néolibéralisme.
La relation créancier-débiteur, qui sera au cœur de notre propos, intensifie les mécanismes de l’exploitation et de la domination de manière transversale puisqu’elle ne fait aucune distinction entre travailleurs et chômeurs, consommateurs et producteurs, actifs et inactifs, retraités et allocataires du RSA. Tous sont des “débiteurs”, coupables et responsables face au capital, lequel se manifeste comme le Grand Créancier, le Créancier universel. Un des enjeux politiques majeurs du néolibéralisme est encore, comme le dévoile sans ambiguïté la “crise” actuelle, celui de la propriété, puisque la relation créancier-débiteur exprime un rapport de force entre propriétaires (du capital) et non-propriétaires (du capital).
À travers la dette publique, la société entière est endettée, ce qui n’empêche pas, mais exacerbe au contraire “les inégalités”, qu’il est temps de qualifier de “différences de classe”.
Les illusions économiques et politiques de ces quarante dernières années tombent les unes après les autres, rendant encore plus brutales les politiques néolibérales. La new economy, la société de l’information, la société de la connaissance sont toutes solubles dans l’économie de la dette. Dans les démocraties qui ont triomphé du communisme, très peu de gens (quelques fonctionnaires du FMI, de l’Europe et de la Banque centrale européenne, ainsi que quelques politiques) décident pour tous selon les intérêts d’une minorité. L’immense majorité des Européens est triplement dépossédée par l’économie de la dette : dépossédée d’un pouvoir politique déjà faible, concédé par la démocratie représentative ; dépossédée d’une part grandissante de la richesse que les luttes passées avaient arrachée à l’accumulation capitaliste ; dépossédée, surtout, de l’avenir, c’est-à-dire du temps, comme décision, comme choix, comme possible.
La succession de crises financières a fait violemment émerger une figure subjective qui était déjà présente mais qui occupe désormais l’ensemble de l’espace public : la figure de “l’homme endetté”. Les réalisations subjectives que le néolibéralisme avait promises (”tous actionnaires, tous propriétaires, tous entrepreneurs”) nous précipitent vers la condition existentielle de cet homme endetté, responsable et coupable de son propre sort. Le présent essai propose est une généalogie et une exploration de la fabrique économique et subjective de l’homme endetté.
Depuis la précédente crise financière qui a éclaté avec la bulle Internet, le capitalisme a abandonné les narrations épiques qu’il avait élaborées autour des “personnages conceptuels” de l’entrepreneur, des créatifs, du travailleur indépendant “fier d’être son propre patron” qui, en poursuivant exclusivement leurs intérêts personnels, travaillent pour le bien de tous. L’implication, la mobilisation subjective et le travail sur soi, prêchés par le management depuis les années 1980, se sont métamorphosés en une injonction à prendre sur soi les coûts et les risques de la catastrophe économique et financière. La population doit se charger de tout ce que les entreprises et l’État-providence “externalisent” vers la société, et en premier lieu, la dette.
Pour les patrons, les médias, les hommes politiques et les experts, les causes de la situation ne sont ni à chercher dans les politiques monétaires et fiscales qui creusent le déficit en opérant un transfert de richesse massif vers les plus riches et les entreprises, ni dans la succession des crises financières qui, après avoir pratiquement disparu pendant les Trente Glorieuses, se répètent, extorquant des sommes d’argent faramineuses à la population pour éviter ce qu’ils appellent une crise “systémique”. Pour tous ces amnésiques, les vraies causes de ces crises à répétition résideraient dans les exigences excessives des gouvernés (notamment du sud de l’Europe) qui veulent vivre comme des “cigales” et dans la corruption des élites qui, en réalité, a toujours joué un rôle dans la division internationale du travail et du pouvoir.
Le bloc de pouvoir néolibéral ne peut pas et ne veut pas “réguler” les “excès” de la finance, parce que son programme politique est toujours celui représenté par les choix et les décisions qui nous ont conduits à la dernière crise financière. Au contraire, avec le chantage à la faillite de la dette souveraine, il veut mener jusqu’au bout ce programme dont il fantasme, depuis les années 1970, l’application intégrale : réduire les salaires au niveau minimum, couper les services sociaux pour mettre l’État-providence au service des nouveaux “assistés” (les entreprises et les riches) et tout privatiser.
Nous manquons d’instruments théoriques, de concepts, d’énoncés pour analyser, non pas seulement la finance, mais l’économie de la dette qui la comprend et la déborde, ainsi que sa politique d’assujettissement.
Nous allons exploiter dans ce livre la redécouverte de la relation créancier-débiteur par l’Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari. Publié en 1972, anticipant théoriquement le déplacement que le Capital opérera par la suite, il nous permet, à la lumière d’une lecture du Nietzsche de la Généalogie de la morale et de la théorie marxienne de la monnaie, de réactiver deux hypothèses. Premièrement, l’hypothèse selon laquelle le paradigme du social n’est pas donné par l’échange (économique et/ou symbolique), mais par le crédit. Au fondement de la relation sociale il n’y a pas l’égalité (de l’échange), mais l’asymétrie de la dette/crédit qui précède, historiquement et théoriquement, celle de la production et du travail salarié. Deuxièmement, l’hypothèse selon laquelle la dette est un rapport économique indissociable de la production du sujet débiteur et de sa “moralité”. L’économie de la dette double le travail, dans le sens classique du terme, d’un “travail sur soi”, de sorte qu’économie et “éthique” fonctionnent conjointement. Le concept contemporain d’ “économie” recouvre à la fois la production économique et la production de subjectivité. Les catégories classiques de la séquence révolutionnaire des XIXe et XXe siècles – travail, social et politique –, sont traversées par la dette et largement redéfinies par elle. Il est donc nécessaire de s’aventurer en territoire ennemi et d’analyser de l’économie de la dette et de la production de l’homme endetté, pour essayer de construire quelques armes qui nous serviront à mener les combats qui s’annoncent. Car la crise, loin de se terminer, risque de s’étendre.
(…)

Vient alors pour nous une question essentielle : à quelles conditions pouvons-nous réactiver une lutte de classe que l’initiative capitaliste a complètement déplacée sur le terrain très “abstrait” et “déterritorialisé” de la dette ?
Marx disait que la crise réussit à faire rentrer dans “la tête de bois” des capitalistes des choses qu’autrement ils n’auraient jamais acceptées. Ici, “la tête de bois” à percer est celle des dirigeants et des intellectuels de la gauche syndicale et politique, puisque la dette devrait effacer d’un seul coup toutes leurs illusions. La dette impose, comme terrain du combat, la transversalité dans tous les domaines : transversalité entre États et espaces nationaux, transversalité entre économique, politique et social, transversalité entre figures de l’exploitation et de la domination. Nous sommes obligés de nous hisser à ce niveau de généralisation et de déterritorialisation si nous ne voulons pas nous faire balayer ou écrases par le Grand Créancier.
L’espace politique sur lequel engager le combat ne peut, en aucun cas, être celui de l’État-nation. La dette se moque des frontières et des nationalités, elle ne connaît à l’échelle de l’économie-monde que des créanciers et des débiteurs. Pour les mêmes raisons, elle oblige aussi à porter un autre regard que celui du travail et de l’emploi pour penser une politique à hauteur du Capital en tant que “Créancier universel”. La dette dépasse les divisions entre emploi et chômage, entre actifs et inactifs, entre productifs et assistés, entre précaires et non précaires, divisions à partir desquelles la gauche a construit ses catégories de pensée et d’action.
La figure de l’ “homme endetté” est transversale à la société dans son ensemble et requiert de nouvelles solidarités et de nouvelles coopérations. Nous devons également penser la transversalité entre “nature et culture”, puisque le néolibéralisme a encore alourdi la dette que nous avons contractée à l’égard de la planète et de nous-mêmes en tant que vivants.
Une des conditions indispensables à l’activation de la lutte de classe est la réinvention de la “démocratie” traversant et reconfigurant ce que, même des théories politiques très sophistiquées continuent à penser séparément – le politique, le social et l’économique –, puisque la dette les a déjà intégrés dans un dispositif qui les articule et les agence. L’économie de la dette semble pleinement réaliser le mode de gouvernement suggéré par Foucault. Pour s’exercer, il doit passer par le contrôle du social et de la population métamorphosée en population endettée, condition indispensable pour être à même de gouverner l’hétérogénéité de la politique et de l’économie, mais sous un régime autoritaire et non plus “libéral”. Si on ne peut pas réduire la politique au pouvoir, si la politique n’est pas simplement le calque positif du négatif de la politique de la dette, si on ne peut déduire une politique de l’économie (de la dette), on n’a jamais vu, dans le capitalisme, une action politique naître autrement qu’à l’intérieur et contre la politique du Capital. Où invente-t-on les raisons du “tort” et les conditions du “litige” sinon à partir des rapports d’exploitations et de dominations actuels ? Le négatif que la dette dessine définit les conditions historiques d’où la lutte se détourne pour inventer de nouvelles formes de subjectivation et de nouvelles possibilités de vie. Mais ces conditions sont, à chaque fois, historiques, singulières, spécifiques ; aujourd’hui, elles se nouent autour de la dette.
La tâche la plus urgente consiste à imaginer et à expérimenter des modalités de lutte qui aient l’efficacité de blocage qu’avait la grève dans la société industrielle. Le niveau de déterritorialisation du commandement capitaliste nous y oblige. Les têtes de bois des capitalistes et des gouvernants n’entendent que le langage de la crise et celui du combat.
Si nous avons esquissé un parcours théorique et politique autour de l’économie de la dette, ce n’est pas tant pour fournir une nouvelle théorie générale et globale du néolibéralisme pour que donner un point de vue transversal à partir duquel les luttes pourraient se déployer.
La lutte contre l’économie de la dette et surtout contre sa “morale” de la culpabilité qui, au fond, est une morale de la peur, requiert également une conversion subjective spécifique. Nietzsche peut encore nous donner quelques indications : “L’athéisme délivre l’humanité de tous ces sentiments d’avoir des dettes envers son origine, envers sa causa prima. L’athéisme est inséparable d’une sorte de seconde innocence.” (1)
La reprise de la lutte de classe au bon endroit, c’est-à-dire là où elle est le plus efficace, doit reconquérir cette “seconde innocence” par rapport à la dette. Une seconde innocence non plus envers la dette divine, mais envers la dette terrestre, la dette qui pèse sur nos porte-monnaie et qui module et formate nos subjectivités. Il ne s’agit donc pas seulement d’annuler les dettes ou de revendiquer la faillite, quand bien même cela serait très utile, mais de sortir de la morale de la dette et du discours dans lequel elle nous enferme.
Nous avons perdu beaucoup de temps et perdu tout court en essayant de nous justifier par rapport à la dette. Toute justification vous rend déjà coupable ! Il faut conquérir cette seconde innocence, se délivrer de toute culpabilité, de tout devoir, de toute mauvaise conscience et ne rembourser pas même un centime, il faut se battre pour l’annulation de la dette, laquelle n’est pas un problème économique rappelons-le, mais un dispositif du pouvoir qui non seulement nous appauvrit, mais nous mène à la catastrophe.
La catastrophe financière est loin d’être terminée puisqu’aucune régula- tion de la finance n’est possible. Sa régulation signerait la fin du néolibéralisme. D’autre part, les oligarchies, ploutocraties et “aristocraties” au pouvoir n’ont pas de programme politique de rechange. Ce que le FMI, l’Europe et la Banque centrale européenne commandent, sous le chantage des “marchés”, sont encore et toujours des remèdes néolibéraux qui ne font qu’aggraver la situation. Avec le deuxième plan d’austérité grec, et quand bien même les anticipations des agences de notation qui misent sur une faillite partielle de la dette grecque aboutiraient, les conséquences pour les populations européennes ne changeront pas. Elles seront, de toute façon, saignées à blanc. Le chantage de la dette opère sur tous les Européens comme un destin inéluctable. Il n’y a pas d’autre possibilité que rembourser le Grand Créancier ! Les seules institutions qui se sont bien sorties de la dernière débâcle financière sont les banques, qui continuent à faire de profits et à distribuer des primes, grâce à la nationalisation de leurs pertes. Mais le problème est seulement déplacé. À moins de trouver une dette non plus souveraine, mais cosmique, de façon à créer et à exploiter une bulle financière extraterrestre, je ne vois pas comment sortir de cette catastrophe en continuant à imposer et à appliquer les principes même qui l’ont causée. Le capitalisme fonctionne toujours de cette façon : déterritorialisation délirante et hypermoderne, qui repousse ses limites toujours plus loin et reterritorialisation raciste, nationaliste, machiste, patriarcale et autoritaire qui dessine un mode de vie infâme : “vivre et penser comme des porcs” – sauf le respect que nous devons aux cochons –, mode de vie dont l’Italie berlusconienne a assuré la mise en scène d’une vulgarité incomparable.
Dans une interview à la télévision grecque en 1992, Félix Guattari, moqueur et provocateur, dévoilait par anticipation les objectifs jamais affichés de l’acharnement financier qui accable les « petits » États européens : “La Grèce, c’est le mauvais élève de l’Europe. C’est toute sa qualité. Heureusement qu’il y a des mauvais élèves comme la Grèce qui portent la complexité. Qui portent un refus d’une certaine normalisation germano-française, etc. Alors continuez à être des mauvais élèves et nous resterons de bons amis.”
Maurizio Lazzarato
la Fabrique de l’homme endetté, essai sur la condition néolibérale / 2011

1 F. Nietzsche, op. cit., p. 102. Pour la dette dans l’œuvre de Kafka, voir mon ouvrage Expérimentations politiques, Paris, Éditions Amsterdam, 2009.
Pour voir l’entretien de Félix Guattari, cliquez ICI




 


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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 17:02

Le 22/09/2011 action des sous-traitants du nucléaire , ça c’est fait les copains et les copines et surtout nous l’avons avec nos tripes tous bien fait  ! :)

Bravo et respect à tous les salariés dans l’action ce jour et pour ce qui n’y était pas vous savez ce que j’en pense !!!désolé .

Un succès , oui nous pouvons le dire , arriver à mobiliser plusieurs entreprises le même jour afin de revendiquer de meilleur condition de travail et de vie pour tous . Chapeau les gars !

Nos dirigeants maintenant ne peuvent plus dire ,  je ne savais pas . Ils ont bien compris que maintenant , il va falloir négocier parce que sans nous un arrêt de tranche ne peut se réaliser tout simplement …l’histoire des sous-traitants du nucléaire commence !

19 site EDF dans l’action grâce au soutien de la CGT FNME et oui il faut le dire :) ! Des absences remarquées ( vous le savez tous , qui ne dit mot consent ou alors les absents ont toujours tort !) , cela est bien dommage pour eux  et sera dommageable à n’en pas douter  aux OS absentes dans cette journée d’action pour la défense de tous les salariés de la sous-traitance :(

Bonus rap d’ouvrier mettez le son : sous rayons radioactif

Communiquer de la CGT FNME : communiquepdf
Communique : fortemobilisation1pdf  
et  fortemobilisation2pdf

Bien entendu et plus que jamais : on lâche rien

Et vous qu’en pensez vous ?

lire les derniers commentaires …

7 Responses to “Cela c’est passer le 22/09/2011…”


Dans la presse :

Les sous-traitants du nucléaire bloquent l’entrée de la centrale :
http://www.ledauphine.com/ardeche/2011/09/22/les-sous-traitants-du-nucleaire-bloquent-l-entree-de-la-centrale

mais aussi ,
De la sous-traitance à la mal-traitance :
http://www.lamarseillaise.fr/le-fait-du-jour/de-la-sous-traitance-a-la-mal-traitance-24300-2.html

ou alors ,
La sous-traitance, une pratique de plus en plus développée devenue à risque : http://www.romandie.com/news/n/_La_sous_traitance_une_pratique_de_plus_en_plus_developpee_devenue_a_risque230920110909.asp

et encore ,
Sociologie radioactive :
http://owni.fr/2011/09/22/sociologie-radioactive-edf-nucleaire/

sans oublier ,
Les invisibles salariés de la sous-traitance nucléaire :
http://www.romandie.com/news/n/_Les_invisibles_salaries_de_la_sous_traitance_nucleaire230920110909.asp

+ ça ,
Les sous-traitants du nucléaire réclament une protection… sociale :
http://www.leprogres.fr/ain/2011/09/23/les-sous-traitants-du-nucleaire-reclament-une-protection-sociale

et encore ,
Cattenom les sous-traitants du nucléaire se mobilisent :
http://www.republicain-lorrain.fr/moselle/2011/09/23/les-sous-traitants-du-nucleaire-se-mobilisent

et aussi ,
« La CGT réclame une table ronde sur la sous-traitance nucléaire »:
http://www.usinenouvelle.com/article/la-cgt-reclame-une-table-ronde-sur-la-sous-traitance-nucleaire.N159354

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 12:58
lu sur HTTP:// journalhorsservice.blogspot.com
Il y a des problèmes pour lesquels il n’existe pas de solutions dans cette société. On vit dans une voie sans issue. Quand on trouve un lieu pour y habiter et avoir un chez-soi, il faut chercher de l’argent pour le payer. Quand on réussit à traverser les frontières à la recherche d’une vie meilleure, il faut obtenir des papiers pour vivre dans ce nouveau pays. Alors on marche dans la rue, on marche dans cette voie sans issue en abandonnant notre propre volonté, nous limitant à la recherche de la survie.

Il y a des problèmes pour lesquels il n’existe pas de solutions dans cette société. Tous, nous le savons et pourtant… Si nous gardons espoir, souvent il ne porte rien de plus que le désir d’être, un jour peut-être, finalement accepté par cette société, intégré dans ses structures. Cette société qui nous écrase, qui nous opprime, qui nous crache dessus, on voudrait être intégré dans ses structures… La nécessité de survivre nous fait accepter que la vie soit dure et on pense qu’on est fort si on est capable de la subir jusqu’à l’infini. On se sent mal quand la société nous frappe, mais on est heureux quand elle nous embrasse. Et on continue à marcher dans cette voie sans issue, car quand même, ici c’est mieux que là-bas… On continue à marcher dans cette voie sans issue, en se cognant la tête contre ses murs, jusqu’à la perdre… la tête.

Peut-être qu’il est l’heure de faire sauter cette rue. Cette rue qui s’appelle Rue de l’Oppression, Rue de la Domination, de la Survie, de l’Inégalité, de l’Autorité, Rue de l’Etat, de la Police, de la Justice, Rue de la Cruauté, de la Prison, de l’Expulsion… Rue de la Monotonie et de l’Abrutissement, de l’Ennui et du Désespoir. De la Soumission, de la Résignation, de la Concurrence. Cette rue qui fait bien partie de toutes les villes du monde, car ce monde de chefs se nourrit de notre misère, partout, et toujours.

Si nous marchons comme des prisonniers dans cette ruelle, c’est en partie à cause de l’idéologie du pouvoir. L’idéologie qui nous dit qu’un esclave capable de porter des kilos sur son dos est un bon esclave. La peur des représailles du maître fait que l’on ne se révolte pas. Autant que le chantage et l’isolement que les chefs utilisent pour nous garder au calme. Le chantage, et des promesses, des promesses d’une régularisation, des promesses d’une pension après des années de dur labeur, des promesses de vacances, d’une belle voiture ou d’un avenir pour nos enfants. Et alors, on oublie la rage. On l’étouffe parce qu’on finit par croire qu’il vaut mieux ne pas s’énerver, qu’il faut tout simplement encore faire un effort, qu’il faut sourire une fois de plus, et penser que tout est bien comme ça.

Des fois, on remarque des dessins sur les murs des ruelles. Des dessins qui expriment une voix claire contre ce monde d’humiliation. Feu aux prisons! Sabotons la machine à expulser! ou encore Vive la révolte, l’évasion, les mutineries! Solidarité avec les insurgés! Au milieu de la grisaille, ces traces écrites nous rappellent de rester un être humain face à ce monde de béton et de barreaux. Se révolter…

Ces derniers mois, des rumeurs circulent dans les ruelles de nos vies. Des rumeurs qui parlent d’émeutes, de soulèvements et d’insurrections. Des rumeurs de la possibilité de s’insurger contre le pouvoir, de détruire les bâtiments des responsables de la misère, d’être solidaires les uns avec les autres dans la lutte. Et on commence à réaliser, lentement, que la plus puissante arme du pouvoir est qu’il nous a volé notre imagination. Si cela est possible maintenant, pourquoi ne l’était-ce pas avant? Si cela est possible là-bas, alors pourquoi pas ici? Le pouvoir nous laisse pour unique rêve celui d’être bien intégré. Etre quelqu’un qui travaille (le métier de ses rêves) et qui dépense son argent dans des marchandises. La soi-disant la belle vie…

Mais là, on a bien compris qu’on n’a plus rien à attendre du pouvoir. Il est comme il est : il aime l’argent, et le contrôle ; point barre. Alors, pourquoi ne pas nous défaire de ces rêves qui nous enchaînent ? Pourquoi ne pas arracher nos rêves au pouvoir, les extorquer de son armement ? Nos rêves nous poussent à chercher des complices révoltés. Nous permettent de regarder au delà de cette voie sans issue, et comme dans l’imagination tout est possible, cela nous invite à atteindre ce tout. Le pouvoir nous a fait croire que la misère est là pour toujours, mais on n’y croit plus. Un autre monde, une autre vie est bien possible.

La plupart d’entre nous habitent ces ruelles de la misère, mais on n’a pas besoin d’être nombreux pour commencer à lutter. Par contre, on a fortement besoin de commencer, vivre chaque jour comme une invitation à la révolte. Et oui, pour une révolution, on a bien besoin d’être nombreux, mais aussi d’idées solides. Des idées de base qui nous permettent de refuser la politique, de refuser la présence policière, la collaboration avec les institutions qui maintiennent l’ordre actuel. Des idées d’égalité, donc d’anti-autorité, des idées qui empêchent une contre-révolution, des idées dont on a besoin pour vivre en liberté. Eradiquons les rapports de domination de notre société, sinon de nouveaux chefs continueront à s’imposer. Eradiquons les rapports inégaux, car c’est également parce qu’on est habitué aux relations de pouvoir depuis qu’on est enfant, qu’on les accepte, qu’on les reproduit, qu’on les trouve normales.

On a besoin de se confronter, de crier la rage, d’être fâché. L’anesthésie nous fait oublier que le mal qu’ils nous infligent n’est pas un détail à refourguer aux oubliettes. On a raison de les faire chier, on a bien raison. Et on le fait, parce qu’on désir une rue qui s’appelle liberté et une autre qui s’appelle solidarité. On se bat pour la rue de l’individualité et de l’autonomie, de l’aventure et de l’étonnement. La rue de la volonté et de la confiance, la rue de la réciprocité et celle de la découverte. Du sourire, de l’intimité, de l’ouverture et de la chanson enthousiaste…

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