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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 07:44

 

Ce mercredi 6 avril, le collectif de parents et enseignants en colère contre les fermetures de classe et suppression de postes dans les écoles du Doubs organisait un parcours « manifestatoire » festif et bruyant. Ils l’ont nommé « Boucan d’enfer » et le nom est bien choisi. Concert de casseroles, sifflets et autres percussions plus ou moins académiques [...]

Ce mercredi 6 avril, le collectif de parents et enseignants en colère contre les fermetures de classe et suppression de postes dans les écoles du Doubs organisait un parcours « manifestatoire » festif et bruyant. Ils l’ont nommé « Boucan d’enfer » et le nom est bien choisi. Concert de casseroles, sifflets et autres percussions plus ou moins académiques au départ de la place de la Révolution et tout au long de la Grande rue, direction : le Rectorat. On annonce environ 500 participants.

Une fois sur place, vers 11 heures, ce petit monde poursuit son tintamarre en chantant « on lâche rien ! »… Un cordon de policiers défend l’accès au Rectorat.Aux alentours de 11h30, certains tentent de s’approcher des portes du bâtiment et les policiers s’équipent de boucliers en plexiglas. Les familles avec enfants sont quelques mètres en arrière.
Quelques manifestants sont repoussés assez fermement par les policiers qui font usage de leurs matraques. L’un d’entre eux sort alors un pulvérisateur de gaz lacrymogène et arrose en direction des manifestants. Le jet touche directement les plus actifs qui se trouvent devant mais se répand également en direction des familles et des enfants qui se trouvent juste en arrière.

Les témoins présents sont alors tous choqués par cette réaction démesurée…
Certains parents en colère viennent littéralement engueuler les policiers qui restent de marbre.

Boucan d'enfer

Certains parents en colère viennent littéralement engueuler les policiers qui restent de marbre.

 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 21:21
la CGT a décidé de signer le protocole 
d'accord sur les précaires de la Fonction Publique !
Ils se retrouvent donc aux côtés de la CFDT, UNSA , FO autres jaunes.
Très fort !

NON TITULAIRES DE LA FONCTION PUBLIQUE :
UNE SIGNATURE RESPONSABLE ET VIGILANTE
Après quinze jours de consultation, la CGT Fonction publique a décidé de
signer le protocole d’accord sur les non titulaires qui, rappelons-le,
concerne environ 900 000 agents.
Elle le fait de manière lucide et déterminée.
La négociation qui s’est déroulée pendant deux mois a permis que le texte
connaisse de profondes et positives évolutions.
Avec les personnels, portée par la dynamique de tous les combats menés
depuis des années, la CGT a pesé de manière déterminante pour
l’obtention de ces avancées dans le protocole. L’emploi public et les
garanties statutaires resteront à l’ordre du jour des mobilisations à venir,
avec notamment les journées d’action du 9 avril à l’appel de la
Confédération Européenne des Syndicats et du 28 avril pour la pleine
reconnaissance de la pénibilité et l’amélioration des conditions de travail.
Un véritable dispositif de titularisation ouvert sur quatre ans, des mesures
fortes d’encadrement du recours au non-titulariat et davantage de droits
sociaux pour les agents concernés sont notamment à ranger au compte
des acquis. Le fait que l’emploi statutaire soit clairement réaffirmé comme
étant la norme de l’emploi permanent est, en particulier dans la période
actuelle, un autre élément positif très significatif.
Cependant, des insuffisances et des incertitudes demeurent. Ainsi, durant
la négociation, la CGT a continué de s’opposer à ce que le Contrat à durée
indéterminée, serait-ce de manière transitoire, constitue un sas vers la
titularisation. Elle sera particulièrement vigilante pour faire en sorte que
les agents placés en CDI accèdent dans les meilleurs délais et conditions à
la titularisation. L’Etat a dans ce cadre l’obligation de veiller à ce que les
employeurs publics oeuvrent dans leur ensemble à la titularisation des
agents.
Au-delà, toutes les revendications de la CGT n’ont pas été satisfaites, loin
s’en faut.

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 10:56

A nos amis qui sont venus en france pour être exploités dans la pire période de la dictature de Salazar. Ceux qu'on a rencontré dans les usines et les chantiers du batiment. Après la "révolution des oeillets"leurs enfants sont reparti parfois  au Portugal.

Pour Diogo, Antoine, José et Pierre, la « génération 500 euros » doit se battre, « entre nostalgie et défiance ».
Le Portugal connaît la pire crise de son Histoire depuis trente ans. Suite au rejet par le Parlement d’un nouveau plan d’austérité, prévu pour « garantir » la réduction des déficits publics et éviter un recours à l’aide extérieure, le Premier ministre, José Socrates, a démissionné.
Nous avons demandé à nos riverains du Portugal de nous raconter cette crise politique. Voici leurs témoignages.
Diogo : « Nous sommes la génération 500 euros »

« Je parle en tant que “jeune” de 30 ans. Je suis doctorant en sciences sociales.

Nous, les jeunes, avons le sentiment que depuis plus de trente ans, la classe politique ne représente plus la population et ses préoccupations.

Notre génération qu’on appelle “génération 500 euros” est en train de payer des retraites pour milliardaires, ceux qui sont passés par l’administration à la grande époque “vache à lait” : depuis les années 90, le pays a vécu au-dessus de ses moyens avec les subventions européennes et la création qui s’en est suivie d’institutions fantômes. Ces jeunes réclament le changement.

A Lisbonne plus de 200 000 personnes sont descendues au centre-ville pour exprimer leur mécontentement. Le Portugal perd sa souveraineté et la classe politique ne fait que nous dire que c’est la faute à la crise économique.
Le système repose sur la hiérarchie, le clientélisme et le piston

L’argent venu de l’Union européenne est mal utilisé depuis longtemps par une fonction publique extrêmement bureaucratique. L’argent perdu pour les autoroutes, barrages et autres gros projets contraste avec les difficultés que les jeunes rencontrent pour recevoir le moindre soutien de l’Etat.

Le système repose sur la hiérarchie, le clientélisme et le piston. Les relations incestueuses entre la classe politique et la classe financière sont de plus en plus évidentes depuis la “crise mondiale” de 2008. Il devenait de toute façon impossible de les cacher.

D’un coté, il y a cette classe politique sans autre projet social que la séduction de ses partenaires européens et de l’autre, on assiste à une grave dépolitisation des moins de 40 ans.

Cette génération post-25-Avril de la Révolution des œillets est aveugle et oublieuse de l’Histoire.

On est loin des projets sociaux et on se débat pour maintenir le statu quo. Le Parti socialiste au pouvoir, comme le Parti social-démocrate [PSD] – le seul, selon les gens, qui peut constituer un gouvernement –, représentent les mêmes intérêts, la même façon de faire. »

Diogo a souhaité témoigner sous pseudo.
Antoine : « Une plus grande fracture sociale »

« Mes collègues portugais sont très inquiets ; avoir à gérer et vivre avec une crise économique majeure est déjà difficile, devoir faire face en même temps à une crise politique est une catastrophe pour eux !

Les Portugais ne sont pas ravis des mesures drastiques d’économie, bien sûr, mais ils sont bien conscients que leur avenir est en jeu, même si les syndicats, jouant leur rôle, essayent d’atténuer les propositions politiques pour conserver le pouvoir d’achat de la population.
Des sacrifices difficilement acceptés

La situation économique est compliquée, la fracture sociale étant bien plus grande qu’en France : les salaires vont de 500 à plusieurs milliers [d'euros]. Un fossé.

Les fonctionnaires sont une classe moyenne, avec des salaires “corrects”. Un policier en début de carrière gagne dans les 1 100 euros mensuels ce qui, comparé à un smic inférieur à 500 euros et un salaire moyen de 750 euros pour le pays, n’est pas si mal. Mais ils acceptent difficilement les sacrifices qui leur sont imposés. »
José : « La dernière année a été un cauchemar »

« Aujourd’hui, le Portugal vit un mélange de soulagement et de crainte.

Soulagement parce que la dernière année et demie a été un cauchemar. Le peuple a le sentiment que le gouvernement n’a fait que mentir dès le début, surtout en ce qui concerne la situation économique et financière du pays.

Nous avons aussi le sentiment que l’obstination du Premier ministre sortant, M. Socrates, a contribué à l’état actuel du pays ; [notamment] son insistance pour des travaux pharaoniques tels que la construction de lignes de TGV et d’un nouvel aéroport à Lisbonne [alors que] la plupart des spécialistes disaient que ce n’était pas le moment de lancer ces travaux de luxe.
Le Premier ministre a menti sur la situation économique du pays

Pendant la campagne électorale de 2009, le Premier ministre a menti sur la situation économique du pays, notamment sur le déficit budgétaire. Il a dit à maintes reprises qu’il était de 5,9% et a dû reconnaître deux mois plus tard qu’il était en réalité d’environ 9% du PIB.

Qu’on appelle cela mensonge délibéré ou de l’optimisme irresponsable, le fait est que le Premier ministre sortant ne donnait plus la garantie d’être capable de résoudre le problème portugais dont ses deux gouvernements (six ans en tout) sont responsables.

Le Portugal vit aussi dans la crainte. Crainte parce que nous ne voyons pas très clairement l’issue de la crise : le plus grand parti d’opposition a un leader sans aucune expérience de gouvernement, et ses idées pour résoudre la situation du pays ne sont pas connues. »
Pierre : « Je suis rentré en France »

« Plus qu’une crise politique, il me semble que les Portugais vivent surtout une crise économique récurrente depuis plusieurs années. Ça m’a conduit il y a un an et demi, après trois années passées à Lisbonne pour mes études, à rentrer en France pour y trouver du travail dans des conditions (un peu) moins précaires.

La jeunesse portugaise traverse une période de grand désarroi, entre nostalgie (au Portugal, on dit plus volontiers “saudade”) d’un temps pas si éloigné où le pays sortait du salazarisme [de Salazar, ndlr], entrait dans l’Union européenne ; et défiance, voire incompréhension et fatalisme, face à la classe politique et à son incapacité à gérer les problèmes qui se posent aujourd’hui dans le pays :

* corruption des élites ;
* incompétence et lourdeur de la bureaucratie ;
* inégalités sociales ;
* désengagement de l’Etat dans les domaines de l’éducation ou encore de la santé, etc.

Toutefois, j’ai l’impression que les choses bougent un peu. Il suffit de voir les manifestations qui ont eu lieu ces derniers mois. Une manifestation au Portugal est en soi un signe très fort envoyé au gouvernement. »

rue89

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 07:49

 

Protocole gouvernemental sur la précarité : la FSU ne signe pas…

la lutte du mouvement syndical contre la précarité confortée !

 

Ce lundi 28 mars, le Bureau National de la FSU s’est réuni pour débattre entre autres du « protocole d’accord » gouvernemental sur la précarité. La FSU avait décidé de se donner le temps de débattre pour décider si elle signait ou pas l’accord. Ses différentes composantes (syndicats nationaux, tendances, sections départementales) ont réuni leurs instances pour se mandater. Un débat animé et solennel a eu lieu, Emancipation avec d’autres a défendu la position hostile au protocole gouvernemental. Et il n’y a pas eu la majorité qualifiée nécessaire (70%) pour approuver la signature. La FSU ne signera donc pas cet accord.

 

Les propositions de Sarkozy et de son gouvernement n’ont donc pas convaincu. Il voulait utiliser une fois de plus sa stratégie de « dialogue social » en imposant aux syndicats de négocier à la marge les projets gouvernementaux au lieu développer une stratégie offensive sur leurs revendications propres. La manœuvre était grosse : chercher à instrumentaliser les organisations syndicales par un accord peu avant les élections, tout en ne donnant aucune garantie à l’immense majorité des personnels précaires et en mettant en place une attaque contre les statuts des personnels de la Fonction publique. Le gouvernement entendait faire avaliser aux organisations syndicales la poursuite du recours à la précarité et du traitement indécent des personnels précaires (en n’offrant une titularisation qu’à moins de 1O% d’entre eux)… en même temps que le développement du CDI dans la Fonction publique comme levier contre le statut. Il en a été pour ses frais aujourd’hui en ce qui concerne la FSU, mais aussi Solidaires. En cohérence avec les fondements de la fédération (défense du statut et revendication de la titularisation de tous les précaires), le Bureau National de la FSU n’a pas décidé de se prêter à ce jeu de dupes.

Emancipation constate que ce choix représente une bonne nouvelle pour le syndicalisme de lutte. Il appartient à toutes les fédérations de prendre une position semblable, pour mettre à mal dans l’unité cet accord dangereux et obtenir le retrait de la loi qui en sera issue.

 

La situation créée par cette décision impose maintenant au mouvement syndical d’expliquer aux personnels le piège que constituait ce protocole… et surtout d’amplifier l’action contre la précarité. En défendant au quotidien les personnels précaires, et en impulsant des initiatives pour la titularisation de tous et pour la défense des statuts des personnels. De ce point de vue la situation créée par la décision de la FSU constitue un point d’appui en ce sens.

 

Contact presse : Olivier Vinay (06 20 55 57 61)

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 08:50

lu sur le blog des nouvelles du front

Le Caire, 25 mars 2011. Le jour se lève sur un jour anniversaire. Nous fêtons aujourd’hui le deuxième mois de la révolution. En réalité on ne fête rien du tout, du moins pas ceux qui entendent, pour ce qu’il est, le mot démocratie. Les déçus cachent leur amertume et leur inquiétude et redoublent d’efforts et de réunions pour résister au rouleau compresseur de l’armée.
Le gouvernement de transition n’y va pas de main morte pour conduire le pays vers ce qu’il appelle la stabilité. Et qu’on se le dise: les ennemis de la stabilité sont des fauteurs de trouble! des ennemis de la patrie! You’re either with us or against us, aurait dit George W. Bush.

Les manifestants célébrés il y a quelques semaines sont en passe d’être criminalisés. L’armée a annoncé une loi criminalisant les manifestations et les grèves. Celle-ci sera sans doute passée dans les jours à venir à moins que… à moins qu’il se passe quelque chose tout à l’heure, et ce n’est pas impossible.

Depuis l’euphorie (injustifiée) du référendum du 19 mars, certains commencent à regarder la réalité telle qu’elle est et non telle qu’ils la rêvent. On ne connaît pas leur nombre car depuis que l’armée casse les manifestations en torturant ceux qu’elle arrête, mes concitoyens ont tendance à préférer le salon, surtout les femmes qui, si elles se font arrêter par l’armée, risquent de subir mille humiliation dont des “tests de virginité” effectué par des hommes. Nausée.

Pourquoi euphorie injustifiée. Parce qu’on a pris “une-élection-avec-un-taux-de-participation-record” pour le signe ultime d’une démocratie enfin trouvée. Pour qu’une élection soit démocratique, ne doit-elle pas, d’abord, être juste? Et à quoi reconnaît-on une élection juste si ce n’est par l’application d’au moins quelques principes universels tels que: le secret du vote, la validité des bulletins de vote, les mesures contre la fraude, contre le double ou le triple vote, un temps de parole égal pour chaque camp sur les chaînes de télévision et les radios nationales, la surveillance du vote et des bulletins par une autorité judiciaire, l’accès — à tous — à un bureau de vote ouvert, l’empêchement de toute tentative de “harcèlement politique” ou religieux par des bandes organisées à l’intérieur des bureaux de vote…

Chacun de ces points à été violés dans ses grandes largeurs et spécialement dans les villes et les villages de province. Commençons par le plus comique. Pour éviter qu’ils votent plusieurs fois, les électeurs trempaient un doigt dans de l’encre rose lavable à l’eau et au savon. Les bureaux de vote sans isoloir se comptaient par centaines. Les zones à forte communautés coptes ont vu leur bureaux fermés, ouverts, fermés — notamment les bureaux de la ville de Naga Hammadi. La télévision nationale diffusait… non elle martelait que le devoir patriotique de chacun était de voter “oui” à la stabilité. La première page du premier quotidien national, Al Ahram, a publié un encadré expliquant que voter “oui” était un devoir qui incombait à tout citoyen. Des Frères Musulmans et des salafistes en bandes, que nulle autorité n’empêchaient, accaparaient les bureaux de votes et vociféraient qu’en votant “oui” on irait au paradis et qu’en votant non… Pour comprendre l’ampleur des dégâts, il faut imaginer des villages ou le taux d’analphabétisation atteint parfois 70 ou 80%.

Les Frères Musulmans. Encore. Souvenez-vous quand nous disions que, trente années durant, le régime Mubarak avait agité le spectre de l’islamisme pour asseoir son pouvoir et légitimer sa dictature. L’armée, peu imaginative sans doute, se sert des mêmes ruses en ouvrant aux islamistes une voie royale telle qu’il n’aurait jamais pu la rêver.

L’accélération du processus électoral voulu par l’armée — allant contre toutes les demandes et mises en garde du camp pro-démocrate — donne bien sûr l’avantage aux partis et aux mouvements déjà constitués : le Parti National Démocratique et, donc,  les Frères Musulmans avec lesquels il semble clair que l’armée ait passé un accord. S’il l’on ignore les termes de l’accord, on semble déjà en connaître les conséquences: 30% des sièges au prochain parlement dit, à qui veut l’entendre, Essam El Erian, porte-parole de la confrérie.

Ne devrait-on s’étonner  d’ailleurs que le nom du Parti National Démocratique de Moubarak soit encore prononcé? Oui bien sûr, il faudrait s’en étonner, tout comme il faudrait s’étonner qu’Hosni Mubarak lui-même arpente les plages de Sharm el Sheikh, que Safwat el Sherif, tortionnaire corrompu et ex-président du Conseil d’Etat ne soit sous le coup d’aucune poursuite judiciaire, pas plus que Fathi Sorour, ex-Président de l’Assemblée du Peuple, maître en corruption lui aussi.

Assez.

Bonne nouvelle. Des centaines de fonctionnaires de la radio et de la télévision se sont mis en grève et constestent leurs conditions de travail. C’est pour eux une façon polie de tourner les choses. Ce qu’ils contestent c’est qu’on les oblige — et depuis toujours — à se rendre complices de toutes les campagnes de désinformation et de manipulation populaire, notamment la campagne féroce qui aura largement contribué à la victoire du camp du “oui” à une constitution qui menace, en profondeur, l’avenir démocratique de l’Egypte.

“Libérer l’information” est le nouveau combat de ceux qui ont compris — avec raison — que la Radio-Télévision d’état était l’arme fatale de ce qu’il est convenu d’appeler… la contre-révolution.

cris d’Egypte

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 08:54

Les 286 travailleurs sans-papiers, en grève de la faim depuis 44 jours à Athènes et Salonique, ont mis fin à leur mouvement mercredi soir, après avoir reçu la satisfaction d’une partie de leurs revendications de la part du ministre de l’Intérieur.

Le gouvernement s’est engagé à publier un décret présidentiel visant à réduire le nombre d’années requis pour obtenir la carte de séjour, de 12 ans actuellement à huit ans. Ce décret doit aussi réduire le montant des cotisations sociales demandé pour l’obtention de la carte de séjour et permettra aux immigrés de rentrer chez eux en cas de besoin. Le gouvernement grec s’est également engagé à faire pression sur les autres états membres de l’UE lors de la renégociation de Dublin II( décret réglementant le droit d’asile dans les pays de l’UE).

Seule la lutte paie ! solidarité internationale !

Rappel des faits :

Les 300 travailleurs sans papiers en gréve de la faim à Athènes et à Thessalonique on décidé lundi de cesser de prendre du sel et du sucre avec l’eau qu’ils boivent. Ce pas en avant dans le désespoir est le résultat du refus obsessionnel du gouvernement grec de prendre en compte leurs revendications. Après les avoir insultés, chassés de l’université de droit et dénigré leur combat, après avoir criminalisé 8 soutiens en les renvoyant devant la justice, le gouvernement s’apprête à les laisser mourir. Aujourd’hui plus de 66 grévistes ont déjà été hospitalisés, tant à Athènes qu’à Thessalonique. Rappelons que l’obtention de papiers en Grèce était auparavant soumise à la condition de travail. Que le refus du patronat Grec de délivrer des contrats en bonne et due forme à eu pour effet le non renouvellement de leurs papiers pour 150 000 travailleurs. Dans un contexte de répression européenne accentué à l’encontre de tous les migrants, la solidarité internationale est une nécessité

nous ( comité de   soutien des sans papier 26-07)apportons notre solidarité dans la à leurs revendications de régularisation, d’égalité des droits, et de dignité pour :

- Que les permis de séjour ne soient plus dépendants du fait d’avoir un emploi.

- Que tous ceux qui ont perdu leur permis pour la raison ci-dessus soient régularisés à nouveau.

- La défense de tous ceux dont la demande a été rejetée en 2005, après que le dépôt de leur demande ait été accepté et après avoir été forcés de payer des milliers d’euros chacun.

- La mise en place d’une procédure permanente et ouverte à la régularisation complète, qui traitera les demandes.

- L’abandon de toute poursuite à l’encontre des camarades qui ont agit en solidarité avec les grévistes.

La collectif libertaire du laboratoire n’oublie pas également les incarcérés  (  actuellement au Centre de détention  des Beaumettes appel à la mobilisation contre la répression policière et étatique à l’encontre des migrants. Liberté de circulation et liberté d’installation !

LES TRAVAILLEURS N’ONT PAS DE PAYS, LES TRAVAILLEURS N’ONT PAS DE PATRIE ! SOLIDARITÉ INTERNATIONALE !

CNT


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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 10:00

Alors que des changements politiques majeurs, annonçant la fin de régimes autoritaires, sont amorcés au sud de la Méditerranée, les gouvernements et les instances de l’Union européenne se montrent avant tout préoccupés de se protéger contre « les flux migratoires incontrôlables » que pourraient entraîner ces bouleversements. Les experts et les services diplomatiques, qui n’ont rien vu venir des mouvements politiques en cours, ne craignent pas aujourd’hui d’affirmer que des milliers de migrants risquent de déferler sur les territoires européens.

L’UE a adopté en 2001 un dispositif dit de « protection temporaire » pour les ressortissants d’Etats qui, victimes d’une catastrophe naturelle, de troubles politiques dans leur pays ou de conflits armés, auraient besoin en urgence de trouver un abri en Europe. Mais « à l’heure actuelle, il n’y a pas de flux de réfugiés en provenance de Libye », s’est empressée d’indiquer la Commission européenne. Dans le même temps elle envoie des patrouilles sur ses frontières maritimes, via Frontex, pour empêcher les réfugiés potentiels, assimilés à des migrants clandestins, de traverser la Méditerranée !

Pendant ce temps, la situation s’aggrave de jour en jour en Libye et à ses frontières. En Tunisie, où affluent des dizaines de milliers de réfugiés, le dispositif est saturé, malgré les efforts déployés par les autorités locales. L’Europe ne peut pas continuer à faire comme si elle n’était pas concernée par le sort des dizaines ou centaines de milliers de personnes qui ont besoin de protection dans les pays actuellement troublés, ni par celui des migrant.es, originaires de divers autres pays arabes, africains, asiatiques, qui y résident.

Il n’y a pas si longtemps, l’Europe se targuait de déployer « une politique euro-méditerranéenne ». Cette ambition aurait-elle volé en éclat, au moment même où plusieurs des nations potentiellement partenaires de cette « Euro-Méditerranée » sont en voie de devenir des démocraties ?

Nous en appelons solennellement à tous les gouvernements européens, aux instances de l’UE, à tous les partis politiques pour que soient prises, en concertation avec les partenaires du pourtour méditerranéen, les mesures qui s’imposent d’urgence :

  • mettre à disposition des avions pour permettre le rapatriement non seulement des nationaux des pays européens mais de tous ceux qui peuvent et veulent rentrer dans leur pays, tels les Égyptiens qui sont actuellement en Tunisie ;
  • permettre l’évacuation par air ou par mer, à partir des portions de territoire libyen qui ne sont plus aux mains de Kadhafi, des étrangers bloqués en Libye et dont leurs gouvernements sont dans l’incapacité de les évacuer ;
  • prévoir l’accueil, sur le territoire européen, des réfugiés qui ne peuvent rentrer dans leurs pays ;
  • mettre en œuvre sans plus attendre le dispositif permettant d’accorder la protection temporaire à tous ceux qui, dans la situation d’urgence où nous sommes, peuvent légitimement s’en prévaloir ;
  • mettre un terme aux patrouilles de Frontex qui empêchent l’arrivée des réfugiés par mer.

Il faut cesser de nourrir la peur des populations européennes en brandissant systématiquement le spectre de l’ « invasion ». Il faut cesser de considérer comme une priorité d’empêcher l’émigration en provenance de territoires troublés.

Nous refusons cet égoïsme criminel. Nous voulons une Europe de la solidarité et de l’accueil.

Le 3 mars 2011

Organisations signataires :

  • ABCDS (Association Beni Znassen pour la Culture, le Développement et la Solidarité), MA
  • ACORT (Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie), FR
  • ACTIT (Association culturelle des travailleurs immigrés turcs), FR
  • AEDH (Association européenne pour la défense des droits de l’Homme)
  • Les Alternatifs, FR
  • Alternative libertaire, FR
  • AMDH (Association Marocaine des Droits Humains), MA
  • AME (Association des Maliens expulsés), ML
  • Anafé (Association nationale pour l’assistance aux frontières des étrangers), FR
  • ARACEM (Association des Refoulés d’Afrique Centrale), ML
  • ARCI (Associazione Ricreativa e Culturale Italiana), IT
  • ASDHOM (Association de défense des droits de l’homme au Maroc), MA
  • ATF-Paris (Association des Tunisiens en France), FR
  • ATMF (Association des travailleurs maghrébins en France), FR
  • ATTAC, FR
  • CAAR (Comité d’aide aux réfugiés), FR
  • CCFD-Terre solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement), FR
  • Cedetim (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale), FR
  • CETRI (Centre tricontinental), BE
  • C.I.C.S.TE Arcure Art. 17, FR
  • La Cimade, FR
  • CIRÉ (Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Étrangers), BE
  • CMF (Collectif des musulmans de France), FR
  • CNCD-11.11.11 (Centre national de coopération au développement), BE
  • Collectif de soutien aux exilés du Xe arrdt de Paris, FR
  • Collectif de soutien aux Sans-Papiers de la Côte (Vaud), CH
  • Collectif de soutien de l’EHESS aux sans papiers et aux migrant-es, FR
  • Collectif de vigilance Paris 12 pour les droits des étrangers, FR
  • Collectif Droit de Rester (Lausanne), CH
  • Collectif Portugais pour une Pleine Citoyenneté, FR
  • Comede (Comité médical pour les exilés), FR
  • Comité Dunkerque littoral du MRAP, FR
  • Coordination Asile-Migration (Vaud), CH
  • CRID (Centre de recherche et d’informations pour le développement), FR
  • CRLDHT (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de Homme en Tunisie), FR
  • Droit solidarité, FR
  • Emmaüs Europe, FR
  • Emmaüs Italie, IT
  • Emmaüs international, FR
  • ENDA Europe, FR
  • Euromarches (Réseau européen contre le chômage)
  • Europe Ecologie Les Verts, FR
  • FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique), FR
  • FASTI (Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés), FR
  • Federación de SOS Racismo, ES
  • Fédération de l’Entraide Protestante, FR
  • Fédération des PEP, FR
  • Flandre terre solidaire, FR
  • Fondation Copernic, FR
  • Fraternité Migrants Bassin Minier 62, FR
  • FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), FR
  • FTDA (France Terre d’Asile), FR
  • GAS (Groupe Accueil et Solidarité), FR
  • Gauche Cactus, FR
  • Gauche unitaire, FR
  • Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), FR
  • IDD Immigration Développement Démocratie, FR
  • IPAM (Initiatives pour un autre monde), FR
  • Ligue des droits de l’Homme, FR
  • Ligue des droits de l’Homme, BE
  • Migreurop
  • Mouvement de la Paix, FR
  • MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), FR
  • MRAX (Mouvement contre le rascisme, l’antisémitisme et la Xénophobie), BE
  • NAGA (Associazione Volontaria di Assistenza Socio-Sanitaria e per i Diritti di Cittadini Stranieri, Milan), IT
  • NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), FR
  • OPADES Organisation Panafricaine de Défense des Droits économiques et sociaux, GN
  • PCF (Parti Communiste Français), FR
  • Parti de Gauche, FR
  • REMDH (Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme)
  • Réseau Féministe « Ruptures », FR
  • RESF (Réseau Education sans frontières), FR
  • RéSo, Réformistes & Solidaires, FR
  • RUSF (Réseau Universités sans frontières) Paris X-Nanterre, FR
  • SAF (Syndicat des avocats de France), FR
  • Salam Nord Pas-de-Calais, FR
  • Solidarité laïque, FR
  • Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT), FR
  • Terre d’Errance (Norrent-Fontes), FR
  • Terre des Hommes France, FR
  • Union syndicale Solidaires, FR
  • revue Vacarme, FR

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 07:28

Pour les nombreux amis qui lisent le blog  et travaillent temps en temps dans les plate formes téléphoniques

La mobilisation politique en Tunisie, fort importante et réprimée brutalement, a abouti à la démission de Mohamed Ghannouchi le 27 février 2011. Le lendemain, deux autres ministres, rescapés du régime Ben Ali, quittaient leur fauteuil ministériel : Mohamed Affif Chelbi (ministre de l’Industrie et de la Technologie) et Mohamed Nouri Jouini (Ministre de la Coopération – sic – internationale). La volonté de «déraciner le système» s’affirme parmi celles et ceux qui n’ont pas accepté le «continuisme» symbolisé par Ghannouchi, ni les tentatives d’accaparer des postes par des «opposants». Pour l’heure, la tentative de «transition contrôlée» se fait en plaçant Béji Caid Essebesi, âgé de 84 ans, au poste de Premier ministre. Il fut ministre sous Habib Bourguiba.

Au-delà des objectifs politico-démocratiques, se posent avec force les exigences sociales. Le processus est complexe sur ce terrain. Le chômage est un facteur de «révolte», mais joue aussi comme frein à la mobilisation de secteurs disposant d’un emploi.

Le reportage, publié ci-dessous, sur la situation des salarié·e·s de la plus grande société de centres d’appels fournit des indications fort utiles. (Rédaction).

******

Le 14 janvier 2011, jour de la fuite de Ben Ali, la zone industrielle de Ben Arous, au sud de Tunis, a été le théâtre d'un curieux manège. «On a vu plein de gens passer avec des écrans géants dans les bras», raconte Saber Draoul, employé de Téléperformance (TP). Des pilleurs avaient profité de la confusion pour embarquer les téléviseurs de l'usine du coréen LG toute proche.

Ce jour-là, les 1200 salariés du centre d'appels ont terminé à 15 heures. Puis les patrons français sont rentrés à Paris. Le site a fermé trois jours, sur ordre de la direction. Il a fallu dérouter les appels vers les call-centers français.

Le mardi suivant, l'activité a repris. Et depuis un mois à Ben Arous comme dans les cinq autres sites tunisiens de Téléperformance, le leader mondial des centres d'appels, les téléconseillers travaillent normalement. «L'engagement de nos collaborateurs et de la direction a été exemplaire», explique l'entreprise, qui a pourtant jugé bon début février de se dire «prudent·e» pour l’année 2011 en raison de la fragilité de l'économie européenne et de «l'instabilité récente de certains pays, principalement en Afrique du Nord où le groupe est implanté».

Dans d'autres entreprises, l'atmosphère révolutionnaire a suscité des grèves inopinées, les salarié·e·s ont réclamé la démission de leurs patrons. Mais à Ben Arous, où le syndicat UGTT revendique pourtant 700 syndiqués, rien de tel. C'est qu'ici, comme dans les autres centres d'appels délocalisés en Tunisie, faire grève n'est pas franchement bien vu.

Sous Ben Ali, toute contestation sociale d'ampleur était réprimée, envers du décor de la fameuse «stabilité» économique tant vantée par les institutions internationales. Le chômage des jeunes est un tel fléau que la priorité est d'abord de garder son travail. D'autant qu'à Ben Arous, les salarié·e·s craignent eux aussi que leur emploi ne soit délocalisé. «Comme les Français !», explique Lamjed Jemli, secrétaire général du syndicat UGTT à Téléperformance. «Les gens en Tunisie savent qu'un jour, ça risque aussi d'être leur tour. Par exemple, la direction nous parle régulièrement du Maroc, où elle a ouvert un call-center l'an dernier. Et on sait que le Sénégal est le nouvel eldorado des centres d'appels…»

Les salariés de Ben Arous se sont donc contentés d'organiser une journée “brassard rouge”, il y a deux semaines, pour protester contre quelques managers jugés trop zélés. «On proteste, mais on travaille, comme au Japon !», dit Saber Draoul, un des animateurs du syndicat. «Ici, c'est un peu le contraire de la France: beaucoup de syndiqués, peu de grévistes !» s'amuse Badr Tasco, téléconseiller de 27 ans.

Régime off-shore

Cette apparente accalmie n'empêche pas les ressentiments. Les employés de TP à Ben Arous sont très remontés. Ici aussi, la révolution a libéré la parole. Dans le café à côté du call-center où les salariés ont leurs habitudes, les langues se délient.

«Ces dernières semaines, j'ai beaucoup manifesté dans les rues, raconte Dhouha Kouki, 28 ans, énergique conseillère chargée de l'assistance technique des clients d'Orange. Avec la révolution, on n'a plus peur. Les conditions de travail doivent s'améliorer.» Dans l'entreprise, un tract a circulé, dénonçant le «management par le stress» et les «abus de pouvoir». «Certains chefs continuent à nous parler comme au temps de l'ancien régime», s'agace un collègue, qui réclame l'anonymat.

Téléperformance, qui affiche un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros par an, s'est installée en Tunisie en 2000. Dans l'entreprise, la légende dorée veut que ce soit le président Ben Ali lui-même qui ait demandé à un des dirigeants historiques du groupe, Jacques Berrebi, «ce qu'il pouvait faire pour la Tunisie».

Ben Ali a d'ailleurs décoré Jacques Berrebi, aujourd'hui président du comité stratégique, d'une médaille d’honneur en 2006 «pour la création de valeur générée en Tunisie». Il l'a aussi élevé au rang d’officier de l’ordre du Mérite national en 2007, en même temps que d'autres hommes d'affaires… et que son beau-frère, Belhassen Trabelsi, aujourd'hui en fuite au Canada.

En réalité, l'arrivée de Téléperformance ne doit rien au hasard, ou à la seule amitié. Depuis les années 1970, la Tunisie s'est dotée d'un régime fiscal «off-shore » très avantageux pour les entreprises dont les services et produits ne sont pas destinés au marché local: pas d'impôt sur les sociétés pendant dix ans, réduction de la TVA, exemptions fiscales. Depuis une décennie, l'activité des centres d'appels a prospéré. Le secteur embauche désormais 20'000 salarié·e·s, dont 80% travaillent avec le marché français.

En France, Téléperformance vient de lancer un nouveau plan social prévoyant la suppression de 689 postes et la fermeture de plusieurs centres, après une première charrette de 600 emplois en 2009. Mais en Tunisie, l'entreprise ne cesse d'embaucher. «Dans 10 ans, il n’y aura plus de centres d’appels “on line” en France ; Téléperformance Tunisie est donc appelée à voir croître fortement ses effectifs», explique une responsable de Téléperformance Tunisie sur le site officiel de promotion des investissements en Tunisie.

Avec 4700 salariés, Téléperformance est le premier employeur de Tunis. Ici, les clients s'appellent Orange, SFR, Numéricable, Les 3 Suisses, La Redoute, Free ou Amazon. C'est là, par exemple, que l'on atterrit quand on compose, de France, le 3900, le 3901 ou le 3902, les numéros d'assistance commerciale et technique d'Orange pour internet.

Prof de philo, médecins, ingénieurs…

A Ben Arous, les salarié·e·s racontent tous un peu la même histoire. Jeunes (moyenne d’âge, 28 ans), bardés de diplômes, confrontés au chômage, ils ont atterri là faute de mieux. Pas que le travail leur déplaise. Ils rêvaient juste d'autre chose. «A 35 ans, je suis un vieux chez TP, raconte Lamjed Jemli, secrétaire général du syndicat de Téléperformance. Je suis prof de philo. Parmi mes collègues, il y a des médecins, des ingénieurs, des “maîtrisards” [qui ont passé leur maîtrise]. Quand j'ai appelé en 2003 pour postuler, je ne savais même pas ce qu'était TP.»

«Je n'ose pas toujours dire que je travaille ici, ce n'est pas un vrai job pour des gens diplômés comme moi, explique Najla Klaii, titulaire d'un BTS de gestion des entreprises, aujourd'hui chef d'équipe. Mais comme on ne peut pas travailler, on est bien obligés de faire quelque chose pour avoir un salaire.»

«Je suis à TP depuis six ans, dit Saber Draoul, animateur diplômé. Un jour, j'ai reçu un mail m'invitant à postuler. J'ai déposé un CV, une semaine après j'avais un entretien. J'avais besoin d'argent. Disons que c'est du provisoire qui dure.»

Pour leur employeur, cette main-d'œuvre tunisienne payée 3 ou 4 dinars de l'heure (1,50-2 euros, alors que le salaire minimum est à peine un dinar) est une aubaine: elle est abondante – l'université tunisienne est réputée –, cultivée, totalement francophone. Chez Orange France, les centres tunisiens sont considérés comme les meilleurs en termes de qualité de service.

A Téléperformance, les conditions de travail «sont relativement favorables», convient Lamjed Jemli, le secrétaire général du syndicat: tout le monde est en CDI, le travail de nuit est compensé, il y a des tickets-restaurant, des bus pour transporter les salarié·e·s et des mini-crédits pour leurs projets personnels… Bien meilleures, en tout cas que pour tous ces salariés sans couverture sociale, ou la foule des précaires du public et du privé.

Pourtant, le vent de la révolution commence à souffler. «On n'a plus peur, dit Najla Klaii.Il faut désormais parler des conditions de travail, chez TP et ailleurs. Les lois sociales ne sont pas en faveur des salariés tunisiens, il faut les changer, et tout d'abord réviser les salaires.» Elle n'exclut pas de faire jouer la concurrence: «Dans les centres d'appels gérés par des Tunisiens d'Orange Tunisie ou de Tunisie Télécom, les paies sont un peu meilleures.»

Certains rêvent aussi de changer de voie, voire de se lancer tout seul, dit Mehdi Toumi, 41 ans, responsable d'unité. «Avant, ce n'était pas possible de créer sa boîte. Quand on commençait à passer aux choses sérieuses, les proches de la famille royale (sic) venaient immédiatement prendre leurs bénéfices. Maintenant, ça va peut-être changer.»

Au siège français d'Orange, on s'inquiète d'ailleurs d'une possible hémorragie des talents. «Avec la confiscation systématique de l'économie par le clan au pouvoir, la classe moyenne ne créait pas d'entreprises. Désormais, avec la révolution, ces jeunes vont pouvoir se lancer. Orange, qui a aujourd'hui dans les centres d'appels tunisiens de Téléperformance la crème de la crème, craint logiquement que la qualité de recrutement ne baisse, et que le service n'en pâtisse», explique Sébastien Crozier, syndicaliste CFE-CGC/Unsa.

En revanche, pour les soutiers tunisiens de la mondialisation, la révolution a entrouvert l'horizon des possibles. Il y a deux mois, ils n'y auraient jamais cru.

* Journaliste du site Mediapart, article publié le 1er mars 2011

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 08:40

*Victoire pour les postiers marseillais*




> > Les facteurs du IIe arrondissement de Marseille ont annoncé mardi
qu'ils reprenaient le travail après une grève de 138 jours suivie par la
totalité du personnel du centre de distribution du courrier.

> > "C'est une victoire, nous reprenons le travail au terme d'un
conflit exceptionnellement long
<http://humanite.fr/Postier,%20cent%20jours%20de%20gr%C3%A8ve%20>.

Nous avons fait échouer la direction de la Poste dans sa volonté d'imposer
l'intérim", a déclaré Alain Croce, délégué CGT du centre de
distribution. "Il n'y aura plus d'intérimaire dans le service à compter
du 31 mars et nous avons obtenu quatre postes supplémentaires", a-t-il
ajouté.

Les postiers marseillais avaient démarré leur mouvement de grève le
7 octobre dernier pour protester contre le remplacement de deux facteurs
en CDD par des intérimaires.

-La direction de la Poste avait mis en place un centre de
distribution parallèle du courrier pour cet arrondissement marseillais
durant toute la durée du conflit.

Ils auront fait grève pendant 139 jours. Au départ, il s'agissait de
protester contre l'embauche d'un intérimaire pour remplacer un huitième
agent en congé de maladie. Depuis 47 points de revendications étaient
discutés, dont les premiers étaient l'embauche de quatre personnes et
l'appel à du personnel "postier" pour assurer les remplacements.

Des postiers du centre de distribution du 2e arrondissement de Marseille
ont repris le travail mardi, au terme de 139 jours d'une grève destinée
à dénoncer le recours à l'intérim dans les services du courrier, a-t-on
appris auprès de la CGT et de la direction. Les facteurs s'opposaient au
recours à un intérimaire pour remplacer un titulaire absent, alors
qu'une personne en CDD depuis sept mois n'avait pas été reconduite.

Depuis le 7 octobre 2010, la grève était suivie par la totalité des 55
membres du personnel du centre de distribution, cadres compris, selon la
CGT à l'initiative du mouvement. A l'issue d'un long bras de fer et de
discussions entamées avec la direction le 14 janvier, les grévistes ont
indiqué avoir obtenu satisfaction sur leur revendication.

"Le centre bénéficiera en 2011 du même niveau d'emploi qu'en 2010, alors
que 243 suppressions de postes sont prévues pour le courrier dans les
Bouches-du-Rhône", a expliqué à l'AFP Richard Garro, responsable CGT à
la Poste. "Ce niveau d'emploi stable va nous permettre d'avoir un volant
de remplacements constitué uniquement de fonctionnaires ou de CDI, sans
recours à l'intérim", a-t-il ajouté.

Confirmant l'accord intervenu mardi matin, la direction de la Poste a
néanmoins déploré que "le conflit ait duré aussi longtemps". "La
direction s'est retrouvée seule à la table des négociations pendant plus
de deux mois, alors que des audiences étaient proposées quotidiennement
et que ces négociations auraient pu se tenir dans le cadre du dialogue
social", a déclaré un porte-parole.

*Marseille 02 : un extraordinaire combat et la victoire au bout*

Une unité et une détermination extraordinaires des facteurs et cadres en
lutte 139 jours durant, une section CGT locale organisée, une solidarité
d’intérêt recherchée avec les populations, ses représentants, avec les
postiers et les autres salariés, et c’est, au final, la politique de la
direction de La Poste qui se trouve remise en cause. Celle-ci
s’obstinait à ne pas négocier les revendications, elle a été contrainte
de le faire. Celle-ci escomptait, à l’instar des autres services,
supprimer plusieurs emplois à 02, mais le centre conserve l’intégralité
de ses emplois 2010 sur 2011. Celle-ci souhaitait ne combler aucune
vacance d’emploi en 2011, elles seront comblées.

La direction voulait imposer le recours massif à l’intérim pour couvrir
les absences, elles seront couvertes par un Volant de Remplacement
équivalent au quart de l’effectif et l’embauche si nécessaire de CDD
longs. La direction a tenté, durant la grève, de négocier la mise en
place de « Facteurs d’avenir », les collègues de 02 reprennent le
travail sur leur organisation initiale, avec DHT à 32h00 et un samedi de
repos sur 2. Des acquis auxquels il faut ajouter, outre le maintien dans
l’établissement du service des colis, le recrutement, en CDI et par la
voie de l’apprentissage, d’une jeune CDD du 2ème que la DOTC se refusait
à employer à nouveau. Un recrutement qui intervient dans le cadre d’un
plan BDR/2011 de titularisation en CDI de 50 CDD et intérimaires. Un
plan, annoncé en janvier et conséquence directe du conflit et de la
revendication de dé-précarisation de l’emploi qu’il portait. La
direction a tenté d’épuiser durablement les grévistes mais les
conditions négociées de reprise et la solidarité financière limitent
considérablement le préjudice financier.

En lutte pour le maintien d’un niveau d’emploi stable suffisant pour
couvrir Positions de Travail et Volant de Remplacement, contre le
recours massif à l’intérim, prélude à l’externalisation du remplacement,
pour la préservation de la qualité du service public et des conditions
de travail, les collègues du 2ème , dans un environnement social
difficile et face à une direction qui, du national au local, espérait
les briser, remportent, au terme d’un exceptionnel combat, une
incontestable victoire. Elle en appelle d’autres. A 02, et partout !
Enfin, les facteurs et cadres de Marseille 02, qui ont repris le travail
le 22/2, n’oublient pas et remercient chaleureusement les très nombreux
postiers, les usagers, les structures syndicales, les associations et
formations politiques, qui ont signifié leur soutien, participé à la
solidarité financière, et donnent rendez-vous à tous pour les prochains
combats communs. (Christophe Galéa, secrétaire section CGT 02, 22/02/2011)





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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 08:36

 

 

 

 

 

De violentes manifestations contre l'austérité: la Grèce

 

15h38 (GMT+2): Athènes : Des milliers de personnes se rassemblent place Syntagma, où un cordon de policiers protège le Parlement. L'appel a été lancé de revenir place Syntagma. Au moins 30 personnes ont été arrêtée devant le Ministère des Affaires Etrangères. Les autorités du Rectorat tiennent une réunion pour préparer la violation de l'asile universitaire. Une foule se rassemble place Omonoia et se prépare à marcher vers la place Syntagma. Les stations de métro du centre ont été fermées par la police.

 

15h23 (GMT+2): Manifestations dans plusieurs villes du pays : Thessalonique, Patras, Ioannina, Kozani, Agrinio, Naxos, Rethymno, Volos, Arta, Heraklion, Larisa, Serres, Kefallonia, Mytilene... A Drama, l'hôtel de ville a été occupé par des manifestants.


Il s'est transformé en guérilla urbaine dans la Grèce, la première grève générale de 2011 contre le plan d'austérité du gouvernement.

La police des gaz lacrymogènes et Molotov des manifestants ont mis le feu à la place Syntagma devant le Parlement à Athènes. Le bilan  est encore une cinquantaine  arrestations et d'autres légèrement blessés.

C'est  la grève contre la dixième mesures  de réductions approuvées  en mai l'an dernier en échange de 110 milliards d'euros en trois ans par l'Union européenne et le FMI. Dans le carré dans la capitale, 60.000 manifestants, selon les syndicats, qui ont organisé la grève.

Certains groupes scandant le slogan "après Ben Ali et Moubarak, maintenant c'est à Papandreou."

Le gouvernement du Premier ministre socialiste, pour éviter la faillite, a augmenté les impôts, des réductions imposées dans les salaires et  pour les pensions des fonctionnaires, plus de  TVA et étendu la possibilité de drame  humain  dans le secteur privé.

VIDEO

 De violentes manifestations contre l'austérité: la Grèce 

Grèce: moltov et des affrontements dans les rues d'Athènes

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