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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 22:21

Charlie Bauer est décédé le 7 /08/11 dans le Loiret de crise cardiaque. On  met à défiler des épisodes  de vie militante autour de Charlie Bauer. Est ce  la fin de la saga de  la lutte armée post 68?........

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charlie_Bauer

«Toujours jeune.» A 68 ans, Charlie Bauer trimballe sa «gueule de métèque», cheveux longs et moustache noirs, son accent marseillais et ses idées anarcho-communistes sur les plateaux de télé et dans les réunions politiques, ponctuant ses interventions de «la lucha continua» (la lutte continue). Il ne se présente plus comme «l’ami complice de l’ennemi n°1», Jacques Mesrine, tué par la police le 2 novembre 1979. Ce jour-là, Charlie Bauer apprend «l’exécution» de son coéquipier par «un flash spécial sur les écrans de télé chez Darty» où il achète un lave-linge avec sa compagne. «Mes idées cryptoféministes m’ont sauvé la vie, j’étais prévu ad patres.» Il sort à présent un livre pour «rectifier le tir, expliciter l’époque, sans "mesrinomania" d’autant plus que ce fut une erreur politique».

Né en 1943 dans le quartier de l’Estaque à Marseille, fils de prolétaires juifs, staliniens et résistants, le petit miséreux est enrôlé dès l’âge de 8 ans par son père dans les Jeunesses communistes. Il porte tôt des sacs sur les docks, vole de la ferraille, déboulonne des rails puis «attaque des trains de marchandise, façon Jesse James, avec toute une bande armée», dit-il. Il se targue d’appartenir alors à «la 7e wilaya en France» et de piller les containers pour alimenter le FLN algérien. Il en rajoute là-dessus, si l’on en croit un ancien activiste pour qui «Charlie se veut un détenu politique plutôt que de droit commun et réécrit l’histoire».

En tout cas, Bauer plonge en 1962 pour des cambriolages de nuit (arrestation musclée, tortures à l’électricité) et prend une peine démesurée : vingt ans. Me Jean-Louis Pelletier qui défendait l’un de «ces casseurs de magasins de fringues» certes organisés et armés, reste sidéré par la sévérité du verdict. «On a été condamnés pour nos idées, l’expropriation et la redistribution», soutient Bauer qui connaît ensuite l’enfer des quartiers de haute sécurité (QHS). Il ne relate pas dans son nouveau livre, pourtant lourd de digressions, sa tentative d’évasion de la centrale de Clairvaux par les égouts en 1971, avec cinq codétenus que les surveillants ont essayé de noyerpuis ont lynchés.

En prison, Bauer doit se battre pour «conquérir le droit d’étudier au QHS» de Lisieux. C’est ainsi qu’il rencontre Renée, sa professeure de français. Après sa libération conditionnelle en 1977, ils ont une fille prénommée Sarah Illioutcha (en hommage à Lénine dont le vrai nom était Vladimir Illitch Oulianov). Il monte «un groupe d’intervention antifasciste» avec un codétenu nommé Pierre Goldman mais scissionne avec «cet ami qui conçoit davantage l’action à la Chapelle des Lombards», la boîte de nuit de la Bastille.

C’est en juin 1979 que Charlie Bauer rencontre le «grand» Jacques, traqué par toutes les polices. «Mesrine me savait actif contre les QHS et je me suis associé avec ce marginal violent qui voulait faire sauter le QHS de Mende», le pire. Pour Gilles Millet, alors journaliste à Libération qui interviewe Mesrine et connaît Bauer, «le premier cherchait un intermédiaire, le second à se faire mousser». L’ennemi public qui vient de kidnapper un milliardaire de la Sarthe, veut un gars capable d’aller récupérer «400 plaques» auprès de l’otage libéré lui ayant signé «une reconnaissance de dettes». Un plan «loufoque» selon Bauer qui participe à ce «racket qui relève de pratiques truandes». Bauer écope de cinq ans de prison pour ce «recel de rançon», ajouté à cinq ans pour détention d’armes et trafic de stups. Il est en revanche acquitté de l’enlèvement du journaliste de Minute torturé par Mesrine dans une grotte, en septembre 1979.
Article de Myriam George
Retranscription de Nadine Bellec et de Jimmy Kazazian

Mesrine et Goldman. Un ami les avait rapprochés. Ils avaient du "punch", des relations, et des armes à profusion.

L'intello voyou rêvait d'une guérilla "à la Che Guevara" en France, avec l'appui du truand Jacques Mesrine*. Pour le stopper, ordre a été donné de l'abattre.

"Nous marchons suivis de balles aboyantes pour qu'en mourant nous devenions navires, poèmes, et autres longues affaires", écrivait Maïakovski, le poète de la révolution d'Octobre, qui se suicida. Pierre Goldman, qui ne voyait la vie qu'"avec, dans la tête, Lénine, et dans la main, un revolver" (Maïakovski, encore), avait relu ces lignes, chez lui, avec un de ses bons amis, "Solo" - devant un plat antillais mitonné par Christiane, son épouse, alors enceinte - peu de temps avant d'être tué. Peut-être dansaient-elles encore dans sa tête, quand deux hommes froids et précis, couverts par un troisième, firent vibrer l'air tiède de coups de revolver de gros calibre. Ce 20 septembre 1979, à l'heure du déjeuner, il s'effondre, mort sur le coup, sous le soleil de la Poterne des Peupliers, petite oasis de calme du 13ème arrondissement de Paris.

Tout peut être dit aujourd'hui sur ce crime (et tout est clair), non tant sur l'identité des trois simples exécuteurs que sur celle de ceux qui les avaient envoyés, ce jour-là. Une foule émue et nombreuse, portant des banderoles contre le fascisme, suivit le cercueil de ce personnage peu ordinaire, devenu, à l'instant de sa mort, la figure emblématique d'un Mai 68 qu'il avait en fait peu connu et peu prisé.

Pierre Goldman, intellectuel communiste, fils d'un couple de héros juifs de la Résistance, grand bastonneur de fachos dans le Quartier latin de la guerre d'Algérie, émule du Che. Mais aussi voyou et fier de l'être, "délinquant d'habitude", braqueur de pharmacies minables, et même d'une crémerie ; philosophe marginal, séducteur angoissé, grand amateur de putes, de bon rhum blanc et de musique noire des Caraïbes. Et auteur, enfin, d'un livre d'une rare beauté, écrit en prison : Souvenirs obscurs d'un Juif polonais né en France (¹)...

Le braqueur exécute la pharmacienne et sa préparatrice avant de tirer encore et de blesser un gardien de la paix.

C'est par un crime dans la pharmacie du 6, boulevard Richard-Lenoir que l'histoire commence, dix ans plus tôt, le 19 décembre 1969. Il fait nuit, un vent glacial fouette l'ange de la Bastille. Les deux commerçantes baissent le rideau de fer. Hors service et sans arme, le gardien de la paix Quinet se réchauffe devant un café. "On tire à la pharmacie ! Un braquage !" crie-t-on. Sans hésitation, il fonce et tombe sur le tireur, l'arme toujours braquée vers le sol, où gît, dans une mare de sang, Raymond Trocard, 59 ans, un client. Le braqueur, qui a obligé Mlle Delauney, la pharmacienne, et Mme Aubert, sa préparatrice, à se coucher sur le sol pour s'occuper de la caisse, exécute alors les deux femmes. Quinet le bloque, mais son adversaire, véritable boule de nerfs, se dégage et tire encore, blessant grièvement le policier, quatrième victime de cette sanglante boucherie pour quelques francs. Bientôt, un indic parle. Un certain "Goldi" se serait vanté d'avoir fait le coup. Il n'est pas du milieu. C'est un "étudiant qui fréquente la Sorbonne". Le 8 avril 1970, rue de l'Odéon, dans son fief, Goldi est plaqué au sol. Délesté de son arme et d'un (faux) passeport vénézuélien, Pierre Goldman est conduit quai des Orfèvres, menotté dans le dos. Il nie. Mais les témoins l'identifient. Et son emploi du temps au moment du drame l'accable.

Revenu à Paris fin 1969, après une parenthèse dans un maquis guévariste d'Amérique latine, il inquiète alors ses amis, raconte Jean-Paul Dollé, son biographe : "Nerveux, vindicatif, désagréable, il en veut à tout le monde, fait courir des ragots. Son réquisitoire permanent vise la nullité des gauchistes, incapables de sortir de leurs jeux d'intellectuels bavards et craintifs. Lui c'est un pro ; il sait comment faire [...] Surexcité, imprudent, il vante à qui veut l'entendre la lutte armée, et fait allusion à des hold-up qu'il prépare pour se procurer de l'argent et profiter de la vie" (²).

Goldman avoue plusieurs braquages mais nie farouchement le double assassinat de la rue Richard-Lenoir.

A la brigade criminelle, il avoue un premier braquage, raté, presque politique, au domicile du psychanalyste Jacques Lacan, qu'il hait, autant qu'il hait sa discipline qu'il qualifie de "masturbation intellectuelle". Il admet avoir braqué, le 4 décembre, un couple de... pharmaciens. Il ne les a pas tués. Mais le 19, "Richard-Lenoir", jure-t-il, ce n'est pas lui. Le 20, d'accord, le lendemain, il a attaqué une boutique, rue Tronchet.

Et le 19 ? Le 19, dans les vapes - trop de suppositoires opiacés, contre une rage de dents... - il s'est réveillé tard. Il a rencontré un ami dans un bar, il lui a dit qu'il allait, le soir-même, commettre une agression dans le quartier Saint-Paul - à deux pas de la Bastille. Un coup minable, il a eu honte, il a renoncé, il a "vu des amis", il est "allé se coucher". Le lendemain, il a "découvert" dans France Soir ce crime commis - le destin ? -, à quelques pas de l'immeuble où il avait vécu quand son père l'avait enlevé, tout petit, à sa mère, après un divorce difficile. "Mon récit, commente Goldman, entre à cet instant dans une fatalité dont je fus aussi l'artisan. Le lecteur doit, s'il veut en capter le sens, y appliquer un double regard. Cette fatalité n'était pas d'un destin, ni d'une puissante divine. Elle venait de moi, encore que j'en fusse le vassal. J'étais poussé vers ce double homicide. Je ne l'avais pas commis, mais il me sollicitait d'un réseau de signes où j'allais m'emprisonner. Je l'ignorais, mais je sentais qu'un souffle étrange m'aspirait vers le gouffre de ces meurtres" (¹). Joli. Avant d'écrire ces lignes en prison, il avait été condamné, pour le meurtre des pharmaciennes, à la réclusion criminelle à perpétuité. C'était le 15 décembre 1974. Lié à Goldman (qui fut arrêté en bas de chez lui), Marc Kravetz a décrit ce procès qui "se terminait en émeute [...] Il y eut le verdict. Il y eut un silence. Fraction de seconde, éternité, silence cosmique avant la tempête. Elle vint. Déferlement, imprécations, fureur : la salle envahit le prétoire. Spectateurs anonymes et inconnus, camarades, amis, journalistes, avocats, tous confondus, criaient d'impuissance et de rage. Salauds, assassins !, et, submergeant le tout : "Il est innocent !" Pierre se tenait droit et pâle, pratiquement abandonné par ses gardes. [...] La colère collective était à la mesure du scandale" (³).

Pourtant, admet Kravetz, tout n'était pas si simple. "Parce que c'était lui, parce que c'était nous. Tous pour lui ? [...] Rarement homme ne fut si seul. L'affaire Goldman commençait. Par un malentendu [...]. Je me souviens d'une empoignade orale [...] : "Le défendrais-tu s'il était coupable ?" Je pensais ne pas avoir à répondre à cette question parce que, par définition, elle ne se posait pas. [...] Je crains que ce camarade n'ait secrètement souhaité que Pierre fût un assassin, sa démonstration en eût été renforcée. Il fallait que Pierre soit le dernier avatar de mai, [...] ce desperado exemplaire qui nous venge de toutes nos défaites en les portant à une sorte de paroxysme. [...] Si nous avons rêvé toutes ses vies, il a vécu tous nos rêves. Jusqu'au cauchemar" (³).

C'est à tort, selon Kravetz, qu'on a cru voir jugé "Mai 68 à travers ce gauchiste errant", dont l'innocence ou la culpabilité n'était, donc, selon lui, pas le problème. ("Pierre Goldman : coupable idéal" (³)). Subtil et ambigu, dialectique, dans le ton de l'époque. Au second procès, à Amiens, en 1976 - après une cassation pour vice de forme - ce n'est plus un banal braqueur, mais un écrivain maudit, qui fait face aux jurés. Simone Signoret, Régis Debray, Libé, et François Mitterrand battent l'estrade en sa faveur. Dans une ambiance électrique, Goldi est acquitté. "On les a bien eus", lâchera-t-il, l'air canaille, au cours d'un cocktail (²). Goldman était-il innocent ? Coupable, a-t-il été abattu par vengeance, comme le clame un communiqué signé "Honneur de la police", reçu par l'AFP : "Pierre Goldman a payé ses crimes".

Il n'en est rien. Goldman avait autour de lui un groupe d'amis solides qui avaient entrepris, sous son influence, de mener de front l'étude des textes de Lénine, de Mao et du Che, et l'apprentissage du karaté, du tir et d'autres techniques de combat. Pour ne pas rester des révolutionnaires en chambre... Ceux-là s'étaient juré de chercher, de mener l'enquête jusqu'à son terme, de trouver les meurtriers, et de les tuer. Ils ont trouvé. L'un d'eux a même rencontré l'un des organisateurs du meurtre, à Paris, récemment. Mais, tels ces héros de Hugo qui, après avoir enlevé, sabre au clair, une citadelle réputée imprenable, se résolurent, "d'une façon fort civile, de rendre la ville au roi", les amis de Goldman en sont venus à une conclusion paradoxale. Convaincus que son exécution par les "services" français - car c'est de cela qu'il s'agit - était devenue inévitable, ils décidèrent de ne rien faire, et de se taire. A l'exception de l'un d'entre eux, Solo, l'amateur de Maïakovski, dont VSD a pu recueillir les confidences.

Goldman rêvait d'importer en Europe la théorie du "foco" (foyer de guérilla), chère au Che. Il avait regroupé autour de lui, sur un projet politico-militaire, des militants de la Nouvelle résistance populaire (maoïste), d'Action directe (qui naît à ce moment, le 1er mai 1979, en mitraillant la façade du CNPF), des Brigades rouges italiennes, et quelques Corses. Par l'intermédiaire de son ami Charles Bauer - un militant communiste du port de Marseille reconverti dans le grand banditisme et devenu le porte-parole des révoltes des prisonniers contre les quartiers de haute sécurité (les QHS) - il avait été approché par le truand Jacques Mesrine, lui-même lancé, avec sa bande, dans une sorte de guerre privée, enragée, contre "le système". Après avoir un temps observé, avec tout l'intérêt qu'on imagine, cette étrange mouvance se mettre en place, un noyau dur des services de renseignements français (Sdece) s'était convaincu que le développement d'une extrême gauche armée à l'italienne, mêlant têtes brûlées issues du grand banditisme et desperados d'extrême gauche, pouvait entrer - deux ans avant 1981 - dans une stratégie de la provocation, susceptible d'entraver la marche vers le pouvoir de la "gauche socialo-communiste".

C'est le même "escadron de la mort" qui aurait liquidé Pierre Goldman et Henri Curiel, un militant pro-soviétique.

Cette analyse fut révisée après que la bande eut fait quelques dégâts (un mort) en utilisant, pour une "opération de financement", des armes de guerre palestiniennes importées du Liban, sur un voilier. Action directe avait employé les mêmes, le 1er mai. Le phénomène risquait de devenir incontrôlable, il fut donc décidé d'en finir. Goldman mourut le 20 septembre 1979 et Jacques Mesrine le 2 novembre.

C'est le même "escadron de la mort" qui, un an avant, avait liquidé le militant pro-soviétique Henri Curiel. Mais on ne peut affirmer que le président de la République de l'époque, Valéry Giscard d'Estaing, ait donné son feu vert, comme l'eut exigé la Constitution, à cette "opération homo" (pour homicide). Le pouvoir politique était faible et peu considéré. Le Sdece, au contraire, abritait des personnalités capables d'initiatives indépendantes - le comte Alexandre de Marenches, chef nominal, et son rival, le comte Alexandre de Gaigneron de Marolles, chef du service action jusqu'à cette date.

Proche témoin du "final", Jean-Pierre Maïone-Libaude, un tueur professionnel bricolant, à l'occasion, pour les services, fut à son tour exécuté, plus tard, en juin 1982, d'un coup de fusil de chasse. Il avait été reconnu par B., un truand algérien, ami de Goldman : il les filochait tous deux la veille de l'assassinat de Goldman. Maïone-Libaude a-t-il été "fumé" pour qu'il se taise ? Ou abattu par un ami de Goldman agissant en solo et perfidement mis sur ses traces, par un des commanditaires de l'exécution, soucieux de brouiller les pistes ? L'un et l'autre se disent.

1. Pierre Goldman. Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France. Le Seuil, 1975.
2. Jean-Paul Dollé. L'insoumis. Vies et légendes de Pierre Goldman. Grasset, 1997.
3. Libération, 3 octobre 1975.


[Photo du corps de Pierre Goldman couvert, en présence des policiers sur la scène du crime, légendée : 20 septembre 1979, Paris 13ème. Le militant gauchiste est éliminé. Un mystérieux commando d'extrême droite, Honneur de la police, revendique le crime. Mais Goldman était suivi depuis la veille par un tueur à gages travaillant pour les "services".]

[Photo de Mesrine portant une arme, légendée : Mesrine virait guérillero. De la guerre contre les quartiers de haute sécurité au combat contre "le système".]

[Photo de la foule portant des pancartes à l'effigie de Pierre Goldman, légendée : 27 septembre. Une foule de gauche, émue, suivit l'enterrement de Goldman, convaincue qu'on avait voulu abattre un symbole de l'antifascisme.]

[Photo d'une arme et du matériel saisi, légendée : Un arsenal de poids, dans l'appartement de Mesrine]

[Photo de Pierre Goldman menotté, entouré de policiers, légendée : Amiens, mai 1976. Pierre Goldman, condamné à perpétuité, voit son jugement cassé pour vice de forme. Rejugé, il sera acquitté. A cette occasion, de nombreux intellectuels sont venus le soutenir.]

Encart accompagnant l'article :

  • Il était le demi-frère du chanteur Jean-Jacques Goldman.
  • Activiste, guérillero, gangster, intellectuel, écrivain...
  • 22 juin 1944. Naissance dans la clandestinité de parents juifs, héros de la Résistance.
  • 1964. Régis Debray l'intéresse à l'action du "Che".
  • 1967. Incorporé dans un régiment de parachutistes, il déserte et gagne Cuba.
  • 1968. Retour à Paris. Il propose à ses amis de faire de la Sorbonne "un bastion militaire". Refus. En juin, il rejoint un maquis du Venezuela.
  • Septembre 1969. Retour à Paris. Braquages. Condamné à perpétuité pour meurtre, il rencontre à Fresnes Charles Bauer, gangster et révolutionnaire, qui lui proposera une alliance avec Mesrine.
  • 1976. Innocenté après un pourvoi en Cassation, Pierre Goldman commente favorablement "L'instinct de mort", le livre de Jacques Mesrine, dans Libération.
  • 8 mai 1978. Mesrine s'évade. Il est interviewé à Libération par un journaliste proche de Goldman.
  • 20 septembre 1979. Assassinat de Goldman, suivi, par la mort de Mesrine le 2 novembre, et l'arrestation de Charles Bauer.

 

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 02:10
NO TAV- l'assault par les forces des ténébres.

 

 dimanche 3 juillet grande manifestation nationale  à chiomonte

Les drapeaux rouges ornés de la croix occitane vont arpenter  les rues de chiomonte décorées aux couleurs de l'Occitanie.

"libertat per la lenga, per el pais!",

Manifestation à carcasonne.jpg

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 10:02
Le syndicat CNT -AIT_valence apporte son soutien à la lutte des sans papiers
pour leur respect. Personne n'est indésirable.
lien vers l'article du dauphiné libérée:
Merci de porter à la connaissance de vos lecteurs/auditeurs l'information

suivante :

"L'hébergement des demandeu-r-se-s d'asile toujours en question. L'Etat
n'assume pas ses responsabilités.
4 familles dont 11 enfants mineurs dans la rue à Valence. Les Collectif est
alerté par les enseignant-e-s.
Cette situation est récurrente : juin 2009, août 2010, mars 2011 au moment
de la trève hivernale, juin 2011, ...
D'autres familles vont la vivre au fur et à mesure de l'évolution des
procédures.
Ces familles qui dorment dans la rue sans nourriture avec des enfants
parfois mineurs ne peuvent pas être expulées. Elles sont toutes en attente
de décisions ou dans des procédures de recours, ou encore en attente d'un
"retour volontaire" qui oblige l'admninistration à les loger. Aucune n'est
expulsable.
Emmaus et la Fondation Abbé Pierre ont été saisis. Ils confirment
l'obligation de logement quelles que soient les situations individuelles.
Le Collectif 26/07 de soutien aux sans papier-e-s et aux sans droits,
soutenu par la Ville de Valence, exige :
- la prise en charge du problème par les autorités compétentes, garantissant
la dignité des personnes,
- la réunion rapide de tous les acteurs concernés afin de trouver des
solutions pérennes, pour un problème recurrent concernant tou-te-s les
demandeu-r-se-s d'asile.

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 15:21

[Ecrit par l'anarchiste américain Peter Gelderloos, issu de son livre écrit en 2005 «Comment la non-violence protège l'Etat» - "How non-violence protects the state" : non encore traduit en français-, le texte -qui paraitra sous forme de brochure- reprend l'intégralité des quelques pages du chapitre du même nom dans le livre -"Non-violence is patriarcal". En voici une première traduction en français.]

Le Patriarcat est une forme d'organisation sociale qui produit ce que nous définissons communément comme le sexisme. Mais il va bien au delà des préjudices individuels et systémiques contre les femmes. Il est, avant tout, une fausse division entre deux catégories étanches (les mâles et les femelles) qui sont présentées comme naturelles et justes. Mais de nombreuses personnes, en parfaite santé, ne rentrent pas dans ces catégories physiologiques, et de nombreuses cultures non-occidentales reconnaissaient -et reconnaîtraient toujours, si elles n'avaient pas été détruites- plus de deux sexes et genres. Le Patriarcat se constitue en définissant clairement des rôles (économiques, sociaux, émotionnels et politiques) aux hommes et aux femmes, et il présente aussi -fallacieusement- ces rôles comme naturels et justes.

Dans le patriarcat, les individus qui ne rentrent pas dans ces rôles genrés ou les rejettent sont neutralisé-e-s par la violence et l'ostracisme. Elles et ils sont poussé-e-s à être vu-e-s, et à se sentir comme moches, sales, effrayant-e-s, méprisables et abjectes. Le patriarcat est nocif pour tout un chacun, et est reproduit par quiconque vit en son dedans. Biensur, comme son nom l'indique, il place les hommes dans une position de domination et les femmes dans une position de soumission. Les activités et les caractéristiques qui sont traditionnellement associées au « pouvoir », ou au moins au privilège, appartiennent essentiellement aux hommes. Le patriarcat fournit à la fois le droit et l'aptitude à user de la violence exclusivement aux hommes. Avec le genre, comme avec la race, la Non-violence suppose qu'au lieu de se défendre contre la violence, nous devrions souffrir patiemment jusqu'à ce que la société se mobilise pour s'y opposer pacifiquement (ou que nous devrions attendre un «changement» global vis à vis de toute agression qui nous menace individuellement).

La plupart des partisans de la non-violence la présenterons généralement non seulement comme une pratique politique bornée, mais comme une philosophie qui se devrait de pénétrer le corps social et de déraciner la violence dans toutes ses manifestations. Mais les pacifistes semblent ne pas avoir donné à la violence du patriarcat toute la considération qui lui est due. Car après tout, dans les guerres, dans les révolutions sociales, et dans la vie quotidienne, les femmes et les trans-genres sont les premiers récipiendaires de la violence en société patriarcale.

Si nous sortons cette philosophie hors de l'arène du «politiquement impersonnel», et si nous la replaçons dans un contexte plus prosaïque, le non-violence implique qu'il soit immoral pour une femme d'affronter son agresseur ou d'envisager l'auto-défense. La non-violence implique qu'il est préférable pour une femme mariée harcelée [ndt : abused] de s'éloigner plutôt que de mobiliser un groupe de femmes pour affronter et se battre contre le mari harceleur. La non-violence implique qu'il est mieux pour une personne d'être violée plutôt que de se saisir de son stylo dans sa poche et de le planter dans la jugulaire de son assaillant (parce qu'agir ainsi contribueraient à entretenir le cycle de la violence et encourager de futurs viols). Le pacifisme ne résonne simplement pas dans la réalité quotidienne des gens, à moins que ces derniers ne vivent dans une extravagante bulle de tranquillité dont toute forme de violence réactive universelle de civilisation a été exclue par la violence, systématique et moins visible, des forces de police et de l'armée. En d'autres termes, la non-violence semble s'accorder parfaitement avec le patriarcat.

Enfin, l'abolition du patriarcat en particulier requière des formes de résistance qui accentuent l'apaisement et la réconciliation. Les concepts occidentaux de justice, basés sur la loi et la punition, sont patriarcaux d'un bout à l'autre. Les premiers codes pénaux ont définit les femmes entant que propriété, et les lois ont été écrites pour des propriétaires masculins, qui ont été éduqués et socialisés à ne pas faire de sentiments; les « fautives » furent toujours traitées par la punition plutôt qu'en vue d'une conciliation. En outre, le patriarcat n'est pas soutenu par une puissante élite qui doive être défaite par la force, mais par chacun d'entre nous. Parce que la distribution du pouvoir à l'intérieur du patriarcat est bien plus diffuse qu'à l'intérieur de l'Etat ou du capitalisme (par exemple, un Général qui est aussi actionnaire d'une grande entreprise aura un pouvoir particulier au sein de l'Etat et du capitalisme, mais ne détiendra pas un pouvoir plus particulier dans le patriarcat que la plupart des hommes, à part peut être en tant que rôle modèle de masculinité), se battre contre ceux qui détiennent ce pouvoir ou ceux qui en sont le plus responsables joue un moindre rôle.

A l'inverse des gens qui construisent une culture qui permet à chacun-e de s'identifier en termes de genre et nous soutiennent lors que nous construisons des relations sociales plus libres, et nous permettent de nous remettre de plusieurs générations ayant subit violences et traumatismes. Cette perspective est parfaitement compatible avec l'entraînement à l'auto-défense des femmes et des trans-genres et s'attaque aux institutions économiques, culturelles, et politiques qu'incarnent le patriarcat ou justifient sa forme la plus brutale. Tuer un flic qui viole des transgenres sans abris et des prostitué-e-s, brûler la filiale d'un grand magazine qui pousse des femmes à l'anorexie et la boulimie, enlever le président d'une entreprise qui gère le trafic des femmes : aucune de ces actions ne permet réellement l'établissement d'une culture vivante. D'autant plus que certaines personnes puissantes qui profitent consciemment du patriarcat ont intérêt à empêcher activement l'émergence d'une culture vivante. Valoriser des relations sociales saines est complémentaire à l'opposition militante contre les institutions qui propagent un modèle de relations sociales fondées sur la violence et l'exploitation, et supprimer les plus flagrants et sans doutes les plus incorrigibles exemples de patriarcat au quotidien est une des façons d'amener les autres à comprendre la nécessité d'une alternative.

La majeur partie de ce qui est nécessaire pour venir à bout du patriarcat sera probablement pacifique, et concentrée sur le traitement et la construction d'alternatives. Mais une pratique pacifiste qui interdit l'usage d'autres tactiques ne laisse aucune option aux gens qui ont besoin de se protéger de la violence au jour le jour.

Dans le cas du viol et d'autres formes de violences contre les femmes, la non-violence
implique les mêmes sermons que le patriarcat a enseigné depuis des millénaires.
C'est une éloge de la passivité : «tendre l'autre joue» et «souffrir dignement» parmi les opprimé-e-s. Dans un des textes des plus lucides définissant la préservation et l'implantation de l'histoire du patriarcat -l'Ancien Testament-, des commandements et des paraboles jusqu'au conseil juridique : tout pousse les femmes à souffrir de l'injustice patiemment en priant pour l'intervention de l'Autorité divine. (Cette prescription est remarquablement similaire à la foi que les pacifistes ont en les médias bourgeois à disséminer des images de « souffrance digne » pour inciter la «Prise-de-décision faisant autorité» afin d'obtenir justice). Parce que le Patriarcat prescrit clairement une violence masculine à sens-unique, les femmes viennent perturber cette dynamique de pouvoir, et non la renforcer, en réapprenant leur propension à la violence.

«Pour le redire, le fait que des femmes réclament leur habilité et leur droit à utiliser la force ne suffit pas en soi à mettre un terme au patriarcat, mais c'est une condition sine qua non à la libération des genres, autant qu'une forme utile d'autonomisation [« empowerment » ndt] et de protection à court terme. Les pacifistes et les féministes réformistes prétendent que ce sont les militants activistes qui sont sexistes. Dans beaucoup de cas spécifiques, cette accusation s'est confirmée. Mais cette critique a fréquemment été élargie pour suggérer que l'usage activiste de la violence lui-même était sexiste, masculin, ou même privilégié. » Comme Laina Tanglewood l'explique «Quelques récentes ''féministes'' critiques de l'anarchisme ont condamné le militantisme comme étant sexiste et excluant les femmes... C'est en réalité cette idée là qui est sexiste ».

Un autre anarchiste fait remarquer, «En fait, la masculinisation de la violence, avec son sous-entendu sexiste concomitant, la féminisation de la passivité, doivent plus aux présomptions de ceux pour qui la notion de changement n'inclue pas la révolution ou la destruction de l'Etat.»

Aussi, quel genre de notion de la liberté n'inclue pas que les femmes puissent se défendre elles-même ? En réponse à la supposition selon laquelle les femmes ne peuvent être protégées que par de plus larges structures sociales, l'activiste Sue Daniels nous rappelle, «Une femme est capable de repousser un agresseur masculin par elle-même... Ce n'est absolument pas une question de force physique – c'est une question d'entraînement». Et «La Volonté de Vaincre! Les femmes et l'autodéfense», un pamphlet anonyme, ajoute ceci :

« Il est ridicule qu'il existe autant d'organisation de conseil et
soutient pour les femmes qui ont été violées, agressées, et
abusées mais presque aucune qui ne travaille à préparer et empêcher
que ces choses arrivent. Nous devons refuser d'être des victimes et rejeter
l'idée que nous devrions nous soumettre à nos assaillants pour nous
préserver de susciter une violence plus grande encore.
En réalité, se soumettre à nos assaillants ne fait que
contribuer aux violences futures contre d'autres. »

L'idée intégrale selon laquelle la violence est masculine, ou que l'activisme révolutionnaire exclue les femmes, les queers et les trans est, comme d'autres prémisses à la non-violence, basée sur un blanchiment historique. Ignorées sont les femmes nigériennes occupant et sabotant les raffineries pétrolifères; les femmes martyres de l'Intifada Palestinienne; les combattant-e-s queers et transgenres de la Révolte de Stonewall, les innombrables, les milliers de femmes qui se sont battues pour le Vietcong; les femmes leaders de la Native resistance to European and US Genocide; les Mujeres Creando, groupe anarcha-féministe de Bolivie; et les suffragettes britanniques qui déclenchèrent des émeutes et se battirent contre la police. Oubliées sont les femmes du Black Panther Party (Parti des Panthères Noires - BPP); les femmes Zapatistes, celles du Weather Underground, et de bien d'autres groupes militants.

L'idée que résister et se battre exclue les femmes est absurde.

Il n'y a pas que l'histoire du « Premier Monde » blanc et pacifié qui s'y oppose, car même le patriarcat le plus efficient qu'on puisse imaginer ne pourra jamais empêcher tout-e-s les trans-genres et toutes les femmes de combattre l'oppression de manière militante.

Les défenseurs de la non-violence font parfois une exception restreinte pour l'autodéfense, parce qu'ils reconnaissent combien il est faux de dire que les opprimé-e-s ne peuvent ou ne doivent pas se protéger eux-mêmes/elles-mêmes, mais n'ont aucune stratégie viable concernant la violence systémique. Ce serait de l'autodéfense de frapper un mari abusif, mais pas de faire sauter une usine émettrice de dioxine rendant le lait maternel toxique ? Qu'en est il d'une campagne plus concertée pour détruire l'entreprise qui possède l'usine étant responsable des rejets polluants ? Est-ce de l'autodéfense de tuer un Général qui envoie ses soldats violer des femmes dans une zone de guerre ? Ou bien les pacifistes doivent ils rester sur la défensive, en ne se préoccupant que de répondre à des attaques individuelles et en se soumettant à la fatalité de telles attaques jusqu'à ce que des tactiques non-violentes permettent de convaincre le Général ou de faire fermer l'usine, dans des temps futures incertains ?

En plus de protéger le patriarcat de toute opposition militante, la non-violence permet aussi à des dynamiques patriarcales de se maintenir au sein même du mouvement.
L'une des prémisses majeurs de l'actuel activisme anti-oppression (Né du désir partagé
de promouvoir des mouvements plus sains, plus puissants et pour éviter les querelles internes qui découlaient très largement de la négligence des dynamiques oppressives qui ont paralysées les précédentes générations de luttes de libération) est que les hiérarchies sociales oppressives existent et se reproduisent dans le comportement de tout les individu-e-s et doivent être vaincues aussi bien intérieurement qu'extérieurement. Mais le pacifisme prospère en se soustrayant à l'auto-critique. Beaucoup connaissent le stéréotype en partie justifié des activistes non-violents se complaisant dans l'auto-satisfaction et l'auto-célébration, qui « incarnent le changement [qu'ils] aimeraient voir dans le monde » à un tel degrés que dans leurs esprits, ils incarnent tout ce qui est bien et beau. Un adepte d'une grande organisation pacifiste expliquait, en réponse aux critiques du privilège que le leader du groupe, un homme blanc, ne profitait probablement pas de ses privilèges de blanc et de mâle, parce que c'est « quelqu'un de bien », comme si la suprématie blanche et le patriarcat n'étaient qu'une question de libre association.

Dans un tel contexte, n'est-ce pas là une position confortable que celle d'une majorité prédominante de dirigeants masculins incarnant l'idéal non-violent, comme résultat de la participation à un nombre impressionnant de grèves de la faim et de sit-ins lorsqu'on vient par exemple vous accuser d'un comportement oppressif, de transphobie ou d'abus sexuel ?

L'évitement des pacifistes face à l'auto-critique est fonctionnel, et pas seulement caractéristique. Quand votre stratégie est basée sur «saisir et se maintenir sur le terrain moral», il est nécessaire de se dépeindre soi-même comme moral, et votre ennemi comme immoral. Avec une pareille stratégie : dévoiler les bigoteries et les dynamiques oppressives des leaders et autres membres du groupe est simplement contre-productif.

Combien de gens savent par exemple que Martin Luther king traitait Ella Baker (qui a largement contribué à la fondation de la Southern Christian Leadership Conference [SCLC], où Luther King n'y était encore qu'un organisateur inexpérimenté) comme sa secrétaire, qu'il a rie au visage de plusieurs femmes lorsqu'elles suggérèrent que le pouvoir et la direction de l'organisation pourraient être partagées; déclara que le rôle naturel des femmes était la maternité, et que, malheureusement, elles étaient «obligées» de tenir leur rôle «d'éducatrice» et de «meneuse», et qu'il exclût Bayard Rustin de son organisation parce que Rustin était homosexuel ? Mais donc, pourquoi ces faits seraient ils rendues plus largement accessibles et publiques lorsqu'on fait de Martin Luther King une légende qui nécessite qu'on occulte la moindre de ses fautes pour le représenter comme un Saint ?

Quoi qu'il en soit, pour les activistes révolutionnaires, la victoire implique la construction d'un rapport de force, et de déjouer les stratégies d'Etat. Un tel passé requière un examen et une auto-critique permanente. Ce sont souvent des aprioris sexistes pré-existants qui font que des groupes militants sont décrits comme plus sexistes qu'ils ne le sont en réalité. Par exemple, les femmes étaient effectivement exclues des positions de pouvoir dans la SCLC de Luther King, alors que les femmes (par exemple, Elaine Brown) à la même époque, occupaient des positions importantes au sein du Black Panther Party (BPP). Et c'est pourtant encore aujourd'hui le BPP, et pas le SCLC, qui est présenté comme le Parangon du machisme.

Kathleen Cleaver réfute : «En 1970, le Parti des Panthères Noires a pris une position formelle en faveur de la libération des femmes. Le congrès des Etats-unis a t'il jamais fait une seule déclaration à propos de la libération des femmes ?»

Frankye Malika Adams, une autre des Panthères, raconte :
«Les femmes avaient toute leur place dans l'organisation du BPP. Je ne comprend pas comment ça aurait pu être un parti d'hommes ou être pensé comme étant un parti d'hommes.»

En ressuscitant une histoire plus juste du Parti des Panthères Noires, Mumia Abu-Jamal raconte ce qui était, en quelque sorte, «un parti de femmes ».

Néanmoins, le sexisme perdura parmi les Panthères, comme il perdure au sein de tout milieu révolutionnaire, et tout autre segment de la société patriarcale aujourd'hui.

Le Patriarcat ne peut pas être détruit en un jour, mais peut être graduellement vaincu par des groupes qui travaillent à sa destruction. Les activistes doivent reconnaître le patriarcat comme un problème majeur et ouvrir des espaces au sein des mouvements révolutionnaires pour les femmes, les queers, et les transgenres, en tant que forces créatives en concentrant, en examinant, et en reformant la lutte (tout en soutenant les efforts des hommes pour comprendre et contrer notre propre socialisation).

Une analyse honnête nous permet de comprendre que les intentions ne comptent pas, et que le plus gros reste à faire pour libérer le mouvement du contrôle des hommes et pour trouver des manières saines, et réparatrices de gérer des exemples d'abus dans les relations, sociales ou intimes, parmi les membres du mouvement.

Soit militante, soit pacifiste : quasiment toutes les discussions stratégiques ou tactiques auxquelles j'ai participé étaient dominées de manière écrasante par des hommes. Plutôt que de prétendre que les femmes ou les trans-genres ne sont pas capables de participer à une très large gamme d'options tactiques (voir même d'en discuter), nous ferions bien de nous souvenir des voix de celles qui se sont battues de manière violente, intraitable et efficaces comme des révolutionnaires. A ce sujet :

Les « Mujeres Creando » (« Femmes Créatives »), sont un groupe anarcha-féministe en Bolivie. Ses membres ont initiée plusieurs campagnes de graffiti et contre la pauvreté. Elles protègent les protestataires dans les manifestations. Dans leur action la plus spectaculaire, elles se sont armées de cocktails Molotov et de bâtons de dynamite et ont aidé un groupe d'agriculteurs indigènes à occuper une banque pour demander l'annulation d'une dette qui poussaient les agriculteurs et leurs familles à la famine. Dans une interview, Julieta Paredes, une membre fondatrice, explique les origines du groupe: « Les Mujeres Creando sont une ''folie'' initiée par trois femmes [Julieta Paredes, Maria Galindo, et Monica Mendoza] depuis l'arrogante, homophobe et totalitaire Gauche bolivienne des années 80... La différence entre nous et ceux qui parlent de renverser le capitalisme, c'est que tous leurs projets de nouvelle société viennent du patriarcat de Gauche. En tant que féministes dans les Mujeres Creando, nous voulons la révolution, c'est à dire un véritable changement de système... Je l'ai dis et je le dirai encore : Nous ne sommes pas anarchistes du fait de Bakounine ou de la CNT, mais bien plus du fait de nos grand mères [Ndt : beaucoup de femmes boliviennes de cette génération étaient anarchistes], et c'est une belle école de l'anarchisme.

Sylvia Rivera, une drag queen portoricaine, évoque sa participation à la révolte de Stonewall en 1969, déclenchée suite un raid de la police dans le bar de Stonewall dans le village de greenwich à New York, venue harceler les clients homosexuels et les trans :

«Nous n'en pouvions plus de toute cette merde. Nous avions fait tant pour les autres mouvements. Notre heure était venue.»

 Peter Gelderloos

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 09:06

 

Depuis des années Michel Collon se fait passer pour un militant et un journaliste « alter » de la gauche radicale or derrière cette apparence de façade se cachent beaucoup de choses que nous aimerions clarifier

Les proximités et les liens de Michel Collon avec une partie de l’extréme droite soralienne sont pourtant évidentes, sur son site on trouve des liens vers des sites d’extrême droite comme - alterinfo dont le webmestre Zeniel Cekiki a été condamné plusieurs fois pour diffusion de textes négationnistes ou Clap 36 » une agence de production de documentaires appartenant a Beatrice Pignede et Francesco Condemi deux ex militants d’extrême gauche depuis devenus adhérents du Parti Antisioniste de Dieudonné, des personnes que Michel Collon connait très bien pour la simple et bonne raison qu’il a déjà tourné des interviews avec Clap 36 et que le site de Clap 36 est toujours présent lui sur le sien

http://reflexes.samizdat.net/spip.p…

http://www.bakchich.info/article112.html

http://www.michelcollon.info/index….

or il a fallu que des militants antifascistes sonnent l’alarme ces dernières semaines

http://lille.indymedia.org/article2…

Pour qu’un lien vers le site d’extrême droite geotrategie.com appartenant a Christian Bouchet un membre du FN et de Vox Nr disparaisse mystérieusement d’une des page de liens du site de Michel Collon

En 2005 Michel Collon participait au congrés de l’axis for peace aux cotés de Thierry Meyssan et de Dieudonné qui pourtant étaient déjà très proches de Alain Soral cet ex membre du Pc qui fut éjecté du Pcf pour propos négationnistes, cela Michel Collon ne pouvait pas l’ignorer ! plus grave encore Michel Collon ne s’ est jamais officiellement désolidarisé de ses anciennes amitiés

Dans ce congrès de l’axis for peace on trouvait également des gens pas plus recommandable comme Jacques Cheminade membre de « solidarité et progrès » un groupuscule bien connu pour sa proximité avec l’extrême droite et décrit comme un groupuscule employant les moyens de secte pour enrôler et embrigader ses adhérents (Cheminade a donné depuis de nombreuses années des conférences avec l’extrême droite) mais aussi Helga Zepp-Larouche la compagne et épouse de celui ci

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacque…

« Solidarité et progrès » qui se présente comme trotskiste se cachant derrière ce paravent pour servir de couverture française au parti américain du très controversé Lindon Larouche

http://fr.wikipedia.org/wiki/Helga_…

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lyndon…

A l’heure ou à Lille les agressions de l’extrême droite et les provocations de la « maison flamande » se multiplient, à l’heure ou le groupuscule de Soral « égalité et réconciliation » multiplient les provocations à coups de drapeaux français et autres slogans antisémites sur leur banderoles dans les manifestations pro palestinienne, a l’heure ou l’extréme droite tente de récupérer des thématiques de gauche ou « alter » pour semer la confusion il est temps de clarifier une bonne fois pour toutes ce genre de dérives totalement contre productives ne se reproduisent plus

 Nous demandons donc aux camarades de l’Afps de demander fermement et poliment a Michel Collon des explications sur ces liens vers des sites d’extrême droite présents sur son site internet

 Nous demandons à tous les militants Antifascistes de la région de Lille de faire de même et de se déplacer sur place pour demander des clarifications à Michel Collon sur ces faits concrets

Des Antifascistes

 

 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 05:31
Décès de Larry Portis

C'est avec une immense tristesse que nous apprenons la mort de notre ami et camarade Larry Portis.
Larry Portis, ancien professeur à l’université de Montpellier, étasunien et auteur de plusieurs ouvrages d’histoire sur le syndicalisme et le fascisme est décédé samedi  4 juin d'un infarctus foudroyant.

Alternative Libertaire Marseille présente ses condoléances à sa famille et à ses proches, Larry restera pour nous un auteur de grand talent disparu trop tôt. On vous relaie quelques éléments trouvés sur un de ses livres:

Qu’est-ce que le fascisme ? aux éditions Alternative libertaire. Il nous explique ses motivations et les idées clés de l’ouvrage.

Larry, après un premier livre intitulé Histoire du fascisme aux Etats-Unis, tu en proposes un deuxième sur la question, mais en situant plus largement le sujet. Pourquoi cette nouvelle exploration ?

Larry Portis : Je m’intéresse à l’extrême droite depuis que j’ai commencé à me préoccuper sérieusement de politique, il y a 45 ans. La raison principale : j’ai vécu une grande partie de mon enfance dans le Montana aux Etats-Unis où la pensée et les organisations d’extrême droite sont très présentes. De fait, mes premiers articles dans l’hebdomadaire de l’université concernaient le financement par de grands groupes de ces mouvances. Anecdote amusante : ces articles m’ont valu la visite d’un lobbyiste envoyé par l’un des groupes mis en cause. Mais, pour l’avoir éconduit, j’ai retrouvé le pare brise de ma voiture mystérieusement pulvérisé !

Au delà des raisons personnelles, mon but est de montrer que le jeu des partis politiques est en grande partie un écran de fumée dissimulant les influences occultes et la violence permanente contre toute instauration d’une démocratie participative directe. Enquêter sur le fascisme mène forcément dans les coulisses de la scène politique, d’habitude invisible au grand nombre.

J’ai fait ce deuxième livre sur le fascisme pour deux raisons. Tout d’abord : je pense qu’on vit un moment où les idées et les mouvements fascisants ressurgissent dans le monde capitaliste et en conséquence, qu’il faut en parler et se préparer à les combattre, et les présenter d’une manière claire, débarrassée de certaines élucubrations universitaires ou autres. Deuxièmement, et puisque mon premier livre n’abordait pas d’une manière soutenue la question de la définition de fascisme, j’ai pensé qu’il fallait le faire. Je vois beaucoup de confusion sur la question, autant chez les militants progressistes que dans la population générale.

Tu demandes : « Qu’est-ce que le fascisme ». Quelles difficultés pour y répondre ?

Larry Portis : La première est qu’il s’agit d’un mot contesté dès ses origines. Comme d’autres mots en isme – « socialisme », « populisme » – celui de « fascisme » désigne un phénomène complexe touchant à toutes les dimensions de la vie sociétale contemporaine. Ils aident à identifier les processus qui structurent notre vie personnelle et notre devenir collectif. Mais s’ils sont essentiels, les mots sont toujours défaillants. « Fascisme » fait appel à l’imagination analytique tout en démystifiant un processus existant dans la réalité, processus historiquement situé dont les significations s’ancrent dans des idéologies.

L’autre difficulté est que le mot « fascisme » est réifié, c’est-à-dire que le mot devient un objet représentant une réalité en soi, un peu comme « classe sociale ». Alors, comment continuer de l’utiliser tout en maintenant un minimum de rigueur conceptuelle ?

Enfin : la vulgarisation du terme. On appelle trop souvent « fasciste » une manifestation de violence ou d’autorité quelconque. Oui, le fascisme use de violence, mais toutes les manifestations de violence ne sont pas proprement « fascistes ». L’intervention politique exige une plus grande clarté d’expression. Sinon on ne peut pas espérer changer les choses.

A te lire, il ressort qu’il y a un véritable enjeu à définir avec précision le fascisme. Pourquoi ça ? Et laquelle retiens-tu au final ?

Larry Portis : Oui. L’enjeu est de taille parce que les idéologues capitalistes s’attachent à nier l’existence du fascisme, ou à en rejeter la responsabilité sur les victimes. Il est souvent avancé qu’en France ou aux Etats-Unis par exemple, un véritable fascisme n’a jamais existé, que le phénomène est spécifique à l’Italie de l’entre-deux guerres, ou que le nazisme n’était pas un « vrai » fascisme ! On fait aussi l’amalgame entre stalinisme et fascisme.

Or, il est faux de dire que les phénomènes sont identiques, ce qui serait fausser notre compréhension des dérives proprement socialistes. En disant qu’il n’y a pas de différence entre fascismes « brun » et « rouge », on n’est pas loin de dire que le fascisme a été enfanté par les révolutionnaires libertaires. Et c’est ce que dit un idéologue notoire dont les livres sont vendus dans les librairies libertaires !

Quant à moi, je propose une définition simple et « générique » comme point de départ : le fascisme est un mode de contrôle politique autoritaire et totalitaire qui émerge dans les sociétés industrielles capitalistes en réponse à une crise économique. Il existe comme idée et mouvement, et non seulement comme régime politique. Phénomène social à la fois simple et complexe, il faut en accepter l’ambiguïté pour en comprendre la dialectique.

Peux-tu préciser pourquoi le rapport fascisme-capitalisme est si étroit ?

Larry Portis : Le lien est direct entre, d’une part, le système de représentation politique développé avec l’émergence du capitalisme industriel et d’autre part, le fascisme.

Une certaine forme de liberté est au cœur du capitalisme : libre concurrence, mouvements libres des biens, des ressources, du capital et de la propriété, sont essentiels à son fonctionnement.

Parallèlement, le système politique qui sert à arbitrer entre les différents intérêts capitalistes est la démocratie représentative. Mais puisque ce système de production est aussi fondé sur l’exploitation, le système de représentation permet aux dominants, via les communications de masse et les institutions éducatives, de manipuler et contrôler l’apparence d’une égalité civique.

Il y a pourtant des moments où la production capitaliste entre en crise et ne peut plus subvenir aux besoins du plus grand nombre. C’est le moment où le système des institutions politiques devient dangereux, et si la masse des travailleurs devient trop exigeante et incontrôlable, des moyens exceptionnels de contrôle – autoritaires et totalitaires – sont appliqués. Les idées, les appareils politiques et leurs personnels sont toujours prêts, en attente, et soutenus par des possédants soucieux de garder leurs privilèges et leur pouvoir. C’est ainsi que le fascisme existe à l’état latent, ou larvé, à l’intérieur même des institutions politiques libérales, dites démocratiques.

Pour toi, racisme d’état, dérive autoritaire et sécuritaire ne suffisent pas pour parler de fascisme « réel ». Quelle est la situation aujourd’hui ?

Larry Portis : Le racisme est une idéologie qui a ces origines dans l’essor du capitalisme commercial moderne impulsé par les conquêtes européennes des XVe et XVIe siècles. La notion de races conçues comme espèces humaines biologiquement inégales, a émergé pour justifier la domination et l’exploitation des « inférieurs ». Que cette idée persiste pendant l’ère industrielle et même « post-industrielle » n’est pas particulièrement étonnante.

Si dans la plupart des « démocraties » libérales, la discrimination implicite dans l’idée de « race » n’est pas acceptée formellement par les institutions, elle reste utile pour stigmatiser une partie de la population et mobiliser les autres. Diviser pour renier, créer des boucs émissaires en temps de « crise », autant des pratiques employées depuis toujours par patrons et politiques. Les fascistes pousseront la logique jusqu’au bout. Il y a de nos jours en France une « xénophobie d’État » s’appuyant sur des sous-entendus racistes sans pour autant affirmer de thèses racistes.

Mais les conditions se réunissent pour favoriser l’acceptation des attitudes et des idées exploitables par le fascisme. Si, comme je le pense, nous n’en sommes qu’au début d’une crise économique et politique capitaliste, il faut se préparer à lutter contre un renouveau du fascisme sous toutes ses formes.

Propos recueillis par Cuervo AL95

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 05:57

 Le collectif du  laboratoire est vigilant face à l'extrême droite.Jeudi 2 juin au rassemblement des indignés place de la liberté Deux militants de l'UPRontdistillé leur prpagande , décroissance  et anti UE. les autres pays on s'en fout. Dimanche 5 juin, j'ai vu arriver un jeune cheveu long , nouvelle version de l'UPR.Anti fasciste valentinois reveillez vous.

ci dessous article du site rebellyon.infos

l’énarque François Asselineau, président du mouvement souverainiste Union populaire républicaine (UPR) débarque à Lyon, dans le cadre de la tournée qu’il mène actuellement à travers toute la France pour recruter des troupes. Il a même tenté de s’inviter à Radio Canut ce mardi 7 juin, mais l’émission a pu être annulée à temps, ce dont nous nous félicitons. Néanmoins, comme d’autres conférences sont prévues - notamment au centre multiculturel Art Dreams, en plein coeur de la Croix-Rousse - il n’est pas inutile de rappeler qui est François Asselineau et pourquoi il faut le combattre.
AParis, ce sont les rassemblements et les commissions des Indigné-e-s qui font l’objet d’une tentative d’infiltration.

L’UPR un mou­ve­ment sou­ve­rai­niste qui ratisse large, notam­ment chez les sora­liens, les larou­chis­tes mais aussi chez les che­vé­ne­men­tis­tes, au PRCF, etc. Dans un com­mu­ni­qué publié sur Facebook il y a plus d’un an [1], des cadres de son parti expli­quaient déjà, tout en se dédoua­nant d’avoir quoi­que ce soit à voir idéo­lo­gi­que­ment avec ces gens-là : « il est tout sim­ple­ment faux d’affir­mer que François Asselineau refuse tout dia­lo­gue avec les adhé­rents de E&R, comme avec les adhé­rents de S&P, et comme avec les adhé­rents du Comité Valmy. » En conclu­sion, ils réaf­fir­maient : « L’adhé­sion à l’UPR reste grande ouverte à tous les mem­bres de E&R, de S&P, du Comité Valmy, comme de ceux du RIF, du MPEP, du POI, du MDC, de DLR, du MPF, du Front de Gauche, et de tous les autres mou­ve­ments poli­ti­ques fran­çais, qui auront com­pris la légi­ti­mité de notre cause, la jus­tesse de notre Charte, la clarté de nos ana­ly­ses, la rec­ti­tude de notre com­por­te­ment et l’effi­ca­cité de notre posi­tion­ne­ment [2]. »

Conformément à cette poli­ti­que de recru­te­ment tous azi­muts, ce grou­pus­cule se pré­tend « ni de droite ni de gauche », la lutte contre l’Union euro­péenne (UE) étant selon lui la prio­rité abso­lue devant laquelle doi­vent s’effa­cer tous les cli­va­ges. Comme beau­coup de mou­ve­ments s’auto-pro­cla­mant « dis­si­dents » voire « résis­tants », l’UPR se réfère à la Résistance fran­çaise (avec un dis­cours très gaul­liste) pour jus­ti­fier la mise en silence du cli­vage gauche-droite le temps de vain­cre ce nouvel ennemi que serait l’UE, la Résistance ayant eu des com­po­san­tes droi­tiè­res tout autant que gau­chis­tes. l’UPR tient ainsi dans sa charte une rhé­to­ri­que très gaul­liste : « libé­ra­tion natio­nale », « redres­se­ment de la France ». Pourtant ce genre d’orien­ta­tion souf­fre d’un ana­chro­nisme patent, les deux pério­des n’étant pas vrai­ment com­pa­ra­bles et l’UE n’étant pas, quoiqu’on en dise, le 3e Reich. D’ailleurs, le cli­vage gauche-droite par­cou­rait l’ensem­ble de la Résistance fran­çaise, par­ti­cu­liè­re­ment dans le cadre de l’oppo­si­tion entre com­mu­nis­tes et gaul­lis­tes [3].

Une idéo­lo­gie réac­tion­naire

Cela n’empê­che pas Asselineau, qui est pour­tant assez peu com­pé­tent en la matière si on écoute un tant soit peu ce qu’il en dit, de donner des « cours d’his­toire » déve­lop­pent le mythe de la « France éternelle », vieille antienne de l’extrême droite, au cours des­quels il déve­loppe une his­to­rio­gra­phie pro­fon­dé­ment réac­tion­naire : mise en avant de « nos ancê­tres les Gaulois » comme des « pre­miers Français » et des pre­miers « résis­tants » à l’inva­sion étrangère (sui­vant une his­to­rio­gra­phie très « 3e République »), ou bien une his­toire des 19e et 20e siècle axée sur la valo­ri­sa­tion de la nation-fran­çaise-que-tous-les-peu­ples-du-monde-envient, dans laquelle n’appa­raît ni l’affaire Dreyfus, ni le Front Populaire, ni la guerre d’Algérie (au contraire, la colo­ni­sa­tion a bien entendu eu des "aspects posi­tifs) ni Mai-68. Des oublis idéo­lo­gi­que­ment signi­fi­ca­tifs, puisqu’ils ont tous trait à l’his­toire de la gauche et du mou­ve­ment ouvrier. Et quand il n’oublie pas d’en parler, Asselineau réé­crit cette his­toire : ainsi, il ne parle de la Commune de Paris quand tant que mou­ve­ment patriote de résis­tance à l’inva­sion étrangère. Tout ceci pour en arri­ver à la conclu­sion que le nouvel ennemi venu de l’étranger qu’il fau­drait abat­tre serait l’« empire » euro­péen.

Cette vision trans­pa­raît aussi à la lec­ture de la charte de l’UPR, qui pré­tend réta­blir la « sou­ve­rai­neté » natio­nale et « redon­ner à la France sa vraie per­son­na­lité », tout en ne disant rien sur le rôle fon­da­men­tal des Etats-nations dans la cons­truc­tion euro­péenne et la com­pli­cité de leur gou­ver­ne­ments dans la mise en place des poli­ti­ques ultra­li­bé­ra­les et des­truc­tri­ces de ser­vice publics certes déci­dées au niveau euro­péen, mais qui vont par­fai­te­ment dans le sens des poli­ti­ques vou­lues par les gou­ver­ne­ments de chaque état, et ce depuis de lon­gues années. D’ailleurs, l’UPR ne dit rien non plus sur le fait que rien de garan­tit a priori que même si l’UE n’était pas là, les mêmes poli­ti­ques n’auraient pas cours. Pourquoi ce silence ? Serait-ce parce qu’Asselineau a conseillé plu­sieurs gou­ver­ne­ments fran­çais au moment où ils détrui­saient les droits sociaux et les ser­vi­ces publics qu’il pré­tend aujourd’hui défen­dre ?

Des sym­pa­thies droi­tiè­res très mar­quées

Car si on revient sur le par­cours poli­ti­que d’Asselineau, il devient évident que cet homme est de droite, et même issu de la droite dure : sorti d’HEC et de l’ENA, il a occupé des postes de direc­teur de cabi­net auprès de minis­tres du gou­ver­ne­ment Juppé cas­seur de retrai­tes et de sécu de 1995-1996, avant de rejoin­dre en 1999 le RPF de Philippe de Villiers et Charles Pasqua. Entre 2000 et 2004, il occupe des postes impor­tants de conseillers aux côtés de Pasqua, alors pré­si­dent du Conseil géné­ral des Hauts-de-Seine. Toujours avec le même, alors allié à Jean Tibéri il se pré­sente (et est élu) sur une liste de droite dis­si­dente aux muni­ci­pa­les pari­sien­nes de 2001. C’est sans étonnement qu’on le voit nommé par Nicolas Sarkozy le 20 octo­bre 2004 à la tête de la direc­tion géné­rale à l’intel­li­gence économique à Bercy, et tra­vaille alors en étroite col­la­bo­ra­tion avec Jean-Pierre Raffarin, autre grand cas­seur de droits sociaux s’il en est. Il finit par être mis sur la touche par Sarkozy en raison de ses prises de posi­tion en faveur du pro­tec­tion­nisme, ce qui lui permet depuis de se pré­va­loir d’un brevet d’anti-sar­ko­zysme censé lui donner une res­pec­ta­bi­lité pro­gres­siste. Mais ne nous y trom­pons pas, et conti­nuons : fin 2004, il rejoint l’UMP. Mi-novem­bre 2008, il rejoint pour trois mois le comité direc­teur du RIF (Rassemblement pour l’indé­pen­dance de la France), un mou­ve­ment sou­ve­rai­niste situé à l’ultra-droite, puis fonde l’UPR en 2007 [4]. Lors des muni­ci­pa­les qui sui­vent, ils se pré­sente dans le 17e arron­dis­se­ment de Paris contre Françoise de Panafieu.

Les inter­ven­tions média­ti­ques d’Asselineau, ainsi que le choix de cer­tains lieux pour­tant répu­tés d’extrême droite pour donner des confé­ren­ces, achè­vent de le clas­ser dans le champ poli­ti­que : notre énarque a ainsi donné le 7 jan­vier 2010 une confé­rence chez les sora­liens mar­seillais de la Cobema [5] mais aussi chez Serge Ayoub (dit « Batskin », le leader des bone­heads pari­siens) le 8 avril sui­vant, soi-disant « à l’insu de son plein gré » (bien que la confé­rence ait duré quatre heures et ce soit dérou­lée dans une ambiance très cor­diale sinon sym­pa­thi­que, aux dires de plu­sieurs témoins). Il est aussi inter­venu sur la radio cons­pi­ra­tion­niste pari­sienne Ici et Maintenant à, l’invi­ta­tion de l’ani­ma­teur d’extrême droite Pierre Jovanovic, ou encore sur Radio Courtoisie et Radio Notre-Dame.

Asselineau dégage !

Quelques mots pour finir sur l’invi­ta­tion d’Asselineau à Radio Canut : ce n’est pas la pre­mière fois que notre homme tente de se faire invi­ter ou se fait invi­ter par des radios de gauche, sinon alter­na­ti­ves. Ce genre d’invi­ta­tions lui ser­vent de cau­tion contre les mau­vai­ses lan­gues qui auraient l’audace de le dénon­cer comme un per­son­nage d’extrême droite. Ainsi, alors que l’UPR a été mis en cause récem­ment sur le site d’infor­ma­tion libre HNS-Infos pour avoir tenté d’infil­trer le mou­ve­ment des « Indignés » pari­siens [6], François Asselineau a opposé sur Facebook l’invi­ta­tion à Radio Canut :

Quand un sou­ve­rai­niste ultra­na­tio­na­liste joue un média libre contre un autre média libre pour s’auto-décer­ner un brevet de « résis­tant », il y a un pro­blème. Nous ne pou­vons donc que nous féli­ci­ter de la déci­sion prise par Radio Canut d’annu­ler cette invi­ta­tion. Inutile d’aider Asselineau à chas­ser sur nos pla­te­ban­des, refu­sons toute com­plai­sance avec le per­son­nage, qui ne ferait qu’affai­blir le camp du combat anti­fas­ciste.

Des anti­fas­cis­tes lyon­nais et pari­siens

(avec la docu­men­ta­tion réunie par Marie-Anne Boutoleau, jour­na­liste indé­pen­dante)

Notes

[1] A lire ici : http://www.facebook.com/topic.php?u...

[2] E&R : Egalité et réconciliation, le mouvement d’Alain Soral ; S&P : Solidarité et progrès, le mouvement de Jacques Cheminade ; DLR : Debout la République, de Nicolas Dupont-Aignan ; MPF : Mouvement pour la France, de Philippe de Villiers ; MDC : Mouvement des Citoyens, actuel MRC, de Jean-Pierre Chevènement. Le M’Pep, le POI et le Comité Valmy sont des mouvements classés à gauche et à l’extrême gauche.

[3] Plus de détails ici : http://www.article11.info/spip/Le-G...

[4] A noter que parmi les fondateurs de ce parti, on comptait aussi Jean Robin, ex-soralien déçu qui a donné plusieurs conférences chez Serge Ayoub et dont le site « Enquête et débat » regorge de contenus plus que douteux, à l’image de ce « débat » Dieudonné/Christine Tasin (Riposte laïque) sur l’« islamisation » de la France. Ceci dit, Jean Robin et François Asselineau semblent fâchés à l’heure actuelle.

[5] Communauté arabo-berbère de Marseille, qui a déjà invité en conférence les négationnistes Israel Shamir et Maria Poumier, mais aussi tout récemment Alain Soral et son ami Le Libre Penseur, un conspirationniste qui cache mal son violent antisémitisme derrière un « antisionisme » de façade.

[6] A lire ici : http://www.hns-info.net/spip.php?ar...

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 14:02

Suite de l'arrestation et des perquisitions :

"L’opération et les perquisitions se sont déroulées à Cuneo, Turin et différents domiciles situés entre le Canavese et Astigiano. Les enquêtes concernent les affrontements survenus à Cuneo le 26 février dernier contre l’ouverture d’un local de Casapound."

Pour permettre de mieux comprendre de quoi il s'agit le casapound. Ci dessous interview d'un auteur en vente au casapound ( librairie fasciste avec un local militant  dans l'arrière salle. Comme l'écrit le journal invece( journal anarchiste)salue et met évidence l'attaque contre les casa pound comme contribution  téhorique importante  sur le phénomène casa pound

 

De la naissance de Casapound aux luttes de la Piazza Navona, un roman sur les fascistes du troisième millénaire et leur grande histoire d’amitié.  Flavio et Giorgio, 40 ans à eux deux, se rencontrent pour la première fois en dehors de l’école et deviennent amis au stade Olympique alors que Flavio essaie d’entrer sans billet. Ce sont des enfants de Rome mais de quartiers différents. Flavio est du nord de la ville, un bon quartier. Son avenir est tout tracé par ses parents, de bonnes études, un master aux États-Unis et certainement un jour, un bon poste dans l’entreprise familiale. Giorgio, lui, a grandi à la Garbatella, un quartier populaire, avant qu’il ne devienne à la mode et qu’il se fasse expulser avec sa famille. Avec sa mère et son frère, ils sont allés vivre à Casapound, le bâtiment qui est devenu le cœur «?noir?» de la capitale. Ce jour-là, pourtant, il n’y a plus de différence entre eux, ce sont des supporters en mission et c’est le début d’une amitié indestructible. Elle se cimentera au cours d’un concert de Zetazeroalfa. A Casapound, ils vivront au sein d’une communauté organique, gouvernée par des règles simples mais fermes (pas de drogue, pas d’arme, par de crime). Ils mèneront leurs batailles, politiques et de rue, côte à côte. Giorgio et Flavio deviendront les chefs charismatiques du Blocco Studentesco, l’organisation de jeunesse de Casapound dans les lycées et les universités.

Domenico Di Tullio est né à Rome en 1969. C’est l’avocat pénaliste qui défend Casapound. En 2006, il avait déjà publié le livre «?Centro sociali di destra. Occupazioni e culture non conformi?».

Domenico Di Tullio, Nessun dolore, Il romanzo di Casapound (Aucune douleur, le roman de Casapound), 238 pages, 16,50 euro.  (Chez Rizzoli, une des plus grosses maisons d’édition italienne…)

1- Alors Domenico, commençons par les banalités journalistiques?: quelle est ta part dans la voix du narrateur de «?Nessun dolore?»?

Disons que chaque roman est l’expression de la personnalité de celui qui l’écrit. Il y a certainement de moi dans les personnages du livre. C’est le cas pour un en particulier, il se rapproche de moi surtout vu son âge, sa profession et le quartier où il vit.

2- Un roman sur Casapound qui sort chez Rizzoli?: nous avons gagné la révolution et nous ne nous en sommes pas rendu compte ou alors nous sommes nous seulement fondu dans le paysage d’un système qui nous as déjà «?digéré?»?

Je ne sais pas si Casapound a gagné la révolution, c’est clair qu’il existe un intérêt très fort de la part de l’imaginaire qu’il exprime?: Casapound exerce une fascination instinctive qui dépasse les préjugés et génère de la curiosité. Ce qui attire c’est la façon de vivre, l’imagination et le style que l’on voit dans ses initiatives. Ce livre est certainement la preuve de cet intérêt, plus que le courage de l’éditeur que l’on doit tout de même saluer. Chaque jour, cet intérêt augmente vis-à-vis du monde les tortues, on réalise que sous une carapace aussi robuste et bizarre se cache une âme aussi légère et délicieuse.

3- Un des personnages du roman est un «?vieux?» militant qui a un rapport ambivalent avec la nouveauté politique constituée par les jeunes gens du Blocco studentesco. Sans vraiment raconter ton livre, peux-tu nous en dire un peu plus sur ce personnage?

J’ai voulu créer un personnage qui rassemblait en lui les contradictions de nombreux militants de la droite radicale avant Casapound. Un archétype de ceux qui étaient des activistes il y a 15 ans, un peu perdus de devoir dépasser les vieux schémas et l’hérédité idéologique, incapable de distinguer entre la forme et la substance, entre tradition et nostalgie, utilisés puis sacrifiés par ceux qui ont rapidement échangés le bomber pour un costume taillé sur mesure. De nombreux de ces «?vieux?» militants ont trouvé en CP une synthèse parfaite et rassurante, d’autres continuent à dire que dans leur temps c’était mieux, toujours rejetés, marginalisés mais au fond complètement inutiles.

4- Restons dans le thème vieille/nouvelle école?: ta connaissance du milieu politique de la droite radicale date des années 80, les changements ont été nombreux mais pour toi y a-t-il eut une mutation anthropologique?

Le changement anthropologique dans les dix dernières années me paraît évident. C’est dû en parti à un climat plus favorable et c’est le fruit d’une communication directe qui a fait grandir cette droite radicale. Il faut dire que dans cette mutation le fait d’avoir des lieux fixes, des occupations et autres espaces a une grande importance. Ils sont devenus de véritables laboratoires de culture et d’action et surtout, de métapolitique.

5- De temps en temps, dans «?Nessun dolore?», tu parles de la Beauté (Bellezza)?: dans les esprits et les corps, véritable état de grâce, qui tire les protagonistes de la banalité du monde des égaux. Celui qui connaît notre univers sait de quoi l’on parle. Pour les autres, qui ne s’y connaissent pas autant et qui liraient le roman, comment raconterais-tu l’essence de cette Beauté?

La beauté est l’électricité qui te fait avancer, un sur mille, uni avec un autre millier et en qui tu reconnais ton amour, ton essence, et ton destin. Cette beauté ne s’explique pas, je ne peux qu’essayer de la raconter mais je pense que nous avons tous la capacité de la reconnaître. Au quotidien à Casapound, on retrouve une attitude particulière qui est la recherche de cette beauté, qui devient un vrai moyen d’action?: elle pousse à l’initiative, favorise les rapports humains, guide les choix culturels. C’est un moteur constant, une motivation forte et inébranlable.

6- La description de ce «?corps-machine?» est très belle dans le roman, le fait que l’effort physique n’est plus du «?sport?» mais presque un «?rite?». Quelle est l’importance de cette «?corporéité?» dans la politique, est-ce typique de Casapound?

L’action de Casapound est toujours très physique, le corps a une grande importance pour tous ses militants et sympathisants?: les dizaines d’associations sportives qui sont nées sous l’égide de la tortue, les tatouages de symboles immédiatement reconnaissables, sont des manifestations naturelles de la conception traditionnelle qui veut voir coïncider le bien-être corporel à celui de l’esprit. Ce n’est pas par hasard que les sports de combat pratiqués par les militants de tous âges, qui apprennent la maîtrise de soi, la résistance à la douleur, le respect des règles et de l’adversaire, le courage, aient tant de succès. Cela devient une qualité spirituelle et métaphysique, un style de vie.

7- Casapound et le «?monde extérieur?»?: il semble émerger un nouveau rôle à ce groupe alors qu’avant l’exclusion avait un effet immobilisant… ton roman parle aussi de cela, non?

C’est clair que l’attention facilite la communication active! Casapound n’est pas un ghetto mais un avant-poste du monde, une position pour se maintenir toujours près à conquérir la nouveauté. Le jeune Blocco ne se limite pas à se tailler sa place au sein de la politique estudiantine, il veut reprendre le monde qui lui appartient de droit. Les militants et les sympathisants de CP vivent sereinement et sont déterminés pour une lutte quotidienne, pour reconquérir tous les domaines qui correspondent à leur vision de la vie. Nous ne sommes pas une réserve indienne ou un petit jardin dans un paradis fiscal.

8- Un autre élément semble avoir évolué, c’est la musique. Elle caractérise le début de Casapound. Ma conviction personnelle, c’est que c’est la vitrine et l’avant-garde de ce que CP fait le mieux?: la métapolitique et le combat culturel.

C’est une conviction que je partage?: le message de CP se diffuse à son meilleur au travers de la métapolitique. C’est une action fluide et libre, ouverte, riche en initiatives et en provocations intelligentes. La musique est à l’origine du groupe qui a fondé Casapound, c’est son expression universelle. Le premier manifeste de la Tortue fut certainement le CD de Zetazeroalfa. C’était le cas pour le premier et c’est toujours vrai pour le dernier.

9- Le monde digital est en train de créer une appartenance de plus en plus «?liquide?», évanescente… l’appartenance que tu soulignes dans ton roman paraît pourtant extrêmement concrète.

Le concept d’appartenance que je raconte coïncide exactement avec le militantisme?: aujourd’hui il est difficile de l’expliquer à qui n’a jamais connu l’expérience directe de l’unité, de la cohésion que vivent les membres de Casapound. Leurs actions sont placées sous le signe du sacrifice, ils sont dévoués. La communication digitale offre la possibilité d’être à mille endroits différents dans la même seconde, de toucher mille vies dans une journée, de participer à cent discussions en même temps sans être soi-même ou verser une goutte de sueur. Le militantisme des garçons de CP est un témoignage constant et véritable de leur essence, il convainc quiconque les voit  l’œuvre.

10- Nous avons commencé avec le classique «?qu’y a-t-il de toi dans le livre?», terminons avec un autre lieu commun?: quels sont tes prochains projets littéraires?

J’en ai deux ou trois sur lesquels je travaille dans mes temps libres vu que je ne suis pas écrivain professionnel. Cela me plairait beaucoup d’écrire un livre qui raconterait les expériences professionnelles et humaines que rencontre un avocat de la défense. On a souvent l’image de l’avocat qui s’en remet à la clémence de la cour, la réalité est bien différente car c’est grâce à l’abnégation de ces professionnels mal vus et souvent mal payés que la justice italienne ne s’effondre pas sur elle-même. En même temps, je collabore à un projet collectif journalistique qui s’appelle Rashomon comme le film de Kurosawa. Nous voulons raconter sous forme d’un blog, en prise directe, des conflits ethniques et politiques en recueillant des témoignages et en offrant des images sans filtre. En septembre nous sommes allés au Kosovo pour ce projet.?

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 10:39

Le toit et les murs du bâtiments du réacteur de Fukushima se sont effondrés après une explosion, selon la télévision NHK. Le toit et les murs du bâtiments du réacteur de Fukushima se sont effondrés après une explosion

 Volontairement le blog du Laboratoire refuse de publier les éléments  catastrophistes venus du Japon. pour nous malheureusement  le première catastrophe des nucléaristes. C'est Hiroshima et Nagasaki Des très beaux textes écrits par Günther Anderss sur ces volontés humaines de toute puissance d'amener le feu sur terre". La bombe atomique n’est ni une arme, ni même un instrument. Comme moyen, elle excède toute fin particulière vers l’absolu. De par les conséquences de la déflagration nucléaire, la bombe constitue un objet particulier, unique en son genre : une machine de la toute-puissance. La bombe nucléaire rend aussi bien obsolète la notion de frontière que celle du test en laboratoire. Chaque explosion, que ce soit à l'occasion d'une guerre ou lors d’un essai scientifique, a des conséquences à échelle planétaire. C’est la raison pour laquelle, il n’y a pas non plus de « bonnes mains » entre lesquelles la bombe et donc notre destin seraient saufs.
Dans une dernière partie, Anders explicite sa méthode particulière comme un défi à la philosophie universitaire. La bombe n’est pas seulement suspendue par-dessus les toits de l’Université, elle nous concerne tous. Dans cette situation, le philosophe professionnel qui n’écrit que pour ses collègues paraît d'abord aussi ridicule que le boulanger qui ne préparerait ses pains que pour d'autres boulangers. Ensuite, bien pire, le philosophe qui ignore la menace absolue de la bombe, vaquant à son activité de lecture et de critique des collègues, se rend coupable d’une cécité morale peu compatible avec la tâche qui est la sienne. À ce propos, Anders aimait répéter dans ses entretiens que les philosophes devraient faire de même que les astronomes, qui s'intéressent d'abord aux étoiles avant de s'intéresser à l'astronomie."

Si vous surfez sur Internet et ses « réseaux sociaux », vous avez certainement déjà reçu de la part de vos amis des liens pointant vers des sites comme Mecanopolis, Alterinfos ou Mondialisation.ca et dénonçant le « Nouvel ordre mondial », à base de complot des « sionistes », des « francs-maçons » ou des « illuminati ».

En y regardant de plus près, vous constaterez que derrière les respectables références à des critiques du capitalisme tels que Noam Chomsky ou Jean Bricmont, ces groupes s’appuient sur les « analyses » de personnages peu ragoûtants : Pierre Hillard, intervenant régulier sur la très maurassienne Radio Courtoisie, Alain Soral, bobo-patriote et Conducateur pour nervis rasés, Dieudonné, prêt à tout pour vendre son ego, Thierry Meyssan, le complotiste grand ami des deux précédents, etc.

Car expliquer l’état du monde par le complot des élites juives et franc-maçonnes est la vieille recette à peine réactualisée des fanatiques de l’autorité et du darwinisme social, ne se proclamant « anticapitalistes » que pour mieux concurrencer leurs adversaires sur leurs propres terres. Sous leurs plumes, le « mondialisme » doit être combattu – tout comme son « complice » l’internationalisme – en ce qu’il mettrait en danger, au choix, nos identités nationales, régionales, raciales.

Récemment, certains partisans de ces théories ont été aperçus lors des manifs devant le dîner du Siècle, vouant aux gémonies le groupe Bilderberg – un club de rencontres entre élites internationales fondé en 1952 – et ces « enculés » de francs-maçons qui « mangent les petits bébés ». Il s’agissait de partisans d’Alain Soral, de membres de We Are Change (un réseau international qui sous couvert de ne pas faire de politique aime beaucoup les sus-cités) mais aussi de nostalgiques de la France éternelle comme le Mouvement d’action sociale (Mas) dont le projet politique conjugue sans vergogne les mots « patrie » et « justice sociale », ou les royalistes du Renouveau français.

Dans le même esprit, Géraldine Feuillien, initiatrice de l’appel à un bankrun, se révèle être une partisane de la peine de mort pour les « petits traffiquants » (sic). Admiratrice de Marine Le Pen, et proche du groupuscule Zeitgeist diffusant un gloubi-boulga conspirationniste et technoscientiste, elle annonce la couleur : « Nous ne sommes pas des anticapitalistes et nous savons bien que le capitalisme a fait des choses formidables à travers le monde notamment en matière de santé. » [1]

Les théories du complot peuvent avoir un effet hypnotique en ce qu’elles semblent expliquer aisément l’état du monde. Mais sous leur apparence logique voire complexe, elles sont en réalité fort sommaires : avec elles, volatilisés les exploiteurs qui « sont en train de remporter la lutte des classes » – pour paraphraser Warren Buffett, magnat de la finance. Elles contribuent à entretenir un confusionnisme politique qui ne profite in fine qu’aux forces les plus réactionnaires. Le révolutionnaire allemand August Bebel expliquait au XIXe siècle que « l’antisémitisme est le socialisme des imbéciles ». Nous ajouterons : le conspirationnisme est l’anticapitalisme des imbéciles.

[1] Tous les détails et sources dans deux articles d’Indymedia Paris et leurs commentaires.

http://www.cqfd-journal.org/Les-infiltres

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 17:45

Annie Lacroix-Riz est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot.

Source :  Front Syndical de Classe

Rétablir la vérité historique, un devoir de mémoire pour l’'honneur de toutes les victimes de la barbarie nazie

Face à une nouvelle entreprise négationniste de réhabilitation de Louis Renault

Aimé Halbeher - Roger Silvain - Michel Certano

militants syndicaux et politiques des usines Renault réclament le droit de réponse

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Rétablir la vérité historique, un devoir de mémoire pour l'honneur de toutes les victimes de la barbarie nazie.

Depuis ces dernières années, une entreprise de réhabilitation des dirigeants du haut patronat français sous l'Occupation est organisée sans la moindre source d’'archives et faits vérifiables.

Se servant d'un jugement de la cour d'appel de Limoges où les petits enfants de Louis Renault ont obtenu une condamnation intolérable contre le Centre de la mémoire d'Oradour-sur-Glane (pour motif d'’utilisation d'une photo de louis Renault serrant la main à Hitler à Berlin en 1939), une nouvelle campagne est lancée au travers du « Monde magazine » du 8 janvier 2011.

Cette nouvelle entreprise négationniste, relayée par d'autres médias, vise à présenter Louis Renault en victime osant affirmer qu’'il n'aurait pas collaboré avec l'ennemi !

C’'est une insulte intolérable envers la mémoire de toutes les victimes de la barbarie nazie et en particulier envers les résistants de l'’entreprise morts sous les balles nazies ou dans les camps de déportation. Tous ces crimes n’'ont été possibles que grâce à la participation active de leurs complices au gouvernement de Vichy ainsi que dans la période dite « de la drôle de guerre » où débuta une répression féroce envers les militants.

Malgré la répression interne du « saigneur de Billancourt », la résistance intérieure, par ses actes de sabotage, a freiné dès les premiers jours de l'’occupation la machine de guerre au service de l'’occupant nazi.

Comme le signale Arsène Tchakarian dans son livre « Les fusillés du Mont Valérien », les premiers à être fusillés au Mont Valérien sont les dix-huit ouvriers syndicalistes C.G.T. des usines Renault de Boulogne-Billancourt, accusés d'avoir fomenté dans l'usine le refus de travailler pour l'occupant.

Durant toute l’'occupation, la liste des martyrs de notre usine s’'est allongée.


Le temps qui passe n’'autorise ni l’'oubli, ni l’'affront


Cette opération de réhabilitation de Louis Renault est également un affront aux élus du peuple qui ont clairement condamné les responsabilités de Louis Renault au travers du texte qui argumente l’'exposé des motifs de l’'ordonnance de nationalisation des usines Renault du 16 janvier 1945.

Grâce en particulier au niveau des luttes sociales, chacun s'’accorde à reconnaître que toute la période de nationalisation de l’'entreprise a permis un progrès social bénéfique à l’ensemble du monde du travail conjointement au progrès économique pour notre pays.

Trois militants syndicaux et politiques : - Aimé Halbeher - Roger Silvain - Michel Certano, figures historiques de la période de la nationalisation des usines Renault, ont eu dans le passé à combattre plusieurs tentatives de réhabilitation de Louis Renault dont celle de 1994 visant à justifier la dénationalisation de la R.N.U.R.

 

Aujourd'’hui, ils s'insurgent contre cette nouvelle tentative de réhabilitation.

Ils s’appuient et font leur le document ci-joint d’Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université Paris VII-Denis Diderot qui d'une manière irréfutable valide la décision prise en 1944 de nationaliser l'entreprise pour collaboration avec l'ennemi.

Ces trois militants demandent au Monde de publier ce communiqué et le texte d’'Annie Lacroix-Riz au nom du droit de réponse.

Ce texte est adressé aux journaux, radios et télés qui ont repris et commenté l'’article du Monde Magazine du 8 janvier 2011 et au Centre de la mémoire d'Oradour-sur-Glane.

Ils appellent les organisations démocratiques à populariser et soutenir ce devoir de mémoire pour rétablir la vérité historique et combattre les nouveaux négationnistes.

 

 

 Les documents à télécharger :

- Le Monde magazine 8 janvier 2011

 

 

- Louis Renault et « la fabrication de chars pour la Wehrmacht »


 

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