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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 09:28
on a trouvé ce texte d'analyse  sur le blog trop loin . Nous attendons vos réactions
Est & Ouest, Orient & Occident

En 1970, la convergence entre les grèves à l'Ouest et les émeutes à l'Est pouvait faire penser, selon le titre d'un texte de l'époque, à l'émergence d'une communauté de lutte A Stettin et à Dantzig comme à Detroit, confirmée par exemple en 1976 par les soulèvements de Radom et d'Ursus.

Les années suivantes démentaient cet espoir. Vers 1980, la défaite revendicative à l'ouest du Rideau de Fer a coïncidé avec la montée d'un soulèvement ouvrier en Pologne, mais où les travailleurs servaient de force de frappe à une transition populaire et nationale. Une dizaine d'années plus tard, après la chute du Mur et l'effondrement des régimes bureaucratiques, une vague démocratique s'est combinée à une multitude de conflits sociaux - en Russie, en particulier - qu'elle a fini par absorber.

Début 21e siècle, la scène s'élargit à l'échelle mondiale, mais la reprise des luttes s'effectue sur deux parallèles qui cette fois encore ne se rejoignent quasiment jamais. La « rencontre » entre les luttes des prolétaires d'Europe, d'Amérique du nord et du Japon, avec celles des prolétaires du reste de l'Asie, condition indispensable pour que puisse être posée la question du communisme, ne semble pas pour demain.

Dans les pays industriels qualifiés de nouveaux, mais incluant des régions industrialisées de longue date comme la Chine et l'Inde, un mouvement ouvrier naît ou renaît, et re-parcourt le cycle des prolétaires occidentaux d'antan : conditions de travail mortifères, salaires de misère, répression systématique, mais aussi début d'organisation, création de syndicats d'abord combattus puis tolérés avant d'être légalisés et institutionnalisés, passage de la répression à la pacification, évolution à la fois cause et effet d'une démocratisation progressive de la société. On en est évidemment loin, et ce n'est pas demain que l'ouvrier chinois moyen pourra être dit « intégré » au capitalisme. De toute façon, ce ne sera jamais possible partout : il faut un minimum de prospérité pour intégrer les syndicats comme l'a fait la Corée du Sud... après une suite de massacres, comme celui de Kwanjiu, avec ses 200 morts officiels, plusieurs milliers en réalité, en 1980.

Pour le moment et comme il y a trente ans en Amérique latine (dans les usines d'automobiles au Brésil, entre autres), l'essor industriel en Inde, au Bangladesh, en Chine, etc. est ponctué de petites et grandes grèves, qui virent fréquemment à l'émeute.

Près de Séoul, par exemple, du 22 mai au 5 août 2009, un millier d'ouvriers de Ssangyong Motors (firme coréenne rachetée par des Chinois, puis en faillite et préparant des licenciements massifs) occupent l'usine, affrontent la police et des hommes de main, et doivent faire face à une manifestation anti-grève de 1.500 salariés de l'entreprise, en majorité des cadres. Très violentes, les bagarres finissent par tourner à l'avantage des patrons, qui n'accordent que des miettes et des promesses. L'auto-organisation à la base n'empêche pas le contrôle du syndical sur l'ensemble de la lutte et de la négociation. En Corée du Sud également, l'année précédente, les 12 mois de grève et d'occupation des grands magasins E-Land s'étaient conclus sur une quasi victoire patronale.

Malgré ces défaites, partout en Asie le travail s'organise, et parfois redonne vie à des syndicats implantés de longue date, et combatifs : en 1981-83, le textile de toute la région de Bombay avait cessé le travail pendant près de 18 mois.

Dans le même temps, ce qui domine les luttes des vieilles métropoles industrielles, c'est l'auto-défense contre un capital qui réussit à entamer tous les acquis (salaires, conditions de travail, garantie d'emploi et droits sociaux). Depuis 2008, la « crise », et avec elle le renouveau du chômage, suscite des réactions de protection, ça et là aussi des offensives. Pour la France, citons un seul exemple : en août-septembre 2008, une grève chez Raynal & Roquelaure (une conserverie), revendiquant une augmentation uniforme de 80 €, et largement contrôlée par la base, a obtenu un succès partiel mais conséquent. Outre Atlantique, le début du 21e siècle a vu une montée de luttes « dures », comme le lock out des dockers de la côte Ouest en 2002, bloquant la production de centaines d'usines dans tout le pays, ou les grèves sauvages des chauffeurs routiers en 2003-5. L'économie qui se voudrait dématérialisée était frappée en son cœur : la circulation matérielle des marchandises. Cette classe ouvrière souvent décrite comme vieillie ou moribonde, qu'encadrent encore des syndicats en net déclin mais loin d'avoir disparu, aux Etats-Unis comme en Europe, conserve une capacité de résistance en ses bastions. La mondialisation s'avère même parfois une arme à double tranchant : si la mise en concurrence des ouvriers d'une région ou d'un continent à l'autre renforce le capital, en revanche les flux tendus, l'interdépendance accrue entre entreprises et entre sites, le « zéro stock » et l'obsession d'une circulation toujours plus rapide des marchandises redonnent au travail une force de blocage. D'autre part, des précaires ont obtenu par la grève des augmentations de salaires et la régularisation de sans-papiers.

Pourtant, globalement, la situation est plutôt à l'image de la baisse du salaire ouvrier horaire moyen chez Ford, tombé de 70 $ en 2007 à 55 en 2009 et, si rien ne change, 50 en 2010, tandis que le syndicat nord-américain de l'automobile s'engage à ne pas lancer de grève d'ici 2015. Comme le fait remarquer Aufheben, depuis le début de la récession, la perte de près d'un million d'emplois en Grande Bretagne a rencontré peu de résistance.

Mais on ne mesure pas une situation historique comme on jauge un verre à moitié ou au tiers plein. La difficulté est d'évaluer les types de lutte qui dominent, et ceux qui peuvent émerger.

Trotsky commentait ainsi la poussée gréviste, notamment pour des augmentations de salaire, en 1928-29 : « (..) cette forme de revendication est imposée aux ouvriers, d'une part par la hausse des prix des produits vitaux, d'autre part par le renforcement de l'exploitation physiologique de l'ouvrier consécutif aux nouvelles méthodes industrielles (rationalisation). L'ouvrier est obligé de revendiquer une augmentation du salaire nominal afin de défendre son niveau de vie d'hier. Ces grèves ne peuvent avoir un caractère offensif que du point de vue de la comptabilité capitaliste. »

Pour l'essentiel, les luttes sont en deçà de la sauvegarde des acquis. Au mieux, elles obtiennent des indemnités supérieures à ce que les patrons et l'Etat auraient accordé sans la mobilisation et la violence, comme à Caterpillar en avril 2009, où la grève a été animée par un comité ouvrier autonome des syndicats. Surtout, elles en restent à une juxtaposition de réactions, parfois virulentes, mais dont le déroulement - et même le succès éventuel - épuise le potentiel critique. Les problèmes généraux de la société ne sont pas posés et, s'ils le sont, c'est dans une perspective autogestionnaire et démocratique.

On pouvait difficilement attendre de prolétaires sortant à peine d'une défaite qu'ils s'engagent dans une action quelque peu communiste, car la première entrave la deuxième. Une expérience sociale vaut par sa compréhension par ceux qui l'ont vécue, et cette compréhension exige plus qu'un minimum d'auto-organisation : or, un trait commun des luttes récentes en entreprise est un « partage des tâches » où une base combative prend des initiatives parfois illégales, mais laisse à la bureaucratie le soin de négocier. Comme ceux de Caterpillar, les délégués d'atelier élus de Ssangyong Motors acceptaient la médiation du syndicat. Tant que le travail a besoin d'être représenté face au capital, c'est qu'il ne remet pas en cause la relation capital-travail.

De plus, s'il est clair qu'une attitude nouvelle se fait jour par rapport à la légalité et à « l'outil de travail », elle est pour le moins ambiguë.

Disposer, comme l'a fait en juillet 2009 le personnel de New Fabris (Vienne), des bombonnes de gaz en déclarant qu'on se refusera à les faire exploser, c'est se mettre en position de faiblesse, et se préparer à n'obtenir que 11.000 € au lieu des 30.000 demandés. On comparera avec les sommes versées sous la contrainte par d'autres équipementiers : 50.000 € à Continental, 30.000 à JLE (Lot-et-Garonne), de 30.000 à 50.000 chez Nortel (télécommunications). Quand en août 2009 chez Serta (entreprise de transport), les chauffeurs annoncent leur intention de verser 8.000 litres de liquide toxique dans la Seine si on leur refuse les indemnités de départ exigées, ils détournent à leur avantage l'idéologie qui fait de la pollution le péril majeur. (Le même quotidien qui s'en faisait l'écho rapportait deux pages plus loin l'empoisonnement au plomb de 1.300 enfants chinois par une usine vieille d'un an seulement...)

La menace réitérée de détruire des machines n'a guère de sens dans des entreprises comme New Fabris ou SKF, dont la stratégie de délocalisation rend ces équipements et bâtiments inutiles : certains seront mis à la casse, d'autres revendus, en tout cas, devenus peu rentables, ils font partie d'un passif à liquider. Quand le travail prend l'offensive, il n'éprouve pas le besoin de s'en prendre aux équipements, car le rapport de force se joue ailleurs : on ne s'attaque pas à une machine au repos, mais à la marche de la production qui est interrompue ou sabotée, comme dans l'Italie des années 70. Inversement, les salariés de Continental n'ont quasiment pas lancé de telles menaces, parce que toute leur action se fonde sur la conviction que l'entreprise resterait viable pour peu que le patron fasse un effort : aussi estiment-ils logique de conserver un outil de travail qui leur est nécessaire.

Devant de tels gestes, les syndicats restent réticents, par hostilité naturelle à toute action directe qui leur échappe, mais aussi parce que cette « déraison » va contre les espoirs d'un (néo)développement industriel dont la bureaucratie syndicale serait partie prenante. En retour, la mollesse des confédérations suscite des remous et débordements qui vont s'amplifier, mais les appareils syndicaux gardent le contrôle d'une base qui les pousse où ils ne voulaient pas aller... puis les laisse négocier. Réclamer les plus fortes indemnités de licenciement possibles ne témoigne d'aucun dynamisme radical, mais d'une tentative du travail de tirer le maximum de la logique du capital. Il s'agit du point d'orgue de toutes les mutilations économiques, politiques et sociales que les prolétaires ont fini par devoir accepter depuis de nombreuses années, et le poids des générations mortes pèse encore lourdement sur le cerveau des vivants. C'est la même démarche au fond que celle qui avait conduit des prolétaires argentins à refaire fonctionner « leurs » entreprises abandonnées par les patrons et propriétaires : faute de « dépasser » le capitalisme, on comble marginalement les manques de son fonctionnement.

On se figure à tort le prolétaire contemporain à la fois détaché du travail et du capital parce que mobile, déqualifié, mal payé, et pourtant lié aux autres prolétaires du fait même de ce détachement, car quasi naturellement conduit ainsi à s'unir à d'autres pour résister, et donc ne se socialisant plus que pour lutter. En réalité, quand les médiations social-démocrates, staliniennes ou nationales s'effacent, leur déclin met la société en crise, mais en même temps cette crise fait naître ou renaître de nouvelles médiations : religieuses, populistes, néo-nationales, voire infra-nationales (indigénistes) en Amérique latine, et néo-travaillistes ou syndicales en Asie.

Comme au 19e siècle en Europe, comme Solidarnosc en 1980, la défense du travail produit à la fois sa radicalité et un réformisme économique et politique, et rien ne montre qu'aujourd'hui la première l'emporte sur le second.

L'homme du pneu

En 2007, non sans mal, la direction de Continental fait accepter aux salariés de Clairoix (Oise) le retour aux 40 heures (au lieu de 35), en échange d'une garantie du maintien des 1.120 emplois au moins jusqu'en 2012, bien sûr sans augmentation de salaire proportionnelle. Deux ans plus tard, préférant déplacer la fabrication de France et d'Allemagne vers des pays comme la Roumanie où le salaire moyen mensuel est de 400 €, la direction du groupe annonce la fermeture du site pour 2010.

Comme tant d'autres, après avoir consenti des efforts de productivité destinés, disait-on, à redresser la rentabilité de l'entreprise, les salariés de Continental se sont retrouvés coincés entre la recherche d'un introuvable repreneur, et l'exigence d'indemnités aussi élevées que possible, au cas - le plus vraisemblable - où le site n'attirerait aucun investisseur. D'un côté, ils sont conduits à se montrer raisonnables au sein d'un « front pour l'emploi » réunissant tous les élus et tous les partis (seul le FN est exclu, proclame le dirigeant cégétiste local), et à jouer les VRP, collant dans les rues de la région et de Paris des étiquettes de pneu aux couleurs de Continental, les collant même sur leurs vêtements au point de se transformer en publicité vivante, prêtant leur corps pour faire vivre la marque qui ne veut plus d'eux. Le 1er mai 2009, un ouvrier se recouvre entièrement de ces étiquettes et porte un masque de caoutchouc (ce qui n'empêchera pas le cortège de Continental d'être le plus vivant du défilé, sinon le seul). Avec Bibendum, Michelin avait fait du pneu un être vivant emblématique d'une marque. Ici, c'est l'homme qui s'identifie à ce qu'il fabrique. Il est donc logique que chacun appelle ces ouvriers, non pas « le personnel (ou les grévistes) de Continental », mais simplement les Conti, puisque de gré ou de force les salariés s'assimilent à l'entreprise. On dit de même « les Bibs », comme on disait « les LIP ».

Mais, d'un autre côté, les ouvriers sont obligés de faire preuve d'autonomie et de violence pour pousser la lutte à son maximum possible. Ils savent fort bien que « débordements » et « excès » (comme le saccage de la sous-préfecture de Compiègne), que le syndicat affirme déplorer et dont il rejette la responsabilité sur le refus patronal de négocier, sont indispensables pour arracher des indemnités très supérieures au maigre minimum légal.

Il n'a donc rien d'étonnant à ce que, comme l'écrivait une journaliste, « une minorité d'énervés aurait imaginé s'en prendre à l'outil de travail ». Las de brûler des pneus, quelques-uns ont rêvé d'incendier l'usine. Pour les calmer, tandis qu'une cellule psychologique était mise en place, les syndicats faisaient valoir le « trésor de guerre » constitué par les machines présentes dans l'usine, et qui « sont à nous », répètent-ils. Hélas, le travail peut bien se croire propriétaire des outils qu'il utilise, mais s'il est salarié, c'est justement qu'il ne possède pas ces outils. Même s'il met provisoirement la main dessus, leur contrôle finira par lui échapper (à moins bien sûr de rompre la relation capital-travail, mais c'est une autre affaire). Si les ouvriers de LIP ont pu un temps produire, vendre et se payer avec des montres, fabriquer des pneus exige en amont un ensemble de matières premières inaccessibles aux salariés de Clairoix ou d'Amiens. L'économie mondialisée est sans pitié pour le projet autogestionnaire.

D'ailleurs, ce que vaut un tel « trésor », un exemple l'illustre, raconté dans le documentaire 300 jours de colère. En 2001-2002, lors de la longue occupation d'une filature lilloise vouée à liquidation, les quelque 120 salariés avaient mis au point un ingénieux dispositif permettant d'inonder et de rendre inutilisables les 700 tonnes de fil entreposées dans l'usine, d'une valeur de plusieurs milliards de francs, si le patron tentait de s'en emparer de force. Ce moyen de pression leur permet d'obtenir des avantages substantiels dans la négociation. L'accord signé, l'usine est évacuée comme convenu, vidée de ses machines, et le précieux stock de fil récupéré par le patron... qui ne respecte pas ses engagements. Une longue bataille juridique s'ensuit, au terme de laquelle les salariés sont loin d'avoir reçu ce qui avait été promis, l'entreprise ayant cessé d'exister et ses actionnaires et dirigeants étant devenus, aux deux sens du mot, insaisissables. Il est plus facile au capital de déménager de lourds équipements qu'au travail d'identifier les capitalistes. Dans la comédie Louise-Michel, malgré leur détermination à tuer le patron parti en laissant la clé sous la porte et en déménageant tout le matériel, les ouvrières ont le plus grand mal à mettre un nom et un visage sur le responsable, s'il y en a un, et finissent par envisager d'aller le traquer outre Atlantique.

Telle n'était évidemment pas la perspective des salariés de Continental, mais pour eux aussi la violence est à la fois effective et mise en scène. Nous sommes encore en démocratie, et chacun, base ouvrière, bureaucratie syndicale, patronat et Etat, sait jusqu'où il n'ira pas trop loin. Du moins tant qu'il ne se passe socialement rien qui déborde du jeu. Tout risquerait de changer si éclatait une émeute comme celle de Caen début 1968, ou tout autre acte rompant le consensus et servant de possible détonateur, unifiant des ruptures jusqu'ici circonscrites. On n'en est pas là. La situation étant ce qu'elle est, l'extrême-gauche active dans l'usine, LO en l'occurrence, ne peut qu'être l'extrême du mouvement, comme l'était souvent le PC autrefois, et comme il lui arrive de l'être encore. En tout cas, aucune force politique ne réclame le financement public de Continental comme lorsque l'Etat maintenait en survie des pans de la sidérurgie dans les années 80. Si l'on évoque une nouvelle croissance industrielle, par l'heureux mariage de la machine-outil et de l'ordinateur, c'est sans conviction. Quant à exproprier le patron par une nationalisation, les ouvriers n'en parlent pas, pas plus qu'ils n'imaginent retrouver après-demain un emploi grâce à la « croissance verte »...

Battus sur l'essentiel, les ouvriers de Continental étaient décidés à se battre sur l'accessoire. Ce type de lutte est appelé à se multiplier avec l'extension du chômage, due à une double cause. La crise actuelle rend moins rentable encore le travail dans les pays dits riches. Ensuite, à supposer, ce qui reste un horizon lointain, que ces pays restructurent leur économie en privilégiant productions moins dévoreuses d'énergie, marchandises plus durables et « services à la personne », ces bouleversements commenceraient par aggraver le chômage, surtout chez les moins qualifiés.

L'équipementier automobile Visteon, créé en 2000 par Ford qui s'allégeait ainsi d'une partie de sa production en fondant son propre sous-traitant dont il était l'actionnaire majoritaire, employait encore récemment plus de 30.000 personnes dans 27 pays. Si l'on avait promis aux ex-salariés de Ford le maintien de leurs salaires et droits sociaux, les nouveaux embauchés l'étaient à des conditions bien inférieures. Après avoir en trois ans fermé ou revendu trente de ses usines dans le monde, Visteon, proche de la faillite, annonce fin mars 2009 la fermeture d'un lieu de fabrication à Belfast et de deux en Angleterre. Les trois sites sont occupés par le personnel pendant près de deux mois. Comme à Continental, des locaux (ici, des bureaux de l'entreprise) sont dévastés, la mobilisation large, les syndicats d'abord débordés puis capables d'assurer une négociation qui apporte des résultats non négligeables (pré-retraite à 58 ans au lieu de 65, 12 mois de salaires), mais moindres pour ceux des salariés qui n'étaient pas des anciens de chez Ford. Un moyen de pression efficace aura été la menace, prise au sérieux par les patrons, de bloquer une autre usine anglaise de Ford, encore rentable et en pleine activité.

Peut-on ici parler de « grève post-fordiste » ? Non seulement ces ouvriers ne se battent pas pour améliorer leur salaire ou leur condition de travail, mais ils se battent moins pour garder leur emploi que pour obtenir le maximum possible d'argent en échange de la perte de cet emploi. Ils tiennent compte du rapport de force favorable à un capital qu'ils ne peuvent faire reculer, ni guère infléchir. Aux Etats-Unis, la nationalisation de fait, même provisoire, de General Motors par l'Etat fédéral n'évite le pire à une industrie-clé qu'en demandant aux salariés des sacrifices supplémentaires. Quel que soit leur âge, très peu des licenciés de Continental et de Visteon croient à une nouvelle formation permettant une reconversion : conscients de la quasi impossibilité de vendre à l'avenir leur force de travail contre un salaire jugé « normal », ils se savent condamnés aux boulots déqualifiés, à temps partiel et sans garantie.

Brèves réflexions sur la violence

La violence prolétarienne s'exerce dans les vieux pays industriels comme dans ceux émergents, mais n'aboutit généralement pas à la satisfaction des revendications. La période est révolue où il suffisait de mettre en place un piquet de grève ou d'annoncer une grève « bouchon » pour obliger au moins le patron à négocier. Pour gagner des miettes aujourd'hui, il faut des trésors d'énergie. Envisager de polluer une rivière, comme l'ont fait en 2000 les ouvriers de Cellatex, relève d'une violence de désespoir, car négative pour tout le monde. En saccageant la sous-préfecture de Compiègne, les grévistes de Continental, eux, identifiaient bien un ennemi, l'Etat, mais dont ils attendaient qu'il intervienne en leur faveur, donc d'un ennemi que le travail pourrait obliger à se conduire en allié. Malgré les différences entre Cellatex et Continental, dans les deux cas nous sommes loin d'une « violence d'espoir » visant un adversaire traité comme tel, bourgeois et Etat. L'involution du rapport de force se reflète aussi dans la modification du langage et du regard social porté sur cette violence. La même société, qui s'émeut des œufs jetés sur un patron ou de sa séquestration quelques heures par son personnel en colère, met en garde à vue près de 900.000 personnes par an en France, et multiplie des techniques de surveillance, de contrôle et de fichage, désormais à peu près admises alors qu'elles auraient suscité il y a trente ans d'amples protestations.

La violence ne prouve qu'elle-même

Lorsqu'une société ne connaît que des violences « de basse intensité », c'est qu'elle a si bien désamorcé ses contradictions qu'aucune rupture n'y est possible (provisoirement peut-être). Mais nous ne renverserons pas l'argument pour croire qu'une société violente, ou très violente, serait mûre pour un changement révolutionnaire. Dans bien des pays d'Amérique latine et d'Afrique, des individus, des groupes, des clans, des ethnies s'entredétruisent et s'autodétruisent sans entamer les bases de la structure sociale.

Le degré de violence d'une société indique à quel point celle-ci maîtrise ou non ses antagonismes : il ne dit rien par lui-même de la capacité des exploités ou dominés de cette société à la révolutionner. Il existe aux Etats-Unis un mouvement social et ouvrier beaucoup plus large et actif qu'on le dit : son usage de la violence est plus fréquent qu'en Europe parce que les contrastes sociaux, la vie quotidienne et le traitement des conflits sont plus brutaux aux Etats-Unis. Lors de grèves dures, des syndicats (y compris parfois les plus « pourris ») font appel à la force, y compris par les armes et le cas échéant malgré la réticence de leur base, dans des conditions souvent inimaginables en Europe. Personne n'en déduira qu'outre-Atlantique les prolétaires soient plus proches du communisme.

Violence bourgeoise

Chacun sait que le bourgeois, tout en niant l'existence d'une lutte des classes, a souvent mieux conscience de ses intérêts de classe que le prolétaire. Cette banalité reste tristement vraie en Europe et aux Etats-Unis où, aujourd'hui, la violence sociale est l'apanage d'une bourgeoisie déterminée, face à un prolétariat qui hésite à revendiquer ses propres réactions dès qu'elles prennent la forme de séquestrations ou de saccages.

« Haine de classe »

Il n'y a pourtant pas de lutte pour le communisme sans un minimum de passion, et l'identification de ce qu'il faut bien considérer comme un ennemi.

Tuer n'est évidemment pas synonyme de communiser : une révolution communiste subvertit plus qu'elle n'élimine. Un signe de la dégénérescence de la dynamique lancée par Octobre 17, c'est la transformation de la révolution en guerre menée par un pouvoir d'Etat acharné à détruire un ennemi après l'autre, traitant d'ailleurs en ennemi aussi bien les anarchistes que les réactionnaires.

Pour autant, se refuser à la violence, et récuser d'avance un recours aux armes, c'est renoncer à la révolution.

Certes, notre « cible », c'est un système social, non les patrons, cadres supérieurs, experts et policiers qu'il met à son service. Une force de la social-démocratie puis du stalinisme a été d'assimiler le capitalisme au bourgeois, au riche, au gros : de la même façon que dans le fétichisme de la marchandise, le rapport social est alors présenté comme une chose, en l'occurrence une personne, celle du bourgeois pansu à cigare, caricature vieille de plus d'un siècle reprise aujourd'hui sur les affiches du NPA. Dans le style plus moderne du « journal officiel de tous les pouvoirs », les dessins de Plantu mettent en scène un binoclard en costume, expert ou manager, qui, contrairement au richard profiteur et jouisseur, a toujours l'air affairé et « stressé ». Entretenir la hargne contre ces personnages contribue à dévier la critique vers une voie de garage : c'est attaquer la bourgeoisie en ses individus, non dans sa fonction.

Mais si notre objectif, c'est le capital, sa force structurante, sa force d'inertie aussi, et non le capitaliste, les rapports sociaux n'en prennent pas moins figure humaine. Ne voir dans le directeur d'usine que le directeur d'usine, c'est une illusion d'optique. Ne pas l'affronter sous le prétexte (exact au demeurant) qu'il n'est lui-même qu'un rouage dans un ensemble qui le dépasse, revient à tellement voir la société comme un tout qu'on ne sait plus par quel bout prendre cette totalité. Dépersonnaliser l'histoire, c'est renoncer à y agir. L'absence de détestation de ceux qui nous dirigent mène au pire à la résignation, au mieux à la réforme. Celui qui ne sait pas ou qui n'ose pas éprouver un rejet des personnes qui l'exploitent et le méprisent, celui-là ne changera jamais grand-chose. Seul le pur théoricien peut se donner pour cible le capitalisme (ou la domination) en général, sans lui prêter des visages et des noms.

Pacification

Jusqu'à la « révolution keynésienne », la classe ouvrière était perçue par les bourgeois (grands et petits) comme dangereuse, sinon sauvage, et ses revendications même modérées traitées comme menace à l'ordre, à la propriété, voire aux bonnes mœurs. Quand en 1936 les ouvriers ont pu partir deux semaines en congés payés, des bourgeois se sont exclamé : « Mais qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir en faire ?! » C'est seulement depuis la brisure historique de 39-45 que le capital considère le travail en partenaire, certes conflictuel mais nécessaire à tous les niveaux.

L'existence déterminant la conscience, un tel vécu social a durablement marqué les comportements. Un trait essentiel des révoltes des années 60 et 70, dans les pays dits riches, chez les prolétaires comme chez les bourgeois, fut le refus d'aller vers l'irréversible.

Aujourd'hui la justification de la violence libératrice des colonisés par Sartre dans sa préface aux Damnés de la terre de F. Fanon en 1961 (« Il faut rester terrifié ou devenir terrible ») ferait scandale. Notre société a beau accumuler des moyens de destruction sans précédent, et son maintien de l'ordre reposer sur une concentration d'armes inouïe, elle ne cesse de prôner le pacifisme. Le citoyen qui s'émeut de coups de feu tirés par des Kanaks en Nouvelle Calédonie à l'été 2009 ne s'étonne pas de l'emploi du flash-ball par la police. L'opinion la plus répandue, y compris chez les prolétaires, recommande la résistance passive, éventuellement la désobéissance civile, et n'admet à l'extrême rigueur qu'une violence défensive, sans armes il va de soi.

Violence collective auto-limitée

Pourtant le réel finit par revenir.

On a eu beau, à partir de 1980, à coups de fermetures d'usines, de licenciements et de reconversions forcées, enfoncer dans la tête des ouvriers qu'ils étaient dépassés par le progrès technique, coûtaient trop cher, et que leurs métiers polluaient la planète, les pays occidentaux connaissent depuis une quinzaine d'années un renouveau d'action directe, souvent violente. A l'accroissement du nombre de grèves, d'émeutes, parfois insurrectionnelles, s'ajoute une gamme de publications, de débats et de forums multiples contre « le capitalisme ». Le travail se rebiffe...

...mais si son recours à la violence témoigne d'une contradiction qui éclate, il ne suffit pas à évaluer la force de la riposte, son degré de conscience et son avenir. Les gestes - ou les menaces - que l'on a vus à Cellatex, Continental ou New Libris expriment une « rancoeur» de la part de salariés qui refusent que leur travail soit traité comme une marchandise. Cette non-résignation succède aux années de concessions imposées à des salariés qui espéraient au moins sauver l'entreprise : productivité accrue, formation obligatoire, horaires allongés, licenciements partiels, blocage ou baisse de salaire, déménagements forcés... Après tant de sacrifices (vécus avec mauvaise conscience, car chaque recul successif protégeait l'emploi des uns au prix du départ des autres), la réaction de défense finale n'imagine ni ne tente autre chose que de se comporter en travail à la recherche d'un capital. Le syndicat est alors pleinement dans son rôle en se voulant meilleur comptable que les patrons : quand Continental a décidé d'investir 280 millions € pour fermer son site de Clairoix, le responsable CGT a objecté que cette somme aurait pu payer 4 ou 5 années de salaires pour cette usine. Le syndicaliste joue au gestionnaire parce que ce rôle a été rendu possible par la dynamique d'un conflit où le capitalisme a de bout en bout gardé l'initiative.

Quand la violence collective s'en prend aux effets

En Asie, le travail réagit à la mesure du traitement patronal et de la répression (étatique et privée) qu'il subit, et les contradictions sociales y explosent avec la force des émeutes et des insurrections européennes autrefois : le 6 mai 1892, une grève de 65.000 ouvriers du textile de Lodz et 4 jours d'émeutes se soldent par 80 morts. Il y a un lien entre d'un côté le taux de surexploitation - repérable par exemple au nombre d'accidents du travail - et de brutalité dans la répression, et de l'autre l'ampleur des risques volontairement courus par les travailleurs en lutte. Face à un capitalisme dont les machines tuent et mutilent, et qui n'hésite pas à faire tirer sur un piquet de grève, le prolétaire met sa vie en jeu pour améliorer son sort, n'a pas peur d'affronter jusqu'au bout ceux qui le traitent en ennemi, et parfois c'est le patron qui meurt. En décembre 2009, les ouvriers d'une aciérie chinoise ont lynché le manager qui s'apprêtait à les licencier.

Mais cette lutte à mort n'est pas définitive. Quand le capital reconnaît au travail son rôle (en commençant par accorder plus qu'un salaire de famine), le prolétaire généralement l'accepte. Quand dans son propre intérêt le capitalisme paye un salaire assurant la reproduction de la force de travail (incluant de quoi faire vivre la famille du salarié), ce qui suppose que le bourgeois veuille et puisse le faire, la violence manifeste commence à décroître, comme en témoigne la baisse du nombre de tués par des accidents du travail ainsi que lors de grèves et de manifestations. On l'a vu au Japon après 1950, en Corée du Sud plus tard, à Taiwan ensuite, étant entendu cependant que tout capitalisme fragile est susceptible de virer à la dictature, l'Amérique latine l'a assez prouvé.

Violence négative-dépressive

Depuis vingt ou trente ans, on nous répète que le travail perd de sa pénibilité, libère (les femmes, notamment, qui y gagneraient leur indépendance), et cesse de toute façon d'être au cœur de nos sociétés. Cette idéologie a beau être tout à la fois incohérente et démentie par les faits, elle n'en règne pas moins.

Aussi nos contemporains, prolétaires inclus, se trouvent-ils mal préparés à réagir devant des suicides liés au travail qui ne sont pourtant ni plus ni moins nombreux qu'avant.

Alors que la violence (statistiquement rare) dirigée contre le patron ou l'entreprise passe au pire pour une odieuse agression, et au mieux pour une brève folie collective, l'opinion s'émeut de la violence dirigée par le travailleur contre lui-même. Les mêmes qui hier annonçaient la fin du travail, le décrivent aujourd'hui porteur de souffrance. C'est encore parler du travail de façon négative. Traiter le travailleur en délinquant quand il se rebiffe, et en victime quand il se tue, c'est dans les deux cas nier sa capacité à agir et à peser positivement sur le cours de choses. Cette idéologisation est rendue possible par l'attitude du travail lui-même, qui n'arrive pas - ou pas encore - à rendre coup pour coup.

Ce n'est d'ailleurs pas n'importe quel salarié dont le suicide émeut. Des ouvriers se sont tués sans faire la Une des quotidiens. La nouveauté, c'est que le phénomène touche des travailleurs relativement privilégiés. Faire de « la recherche » pour Renault au technopole de Guyancourt est plus valorisant qu'assembler des carrosseries de Laguna. France Télécom, c'est la partie « noble » des ex-PTT, celle de la communication virtuelle symbole de modernité par rapport à la distribution vieillotte du courrier dans la boîte à lettres. Etre embauché chez Thales, c'est participer à la haute technologie. Il y a là une des raisons pour lesquelles ces salariés supportent si mal les contraintes de rentabilité qui leur sont imposées à eux aussi, autrement qu'à l'opérateur sur la chaîne ou au facteur sur son vélo, mais avec la même soumission au temps et à la rentabilité. Le capital traite mal les secteurs du travail dont il espérait faire ses meilleurs soutiens.

Des prolétaires en lutte, même dans un rapport de force défavorable, n'ont pas l'idée de retourner contre eux-mêmes la tension et la contrainte qu'ils subissent : la puissance de négation qui est la leur, ils la dirigent contre le patron et l'Etat. Au contraire, le travailleur qui se suicide reporte sur son corps individuel une violence infligée par la force sociale du capital incarnée en la personne de managers et d'actionnaires : il renonce ainsi à un conflit qu'il n'imagine pas pouvoir livrer. Les salariés se sentent tellement impuissants que quelques-uns en viennent à choisir une mort volontaire et solitaire et, phénomène plus grave, que beaucoup d'autres salariés se reconnaissent mieux en celui qui se supprime qu'en celui qui résiste.

Quand la violence collective remonte des effets aux causes

Si les émeutes grecques de décembre 2008 se distinguent de la plupart des autres modes de violence, c'est qu'elles doivent leur intensité au fait que, contrairement aux réactions habituelles contre les « excès policiers », la police a symbolisé ici d'autres pouvoirs plus profonds que ses matraques : l'argent, sa capacité de forcer à travailler, la différence de classe. Concentration de force sociale, la police concentre aussi sous une forme visible et brutale tout ce que la société impose, brime et détruit. C'est pourquoi l'attaque s'est portée contre des bâtiments privés et publics, mairies, préfectures et ministères, jusqu'à les incendier ; c'est pourquoi, aussi, elle n'a pas mis en avant de revendications (politiques ou économiques), se rendant ainsi irrécupérable.

Noël grec...

Quoique le mouvement ait débordé de son lieu d'origine, et secoué d'autres villes, le foyer de l'explosion, le quartier de l'Exarcheia à Athènes, a illustré in vivo la constitution d'une communauté prolétarienne. Si le partage déjà ancien de conditions sociales voisines, d'habitudes de résistance, de discussions, dans une proximité géographique, a créé plus que lui-même, c'est aussi parce que précaires et petits salariés de ce quartier étaient à la fois relativement homogènes et poussés par la situation à s'ouvrir à d'autres expériences, ailleurs, et donc à transformer leur propre pratique. Sinon, la réaction à l'assassinat d'Alexis n'aurait été qu'une émeute locale de plus. A la différence des banlieues françaises fin 2005, et du mouvement anti-CPE l'année suivante, il y a eu en Grèce une communauté d'action entre catégories : jeunes précarisés, sans-papiers, Gitans, immigrés albanais de la 2e génération, salariés du bas de l'échelle (nettoyage et entretien, notamment des entreprises de sous-traitance dans les services publics), prisonniers, adolescents scolarisés, étudiants...

Cette expérience montre de quoi serait capable un mouvement qui, cette fois, s'unirait au monde des travailleurs plus stable des grandes entreprises, aboutissant à une transformation mutuelle des deux. Citons un « Communiqué de prolétaires de l'Université d'Economie d'Athènes » de décembre 2008, Nous détruisons le présent parce que nous venons du futur :

« Tout commence et tout mûrit dans la violence - mais rien n'en reste là. La violence destructrice qui éclata lors des événements de décembre a provoqué l'arrêt de la normalité capitaliste dans le centre de la métropole, une condition nécessaire mais insuffisante pour la transformation de l'insurrection en une tentative de libération sociale.

La déstabilisation de l'économie capitaliste est impossible sans paralyser son économie - c'est-à-dire sans interrompre la fonction des centres de production et de distribution, par la biais de sabotages, d'occupations et de grèves. »

Suivent des exemples de pratiques « pour que, au milieu de la confusion de l'insurrection, la société libre et communiste commence à prendre forme. »

La grande majorité des prolétaires ayant la plus grande sécurité d'emploi (souvent membres du syndicat dominant, la CGTG, dont le président était devenu Ministre du Travail dans un gouvernement socialiste) sont restés en dehors du conflit : « Un grand nombre de travailleurs des grandes entreprises ont été plus spectateurs que protagonistes (..) ce qui constitua une limite pour la révolte. » (Communisme, n°61, 2009) C'est aussi pour cette raison qu'au contraire de mai-juin 68 en France, les syndicats ont joué un rôle mineur dans les événements.

« Et la question est là en ce début décembre [2008] : les travailleurs qui ont un boulot stable et un salaire assuré sont-ils capables eux aussi de contester la fonction sociale qui leur est attribuée ? Jusqu'ici, rares sont ceux qui ont fait le pas. (..) Les occupations [de bâtiments publics, d'écoles, de mairies, de stations de radio] ne pouvaient à elles seules compenser l'absence de relève de la part de ceux qui travaillent - or, les jours suivants [au bout d'une semaine de révolte] le confirment, cette relève ne vient pas . (..) Pour une grande partie des travailleurs qui sont restés au travail, ce n'est pas l'envie de rejoindre la lutte qui a manqué ; ce qui les a bloqués, c'est l'idée terrorisante que leur solidarité avec les émeutiers puisse se conclure par la perte de l'unique possibilité de survivre dont ils disposent. » (Nous sommes une image du futur. Fragments vécus du soulèvement de décembre 2008 en Grèce, Les Habitants de la Lune, 2009)

Comme l'écrit le groupe grec TPTG, le mouvement manifestait « une réalité plus profonde dont tout le monde parlait » :« le besoin de dépasser l'isolement de l'individu d'avec la vie collective (Gemeinwesen)», isolement créé par la domination du capital sur le travail. Mais « ce moment décisif, ce point de non-retour, n'a jamais été atteint. Au fond, c'était le passage d'une minorité prolétarienne révoltée à travers une assez courte unité de temps, et non une révolution. » Cela n'enlève rien à la présence et à la force de cette "réalité plus profonde", mais elle n'a pas pris le dessus.

Autant ce soulèvement prouve de quelle force critique sont capables ceux que le capitalisme avait cru atomiser et soumettre, autant il serait faux d'y voir la montée de catégories mobiles appelées à remplacer les lourds bataillons d'une classe ouvrière usée. C'est pourtant cette idée, implicite ou explicitée, qui se fait jour chez certains radicaux. Le déroulement des événements grecs suggère une autre interprétation. Ces émeutes sont restées avant tout une révolte de la « génération 600 € » : si elle a noué peu de liens avec le travail dit protégé, c'est que malgré leur radicalité, ou à cause de la forme prise par leur radicalité, les précaires n'ont pas posé le problème général du salariat. Plus exactement, ils l'ont posé seulement à partir de leur propre condition.

...et printemps antillais

En 2008, la Guyane avait connu deux semaines de grèves, d'émeutes et de blocages. Un an plus tard, en Guadeloupe, l'action commune ou parallèle des sans travail, salariés et marginalisés est allée au-delà de l'exigence de 200 € d'augmentation pour les bas salaires. Mais le refus profond animant le mouvement n'en a pas moins accepté l'encadrement syndical, via la domination de l'UGTG sur le collectif LKP. A l'inverse de la Grèce, il y a eu en Guadeloupe au départ une revendication salariale, portée par une organisation syndicale. En Grèce, « la majorité des salariés s'est tenue à l'écart ou à la traîne. En Guadeloupe, ce sont les salariés qui ont lancé le mouvement... et ont au bout du compte accepté sa neutralisation. » (Communisme, n°61, juin 2009)

Du point de vue des « intérêts généraux du prolétariat », la limite des luttes qui ont secoué la Guadeloupe (puis à un moindre degré la Nouvelle Calédonie) en 2009 n'est pas d'avoir été dirigées contre une situation néo-coloniale, et d'avoir visé un « rattrapage » de la condition faite au travail dans les DOM-TOM par rapport à la métropole. Quand les ouvriers de la canne à sucre payés 25% en dessous du smic obtiennent 30% de plus, cette augmentation est éminemment positive, comme tout effort du travail pour améliorer sa situation, s'il ne renforce pas l'intégration du travail au capitalisme. Il n'y a rien d'étonnant à ce que la classe ouvrière des colonies entre (ou entre à nouveau, si ses luttes antérieures ont été défaites) dans un cycle d'organisation et de revendication déjà parcouru en métropole : en recourant au langage et aux méthodes de la CGT française avant 1914, voire de la CGTU après 1921, l'UGTG montre qu'elle combat plus l'archaïsme du capital que sa modernité.

Mais le fait décisif est l'absence actuelle de liens entre prolétaires « coloniaux » et « métropolitains » : à aucun moment ces conflits (durs et souvent autogérés) n'ont eu de résonance avec les conflits alors nombreux et souvent virulents en France hexagonale.

La distance entre prolétaires « coloniaux » et « métropolitains » n'est pas seulement géographique. La France en grève générale de Mai 68 ignorait presque tout de ce qui s'était passé aux Antilles un an avant : à la suite d'une grève des ouvriers du bâtiment, les gendarmes avaient tué près d'une centaine de personnes. D'ailleurs, dans la mémoire - ou l'absence de mémoire - française, le fait que le patronat antillais (en tout cas celui des grands patrons) soit « blanc » et le travail « noir » permet de transformer la question sociale en question coloniale, sinon raciale, et d'évacuer non seulement l'existence de prolétaires antillais, mais encore leurs luttes en tant que tels.

Une telle coupure ne date pas d'aujourd'hui, ni même d'hier. En février 1900, par exemple, les coupeurs de canne à sucre ont mené la première grève générale de Martinique. Contre la baisse des salaires (parfois de 50%), la hausse du coût de la vie (car à cette époque déjà de nombreux produits de base étaient importés, y compris viande et poisson) et l'intensification du travail - réalités encore présentes un siècle plus tard -, les ouvriers revendiquent de fortes augmentations de salaires. Organisés à la base, les arrêts de travail touchent la moitié de l'île, s'étendant par « grève marchante » pour faire pression d'une entreprise à l'autre. Les grévistes s'arment de bâtons, de coutelas et de pierres. Les patrons refusent toute discussion. Le 8, la troupe tire sur une foule qui ne la menaçait pas : 10 morts. Un début de négociation, où le patronat consent une faible augmentation, n'arrête pas la grève qui continue sans escalade dans la violence, et s'élargit aux ouvriers des « usines centrales » sucrières, jusque là restés hors du mouvement. Bien que le mouvement ait très peu d'écho dans les villes, la reprise du travail sera progressive et difficile, et les concessions inégales, les salariés des usines obtenant plus que les coupeurs. Les années suivantes, les entreprises répliquent en diminuant les surfaces cultivées tout en se modernisant pour moins dépendre du travail, - évolution là encore proche de celle subie de nos jours par les prolétaires de France et d'ailleurs. Mais, si l'on qualifie parfois le massacre du 8 février 1900 de « Fourmies antillais », par analogie avec la ville du Nord où, le 1er mai 1891, les soldats ont tiré sur des manifestants pacifiques et tué 9 personnes, cette comparaison n'empêche les prolétaires des Antilles de lutter parallèlement à ceux de métropole, sans que ces parallèles se rejoignent,- du moins jusqu'ici.

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 10:30
les élèves et les étudiants de l'Université et le monde de l'éducation

Nous vivons à une époque où la classe politique et la classe dirigeante, à travers une utilisation cynique de la crise économique, sont en outre une aggravation des conditions de vie d'étude et de travail de tous les secteurs faibles de la société.

Nous aimerions vous faire partager notre condition.

Nous Fiat travailleurs ambivamo ya environ trente ans et a choisi d'aller travailler à l'usine avec la perspective d'un faible, mais encore sécurisé salaire mensuel qui nous permettrait un avenir décent pour nous et pour notre famille: nous avons eu ce peu de sécurité accordée, dans le temps, être en mesure de se permettre la consommation de biens matériels en échange de notre ouvrage.

Au premières voitures acheté en tranches, allait ajouter de l'hypothèque sur la maison et peut-être la tranche du prêt à soutenir l'étude de nos enfants, pour l'assurer, imaginer un avenir meilleur que le nôtre.

Pendant des années, nous avons continué à avaler et déféquer  des biens matériels, la production d'humus que l'usine d'engrais du système capitaliste. Discussion Factory (et peut-être quelqu'un follement investi) parts sociales, bulle boursière du marché ... et pendant ce temps les travailleurs ont été meurent chaque jour en milieu de travail.

Maintenant, l'usine est utilisée comme une arme psychologique mises à pied, cela ne veut pas gagner, ne pas passer, et puis vous n'êtes personne, n'existent pas.

Le système capitaliste veut effacer le passé d'un seul coup (les droits et les revenus tirés par les luttes, les sacrifices et la mort de nos pères) et de l'avenir, c'est à dire la possibilité d'étudier et pour l'émancipation de nos enfants, en échange d'une Cette plus en plus axée sur la consommation immédiate.

Cette condition, s'est également détériorée dans les dernières décennies, nous conduit à penser que vous ne pouvez pas lutter individuellement ou par secteur, nous amène à croire qu'il est de plus en plus nécessaire de construire les chemins d'entraînement.

Nous voulons être unis dans la lutte parce que nous croyons que nous puissions améliorer les possibilités pour ceux qui étudient et travaillent les gens.

États-Unis, parce que le monde du travail et l'école vivent déjà une situation précaire et les mesures actuelles attirer leur détérioration.

États-Unis, parce que les étudiants d'aujourd'hui, demain dans un monde du travail précaire et nous, comme nos parents, nous devons nous assurer que notre lutte de rejeter les mesures de ceux qui veulent seulement "cash" sur la vie des plus faibles.

Aujourd'hui, les travailleurs et les élèves peuvent construire un pont, où le monde de la formation et la classe ouvrière et les travailleurs s'unissent pour proposer un dialogue et un disque pour éviter les attaques d'une société dans laquelle seule une petite partie décide pour tous.

Pour nous, il est important de laisser l'usine.

Nous croyons qu'il est nécessaire que toutes les organisations qui sont aujourd'hui touchés à travers le conseil d'administration par les gouvernements et les classes dirigeantes, ont à trouver un moment de dialogue, la compréhension, la discussion, conduisant à renforcer les luttes de tous et de champ d'une force opportun de revenir à améliorer nos conditions de vie.

Nous faisons cela pour UN APPEL DES TRAVAILLEURS ENSEMBLE, LES ÉTUDIANTS
dès que possible de s'entendre avec après la journée du 14 Décembre

Les travailleurs et les travailleurs de Fiat Mirafiori
(Rejoignez ex-travailleurs d'Agile Eutelia de Comdata, les travailleurs temporaires et les écoles, les télécommunications, temporaire et coopératives)
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 09:40
Il n’y a pas besoin d’un météorologue pour comprendre dans quelle direction souffle le vent : occupations universitaires en toute l’Europe, blocages des villes, manifs sauvages, rage. C’est ça, la réponse que la nouvelle génération est en train de donner à ceux qui veulent mettre une hypothèque sur notre futur avec dettes pour étudier, des coupures de l’État social et des augmentations des taxes.

 

 

Contre l’austérité et les coupures budgétaires, la détermination de milliers d’étudiants à Londres et la rage de ceux qui ont assiégé le Sénat à Rome ont déchiré le temps du présent : oui, car le futur est une conquête, et elle commence quand on choisit, collectivement, de prendre des risques et de lutter.

 

Le luttes formidables que l’on est en train de traverser ont la capacité de nous faire vivre le présent avec cette intensité qui dépasse la linéarité du temps, qui refuse la précarité : il s’agit d’un assaut au futur.

 

Nous ne voulons pas nous endetter, nous ne voulons pas payer des taxes pour étudier, à Londres comme à Paris, Rome, Athènes, Madrid, Dublin et Lisbonne. Ce mouvement européen, c’est le refus de la recette de l’austérité, le refus de nous endetter pour ces politiciens misérables auxquels on crie «Que se vajan todos !» (Que se tirent tous ! ndt) Ce qui est en train de se passer pendant ces jours à Rome, a d’abord éclaté à Londres, et auparavant encore à Paris : un mouvement qui parle la même langue, une même génération en révolte qui habite des métropoles différentes mais nourries de la détermination des luttes, qui pique comme une abeille.

 

Face à des États-nations en crise dont l’unique recette, bien connue, rime avec austérité et endettement, ce qu’on doit faire, c’est nous rencontrer et inventer une nouvelle grammaire qui dépasse la faiblesse de nos propres gouvernements. En Italie non seulement on a occupé les universités, mais on a aussi bloqué les autoroutes, la circulation et la mobilité d’un pays tout entier pour faire circuler les luttes, pour les connecter avec celles qui se déroulent au-delà des frontières nationales, pour arriver en Europe et bien plus loin. La circulation des luttes vit dans le blocage de la métropole et dans les manifestations sauvages à Londres, Paris et Rome. Là où la fluidité de ces villes découvre la corporalité des rapports de force, du refus et de l’indisponibilité.

 

Cet automne, on a donné vie à un mouvement estudiantin qui est varié et radical, réellement hétérogène. Ces réclamations communes viennent d’une protestation qui est née au milieu de la crise et qui représente sa réponse la plus courageuse. Une lutte composée de beaucoup de luttes et de sujets, de différentes temporalités qui se sont emmêlée pour revendiquer plus de bourses d’études et le libre accès à une éducation publique et de qualité.

 

Derrière les livres-boucliers du Book-Bloc, une génération s’est reconnue et retrouvée dans les protestations. Aujourd’hui, dans beaucoup de villes italiennes, le mouvement estudiantin a montré plus que de la simple solidarité : il n’y a pas qu’en Angleterre qu’il y a des manifestations aujourd’hui, dans toute l’Europe les étudiants s’opposent à des augmentations honteuses de taxes et à des coupures indiscriminés à la recherche et à la formation.

 

Vous n’êtes pas seuls, nous ne sommes pas seuls : un mouvement européen, une nouvelle génération, qui n’aura pas de retraite et qui aura une vie pire de celle de leurs parents, n’a aucun envie de se renseigner ; on a la force de ceux qui veulent transformer le monde et l’intelligence pour pouvoir le faire. Ceci n’est que le début !

 

C’est pour ça que nous proposons aux étudiants, chercheurs, travailleur précaires et doctorants, une assemblée européenne à construire tous ensemble au début 2011 à Rome. Pour continuer la lutte, pour que le vent qui est entrain de souffler devienne une tempête !

 

Traduit de l’anglais (UNIRIOT )
par Le Réveil, 10 décembre 2010.

 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 09:21

Ce texte  (issus de la revue échanges n°134) a été proposé par le Collektifchomeur-euse et préckaire sans honte adresse mail:collektifprekairechomeureuse@yahoo.fr


Il y a en France une sorte de culte ou de rou­tine de la mani­fes­ta­tion qui est plus un acte de pres­sion poli­ti­que que l’expres­sion d’une action directe de classe. C’est une arme aux mains des syn­di­cats, car ils sont pra­ti­que­ment les seuls à pou­voir orga­ni­ser des ras­sem­ble­ments signi­fi­ca­tifs à l’éch­elle de toute la France. Gouvernement et confé­dé­rations syn­di­ca­les s’affron­tent sur le nombre des mani­fes­tants, qui serait une sorte de ther­momètre de la ten­sion sociale et don­ne­rait plus de poids aux diri­geants syn­di­caux dans leur dia­lo­gue avec le pou­voir.

Mais il ne faut pas trop se faire d’illu­sion sur ce nombre. En général, la mani­fes­ta­tion se double d’une « journée d’action », ce qui ne signi­fie pas forcément une grève mais laisse lati­tude aux sec­tions syn­di­ca­les d’entre­prise dans l’orga­ni­sa­tion de la pro­tes­ta­tion à leur niveau. Le nombre de mani­fes­tants ne tra­duit pas obli­ga­toi­re­ment la par­ti­ci­pa­tion active d’un nombre impor­tant de tra­vailleurs : c’est un fait bien connu que les confé­dé­rations syn­di­ca­les peu­vent, si elles le jugent néc­ess­aire pour cette pres­sion poli­ti­que, « mobi­li­ser » tous ceux qui, dans les entre­pri­ses, ont droit léga­lement à du temps « non pro­duc­tif » payé (y com­pris des « représ­entants » pris à l’extérieur de l’entre­prise) ; une usine de taille moyenne (par exem­ple 1 000 tra­vailleurs) peut ainsi « mobi­li­ser » une qua­ran­taine de « représ­entants syn­di­caux », tous syn­di­cats confon­dus. S’y ajou­tent éventu­el­lement quel­ques fidèles aux­quels les horai­res en équipes ou les ajus­te­ments de la loi sur les 35 heures per­met­tent d’aller mani­fes­ter ainsi sans perte de salaire, au point que leurs détr­acteurs ont pu parler de « grèves RTT ».

La mani­fes­ta­tion est un sub­sti­tut à la grève, uni­que­ment à caractère poli­ti­que, sans affir­ma­tion sociale en termes de lutte de classe. Elle doit cepen­dant être considérée sous un autre aspect : si, pour les confé­dé­rations syn­di­ca­les, ces défilés sont un moyen de cana­li­ser un mou­ve­ment et éventu­el­lement de l’épuiser par leur répé­tition qui entraîne une dés­aff­ection à son égard puis sa mort, elles peu­vent aussi avoir un effet exac­te­ment inverse : une par­ti­ci­pa­tion plus impor­tante que prévue peut être révé­lat­rice d’un cou­rant plus pro­fond et plus général qui dép­asse l’objet appa­rent des reven­di­ca­tions posées par les confé­dé­rations syn­di­ca­les.

C’est ce qui s’est pro­duit lors de chaque mani­fes­ta­tion – sept ou huit (selon que l’on compte ou non les journées inter­syn­di­ca­les ou celles de FO seule), entre le 23 mars et le 6 novem­bre – qui se vou­lait, sem­bla­ble aux pré­céd­entes, contre les retrai­tes. Non seu­le­ment cha­cune d’elles a ras­sem­blé autant sinon plus de par­ti­ci­pants que les actions antéri­eures, mais ces défilés avaient lieu conco­mi­tam­ment dans de nom­breu­ses villes, regrou­pant par­fois plus de par­ti­ci­pants que les effec­tifs sala­riés des agglomé­rations concernées. Cette caractér­is­tique montre que la pro­tes­ta­tion contre la réf­orme du système de retraite conte­nait un autre élément : elle a tra­duit un mou­ve­ment ample de méc­ont­en­tement social, qui ne pou­vait appa­raître clai­re­ment en raison des par­ti­cu­la­ris­mes divers (ins­ti­tu­teurs, agents des hôpitaux, che­mi­nots...), les­quels ont pro­fité de cette oppor­tu­nité pour expri­mer leurs reven­di­ca­tions sec­to­riel­les.

L’unité affi­chée par les confé­dé­rations syn­di­ca­les dans l’appel à la mani­fes­ta­tion por­tait d’ailleurs tém­oig­nage de l’ampleur de ce cou­rant non appa­rent de méc­ont­en­tement social global. Leur embar­ras sur la suite à donner aux mani­fes­ta­tions montre bien qu’elles crai­gnent de se trou­ver devant un mou­ve­ment de grande ampleur qui dép­as­serait leurs forces de contrôle. Des diri­geants syn­di­caux ont exprimé ouver­te­ment une telle crainte. Ils lais­sent ainsi appa­raître qu’ils n’ont aucu­ne­ment l’inten­tion de pro­mou­voir une action de grande ampleur tout en sachant que la réf­orme sera fina­le­ment adoptée et que leur jeu poli­ti­que avec le pou­voir ne leur per­met­tra de reven­di­quer que quel­ques amé­na­gements de détail. Leur rôle effec­tif actuel, objec­ti­ve­ment ou pas, est bien dans la ligne de la fonc­tion syn­di­cale : être les agents effi­cients de ce que le capi­tal a besoin pour rés­oudre les pro­blèmes menaçant sa pér­ennité et, éventu­el­lement, être les chiens de garde du système.

Journées de grèves et de mani­fes­ta­tions natio­na­les se sui­vront quel­que­fois à quel­ques jours d’inter­valle. Comme cette répé­tition n’a pas l’effet escompté, au contraire, cette dét­er­mi­nation de base de ne pas cesser la lutte contraint pra­ti­que­ment les confé­dé­rations syn­di­ca­les d’une part à main­te­nir leur unité, d’autre part à orga­ni­ser ce mini­mum de lutte en le réd­uisant au thème des retrai­tes.

Mais, dans le même temps, se sont développées une série d’ini­tia­ti­ves diver­ses, émanant de la base syn­di­cale ou d’indi­vi­dus, ou encore de col­lec­tifs variés, voire de fédé­rations syn­di­ca­les opposées à la poli­ti­que réf­orm­iste de leur confé­dé­ration. Comme l’a sou­li­gné un jour­na­liste de Libération, on a « d’un côté le gou­ver­ne­ment, les direc­tions syn­di­ca­les, les partis de gou­ver­ne­ment prêts à un com­pro­mis pour sortir du mou­ve­ment, de l’autre une partie de la base, les lycéens, cer­tai­nes pro­fes­sions en colère, cer­tai­nes orga­ni­sa­tions CGT, des mili­tants disséminés mais actifs ». Ces ini­tia­ti­ves peu­vent être de deux sortes : d’une part des grèves qui s’ins­tal­lent dans la durée, d’autre part des par­ti­ci­pa­tions diver­ses loca­les à des actions ponc­tuel­les ou de sou­tien aux piquets de grève.

Les grèves peu­vent être limitées à des sec­teurs bien définis : les dockers du port de Marseille, les éboueurs et d’autres agents muni­ci­paux de cette ville, les raf­fi­ne­ries de pét­role et le blo­cage des dépôts pét­roliers, sec­teurs où la grève est totale. Par contre, bien que des grèves reconduc­ti­bles aient été lancées dans le sec­teur des trans­ports (SNCF et trans­ports urbains), elles n’ont pas été assez puis­san­tes pour per­tur­ber ces sec­teurs dans le temps. On doit regar­der avec pru­dence l’ensem­ble de ces conflits qui res­tent entre les mains des cen­tra­les syn­di­ca­les : leur décl­enc­hement et leur arrêt, à des moment précis, mon­trent qu’au-delà du vernis radi­cal qu’on a pu leur prêter, ils entraient dans une stratégie élaborée et bien contrôlée.

D’autant que malgré l’arrêt de douze raf­fi­ne­ries et le blo­cage des deux prin­ci­paux ter­mi­naux d’impor­ta­tion de brut (Fos et Le Havre), de nom­breux dépôts secondai­res (Bordeaux, Rouen [1], Sète...) ont été uti­lisés pour appro­vi­sion­ner la France (notam­ment les sociétés de la grande dis­tri­bu­tion, qui ont affrété ensem­ble des pét­roliers), à partir de la zone Anvers-Rotterdam-Amsterdam, comme l’indi­que l’heb­do­ma­daire Le Marin (filiale d’Ouest-France) du ven­dredi 29 octo­bre (après la reprise du tra­vail). Les indus­triels du raf­fi­nage vont jusqu’à dire que « le pays a appris à se passer de ses raf­fi­ne­ries ».

La CGT n’a-t-elle pas pola­risé la lutte des raf­fi­ne­ries sur quel­ques gros­ses usines pour y atti­rer éga­lement les mili­tants désireux de ren­for­cer les piquets et les blo­ca­ges, alors que dans les ports secondai­res, les pro­duits finis cou­laient à flot sans que l’on en parle et sur­tout sans qu’aucune forme d’action y prenne forme ? Non seu­le­ment on n’a entendu aucun appel syn­di­cal à étendre ces blo­ca­ges par­tout en France (ce qui paraît normal) mais rien n’est venu non plus de la « base mili­tante » qui s’est laissé entraîner – signi­fiant ainsi l’inexpéri­ence et la fai­blesse de l’ensem­ble du mou­ve­ment. Les raf­fi­ne­ries et dépôts auront au moins permis à la radi­ca­lité de trou­ver là un point d’ancrage et de s’occu­per entre deux mani­fes­ta­tions.

Et ceci alors que le blo­cage du sec­teur pét­rolier appa­rais­sait comme le seul capa­ble de per­tur­ber le ravi­taille­ment dans cer­tai­nes par­ties du ter­ri­toire et, par contre­coup, toute l’acti­vité éco­no­mique (beau­coup d’indus­triels, écrit le même jour­nal, ont été quand même « pénalisés »). En réaction, le gou­ver­ne­ment a dis­persé par la force les piquets de grève et uti­lisé des moyens juri­di­ques pour contrain­dre au mini­mum un déb­lo­cage de la dis­tri­bu­tion. Ces opé­rations ont décl­enché une soli­da­rité active ; les opé­rations de blo­cage, après les inter­ven­tions poli­cières, se sont déplacées vers le réseau rou­tier. Mais, en général, elles n’ont pas été suf­fi­sam­ment sou­te­nues et per­ma­nen­tes pour être effi­ca­ces. Tant de la part des inter­ven­tions poli­cières que du côté des « blo­queurs », tout s’est le plus sou­vent déroulé dans une sorte de « modus vivendi »... malgré un air de lutte, ces rap­ports paci­fi­ques et les mani­pu­la­tions syn­di­ca­les nous éloignent de la guerre de classe.

Alors que le mou­ve­ment dér­oulait depuis des jours ses sem­pi­ter­nel­les mani­fes­ta­tions s’est développé, éga­lement dans toute la France, un mou­ve­ment de grève des élèves des écoles secondai­res et pour partie des uni­ver­sités. Ce qui rejoi­gnait ce que l’on a pu cons­ta­ter dans une par­ti­ci­pa­tion de plus en plus impor­tante au cours des mois de frac­tions de plus en plus jeunes de la popu­la­tion ; c’est dans le cadre de ce mou­ve­ment qui touche éga­lement les jeunes des ban­lieues (mais peu les jeunes sala­riés) que l’on a vu les affron­te­ments les plus vio­lents avec la police. Ces grèves lycé­ennes et étudi­antes ont entraîné une sorte de fusion avec les blo­ca­ges, soit liés à des grèves, notam­ment à celle des raf­fi­ne­ries de pét­role, soit liés aux journées d’action syn­di­ca­les.

C’est ainsi que l’ensem­ble du mou­ve­ment, for­mel­le­ment dirigé contre la réf­orme des retrai­tes, s’est montré l’expres­sion directe d’une pro­tes­ta­tion dirigée plus contre le gou­ver­ne­ment que contre le système capi­ta­liste dans sa crise actuelle. Mais ce mou­ve­ment reste dif­fi­cile à caracté­riser, dans son mél­ange de forte dét­er­mi­nation et de grande confu­sion.

Alors que cer­tains reven­di­quaient un « blo­cage de l’éco­nomie », cette éco­nomie capi­ta­liste a conti­nué de tour­ner sans trop de dif­fi­cultés. Ce qui s’est passé n’est en rien com­pa­ra­ble à Mai 68 par exem­ple, ni à des mou­ve­ments d’ensem­ble plus récents. Mis à part la ville de Marseille et le sec­teur pét­rolier, aucun des sec­teurs clés n’a été en grève, ou alors de manière très limitée.

L’inconnu sur ce qui peut sur­ve­nir tient dans plu­sieurs points : les lycéens et étudiants, le vote de la réf­orme (qui amè­nera cer­tai­ne­ment cer­tai­nes confé­dé­rations à se reti­rer de l’inter­syn­di­cale), le dével­op­pement de la fusion entre différents cou­rants de lutte vers un large mou­ve­ment de contes­ta­tion sociale éch­appant au contrôle syn­di­calo-poli­ti­que. Ce qui est cer­tain, c’est que les « mar­gi­na­lités » de la lutte, pour dét­erminées qu’elles puis­sent être, ne pour­ront, à elles seules – c’est à dire sans un mou­ve­ment puis­sant des tra­vailleurs – dép­asser toutes les forces de contrôle social et amor­cer dans la lutte le chan­ge­ment de société dont elles rêvent.

J. H. et H. S.

NOTE

(1) Près du dépôt Rubis à Rouen, des barges sur la Seine char­geaient de l’essence apporté par des camions citer­nes venant des pays limi­tro­phes. De tels camions ont aussi livré les sta­tions d’essence. Des péniches ont lar­ge­ment été uti­lisées sur la Seine pour aller livrer à un point donné une kyrielle de camions citer­nes qui atten­daient.

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 09:30

Le fait que la loi sur la réforme des retraites soit promulguée ne change rien à son caractère injuste, et ne donne pas légitimité à une réforme rejetée par la majorité de la population.

 

La grève générale, seule à même d’inverser le rapport de forces, n’a pas eu lieu, mais la volonté de résistance ne s’est pas éteinte.

 

Cette résistance s’inscrit dans une perspective de lutte plus large et plus globale contre une politique et un système inégalitaire.

 

Nous sommes conscients que cette lutte revêt une dimension internationale et que la solidarité est notre force.

 

Des assemblées générales interprofessionnelles, des intersyndicales locales ouvertes, des collectifs de lutte, etc. ont, dans des dizaines de localités, permis de s’organiser, ensemble, à la base, syndiqués et non syndiqués, travailleurs, chômeurs et étudiants, des lycéens aux retraités. C’est un acquis important de la lutte.

 

Et si la notion d’assemblée générale appartient aux moments de lutte et de grève, il est primordial que les liens tissés se maintiennent et que, parfois sous d’autres formes, les espaces créés localement se prolongent.


Une AG interlutte se déroule régulièrement depuyis le 23 novembre 2010 à Valence à la maison des sociétés 3 rue ST jean le mardi à 19h/

 

Le mardi 7 décembrel'AG interlutte a décidé d'un rassemblement devant la caisse d'allocation familiale de Valence dés 10h le 14 décembre  car ce jour  est le premier jour de la grève générale reconductible en guadeloupe ci dessous le tract d'appel pour cette journée du 14 décembre

 

SOLIDARITÉ AVEC LES TRAVAILLEUR-SE-S

ET LES PEUPLES DE GWADLOUP, MATINIK ET LA GUYANN !!

Un an après la grève générale exemplaire menée par les travailleur-se-s de Guadeloupe, Martinique et de Guyanne, ceux et celles-ci restent mobilisé-e-s pour faire appliquer les accords conclus alors pour, entre autre, l'augmentation des bas-salaires, la baisse des produits alimentaires et du prix du carburant... autant d'avancées arrachées à l'époque et qui, aujourd'hui ne sont pas respectées !

 

L'Etat colonial et le système capitaliste, main dans la main, développent un arsenal répressif dont l'unique objectif est de fragiliser le mouvement ouvrier et plus particulièrement les mouvements LKP, K5F (Collectif du 5 Février) et Collectif Contre la Vie Chère.

Ainsi, en Guadeloupe, ces derniers mois, l’appareil répressif de l’Etat français a décidé d’éliminer toute contestation sociale et s'attaque plus particulièrement à la centrale UGTG, majoritaire sur l'île.

Convocations et procès se succèdent :

  • Des responsables de l'UGTG sont traduit-e-s en justice pour refus de prélèvements ADN.

  • Une déléguée syndicale UGTG a été condamnée à un an de prison avec sursis et + de 10 000 euros d'amende pour avoir tenté de s'exprimer en créole dans le tribunal.

  • Suite à la mort accidentelle d'un jeune cyclomotoriste en février 2009, 9 militant-e-s du syndicat de l'hôtellerie dont leur secrétaire général, Charly LENDO, risquent la mise en examen pour homicide indirect, blessures indirecte et mise en danger de la vie d'autrui...

  • Une des avocats de l’UGTG, Maître Sarah ARISTIDE, qui a fait l’objet de menaces, d’intimidations et d’agressions, a été sauvagement molestée par des gendarmes le 22 octobre dernier alors qu’elle tentait de rentrer dans le palais de justice pour assurer la défense de Charly LENDO.

L'interlutte tient à exprimer toute sa solidarité aux camarades de l’UGTG face à de tels agissements qui bafouent des droits fondamentaux tels que le droit d'expression et le droit syndical.

L'interlutte apporte également son soutien aux mouvements LKP, K5F et au Collectif contre la Vie Chère de la grève générale qui débutera le 14 décembre en Guadeloupe, Martinique et Guyanne, pour faire respecter les accords de 2009.

  • L’application intégrale de l’Accord Bino négocié de haute lutte avec le patronat, le respect par l’Etat et les collectivités des clauses de l’accord dont ils sont cosignataires, c’est-à-dire l’augmentation réelle des salaires des travailleurs concernés par cet accord.

  • Le respect de toutes les dispositions de notre accord du 04 Mars 2009.

Nou vlé osi...

  • L’arrêt de la répression anti-syndicale qui frappe les dizaines de militants syndicaux, tracassés, traînés devant les tribunaux du pouvoir colonial qui entend se venger de la grève générale de Février - Mars 2009.

  • L’arrêt de l’obligation pour les militants syndicaux de devoir donner leur ADN, ce que les militants de l’UGTG refusent, et avec raison !

  • Le retrait de la loi sur les retraites qui est une attaque inacceptable contre l’ensemble des salariés et une attaque plus grave encore contre les femmes !

  • La prise de mesures pour mise en sécurité sanitaire du Peuple de Guadeloupe (chlordécone, dengue etc..) et le dédommagement des victimes économiques du Chlordécone (Agrikiltè, Péchè).

  • La titularisation de tous les travailleurs en contrats précaires.

  • L’augmentation générale des salaires, pour palier l’augmentation effrénée du coût de la vie, et en particulier l’augmentation des salaires les plus bas.

  • La débaptisation de tous les lieux-dits portant des noms d’esclavagistes, de criminels, de racistes au profit des noms glorieux d’esclaves marrons, révoltés ou de noms évocateurs de la lutte anti-esclavagiste, anticolonialiste, anticapitaliste des travailleurs et du peuple noir, indien ou blanc de notre pays.

Pour cela l'interlutte a décidé d'organiser le 14 décembre, 1er jour de la grève générale, des actions de solidarité  à Valence dés 10 heures du matin devant la Caisse d'allocation familiale de cette ville et après en ville

 

http://groups.google.com/group/collectif-inter-luttes

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 20:31

Coup de froid sur la CGT. En dix jours, la centrale de Bernard Thibault vient d’accuser de nets reculs aux élections professionnelles dans plusieurs de ses grands bastions. A la RATP, où les 45.500 agents viennent de voter, elle conserve sa première place avec 34 % des suffrages environ, selon des résultats encore provisoires, mais accuse un recul de quelque trois points. La semaine dernière, elle avait déjà subi de gros revers dans les industries électriques et gazières (IEG), avec une baisse de 4,5 points chez EDF SA, de 7 points chez GDF Suez et d’environ 4 points chez les distributeurs ErDF et GrDF. Un recul historique, qui la fait passer sous la barre des 50 % dans la branche et donc perdre son précieux droit d’opposition aux accords.  Un autre signal négatif est venu, mi-novembre, de La Poste, lors des élections des salariés au conseil d’administration, où la CGT est retombée de 35,1 % à 32,8 %.

Au sortir du conflit sur les retraites, ces mauvais résultats risquent de raviver le débat au sein de la CGT sur la stratégie confédérale.  Les opposants au recentrage vers un syndicalisme moins contestataire et plus responsable, impulsé par Bernard Thibault, y trouveront matière à alimenter leurs discours.
Le prix de l’ambiguïté

Il ne reste pas moins très hasardeux de tirer de ces résultats de grandes conclusions sur l’évolution globale de l’audience et de l’image de la CGT. Certes, ces scrutins confirment qu’une partie de ses troupes les plus dures préfère désormais rejoindre SUD, qui progresse partout. Mais ce n’est là qu’une partie de l’explication. Le recul de la CGT dans ces bastions est aussi le fruit du renouvellement des générations et de la modernisation des entreprises concernées, avec notamment une hausse du nombre de cadres. En témoigne les nets progrès qu’y enregistre la CGC (lire ci-dessous).

 

La CGT paie aussi ses choix stratégiques locaux. Dans l’énergie, elle est notamment victime de ses ambiguïtés, avec un discours très dur au niveau local mais une stratégie de cogestion  au niveau national. A la RATP, le déclin s’est accéléré mais se produit depuis une dizaine d’années déjà. Et les agents lui reprochent au moins autant les faibles résultats engrangés en décembre 2009 lors de la grève du RER A que l’échec du mouvement contre la réforme des retraites. Surtout, la CGT souffre, selon plusieurs observateurs, de voir ses militants absorbés par les réunions et négociations avec la direction, délaissant le terrain, que SUD et l’Unsa ont fortement investi. Cette dernière, avec autour de 26 % des voix, conserverait sa seconde place.

Les résultats définitifs étaient encore attendus hier soir à la RATP, en raison d’un nouveau comptage des voix dans le collège bus. Ils sont guettés par FO et la CFDT, qui y jouent, avec la réforme de la représentativité, leur place à la table des négociations. Et les moyens financiers qui vont avec. Selon les dernières tendances, FO ne franchirait pas la barre fatidique des 10 %, tandis que la CFDT y parviendrait. Elles pourraient l’une et l’autre être tentées en cas d’échec de contester les chiffres et de demander un nouveau vote.
D.P. ET R.HO., tiré d'un article du journal Les Echos

on met  en contrepoint cette lettre ouverte parus sur le blog: "où va la CGT"

Lettres ouvertes aux confédérations et autres syndicats

Aux confédérations syndicales...


La CGT Goodyear avait en septembre 2010 écrit au secrétaire général de la CGT, mais cette fois-ci nous estimons que la responsabilité de l’échec (car il faut parler d’échec) de la lutte contre la réforme des retraites est clairement le fait d’une stratégie qui dès le départ a donné le tempo d’une lutte volontairement molle !!!!

La volonté de créer une intersyndicale, de se mettre autour d’une table commune pour établir un programme commun d’action, nous a déjà joué des tours, la politique de lutte de la CFDT est la plus déroutante et voir les secrétaires généraux de la CGT et CFDT  partageant la même vision de la forme de lutte à mener, cela ne faisait aucun doute sur la finalité de ce combat !!!!

Le mot combat est d’ailleurs fort pour qualifier ce simulacre de résistance à la politique du gouvernement et du MEDEF, nous parlerions nous plutôt d’accord de méthode, entre ce que le gouvernement adore appeler « les partenaires sociaux », car le MEDEF et le gouvernement aiment parler de syndicalistes responsables, de partenariat, de dialogue social, alors que jamais le monde du travail n’a jamais connu autant de violences, d’agressions, de répressions, nous avons vaguement l’impression d’être vendus, trahis, mais pour quelles raisons ?????

La réforme sur les retraites est impopulaire, illogique, certes mais, depuis des années nous subissons, nous vivons une régression sans précédent, le ras le bol est total, il fallait donc appeler à une véritable action contre les attaques dont souffre le monde du travail, car la réforme des retraites n’est que la face visible de l’iceberg, en réalité les salariés sont en train de crever, ils ne souffrent plus, ils meurent !!!!

La CGT Goodyear comme d’autres syndicats CGT d’autres entreprises, ont fait entendre leurs voix dès le début, nous souhaitions une grève dure dès le départ, au lieu de cela, les centrales confédérales et d’autres, ont mis en place des journées de mobilisation étalées sur plusieurs mois, 7 jours de manifestations sur 6 mois, des manifestations le samedi sur demande de la CFDT et pourquoi pas un boycott des messes le dimanche sur demande de la CFTC ???

Vous ne mesurez pas l’impact négatif de cette lutte perdue d’avance du fait de vos positions confédérales, des milliers de salariés ont une impression légitime d’avoir été trahis, le gouvernement peut se contenter de cette situation, même si dans beaucoup d’endroit la colère couve et s’exprimera tôt ou tard, pourquoi ne pas avoir appelé à une grève reconductible interprofessionnelle le premier jour, en moins de 5 jours le gouvernement aurait plié, blocage des zones industrielles, des poumons économiques de notre pays, dès le premier jour et là, nous aurions gagné, c’est une certitude !!!!

Nous saluons le courage et la détermination des camarades de la pétrochimie, des cheminots et de beaucoup d’autres, mais nous ne saluons pas votre stratégie. Qu’est ce qui vous oblige à ne pas nous écouter ?????

Vous savez pertinemment que les manifestations dans les grandes villes ne feront jamais reculer quiconque, vous auriez dû appeler à une action dure et reconductible dès le départ, vous avez commencé à parler (sur le bout des lèvres) de grèves reconductibles au moment ou les salariés grévistes s’épuisaient et vous le saviez !!!!

Nous vous avons vu sur une chaine du service public un soir face à PARISOT et ESTROSI, les propos tenus ce soir là par le patron de la CFDT ne nous a pas surpris, il a affirmé que la CFDT n’avait jamais pensé à une grève dure, que la CFDT condamnait les blocages, que la CFDT n’avait pas pour objectif et slogan de demander le retrait de la réforme, de même, la CGT n’a jamais affirmé qu’elle demandait le retrait total de cette réforme, bref, nous avions entre nous la base et vous les confédérations des objectifs totalement différents.

La patronne du MEDEF a même réussi ce soir là, à obtenir la programmation d’une réunion avec la CFDT en direct sur France2  et une réunion sur quoi, l’emploi des jeunes !!!!

Elle venait d’obtenir tout simplement la validation de la réforme des retraites, une négociation sur l’emploi des jeunes et des séniors et tranquillement, sans aucun scrupule la CFDT venait d’acter cette réforme en ouvrant une négociation sur les jeunes et les séniors dans le cadre de la réforme des retraites !!!!

Mais où allons nous, le MEDEF jubile, il se permet même de parler d’actes honteux quand des salariés bloquent une zone ou une entreprise, mais les actes honteux ne sont ils pas ceux qui visent à licencier des milliers de salariés, de voir qu’un groupe comme MOLEX se tire et laisse le PSE et les salaires à la charge des contribuables Français et tout cela sans impunité.

PARISOT dit : « est-ce que vous cautionnez les propos du responsable CGT Total qui parle de rafle quand les forces de l’ordre interviennent » réponse « bien évidement que non je ne cautionne pas » voici la réponse du secrétaire général de la CGT et celui de la CFDT de dire « je peux faire une précision, la CFDT lève les blocages ...» .

A voir ce spectacle, nous affirmons que le monde du travail va très mal et que si il ne réagit pas par la base, il est condamné, l’attitude arrogante du MEDEF et du gouvernement lors de ce direct démontre qu’ils se sentent à l’abri d’un appel à un conflit dur et illimité par les confédérations, mais quand les patrons détruisent des vies de familles pour permettre aux actionnaires de se faire un maximum de fric, pas un seul mot du MEDEF et ce gouvernement qui fait semblant de durcir le ton contre les dirigeants de MOLEX tout ceci n’est que du vent, pendant ce temps là, des milliers de gens souffrent, la France du travail crève, un jour ca va finir par exploser et ce jour là, les confédérations auront une part de responsabilité, car les syndicats doivent permettre aux salariés de s’exprimer non pas dans des manifs, mais dans des mouvements forts rassemblant toute cette souffrance au même moment, au lieu de cela la colère n’est pas entendue, elle est étouffée par des mouvements de forme qui donnent bonne conscience à certains, mais qui ne changent rien aux situations dramatiques vécues par ceux qui sont victimes d’un acharnement total d’une bande de voyous appelés dirigeants et actionnaires.

A quoi servent donc des intersyndicales qui nous mènent à l’échec systématiquement, si ce n’est pouvoir ensuite vous rejeter la faute de l’échec de résultat ????

Faut-il voir dans vos comportements à vouloir freiner au maximum les luttes plus durs, une obligation de résultat face au gouvernement ???

Nous regardons cela de notre usine à Amiens en PICARDIE, et cela nous écœure, nous désole, nous sommes élus CGT et fiers de l’être, car les valeurs du VRAI syndicalisme sont les plus belles, porteuses d’espoir et de réussites, de luttes et de combats pour gagner des avancées sociales, ce dont vous avez oublié l’essentiel, les actions depuis quelques années ressemblent à des compromis, des luttes pour montrer que vous êtes encore là, du faire semblant, pendant ce temps les autres, ceux qui nous méprisent eux ne font pas semblant, ils tapent dur, ils ferment des centaines d’usines, mettent des milliers de salariés dans la précarité et dans la rue, des enfants sans avenir, que va-t-il falloir pour qu’un jour, vous agissiez vraiment et arrêtez de faire semblant en écoutant la base ???

L’explosion sociale arrivera c’est une certitude, trop de Français disent en avoir ras le bol, d’être à bout et c’est justement aux syndicats d’agir pour coordonner toute cette montée de colère et exiger de nouveaux droits pour les salariés, l’arrêt des licenciements dans des entreprises qui font la fortune de dirigeants et actionnaires, de remettre en place ce MEDEF arrogant et  ce gouvernement qui est l'ennemi du monde du travail !!!!

Cette lettre n’a pas pour but d’alimenter une polémique, elle vient d’un syndicat qui depuis 3 ans lutte contre une multinationale aux cotés de salariés motivés et déterminés, nous sommes déçus mais hélas non surpris de la situation, depuis trop d’années les centrales syndicales ce sont détournées de leurs rôles, nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer les dérives du « dialogue social entre partenaires sociaux » il n’y a pas de partenaires, juste d’un coté des dirigeants et de l’autres des syndicats, le mot partenaire n’a pas de place dans le syndicalisme, mais il implique comme nous le vivons en ce moment des compromis, des accords, bref, les confédérations doivent réagir !!!

Il faut revenir aux fondements du syndicalisme et vite...

LE SYNDICAT CGT GOODYEAR AMIENS USINE NORD

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 22:58
Paris-Bamako-Dakar
Caravane pour rejoindre le Forum Social Mondial de Dakar ( 6 au 11 février 2011)

http://www.ministere-de-la-regularisation-de-tous-les-sans-papiers.net/joomla1.5/

Les Collectifs de Sans-papiers de France, rassemblés sous l’égide du Ministère de la régularisation de tous les Sans-papiers (MRTSP) ont décidé de participer pleinement au Forum social mondial qui se tient à Dakar du 6 au 11 février 2011.

Depuis plusieurs années, des centaines puis plus de 3000 Sans-papiers, ont conduit l’occupation de plusieurs bâtiments publics à Paris afin de rendre visible leur lutte et de peser dans la demande de régularisation de tous les Sans-papiers.

Dans le même but, le MRTSP a organisé du 1er au 31 mai 2010 la Marche Paris-Nice à pieds de 88 Sans-papiers. Ils voulaient attirer l’attention des chefs d’Etat Africains réunis pour le cinquantenaire des Indépendances, sur leur situation de sans-droits expulsables à tous moments. Ils n’ont pas été reçus par leurs chefs d’Etat. Toutefois, tout au long de leur longue marche, ils ont reçu un accueil chaleureux et fraternel de citoyens, de religieux, d’associatifs, de syndicalistes, d’élus dont 23 maires de gauche et 2 de droite.

Poursuivant leur lutte, les Sans-papiers du MRTSP attendent du Forum Social de Dakar la possibilité d’exposer et de débattre les problèmes des diasporas d’Afrique, dont ils ont l’histoire, l’expérience et l’expertise dans les conditions les plus dures.

Ils projettent de se rendre en premier lieu à Bamako où cette fois ils espèrent être reçus par le Président Amadou Toumani Touré, le mieux placé pour écouter leurs doléances et soutenir auprès des gouvernements européens leur demande de régularisation.

Puis, à Dakar, ils solliciteront une rencontre avec le Président Wade dont l’écoute sur le plan international n’est plus à démontrer.

Ils formeront une caravane de Bamako à Kayes où le groupe des Sans-papiers venus de France sera rejoint par de nombreux expulsés et représentants de tous les grands villages d’émigration du Mali pour se rendre ensemble au Forum de Dakar.

Contact : coordination75@gmail.com

06 26 77 04 02 / 06 99 01 81 59 / 06 25 49 48 69

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BUDGET PREVISIONNEL DU PROJET

Le MRTSP prévoit une participation de 31 personnes : 25 représentants des Sans-papiers en lutte récemment régularisés suite à la Marche Paris-Nice à pied auxquels s’adjoindront 6 expulsés venant d’Algérie, de Tunisie, de Mauritanie, du Mali, de Côte d’Ivoire et du Sénégal qui reviendront en France grâce à cette action.

Les tarifs des billets d’avion variant sans cesse selon les dates de réservation (aux alentours de 700€ pour Paris/Dakar/Paris), il a paru plus simple d’adopter comme l’ont fait les caravanes de No Vox, une somme prévisionnelle moyenne par participant, soit 1000€, couvrant l’ensemble des frais de déplacements, d’hébergement et de nourriture, pour la durée du Forum.

Le MRTSP prévoit également d’attribuer une somme de 1000€ à chacun des expulsés revenant en France afin de les aider dans leur ré-instalation...

TOTAL = 31000€+ 6000€=37000 €

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Monsieur le Maire,

Nous avons le plaisir de vous informer que les collectifs de Sans-Papiers réunis sous l’égide du Ministère de la Régularisation de Tous les Sans- Papiers (MRTSP) ont décidé de participer au prochain Forum Social Mondial de Dakar, qui se tient du 6 au 11 février 2011, ceci dans la volonté de poursuivre la longue marche pour leur régularisation, telle qu’elle s’est engagée de manière déterminée lors du Paris-Nice à pied du mois de mai dernier.

Encouragés par la réussite citoyenne de cette marche et forts de la mémoire de l’accueil chaleureux et solidaire que vous nous avez réservé lors de la traversée de votre Commune, nous voulons vous dire combien nous serions heureux de pouvoir compter une fois encore sur votre soutien à cette nouvelle entreprise, qui nous conduira à demander à nos chefs d’Etat africains, sur leur propre terrain, d’intervenir de manière plus décisive auprès des gouvernements européens pour que la situation des immigrés et des Sans-papiers progresse vers plus de justice et de dignité.

Aussi, dans un premier temps, nous serions honorés si votre agenda vous permettait de participer aux deux journées que nous voulons consacrer à la préparation de notre participation au Forum Social Mondial de Dakar, les 11 et 12 décembre prochains, dans les locaux de la Coordination des Sans-Papiers à Paris. L’idéal serait même que vous puissiez vous rendre au Forum de Dakar, sachant qu’y est organisé, parmi de nombreuses assemblées, un Forum des autorités locales, destiné à faire travailler ensemble des élus locaux du monde entier et des représentants des mouvements sociaux, tout particulièrement ceux venus des pays africains , sur la mise en œuvre d’actions destinées à produire des alternatives au néolibéralisme, dans les domaines mis en crise du monde paysan, de l’énergie, de l’eau, de la santé, de l’éducation, de la citoyenneté, de la démocratie. Nous serions alors fiers de vous y accompagner et de participer à vos ateliers en tant qu’immigrés et Sans papiers de France.

La réalisation de cette action devra permettre à 25 d’entre nous, certains issus de la marche Paris -Nice et récemment régularisés, d’autres plus anciennement, de prendre l’avion Paris-Bamako, pour se rendre ensuite en caravane jusqu’à Dakar, s’unissant en cours de route à d’autres groupes venant des pays voisins , dès la fin janvier, pour arriver à temps au début du Forum. Cette opération suppose un budget pour lequel nous faisons appel à toutes les sources possible de financement , afin de façon prioritaire et maintenant urgente de pouvoir réserver les vols aller retour Paris -Bamako/ Dakar -Paris . C’est pourquoi nous prenons la liberté de solliciter également, comme nous allons le faire auprès de tous les élus que nous avons rencontrés sur la route Paris -Nice, votre soutien financier qui , aussi modeste soit-il , sera pour nous un précieux encouragement.

Restant à votre disposition pour répondre aux questions que vous pourriez avoir sur notre invitation et notre demande, nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, en notre gratitude et notre meilleure considération.

Pour le Ministère de la Régularisation de Tous les Sans-Papiers,

Le coordinateur

Anzoumane Sissoko

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 13:55

l'interlutte appel toutes et tous à manifester de 10h à +2 votre soladirité active pour la lutte du LKP le 1 4 décembre devant la CAF de Valence

Le mardi 7 décembre, une douzaine de chômeurs et précaires membres des collectifs de Brest et Rennes ainsi qu'une quarantaine de conseillers à l'emploi de la CGT ont occupé la direction régionale de Pôle emploi, et ont bloqué l'accès à un certain nombre de bureaux.

 

Avant que nous nous décidions à retenir et à chahuter quelques dizaines de minutes une quinzaine de cadres de Pôle emploi (l'un d'eux s'est vu recevoir le contenu d'une bouteille d'eau sur son joli costume) ainsi que la directrice régionale Nadine Crinier qui étaient en réunion au Triangle.

 


 

 

Nous entendions montrer à la direction de Police emploi que nous n'accepterons pas que Mme Martine Mégret n'obtienne qu'un nouveau CAE alors qu'elle accumule les CDD à Pôle emploi depuis 7 ans !

 

L'enjeu était de montrer aux salariés de Pôle emploi la porosité de leur situation avec celles des «DE», pour employer le langage de la direction, c'est-à-dire des précaires.

 

N'ayant obtenu pour toute réponse que mépris, on va voir ce qu'on va voir…

 

RDV le 14 décembre

à la Maison de l'emploi de Loudéac !

 

Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte

 

 

Voici le tract distribué aux agents de PE et à la direction :

 

Les salariés de Pôle emploi sont des précaires comme les autres
Martine Mégret est salariée de la Maison de l'emploi dans la ville de Loudéac (22). Avant d'entrer dans le service public de l'emploi, elle a travaillé dans «l'agro», dans les Côtes d'Armor, secteur réputé pour ses conditions de travail pénibles voire insupportables. On imagine qu'elle s'est dit pouvoir trouver dans ce nouvel emploi, à l'ANPE, un lieu stable jusqu'à la retraite. Le nom de «service public» faisant écho à la possibilité d'offrir une entraide à quiconque et non pas à celle de fliquer des employés comme des usagers ou de rechercher la productivité à n'importe quel prix.
Malheureusement pour elles et pour tant d'autres, cette image s'est quelque peu abîmée avec le temps. En lieu et place du poste stable attendu, elle a multiplié les contrats à durée déterminée depuis 7 ans ! En lieu et place d'un poste où l'on fait bénéficier à tous des solidarités de la collectivité et spécialement de ceux qui se trouvent en avoir le plus besoin, elle a vu ANPE et ASSEDIC devenir de plus en plus des outils de flicage pour forcer chacun à accepter de se vendre sur le marché du travail dans n'importe quelles conditions, non sans user d'un odieux chantage aux allocations et devenir de moins en moins un outil de conseil aux chômeurs et précaires.
À la fin, après que la direction de Pôle emploi ait menacé de ne même plus renouveler son CDD comme 1799 autres conseillers, on lui indique avec insistance qu'un petit «boulot alimentaire» dans l'agro-alimentaire ne serait pas si mal et «qu'il va bien falloir penser à une reconversion»… À 57 ans, il ne lui reste que quelques années pour éviter les mirifiques 735 euros du minimum vieillesse. À part les boulots dont personne ne veut à raison, il lui sera quasi impossible de trouver un travail régulier, qui ne soit pas payé au lance-pierre et compléter ainsi ces annuités de cotisations.
Nous ne savons pas comment Martine Mégret se rapporte à l'institution Pôle Emploi, à ses multiples injonctions à gérer le «stock» de chômeurs de la manière la plus rentable, productive et profitable.
Ce que nous constatons pour autant : c'est que le discours de Pôle emploi et du gouvernement L'Oréal présentant les employés de pôle emploi comme des travailleurs modèles, hyper-productif à quoi ils opposent des chômeurs rétifs et suspects par définition ne tient pas. Le cas de Martine illustre une nouvelle fois cette porosité de conditions entre précaires et conseillers à l'emploi que la direction de Pôle emploi s'est employée à dénier. C'est que Pôle emploi est géré comme n'importe quelle entreprise : sous-traitance, pression à la productivité (pour faire disparaître les chômeurs des chiffres), etc.
C'est pourquoi il nous semble politiquement essentiel d'affirmer que les conseillers à l'emploi sont des précaires comme les autres et que Police emploi est une entreprise comme les autres.
Ce que nous savons aussi c'est qu'il est essentiel pour les conseillers à l'emploi en résistance comme pour les collectifs de chômeurs et précaires de construire des solidarités fortes et qu'il faut les rendre visible partout où cela est possible, sans quoi nous nous acheminerons inexorablement vers une dégradation des conditions de vie au travail analogues à celles des anciens services publics du type France Telecom…
Qu'on cesse de fliquer et de culpabiliser ceux qui touchent quelques allocations de misère. Qu'on les laisse vivre. Qu'on s'occupe plutôt de ceux qui s'engraissent de profits sur la précarité et l'exploitation des uns et des autres.
Que le service public de l'emploi soit disposé à véritablement soutenir sans infantilisation ceux qui en font la demande.
Mieux vaut pour la Direction de Police emploi ne pas œuvrer trop rapidemment à un rapprochement entre chômeurs et conseillers en maintenant sa position déraisonnable vis-à-vis de Martine ou en mettant ses menaces de sanction et de plainte à exécution contre les conseillers qui ont légitimement retenu le directeur territorial de Pôle emploi pour lui faire entrendre raison. Les chômeurs et précaires ne manqueraient pas de se solidariser. Allons Nadine, réfléchis-bien !
Un CDI pour Martine immédiatement !
Nous nous lèverons à 4h30 s'il le faut pour soutenir Martine et on sera nombreux !
Nadine Crinière, même pas peur !
Abrogation de l'Offre Raisonnable d'Emploi (ORE) !
Abrogation du Suivi Mensuel Obligatoire !
Un revenu sans condition pour tous au moins égal au SMIC !
Grève des chômeurs !
Le 7 décembre 2010,
Collectif en marche contre l'injustice sociale de Brest, Mouvement des chômeurs et précaires en lutte de Rennes
 

 

Indymedia Nantes, 9 décembre 2010.

 


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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 08:17
lu sur le blog juralibertaire:
 Comme en Angleterre, en Italie beaucoup de facultés sont occupées et il y a des actions tous les jours. La tour de Pise a été occupée, comme plusieurs gares dans tout le pays, autoroutes et même des aéroports… 
La révolte est partout.
Première de la Scala : des échauffourées et une protestation de Barenboïm


L'ouverture de la saison de la Scala à Milan (nord) a été marquée mardi par des échauffourées entre la police et des étudiants qui manifestaient contre les coupes budgétaires du gouvernement, et par une protestation du chef d'orchestre Daniel Barenboïm avant la Première, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Avant l'hymne national et avant de diriger La Walkyrie de Wagner dans le célèbre théâtre milanais, le maestro s'est adressé au président italien Giorgio Napolitano, invité d'honneur, en se disant «très préoccupé pour l'avenir de la culture en Italie et en Europe».
Il a dit s'exprimer «au nom de tous les collègues qui chantent, dansent, travaillent non seulement ici mais dans tous les théâtres italiens».
Le maestro israélo-argentin a ensuite lu solennellement l'article 9 de la Constitution italienne, selon lequel «la République promeut le développement de la culture et la recherche scientifique et technique, protège le paysage et le patrimoine historique et artistique de la nation».
Auparavant, des escarmouches ont opposé les forces de l'ordre à une centaine d'étudiants peu après leur arrivée devant le théâtre pour participer à une manifestation de gens du spectacle et d'autres catégories contre la cure d'austérité imposée par la majorité de centre droit de Silvio Berlusconi.
Les manifestants, dont beaucoup coiffés d'un bonnet de père Noël, d'autres équipés de casques, ont tenté de franchir en lançant des pétards le strict cordon de sécurité établi tout autour de la place de la Scala avec des barrières métalliques. Les policiers en tenue anti-émeute les ont repoussés violemment en les frappant avec leurs matraques et en lançant des grenades lacrymogènes.
Un policier et un carabinier ont été blessés et soignés sur place dans une ambulance, selon l'agence Ansa.
«L'État continue à tailler dans les ressources, les coupes touchent tout le monde, de l'éducation au théâtre, c'est une attaque généralisée», a déclaré à l'AFP Roberto D'Ambrosio, membre du syndicat autonome CUB.
La manifestation, à laquelle participaient entre 200 et 300 personnes, regroupait à la fois des gens du monde du spectacle, des étudiants ainsi que des immigrés militant contre une loi qui les prive de leur permis de séjour six mois après la perte d'un emploi.
Sur une des banderoles, on pouvait lire : «La culture fait peur, ni esclaves ni ignorants mais critiques et protagonistes du spectacle de la vie. Luttons unis avec force contre les coupes.»
La saison du théâtre de la Scala est inaugurée ce mardi 7 décembre (jour de la Saint-Ambroise, patron de Milan) avec la Première de La Walkyrie de Wagner, dirigée par Daniel Barenboïm.

Leur presse (Agence Faut Payer), 7 décembre.

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 08:16

on à reçu ce mail, on le diffuse.Sur la liste de l'interlutte circule des messages issus du blog :http://www.onnelacherien.org/, on vous rappelle l'AG de l'interlutte mardi 7 décembre

à 19h maison des sociétés

Bonjour
la CGA-Lyon vous invite à un débat sur le thème syndicalisme et
Anarchisme. Vendredi 10 décembre à 19 heures à la marmite Colbert, 7 rue
Diderot à Lyon.

Les luttes de ces dernières années comme la récente lutte récente contre
la casse des retraites ont mis à jour des orientations syndicales
opposées, qui traversent les organisations syndicales : depuis
l’accompagnement du recul social jusqu’à l’organisation de la lutte
collective contre le patronat. Entre intégration et rupture avec la
logique étatique et capitaliste, le mouvement syndical se situe une fois
de plus à la croisée des chemins.

Dans les lieux de travail, dans les sections de base comme dans les
organisations syndicales, le débat est ouvert sur l’orientation que doit
prendre l’outil syndical, qui reste encore aujourd’hui l’outil de lutte
vers lequel se tournent la plupart des salariés lorsqu’ils souhaitent
résister au patronat.

Dans ce débat, les militant-e-s anarchistes et syndicalistes prennent
leur part autour de propositions et d’analyses tirées de leurs pratique
syndicales quotidiennes, sans esprit de chapelle et quelle que soit
l’organisation syndicale à laquelle ils adhérent. Avec à l’esprit la
perspective de contribuer à renforcer le syndicalisme de lutte, et d’en
éviter l’instrumentalisation politicienne ou bureaucratique.

Débat avec les militants de la CGA-Lyon
Vendredi 10 décembre
19 heures
A la marmite Colbert, 7 rue Diderot

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-participation à l'émission de radio Mega

du 22 juillet