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  • : Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
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Le laboratoire Anarchiste
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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 22:45

 A Valence comme ailleurs Start people Pourquoi à Valence Acette question : « pourquoi pourrir notre agence ? », la réponse suivante lui a été faite : « StartPeople est une multinationale et notre action surl'intérim n'a pas de frontière non plus. De plus, en attaquant une militante de l'AIT, c'est toutel'AIT qui agira. Nous sommes au début de la mobilisation et allons étudier ses suites : que StartPeople compte sur notre détermination ».

 

BASTA, L'EXPLOITATION !

On nous parle de crise mais les banquiers, les PDG et bien d'autres continuent de percevoir des revenus faramineux. Parallèlement, la dégradation des conditions de vie des salariés, des

chômeurs, etc., s'accentue. Les précaires sont particulièrement affectés par la montée du


chômage ; les agences d'intérim profitent d'une main-d'oeuvre corvéable, contrainte d'accepter


les conditions fixées par les employeurs, au risque de ne plus se voir proposer de nouvelles


missions et de se voir réprimer par la  POLiCE EMPLOI.

Certains travailleurs refusent cette logique et c'est pour avoir dénoncé des conditions indignes

 

qu'une militante de la CNT-AIT de Saragosse (Espagne), salariée de STARTPEOPLE, a été

 

licenciée de manière illégale.

En effet, courant novembre 2009, les travailleurs de la dite entreprise d'intérim ont reçu un


courrier remettant en cause les contrats de travail antérieurs et dégradant leurs conditions de


travail, sous la menace d'être licencié ou non renouvelé.

Chez STARTPEOPLE, lutter contre la dégradation des conditions de travail vaut motif de licenciement

A Valence ( Drôme), en Espagne ou ailleurs, les mêmes attaques, par les mêmes capitalistes.


Face à cette situation, deux postures s'offrent aux opprimés et exploités : se soumettre ou lutter


pour notre dignité. Le capitalisme n'a pas de frontière : notre combat non plus et c'est pour


cette raison que nous, anarchosyndicalistes organisés au sein de l'Association Internationale


des Travailleurs, mettons en avant la solidarité internationale.

SOLIDARITE AVEC LES TRAVAILLEURS EN LUTTE

L'EMANCIPATION DES TRAVAILLEURS SERA L'OEUVRE DES TRAVAILLEURS EUX-MEMES

Confédération Nationale du Travail

cnt-ait Valence C/O le laboratoire 8 place St jean Valence Drôme

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 17:16

Justice pour les Chibani‐a‐s»
Pour le droit des Chibani‐ias à vivre dignement entre ici et là‐bas

Les conditions de vie des « vieilles » personnes retraitées immigrées vivant en France restent soumises à des restrictions, et des freins majeurs qui contraignent aujourd’hui leur droit de vivre dignement entre ici et là‐bas, entre logiques discriminatoires et inégalités sociales. Déjà dès leur arrivée en France dans les années 60 ou 70, pour beaucoup de ces hommes et femmes, il a fallu se battre contre le rejet et le racisme en vigueur, vivre pour certain‐e‐s dans la plus grande indignité (bidonvilles…), et travailler dans des conditions très pénibles. Le temps passé ici n’a malheureusement pas tellement arrangé leurs situations et conditions de vie.

Nous avons choisi de nous mobiliser autour d’une campagne d’information, de sensibilisation et de soutien pour sortir de l’invisibilité les chibani‐a‐s et le traitement différencié auquel ils/elles sont soumis‐es : difficile accès aux dispositifs de droits communs, inégalités sociales de santé, difficile accès à un logement digne et adapté, privation des droits sociaux, assignation à résidence, une liberté de circulation conditionnée, discriminations, etc.

Nous avons choisi le terme chibani‐a‐s, les « ancien‐nes » en arabe, un terme devenu commun au sein même de certaines institutions pour désigner les immigré‐es maghrébin‐es de la première heure. Nous souhaitons l’élargir à l’ensemble des «vieilles » personnes immigrées de toutes origines, enracinés de longue date dans ce pays, à cette génération de la période des Trente glorieuses qui est en train de vieillir aujourd’hui dans des situations sociales inacceptables et indignes.

Suite à la première campagne de 2006, à l’appel lancé en août 2009 par la Case de santé et le CIRRVI Midi‐Pyrénées, un regroupement d’associations qui travaille avec les personnes âgées immigrées, de Toulouse, Lyon, Strasbourg, Marseille, Paris vient de fonder un collectif d’information et de soutien « Justice et Dignité pour les Chibani‐as» pour veiller, informer, alerter et se mobiliser autour des situations auxquelles sont confrontées les personnes.

La marche pour faire valoir l’accès aux droits à cette frange de la population reste longue et difficile. Nous réclamons que leurs droits soient respectés et leurs situations particulières soient prises en compte, en demandant :

‐ un accès aux soins sans restrictions ici et là‐bas
‐ un accès aux droits sociaux et politiques sans restrictions ici et là‐bas
‐ un accès au logement digne et adapté à leurs conditions de vieillissement
‐ la reconnaissance et la visibilité de l’histoire et de la mémoire des luttes

Rejoignez‐nous dans cette mobilisation : contact@chibanis.org
Le collectif Justice et Dignité pour les Chibanis‐ias

Le 15 mars 2010, des Chibanis, résidents du foyer ADOMA de Fronton à Toulouse accompagné du Collectif "Justice et dignité pour les Chibanis" ont occupé les locaux de la CRAM pour dénoncer des contrôles massifs ayant débouché sur des redressement allant jusqu'a 22 000 euros et que le collectif juge discriminatoires. Voir le communiqué du collectif

Après une vie entière passée à faire les travaux les plus pénibles en France, on ne laisse pas le droit à ces retraités de passer une fin de vie tranquille, que ce soit ici ou auprès de leur famille restée au pays.

Depuis l’été dernier, la CRAM (Caisse Régionale d’Assurance Maladie) de Midi Pyrénées et la MSA (Mutualité sociale Agricole) ont effectué un contrôle massif sur un des plus gros foyer ADOMA (ex-SONACOTRA) de Toulouse, le foyer « Fronton » 2, place du Papyrus, 31200 Toulouse. Des centaines de contrôles ont ainsi eu lieu en France en direction des habitants des foyers de travailleurs migrants. Cette population est vulnérable, la plupart de ces hommes âgés ne savent ni lire, ni écrire le français, et ont des difficultés à remplir les papiers. Il ne s’agit en aucun cas de leur part d’une organisation frauduleuse vis-à-vis de l’administration française.

Selon la HALDE ,ces contrôles sont illégaux : le caractère discriminatoire fondé sur la nationalité est prohibé par la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH, la convention 118 de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) et la directive 2003/109/CE du 25 novembre 2003.

Malgré ce précédent, les contrôleurs qui ont agi sur le foyer de Fronton ont demandé les passeports de ces vieux retraités qui, souvent intimidés, ont répondu à cette injonction discriminatoire. A partir de ces documents, la CRAM et la MSA ont opéré des redressements allant de 1000 jusqu’à 22000 euros pour certaines personnes. En plus du redressement s’additionne la suppression des prestations minimum vieillesse et allocation logement, il reste aujourd’hui à un résident 30 euros pour vivre par mois !

Angoissés, ces retraités n’osent plus retourner voir leurs familles au pays depuis le début de ces contrôles. Ils sont assignés à résidence et l’Administration reste sourde à ce qui leur arrive.

La plupart ont des retraites de misère car leur vie de travail précaire a été souvent faite de travaux non déclarés. Comment peut-on demander 22000 euros à des vieux hommes de plus de 75 ans touchant à peine 600 euros pour vivre et faire vivre leurs familles ?

De telles situations existent dans d’autres régions de France. Il faut que cela cesse !

Nous occupons actuellement les locaux du siège de la CRAM Midi-Pyrénées à Basso Cambo (2 r Georges Vivent 31100 TOULOUSE-Métro Basso Combo) pour exiger :

- Annulation de toutes les procédures basées sur un contrôle discriminatoire, notamment la présentation du passeport

(Case de Santé, CIRRVI Midi‐Pyrénées, Tactikollectif, AMPIL, ATMF, CALIMA ,EL GHORBA)

 
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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 07:11
Nous publions cette information car depuis un certain nombre d'année , les  nouvelles  provenant du Pérou sont filtrées et défformées, l'attitude d'une partie des assos locales  cautionnent  (par la rétention d'informationl) la politique du gouvernement contre les ouvriers et paysans. Ce n'est pas notre but de critiquer mais de donner des informations que chacun puisse construire leur propre intelligence des questions sociales et environementales.
[Pérou] Répression sanglante contre les mineurs en grève

lundi 5 avril 2010, par OCLibertaire

Quatre morts, 25 blessés et plus d’une douzaine de disparus, tel est le premier bilan des affrontements entre la police et les mineurs informels hier dimanche 4 avril, premier jour d’une grève massive nationale illimitée, en lutte pour exiger du gouvernement qu’il abroge une série de décrets législatifs et de décrets d’urgence, sous le prétexte de « formaliser » le secteur informel.


Les rassemblements se sont effectués en Madre de Dios (Puerto Maldonado et Tambopata), Ica (Nazca) et Arequipa (Ocoña et Chala). C’est dans cette dernière localité qu’a été enregistré la mort par balles de plusieurs mineurs informels seulement dix mois après les événements tragiques de Bagua , qui avaient coûté la vie à 34 personnes lorsque la police avait attaqué militairement un barrage routier mis en place par les amérindiens en lutte pour l’abrogation de décrets-lois antiamazoniens favorisant l’exploitation minière et pétrolière [1]

Dans un entretien avec le journal La Primera, le leader Teódulo Medina, président de la Fédération nationale des exploitants miniers artisanaux du Pérou (Fenamarpe), a indiqué que vers 7 heures du matin des agents de la Direction des opérations spéciales (DINOES) ont attaqué plus de dix mille manifestants qui bloquaient la route Panaméricaine sud à la hauteur du kilomètre 600, sur le pont Caleta, district de Chala, province Caravelí, région de Arequipa.
« Ils étaient en train de prendre leur petit déjeuner sur un des côtés du pont et de la route parce que les mineurs d’Ayacucho, de Puno et de Huancavelica venaient d’arriver, quand, tout à coup, la police est arrivée et en tirant des coups de feu venue, a voulu dégager la route à l’aide d’un hélicoptère ». A ce moment là, dejà des centaines de véhicules étaient bloqués et la tension est montée d’un cran.

La semaine dernière, les mineurs avaient annoncé des mesures de force parce que le premier ministre Javier Velásquez n’a pas voulu répondre à leurs exigences notamment de comment donner réalité au Plan National de Formalisation [officialisation, légalisation] des artisans, en plus de mettre fin à les poursuites et les arrestations de leurs principaux dirigeants.

Les simulacres de dialogue n’ont rien donné et c’est pourquoi les mineurs ont décrété un mouvement de grève, massif, avec des opérations de blocage de routes. Premier bilan provisoire entièrement du fait du gouvernement : 3 mineurs et un pilote de mototaxi qui ne participait pas à la grève ont été tués par balle. Il y a plusieurs dizaines de blessés.

Les mineurs décédés ont été dans veillés sur un côté du pont Caleta car le ministère public n’était pas encore arrivé sur les lieux. Le fonctionnaire a déclaré que les morts présentaient des impacts de balles dans la poitrine ou à la tête, et l’un d’eux a été retrouvé à moitié enterré dans le sable. Certains témoins ont rapporté que ce sont des policiers qui ont essayé de l’enterrer.

L’avocat de la Fenamarpe, Juan Carlos López, a déclaré que deux autres mineurs, de la base minière d’Ayacucho, se débattaient entre la vie et la mort. Il a indiqué que 90% des blessés souffrent de blessures par balles.

Mobilisations ailleurs

Par ailleurs, environ 10 mille mineurs artisanaux en provenance de localités comme Laberinto Mazuco Huaypete, Delta Uno, Pacá, Sa Juna Grande, Bocamigo, Unión, Boca Grande y Vuelta Grande ont manifesté dans les rues de Puerto Maldonado, fortement surveillés par la police.

Et ce n’est pas tout, plus de huit mille mineurs de la Base de Secocha et d’autres zones d’exploitation minière proches se sont concentrées dans Ocoña, au km 737 de la route Panaméricaine Sud, dans la province aréquipègne de Camaná, où il n’est pas exclu une nouvelle confrontation avec la police.

Selon le président de la Fenamarpe, il pourrait y avoir d’autres morts non identifiés. Au moins une dizaine sont portés disparus.

Pour Medina, « le gouvernement a assassiné les mineurs qui étaient précisément en train de protester contre la politique de criminalisation dont ils sont les victimes ». Il a ajouté : « les mineurs ne volent personne, ils créent des emplois dans des endroits où il n’y a pas de présence de l’Etat. Nous voulons nous légaliser, mais avec des lois qui favorisent notre activité et non avec des lois qui les criminalisent. »

A ces 4 morts par balles, il faut ajouter le décès d’une passagère de 80 ans d’un bus arrêté par le blocus de la route. La police rend responsable les mineurs, devenus « antisociaux », de ce décès, apparemment dû à un arrêt cardiaque.

Lundi matin

Medina a déclaré qu’à partir de 9 heures aujourd’hui (lundi), environ 5 mille mineurs manifesteront à Lima, depuis le Champ de Mars jusqu’au Parlement, où ils délivreront une pétition au Président du Congrès, Luis Alva Castro, exigeant l’adoption immédiate de la Loi pour le Renforcement de la Légalisation de la Petite Exploitation Minière.

La route panaméricaine reste bloquée sur une longueur de 3 kilomètres, là où ont eu lieu les affrontements. Des milliers de mineurs restent concentrés et veillent pour les défunts.

La presse parle d’un nouveau total de 6 morts. Il y aurait 29 blessés et 32 personnes détenues (source policière). D’autres sources parlent de 50 arrestations.

Un autre mouvement de blocage de la route, à 460 kilomètres de là, à Nasca, regroupant 5 000 manifestants a été attaqué et dispersé par la police, avec un bilan de 10 blessés et 15 personnes arrêtées (source policière).

Le 1er avril, l’état d’urgence était décrété dans trois provinces du Sud-Est pour 60 jours

Le gouvernement a décrété l’état d’urgence, le 1er avril, pour une durée soixante jours dans sept provinces (de 3 régions de Ica, Arequipa et Madre de Dios) du sud-est du pays en réponse à l’annonce de l’appel à une grève illimitée par la Fédération des artisans mineurs du Pérou (Fenamarpe) et la Fédération Minière de Madre de Dios. « Nous maintiendrons l’ordre avec le soutien de l’armée. Nous comptons défendre les installations publiques et privées et assurer les transports publiques », a déclaré le ministère de l’Intérieur.

Les syndicats de mineurs “informels” se sont mobilisés autour de plusieurs revendications dont la suspension de plusieurs décrets qui prévoient de limiter l’activité minière artisanale pratiquée par les petits producteurs, en créant des zones d’exclusion, en suspendant des concessions promulguées, en confisquant et en détruisant les équipements de ces petits producteurs. Sous prétexte d’empêcher la pollution engendrée par l’exploitation minière “sauvage” et de défendre l’environnement, le gouvernement menace tout simplement la vie de 30 000 mineurs notamment dans la zone forestière de Madre de Dios, sur un total impossible de connaître mais qui peut atteindre 100 000 personnes dans tout le sud-est du pays.

Ces mineurs ont reçu depuis le début le soutien de plusieurs municipalités de la région, car l’activité minière artisanale fournit 80% de la richesse de cette zone amazonienne. Jeu du gouvernement et enjeux

Pour le ministre de la justice García, le mouvement des mineurs « n’est pas une revendication politique. Pas même une exigence syndicale, c’est fondamentalement un acte de délinquance. Ils ont dégradé leur statut de citoyens et se sont réduits à l’état d’antisociaux. Et pour cette raison, cela justifie les mesures qu’avait prévu le gouvernement ». Le gouvernement péruvien, comme lors des affrontements de Bagua, fait feu de tout bois. Il accuse aussi des commerçants « russes et brésiliens » d’être derrière les protestations des mineurs. Pour le premier ministre, ils financent la grève parce que les mesures gouvernementales les empêcheront de prospérer ; « ils ne paient pas d’impôts et sont en réalité des délinquants qui ont beaucoup d’argent, paient les mineurs pour l’extraction de l’or et ensuite le vendent. » Derrière les arguments de défense de l’environnement et de la lutte contre les trafiquants, c’est bien d’autre chose qu’il s’agit : le contrôle financier du commerce de cette richesse.
C’est bien ce que ne cessent de dire les mineurs qui voient dans les décrets promulgués, le moyen de laisser le champ libre à de véritables sociétés minières. Selon de multiples articles de presse publiés ces derniers mois en effet, il y a dans cette activité en pleine expansion (environ 650 millions de dollars d’après certains, sans doute plus, et par définition impossible à chiffrer), un marché potentiel qu’il ne faudrait pas laisser plus longtemps aux mains de travailleurs “informels” ou artisanaux ; et qu’arrivé à un certain niveau de développement, il faut passer à des moyens plus industriels…
Ce que refusent les mineurs en voulant être au contraire inclus dans un plan de légalisation de leur activité.

Le 5 avril

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 03:21

 

  • Valence devant le kiosque PEYNET jeudi 8 avril de 14:30 à 17:30
  • Après plusieurs journées d'action et de grève nationale dans le secteur de la petite enfance, le gouvernement reste sourd aux revendications des professionnel-le-s. Voici maintenant plusieurs années que la casse du service public d'accueil des jeunes enfants s'accélère. Les réformes et décrets ne visent qu'à améliorer la "productivité" des établissements aux dépens de la qualité du service d'accueil et des conditions de travail des salarié-e-s.

    Parallèlement à ces politiques, c'est tout l'univers de la petite enfance qui est attaqué. Par exemple, suite aux fermetures de classes en école maternelle découlant des dizaines de milliers de suppressions de postes depuis dix ans, des enfants se retrouvent chaque année sans lieux d'accueil à la rentrée.

    Concrètement, afin de subvenir aux besoins d'accueil des enfants, l'état plutôt que de choisir de développer les capacités d'accueil en augmentant le personnel, en diminuant le temps de travail pour favoriser la qualité du service, en favorisant l'accès à la formation, choisit la politique la plus destructrice :

  • L'augmentation de la capacité d'accueil des assistantes maternelles de 3 à 4 enfants, donc plus de charge pour le personnel et moins d'attention pour les enfants
  • Même logique dans la création de regroupements d'assistantes maternelles pouvant accueillir jusqu'à 16 enfants sans aucune règle collective de fonctionnement
  • Enfin la création expérimentale de 8000 places de jardins d'éveil d'ici 2012 pour les enfants de deux à trois ans, prévoyant un taux d'encadrement d'un adulte pour 8 à 12 enfants au lieu d'un pour 8 enfants en âge de marcher actuellement pratiqué dans les crèches

Les conséquences :

  • Pour le personnel, des conditions de travail plus difficiles, la diminution des professionnel-le-s qualifié-e-s, une perte de sens dans la pratique de leur profession, une quête de la rentabilité toujours plus poussée.
  • Pour les enfants, un environnement moins dédié à l'épanouissement et l'éveil car les établissements n'auront pour ambition que d'être de simples garderies de masse. Souvenons nous des propos du ministre Darcos considérant les enseignants de maternelle comme de simples « changeurs de couches ». Enfin cette politique provoque une augmentation des risques liés à la diminution du taux d'encadrement.
  • Pour les parents, la baisse du taux de scolarisation aboutira à la nécessité de recourir plus fréquemment aux établissements d'accueil de jeunes enfants, les privant ainsi d'une possibilité de choix, augmentant leurs dépenses et favorisant de fait les inégalités sociales. Les familles les plus aisées seront donc les seules à pouvoir offrir à leurs enfants un service de qualité.

  Nous dénonçon les politiques mises en oeuvre par le gouvernement. Une nouvelle fois, ce n'est pas la qualité du service public et les conditions de travail des personnels qui sont défendues mais la seule volonté de rentabiliser le secteur. Pourtant, depuis longtemps, nous savons que pour les enfants, l'essentiel se joue avant cinq ans. Cette politique s'attaquant aux crèches comme aux écoles, nous estimons indispensable de s'organiser conjointement entre parents, professionnel-le-s de la petite enfance et enseignant-e-s.

le collectif le laboratoire , signataire de l'appel "pas de bébés à la consigne"*, se joint à ses revendications et soutient partout les mouvements des travailleuses et des travailleurs des établissements d'accueil des jeunes enfants dans la défense de leurs emplois, de leurs sites, de leurs conditions de travail et de leurs pratiques professionnelles. Le projet du gouvernement est d'ouvrir le marché aux entreprises privées dont les objectifs sont loin de l'épanouissement des enfants, mais plutôt de réaliser des profits sur le dos des salarié-e-s sous payé-e-s et précarisé-e-s.

*http://www.pasdebebesalaconsigne.com/

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 11:44

A partir du 6 février 2010

Pourquoi tant de préavis différents quand il s’agit de se battre ensemble ?
Pour les roulants, ce sont des préavis – différents – CGT et CFDT. Pour les sédentaires, il y a 6 préavis différents de la CGT, et aussi un préavis CFDT pour les seuls agents du Fret.
 Les roulants : grève pour une durée illimitée, à compter de mardi 6 au soir.
 Les agents du Matériel : grève sans possibilité de reconduction, jeudi 8.
 Les agents Transport du Fret : grève pour une durée illimitée, à compter de mardi 6 au soir.
 Les agents Transport des EIC ou autre établissement : grève pour une durée illimitée à compter de mercredi 7 au soir.
 Les agents de l’Equipement : grève sans possibilité de reconduction, jeudi 8.
 Les agents commerciaux : grève pour une durée illimitée, à compter de jeudi 8.
 Les agents de la SUGE et administratifs : grève sans possibilité de reconduction, jeudi 8.

Nous publions cette lettre du syndicat sud rail:

 

Fédération des syndicats de travailleurs du rail

17 boulevard de la libération – 93200 – Saint Denis

Tel 01 42 43 35 75 - Fax 01 42 43 36 67

federation-sudrail@wanadoo.fr

www.sudrail.fr

Monsieur Pépy, Président de la SNCF

34 rue du Commandant Mouchotte

75699 Paris Cedex 14

 

Le 31 mars 2010,

M. Nogué traite les cheminots de « preneurs d’otages ».

La direction doit s’excuser immédiatement !

Monsieur le Président de la SNCF,

Comme tous les cheminot-e-s, nous avons pris connaissance ce matin, par les médias, du dépôt de différents préavis de grève pour dans quelques jours, et des propos de Monsieur Nogué, Directeur des Ressources Humaines de la SNCF.

Monsieur Nogué vient de parler des cheminot-e-s en les qualifiant de « preneurs d’otages » lorsqu’ils/elles font grève. C’est la première fois dans toute l’histoire de la SNCF qu’un des principaux dirigeants de l’entreprise dénonce et calomnie de cette sorte les cheminot-e-s. Soyons plus exacts : c’est la première fois, hormis la période 1940/1944, où les « preneurs d’otages » étaient celles et ceux qui résistaient au fascisme…

Quand le DRH tient de tels propos, on comprend mieux les dérives de quelques dirigeants locaux, à propos desquels la fédération SUD-Rail est intervenue ces dernières semaines :

  1. - Ce directeur qui cite dans ces voeux annuels Brasillach, fasciste et ardent défenseur du régime nazi...

  2. - Cet autre directeur qui fait diffuser dans les trains un avis demandant de dénoncer « les roumains »…


Lorsque les cheminot-e-s font grève, cela gêne les usagers car nous faisons partie des millions de personnes qui ont un métier utile à la collectivité. Si Monsieur Nogué faisait grève, cela ne gênerait ni les usagers, ni les cheminot-e-s.

Si les usagers sont gêné-e-s lorsqu’il y a grève, ils/elles le sont bien plus, et bien plus souvent, par l’état déplorable du service public ferroviaire, résultat de la politique menée par la direction et le gouvernement : trains supprimés ou en retard par manque de personnel et de matériel, installations défectueuses car moins bien entretenues, trains et gares sales, suppression de personnel dans les gares et les trains, etc.

Faire une prise d’otages, c’est une action criminelle, passible de nombreuses années de prison. Monsieur Nogué vient d’accuser publiquement les cheminot-e-s d’être des criminel-le-s lorsqu’’ils/elles exercent un de leur droit ! Un droit de grève d’ailleurs considérablement réduit ces dernières années, par différentes lois et accords … dans lesquels se situent les préavis que Monsieur Nogué qualifie de « prise d’otages ».

Monsieur Nogué est totalement discrédité pour continuer à mener la moindre discussion avec les organisations syndicales représentatives de cheminot-e-s qu’il traite de criminel-le-s ! La direction de l’entreprise doit en tirer les conséquences. Nous ne demandons pas sa démission : Monsieur Nogué peut être placé dans un de ces Pôles-Emploi internes (les Espaces Mobilité Emploi) qu’il a inventés, en attente de reclassement.

Nous demandons que la direction de l’entreprise s’excuse publiquement, pour ces propos infamants tenus par un des ses premiers dirigeants. Si ce n’était pas le cas, cela signifiera que la direction de l’entreprise reprend à son compte cette notion de « prise d’otages » : alors, la « rançon » qu’elle devra payer risque d’être forte, pour rester dans cette comparaison qui nous parait totalement déplacée.

Dans l’attente d’une réponse de votre part que nous espérons immédiate, recevez monsieur le Président, nos salutations syndicalistes.

Pour la fédération SUD-Rail et l’Union syndicale Solidaires :

Alain Cambi, secrétaire de la fédération SUD-Rail

Stéphane Leblanc, membre du Conseil d’Administration de la SNCF

Christian Mahieux, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires

 

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 10:09

Notre président de l'association le laboratoire travaille à l'inspection du travail, c'éatait un reproche qu'on nous faisait, . Aujourd'hui les attaques contre l'inspection du travail viennent du patronat, et l'état. On a publié dans ce blog de réflexion anarchiste.  Ne cédons pas au sirènes de l'information paris Match ( photos et autres) de l'ultra  publicitaire On a lu dans Siné hebdo courageux canard qui secoue le cocotier des dessinateurs de Gôche Valiste.

l'article  ci dessous pris sur Siné Hebdo

Le patronat impuni, pas les contrôleurs et inspecteurs du travail

Selon tous les syndicats de l’inspection du travail, la justice est extrêmement laxiste quant il s’agit de droit du travail et le patronat délinquant est largement impuni : à Paris, en 2002, la conjonction des PV sans suite, des classements assumés par le Parquet, des relaxes et des dispenses de peine atteignent 71,25 % des procédures, en 2003 : 61,65 % des procédures, en 2004 : 62,03 % de procédures ! Depuis des années, pour plus de 60 % des infractions au Code du Travail relevées par procès-verbaux, le patronat parisien délinquant reste impuni. A l’heure où le processus continu de déconstruction du droit du travail entraîne une augmentation de la délinquance patronale, un tel laxisme est particulièrement inquiétant et révoltant ! Un patron a plus de responsabilités qu’un jeune des banlieues mais il a moins de chances d’être sanctionné.

3 procès verbaux sur 4 de l’inspection du travail sont classés sans suite par la justice.

Paradoxalement, ces 3 dernières années, ce sont les contrôleurs et inspecteurs du travail qui se voient mis en cause dans l’exercice de leurs fonctions.

Ainsi Bernard Anstett, inspecteur du Travail depuis 33 ans à Epinal, visite, en mars 2006, l’établissement Faurecia dans les Vosges et dresse procès-verbal pour défaut d’organisation des élections du Comité d’Etablissement. Les dirigeants de ce groupe d’équipements automobiles, dotés de tous les conseils juridiques possibles, ne peuvent pas invoquer une ignorance de la loi. Mais, en octobre 2006 le procureur de Saint-Dié classe l’affaire « pour infraction insuffisamment caractérisée ». Deux mois plus tard le même procureur demande à Bernard Anstett son avis sur un accident du travail. L’inspecteur qui n’a toujours pas digéré l’épisode précédent, lui répond : « Je trouve que vous manifestez un sacré culot (ou une extraordinaire inconscience) à me solliciter » et, revenant sur l’affaire Faurecia, il ajoute sans mâcher ses mots : « Si la raison du classement sans suite est bien celle que vous indiquez par écrit (" infraction insuffisamment constituée ") alors c’est d’incompétence notoire que vous faites preuve ». Il est poursuivi, et condamné à 700 euros d’amende - pas Faurécia.

Alan Flicoteaux, contrôleur du travail des transports, s’est vu aussi notifier sa mise en examen le 28 août 2006 suite à la plainte déposée par une entreprise. Il lui est reproché la violation courant février 2004 du secret de l’enquête en communiquant à une salariée de l’entreprise une lettre d’observations destinée à la direction. En s’en prenant au contrôleur ce patron fautif tente de l’intimider et en espère que, dans l’avenir, celui-ci pourrait s’accommoder de ses manquements au respect de la législation. CGT, FO, SNU, SUD s’étonnent du « zèle » du Parquet de Seine St Denis, qui dans un « réquisitoire supplétif » d’un substitut, donne suite à cette affaire sans base juridique, alors que dans le même temps, le parquet manifestement débordé, classe massivement les PV de l’inspection du travail.

Et voilà, c’est mon tour le 21 novembre 2007 : un gros patron de la rue de la Paix s’oppose à la réintégration dans son poste d’une salariée de retour de congé maternité. Parce qu’elle se défend, se syndique à la Cgt, lui impose un CE dont il ne voulait pas, il demande trois fois l’autorisation de la licencier sous des prétextes kafkaïens, il la met à pied, la prive de salaire, je le menace d’un P-V, je mène mon « enquête contradictoire » conformément à la loi, avec diligence, mais c’est le patron qui saisit la justice en se constituant partie civile et réussit ainsi à me faire mettre en examen pour « chantage ». Si c’est du chantage que de menacer un patron délinquant d’un PV, alors comme M. Jourdain, toute l’inspection du travail fait du chantage sans le savoir. Et fort heureusement !

Gérard Filoche

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 09:12

 

 

lu sur brèves du désordre

Les nouvelles arrivent au compte-gouttes mais voilà les dernières informations sur les immigrés incarcérés qui ont pris part à la révolte de cette nuit.

La section hommes du centre a été presque totalement détruite ; il y aurait 200 000 euros de dégâts. Quatre personnes se sont évadées... on leur souhaite une bonne ballade... De nombreux détenus ont été transférés dans d’autres centres de rétention du pays, on ignore pour l’instant le nombre exact et la destination de chacun d’entre eux.

Au contraire de ce qui avait été dit plus tôt dans la journée, 17 immigrés ont été incarcérés et passeront en comparution immédiate demain matin. Un rassemblement est prévu à 8 heures et demie devant le tribunal de piazzale Clodio à Rome.

Encore une fois, les immigrés détenus dans les centres de rétention se sont révoltés contre les conditions extrêmes d’exploitation et d’enfermement auxquels ils sont soumis, contre le système infâme qui leur promet une vie de misère.

Solidarité avec les révoltés de Vincennes, de Corelli et de Ponte Galeria !

Feu aux centres de rétention !
Liberté pour tous et toutes !

aussi ils ont annoncé à Joy son transfert  au CRA de Modena

L'Eni, Joy e le deportazioni

Cette image illustre la situation au Nigéria actuellement; ce pays a

dans son sol des richesses pétrolières immenses

  

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 08:04

Assez d’hypocrisie ! Régularisation des travailleurs sans-papiers ,

Trop, c’est trop ! Pas d’expulsion rue du Regard

vu sur le blog où va la cgt?

 ça fait 5 mois que le dit "Acte II" de la lutte des travailleurs sans-papiers est entamé. Cinq mois que des centaines de camarades tiennent, malgré l'impasse dans laquelle les ont entraîné les dirigeants syndicaux. Cinq mois que la recherche de la prétendue "circulaire apaisée et harmonieuse" n'a produit après bien des discussions qu'un texte bien ficelé pour répondre aux besoins de l'impérialisme, et rien d'autre.
Et pourtant, la direction confédérale est passée maîtresse dans l'art de faire prendre des vessies pour des lanternes, de faire croire à l'avancée de la lutte alors que tout montre qu'elle piétine et ne débouche pas.

Le dernier épisode vient de se produire avec la signature largement médiatisée d'une "approche commune"
print Et la lecture du texte complet (également en version imprimable ci-contre) montre où en sont arrivés nos dirigeants syndicaux. A négocier eux-mêmes les supposés "bons" critères qui seront acceptables et qui à leur tour serviront à exclure celles et ceux qui ne les rempliront pas.
Comme le dit un de nos lecteurs : entre les syndicats et certains secteurs du patronat. Rien que le titre mérite la méditation... : approche commune entre exploiteurs et exploités ?


" Il est paradoxal que des syndicats tels la CGT, FSU, Solidaires aient pu signer une « approche commune »  qui stipule « C’est une occasion de lutter réellement contre le travail illégal » alors que plus haut, ils reconnaissent que ces « étrangers » ….« d’une façon ou d’une autre s’acquittent et se sont acquittés de leurs cotisations et impôts, de même que leurs employeurs » .
Suivant cette définition, il ne s‘agit aucunement de « travail illégal » !
Les Sans Papiers en sont d’ailleurs les seules victimes et les patrons les seuls maquereaux ! On est loin du mot d'ordre du 48ème Congrès de la régularisation de tous les sans-papiers !"


SSPP13 02 2On lira avec intérêt cette fameuse "approche commune", pour constater qu'effectivement les critères sont plus souples que ceux de Besson (par exemple il n'y a pas le critère des 5 ans de présence), mais qu'ils sont maintenus et par exemple de manière très restrictive pour ce qui est des intérimaires [à ce propos, notons l'échec de la fameuse collecte des Cerfas parmi eux, seulement 10% des grévistes concernés...]
Aujourd'hui, les dirigeants syndicaux tentent de présenter ce document (qui rappelons-le n'a aucune valeur) comme une avancée du mouvement. Il est important que sur tous les piquets nous revenions sur le fond : une circulaire, des critères, c'est le cas par cas, et on n'en veut pas !
Depuis le début du mouvement nous disons :

Circulaire ou pas, régularisation !
Non aux critères, non au cas par cas !
Régularisation sans condition de tous les sans-papiers !

Et c'est plus que jamais d'actualité.
[Mise à jour 17 mars]
Après que la baudruche de "l'approche commune" se soit sérieusement dégonflée, un nouveau communiqué des Onze tente désespéremment de faire croire à l'évolution d'une partie du patronat et de faire jouer les contradictions entre le patronat et le gouvernement, entre le Ministère du Travail et celui de l'Immigration. Pitoyable...]

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 08:58



Dans les périodes de crise, telles que la période actuelle de suraccumulation, les capitalistes manient la politique de « dette publique » de sorte à inventer de nouvelles façons d’intensifier l’exploitation. Au contraire des embellies capitalistes, lorsque la dette privée s’accroit, les récessions sont caractérisées par l’accroissement de la « dette publique ». L’investissement privé en obligations d’État garantit des profits qui proviennent des contributions directes et indirectes des travailleurs, dans le but de percevoir des dividendes et menant, finalement au renforcement du secteur bancaire. Ainsi, la « dette publique », contrairement à ce qui est généralement annoncé, vient en aide au capital privé et, de la sorte, doit être comptabilisée au titre de ses profits.
De plus, sur les 20 dernières années, la « dette publique » a triplé dans 20 des 27 pays de l’UE, du fait des dépenses massives pour renflouer le secteur financier. Cet argent ne fut pas distribué par le biais de prêts au capital privé (non bancaire) pour des investissements productifs. En outre, les emprunts publics furent et continuent à être faits suivants des conditions qui outrepassent largement le taux de profit moyen, rendant les investissements en obligations d’État bien plus rentables que les investissements pour la création d’unités de production et, a fortiori donc, d’autant plus intéressants que ce genre d’investissement est exempt des risques de luttes sur les sites de production.
La récession économique généralisée des années précédentes, qui est la manifestation la plus récente de la crise de reproduction permanente du capital, ces 35 dernières années – une crise que viennent juste interrompre des rétablissements temporaires –, a touché de façon inéluctable l’accumulation sur l’aire nationale. Toutefois, hormis les conséquences de la réduction de l’activité économique globale sur les exportations de capital grec, en particulier dans le fret maritime et le tourisme, la récession est aussi devenue l’occasion de mettre à jour la crise permanente dans la mise au pas et l’exploitabilité du prolétariat.
Après la période qui court du milieu des années 90 au milieu des années 2000, lorsque le capital était parvenu à accroitre le taux d’exploitation et à augmenter sa rentabilité, la rentabilité du capital en Grèce a ralenti sans interruption ces dernières années, du fait de la faible hausse de productivité en regard des salaires. En conséquence, elle a commencé à chuter davantage depuis 2006, jusqu’à s’écrouler, au premier semestre 2009, de 51,5 % par rapport au premier semestre 2008, du fait de la récession globale. La chute du chiffre d’affaires et de la rentabilité dans les entreprises privées a conduit à son tour à une importante réduction des investissements du fait de l’incapacité croissante des entreprises à obtenir des crédits de la part des banques. De plus, les banques étaient directement touchées, puisque leurs profits déclinaient dramatiquement à cause de l’augmentation significative des pertes provenant des retards de paiement ou des prêts impayés ; elles avaient, en sus, un problème de liquidités plus général à cause de la crise financière globale.
Naturellement, l’État n’est pas resté les bras croisés. Il s’est dépêché de se confronter aux problèmes qui apparaissaient du fait de l’éruption de la crise, en augmentant les dépenses publiques de 10,9 % en 2009, afin de soutenir l’accumulation, contribuant de la sorte à hauteur de 1,7 % au PIB. En même temps, l’État renflouait les banques avec des fonds de 28 milliards d’euros, ce qui correspond à 11,5 % du PIB, afin de préserver leur rentabilité. Cette politique sera poursuivie par le gouvernement du PASOK , qui fournira un apport supplémentaire de 10 milliards d’euros. À côté de ça, les dépenses publiques furent aussi augmentées pour d’autres raisons, comme par exemple pour le financement du chômage, puisque le nombre de chômeurs avait augmenté, alors que les taxes et les contributions avaient diminué du fait de la récession, c’est-à-dire du déclin du PIB (et encore plus du fait des baisses consécutives des taux d’imposition sur les profits, ces 20 dernières années). Le résultat fut, et cela n’est pas surprenant, que le déficit public tout comme la dette publique montèrent en flèche pour atteindre respectivement 12,5 % et 112,6 %, en proportion du PIB.
Depuis 2008, les institutions financières ont décidé d’investir principalement dans les obligations d’État qui se sont multipliées, presque partout, du fait de la politique générale des États de renflouer les banques. Après la crise du fonds souverain de Dubaï en octobre dernier et l’échec des agences de notation de la prévoir, ces agences s’employèrent frénétiquement à rétrograder les obligations d’État grecques et à augmenter les dérivés sur événement de crédit . Le fait que la BCE soit sur le point d’augmenter le taux de crédit minimal pour l’éligibilité des obligations d’État comme nantissement de provision en liquidités, début 2011, a encouragé les institutions financières détenant des obligations d’État grecques à s’en débarrasser, précipitant la « crise de la dette » et augmentant les intérêts, ce qui, à son tour, éleva le coût de refinancement de la dette. Ainsi, les dépenses publiques liées au payement des intérêts tout comme les provisions pour l’accroissement du déficit public et de la dette ont augmenté.
Ainsi, dans un climat de terrorisme fiscal qui a été orchestré depuis quelques mois déjà par les médias, on en a appelé à un état d’urgence en Grèce, dans une tentative du capital international et de l’État grec de transformer ce pays en une laboratoire d’une nouvelle politique de choc. La « dette publique » énorme et la « banqueroute imminente du pays » sont les crédos employés afin de terroriser et de mettre au pas le prolétariat, et de légitimer la baisse des salaires directs et indirects et ainsi de mettre sous un joug néolibéral exemplaire, de dimensions internationales, ses attentes et ses revendications.
Les mobilisations sont restées jusqu’à présent assez tièdes et ne correspondent certainement pas au caractère critique de la situation et à la férocité des mesures. Il y a un sentiment général d’impuissance et de paralysie, mais aussi de colère ne pouvant trouver un débouché adéquat. Certainement, il y a un vrai mécontentement envers la politique de choc que le gouvernement PASOK met en œuvre (baisse des salaires, baisses des aides, plus de taxes directes et indirectes, repoussement de l’âge de la retraite, intensification du contrôle policier, etc.). On peut percevoir ce mécontentement dans les conversations de tous les jours au travail, il y a pourtant un silence fragile qui l’emporte face à la dictature de l’économie et la toute-puissance des « marchés ». Le mantra de « l’unité nationale » est un des outils préférés du gouvernement, comme on peut s’y attendre dans de pareils moments ; il n’a pourtant pas encore atteint un stade dangereux.
Les confédérations syndicales, la GSEE (l’organisation qui chapeaute les syndicats du secteur privé) et l’ADEDY (son homologue pour le public) sont totalement contrôlées par le gouvernement socialiste et s’efforcent d’éviter toute véritable résistance contre la récente offensive. Pour l’heure, il semble plutôt improbable que la crise, et la pression exercée sur ces mammouths par la base, conduisent à des changements majeurs dans leur structuration et leur rôle, si on prend en compte le comportement quasi léthargique des cadres syndicaux du plus bas niveau dans le parti socialiste, qui remportent toujours la majorité des votes sur la plupart des lieux de travail.
Le 10 février, il y a eu la première grève appelée par l’ADEDY avec une participation plutôt faible des grévistes du secteur public. Nous essayerons ensuite de donner une description de la manif du 24 février à Athènes, lorsque la GSEE et l’ADEDY appelèrent à la première grève générale contre les mesures d’austérité. L’estimation du nombre grévistes est autour de 2-2,5 millions. Dans certains secteurs (les ports, les chantiers navals, les raffineries, le bâtiment, les banques et les entreprises de services publics), la participation allait de 70 % à 100 %. Dans le secteur public (éducation, santé, services publics et ministères, bureaux de poste), la participation était plus faible, entre 20 % et 50 %.
Les estimations du nombre de participants à la manifestation lors de la grève varient beaucoup. La police donne 4 000, d’après certains médias le nombre est de 100 000 et d’autres parlent de 9 000 à 30 000 manifestants. En termes de participation, on peut dire qu’un nombre d’environ 40 000 est une estimation fiable.
On peut distinguer deux caractéristiques principales de cette manif. La première est la participation notable de nombre d’immigrés, non seulement « sous le commandement » des organisations de gauche, mais aussi diffuse dans le cortège des manifestants. Il nous faut mentionner que la participation des immigrés est actuellement liée à la nouvelle loi sur « la citoyenneté pour les immigrés », qui crée des divisions parmi eux en distinguant la catégorie de ceux, très peu, qui sont éligibles à la citoyenneté et les milliers condamnés au no man’s land de l’illégalité.
La seconde caractéristique est que le combat de rue qui eut lieu entre la police anti-émeute et les manifestants ne provenait pas nécessairement du milieu antiautoritaire–anarchiste – dans plusieurs cas, il y eut du combat rapproché, parce que la police anti-émeute avait reçu l’instruction du gouvernement socialiste de limiter l’utilisation du gaz lacrymogène. Il y eut des vitrines de banques brisées, des pillages de boutiques (librairies, grand magasin, supermarchés et cafés) et, bien qu’ils ne se soient pas généralisés, ces événements donnèrent certainement une tonalité assez différente à celle qu’on était en mesure d’attendre des manifs habituelles GSEE–ADEDY. Un incident de fin de manif est peut-être un bon révélateur ce changement d’ambiance : comme les manifestants marchaient sur la rue Panepistimiou, où commence Kolonaki, un quartier branché du centre d’Athènes, ils virent qu’à Zonar, un café traditionnel bourgeois et très cher, des clients guindés et bien habillés étaient en train de boire du champagne (!) et dégustaient leurs délicieux breuvages, très chers. La foule enragée envahit le café, brisa ses vitrines et bientôt des gâteaux furent distribués à un prix bien plus abordable !
Ces caractéristiques, selon nous, montre le grand impact que la révolte de décembre 2008 a eu sur la façon de protester. Une approbation générale des actes de violence envers les flics et les institutions capitalistes telles que les banques et les magasins était patente pendant la manif. De fait, à plusieurs reprises, les manifestants attaquèrent les flics pour les empêcher d’arrêter les « fauteurs de troubles ». Bien sûr, les appels de gauche à une « manifestation pacifique » ne manquaient pas, mais ils paraissaient insignifiants aux yeux de la plupart des prolétaires.
Il y avait certainement un sentiment général de joie à lâcher son indignation sur les flics et ainsi à exprimer la colère contre cette récente attaque, et ainsi la grève et la manif fonctionnèrent comme un antidépresseur puissant, bien qu’ayant un effet temporaire.
Enfin, il nous faut citer une manœuvre spectaculaire du PC  (en fait de son front ouvrier, appelé PAME ) la veille de la grève : ils squattèrent la Bourse tôt le matin avec une banderole surréaliste et plutôt incompréhensible disant en anglais « Crisis pay the ploutocracy » [la crise paye la ploutocratie]. Leur but était, selon leurs propres termes, de « montrer aux inspecteurs de la commission européenne, de la BCE et du FMI où était l’argent » – comme s’ils ne le savaient pas ! En fait, les services de la Bourse furent transférés à un autre bâtiment et les manifestants quittèrent l’occupation à 14 h. Nous reviendrons plus tard dans ce compte-rendu sur les pratiques employées par le PC et leur influence.
Le 3 mars, le gouvernement socialiste annonçait les nouvelles mesures pour le « salut du pays », comprenant une baisse de 30 % des treizième et quatorzième mois des travailleurs du public, une baisse de 12 % des subventions salariales, des hausses des taxes sur les carburants, l’alcool et le tabac, ainsi que des coupes dans les dépenses éducatives et de santé. Les premières réactions provinrent du PAME qui intensifia ses escarmouches spectaculaires, occupant cette fois le ministère des finances et quelques stations de télé dans les villes de province le jour suivant. Ce fut encore PAME qui appela en premier à des manifestations l’après-midi à Athènes et dans plusieurs autres villes pour le 4 mars. Plus tard, quelques syndicalistes et organisations de gauche, rejoints par le syndicat des professeurs du secondaire et l’ADEDY, appelèrent à une manif séparée à Athènes. Etant donné le court délai avant la manif et le sentiment général d’impuissance, environ 10 000 personnes manifestèrent dans les rues principales d’Athènes de façon plutôt terne, ce qui devait changer quelque peu dès le jour suivant.
Une fois encore, l’initiative de la grève du 5 mars fut prise par le PC qui avait appelé à une « grève générale » ce jour-là et à une manif. L’ADEDY et la GSEE prirent la suite avec un débrayage de trois heures, alors que les autres syndicats (les syndicats du primaire et du secondaire, ceux des transports publics) appelaient à une journée complète de grève. La manif du PAME rassembla environ 10 000 personnes et prit fin avant que l’autre n’ait démarré. Les antiautoritaires et les jeunes gens étaient visiblement plus présents cette fois-ci, et l’atmosphère était tendue dès le départ de la place Syntagma, près du Parlement, où le parti socialiste s’apprêtait à voter les nouvelles mesures.
Un moment plus tard, le dirigeant de la GSEE, Panagopoulos, commit l’erreur d’essayer de s’adresser à la foule, seulement pour se voir couvert de yaourt, d’eau et de café, et finalement de coups. La chose incroyable était que les attaques provenaient de différentes directions et rapidement ses nervis furent incapables d’empêcher une multitude de gens (où certainement les antiautoritaires et les gauchistes formaient la majorité) d’exprimer en pratique leur haine envers lui et ce qu’il représente. Il fut pourchassé et frappé jusque dans l’entrée du Parlement, et ensuite protégé par la police anti-émeute. Une foule en colère s’ameuta bientôt au pied du bâtiment. Les gardes folkloriques du Parlement durent immédiatement s’en aller et un combat commença entre les gens enragés et les escadrons anti-émeute. Ce fut le moment que les parlementaires de la coalition SYRISA choisirent pour faire leur propre action spectaculaire, déployant une banderole en face de l’entrée du Parlement, avec les mots de Breton, une phrase évoquant le fait que l’être humain devait être la réponse, et ce quelle que soit la question – une phrase qui rendait probablement les intellectuels althussériens anti-humanistes appartenant à SYRISA mal à l’aise, bien qu’on puisse la lire dans le sens social-démocrate propre à SYRISA, comme « les gens au-dessus des profits », le crédo préféré de cette coalition en ce moment. Lorsque Glezos, un membre de SYRIZA âgé de 88 ans et symbole de la résistance nationale à l’occupation nazie, essaya d’empêcher la police anti-émeute d’arrêter un jeune homme, il fut battu et gazé en pleine tête, et rapidement l’affrontement avec la police fut généralisé. Environ 300 personnes leur lançaient des pierres (principalement des antiautoritaires, mais pas seulement), et le reste resta sur place, criant et injuriant pendant quelque temps, jusqu’à ce que la police anti-émeute lance une attaque puissante pour essayer de disperser la foule. Un incident revigorant survint lorsque quelques personnes s’emparèrent des micros de la confédération syndicale et scandèrent des slogans contre l’esclavage salarié et les flics, que l’on pouvait entendre d’un bout à l’autre de la place, dans les nuages de lacrymo. Pendant ce temps, Tsipras, le dirigeant de SYRIZA, se précipitait dans le Parlement pour informer ses collègues parlementaires, qui venaient de voter les nouvelles mesures, de l’attaque sur Panagopoulos, la condamnant de la façon la plus catégorique.
La manif commença alors à avancer vers le ministère du travail, ce qui fut critiqué par nombre de manifestants comme une tentative de la part des syndicalistes d’apaiser les tensions aux abords du Parlement. Toutefois, les esprits étaient échauffés et ainsi, quand la manif attint le bâtiment du Conseil d’État, certains manifestants attaquèrent l’escouade anti-émeute qui le gardait. Rapidement, une foule immense se mit à lancer des pierres et divers projectiles sur eux, les pourchassant à l’intérieur du bâtiment. L’un d’entre eux, pourtant, n’y parvint pas et fut capturé, et quasiment lynché par les gens en colère. L’incident montre à la fois l’acceptation de l’escalade de violence, même de la part de gens qui réagiraient en temps normal différemment, et la haine envers la police, en particulier ces jours-ci. Il dura quelque temps parce que les renforts étaient empêchés d’approcher par les travailleurs licenciés d’Olympic Airways, qui se trouvaient à proximité. Ces travailleurs, peu après que les mesures aient été annoncées, occupèrent le Trésor public, rue Panepistimiou et avaient coupé le trafic routier jusqu’au 12 mars avec des voitures et des poubelles. La manif se dirigea vers le ministère qui avait auparavant été évacué au moment où les premiers manifestants approchaient. Bien que la présence policière se soit alors accrue, il y eut de la casse (banques, grandes librairies et grands magasins) et la manif prit fin plus tard à Propylea.
Bien que le gouvernement tente de faire porter la responsabilité des mobilisations sur les « extrémités » des partis de gauche, il faut souligner que SYRIZA a très peu d’influence sur les lieux de travail (excepté le syndicat du secondaire), alors que, d’un autre côté, l’idéologie et les pratiques staliniennes du PC appellent une analyse plus poussée.
La conjoncture actuelle constitue le terrain idéal pour les activités du PC, dans la mesure où la propagande gouvernementale elle-même et celle des médias sur la prétendue imposition des mesures draconiennes par l’UE, les marchés internationaux et les spéculateurs semblent confirmer sa rhétorique sur la « sortie de l’UE » et la « résistance aux monopoles et au grand capital », qu’il annone religieusement depuis les années 80. Étant l’un des principaux représentants de la classe ouvrière (en tant que classe du mode de production et de communication capitaliste) au sein de l’État grec et de ses institutions, le PC en appelle à l’établissement d’une économie nationale « populaire » dans laquelle la classe ouvrière profitera des avantages du capitalisme social-démocrate, au parfum de stalinisme. En fait, le PC, par ses actions, fait tout pour engluer les luttes dans les limites des institutions capitalistes, et mieux encore, dans celles qui sont le plus fétichisées, les élections et le Parlement, puisque, pour le PC, voter pour le parti et s’organiser en son sein constitue l’apogée de la lutte de classe.
La caractéristique majeure de l’activisme du PC reste la séparation complète entre les mobilisations de son organe syndical (PAME) d’avec le reste des prolétaires en lutte. Les manifestations organisées par le PAME et le PC ne se joignent jamais aux manifestations appelées par les autres syndicats et organisations étudiantes. Bien que nous ne soyons pas en mesure de savoir exactement ce qui se passe dans les appareils du PC et du PAME, du fait de leur mode d’organisation complètement impénétrable, l’expérience que nous avons de la participation aux réunions syndicales montre qu’ils exercent un contrôle total sur leur base. Nous tenons pour certain que les actions sont décidées par la direction du parti sans l’ombre d’une participation de la base, c’est pourquoi de nos jours les ex-membres du PC sont plus nombreux que ses membres.
Il faut reconnaître que le niveau d’activité de la classe est bas : des grèves de longue durée n’ont pas été organisées dans plusieurs secteurs simultanément, et l’on assiste pas non plus à des manifestations quotidiennes massives. Dans ce contexte, les activités du PAME (occupations de bâtiments publics tels que le ministère de l’économie et la Bourse, manifestations et défilés massifs – pratiques du PC depuis au moins le milieu des années 2000) semblent impressionnantes, en particulier lorsqu’ils parviennent à appeler en premier à la grève ou à une manif, obligeant la GSEE et l’ADEDY à suivre. Il est possible qu’un plan visant à la division de la GSEE et de l’ADEDY et de création d’une troisième confédération syndicale « indépendante » sous-tende cette stratégie. Bien sûr, il va sans dire que si la situation devient ingérable, en dépassant les grèves hebdomadaires de 24 heures, c’est-à-dire si des grèves longues surviennent, accompagnées d’une présence prolétarienne et d’une activité militante permanentes dans la rue, le PC assumera à nouveau son rôle de police en sapant les grèves qu’il ne contrôle pas, en appelant ses membres à déserter les rues et en tentant de réprimer violemment toute activité radicale. Après tout, cela fut sa pratique normale depuis la chute de la dictature et ils ont fait exactement la même chose pendant la rébellion de décembre 2008.
En ce qui concerne les petits syndicats de base qui se sont multipliés ces dernières années, qu’ils soient gauchistes ou anarchistes, ils ne sont pas en mesure de mobiliser les travailleurs en général, à l’exception de leurs affiliés. Leurs pratiques militantes (blocages des entreprises, implication dans les manifs) reposent principalement sur la participation active d’antiautoritaires, sans que ceux-ci en soient membres.
Le 5 mars, la GSEE et l’ADEDY ont appelé à une autre grève de 24 heures le mardi 11 mars, en réponse au climat de mécontentement général, bien que passif, vis-à-vis des mesures d’austérité annoncées, tentant par là de conserver un brin de légitimité. Il n’y a pas de chiffres définitifs disponibles pour les taux de participation à la grève, mais nous pouvons dire à coup sûr qu’ils furent plus élevés que les précédents (la GSEE affirme que la participation à la grève a atteint 90 %). Ce fut aussi probant du fait du nombre de manifestants qui était presque le double de celui de la manif du 24 février. D’après nos estimations, environ 100 000 personnes ont pris part aux deux manifestations, PAME et GSEE-ADEDY    (le PAME a organisé une manifestation à part, poursuivant ainsi sa pratique habituelle), même si les médias estiment que le nombre est autour de 20-25 000. La composition de la foule était aussi légèrement différente, puisqu’il y avait plus d’étudiants, quelques lycéens et plus de jeunes travailleurs, alors que les immigrés étaient absents cette fois-ci. De plus, un grand nombre de manifestants provenant de presque tout le milieu antiautoritaire ont pris part à la manif GSEE-ADEDY, dispersés dans toute le cortège.
Les tactiques différentes, bien plus offensives, de la police furent un autre trait caractéristique de la manifestation. Plus de 5 000 flics tentèrent de prévenir l’escalade de la violence prolétarienne en encadrant de près la manif de part et d’autre. Ils y parvinrent dans une certaine mesure, puisque relativement peu de gens n’étant pas issus du milieu antiautoritaire soutinrent le combat de rue ou participèrent activement aux affrontements avec la police. Cela peut aussi être lié à la composition plus large (et donc plus conservatrice) des manifestants, la plupart d’entre eux n’ayant pas connu de telles expériences. Néanmoins, il y eut de nombreuses confrontations avec la police à différents endroits pendant la manifestation, qui se poursuivirent jusqu’à la fin et se propagèrent ensuite autour d’Exarchia, où se dirigeaient de nombreux manifestants, selon la « tradition » en vigueur à de telles occasions.
Il faut de plus noter que cette fois-ci la direction des confédérations syndicales n’a pas fait que coopérer ouvertement avec la police, mais qu’elle a en fait donné des directives spécifiques aux escouades anti-émeute afin d’arrêter les manifestants sur l’avenue Patision, pour prendre la tête de la manif et éviter de possibles conflits avec la base et une répétition des événements du vendredi précédent, lorsqu’ils furent (activement) hués comme ils le méritent. Bien que la police ait arrêté et attaqué les premières lignes de la manif (qui comprenaient des blocs de certains syndicats gauchistes de l’enseignement primaire) afin permettre à la direction de la GSEE et de l’ADEDY de venir sur le devant, le comité de coordination des syndicats du primaire précédemment évoqués et d’autres syndicalistes gauchistes (tel un groupe de syndicalistes de l’OTE, l’ex-compagnie nationale de communications) appuyèrent politiquement cette manœuvre de la GSEE et de l’ADEDY en continuant leur chemin par un détour depuis l’avenue du 3 septembre, leur fournissant l’espace nécessaire pour prendre la tête et ensuite se plaçant juste derrière eux ! De plus, la GSEE et l’ADEDY firent tout ce qui était en leur pouvoir pour aider les flics à canaliser la manif. Quand ils atteignirent la place Syntagma, ils tentèrent de repousser les gens qui arrivaient après eux. Il n’est pas surprenant que la police ait divisé la manif à Propylea, où les affrontements éclatèrent, après que le bataillon des bureaucrates soit reparti vers leur QG.
Nous devons aussi signaler que les syndicalistes des forces de sécurité (la police, les pompiers, etc.) qui attendaient place Kolotroni que passe la manifestation séparée du PAME furent applaudis par les manifestants et les applaudirent à leur tour. Evidemment, ils disparurent rapidement, parce que « le rassemblement » avec les autres manifestants n’aurait pas été une très bonne expérience pour eux.
La composition de ces dernières manifs est différente de celles de décembre 2008, comme on pouvait s’y attendre. Les lycéens ne se sont pas montrés du tout, du moins pas en blocs identifiables, à part quelques-uns à la dernière, mais les étudiants étaient présents aux deux dernières manifs, alors qu’on appelait de plus en plus à des assemblées générales. En général, à part pour les étudiants, les segments précaires, « lumpen », marginaux de la classe qui étaient le sujet prédominant des émeutes sont absents, ce qui est compréhensible, puisque l’enjeu actuellement est le terrorisme fiscal imposé par les mesures d’austérité, menaçant les travailleurs ayant des emplois plus stables et plus à perdre. Ainsi, ce qui mérite une explication, c’est plutôt l’inertie exprimée par cette partie du prolétariat, dans la mesure où ses mobilisations jusqu’à présent n’ont ni constitué un mouvement ni n’ont correspondu au caractère critique de la situation. Les grèves ont été appelées par les directions des fédérations ou des confédérations. Même quand les syndicats du primaire ont appelé à la grève, il n’y a pas eu d’assemblées massives extraordinaires auparavant, ce qui signifie qu’aucun processus à la base n’a été organisé. L’influence destructive et paralysante des syndicalistes socialistes et le contrôle qu’ils exercent toujours sur les syndicats sont encore l’obstacle majeur et on peut en donner une illustration avec l’exemple suivant. Les employés de l’Imprimerie Nationale l’ont occupée le 5 mars, aux motifs que les nouvelles mesures ajouteraient une baisse supplémentaire de 30 % de revenu aux employés du ministère de l’intérieur. L’occupation, toutefois, était fermée à quiconque « n’était pas employé par le ministère », comme l’ont entendu dire des camarades qui essayaient de leur rendre visite et qui furent, de fait, congédiés. Les cadres syndicaux socialistes qui contrôlent le syndicat décidèrent de mettre fin à l’occupation brusquement sans même introduire la question en assemblée, sous l’argument que le gouvernement « avait promis » de déroger à la règle particulière – une décision qui fut accueillie avec colère mais qui ne fut pas contrée. L’occupation du Trésor public par les travailleurs licenciés d’Olympic Airways connut la même fin. Ce sont principalement des techniciens qui n’ont pas été payés pendant trois mois, à présent qu’Olympic Airways a été privatisée, ou des ouvriers à qui on avait promis d’être reversés sur d’autres sites. Le premier jour de l’occupation, ils séquestrèrent un responsable pour plusieurs heures et le même soir ils attaquèrent et pourchassèrent une escouade de la police anti-émeute. Bien qu’ils aient été ouverts aux discussions et qu’ils aient semblé déterminés à poursuivre le blocage autant que nécessaire, puisque, selon leurs propres mots, ils n’avaient « rien à perdre », ils ne laissèrent entrer personne dans le bâtiment occupé. Après 10 jours d’occupation, leurs représentants socialistes (et de droite) décidèrent d’accepter la « promesse » du gouvernement de former un comité spécial pour examiner la question ! En l’espèce, les syndicalistes socialistes agirent comme des courroies de transmission des menaces du gouvernement contre les travailleurs et de l’ordre du ministère public de les faire arrêter.
Comme nous l’avons déjà fait remarquer l’an dernier, à propos de l’incapacité de la rébellion de décembre à s’étendre aux lieux de travail, le manque de formes autonomes d’organisation et de nouveaux contenus de lutte, au-delà des revendications syndicales, semblent peser lourdement sur les prolétaires dans une période de terrorisme « de dette publique ». Et mieux encore, les limites de cette rébellion avec son caractère minoritaire sont encore plus visibles maintenant, et bientôt ceux qui s’en sont tenus à l’écart vont probablement découvrir la nécessité d’en commencer une nouvelle pour se sortir de ce mauvais pas.
L’agence de notation de crédit des prolos et des pauvres,

alias TPTG,nouvelle du front
14 mars 2010.
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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 10:34

message posté sur indymedia.paris




SSPP13 02

Soirée de solidarité avec les travailleur-se-s sans papiers en grève

L’acte 2 de la grève des travailleurs et travailleuses sans papiers est entré dans son 5eme mois. Nos 6000 camarades sont en grève depuis le 12 octobre. Pour certains, cela fait même encore plus, en grève depuis 2008 !

Au black out médiatique et à la surdité du gouvernement, s’ajoute les difficultés financières. Certains camarades ont perdu logement, travail, et ne tiennent plus que par la solidarité.

Nous devons les aider à tenir, à aller jusqu’au bout de ce mouvement, jusqu’à arracher de nouveaux critères permettant la régularisation de tous les travailleurs sans papiers. Il serait plus que dommage de devoir lâcher maintenant, au moment où, sous la pression de la grève et des occupations, une partie du patronat commence à lâcher le morceau et à interpeller à son tour le gouvernement.

Pour faire connaitre et partager leur lutte et pour récolter de l’argent, l’Union Locale CGT de Bobigny organise une soirée de solidarité avec la grève le vendredi 2 avril, de 19h à minuit, salle Pablo Neruda (31 av Salvador Allende, à côté de la mairie de Bobigny)

Au programme : repas africain, bar, expo photo, témoignages de grévistes, vente de matos, projection du film des cinéastes solidaires, dédicace du livre photo "Des hommes libres", animation musicale.

Des vignettes d’entrée-bons de soutien sont en vente au prix de 10 euros.

Pour s’inscrire ou pour plus de renseignements, contacter l’UL CGT de Bobigny au 01 48 31 30 91, ou à ulcgtbobigny WyQ orange.fr

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