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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 08:45

 

A propos d'un sabotage contre un pylône haute-tension déplacé dans le cadre du projet d'aéroport et de sa desserte routière.

Dans la nuit du vendredi 21 au Samedi 22 juin, deux pieds d'un pylône haute-tension situé sur l'emplacement du « futur » échangeur à l'extrémité Est du barreau routier ont été sérieusement endommagés à la meuleuse. Ce pylône flambant neuf a été déplacé il y a quelques mois dans le cadre des travaux préliminaires au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La première étape de ce projet sera la construction du barreau routier, une quatre voies reliant l'axe Nantes-Rennes à l'axe Nantes-Saint Nazaire.

Depuis des mois, la préfecture affirme dans la presse que le projet avance et que les travaux progressent. Pourtant les travaux préliminaires ont, depuis le début de l'année, été sans cesse perturbés. A part les fouilles archéologiques, tout ce qui est envisagé reste au point mort (élargissement des routes différé, dernier forage au lieu-dit Culnoues reporté suite à une action de blocage) et tout ce qui a été fait doit être recommencé (sabotage à la masse, à deux reprises, des poteaux en béton destinés aux déviations de lignes, arrachage des piquets de géomètres, sabotage de tous les piézomètres posés lors des derniers forages). Avec ce sabotage de pylone, la seule chose concrète que vous aviez réussi à finir ces derniers mois est également à refaire, et le sera sans cesse, encore et encore, jusqu'à ce que vous renonciez.

Décideurs, sachez-le, tout ce que vous construirez sera détruit ! Vous n'êtes même pas en mesure d'avancer dans les travaux préliminaires, et on vous laisse imaginer la force destructrice de notre opposition lorsque vous entamerez réellement le chantier de l'aéroport et de sa desserte routière.

Nous ne sommes pas en lutte contre un projet d'infrastructure mais contre les infrastructures de la métropole en tant que telles (lignes électriques, antennes relais, autoroutes, etc.). Les luttes qui se déploient contre vos projets mortifères ne s'arrêteront pas, même si vous parvenez à construire par la force ces infrastructures de la dépossession.

Nous affirmons notre solidarité avec nos ami-e-s en lutte contre la ligne Très Haute tension Contentin-Maine. En dépit du fait que RTE ait finalement construit cette ligne, la lutte ne fait que commencer. C'est par le sabotage acharné, diffus, et systématique des lignes existantes que se prolongera ce qui s'est esquissé au Chefresne.

Nul besoin de menaces gratuites pour vous effrayer, il nous suffit d'évoquer des souvenirs pas si lointains :

« En 1971, le gouvernement japonais envisageait de dégorger une partie du trafic aérien encombrant l’aéroport côtier d’Haneda en construisant un nouvel aéroport à 60 km de la capitale, près de la ville de Narita. Immédiatement, de nombreux paysans refusent de vendre leurs terres aux promoteurs, s’organisent et résistent pas à pas à la police, aidés par de très nombreuses personnes. Au fur et à mesure que les travaux avancent, les affrontements se font plus sévères. Des tours de béton et d'acier sont construites sur la future piste par les manifestants, et chaque fois, la police doit livrer de véritables assauts pour démolir les édifices.

Samedi dernier, cinq jours avant l’inauguration officielle de l’aéroport, une nouvelle tour a été érigée par une cinquantaine de paysans et d'activistes qui repoussèrent la police avec des pierres et des flèches en acier lancées grâce à des fusils sous-marins.

Les cocktails Molotov volent, se brisent sur les bulldozers et les voitures de police chargent des deux côtés. Profitant du combat, six individus escaladent la tour de contrôle par l’extérieur pendant que ses servants s’enfuient et se réfugient sur le toit. Un hélicoptère viendra les délivrer, mais la tour y passe. Les vitres volent en éclat, les installations et le reste. »
Narita, 28 mars 1978 (Libération)


Le passé nous permet d'imaginer ce que l'avenir vous réserve !

Quelques étincelles dans la nuit noire de la métropole....

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 12:58

lu sur  Le Cri Du Dodo

  anarchylove « Le couple et la cohabitation sont aussi aliénants pour les hommes que pour les femmes mais  [les hommes] ne le savent pas encore parce que leur aliénation est celle du maître dont la survie – en tout cas le confort quotidien – est liée à l’esclave [...] On leur a appris depuis l’enfance que si le couple et le foyer sont la place naturelle des femmes, leurs véritables territoires sont ailleurs, au travail, au parti, à la guerre. En partant accomplir les tâches nobles qui leur sont attribuées, ils croient fuir l’aliénation du foyer mais ils ne font que quitter une aliénation pour une autre et les deux se renforcent mutuellement, l’existence du couple et celle de l’entreprise sont indissolublement liées et la réforme de l’un s’appuie sur la libéralisation de l’autre. [...] Ce n’est peut-être que lorsque les femmes seront parties, (…) lorsqu’ils perdront leur base de repli, leur résidence secondaire où ils refont leur force de travail, que les hommes prendront profondément conscience, dans leur corps et pas seulement en théorie, de leur aliénation globale et qu’ils remettront concrètement en cause la notion de travail forcé ”

Evelyne Le Garrec, « Un lit à soi », 1979.

« Ce n’est pas la situation actuelle de la famille qui est inacceptable, c’est son existence même. [...]   Il n’y a pas à transformer la structure parentale, car l’égalité vécue […] ne pourra exister et engendrer un bouleversement total des rapports sociaux que dans une société sans classes, décentralisée, techniquement autogérée [...]. Il va sans dire que ce type de société ne peut que se fonder sur un renversement total des rapports entre les sexes et sur la disparition de la cellule familiale. 

[…]Pour résumer : la famille est la courroie de transmission entre le Pouvoir, quel qu’il soit, et le futur citoyen, prolo, cadre, patron, enfant. C’est la famille et l’école qui font d’un enfant un “ adulte ” par la violence. Mais le Pouvoir exerce également sa contrainte sur les parents (surtout la mère par l’intermédiaire de l’enfant ; l’enfant est son otage, son chantage). Toute personne qui n’a à vendre que sa force de travail – 99% des gens -, sitôt qu’il devient père ou mère est obligé de se soumettre. Il doit travailler, et travailler à n’importe quoi, pour n’importe quel prix. »

François d’Eaubonne, « L’hiver du patriarcat »,

Article, in Revue “ Autrement ” n. 3, Automne 1975.

Au fil des rencontres, des discussions et des lectures et autres réflexions sur « L’amour libre » ou le « polyamour » dans les milieux anarchistes, anti-autoritaires ou dit « autonomes », avec un peu de recul on en vient assez vite à se demander si ces termes ont encore un sens. Et surtout s’ils ne sont pas aujourd’hui très galvaudés.  Ce sont des termes parfois vus comme un peu prétentieux. Parce qu’il y a dans certains milieux (« radicaux » ou pas) un prestige à dire qu’on est « en amour libre ». Ces termes « d’amour libre », d’amour pluriel ou de « poly-amour » produisent un effet. Termes qui sous entendent aussi implicitement qu’on est tellement plus libéré-e-s que les autres et qu’en plus on s’aime (ou pas). Mais quel que soit le mot qu’on utilise, il semble recouvrir un ensemble d’agencements et d’arrangements amoureux, amicaux, sentimentaux ou sexuels (ou un peu tout cela à la fois) qui n’ont souvent rien en commun les uns avec les autres sinon de ne « pas être un couple »… et encore.

Dans une partie des milieux révolutionnaires ou dit « anti-autoritaires », ces termes (ou d’autres synonymes) sont un peu à la mode ou font simplement force de « tradition ».

Mais force serait plutôt de constater qu’il existe un vide cosmique au niveau de la réflexion et de la critique concernant nos pratiques et les questionnements qui sont liés à cette question, ou presque.

Soit que ce n’est pas « subversif en soi », soit que c’est « l’affaire de chacun-e », soit que ce n’est pas « une pratique de lutte ». Bref, une bonne dose de libéralisme et de mauvaise foi pour cacher la misère et renvoyer les questions qui touchent à l’intime à la place que lui avait déjà assignée la société dans laquelle nous vivons : celle du « privé ».  Ou encore (autre solution cybernétique) en faisant de la question un problème de mauvaise gestion.  Le couple n’étant pas apte à « gérer les sentiments », on « collectivise » en présentant ainsi la question comme devant simplement être mutée de la « sphère privée » à la « sphère publique » sans questionner ni le pouvoir, ni la gestion, ni ces fausses séparations. Dans tous les cas, on est face soit à un refus d’aborder le problème de face, soit à une volonté d’y imposer des solutions toutes faites. Deux versants d’une même manière d’ignorer l’éléphant qui est dans le salon.

 

L’Unique et son intimité.

« La liberté intellectuelle dépend des choses matérielles. La poésie dépend de la liberté intellectuelle. Et les femmes ont toujours été pauvres, depuis le commencement des temps. Les femmes ont eu moins de liberté intellectuelle que les fils des esclaves athéniens. Les femmes n’ont pas eu la moindre chance de pouvoir écrire des poèmes. Voilà pourquoi j’ai tant insisté sur l’argent et sur une chambre à soi. »

Virginia Wolf, in « Une chambre à soi »

« Être dans la solitude, c’est là le difficile. Continuer à être, à garder le sentiment de sa propre existence — être, et non pas cesser d’être, quand l’autre n’est pas là — et conserver le sentiment d’identité — être soi, et pas les autres. Il est des gens pour qui la chose paraît simple. Ils sont convaincus que leur existence vraie ne cesse pas, mais peut-être même ne commence qu’à l’écart des autres. Ce retrait, ils le nomment, c’est selon, la vie privée, la table d’écriture, la chambre à soi. Pourtant, pour beaucoup, l’être se défait, s’altère quand l’autre manque. (Mais cet autre qui ne peut faire défaut sans que je sombre dans le néant, est-ce bien un autre ?) Ils ne sont que quand ils ne sont pas seuls (la promiscuité tient lieu de proximité). »

Michel Schneider, in « Glenn Gould piano Solo ».

3066894789_fc7dd8152a_oDans toutes les nouvelles sectes gauchistes new-age, comme dans toutes les tentatives désespérées de réanimer les cadavres encore chauds des vieilles idéologies révolutionnaires (post-situ et marxistes, etc…) -concernant les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui dans nos vies- se révèlent non seulement inopérantes pour expliquer le monde qui nous entoure, et formuler leurs perspectives révolutionnaires, mais ont toutes en commun la négation pure et simple de l’individu.

Plus précisément, c’est cette fable de « l’individu immédiatement social » (le communisme ?) décliné à toutes les sauces qui revient régulièrement (ou sous d’autres formes), et raisonne comme une douce promesse. La solution est forcément collective, forcément une question de « luttes des classes » et de « rapports de production », et en bref ne laisse aucune place non seulement à l’individualité mais aussi aux questions qui touchent à l’intime et au domaine du sensible. Comme si d’ailleurs ces champs étaient exclus de tout rapport de force et de toute domination…

Or, dans cette vision l’individu n’est im-médiatement social (c’est-à-dire sans médiations) que dans le « monde idéal»,  une fois achevée l’abolition des classes, de « la valeur », de toutes les formes d’oppressions et de dominations…  et d’ici là, bon courage camarades !

Car de fait cette fable ne vaut pas dans la société dans laquelle nous vivons puisque l’individualité n’est conçue par ceux qui la « nient » que comme le produit finit d’un processus d’atomisation (ce qu’il est aussi en négatif) et comme un concept « bourgeois » ou libéral, ou comme simple produit de rapport de production ou d’échanges.  Ironie du sort, libéralisme existentiel et communisme littéraire se passent très bien du concept d’individualité ou d’individu.

Dans la perspective « communisante » précisément, comme dans la perspective qu’on pourrait qualifier de « tiqqunienne » (ou dans bien d’autres théories) le grand mouvement qui est à la fois sa perspective, sa méthode et son propre but, communise donc tout sur son passage : les chaussettes, les radiateurs, le pain et les affects.  Du moins il croit le faire. Ça c’est sur le papier évidemment.  Le problème c’est bien sur que les « affects », ou plus généralement les sentiments (et moins encore les individu-e-s) ne peuvent se résumer à des « produits du procès de production» (entre autres tautologie) ou à des marchandises interchangeables qu’on peut voler, auto-réduire et « se faire passer ».

Le problème c’est précisément que la rationalité capitaliste et autoritaire a imprimé cette idée sur son passage. Et qu’à défaut de penser la question, c’est la même rationalité de supermarché qui range au même rayon les boites de conserves, le papier toilette, la copine, le copain, « mes ex et mes futurs ». A tel point qu’on pourrait presque écrire sur la liste de courses et de choses à faire « trouver une autre relation ». C’est en général ce qui se fait sur les « réseaux sociaux », sur internet, par exemple.

Evidemment, en plus de témoigner d’une misère affective désarmante (et ce n’est pas rien de le dire),  cet « amour libre » là (sous ses diverses facettes) est le plus souvent un petit théâtre dérobé de la reproduction des formes de dominations hétéro-sexistes et patriarcales, souvent même de manière paroxysmique et caricaturale.

La plupart des « amour-libristes » revendiqués sont bien entendu des hommes hétérosexuels. On se demande entre hommes « comment convaincre sa copine de s’y mettre » sans se demander si on va vraiment le supporter (ou mieux, on lui interdit en se permettant toutes les libertés dans son dos). Et quand la « copine » trouve la clef des champs,  on se transforme en une espèce de Tartuffe machiste désabusé, la traitant de tous les noms, et on invente des mensonges incroyables pour se faire passer pour la victime auprès de tout le monde. On affiche son tableau de chasse devant ses potes et on explique qu’on est « blessé » ou qu’on se sent « abandonné » dès que la « copine » fait preuve d’un soupçon d’autonomie sentimentale ou sexuelle.  Ou pire donc : on cloitre, on isole.

« A elle le couvent, à moi la liberté ». On « fait le canard » devant « sa » copine attitrée, le fier devant ses potes et le malin avec les autres, pour montrer combien on est pas jaloux.

Evidemment, ces situations sont toujours transposables d’un sexe à l’autre ou dans des relations non-hétéro-normées qui se calquent sur le modèle et le style de vie du couple dominant. Ces attitudes (qui ne sont pas l’exclusive propriété des hommes) donnent simplement parfois l’impression d’être juste la norme : à la fois dans les couples traditionnels, dans les couples « réformés », et dans le cloaque « amour-libriste » (dans toute sa diversité) qui ne dit pas son nom mais est quand même très fier de ce qu’il prétend être.

Dans tout ça, il y a l’aspect irrémédiablement « précaire » de la vie collective, qu’elle soit le fait de collocations, de logements sociaux où on s’entasse ou de squats. Encore que ces derniers offrent au moins en puissance –et même temporairement- plus de potentialité : parce que plus d’espace.

Mais dans tous les cas, soit c’est le désert où l’intimité a été « abolie » ou « collectivisée » de force (ce qui dans l’esprit de secte de nombreuses personnes, signifie la même chose), soit c’est le couple comme refuge (et de ce point de vue là, on a pas toujours envie de lui en vouloir). Mais encore une fois, c’est de territoire partagé sous la contrainte qu’il s’agit. Une maison, un espace, une chambre, un lit. De toute évidence, il y a là toutes les raisons de ne pas s’interroger sur l’autonomie individuelle et même le consentement tant ces questions impliquent des réponses « dangereuses ».

Dangereuses pour la société en général, mais aussi pour un ensemble de milieux où le crime suprême dans la vie collective n’est pas de vouloir forcer les limites corporelles et intimes des autres mais bien plutôt de mettre un verrou à sa chambre. Là où il ne viendrait étrangement à personne l’idée de démonter celui des chiottes ou de la cave par exemple.

Et puisqu’on en parle : un ensemble de milieux qui a enterrée l’idée même d’une chambre à soi, voir même d’un lit à soi en même temps que toute possibilité d’autonomie individuelle -et donc d’individualité comme principe et comme tension – ne porte résolument pas grand choses.

Et il faut bien des renoncements pour y parvenir. Et d’abord celui à l’intimité.  C’est-à-dire à la possibilité –même ponctuelle- de s’isoler, d’être parfaitement seul lorsqu’on en a envie, de garder certaines choses pour soi, de ne pas partager toutes nos expériences avec la terre entière.

Du reste, la volonté manifeste et systématique de « collectiviser l’intime » (c’est-à-dire en fait de le détruire) s’apparente plus qu’autre chose à une volonté de pouvoir et d’emprise collective (souvent par un petit groupe ou quelques individu-e-s) sur les relations inter-individuelles. Bien entendu, le « privé » est politique. Mais l’intime n’est pas nécessairement « privé ». Il est une tension entre soi et les autres. Il est ce mince fil qui permet d’exister par soi-même avec les autres.

On peut disserter sur l’idéal que représenterai le fait de vivre –comme certains anarchistes naturistes de la belle époque par exemple- en communauté totale dans un Eden retrouvé, qu’on en ferait pas disparaitre pour autant l’irrépressible besoin d’intimité. L’intime est en fait bien plus que le besoin d’être seul ou le « lien particulier qu’on partage avec d’autres », il est aussi la distance raisonnable dans laquelle on les maintient. Il est cette bienveillance avec laquelle on rappelle à l’autre qu’on n’est pas lui ou elle. Il est aussi la force avec laquelle on repousse nos propres fantasmes de fusion, dans tout ce que ceux-ci comportent d’autoritarisme, de vampirisme affectif, d’appropriation du corps de l’autre, et donc aussi d’hétéro-sexisme, et même de cannibalisme social (au moins dans l’étrange légèreté avec laquelle on considère les corps comme simples aliments de nos « besoins »). En lieu et place de la liberté ou de l’émancipation, c’est bien un libéralisme qui ne dit pas son nom qui domine la plupart du temps. Celui du « j’fais c’que j’veux et j’t’emmerde ».

Là encore –évidemment- le ressac patriarcal, et le ressac libéral et non anarchiste, comme projet contre-révolutionnaire s’exprime avec une aisance et une complaisance désarmantes.

Sous toutes bonnes intentions, les volontés de faire disparaitre cette tension qu’est l’intime – à travers la généralisation du ragot ou la mise à disposition des corps- sont simplement d’excellentes méthodes de pacification et de contrôle, et bien entendu le retour à des formes ancestrales de privation, de contrainte et d’exploitation : tout particulièrement pour les femmes.

Evidemment, la tendance au ragot, ou le fait d’exposer en permanence les autres sans leur consentement ne doit pas être compris comme une critique de la solidarité nécessaire dans les  situations de violences ou d’abus, mais comme la norme qui consiste à se vanter de « ses relations », comme une autre forme de « capital social ».  Norme omniprésente dans les relations de couples et hétéro-normées. Ou plutôt du couple hétéro traditionnel comme modèle relationnel unique et de référence.

Ouvrir la boite de pandore, et laisser nos illusions s’envoler.

« nous savons bien que malgré nos conceptions nous sommes encore jaloux, menteurs, propriétaires, autoritaires. Et comment, du jour au lendemain, ces tares que nous nous reconnaissons pourraient-elles s’effacer chez tous? (…) Constatons simplement l’effet certain d’améliorations que peuvent amener en les individus l’application des idées anarchistes, mais soyons assez lucides pour ne pas espérer supprimer instantanément les tares et en particulier les souffrances de la jalousie »

Anna Mahe, in « Jalousie »,                                                                                                   l’anarchie, 21 février 1907, n° 98

comicsCe « communisme » d’opérette-là (celui cité plus haut), sous toutes ses facettes, ne fait que singer les pires fantasmes « biopolitiques » de caserne et de panoptique en termes de relations sentimentales comme dans la vie quotidienne. Il s’apparente d’une certaine manière à la « maladie communautaire » décrite par Bonnano dans son texte du même nom. Une véritable politique à lui tout seul justement.  S’il y a une analyse critique à porter sur ce qu’il est encore convenu d’appeler « l’économie »,  c’est aussi contre nos propres pratiques oppressives et autoritaires qu’elle doit s’orienter. Car une des bases du capitalisme (et par extension de toute oppression et domination) n’est pas juste l’accumulation, ou même le processus de valorisation mais bien l’appropriation, et conséquemment la force et la contrainte qu’elles supposent.

En réalité, la seule philosophie qu’on puisse réaliser dans ces conditions sans s’attaquer au problème de l’autorité et des diverses formes de pouvoir, institutionnelles comme celles dans la vie quotidienne, reste un « communisme de la survie ». Et c’est un principe qui se vérifie aisément : la survie ne pousse pas les gens à se révolter, à s’auto-organiser ou à lutter. Elle pousse au mieux à se replier sur soi, et plus généralement à s’entredévorer et à se familiariser avec une sociabilité de charognards.

On peut donc d’autant moins se payer le luxe d’ignorer la question de la liberté dans les relations amoureuses, sentimentales ou amicales (et de comment éviter de trop séparer tout cela) que la situation actuelle dit quelque chose du désastre ambiant : du ressac patriarcal et des comportements de prédateurs, du racisme rampant et institutionnel, de la dégradation généralisée des conditions de la survie, des relations de pouvoir et de la violence dans les relations amoureuses, affectives ou « de couple ». Et au milieu de tout cela, de la possibilité d’établir des relations sociales libérées. La situation dit aussi quelque chose de notre incapacité à lier notre éthique et nos pratiques dans la vie quotidienne à celles que nous prônons dans nos luttes. Si nous n’en parlons pas, si nous ne nous regardons pas en face : alors les mêmes causes produiront les mêmes effets.

De la même manière qu’on ne peut pas tout réduire au lieu de travail, on ne peut pas tout réduire à « l’économie », et on ne peut pas d’un côté parler à qui veut l’entendre de « commun » en enterrant systématiquement tout ce qui sort du champ du « social » et de ses « mouvements » au sens le plus restreint des termes.

Ironie du sort, la seule chose qui fasse encore consensus à propos de « l’amour libre » c’est que ce n’est même pas un sujet de débat. Après tout, c’est Emma Goldmann qui demandait « Comment l’amour pourrait-il être autre chose que libre ? ».  On devrait se demander aujourd’hui : comment pourrait-il l’être vraiment ?

Les discours convenus sur « l’amour qui est à réinventer » ou « à détruire »  ne nous apportent rien ou pas grand-chose. Les gens continuent de tomber amoureux/ses en prétendant que ce n’est pas le cas et se font toujours aussi mal voir plus.  Comment pourrait-il en être autrement ? L’amour est-il un problème en soi ou est-ce seulement la manière de l’envisager ? Ou n’est-ce pas plutôt un problème plus général où les sentiments et les affects continuent de pâtir soit de leur exclusion du champ d’analyse critique, soit de leur soumission à des modèles « révolutionnaires » préconçus.

Toutes ces questions restent en suspens.

Autonomie sentimentale et clandestinité amoureuse.

« L’émancipation de la femme est, selon moi, très mal posée chez les anarchistes. La femme n’est guère envisagée que comme épouse ou amante, que comme complément de l’homme et incapable de vivre sa vie pour et par elle-même. (…) La femme est donc prédestinée à l’amour, légalisé chez les gens comme il faut, « libre » chez les anarchistes »

Sophia Zaïkowska, in « Feminisme » ,

La Vie anarchiste, 1er mai 1913

 

On peut se raconter des berceuses ou prétendre que tout n’est qu’une question de « conditions matérielles » (sur lesquelles on a donc peu de prise, c’est donc « la faute à personne ») ou même de « bonne volonté » (c’est donc « la faute à tout le monde ») et on en perdrait presque de vue la puissance de l’idéologie. Du fait que nous avons été conditionné-e-s à penser que « l’amour c’est papa et maman ». Que c’est pour la vie. Que c’est une romance et une histoire à deux uniquement. Ou bien que c’est « moi et mon cheptel » (version « prince proxénète »). Même lorsque ce n’est pas ce qu’on a vécu dans son enfance et moins encore ce qu’on voudrait vraiment pouvoir désirer.

Les désirs en disent d’ailleurs généralement plus sur  ce que nous avons été conditionné-e-s à penser que sur ce qui nous rend véritablement heureuses/eux.

Mais une chose est sure, sans chambre à soi, sans lit à soi, sans intimité : quelle type de relation libre est encore possible ?

La misère sentimentale et la vulnérabilité affective rendent possibles les pires actes et attitudes autoritaires et hétéro-sexistes en matière de rapports sociaux sentimentaux. Pire, elles en sont une conséquence inévitable. Cessons de faire comme si la violence –même psychologique- dans les rapports amoureux ou sentimentaux n’était qu’un accident de parcours ou seulement « la faute au couple ». Car cette misère et cette vulnérabilité, cette exposition rendent aussi possible le couple comme refuge et comme mouroir. Et tout cela est profondément lié à l’absence d’intimité (ou son contrôle strict, par un individu ou le collectif) et au fait de ne pas pouvoir se retourner sur soi, de réfléchir et se questionner, pour se reposer, ou pour toucher son propre corps et jouir enfin seul. Ce n’est pas  un hasard si ceux et surtout celles qui en ont été privées sont pris-e-s d’insomnies chroniques ou atteint-e-s de procrastination et d’apathie. Précisément, ce n’est aussi pas un hasard si cette condition d’absence d’intimité (ou d’intimité contrôlée) est déjà –à divers degrès- celle de la plupart des femmes dans les sociétés dans lesquelles nous vivons.

Ironie du sort : l’injonction « immédiate » à la société contenue dans la conception dominante « d’amour libre » (ou de « camaraderie amoureuse » – pour reprendre un autre concept douteux) ne fait en fin de compte qu’étendre l’exigence marchande et patriarcale de mise à disposition des corps.

Il n’y a donc pas qu’une manière, mais une infinité de façons de rompre avec cette condition. De s’y attaquer. Qui correspondent aux désirs, aux problèmes, et aux spécificités oppressives de chacun-e-s.

Et que nous devrions le voir comme une aubaine et non une contrainte.

En effet, il y a quelque chose de puissant dans cette tension qui lie la nécessité première d’être « unE » aux désirs et aux besoins d’être « plusieurEs ». Et l’unE ne peut pas aller sans l’autre. L’analogie est aussi bien transposable aux sentiments, à la lutte des classes ou aux rapports sociaux de sexe qu’à la question de l’auto-organisation. Et toutes ces questions ne font que se recouper en permanence.

Sans en faire l’alpha et l’oméga de toute théorie -et quoi qu’on en dise-, l’élément de base, celui qui n’est pas compressible, qui ne peut pas être « dissout », qui se révolte, qui respire, qui ressent et qui se débat de toute ses forces contre tout assujettissement (d’autres disent de « subjectivation ») n’est ni le groupe, ni la secte, ni le parti politique, ni le milieu, ni la fédération : c’est d’abord l’individu-e.  Concept qui n’est ni intrinsèquement marchand, ni forcément libéral, ni même essentiellement « bourgeois » ou même contradictoire avec une analyse de classes.

Parce qu’il est le sujet sensible de tout pouvoir : parce que c’est le X de l’équation.

D’où la nécessité pour toute autorité ou tout esprit de secte de le transformer en citoyen, en « produit fini», en sujet d’analyse ou en quoi que ce soit d’autre, ou tout simplement de le nier : de faire comme si il n’existait pas.

L’idée d’autonomie sentimentale prise uniquement d’un point de vue « collectif » est une pure abstraction. Le sentiment de jalousie en dit d’ailleurs plus sur l’image qu’elle nous renvoie de nous-même que sur les autres. Elle dit quelque chose de notre besoin de contrôle et du soi-disant « instinct de propriété » – et de la peur de l’abandon qui les construisent socialement. Même si cette peur est parfois légitime : il faut apprendre à vivre avec, et à l’apprivoiser. Car elle dit aussi quelque chose de notre incapacité à éprouver de la joie à l’idée de savoir l’autre heureuse/eux sans nous. C’est-à-dire à éprouver l’exact contraire de la jalousie.

Mais tout ça n’est pas une mince à faire. Et si tout n’est pas non plus qu’une question de « volonté », alors il faut s’interroger sur les conditions qui rendent cette liberté possible. Et d’abord d’une absence de condition oppressive et autoritaire (de lois, de traditions, de classes, patriarcale, raciste, etc…). Ce qui nous mène inéluctablement sur le terrain de l’attaque et de la conflictualité avec cette même condition.

Et aussi sur celui d’une sorte de clandestinité amoureuse. Parce qu’en effet, dans un monde où la violence de la domination est omniprésente, toute intimité réelle est forcément un peu clandestine. Le stade suprême du soit disant “processus d’individuation” capitaliste et étatique en matière de relations sociales se traduit en réalité par un état où l’individu n’a plus ni “vie privée”, ni vie tout court.

C’est précisément pour ça que la communauté de vie ou de luttes sans intimités ne subvertie rien en termes affectifs. Pour le redire à nouveau, d’une autre manière : elle ne fait qu’étendre l’exigence policière de renseignement et celle de la disponibilité et de l’interchangeabilité marchande des corps à la sexualité dans un simulacre “d’économie sexuelle libérée” (triple oxymore ?) qui ne se maintient qu’au travers de sa perpétuelle mise en scène.

Ainsi, même si il s’agit parfois de quelque chose de « symbolique », dans un environnement hostile où « sexualité »  rime avec violence et prédation : savoir rester secret pour soi est un gage d’autonomie et pas nécessairement de possession, de jalousie ou « d’esprit petit bourgeois ». Ou simplement parce que : tout le monde n’a pas besoin de tout savoir sur tout.

C’est là toute la contradiction dynamique que portent en elles les réponses à la question de savoir si et comment nous pouvons vivre nos amours librement dans un monde qui ne l’est pas : et après ?

Le Cri Du Dodo

Quelques lectures, comme pistes de réflexion, en plus de celles citées dans le texte :

- “A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité”, de Corinne Monnet.

- “Sous le tapis le pavé : Les violences sexistes dans les milieux militants qui se revendiquent anti-sexistes et anti-autoritaires”, Récit collectif et anonyme.

- “Amour libre, jusqu’où ?”, de Martine-lisa RIESELFELD

- “L’utopie de l’amour libre”de José Maria Carvalho Ferreira, revue Réfractions.

- “Les milieux libres, vivre en anarchistes à la Belle époque”, Céline Baudet, éditions l’Echapée.

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 12:27

 

lu sur cettesemaine.free.fr." Tristement je ne peux me rendre en Italie pour rendre compte du  déroulement du maxi procés en cours"donc je publie le texte de site de cette semaine

luc

Suivant [Depuis le 6 juillet 2012 devant le tribunal de Turin, se déroule le procès contre 46 inculpés pour des affrontements en Val Susa, concernant la période du 27 juin (expulsion du campement de la Maddalena) et du 3 juillet 2011 (tentative de reprise du camp). Maurizio et Alessio sont sortis en décembre 2012 (après un an de préventive) pour être assignés à résidence, idem pour Juan depuis juillet 2012 (après 5 mois de préventive). Les deux premiers avaient été incarcérés lors de la série de perquisition du 26 janvier 2012, et tous trois avaient déjà signé une lettre commune au début du procès, où ils exprimaient pourquoi ils refusaient d’être défendus par des avocats : "parce que nous pensons ne devoir nous défendre de rien et de personne, parce que nous voulons attaquer l’Etat et la société avec son monopole de la violence" (la lire ici). Quant à Marta, elle avait été arrêtée directement en Val Susa lors des affrontements de juillet 2011.]

Traduit de l’italien de contra-info, June 19th, 2013

L’audience d’aujourd’hui 7 juin a été intéressante à plus d’un titre. Huit "inculpéEs" étaient dans la salle. Juste après l’appel des présents, trois d’entre nous ont déclaré, chacun avec ses propres mots, notre refus de nous reconnaître dans ce tribunal et ce procès, avant de révoquer l’avocat que nous avions désigné lors de notre arrestation puis incarcération. Le tribunal s’est immédiatement retiré dans la chambre du conseil pour trouver un avocat et lui confier la défense des trois compagnonNEs qui avaient fait cette révocation. Le procès a repris environ une heure et demie plus tard, avec un commis d’office. Nous avons repris la parole pour répéter que nous nous défendrons nous-mêmes, et que nous ne reconnaissions donc pas le commis d’office, qui a demandé des délais pour étudier le dossier, etc. ; le tribunal lui a donné dix jours.
Décidée à poursuivre l’audience à tout prix, la cour a alors donné mandat aux avocats révoqués pour nous "assister" le temps de cette audience. Les avocats ont tenté de refuser ce mandat en faisant notamment référence à la législation européenne qui prévoit l’ "autodéfense". Une tambouille évidente, "un embarras tangible" comme l’ont déclaré les avocats. Les procureurs sont intervenus pour préciser que la loi italienne ne reconnaît pas l’autodéfense, et que la "défense technique par un avocat est donc inévitable... que la norme européenne a été reconnue en Italie ces dernières décennies, concédant à l’inculpé la possibilité de faire une ’déclaration spontanée’ ". La cour s’est aussi retranchée derrière ces arguments, réussissant à finir sa journée.
La prochaine audience, renvoyée au 21 juin, vu le délai de 10 jours accordé à l’avocat commis d’office, se déroulera comme celle-ci dans la salle-bunker à côté de la prison turinoise des Vallette.


Voici les déclarations de Mau, Marta et Juan lues à l’audience

"Je révoque l’avocat que j’ai désigné lors de l’arrestation. Vous en nommerez d’autres, c’est clair, mais ils parleront pour vous, au grand jamais pour moi ! Ce procès et ce tribunal font partie de l’Etat qui, je l’ai vu de mes propres yeux, est en train de saccager le val Clarea en Val Susa. Pour moi, ce qui parle ici, ce sont les luttes qui portent un monde contre vos dévastations sociales et environnementales. Ce qui parle ici pour moi, ce sont les mouvements dans lesquels je vis et auxquels je m’identifie ici comme ailleurs".
Mau

[Marta a été arrêtée le 3 juillet 2011 dans le bois où s’est déroulée la résistance NoTav]

"Le procès contre les NoTav qui ont combattu pour résister à l’expulsion de la Libre République de la Maddalena, et contre ceux qui ont tenté de la reprendre le 3 juillet, se déroule depuis désormais plus d’un an dans les sordides salles du tribunal de Turin et maintenant dans la salle-bunker encore plus sordide de la prison des Vallette. Dans cet environnement froid et malsain, mais avec la complicité de deux autres compagnons, Maurizio et Juan, j’ai révoqué mon avocat le 7 juin 2013, lisant dans le tribunal la déclaration suivante (même si je n’ai pas vraiment pu la lire en entier, parce que le juge a commencé à se chauffer au mot "lutte") :
Je suis aujourd’hui ici dans cette salle pour signifier la révocation de l’avocat, parce que je ne souhaite pas être défendue et que je refuse toute accusation. Je revendique entièrement les journées du 27 juin et du 3 juillet : j’y étais pour m’opposer au moindre mécanisme de ce système techno-industriel qui nous assujettit chaque jour, nous transforme et nous tue.
Je n’entend pas légitimer ce procès, qui veut sanctionner la lutte pour la paralyser et la détruire ; les procès servent uniquement à établir vos pouvoirs, et certainement pas à établir la vérité. La lutte NoTav ne se réduit pas à des lois, la réalité n’est pas dans ce tribunal, elle ne se nourrit pas d’inventions coercitives comme vos lois.
Je suis et je continuerais d’être présente dans la vallée pour arrêter le TAV, comme le font chaque jour des compagnonnes et des compagnons de partout, qui refusent avec détermination le TAV, vos jugements et vos lois."
le procès est, je pense, la continuation de la lutte et pas quelque chose de séparé. Certes, la lutte se mène dans la rue, mais lorsque tu es contraint de rester dans certaines situations, même dans ces situations-là tu peux aussi trouver des manières de lutter si tu le veux.

Pour en revenir au procès, je pense que les choix de presque tous les autres inculpés sont fiers et portent en eux la volonté de continuer à lutter. Je ne pense donc pas que le choix de refuser d’avoir un avocat puisse créer des séparations avec ceux qui ont décidé d’avoir une défense ou entre ceux qui sont dehors et dedans. Pour moi, la richesse de la lutte, avec toutes ses contradictions, est formée par l’hétérogénéité et la diversité des individus et des groupes qui s’auto-organisent de manière autonome avec des moyens, des manières et des choix différents. Je ne vois pas pourquoi dans cette situation de procès il en irait différemment. Le choix que j’ai fait n’est pas uniquement né de réflexions et d’évaluations, mais surtout en écoutant ce que j’ai dans le coeur, comme je l’ai toujours fait dans la vallée et partout où j’ai été.

Je sais que mon choix pourrait aussi être erroné. J’ai des doutes. Je pense que c’est un choix important, et c’est aussi pour cela que j’ai envie d’en discuter...

Juan

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 13:22

Après la grève de plusieurs jours à lacentrale nucléaire du Tricastin sur des questions de sécuité etc'est au tour du comité d'hygiéne ,de sécurité et des conditions de travail (CHSTC)d'Eurodif. qui alerte la justice.Car les réductions du personnel et les nombreux arrêt de maladie( psycho-sociaux) sur le site de la centrale montrent  l'augmentationn de l'angoisseà l'approche du "nettoyage"des ferrailles pour récupérer des tonnes d'uranium piégés dans les tubulures.

Pour nous c'est une angoisse maintenue par tous les acteurs( syndicat, association,EuropeEcologieLesVerts, et les agents de l'état  depuis de longs mois , car bientôt le premier ministre doit promulguer un déret autorisant l'utilisation du tryflorure de chlore sur le site pour nettoyer des ferrailles provenant du démantelement de Georges BESSE I Certain d'entre nous ont publié un tract sur ce produit. les mêmes ont diffusé une affficheaux alentours du "futur chantier". on republit le tract en question . les quelques personnes qui ont écrite  ce trac: les rentiers du nucléaire veulent faire fructifier leur rente et recommandent  de le faire circuler. L'état ne pourra pas dire en cas d'accident: "on ne savait pas."

....CE. tract qui a circulé jusquà la Saone et loire auprès du collectif CAN 71.Celui-ci l'a publié sur leur blog., ce tract diffusé aux trois journées de Glandages de juillet 2012.cher lecteur et lectrice nous voulons pas participé au spectacle de l'accident

                                       les rentiers du nucléaire veulent faire fructifier leur rente

L'installation Eurodif (pour European Gaseous Diffusion Uranium Enrichissement Consortium) rebaptisée après l'assassinat d'un gestionnaire d'Etat « usine Georges Besse », est  la propriété du groupe Eurodif Production (filiale d'Areva). Elle est située sur le site nucléaire du Tricastin, où elle a été construiteà la fin des années 70 pour produire l'uranium enrichi consommé par les centrales nucléaires françaises ainsi que par une partie des centrales d'Europe occidentale et du monde (Japon, Afrique du sud, Chine, ...). Eurodif fournit une centaine de réacteurs, soit à peu près le quart de la production nucléaire mondiale.

 

Son principe de fonctionnement, que nous allons décrire, est simple mais très consommateur d'énergie : en moyenne 3 des 4 réacteurs nucléaires de la centrale du Tricastin servaient à sa consommation électrique, c'est à dire que cette usine était la plus grosse consommatrice d'électricité de France. Le principe mis en œuvre à Georges Besse est basé sur la mise en place d'un grand nombre de barrières poreuses, au travers desquelles passe du fluorure d'uranium gazeux, de façon à l'enrichir au fur et à mesure. A l'époque, cependant, une autre technique d'enrichissement de l'uranium avait été développée, utilisée notamment en Russie, au Pakistan et aux Pays-Bas : la méthode par centrifugation. Cette technologie, si elle n’avait pas un brevet français, avait néanmoins cet avantage de consommer 50 fois moins d'électricité. Eurodif Production a fini par racheter ce brevet il y a quelques années et a construit Georges Besse 2, nouvelle usine à centrifugeuses sur le site du Tricastin.  . Georges Besse a été arrêtée et le démantèlement de ses structures gigantesques est en préparation. L'usine va être déconstruite, de façon notamment à récupérer ou recycler ce qui peut l'être : par exemple l'acier utilisé dans les colonnes de diffusion (soit environ 130 000 tonnes).

 

Mais voilà le hic : l'uranium étant radioactif les parties de l'usine contaminées par celui-ci sont des déchets radioactifs, et ne peuvent donc pas être recyclées ou mises dans des décharges « normales ». Notamment ces 130 000 tonnes d'acier, ainsi que les barrières poreuses métalliques (pas loin de 30 000 tonnes de métal), sont « imprégnées » par quelques centaines de tonnes d'uranium. Areva cherche donc à récupérer à tout prix cet uranium, pour plusieurs raisons :

- Limiter le volume des déchets

- Récupérer les 300 tonnes d'uranium « coincées » et « partiellement enrichi[es] » dans les cascades et tuyaux des installations.

Le Directeur d'Areva Tricastin souhaiterait même que l'acier, une fois traité, soit recyclé sous forme de clous, de châssis de tracteur ou de poutrelles(construction métallique), par exemple  ce qui permettrait de le revendre au lieu de payer pour s'en débarrasser. (Une augmentation déguisée de plus du bruit de fond de la radioactivité naturelle.)

- Enfin il y a un enjeu économique à moyen terme : l'entreprise Areva veut montrer sa soi-disant  « expertise » en termes de démantèlement d'installations nucléaires, afin de se placer sur le terrain du démantèlement et des futurs marchés qui se profilent dans le monde entier,compte tenu l’âge de la première génération de centrales.

Pour récupérer cet uranium, Areva va utiliser un produit d'une dangerosité et d'une toxicité peu commune : du trifluorure de Chlore (CIF3). Là dessus les responsables du Tricastin sont très discrets, et pour cause ! Ce produit est très fortement corrosif pour les tissus humains et pénètre par la peau dans l'organisme, où il est extrêmement toxique pour le système nerveux. Il peut  aussi produire facilement des acides chlorhydriques et fluorhydriques, qui sont des poisons très agressifs particulièrement pour les poumons. Par ailleurs, le CIF3 explose avec l'eau, et brûle à peu près tout, souvent sans avoir besoin d'ignition. Sa combustion dégage des produits fluorés très toxiques. Comment peut-on faire pour l'éteindre alors ? L'amiante et les produits « étouffants » n'ont pas d'effet. Pire encore, un feu de ClF3 ne peut pas être éteint par du sable car celui-ci brûle aussi ! Il semblerait qu'il n'existe pas de solution à ce problème. Pour citer un chercheur américain qui avait travaillée sur les carburants pour fusée, et notamment sur ce produit : « je ne connais qu'une solution : prévoir de bonnes chaussures de sport, et courir vite ! ». Enfin le trifluorure de Chlore attaque aussi le béton : lors d'un accident industriel où un fut de ClF3 s'est renversé, le produit a traversé environ 30 cm de béton.

 

            Bien sûr le CIF3 est déjà utilisé dans l'industrie, notamment sur la plate forme comurhex du Tricastin, mais en faible quantité, de l'ordre du kilogramme [1]. Mais là, ce seront environ 50 tonnes par an qui seront produites, pour récupérer l'uranium

            Évidemment, on nous promet que tout se passera bien, et les institutions préparent des plans en cas d'accident, qui servent essentiellement à rassurer tout le monde, à commencer par les décideurs et les technocrates eux-mêmes. Mais comment peut-on être sûr d'avoir tout pris en compte ? Que feront les pompiers face à un incendie que rien ne peut éteindre, et qui peut leur brûler les poumons ? C’est la même chose que le sodium utilisé dans les surgénérateurs, qui s'enflamme spontanément à l'air et dont on ne sait pas éteindre le feu. Sa récupération est extrêmement compliquée, et une explosion de sodium a fait un mort en 1994 lors du démantèlement du premier surgénérateur français.

 

            La seule bonne solution consiste, à notre avis, à se poser la question de l'utilité de toutes ces usines nucléaires afin de stopper leur fuite en avant destructrice. Les usines du Tricastin (comurhex II) manipulent quotidiennement des produits radioactifs, très toxiques (les 50 tonnes annuelles de ClF3 n'en sont finalement qu'un exemple extrême), et tout ça pour quoi ? Produire toujours plus d'électricité, pour produire un monde nocif pour ses habitants et la planète entière.

            Toute cette énergie vise avant tout à nous soumettre à un mode de vie et à un monde que nous n'avons pas choisis, à nous faire accepter des décisions qui nous ont été imposées, et dont le nucléaire est l'illustration parfaite.

            L’énergie atomique sert les intérêts de l'État et des capitalistes, peu importent pour eux les dangers qu'elle fait peser sur nos têtes. Ainsi l'industrie nucléaire s'est toujours illustrée en produisant et utilisant les poisons les plus toxiques jamais inventés par l'humanité, dont le CIF3 fait partie.

Il fallait bien faire à Eurodif un peu de publicité citoyenniste, c’est ainsi que nous avons vus une petite protestation des élus d'EELV dans le quotidien local contre l'utilisation (le13 mars 2012 ) du CIF3.

Personne ne doit oublier que l’expérience de Fukushima nous montre sans risque d’erreur qu’en cas de catastrophe les autorités ne pourront rien faire d’autre que de nous « aider » à vivre en zone contaminée, c'est-à-dire, de nous empêcher d’en partir [2].

 

Nous, nous ne sommes pas des lanceurs d'alerte. Nous ne participons pas à l'acceptation d'une décision ni à une quelconque manipulation de l'État pour faire accepter des choix politiques qu'il a déjà faits. On se déferra du nucléaire qu'en s'en prenant aux fondements du monde qui l'a produit.

 

Nucléocrate sers-toi de ta cravate

Août 2012.

Quelques membres de la coordination contre la société nucléaire

où et comment nous joindre

collectif libertaire  anti-nucléaire amiénois

CNT-AITC/oCTC,151rue Dejean , 80060 Amiens Cedex 9

Collectif libertaire anti-nucléaire C/O le laboratoire  anarchiste 8 place ST JEAN valence 26000     



[1]. Bien sûr nous sommes opposés à toute utilisation de produits aussi toxiques que le ClF3. Cependant, les consommations sont en général de l'ordre de quelques kilos, ce qui est très loin des quantités astronomiques prévues au Tricastin 

[2] Voir le documentaire Fukushima une population sacrifiée documentaire de D. Zavaglia visible sur dailymotion

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 13:18
on a reçu par mail on transfère.
Centre de détention de neuvic (dordogne) : ça chauffe au mitard mi-juin 2013 ***************************************************************** Voilà quelques infos qui nous sont parvenues du centre de détention de Neuvic sur l'Isle (Dordogne) et témoignent du climat tendu qui y règne au mitard (QD ou quartier disciplinaire) et au QI (quartier d'isolement). Selon plusieurs prisonniers, comme des observateurs associatifs extérieurs, les prisonniers de Neuvic seraient en grande partie cachetonnés et défoncés. C'est une manière bien pratique de gérer une détention et d'y avoir la paix. De plus, la plupart des détenus y ayant des peines relativement « courtes » (même si évidemment une peine d'enfermement sera toujours trop longue), ils attendent pour la plupart leur sortie prochaine, sans faire de vague. La direction semble donc n'avoir que peu l'habitude de faire face à des conflits avec des prisonniers. Ceci dit, il y a aussi à Neuvic quelques prisonniers qui y sont envoyés de loin. Voilà leur punition : perdus au milieu d'une population carcérale avec laquelle ils ne partagent pas la même situation, éloignés de leurs proches et de prisonniers avec qui ils partageaient leurs expériences, notamment leurs insoumissions régulières. Face aux quelques détenus qui ouvrent leur gueule, réclament, ne se laissent pas faire, pètent parfois les plombs par désespoir, la direction emploie la manière forte et met de l'huile sur le feu. Pour une broutille à la base, les conflits entre détenus et surveillants et/ou AP s'enflamment. Cercle vicieux : la stratégie de la direction face aux tensions semble être de taper toujours plus fort. Ainsi, parallèlement à une détention « normale » tenue au calme en grande partie par les cachetons, le mitard et le QI sont peuplés des détenus considérés comme problématiques, et matés par la manière forte. Avec grand mépris pour ce qu'ils ont à dire et aucune considération pour les situations qui les font monter en pression, des situations désespérées qui font qu'ils s'énervent contre l'AP. Quelques exemples... Ainsi, un détenu « longue peine », arrivé à Neuvic il y a quelques mois, a tout de suite compris que ce serait l'enfer pour lui ici : il a immédiatement demandé un transfert en maison centrale, et demandé lui
même à être placé au mitard pour accélérer son transfert, il a « bloqué » le mitard pendant des semaines, jusqu'à être placé au quartier d'isolement, avec la « promesse » néanmoins qu'il allait obtenir son transfert en centrale. Ainsi, Benjamin Darcos, détenu au mitard depuis trente jours, à bout, multiplie les altercations avec des surveillants et personnels de direction. Nous ne savons pas ce qui en est à l'origine. Mais nous savons qu'il a été jugé en comparution immédiate mi-juin pour avoir craché sur le directeur, et a écopé de 8 mois de prison supplémentaires dont 4 fermes. Nous savons surtout que maintenant, les surveillants, notamment une équipe, interviennent dans sa cellule avec l 'équipement « anti-émeute » (boucliers...), et lui ordonnent de se coucher sur le lit à plat ventre, mains dans le dos et en regardant le mur, pour obtenir son repas. Il refuse : « je ne suis pas un chien », et réclame qu'on lui apporte la gamelle normalement. Ces gardiens déclarent alors qu'il a refusé le repas et s'en vont sans le lui servir. Ainsi, tant que cette équipe est en place, il ne mange pas. Pourtant, Benjamin semble ne pas se laisser abattre. Ce qu'il réclame, c'est d'être transféré. Ainsi, Nabil Chakik, arrivé suite à un transfert disciplinaire avec la volonté délibérée de l'éloigner au maximum de ses proches, a immédiatement demandé à être transféré. Le ton ayant monté entre lui et la direction suite à un conflit à la base anodin avec un surveillant, il a été puni de 20 jours de mitard en tout. Puis il a été placé au quartier d'isolement à cause d'une lettre véhémente écrite au directeur et d'une lettre adressée à un collectif de soutien aux prisonniers dans laquelle il raconte ses conflits.
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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 23:37

côte à côte pour la liberté

Turquie: brève mise à jour sur la répression

Dimanche 16 Juin 2013, la ville d’Izmir était calme. Les gens se rassemblaient à Alsancak, à la place Gündoğdu, mais les forces de répression n’ont pas réagi. C’est probablement la stratégie policière en cours. Ils attaquent avec des forces considérables à Istanbul et à Ankara, mais « laisse les autres villes » pour le moment.

Place Taksim le 15/06

Place Taksim le 15/06

Les flics ont dispersé le commune de Taksim Gezi. La quatrième attaque de la police sur le parc Gezi a été la plus brutale. Les escadrons anti-émeutes, ainsi que de nombreux policiers en civil (certains d’entre eux des flics, d’autres des partisans de Tayyip Erdogan), ont attaqué dans la soirée alors que le parc était bondé, et qu’il y avait aussi des enfants et des personnes âgées dans le secteur.

Maintenant, au lieu d’énormes escadrons de police, de nombreux flics en civil attendent à l’intérieur de nombreuses rues pour capturer les gens. Les manifestants qui vivent dans les quartiers environnants sont pris au piège dans leurs maisons et cherchent des moyens pour se rassembler à nouveau dehors. Le dimanche soir, Twitter a été inondé de messages qui appelaient les gens à se réfugier dans leurs maisons.

Le 15 Juin, ils ont coupé une partie des arbres du parc Gezi tandis que le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan faisait un discours public. Les médias de masse (notamment NTV et Habertürk) ont manipulé les faits. Habertürk a diffusé le discours de Tayyip avec comme sous-titre « Premier ministre s’exprime devant 1 million de personnes. » L’endroit où il a prononcé son discours a la capacité de 250.000 personnes (4 personnes par mètre carré), et la moitié de la place était vide – bien sûr , cela n’a pas été montré dans les médias. Peu après, lors de la répression violente à Taksim, le message du sous-titre était «la police dégage les provocateurs du parc Gezi. » (Ils utilisent le mot «provocateurs» pour décrire les personnes qui poussent d’autres personnes à la violence, étiquetant chacune d’elles comme terroristes, en tant que personne à blâmer. Pendant ce temps, beaucoup de gens ne savent pas ce que signifie vraiment le mot.)

Dans les jours précédents, la police avait arrêté 29 personnes les accusant pour leurs messages sur Twitter (certains d’entre eux sont très naïfs). Selon le ministre de l’Intérieur, les personnes qui étaient actives dans les médias sociaux seront pourchassées aussi dans d’autres villes, et de nouvelles lois de l’Etat seront appliquées à propos d’Internet).

Arrestations à Taksim le 15 juin

Arrestations à Taksim dimanche 16 juin 2013

Dimanche (16/06), un total de 455 personnes ont été arrêtées dans toute la Turquie – 193 à Istanbul, 105 à Ankara. 22 d’entre eux, y compris des membres de Çarşı et quelques médecins, sont accusés d’être « organisateurs ». Le département du crime organisé de la police turque va enquêter sur ces personnes, et ils seront interrogés pendant 4 jours.

Barricade à Sisli (Istanbul)

Barricade à Sisli (Istanbul)

Ce lundi 17 juin 2013, les syndicats de travailleurs sont en grève, à savoir le DISK (Confédération des syndicats des travailleurs révolutionnaires), KESK (Confédération des syndicats des travailleurs du secteur public), TMMOB (Union des chambres des ingénieurs et architectes turcs), TTB (Association médicale turque) et le TDB (Association des Dentistes turcs).

Traduit par Le Chat Noir Emeutier / Contra-info, 18 juin 2013

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 13:12

lu dans non fides, je diffuse bien volontier .

 Le renard sait beaucoup de choses.
Le porc-épic n’en sais qu’une, mais une grande. »

Archiloque.


Le fascisme est un mot à sept lettres qui commence par F.
Les gens aiment jouer avec les mots, qui en dissimulant en partie la réalité, les déchargent de toute réflexion personnelle ou de toute prise de décision. Le symbole agit à notre place en nous fournissant un drapeau et un alibi.

Et placer « anti- » devant le symbole n’équivaut pas à être absolument contre tout ce qui nous dégoûte. Nous nous sentons à l’aise de ce côté-ci, avec le sentiment du devoir accompli. Avoir recours à ce « anti- » nous donne une conscience claire, nous enfermant dans un domaine bien gardé, et très fréquenté.

Pendant ce temps, les choses évoluent. Les années passent, tout comme les relations de pouvoir. De nouveaux patrons prennent la place des vieux et le cercueil tragique du pouvoir passe d’une main à l’autre. Les fascistes d’antan ont observé le jeu démocratique et ont laissé leurs drapeaux et leurs croix gammées à quelques têtes brulées. Et pourquoi pas ? Après tout, nous parlons là d’hommes de pouvoir. Les bavardages vont et viennent, le réalisme politique est éternel. Mais nous, qui ne voulons savoir que peu ou rien de la politique, nous demandons à nous-mêmes, embarrassés, qu’à-t-il bien pu se passer pour que les chemises noires, les fascistes à barres de fer que nous avons combattus avec résolution, disparaissent de la scène ?
Ainsi, comme des poules sans têtes nous cherchons un nouveau bouc émissaire contre lequel nous pouvons lâcher notre prêt-à-haïr, alors que tout autour de nous, tout tend à devenir plus subtil et plus mûr et que le pouvoir nous invite à entrer en dialogue avec lui : Mais marchez vers l’avant je vous prie, en avant, dites ce que vous devez dire, ce n’est pas un problème ! N’oubliez pas, nous vivons en démocratie, chacun a le droit de dire ce qu’il veut. D’autres écoutent, sont d’accord ou ne sont pas d’accord, mais les purs décident du jeu. La majorité gagne et il ne reste plus à la minorité que le droit de continuer à n’être pas d’accord. Tout cela, aussi longtemps que la totalité se réduit à la dialectique du « choisir son camp ».

Si nous devions réduire la question du fascisme à de simples mots, nous serions forcés d’admettre que tout cela n’ait été qu’un jeu, ou peut-être un rêve.
« Mussolini, un honnête homme, un grand politicien. Il a fait des erreurs. Mais qui n’en fait pas ? puis il est devenu hors de contrôle. Il a été trahi. Nous avons tous été trahis. De la mythologie fasciste ? Laisse tomber ! Il n’y a aucun intérêt à penser à de telles reliques du passé. »

« Hitler », se souvient Klausmann, en faisant le portrait sarcastique de la mentalité de Gerhart Hauptmann, le vieux théoricien du réalisme politique, « mes chers amis ! ... sans rancune ! Essayons d’être... Non, si vous me permettez, ... permettez moi ... objectif ... Voulez vous que je vous serve un autre verre ? Ce champagne... vraiment exquis - Ce Hitler là, je veux dire ... le champagne aussi, d’ailleurs, quelle grande évolution ... la jeunesse allemande... environ 7 millions de votes ... comme je le dis souvent à mes amis juifs... ces allemands... incroyable nation... vraiment mystérieuse ...des impulsions cosmiques... Goethe ... la saga de la dynamique ... des tendances élémentaires et irrésistibles... »

Non, que cesse le papotage. Les différences s’atténuent autour d’un verre de bon vin, et tout devient une question d’opinion. Parce que, et c’est là la chose importante, il y a des différences, pas entre le fascisme et l’anti-fascisme, mais entre ceux qui veulent le pouvoir et ceux qui se battent contre le pouvoir et le refusent. Mais quelles sont les bases de ces différences à déchiffrer ?
Peut être en ayant recours à analyse ? Non, je ne pense pas.

Les historiens sont la catégorie la plus utile d’idiots au service du pouvoir. Ils pensent connaitre énormément, mais plus ils étudient furieusement des documents, plus ils ne connaissent rien d’autre. Les documents qui certifient indéniablement ce qui est arrivé procèdent de la volonté de l’individu emprisonné dans la rationalité de l’événement. L’équivalent de la vérité et du fait. Considérer qu’autre chose est possible devient un vague passe-temps littéraire. Si l’historien a la moindre lueur vacillante d’intelligence, il se dirige immédiatement vers la philosophie, s’immergeant dans l’angoisse commune, dans les contes de fées et de châteaux enchantés. En attendant le monde autour de nous se voit emprisonné entre les mains des puissants, et leur culture du livre de révision d’examens est incapable de souligner la différence entre un document et une pomme de terre cuite. « Si la volonté de l’homme était libre », écrit Tolstoï dans Guerre et Paix, « toute l’histoire serait une série d’événements fortuits... Si au lieu de cela il y a une loi dirigeant seule les actions de l’homme, alors le libre arbitre ne peut exister, parce que la volonté de l’homme doit être soumise à ces lois. »

Le fait est que les historiens sont utiles, particulièrement pour nous fournir des éléments confortables, des alibis et des béquilles psychologiques. Quel courage ces Communards de 1871 ! Ils sont morts comme de braves hommes, dos au mur du Père Lachaise ! Et le lecteur est excité et se prépare à mourir aussi si nécessaire, dos au prochain mur des communards. Attendre des forces sociales qu’elles nous mettent dans la condition du mort héroïque nous traverse alors quotidiennement, souvent au seuil de la mort sans même que cette occasion ne se présente. Mais les tendances historiques ne sont pas si exactes. Donnez ou prenez une décennie, nous pourrions manquer cette occasion et nous retrouver les mains vides.

Si vous voulez mesurer l’imbécillité d’un historien, faites lui raisonner sur les choses qui arrivent aujourd’hui plutôt que dans le passé. Cela vous ouvrira l’esprit.

Non, pas d’analyse historique non plus : la discussion peut-être politique ou politico-philosophique, du genre que nous nous sommes habitués à lire ces dernières années. Le fascisme est quelque chose une minute et quelque chose d’autre la minute suivante. La technique nécessaire pour en arriver à cette analyse est vite vue. Prenez le mécanisme hégélien d’affirmation et d’infirmation simultanées, extrayez-en une affirmation pure à propos de ce qui vous vient à l’esprit. Cela ressemble à ce sentiment de déception que l’on a lorsqu’après avoir couru pour attraper un bus, on réalise que le chauffeur, même s’il nous a vu, a accéléré au lieu de s’arrêter.

Bien, dans ce cas on peut démontrer, et je pense qu’Adorno l’a fait, que c’est précisément une vague de frustration inconsciente - causée par la vie qui nous échappe et devient insaisissable - qui déferle en nous, nous donnant envie de tuer le conducteur. Tels sont les mystères de la logique Hégélienne ! Ainsi, le fascisme devient progressivement moins méprisable. Parce qu’à l’intérieur de nous, se cachant dans un coin sombre de notre instinct animal, le rythme du cœur s’excite. Pourtant inconnu de nous-mêmes, un fasciste se cache en nous. Et c’est au nom de ce potentiel fasciste que nous venons à justifier tous les autres. Pas d’extrémistes, bien entendu ! Tant de gens sont-ils morts ?
Plus sérieusement, au nom d’un sens bancal de la justice, des personnes qui étaient pourtant dignes de respect mettent les non-sens de Faurisson en circulation. Mais non, mieux vaut ne pas s’aventurer le long de cette route.

Quand les connaissances sont rares et que le peu de notions que nous avons semblent sautiller sur place dans une mer orageuse, il est facile de devenir la proie d’histoires inventées par ceux qui sont plus intelligents avec les mots que nous le sommes. Dans le but d’éviter une telle éventualité, les Marxistes, gracieux programmeurs d’esprits qu’ils sont, ont entretenu l’idée que le fascisme était l’équivalent de la matraque.

A l’opposé, même des philosophes comme Gentile [1] ont suggéré que la matraque, en agissant sur la volonté, est aussi un moyen moral en ce qu’elle construit la symbiose future entre État et individu dans cette unité supérieure où l’acte individuel devient collectif. Là nous voyons à quel point les Marxistes et les fascistes sont originaires d’un même stock idéologique, avec toutes les conséquences pratiques qui s’ensuivent, camps de concentration inclus. Mais continuons. Non, le fascisme n’est pas juste la matraque, il n’est pas non plus juste Céline, Mishima, Pound [2] ou Cioran. Il n’est pas un seul de ces éléments, ni aucun autre pris individuellement, mais tous, lorsqu’ils sont réunis. Ce n’est pas non plus la rébellion d’un individu isolé qui choisit sa propre lutte personnelle contre toutes les autres, en incluant de temps en temps l’État, et qui pourrait même attirer cette sympathie humaine que nous ressentons pour tous les rebelles, même les plus inconfortables. Non, cela n’est pas le fascisme.

Pour le pouvoir, le fascisme brut comme celui qui a pu exister sous des dictatures à des périodes diverses de l’histoire n’est plus un projet politique praticable. De nouveaux instruments apparaissent aux cotés des nouvelles formes de gestion du pouvoir. Alors laissons cela aux historiens pour qu’ils puissent mâcher autant qu’ils le veulent. Le fascisme est démodé même en tant qu’insulte politique ou accusation. Quand un mot en vient à être instrumentalisé de façon désobligeante par ceux qui sont au pouvoir, nous ne pouvons pas l’ignorer. Et parce que ce mot et le concept lié à ce mot nous dégoûtent, il serait bien de mettre l’un et l’autre loin dans le grenier avec toutes les autres horreurs de l’histoire et l’oublier.

Oublier le mot et le concept, oui, mais surtout pas ce qui s’y dissimule. Nous devons garder celà à l’esprit pour nous préparer à agir. La chasse aux fascistes pourrait en effet être un sport plaisant de nos jours, mais il pourrait aussi représenter ce désir inconscient d’éviter toute analyse plus profonde de l’existant.

Je peux comprendre l’anti-fascisme. Je suis un antifasciste aussi, mais mes raisons ne sont pas semblables à celle des anti-fascistes ! J’en ai entendu par le passé et j’en entend toujours aujourd’hui qui se définissent comme tel.
Pour beaucoup, il fallait combattre le fascisme il y a vingt ans lorsqu’il était au pouvoir en Espagne, au Portugal, en Grèce, au Chili, etc. Mais pourtant, lorsque les nouveaux régimes démocratiques ont pris leurs marques dans ces pays, l’anti-fascisme qui possédait tant de féroces adversaires s’est éteint. C’est là que je me suis rendu compte que l’anti-fascisme de mes vieux camarades de lutte était différent du mien. Pour moi rien n’avait changé. Ce que nous avons fait en Grèce, en Espagne, dans les colonies portugaises et en d’autres endroits pourrait avoir continué même après que les nouveaux États démocratiques aient hérité des succès passés du vieux fascisme.
Mais beaucoup n’étaient pas d’accord.

Il est nécessaire de savoir écouter les vieux camarades qui nous racontent leurs aventures et les tragédies qu’ils ont connu, lorsqu’ils nous parlent de tous ceux qui furent assassinés par les fascistes, de la violence et de tout le reste. Mais, comme disait Tolstoï, encore lui, « l’individu qui joue un rôle dans des événements historiques n’en comprend jamais vraiment la signification. S’il essaye de la comprendre, il devient un composant stérile ».
Je comprends moins ceux qui un demi-siècle plus tard et n’ayant pas vécu ces expériences (ne se trouvant donc pas prisonniers de ces émotions) empruntent des explications qui n’ont plus aucune raison d’exister et qui ne sont souvent rien de plus qu’un simple écran de fumée derrière lequel se cacher confortablement.

« Je suis anti-fasciste ! », vous jettent-ils à la figure comme une déclaration de guerre, « et vous ? »

Dans un tel cas, ma réponse quasi-spontanée est - Non, je ne suis pas un antifasciste. Je ne suis pas un antifasciste de la façon dont vous l’êtes. Je ne suis pas un antifasciste parce que je suis allé combattre les fascistes dans leurs pays pendent que vous restiez au chaud dans votre démocratie. Je ne suis pas un antifasciste parce que j’ai continué à me battre contre la démocratie qui a remplacé ces innombrables versions du fascisme dans ce véritable feuilleton mélodramatique. La démocratie utilise des moyens de répression bien plus modernes, elle est, si cela vous fait plaisir, plus fasciste que les fascistes eux-mêmes. Je ne suis pas un antifasciste parce que j’essaye encore d’identifier ceux qui détiennent le pouvoir aujourd’hui et je ne me laisse pas aveugler par des étiquettes et des symboles ; tandis que vous, vous continuez à vous appeler anti-fascistes uniquement dans le but d’avoir une justification pour parader dans les rues à vous cacher derrière votre banderole « à bas le fascisme ! ». Bien sûr, si j’avais eu plus de huit ans du temps de la « résistance », peut-être aurais-je été moi aussi exalté par tant de jeunes mémoires et d’antiques passions et surement que je n’aurais pas été si lucide. Mais je ne pense pas. Parce que si l’on examine soigneusement les faits, même dans le conglomérat embarrassé et anonyme de l’anti-fascisme des formations politiques, il y en eut qui ne se sont pas conformés, qui sont allés plus loin, ont continué et ont porté leurs convictions bien au-delà du « cessez-le-feu ! ». Parce que la lutte vitale n’est pas seulement contre les fascistes en chemises noires [3] du passé et ceux du présent, mais aussi et fondamentalement contre le pouvoir et tous ses éléments d’appui qui nous oppriment, même lorsqu’il porte la figure laxiste et tolérante de la démocratie.

« Dans ce cas la, vous auriez du le dire plus tôt » pourrait-on me répondre - « vous êtes un antifasciste aussi ».

« Et comment pourrait-il en être autrement ? Vous êtes anarchiste... donc vous êtes anti-fasciste ! Arrêtez de vous couper les cheveux en quatre et de nous emmerder. »

Mais je pense qu’il est utile de faire des distinctions claires, je suis anarchiste et je n’ai jamais aimé les fascistes, ni leur projet. Pour d’autres raisons (mais qui après examen s’avèrent être les mêmes), je n’ai jamais aimé les démocrates, les libéraux, les républicains, les Gaullistes, les travaillistes, les Marxistes, les communistes, les socialistes ou n’importe lequel de ces projets. Contre eux, je n’ai jamais vraiment opposé mon anarchisme mais plutôt ma différence : Tout d’abord mon individualité, ma propre compréhension de la vie, ressentir des émotions, chercher, découvrir, expérimenter et aimer. Je permets seulement l’entrée à ce monde qu’aux idées et aux gens qui m’attirent ; le reste je le garde généralement à bonne distance de moi, poliment, ou autrement.
Je ne me défends pas, j’attaque. Je ne suis pas un pacifiste et je n’attends pas que les choses aillent au-delà du niveau de sécurité limite. J’essaye de prendre l’initiative contre ceux qui pourraient -même potentiellement- constituer un danger pour ma façon de vivre la vie. Et une partie de cette façon de vivre est aussi le besoin et le désir des autres - pas comme des entités métaphysiques, mais comme des autres clairement identifiés, ceux qui ont une affinité avec ma façon d’être et de vivre. Et cette affinité n’est pas quelque chose de statique et gravée à jamais dans la pierre. Il s’agit d’une affinité dynamique qui change et continue à se cultiver et à s’élargir, en révélant encore d’autres personnes et d’autres idées et en tissant un réseau de relation immense et divers, mais où la constance de ma façon d’être et de vivre avec toutes ses variations et évolutions, n’est pas menacée.

J’ai voyagé aux quatre coins du royaume des hommes et je n’ai pas encore trouvé d’endroit précis où satisfaire ma soif pour la connaissance, la diversité, la passion, les rêves : un amant amoureux de l’amour.
Partout j’ai vu d’énormes potentialités se laisser écraser par l’inconvenance, et de maigres capacités fleurir au soleil d’une constance de l’engagement. Mais tant que fleurit l’ouverture vers ce qui est différent [4], l’affinité est possible ; c’est possible de rêver à un engagement commun, perpétuel et au-delà du contingent, telle est l’approche humaine.

Et plus nous nous éloignons de tout cela, plus les affinités commencent à s’affaiblir et finalement, à disparaître. Et alors nous les retrouvons là, tous ceux qui portent leurs opinions comme des médailles, qui montrent leurs muscles et qui font tout ce qu’ils peuvent pour apparaître fascinants. Et au-delà, la domination du pouvoir, ses lieux et ses hommes, la vitalité obligatoire, la fausse idolâtrie, le feu sans chaleur, le monologue, le bavardage, le tumulte, toutes ces choses qui peuvent être pesées et mesurées demeurent.

C’est tout cela que je souhaite éviter, voici mon anti-fascisme.

Alfredo Bonanno.


Titre original : Che ne facciamo dell’antifascismo ?, publié dans la revue italienne Anarchismo N°74. Réedité en anglais avec d’autres textes de Bonanno dans le recueil Dissonances en 2000 par Elephant Editions, coll. Work in Progress, à Londres.
Traduit par nos soins, juillet/aout 2009, Extrait de la brochure L’Anarchisme contre l’antifascisme.

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L’Anarchisme contre l’antifascisme
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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 12:42

Dortmund

Solidarité avec les insurgés (en allemand)

 

Le 4 juin, une nouvelle manif anarchiste non autorisée est partie du Katharinentreppen, juste en face de la gare centrale de Dortmund pour prendre ensuite la rue commerçante du centre, Westenhellweg.

Environ 80 personnes ont participé à la manif sauvage qui a commencé comme prévu à 19h. Trois textes ont été lus : un tract distribué à des milliers d’exemplaires avec le parcours de la manif, un texte revenant sur la révolte et les violences policières en Turquie, mais faisant aussi référence à la répression au cours du mouvement de protestation Blockupy à Francfort (quelques jours auparavant) ; la dernière contribution portait, en général, sur la révolte et les possibilités d’activité anarchiste, posant clairement que la violence provient d’abord de la domination et pas des révolté-es. Nous avons consciemment décidé de mener cette action sans sono pour pouvoir être plus mobiles en cas d’attaque policière, et afin de créer un esprit combatif différent.

Il est aussi motivant pour nous que seuls un drapeau turc et deux du Parti Piraten soient apparus lors du rassemblement pour ensuite disparaitre au cours de la manif. Après la lecture des textes, celle-ci a bruyamment porté sa solidarité dans les rues du centre jusqu’à la Reinolidkirche.

A part les tacts distribués, les slogans étaient par exemple : “İsyan, Devrim, Anarşi (Révolte, Revolution, Anarchie)”, “Amore, Anarchia, Autonomia (Amour, Anarchie, Autonomie)”, “Istanbul, c’était un meurtre ; résistance partout”, “No Justice, No Peace, Fight the Police » et “Taksim est partout, Taksim est ici”.

Ne serait-ce que pour un moment,la manif a brisé la normalité capitaliste dans le centre ville commercialisé de Dortmund et les réactions positives ont été nombreuses. Les compagnon-nes se sont dispersés alors que les gyrophares des voitures de police apparaissaient au loin, à Westenhellweg. Quelques minutes après, des dizaines de patrouilles sont arrivées à la recherche de personnes suspectes. A notre connaissance les flics n’ont procédé qu’à quelques contrôles d’identité dans le parc près de la gare.

Nous considérons que cette manif est un succès. Particulièrement à Dortmund (où tout ce qui est vu comme ne serait-ce que proche de la « gauche radicale” est supprimé par tous les moyens) nous avons “fait ce que nous avions à faire ” ; avec autodétermination y sans flics autour. Il y a longtemps qu’une manifestation anarchiste ou même de la gauche radicale n’avait pas eu lieu sans qu’on la fasse chier. Espérons que nous avons posé un signal, non seulement de solidarité avec celles et ceux qui luttent en Turquie, mais aussi au niveau local, à Dortmund. Nous sommes conscients que ce succès est dû à défaillance de la police. Quoi qu’il en soit, nous pensons qu’à l’avenir il peut y avoir une culture de manifestations plus confiante et que le mouvement anarchiste de la région de la Ruhr gagnera en force.

¡Pour davantage d’actions autodéterminées ! Soyons imprévisibles pour les organes répressifs !
¡Liberté pour tou-tes les prisonnier-es en Turquie !
¡Qu’ils continuent avec la révolte !

İsyan, Devrim, Anarşi ! ¡Revolte, Revolution, Anarchie !

Des anarchistes de la région de la Ruhr


Berlin : Kreuzberg salue les insurgé-es en Turquie

Traduit de l’allemand de linksunten, 08.06.2013 - 13:23

Depuis la fin de la semaine dernière, des personnes descendent tous les jours dans les rues de Berlin pour exprimer leur solidarité avec les combats qui se poursuivent en Turquie. Hier soir, il y a de nouveau eu une brève manif sauvage dans le centre du quartier de Kreuzberg. A 22h30, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées devant la porte de Kottbuss en gueulant des slogans accompagnés de feux d’artifices. En peu de temps, la circulation a été bloquée par du matériel de chantier dans presque toutes les directions. Les flics qui, à ce moment là étaient en train de procéder à des contrôles de drogue, ont été attaqués à coups de pierres et d’engins incendiaires. Ensuite la manif s’est éparpillée.

Juste auparavant, des tracts sur la révolte en Turquie, circulant depuis quelques jours déjà en Allemand et en Turc, avaient été distribués dans le quartier. Des banderoles avec « Berlin salue Istanbul - pour la révolte sociale partout dans le monde » et "Özgürlük için omuz omuza ! (côte à côte pour la Liberté)" avaient aussi été accrochées. Selon la presse, les flics qui se trouvaient alentours avec plusieurs camionnettes auraient arrêté deux personnes. Notre solidarité va aussi vers elles, qui se voient maintenant exposées à l’arbitraire de la police et de la justice berlinoises.

Nous reviendrons au moment, à l’endroit et de la manière que nous choisirons. Pour participer aux manifs, faire des actions et montrer aux insurgé-es que nous luttons à leurs côtés, ici aussi à Berlin.

Nos pensées vont aux ami-es et aux proches de Mehmet Ayvalıtaş, Abdullah Cömert et Ethem Sarısülük, qui sont morts au cours de la révolte.
Liberté pour les prisonniers !

Le tract :

Solidarité avec les insurgé-es

Les gens se précipitent dans les rues, érigent des barricades, brûlent des voitures, balancent tout ce qui n’est pas fixé au sol sur la police. Le ciel est rempli de gaz lacrymogènes, un cri de liberté se fraie son chemin à travers le brouillard.

Alors qu’il y a quelques jours, un des derniers espaces verts publics d’Istanbul devait être dévasté au profit d’un centre commercial, cela a été l’étincelle qui a fait descendre des milliers de personnes dans la rue pour opposer une résistance. Cette révolte s’est entre-temps répandue comme une trainée de poudre dans tout le pays.
Même si les motivations et les raisons de se bouger peuvent être différentes selon les individus, ce sont de nouveaux espaces qui s’ouvrent dans cette rupture avec l’existant, des espaces où l’auto-organisation, la solidarité et la confrontation deviennent possibles.

Autant de choses qui ne trouvent que rarement leur place dans le monde que nous connaissons. Entre l’école, le travail, le loyer à payer, la famille à nourrir etc., il semble qu’il n’y ait plus guère de temps pour s’intéresser à la destruction de ce qui nous entoure.

Nous nous réjouissons que partout dans le monde il reste des gens qui, malgré tout, continuent de le faire. Comme on peut le voir, les petites luttes du quotidien peuvent parfois déclencher une révolte généralisée.

Nous pouvons reconnaître les signaux de fumée provenant des villes et y retrouver les luttes que nous menons ici - contre la gentrification, l’humiliation et la violence policière. C’est pourquoi nous appelons à la solidarité avec les insurgé-es, afin que jusqu’au Bosphore, ils puissent voir qu’ils ne sont pas seul-es...

Côte à côte pour la Liberté !

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 12:38
reçu par mail d'un coompagnon.

Petite séance de rattrapage pour celleux qu'ont pas pu venir au festoch y
> a deux semaines, de nouveau des concerts, mais cette fois-ci au Suc, là > haut sur la colline, on va avoir les oreilles qui sifflent! et du coup, > comme c'est la veille de mon vrai départ, bein voilà, c'est fun si vous > pouvez venir! > > Les groupes c'est: > > * Presque maudit (math-rock-noise-blabla-truc) > * Frayss Gââl (noise-rock-bidule-chouette) > * John Makay (math-rock-machin-bordel) > > On se dit 20h pour commencer les réjouissances... > Y'a un p'tit dortoir-sleeping collectif mah... pensez à chausser votre > tente si vous en avez ! > > Et si jamais y'a du bonus - c'est entrée-bouffe-glouglou à prix libre - ce > sera en soutien au camp européen de Reclaim The Fields qui s'organise en > Allemagne (à Rheinland) du 23 août au 6 septembre 2013 pour la fermeture > des mines de charbon à ciel ouvert - et fortiori contre le terrifiant > agrandissement prévu^^ > Pour plus d'infos à ce sujet, n'hésitez pas à cliquer... et hop la liane : > http://www.reclaimthefields.org/
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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 22:17

 

lu sur le site les liquidateurs du vieux monde.ici

introduction du site

Ce site a pour but de compiler les écrits, sons et vidéos de critique et de réflexions sur la société nucléaire. Créer une base de données de textes et autres supports sur les luttes passées et actuelles en provenance de différents pays et écrits dans une perspective anti-autoritaire. Placer la remise en cause du nucléaire dans une critique plus large du monde qui va avec. Tout cela pour se donner des outils dans les luttes en cours et à venir et avoir prise sur ce sujet.

 

« Du nucléaire au renouvelable, critique du système énergétique »

juin 10, 2013

(texte lu le 18 mai 2013 à Montabot)
ici: TopoManche

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