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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
13 juin 2006 2 13 /06 /juin /2006 14:22
La maison du mouton à Roman (26) expusable dès lundi prochain...
écrit le 12/06/06 à 21:32:21 par anonyme
Cet article a été accepté par 2 modérateureuses.
la maison du mouton à la poubelle (je trie) de l'histoire...

la maison du Mouton est expulsable et cela en moins de temps qu'il ne m'en faut pour trouver une connection internet dans cette ville ou imprimer un tract (Romans sur Isere, 26).
la maison du Mouton, lieu autogéré qui vit et organise des évènements depuis 2 ans, est pourtant occupée avec l'accord du propriétaire puisqu'un contrat de prêt à usage a été signé. mais voilà, la maison du Mouton n'est pas une carte postale. C'est aussi un batiment du patrimoine historique,
ce qui est bien pratique pour en virer toute forme de vie. comment ça se passe :

vendredi 10 juin à 16h Zorro est arrivé pour nous sauvez d'un péril imminent.
Zorro (ou Jésus, le pauvre : il se sacrifie pour nous pauvres moutons) donc, cette fois pas incarné par l'armée américaine mais par un bataillon composé d'experts et autres personnalités : Jean-Michel Dubois, 'expert' près de la cour d'appel de Grenoble et architecte ; martine buon,
technicienne au service d'urbanisme de la ville ; jacques vincent, mairie ; et le propriétaire convoqué pour l'occasion, se rendent donc sur place soit-disant pour un problème sur la façade de la maison.
effectivement la facade est classée au patrimoine historique et le toit aussi, et ne sont ni l'un ni l'autre entretenus. parce que c'est du fric et que ceux qui en ont veulent pas le sortir vous avez deviner.

le samedi l'expert rend son rapport qui déclare le lieu en péril imminent, en debordant de sa mission puisqu'il glisse dans son rapport que les escaliers sont dangereux, et d'autres vérités qui ne le regarde pas, sur le lieu de vie et d'activités. ce qui lui permet d'exiger l'évacuation
immédiate du lieu. il ne reste plus qu'au maire d'user de son rôle de police et de demander l'intervention des forces de l'ordre (ce qui est censé être fait lundi), hop mardi on bloque la rue du mouton, et tac c'est emballé.

sauf que non ça va pas être possible. zorro invente d'urgence un péril - qui existe depuis 50 ans - pour mieux nous en sauver en hurlant 'SECURITE', alors que le batiment est vide depuis des dizaines d'années et qui n'a jamais causé le moindre incident depuis l'usage intensif du lieu.
quand on dit que si on ne s'occupe pas d'urbanisme l'urbanisme s'occupe de nous, ben c'est en plein dans le mouton et dans le reste aussi puisque la tendance a transformer les centres villes en musée et/ou en centre
commercial, les batiments historiques en carte postale morte qu'il faut bien regarder et ne surtout pas toucher, l'aboutissement des travaux publics en fêtes fascistes (la place Maurice Faure, place du marché à coté du Mouton doit être 'inaugurée' le 21 juin, ah ben ça tombe bien ils
prévoient dans leur rapport de murer la rue le jour d'avant. comme c'est bien pensé à notre place!) de ne pas laisser la moindre place à des rapports un tant soit peu humains dans la cité, ben cette tendance on peut pas dire qu'elle soit juste localisée dans cette ville.

bon ce qui n'était pas prévu dans leur plan, c'est qu'à partir de vendredi aprem jusqu'a la fin, se déroule une fête dans toute cette rue. une fête de rue qui va tourner en je ne sais quoi avec cette actualité de folie. au
programme sont prévus :
- le vendredi aprem une session peinture/graft sur les portes des maisons de la rue du Mouton à partir de 14h, puis un apéro/repas dans la Cantaloule (maison vide d'a coté), et vers 22h de la musique brésilienne + boeuf si ça vous tente dans la salle Marcel Cerdan (ex-salle de boxe qu'un voisin a retapé)
- le samedi c'est un repas de quartier le midi, amenez vos victuailles, puis slam à 15h dans la rue, à 17h spectacle de rue qui s'appelle 'utopie'par la compagnie youhou les laids, 18h un duo de jazz manuche avec les libellules au mouton, pendant toute l'aprem une fete du jeu chez les voisins d'en face (pingpong awalé etc) 19h 'en attendant' spectacle de rue aussi, hop miam des pizzas végétariennes, et pouf des concerts avec mimosa(punk variétoch en slip me dit-on), père bruno (roch'n'soutane) et d'autres gens qui font de la musique.
- dimanche, apres le marché c'est repas de quartier a midi amenez vos boustifailles, l'aprem on discutera de toute cette merde urbanistique et de ce qu'on y fait dedans, en fin de journée y aura du jonglage, musique, impro de théatre et peut-etre d'autres choses plus actives si vous venez
avec des idées ou du matos...

sans parler de la zone de gratuité, infokiosque et j'ai du oublié plein de trucs, ah oui, des déclamations de textes et puis bon venez quoi. d'autant plus pour les gens qui ne sont jamais venues dans ce lieu hors du commun et mis en péril (par la procédure de mise en péril), je vais pas dire que
c'est l'occasion ou jamais parce qu'on compte bien ne pas en rester là, et avec vous.
pour celleux qui voudraient en savoir plus et/ou venir avant, rester après etc, vous êtes bienvenues. d'autant plus qu'un concert qui claque de juju queens et casa fantom (respectivement trio norvégienne et duo norvégien) est prévu le mardi d'après, le 20 à 20h quoi.
et puis vous pouvez appeler au 06 79 66 85 02 ou 06 81 70 47 08
voilà j'aime pas zorro et j'ai écrit ça très vite alors bon zéxcusez du style et ramenez vos fraises. et faites passer l'info merci.
youpi.


Courage les amis, j'espère que tous ceux qui de gauche à droite  parlent des droits de l'homme de l'humanisme et tutti quanti seront ce que politique veut dire.
Restez enfermé chez vous ou dans les bars branchouilles et pendant ce temps le fascisme avance. Mais c'est vrai bientôt on pourra voter et Mariton et Labaune .....
Sauf qu'à Romans c'est le Bertholet mais j'entends déjà certains qui disent" Bertholet boff.
A bientôt
et surtout tous ceux qui veulent demain 14 juin au Labo à 9h15

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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 07:25
LE samedi 10 juin à Turin certains d'entre nous irons manifester contre la répression et les attaques fascistes.
En effet en juin l'année dernièer le Barrocchio était attaqué par des fascsites qui poignardaient gravement deux camarades. A la suite d'une manifestation anti fascistes, et de quelques violences en réponses à l'attaque de la police qui chargea la manifestants avec acharnement, la magistrature turinoise a inculpés une vingtaine de camarades, certains sont encore inculpés, mais personne ne reste en prison.



...

A Milan le 17 juin, nous serons aussi dans la rue, anti fascistes, anti racistes pour exiger la libération des 25 camarades détenuEs depuis le 11 Mars. Solidaire avec eux et avec les centres sociaux des quartiers populaires
     
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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 11:09

À l'entrée de l'hiver, les banlieues ont cramé et c'est tant mieux. Parqués dans l'urbanité du capitalisme, n'ayant plus rien à espérer, à gagner... Beaucoup se sont payé quelques feux de joie...

Notre haine n'est pas négociable, de génération en génération, c'est la même carotte. Affronter l'Etat et ses représentations, ceux qui se pavanent pendant que l'on galère.Voilà le sens des émeutiers, de ceux qui ont la rage, de ceux qui ne veulent pas de la vie à laquelle on est condamné.

Y a rien de nouveau et rien n'est fini, ça ne fait que commencer. Le feu s'est propagé partout. Et il se propagera, de nouveau, de lui-même, car cette révolte est plus profonde que tous les mots d'ordre.

Une revue et un street cd en version papier (3zeuros)

mais est aussi en téléchargement libre ici : http://c7h16.internetdown.org/

d'autres textes et musique prix libre ou téléchargement gratuits aussi sur http://internetdown.org/tract/fronde.pdf

http://singedesrues.internetdown.org/

http://scherzo.internetdown.org/

http://rk.kroonerz.free.fr/

http://internetdown.org/

http://ilfera.internetdown.org/

faites tourner

zone hors fafs - 13.4 ko
zone hors fafs

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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 13:49
Excusez le correcteur de texte ne s'ouvre plus, je ne peux pas agrandir les textes depuis ce matin
j'espère que cela s'arrengera. Après les disfonctionements des commentaires, des pages pour écrire qui ne s'ouvre pas des messages qui mettent une journée à paraitre, voici venu le temps des textes qu'on ne peux pas agrandir. Je passe quand même les messages bien qu'ils soient difficile à lire. Celui ci est à mettre en rapport avec la politique d'immigration en France. L'attaque est totale, la réponse en même temps qu'elle est locale, doit être  globale. Le gouvernement actuel applique les directives du FMI et de la banque mondiale.


¬ Canada - Pas de frontières, pas de nations, arrêtons les déportations !
JOURNÉE NATIONALE D’ACTION : 27 mai 2006

Arrêtez les Déportations ! Statut pour tous et toutes !
Samedi 27 Mai 2006
Journée Nationale d’Action (Vancouver, Toronto, Montréal ...)

A travers le Canada, des migrant-e-s, des réfugié-e-s et leurs allié-e-s vont manifester contre la déportation et la détention de migrant-e-s et de réfugié-e-s, and pour un programme de régularisation totale, inclusive, inconditionnelle et continue, ce qui signifie STATUT POUR TOUTES ET TOUS !!

(JPEG) Nous appuyant les efforts continus de la part des communautés migrantes à travers le Canada, nous manifestons car des centaines de milliers de personnes vivent sans statut, tandis que des centaines de milliers d’autres sont exploités par la politique raciste et arbitraire d’Immigration Canada. Des milliers de migrant-e-s sont obligés de vivre dans la pauvreté, privés de l’accès minimal aux soins de santé ou à l’éducation, et dans la peur terrible d’être emprisonnés ou déportés, tout en étant les plus exploités du marché du travail.

Nous manifestons dans le cadre de la lutte pour l’autodétermination des migrant-e-s, des immigrant-e-s et des réfugié-e-s, avec le soutien de nos allié-e-s.

Soyez des nôtres le 27 mai, à Vancouver, Toronto, Montréal et ailleurs.
Nous refusons d’être invisibles ; nous refusons de vivre dans la peur.
Nous exigeons le STATUT POUR TOUTES ET TOUS !

A VANCOUVER
Plus de détails seront confirmés dans les semaines qui viennent.
Pour plus d’information, ou pour vous impliquer, appeler le 778-885-0040.

A TORONTO
La Marche Statut pour Toutes et Tous ! commencera à 1pm à O.I.S.E. (252 Bloor Street West à la station de métro St.George)
Nous marcherons à travers la ville et nous finirons avec un festival communautaire.
Pour plus d’information ou pour vous impliquer, contacter :
-  nooneisillegal@riseup.net
-  http://toronto.nooneisillegal.org

A MONTREAL
La Marche Statut pour Toutes et Tous ! commencera à MIDI au Square Phillips (au coin de Ste-Catherine et Union, métro McGill) et traversera le centre-ville, montera au Plateau et dans le Mile End, puis montera jusqu’à Parc Extension et Côte-des-Neiges pour un pique-nique communautaire à Parc Kent.
Pour plus d’information ou pour vous impliquer, contacter : - tel : 514-859-9023
-  sansfrontieres@resist.ca
-  www.solidarityacrossborders.org

Pour soutenir la Journée Nationale d’Action STATUT POUR TOUTES ET TOUS (le 27 mai 2006), envoyer un e-mail à :
sansfrontieres@resist.ca

Si vous organisez une action ou une manifestation dans votre communauté local, contactez-nous à :
sansfrontieres@resist.ca

PAS DE FRONTIERES, PAS DE NATIONS, ARRETONS LES DEPORTATIONS !
JUSTICE ET DIGNITE POUR TOUS LES MIGRANT-E-S ET LES REFUGIE-E-S !

Suggested link :
www.solidarityacrossborders.org

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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 13:27
RESF Expulsion programmée des jeunes et des familles étrangères 
accueillies en France. Nous ne laisserons pas faire !
Date: vendredi 26 mai 2006 03:08

Le Réseau Education Sans Frontières appelle
A DES RASSEMBLEMENTS MERCREDI 31 MAI 2006
devant les préfectures

Pour DIRE "NON AUX EXPULSIONS!"
sauf à Paris où toutes les manifs sont désormais interdites

--------------------------------
Expulsion programmée des jeunes et des familles étrangères accueillies
en France
Nous ne laisserons pas faire !

Dans quelques semaines, le 30 juin. Les vacances.
Et l'opération "expulsions massives", annoncée, programmée par le
ministre de l'Intérieur. Des centaines, peut-être des milliers
d'étrangers non régularisés en feront les frais, renvoyés de force vers
les pays qu'ils avaient fuis.
Dans chaque préfecture, la chasse aux enfants va s'organiser, au gré des
décisions cyniques de certains fonctionnaires dociles, au rythme des
quotas de reconduites et des listes à remplir.

Certes, on sait qu'il sera impossible, techniquement, politiquement,
d'expulser des centaines de milliers d' "irréguliers". A moins que ce
pays passe d'une République dure à un Etat totalitaire et mette l'armée
au turbin. Hypothèse peu crédible.

Mais au-delà de l'effet d'annonce, de l'opération de stratégie
électorale pour laquelle la fin justifie les moyens, il y a la volonté
de répandre la peur dans une population, parmi ceux qui vivent déjà
l'angoisse du quotidien, au travail ou dans la rue, pour se soigner ou
se loger. La volonté de rendre encore plus précaire la vie de ces
"clandestins", coupables d'avoir fui la misère ou les conflits, pour
vivre, simplement pour vivre - comme nous l'aurions fait, comme
l'auraient fait ceux-là mêmes qui les instrumentalisent au service d'une
ambition et d'une idéologie.

Déjà le gouvernement cogne à bras raccourcis sur les droits liés à la
personne : circulaire des ministres de l'Intérieur et de la Justice du
21 février (relative aux conditions de l'interpellation d'un étranger en
situation irrégulière, garde à vue...), projet de loi Sarkozy 2, tous
les moyens sont bons:

- les contrôles d'identité sont multipliés dans les endroits publics, au
domicile, aux abords et même dans les foyers;
- les sans-papiers peuvent être arrêtés aux guichets des préfectures où
ils auront été convoqués pour les piéger, dans des tas d'autres lieux,
même à l'hôpital...
- les régularisations vont devenir de plus en plus difficiles, voire
impossibles, même après dix ans ou plus de présence en France;
- le regroupement familial est soumis à de telles conditions de
ressources et de logement qu'il devient quasiment impossible;
- les mariages mixtes sont systématiquement suspectés comme certaines
reconnaissances en paternité;
- la décision est prise d'exclure de la complémentaire CMU des malades
étrangers, pour la majorité atteints de pathologies de longue durée,
titulaires d'une APS (autorisation provisoire de séjour);
- la promotion d'une immigration "choisie": sorte d'utilitarisme
migratoire perfectionné...

Alors, ces vacances seront dangereuses.
Il y aura des rafles, des expulsions. Des cris, des larmes, des
séparations, d'infinies souffrances, des blessures, des bavures. Pour
"faire du chiffre". Pour que la parole du ministre ne soit pas
totalement discréditée. Pour ramasser les suffrages en brandissant le
couple maléfique immigration/insécurité.

A moins qu'on empêche cela.
Parce que, partout dans le pays, indignation et colère stupéfaite quand
les gens découvrent des situations qu'ils n'imaginaient simplement pas
possibles. Parce qu'ils connaissent - il s'agit de leur élève, du copain
de leur enfant, de leur voisin...- celle ou celui qu'on veut arracher à
son école, son collège, son lycée. Et ils se mobilisent. Et sauvent.

Déjà, quelques dizaines de milliers de signataires des pétitions du RESF
"Nous les prenons sous notre protection!" et du Collectif "Contre
l'immigration jetable" contre le projet de loi CESEDA. Un véritable
mouvement d'opinion est déclenché contre cette politique inhumaine et
liberticide.

Ne laissons pas faire tranquillement le sale boulot de l'expulsion. Tous
les enfants de sans-papiers, tous les jeunes scolarisés sans-papiers
doivent retrouver leur école à la rentrée de septembre 2006.

Le Réseau Education Sans Frontières vous appelle
A UN RASSEMBLEMENT MERCREDI 31 MAI 2006
A 15 h Place Saint-Michel PARIS

Pour DIRE "NON AUX EXPULSIONS!"

Signer et diffuser les pétitions:
- www.educationsansfrontieres.org/article.php3?id_article=24
- www.contreimmigrationjetable.org/article.php3?id_article=7
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27 mai 2006 6 27 /05 /mai /2006 11:42

De nouveau la question sur la place publique, comme si enfermer pouvait
être une solution. Au delà de l'expression de soutien aux 'inculpé-e-s',
aux incarcéré-e-s, il me semble assez important que sur Lyon un groupe, un
collectif anti-carcéral ou ce que vous voulez se crée, question de se
filer un poil d'horizon dans la mornitude ambiante. La question de
l'enfermement, comme du traitement social, touche autant les mouvements
sociaux que les précaires (et les précaires de chez précaires : les sans
papiers par ex.), cibles de choix.

enfermer pour quoi faire ?

il s'agit d'un traitement de classe dans l'exploitation de nos refus, de
la violence subie, autant individuels que collectifs, la violence du
capitalisme dans nos vies quotidiennes.

donc, si y'a envie, ça serait bien de pouvoir en causer. Laissons la porte
ouverte...

KO-tic-tac, NPLF - Ne Pas Laissez Faire

NB : le projet de loi de Sarkozy concernant la 'délinquance' donne des
pouvoirs 'pas possibles' aux maires sur l'internement psychiatrique (ils
en avaient déjà pas mal), un camarade vient déjà d'en faire les frais, son
'erreur' : refuser l'ordre des choses, contester. Sa famille s'est occupé
de lui. Ca lui apprendra à refuser l'autorité paternelle.

-----------------

un papier sur indymedia-toulouse (y'en a d'autres) :
http://toulouse.indymedia.org/article.php3?id_article=5479


NDLC: Ce texte appelle à un débat car construire des solidarités
posent des problèmes:
La solidarité extérieur à nous, comment nous parle t'elle
 et comment l'organiser?
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26 mai 2006 5 26 /05 /mai /2006 10:59
vvvv

La condamnation de la cour d’appel de Lyon est tombé le jeudi 18 mai : c’est extrèmement lourd ! SIX MOIS DE PRISON FERME et le tarif habituel de la 4ème chambre : 5 ans d’interdiction des droits civiques. Le président Hamy, remplaçant Finidori, et ses assesseurs, puisqu’ils n’ont pas retenu de tentative de vol du sac, ont chargé encore plus lourdement Stéphane que l’avocat général en le condamnant à 6 mois ferme.

Il est très important d’apporter un soutien à ce militant courageux !

Rappel de son adresse pour lui écrire :

Frebault Stéphane
n° 75918
12, quai Perrache
69272 Lyon Cedex 02

(JPEG)


La solidarité, notamment financière, avec Stéphane et les autres, c’est là :
soutien-inculpes(Arobase)no-log.org

ou directement un chèque à : collectif soutien-inculpes, c/o C.U.L. 44 rue burdeau, 69001 Lyon à l’ordre du compte CCP :
LYO 14 792 82 N

Ndlc  Action de soutien à Stéphane
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25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 13:29
 
Daniel McGowan
 
Daniel McGowan
 
Daniel McGowan
 
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  Important note: Daniel is currently out on bail in the custody of his family and has restricted access to the internet. This website is being handled by friends and family.

Daniel McGowan is an environmental and social justice activist, unjustly arrested and charged in federal court on multiple counts of arson, property destruction, and conspiracy, relating to two incidents that occurred in Oregon in 2001. Daniel has asserted his innocence by pleading not guilty to all charges. He is facing a minimum of life in prison if convicted.

Daniel is from New York, and has been an active member of the community, working on diverse projects such as military counter-recruitment, demonstrations against the Republican National Convention, Really Really Free Markets, and supporting political prisoners such as Jeff "Free" Luers and others. Daniel was a graduate student earning a Master's degree in acupuncture and was working at WomensLaw.org, a nonprofit group that helps women in domestic abuse situations navigate the legal system, which is where he was arrested by federal marshals on December 7, 2005.

Daniel had originally been indicted separately, but his arrest comes in the context of a well-coordinated, multi-state sweep of numerous activists by the federal government, who has charged the individuals with practically every earth and animal liberation case left unsolved in the Northwest. Many of the charges, including Daniel's, are for cases whose statute of limitations were about to expire.

In order to help Daniel, his family and friends have created a support network (Family and Friends of Daniel McGowan) to assist in raising funds for Daniel's legal representation which is expected to be hundreds of thousands of dollars. We are asking friends and supporters to donate what they can to help Daniel's family with the legal bills.

Also, check out graphics, flyers and more ways to help here!

We strongly encourage anyone who has any information regarding this case to contact Daniel's legal team at:
Andrea Crabtree, Paralegal
Schroeter Goldmark Bender
810 Third Avenue, Suite 500
Seattle, WA 98104
tel: 206-622-8000
fax: 206-682-2305
toll free: 800-809-2234
crabtree@sgb-law.com

If you have any questions, please contact us.

Email outreachfordaniel@yahoo.com for a list of events to attend in NYC and other cities in order to educate others on Daniel's case and gather support. If you know of any events that would be important to attend, please email us at outreachfordaniel@yahoo.com.

On behalf of Daniel, we thank you for your support.
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22 mai 2006 1 22 /05 /mai /2006 09:43

foto 20 maggio Milan...
100_1272.jpg, image/jpeg, 484x371

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Cavalcavia Bussa ore 12.00
by heelens Monday, May. 22, 2006 at 2:25 AM mail:

Cavalcavia Bussa ore...
100_1274.jpg, image/jpeg, 500x371

"LIBERE TUTTI"
E' il nostro urlo, lo scriviamo sui muri, nelle metropolitane di ogni citta', striscioni
compaiono su ponti, strade, cavalcavia.

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i.

   La lepénisation des esprits, par Sylvie Tissot et Pierre Tevanian
Eléments pour une grille d'analyse du racisme en France



La présence de Jean-Marie Le Pen au second tour à l'élection présidentielle en
2002, l'existence d'une profonde discrimination selon l'origine réelle ou
supposée, les profanations de lieux religieux (synagogues, mosquées, cimetières)
: tous ces phénomènes et bien d'autres témoignent de la persistance d'un profond
racisme en France. Depuis longtemps, philosophes, historiens, sociologues, mais
aussi militants anti-racistes se sont efforcés d'expliquer ce phénomène, et en
2002 une explication semble s'être s'imposée : le racisme se nourrit des effets
de la crise économique - chômage, précarité, détérioration des liens sociaux et
des conditions de vie dans les quartiers populaires. Une explication
insuffisante, voire pernicieuse, que le concept de "lepénisation" permet de
contester.

Cette explication, que semble étayer le fort taux de vote pour le candidat du
Front national parmi les ouvriers, présente un intérêt certain : plutôt que de
renvoyer à des processus psychologiques, voire à une nature humaine
invariablement méfiante par rapport à l'étranger, elle souligne l'impact de
processus sociaux et économiques. Le racisme est ainsi appréhendé comme une
production sociale. Pourtant, en le ramenant à un simple comportement de
protestation, ce schéma ne prend pas en compte les opinions racistes comme des
phénomènes autonomes, non réductibles à l'expression d'une colère sociale. Il
tend également à passer sous silence les conséquences concrètes du racisme pour
les populations qui le subissent. Enfin, il repose sur un certain nombre de
présupposés qu'Annie Collovald s'est récemment attachée à réfuter.

Dans ce livre important, Le « populisme du FN », un dangereux contresens,
l'auteure montre, à l'aide de données électorales précises, le caractère erroné
des analyses qui voient dans les classes populaires les principaux soutiens du
Front national. Intégrer l'abstention et la non inscription sur les listes
électorales, beaucoup plus importantes chez les classes populaires, permet de
donner une plus juste mesure du pourcentage d'électeurs FN au sein de cette
population. Les commerçants et professions indépendantes apparaissent alors
comme les premiers soutiens du parti d'extrême droite. Dans son livre, Annie
Collovald retrace la genèse de ce sens devenu commun chez les spécialistes du
commentaire politique, et surtout, elle invite à s'interroger sur ses effets
sociaux. Avec cette analyse, en effet, s'impose « la figure fantasmatique d'un
peuple menaçant pour la stabilité de la démocratie », « délégitimant tous ceux
pour qui le "peuple" est une cause à défendre au profit de la légitimation de
ceux qui pour qui le "peuple" est un problème à résoudre » [1]. Le peuple
porterait ainsi une responsabilité, compréhensible mais écrasante, dans la
persistance du racisme en France.

Centrant l'explication de la crise de la démocratie et de la représentation
politique sur les classes populaires, cette analyse a aussi pour effet
d'exonérer les élites politiques et médiatiques de toute responsabilité. Or
c'est précisément le rôle joué par la classe politique et les médias dans la
montée du Front national que nous voudrions souligner, ouvrant ainsi à une autre
approche du racisme. Le racisme, comme nous avons voulu l'expliquer dans notre
Dictionnaire de la lepénisation des esprits [2], n'est pas, ou pas spécialement,
une caractéristique de la « France d'en bas » ; il est même, à beaucoup
d'égards, une production de la « France d'en haut », et le résultat de la
réappropriation dans ses discours de grilles d'analyse, d'arguments, de schémas
de pensée d'extrême droite. À quelle réalité renvoie ce que le ministre
socialiste Robert Badinter avait, le premier, qualifié de « lepénisation des
esprits » ? Quelle forme a t-elle prise et jusqu'où s'est-elle étendue ?

Cette histoire n'est pas linéaire, mais deux épisodes marquants s'en dégagent :
la politisation, à partir de la fin des années 1980, de la question de
l'immigration et la focalisation des débats politiques autour du « problème de
l'immigration » ; la montée en force, dans la seconde moitié des années 1990,
des discours sécuritaires centrés sur les jeunes des classes populaires.

Le "problème de l'immigration"

Longtemps confinée au sein de l'administration [3], la question de l'immigration
a fait l'objet, à partir de la fin des années 1970, d'une politisation
croissante. Investie par les associations, les médias, la classe politique, elle
est devenue un des objets de clivages politiques et de débats publics. Mais,
loin d'être posée de façon « neutre », cette question a été problématisée d'une
certaine manière. Alors que les mouvements et les associations de gauche et
d'extrême gauche engagés dans cette cause voyaient leur influence décliner,
l'analyse a été recadrée à la fin des années 1980 sur les problèmes que
poseraient les immigrés (et non plus ceux qu'ils subissent), que ce soit à la
France, à la situation de l'emploi, aux déficits publics ou encore au niveau de
délinquance [4].

Outre les médias, cette évolution doit beaucoup à un certain nombre de
déclarations politiques prenant pour cible les immigrés. Si des personnalités de
gauche (comme le Président François Mitterrand ou le Premier Ministre Michel
Rocard [5]) ont pu participer à la désignation des immigrés comme menace, la
lepénisation des esprits est d'abord le fait de la droite. Jusqu'au début des
années 1990, le Parti socialiste cherche à éviter la question de l'immigration,
ou alors met l'accent sur le premier volet du diptyque sur lequel va reposer la
politique d'immigration en France, quels que soient les gouvernements successifs
: l'« intégration » des immigrés ayant vocation à rester sur le territoire
français et l'éloignement des irréguliers. Au Parti communiste, les amalgames
entretenus entre drogue, délinquance et immigration sont régulièrement repris
par certains maires (notamment ceux de Vitry et de Montigny-lès-Cormeilles). La
direction nationale, qui initialement leur apporte son soutien, évolue
toutefois, à partir de la fin des années 1980, vers d'autres positions sur la
question de l'immigration, soulignant la négation des droits de l'homme et
l'exploitation économique des sans papiers.

C'est donc avant tout à droite, et depuis la décision de fermer les frontières
en 1974, que se développent les discours les plus répressifs à l'encontre de
l'immigration, d'abord en vue d'encourager les retours d'immigrés installés en
France, ensuite, devant l'échec de cette politique, pour lutter contre les
arrivées régulières et irrégulières. En 1986, le ministre de l'Intérieur,
Charles Pasqua, s'illustre en procédant à l'expulsion collective de « 101
Maliens ». Des pratiques et un discours répressifs s'imposent, toujours plus
médiatisés et progressivement banalisés en dépit des protestations qui peuvent
s'exprimer.

L'orientation répressive se renforce au fur et à mesure que l'échec de la
politique économique libérale « dure » menée par le gouvernement Chirac en 1986
apparaît patent. La question de l'immigration va devenir, après 1988, un vrai
cheval de bataille. Un angle d'attaque privilégié est ainsi trouvé pour attaquer
la gestion de la gauche. Mais l'objectif consiste aussi, en multipliant les
déclarations de « fermeté » à l'encontre des immigrés, à récupérer les voix du
Front national, dans les années où ce parti se développe considérablement,
jusqu'à conquérir plusieurs sièges à l'Assemblée nationale et dans les conseils
régionaux, ainsi que quelques mairies.

Au sein du discours qui se développe ainsi, deux idées, directement issues de la
rhétorique d'extrême droite, reviennent sans cesse, pour gagner un caractère
d'évidence de plus en plus partagée. La thématique de la menace va d'abord
s'incarner dans la dénonciation d'une « invasion ».

Invasion

« Nous sommes victimes d'une invasion apparemment pacifique mais qui,
évidemment, nous menace mortellement dans notre identité et notre sécurité »,
Jean-Marie Le Pen « Le type de problèmes auxquels nous allons être confrontés
n'est plus l'immigration, mais l'invasion », Valérie Giscard d'Estaing, UDF

« Intrusion, occupation, invasion. Les trois mots sont exacts. Pour invasion, je
suis reparti consulter le dictionnaire qui donne deux définitions : action de
pénétrer et de se répandre dangereusement. Et il n'est pas innocent de le
comprendre. Un million de clandestins, c'est l'effectif de cent divisions, non
armées certes, mais qui pèsent lourdement sur les conditions de notre existence
et de notre identité nationale », Michel Poniatowski, UDF

« Ce qui était une immigration de renfort démographique devient une immigration
de substitution de peuplement », Jean-Louis Debré, RPR

« Je suis maire d'une commune dans laquelle se trouvent des écoles où il y a 60
de non francophones. Je le dis calmement avec sérénité. Cela pose des problèmes
aux élus locaux et cela posera dans l'avenir aux Français des problèmes
considérables (...) Dans les Bouches-du-Rhône, si l'évolution actuelle se
poursuit, s'il n'y a pas de diminution de la communauté étrangère, dans quelques
années (probablement avant la fin du siècle), il y aura plus d'étrangers que de
Français de souche », François Léotard, UDF

« Osons avancer une hypothèse : si 10% des 500 millions de jeunes Africains que
l'Afrique comptera en 2025 venaient tenter leur chance en Europe chaque année,
ce sont entre 30 et 50 millions de jeunes Africains qui arriveraient, soit la
population d'un pays comme l'Espagne, c'est dire l'ampleur du problème que nous
avons à gérer », Daniel Colin, RPR

« Les nations existent. Chacun défend son existence légitimement », Jean-Pierre
Chevènement, MDC [6]

Ce vieux thème de l'extrême droite française, très prisé par Jean-Marie Le Pen,
a été repris explicitement par la droite parlementaire au début des années 1980.
« Il faut arrêter cette invasion », pouvait-on lire en 1983 dans un trac de
Roger Chinaud et Jean-Pierre Bloch (UDF) en faveur du candidat Alain Juppé
(RPR). Il est revenu en force au début des années 1990 et l'on a pu entendre le
député RPR Jacques Myard prophétiser « la guerre civile » si rien n'était fait
pour contenir les « hordes qui déferlent sous la pression démographique du Sud
». Ce discours fait apparaître les immigrés, non plus seulement comme des
parasites ou comme un « problème » à régler, mais aussi comme des agresseurs,
justifiant ainsi la violence qui leur est faite en la faisant passer pour un
acte de légitime défense. Basé sur des analyses erronées (et maintes fois
réfutées, notamment sur le lien entre immigration et chômage, immigration et
déficits de la sécurité sociale, immigration et délinquance [7]), ce discours
occulte en outre l'histoire d'une autre « migration », celle des colonisateurs
français dans les pays du Maghreb et de l'Afrique noire, des violences qu'ils
ont perpétrées et de la déstructuration de ces sociétés qui est aussi un des
facteurs des migrations actuelles.

Ce discours sur l'invasion a été d'autant plus efficace qu'il est venu se
greffer - deuxième thématique sur laquelle nous voudrions insister ici - sur une
certaine conception de la nation française. L'immigration ne peut en effet être
présentée comme un danger pour la France que parce que celle-ci est conçue comme
une entité basée sur une « identité » homogène et immuable à travers des
siècles. Cette nation, garantie par l'existence d'un socle de populations « de
souche », héritière de valeurs communes, ne pourrait par conséquent se perpétuer
qu'en limitant l'arrivant de corps « étrangers ». Cette conception nationaliste,
construite sur un modèle « organiciste », nie l'histoire déjà longue de
l'immigration en France, mais aussi les conditions sociales et économiques de
l'intégration des immigrés. Cette vision se traduit surtout par une série de
déclarations sur le « seuil de tolérance » et d'appels répétés à la mise en
ouvre de « quotas ».

Seuil de tolérance

« C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des
Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et
qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite
minorité ; sinon la France ne serait plus la France. (...) Vous croyez que le
corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt
millions et après-demain quarante ? (...) Mon village ne s'appellerait plus
Colombey-les-deux-Eglises, mais Colombey les deux Mosquées ! », Charles de
Gaulle

« Il y a une overdose d'immigration », Jacques Chirac, RPR

« Le seuil de tolérance est franchi », Alain Juppé, RPR

« Le seuil de tolérance est dépassé depuis les années 1970 », François Mitterrand

« L'immigration est absorbable à petites doses », Jean-Pierre Chevènement [8]

La compilation de ces citations ne vise pas, ou pas seulement, à susciter
l'indignation. L'étendue du spectre politique, mais aussi des univers sociaux au
sein desquelles de tels schémas de pensée sont à l'ouvre, donne à réfléchir sur
le consensus qui s'est installé à propos du « problème de l'immigration ». Ces
citations ne sont pas, en effet, de simples anecdotes ; elles révèlent un climat
plus général qui s'est instauré dans les années 1980, et qui repose sur une
série de mots, d'idées, de schémas de pensée progressivement devenus des
évidences. Certes, une partie du monde associatif et politique de gauche a
toujours exprimé son indignation à chaque fois que la « préférence nationale »,
le « bruit et de l'odeur » [9] ou l'« invasion » étaient évoqués. Mais l'absence
de sanction à droite contre les déclarations les plus ouvertement racistes,
ainsi que la culpabilisation à laquelle a cédé la gauche, accusée de ne pas
répondre aux « peurs » supposément exprimées par les électeurs du Front
national, ont eu des effets dévastateurs. Ils ont en effet rendu dicibles,
légitimement dicibles voire « courageux », des discours que l'on ne pouvait
autrefois entendre qu'à l'extrême droite. C'est ainsi que les thématiques et le
vocabulaire du Front national se sont diffusés, légitimés finalement par la
classe politique « républicaine ».

L'insécurité et les "nouvelles classes dangereuses"

La stratégie adoptée par la droite, supposée « couper l'herbe sous le pied » du
Front national, s'avèrera particulièrement désastreuse. Comme l'explique
Jean-Marie Le Pen lui-même, et ce en quoi il a raison, les électeurs préfèrent
souvent l'original à la copie. En témoigne le score réalisé par le leader du
Front national du premier tour des élections présidentielles le 21 avril 2002,
qui dépasse alors le candidat socialiste Lionel Jospin.

Ce séisme dont a beaucoup parlé la classe politique n'avait en effet rien que de
très prévisible au regard de l'avancée des idées réactionnaires, sécuritaires et
racistes qui a marqué les années 1997-2002. Certes, la manière de parler de
l'immigration a connu, durant cette période, un changement important. Sans doute
en raison de la légitimité acquise par les luttes de sans-papiers et
l'impossibilité de les ériger en figure de la menace, le « problème de
l'immigration » a laissé la place à une autre question, celle de l'« insécurité
». À la rhétorique d'une invasion venue de l'extérieur, se sont substituées des
mises en garde contre la délinquance, l'insécurité, l'incivilité, son expansion,
son explosion inexorable, exponentielle, irrésistible, l'évocation de mineurs de
plus en plus jeunes et de plus en plus violents, la désignation de zones de non
droit et de quartiers sensibles menacés par une crise de l'autorité, des normes,
des repères et de la morale. De cette situation, l'angélisme et le laxisme
seraient responsables, comme on nous l'a continuellement répété à partir de
1997. Il faudrait mettre fin de toute urgence à cette culture de l'excuse et
restaurer l'ordre républicain.

La généralisation de cette analyse intervient dès le début des années 1990. La
politique de la ville mise en ouvre par la gauche sur les quartiers dits
sensibles et axée sur la participation des habitants et la restauration du lien
social fait l'objet de critiques virulentes : Gérard Larcher explique par
exemple dans un rapport parlementaire que cette politique, trop sociale à son
goût, occulte la responsabilité des habitants, et notamment des jeunes, dans les
problèmes de ces quartiers. 1997 et le retour de la gauche au pouvoir marquent
toutefois un véritable tournant. C'est le gouvernement Jospin, en effet, qui va
opérer le ralliement de la gauche gouvernementale à un nouveau cadre de pensée
sécuritaire.

Ce ralliement n'efface certes pas les différences entre gauche et droite ; la
première restera plus attachée aux politiques de prévention et de développement
social. Il n'en reste pas moins que la question de « l'insécurité » n'a pas été
imposée initialement par Jaques Chirac lors de la campagne présidentielle de
2002 : la gauche se l'est imposé elle-même quelques années auparavant. En
juillet 1997, en effet, le Parti socialiste remporte les élections sur la base
d'un programme énonçant « trois priorités : l'emploi, la santé et l'éducation »
; quelques semaines plus tard, le premier ministre Lionel Jospin, dans son
discours d'orientation générale, annonce finalement « deux priorités : l'emploi
et la sécurité ». La délinquance n'arrive alors qu'au cinquième rang des «
préoccupations des Français », derrière le chômage, la pauvreté, la maladie ou
les accidents de la route. Et elle ne devient la première préoccupation qu'après
plusieurs années d'une intense campagne médiatique et politique [10].

Il faut donc insister sur le caractère délibéré de ce tournant sécuritaire :
rien, ni dans les sondages, ni dans le champ politique (après la défaite
cuisante subie par la droite lors des élections provoquées par le gouvernement
Juppé en 1997 et alors que le Front national connaît une crise profonde en
raison de la scission entre le FN et le MNR) ne poussait la gauche à adopter une
telle politique.

Cette position n'en a pas moins été clairement affichée et assumée, initialement
au colloque de Villepinte en octobre 1997. À cette occasion, Lionel Jospin et
son ministre de l'intérieur Jean-Pierre Chevènement évoquent le « droit à la
sûreté » de la Déclaration des Droits de l'Homme, et déclarent que « la sécurité
est une valeur de gauche ». Cette évolution sera légitimée par une série de
rapports, de textes et d'expertises : rapport sur les mineurs délinquants des
députés socialistes Christine Lazerges et Jean-Pierre Balduyck publié en avril
1998 et proposant d'instaurer un couvre-feu et de « responsabiliser » les «
parents de délinquants » par la suppression des allocations familiales ;
manifeste lancé en septembre 1998 par neuf intellectuels, intitulé «
Républicains n'ayant plus peur ! » appelant à refonder la République en «
restaurant » l'autorité et en instaurant la « tolérance zéro des petites
infractions » pour les mineurs des « quartiers sensibles » ; Que sais-je ?
publié en 1999 Alain Bauer et Xavier Rauffer, Violences et insécurités urbaines,
dans lequel les auteurs expliquent que, « au-delà de toutes les théories
d'inspiration sociologique, l'origine la plus certaine du crime, c'est le
criminel lui-même ».

Plusieurs ouvrages ont déjà mis en cause la pertinence du diagnostic avancé par
le gouvernement Jospin pour justifier le virage sécuritaire [11]. On voudrait
souligner ici ses conséquences. Car ce tournant sécuritaire ne se limite pas à
des discours ; il s'est traduit par des pratiques policières, judiciaires et par
une législation [12]. La loi sur la sécurité quotidienne, votée à la quasi
unanimité en 2001, crée un nouveau délit : la « fraude habituelle ». Les
personnes interpellées dix fois pour fraude dans les transports en commun sont
désormais passibles de six mois de prison et de 7500 euros d'amendes. La même
loi autorise également les forces de police à déloger les jeunes qui se
regroupent dans les halls d'immeuble, même si aucun délit n'a été commis.

Ce tournant sécuritaire entretient également la lepénisation des esprits, dans
la mesure où il perpétue le processus de stigmatisation de populations vivant en
France, appartenant aux classes populaires, immigrées ou issues de
l'immigration, dont la présence et les comportements sont présentés comme la
cause des « problèmes ». Certes, contrairement aux discours sur l'immigration
des années 1980-1990, cette menace ne semble plus provenir de l'extérieur du
pays. Néanmoins, et de manière encore plus pernicieuse, le discours sécuritaire
souligne constamment le caractère « étranger » de ces populations, dont les
origines sont présentées comme un élément crucial des problèmes sociaux.

Le rapport Bénisiti, rédigé par un député de droite en 2004, apparaît comme
l'aboutissement de ce processus : consacré aux problèmes de délinquance, il
pointe du doigt le bilinguisme des enfants issus de l'immigration, et appelle à
stopper l'apprentissage, au sein de ces familles, de tout « patois ». La volonté
exprimée par Sarkozy en novembre 2005 d'expulser les émeutiers étrangers hors de
France procède d'une même grille de lecture : il entérine l'idée que les jeunes
des quartiers ne sont pas à part entière des Français, et consacre un
fonctionnement républicain qui loin de l'indifférence aux origines dont se
prévaut la République, ne cesse de créer et d'institutionnaliser des catégories
ethnicisées et essentialisées. Des « sauvageons » dont parlait le ministre de
l'intérieur Jean-Pierre Chevènement aux « racailles » évoqués par son homologue
du gouvernement Raffarin, on retrouve ce double processus de stigmatisation
caractéristique des « nouvelles classes dangereuses » [13] : l'insistance sur la
délinquance et la focalisation sur les origines étrangères.

La montée en force des grilles de lecture sécuritaires ont ainsi directement
conforté l'analyse de Jean-Marie Le Pen selon laquelle les problèmes sociaux
renverraient aux comportements déviants d'une population « étrangère » mal
intégrée. Cette lepénisation des esprits, qui a rendu possible la présence du
leader du Front national au second tour des élections présidentielles sans
d'ailleurs qu'il ait besoin de faire campagne, a eu des effets redoutables pour
la gauche, et pas seulement lors de cette élection en 2002. La légitimation des
approches racistes et culturalistes de problèmes sociaux discrédite dans le même
temps les grilles d'analyse traditionnelles de la gauche et de fait, dès la fin
des années 1980, il est devenu quasiment impossible, au sein de la classe
politique française, d'aborder la question de l'immigration sans partir du
constat d'un « problème » posé par l'immigration à la France [14].

C'est aussi toute son identité anti-raciste et sociale à laquelle le Parti
socialiste semble avoir renoncé, en se faisant le porte-parole du tout
sécuritaire. En effet, tout se passe comment si les dirigeants de ce parti
avaient renoncé à voir, dans les immigrés et leurs descendants, des victimes à
défendre, que ce soit du chômage ou du racisme, pour les présenter, avant tout,
comme des fauteurs de troubles. La lutte contre les discriminations, malgré la
création de l'éphémère Groupe d'études et de lutte contre les discriminations
par Martine Aubry, ne sera jamais une priorité politique alors même que
plusieurs études témoignent d'une discrimination massive, à l'embauche, dans le
logement ou de la part des forces de police. Enfin, avec le tournant
sécuritaire, la gauche semble également avoir renoncé à un des fondements de son
identité depuis le XIXème siècle : l'idée que les déviances sociales ne relèvent
pas de comportements individuels à réprimer, mais qu'elles renvoient à des
causes socio-économiques, sur lesquelles seule une action collective,
nécessitant notamment une intervention forte de l'Etat, peut jouer.

L'après 11 septembre et le "péril islamique"

La lepénisation des esprits dont nous avons donné un rapide aperçu ici résulte
d'une série de facteurs, sur lesquels il faudrait revenir plus longuement, et
qui sont liés à l'évolution du champ politique (irruption du Front national,
recomposition idéologique de la gauche suite aux politiques dites « de rigueur
»), mais aussi au contexte économique (politiques dites de rigueur budgétaire,
remise en cause des acquis sociaux et creusement des inégalités). C'est à la
fois dans des contextes précis que la droite, mais aussi, dans une certaine
mesure, une partie de la gauche, se sont ralliées à une vision politique et
sociale dans laquelle les figures, soit du « problème » dans le meilleur des
cas, soit de l'ennemi dans le pire, se sont incarnées dans l'immigré polygame
puis dans le jeune de banlieue délinquant.

Depuis lors, on observe une certaine continuité. Au « sauvageon » incriminé par
Jean-Pierre Chevènement fait écho la « racaille » dénoncée par Nicolas Sarkozy.
Une différence de taille, pourtant, sépare les deux discours, et accrédite
l'idée d'une lépénisation aggravée. Si le Ministre de l'Intérieur du
gouvernement Jospin organise son propos autour d'une opposition entre la
République porteuse de droit et d'égalité et les jeunes délinquants en perte de
repères, Nicolas Sarkozy ne manque jamais l'occasion d'opposer aux jeunes à
mater sa propre personne, seule à même de débarrasser la France de la « racaille
», ou d'expulser les délinquants « hors de France ». À cet égard, ce ne sont
plus seulement des relents racistes que l'on entend, mais une valorisation de la
figureindividuelle du chef guerrier et viril (comme le sous-entend la figure
phallique du kärcher) caractéristique du lepénisme, mais aussi de tous les
mouvements fascistes.

Autre élément de différence enfin, ces figures plus ou moins fantasmées autour
desquelles s'est organisé le débat public (au détriment du chômeur ou de
l'ouvrier par exemple) n'ont cessé d'évoluer, pour intégrer progressivement la
question de l'islam. En témoigne la focalisation sur les figures du « jeune
arabo-musulman », de l'islamiste terroriste, ou de la jeune fille voilée [15].

La thèse culturaliste et à relents racistes d'un « choc des civilisations » fait
ici sentir son influence, renforcée après le 11 septembre et la campagne
bushienne contre l'Irak. Théorisée initialement par Samuel Huntington, cette
thèse s'incarne aujourd'hui dans une doxa largement reprise en France et
opposant une religion par essence dangereuse, obscurantiste, l'islam, et un
Occident porteur des valeurs de laïcité, de liberté et d'égalité. Cette
focalisation récente sur les populations maghrébines, d'origine maghrébine ou
plus largement associées au « monde musulman » nous incite aujourd'hui à nous
interroger, au-delà de l'influence de l'extrême droite française (ou en
combinaison avec celle-ci), sur le rôle de l'idéologie coloniale (c'est-à-dire
d'une idéologie qui a irrigué l'ensemble de la société et de la classe politique
française) dans la persistance du racisme aujourd'hui [16].

Cet article est paru dans la revue La Pensée, numéro de mai 2006.

Sylvie Tissot et Pierre Tevanian

(Sur ce même thème, cf. les articles Un racisme qui vient d'en haut et Le legs
colonial)




Notes


[1] Annie Collovald, Le « populisme du FN », un dangereux contresens,
Broissieux, Le Croquant, 2004, p 18. Sur la haine du peuple que manifeste
l'incrimination de « l'individu démocratique » tout puissant, voir aussi Jacques
Rancière, La haine de la démocratie, Paris, La Fabrique, 2005.

[2] Pierre Tevanian et Sylvie Tissot, Dictionnaire de la lepénisation des
esprits, Paris, Esprit frappeur, 2002

[3] Sur le traitement de l'immigration dans la période 1945-1975, voir Alexis
Spire, Étrangers à la carte. L'administration de l'immigration en France, Paris,
Grasset, 2005

[4] Pour une analyse de cette évolution dans la presse, voir Simone Bonnafous,
L'immigration prise aux mots, Paris, Kimé, 1991

[5] Le premier ayant déclaré en 1989 que le seuil de tolérance était atteint,
tandis que le second estime, en 1990, que la France ne peut accueillir « toute
la misère du monde ».

[6] J.-M. Le Pen, Présent, 30-31/09/1991 et 02/10/1991 cité dans M. Souchard, S.
Wahnich et alii, Le Pen, les mots, Paris, Le Monde éditions, 1998 ; V. Giscard
d'Estaing, Le Figaro Magazine, 21/09/ 1991 ; M. Poniatowski, cité dans
l'Evénement du Jeudi, 31/10/1991 ; J.L.D Debré, Le Figaro, 97/11/1996 ; F.
Léotard, France Inter, 03/10/1983, cité par M. Chemillier-Gendreau dans
L'injustifiable, Bayard-Edition, 1998 ; D. Colin, Assemblée nationale,
17/12/1996, Journal Officiel, p. 8449 ; J.P. Chevènement, Le Monde, 26/02/1997.

[7] Voir sur ces points les articles « Avantages sociaux », « Chômage », «
Délinquance », « Misère du monde », du Dictionnaire de la lepénisation des
esprits, op.cit.

[8] Ch. De Gaulle, cité par A. Peyrefitte dans C'était de Gaulle, De Fallois,
1994 ; J. Chirac, 22/02/1991 et 21/06/1991 ; A. Juppé, La voix des Français,
février 1991 ; F. Mitterrand, Antenne 2, 10/12/1989 ; J. P. Chevènement, Le
Monde, 26/02/1997

[9] Jacques Chirac déclare en 1991 : « Comment voulez-vous que le travailleur
français qui vit avec sa femme et qui gagne, ensemble, environ 15 000à francs et
qui voit, sur le palier d'à côté, entassés, un homme, trois ou quatre épouses,
et une vingtaine de gosses, qui gagnent 50 000 francs par mois de prestations
sociales sans naturellement travailler, si vous ajoutez à cela le bruit et
l'odeur, eh bien, le travailleur français il devient fou ! Et ce n'est pas être
raciste que de dire cela ».

[10] Sur la genèse de ce nouvel ordre sécuritaire, Pierre Tevanian, Le ministère
de la peur. Réflexions sur le nouvel ordre sécuritaire, Paris, Esprit frappeur,
2003.

[11] Laurent Mucchielli, Violences et insécurité : fantasmes et réalités dans le
débat français, Paris, La Découverte, 2002 ; Laurent Bonelli et Gilles Sainati
(dir.), La machine à punir : pratiques et discours sécuritaires, Paris, Esprit
frappeur, 2004. Voir aussi, de Pierre Tevanian, sur LMSI, La construction des
classes dangereuses

[12] Voir la chronologie de ces lois sur le site LMSI

[13] Voir sur ce thème Stéphane Beaud et Michel Pialoux, Violences urbaines,
violences sociales. Genèse des nouvelles classes dangereuses, Paris, Fayard,
2003.

[14] Pour une autre approche de la question de l'immigration, centrée sur la
question des droits fondamentaux et notamment de la liberté de circulation, voir
le travail réalisé par le GISTI, notamment dans sa revue Plein droit.

[15] Sur ces figures voir Nacira Guenif-Souilamas et Eric Massé, Les féministes
et le garçon arabe, La Tour-d'Aigues, Editions de l'Aube, 2004. Voir
aussi,surlaconstructionmédiatiquedu« problèmedu foulard » et sur la
représentation diabolisée de la fille voilée,Pierre Tevanian, Le voile
médiatique. Un faux débat : « l'affaire du foulard islamique », Paris, Raisons
d'agir, 2005.

[16] Saïd Bouamama et Pierre Tevanian, « Un racisme post-colonial ? », in
Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, Cultures postcoloniales, Paris, Editions
Autrement, à paraître en 2006.



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San Vittore ore 18.00: "unità di crisi "
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