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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 09:17

Nous avons déjà, à plusieurs reprises, dénoncé le scandale de la CSG et CRDS organisé par l' état tant de gauche que de droite. Dénoncé ce fait qu'il faut que la sécu soit en permanence en déficit, car sa dette est transformée en produit financier directement prélevé  sur la quasi-totalité des revenus, y compris les allocations familiales, les allocations chômage et prochainement sur les produits d'épargne1.

 Cet impôt instauré en 1996  ce voulait provisoire  et devait, par l' emprunt sur les marchés internationaux combler les déficits de la Sécurité sociale entre 1993 et 1995. L'Etat se chargeant d' endetter le peuple à son insu, en mettant à la disposition du capital international, l' un des meilleur placement  financier de la planète, une rente de situation directement prélevée sur les salaires, pensions ...) qui sera  noté au plus haut niveau par les principales agences de notation.

Ici, nous passons sur tout l' historique ayant mené à cette situation, Nous l'avons déjà fait dans un article en 2004 « CSG et CRDS, un racket permanent de l’Etat (Echanges 110-Automne 2004) ». Nous retiendrons seulement que le scandale était si énorme que Simone Weil accusa le gouvernement de « faire payer deux fois les Français ».2

En effet, un véritable complot a été ourdi, pour liquider le système de protection sociale, au profit des sociétés d’assurances ( les complémentaires santé). La loi du 30 décembre 1995  autorisa le gouvernement, en application de l’article 38 de la constitution, à réformer le système de protection sociale .La voie était enfin dégagée pour que l’Etat, mette en place un nouvel étage de prélèvement sur le monde du travail par la création de la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades).

Mise en place le 24 janvier 1996,  sa dénomination indique le sens de sa mission : faire payer aux salariés, retraités, chômeurs... les 137 milliards de francs de dette de la Sécurité sociale d’ici 2009, plus les intérêts exigés par les prêteurs.

Le déficit chronique de la Sécurité sociale doit continuer, pour alimenter le juteux marché de la dette sociale et des placements financiers auprès de la Cades. Donc en 1997, le ministère de l’économie et des finances annonce le prolongement de la Cades pour cinq ans  (du 31 janvier 2009 au 31 janvier 2014) pour éponger les nouvelles dettes.

Nous sommes fin 2009 , et le trou de la sécu est de nouveau au rendez vous. Il devrait se situer aux alentours de 20 milliards d'euros,  en hausse par rapport aux précédentes estimations qui évaluaient le déficit à 15 milliards. Même  le sénat  commence a se poser des questions sur l' utilité de la CADES.

« A titre d’exemple, si la CADES avait été préservée de toute manipulation (hormis la réouverture de 1998), elle aurait pu dans le cadre du scénario central, amortir la totalité de ses dettes au minimum dès 2011 épargnant aux contribuables le versement de deux ans de CRDS, soit 14,2 milliards d’euros, soit plus de 90 milliards de francs.(extrait du Rapport N° 248 du sénat  2002/2003  sur la situation de la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES),   Par M. Alain VASSELLE, Sénateur. )

Mais comme on dit « a qui profite le crime » ?Il n' est pas facile de le savoir, ce n' est certes pas secret mais plutôt discret, néanmoins voici ce que nous avons glané, sur le site de la CADES qui fait état des intérêts servis aux prêteurs:

10 milliards de francs 4% à l'échéance 12 octobre 2000.

18,859 milliards de francs 5,50% à échéance 25 avril 2002.

15,299 milliards de francs à 6% à échéance 25 juillet 2005.

17,123 milliards de francs 6,25% à échéance 25 octobre 20007.

650 millions de francs 5,18% à échéance 16 avril 2003/2008.

La facture finale, des intérêts de la dette, est colossale. Selon la cours des comptes, la charge d’intérêts des emprunts contractés par la cades s' élève à (2,9 Md€ par an en moyenne sur la période 2005-2009 ,contre 1,4 Md€ sur la période 1996-2004), soit un total de 25,7 milliards euros versé au capital financier depuis 1996.  A noter qu' en dehors d’une modification de son assiette en 2004 (qui est passée de 95 % à 97 % des revenus) la progression de la CRDS résulte uniquement de la dynamique des revenus. De 1996 à 2005, le produit de la CRDS a augmenté de 61,4 %. Or dans le même temps, (du fait de la charge des intérêts de la dette ) la dette à résorber à été multipliée par 2,4. et avec la crise et le chômage, les recettes s' amenuisent amplifiant l' endettement.             

 Les grands bénéficiaires sont :

« Une compagnie d’assurance-vie a pris 1 milliard d’un coup » ( La Tribune du 27 septembre 1996) selon le même journal l’emprunt a trouvé preneur « auprès d’une communauté d’investisseurs diversifiée, incluant principalement des assureurs et des gestionnaires français, certes, mais aussi des banques allemandes, belges et luxembourgeoises, des fonds britanniques et italiens, et jusqu’à une banque centrale du Moyen-Orient ».

Mais aussi ,ABN Amro Barclays Capital BNP-Paribas CDC Ixis Crédit Agricole Indosuez Crédit Suisse First Boston Deutsche Bank Dresdner Kleinwort Wasserstein HSBC-CCF JP Morgan Lehman Brothers Merrill Lynch Morgan Stanley Natexis Banques Populaires Nomura Schroder Salomon Smith Barney Société Générale.

Le dernier emprunt de la CADES, le cinquième en 2009 , s'élève à 1,25 milliard de dollar US ce placement va alimenter le capital financier international dans les proportion suivantes:

En Europe pour 47 %, en Asie pour 30%, au Moyen-Orient pour 16%, et en Amérique pour 7 %,
L’emprunt a été majoritairement souscrit par les banques et les banques centrales pour respectivement 45% et 41%, 10% par des gérants de fonds et par d’autres investisseurs (assurances et banques de détail) pour 4%.

Voir aussi l' article percutant du CROAC cliquer sur dossier en haut puis sur l' article « « le trou » de la sécu après les truquages le délire ! » et le site du journaliste Denis Robert contraint de jeter l' éponge ( sa vidéo).

Gérard .Bad  novembre 2009

Notes

1Le gouvernement souhaite désormais soumettre aux prélèvements sociaux (CSG et CRDS) les contrats multisupports dont le capital était exonéré de CSG et de CRDS (12,1%) en cas de décès. Selon la presse, les recettes escomptées pourraient atteindre 270 millions d'euros.

2 Cette dette de 110 milliards de francs aura donc été payée deux fois : une première fois via la hausse de la CSG décidée en juillet 1993 (1,4 point) et la seconde par l’instauration de la CRDS.


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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 07:44
il est possible de trouver cette revue chez  les deux libraires de la Grand rue, possibilité de discussion autour de cette revue vendredi 17h30 au Laboratoire
échanges N°131

Saint Nazaire  5 février 2010 coommuniqué de la CGT Navale

Ce vendredi 05 Février 2010, un débrayage spontané de salariés a eu lieu
au départ d’un atelier. Ces salariés grévistes, avec le soutien de la CGT et de
la CFDT ont entamé une tournée qui a entrainé l’ensemble des ateliers de
production encore en fonctionnement à se joindre à eux ainsi que les salariés
du pré-montage et des salariés des bords.
La revendication des grévistes est le maintien de la rémunération au
chômage partiel, alors que des périodes importantes de chômage partiel vont
avoir lieu. La direction sous l’impulsion des grévistes, a décidé d’avancer la
réunion de négociation sur la rémunération du chômage partiel à lundi
prochain, le 08 février 2010 à midi.
Depuis une semaine, des débrayages spontané soutenus par la CGT se
succèdent dans différents secteurs tant pour protester contre des intimidations
de la direction envers des ouvriers que sur le sujet du chômage et de sa
rémunération et les incertitudes sur l’avenir.
D’autre part, la CGT dénonce et condamne l’agression d’un de ses délégués
par des cadres du service sécurité des Chantiers. Cette agression survenue
pendant ce débrayage de façon brutale, unilatérale et gratuite a entrainé 5
jours d’incapacité temporaire de travail pour notre camarade. La CGT a
décidé de porter plainte.
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 11:20
 Les droits des immigrés sont les droits du travaill »

Ce texte paru dans Echanges n°128 (printemps 2009) est une synthèse de deux articles de Peter Rachleff, professeur d’histoire au Minnesota, qui ont été publiés par plusieurs revues et sites Internet américains : « Immigrant Rights Are Labor Rights » et « Postville and the lessons of the Hormel strike. » (Dollar and Sense, n° 278 (sept-oct. 2008), voir Immigration : les leçons de la grève de Hormel (1985-1986).

Le 12 mai 2008, à l’usine AgriProcessors de la petite ville (2 200 habitants) de Postville (Iowa), 900 agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, police de l’immigration et des frontières) ont procédé à une rafle, la plus importante de ce genre dans l’histoire des Etats-Unis. Près de 400 ouvriers sans papiers, hommes et femmes originaires, pour la plupart, du Guatemala, se sont vus rassemblés et accusés du crime d’ « usurpation d’identité aggravée » pour avoir utilisé de faux numéros de sécurité sociale.

Séparés de leurs enfants et de leurs familles, ces ouvriers ont été enchaînés, internés sous des tentes dans le parc à bestiaux de Waterloo (ville d’Iowa) et on les a fortement incités à plaider coupables. Presque tous l’ont fait et ont écopé de cinq mois de prison tandis que les femmes étaient assignées à résidence, portant des bracelets électroniques aux chevilles, sans pouvoir travailler. Quand les hommes sortiront de prison, elles prendront leur place. Et lorsqu’à leur tour elles sortiront de prison, tous seront expulsés.

Cette rafle de l’ICE à l’abattoir de Postville, le plus grand abattoir cachère du pays, et les effroyables conditions de travail dans l’entreprise qui ont été révélées depuis, ainsi que d’autres rafles semblables dans tout le pays (fin août, le New York Times a fait état d’une rafle semblable à Laurel, Mississipi), comptent parmi les défis les plus urgents auxquels le mouvement ouvrier doit faire face aujourd’hui. Mais les bases de la situation actuelle des travailleurs migrants aux Etats-Unis ont été jetées il y a longtemps, depuis qu’on a cassé les syndicats dans l’industrie de l’abattage et du conditionnement de la viande, depuis que le néolibéralisme a restructuré l’économie mondiale.

Dans le Midwest, les Libériens et les Guatémaltèques ainsi que de nombreux autres immigrés deviennent clandestins à cause d’une bureaucratie qui invoque le terrorisme pour justifier les augmentations de budget de l’ICE tout en coupant les crédits des services sociaux. Selon la logique étatique, les frontières et les limites sont clairement définies, certains d’entre nous sont à l’intérieur et les autres à l’extérieur. Des hommes, des femmes et des enfants fuient des régimes qui ont malmené leurs communautés, cherchant à survivre. Quand ils arrivent aux Etats-Unis, certains trouvent un travail mal payé, sale et dangereux. D’autres s’en tirent mieux économiquement mais vivent dans la peur de l’expulsion et de la perte de tout ce qu’ils ont construit ici.

Les Twin Cities (1) sont devenues le domicile de la plus importante communauté libérienne des Etats-Unis, même si le gouvernement fédéral refuse à nombre d’entre eux le statut de résident permanent. Deux décennies de guerre civile et de désordres, à la suite d’un siècle de néocolonialisme économique, en grande partie favorisés par l’armement, l’argent et l’intervention des Etats-Unis, ont détruit les infrastructures du Liberia et maintenu son taux de chômage autour de 80 %.

Pendant ce temps, d’après leurs propres calculs, les Libériens qui travaillent dans le Minnesota envoient chez eux entre 8 et 10 millions de dollars par mois pour leurs familles. Et pourtant, Washington n’a qu’un « statut protégé temporaire » à offrir à des dizaines de milliers de Libériens déplacés et un compte à rebours pour une expulsion – celle-ci était prévue en mars 2009. Pour couronner le tout, le gouvernement a instauré un programme de test ADN à Monrovia, capitale du Liberia, exigeant des aspirants à l’immigration qu’ils « prouvent » leur relation familiale avec les immigrés qui sont déjà aux Etats-Unis. Les immigrés libériens sont traités comme des criminels en puissance avant d’avoir mis les pieds dans le pays et ils y vivent chaque jour en regardant par-dessus leur épaule (lorsque les immigrés de Sierra Leone ont perdu leur statut protégé temporaire en mai 2004, un trait de plume bureaucratique les a fait passer de « réfugiés » à « clandestins sans papiers »).

Les immigrés d’Amérique centrale ne s’en sont pas mieux sortis. Dans les dernières décennies de la guerre froide, des gouvernements militaires et dictatoriaux, souvent financés par les Etats-Unis, ont littéralement fait la guerre à leurs propres populations. Avec la montée en puissance du libre-échange et du néolibéralisme, la production artisanale et agricole auto-suffisante a été mise à mal par les importations de produits agricoles bon marché et de marchandises produites en série. Les paysans et les villageois déplacés ont émigré pour nourrir leurs familles. A cause des restrictions à l’immigration, beaucoup sont entrés dans le pays clandestinement et sans papiers. Avec l’aggravation de l’insécurité économique pour de nombreux travailleurs américains blancs et la peur qu’entretiennent les démagogues, ces immigrés sont de plus en plus souvent dans la ligne de mire des autorités.

Comment s’est développée la politique de l’immigration ?

En avril 2006, des centaines de milliers d’immigrés qui militaient pour la reconnaissance de leurs droits organisèrentorganisation et de résistance. des manifestations dans plusieurs grandes villes des Etats-Unis. Ils ripostaient à de longs débats sur le pour et le contre d’une réforme en profondeur de l’immigration par des banderoles affichant un texte court mais génial : « Aucun être humain n’est illégal ». Cette revendication catégorique défiait les pratiques profondément enracinées de notre gouvernement ainsi qu’une profonde source intarissable de racisme dans notre culture. Leurs actions évoquaient aussi les traditions d’engagement, d’

Depuis l’époque de l’esclavage – bien avant la formation des Etats-Unis proprement dits – le gouvernement, soutenu par la culture populaire, incluait certains résidents en tant que citoyens et en excluait d’autres en tant qu’étrangers, que l’historienne Mae Ngai a appelés « ressortissants impossibles ». Non seulement les esclaves n’appartenaient pas à la communauté politique et sociale, mais les esclaves affranchis et leurs enfants étaient habituellement exclus de la citoyenneté. La Constitution américaine comptait chaque esclave comme trois cinquièmes d’une personne tandis que la loi de naturalisation de 1790 offrait la citoyenneté aux « personnes blanches libres ». La loi sur les étrangers de 1798 autorisait le président à ordonner l’expulsion de tout étranger « dangereux pour la paix et la sécurité des Etats-Unis » en temps de paix. Le professeur Ngai affirme que le gouvernement a inventé les « immigrés clandestins » à partir du moment où il a commencé à réguler l’immigration.

Le critère principal de ce genre de décision était la race, et la réflexion sur la race était influencée par les passions, les croyances et les préjugés populaires. Un double processus faisait d’une personne d’une race différente un « autre », tout en assurant une place à l’intérieur à tous ceux à qui on accordait le statut de « Blanc ».

A partir de leur propre position précaire, menacée à la fois par la richesse et le pouvoir de ceux qui les dominaient et par l’impuissance de ceux qui se trouvaient en dessous d’eux sur l’échelle socio-économique, les Blancs de la classe ouvrière luttaient pour conserver leur part de statut et de privilèges. Tout en pratiquant la discrimination et même, parfois, la justice expéditive, ils désiraient aussi des lois et un Etat qui les respectent. C’est là l’origine d’un modèle qui allait être profondément gravé dans le corps politique américain. A chaque montée de la précarité dans la classe ouvrière blanche et à chaque menace de mécontentement populaire, les élites et l’Etat allaient riposter en diabolisant et en transformant « l’autre » en victime expiatoire, c’est-à-dire à la fois les personnes de couleur et les immigrés. Lorsque la révolution industrielle, dans la première moitié du xixe siècle, fragilisa l’indépendance des artisans blancs, ceux-ci se mirent à organiser des syndicats et des partis politiques indépendants. Mais, l’un après l’autre, les Etats révisèrent leurs critères d’aptitude pour le droit de vote, passant de la condition de propriétaire à celle de mâle de race blanche, et le mécontentement cessa.

La profonde dépression des années 1870 et l’agitation politique qu’elle engendra conduisirent à la loi d’exclusion des Chinois de 1882, la première loi à proscrire une race particulière. Au milieu des turbulences économiques et politiques nées de la première guerre mondiale, le Congrès passa en 1924 la Loi Johnson-Reed, première restriction nationale complète de l’immigration, pour laquelle elle fixait des quotas numériques, établissait une hiérarchie raciale et nationale qui favorisait les Européens du Nord et de l’Ouest – la plupart de ceux du Sud, du Centre et de l’Est n’étaient pas considérés comme « blancs » au départ. On vit rapidement se développer une bureaucratie chargée de faire respecter ces lois, non seulement sur les frontières et dans les ports, mais aussi dans les villes, les champs, les usines et les mines du pays tout entier.

On ne se contenta pas d’ériger des barrières contre l’immigration, car les ressortissants de ces groupes interdits qui vivaient tout de même dans ce pays furent traités en suspects. Les attitudes populaires dominantes, mises en forme et illustrées dans des bandes dessinées, des spots publicitaires, des journaux, des émissions de radio, des films et de l’humour, rendaient les membres de ces groupes « étrangers », « autres », pas très américains. Les autorités, depuis la police locale jusqu’à la Cour suprême des Etats-Unis, traduisirent ces attitudes en lois d’exclusion et actions punitives. Et même les groupes qui avaient vu leur statut atteindre un certain niveau « d’intégration » allaient découvrir avec quelle facilité on pouvait le révoquer. Pendant la grande dépression des années 1930 et la seconde guerre mondiale, des résidents mexicains, philippins et japonais furent désignés comme « clandestins » malgré leur entrée légale dans le pays, bien qu’ils soient devenus citoyens américains ou même bien qu’ils fussent nés ici. Ils furent dépouillés de leurs biens et de leurs droits, certains furent internés et d’autres expulsés. Même des citoyens américains de la troisième génération se retrouvèrent « clandestins ».

La loi sur l’immigration de 1965, influencée à la fois par le mouvement des droits civiques et par la guerre froide, allait mettre de côté les vieux préjugés et entamer une nouvelle ère d’ouverture et d’équité. On abandonna les quotas raciaux et on créa de larges catégories régionales. Paradoxalement, la période d’après-1965 amorçait aussi la transformation des économies mondiale et américaine qui entraient dans les turbulences du néolibéralisme et du libre marché. Le libre-échange, les importations de produits agricoles moins chers, l’exportation de capitaux et l’ouverture d’usines, la recherche de matières premières, la guerre et la présence militaire américaine lièrent les Hmong, les Vietnamiens, les Salvadoriens, les Mexicains, les Libériens et d’autres aux Etats-Unis. En même temps, la guerre, les discriminations, la sécheresse, les crises économiques et politiques poussèrent les Somaliens, les Erythréens, les Oromos, les Guatémaltèques, les Indiens, les Pakistanais et d’autres, à quitter leurs pays et à rechercher ailleurs la paix et la sécurité.

Et ces mêmes mutations économiques balayaient l’économie intérieure aux Etats-Unis, déstabilisant la production et détruisant la sécurité économique des travailleurs américains. Ils craignaient de perdre leur travail et prenaient de plus en plus conscience de la présence, dans leurs communautés, d’immigrés non blancs dont beaucoup étaient prêts à travailler plus pour gagner moins. Des hommes politiques, des démagogues et des animateurs d’émissions de radio puisèrent dans ce sol fertile pour rejouer le vieux scénario de la loi du sol natal. Faire des immigrés, surtout des immigrés non blancs, des boucs émissaires conduisait à la célébrité, à la fortune et au pouvoir politique.

Les prises de position du mouvement social

Tout au long de l’histoire américaine, le mouvement social dominant a volontiers participé à ces processus. Pendant la vague d’immigration en provenance d’Europe du Sud et du Centre, à la fin du xixe siècle et au début du xxe, l’AFL (American Federation of Labor), dominée par des syndicats d’artisans, chercha à créer des niches sûres pour les ouvriers blancs qualifiés originaires d’Europe du Nord et de l’Ouest.

L’AFL et ses sections ne s’efforçaient pas seulement – sans succès d’ailleurs – de préserver les privilèges de leurs adhérents, mais ils méprisaient le travail non qualifié. Même les Knights of Labor, plus ouverts et qui admiraient les Afro-Américains et certains nouveaux immigrés, rejetèrent l’adhésion des travailleurs immigrés chinois. Pendant les deux premières décennies du xxe siècle, une partie de l’antipathie que les syndicats dominants éprouvaient à l’égard des International Workers of the World (IWW) résultait de leur accueil des immigrés et des travailleurs de couleur.

Lorsque, pendant la grande dépression, on vit les Afro-Américains et les immigrés jouer un rôle positif au sein des nouveaux syndicats industriels de la CIO, les syndicats de l’AFL se vendirent souvent aux employeurs contre promesses de loyauté et contrats favorables aux deux parties, mais pas aux travailleurs. Dans les années 1960 et 1970, alors que certains syndicats s’ouvraient au mouvement des droits civiques, beaucoup ne le firent pas. A l’arrivée de la nouvelle vague d’immigration, dans le climat d’insécurité économique né du néolibéralisme, de nombreux syndicats adoptèrent une position protectionniste et de droit du sol, dénonçant non seulement les immigrés mais aussi leurs familles restées au pays et travaillant dans des ateliers clandestins appartenant à des Américains.

A la fin des années 1990, le militantisme des travailleurs immigrés de l’hôtellerie et des services lors d’une succession de luttes très visibles et de l’accession au pouvoir de la clique Sweeney, amenèrent l’AFL-CIO à renoncer à militer en faveur des restrictions à l’immigration et aussi à son refus d’organiser les travailleurs immigrés. Malgré ce revirement, le discours de la fédération resta empreint de nationalisme, de patriotisme et de la protection du « standard de vie américain ». Le racisme, le droit du sol et la xénophobie n’étaient jamais loin, et cela n’ouvrait guère de perspectives encourageantes aux adhérents de base.

Remise en cause du racisme

Mais tous les Américains ne se satisfaisaient pas de cet état de choses. Au courant des protestations, de l’organisation et de la résistance qui font aussi partie de l’histoire de ce pays, certains n’ont cessé de remettre en cause à la fois le racisme et les agissements de l’Etat. Maintes fois, ceux que le racisme et la politique de l’Etat frappaient de plein fouet ont été rejoints par ces gens ordinaires que leur conscience poussait à organiser des mouvements en faveur de la justice sociale.

Certains s’organisèrent pour libérer les esclaves dans le cadre de l’Underground Railroad (2) ou bien remirent en cause l’institution même de l’esclavage en devenant abolitionnistes. Dans les générations suivantes, des ouvriers, des fermiers et des ouvriers agricoles de couleur s’organisèrent avec leurs collègues blancs dans les Knights of Labor, le Mouvement Populiste et les IWW. Ils voulaient une Amérique démocratique et égalitaire face au pouvoir croissant des élites entrepreneuriales. Les immigrés d’Europe du Sud et de l’Est se joignirent aux Afro-Américains qui avaient quitté le Sud pour conduire le mouvement des syndicats industriels des années 1930. Dans le cadre de la grande dépression, ce mouvement recherchait la sécurité économique, l’équité et la dignité sur le lieu de travail et à faire entendre la voix des travailleurs dans la vie politique de la nation. Les porteurs des wagons-lits, les travailleurs hospitaliers, les ouvriers de l’automobile, les mineurs de charbon et beaucoup d’autres mobilisèrent leurs syndicats pour soutenir le mouvement des droits civiques. Les travailleurs migrants latinos et philippins étaient l’épine dorsale des United Farm Workers of America. Des organisations sur le lieu de travail et dans les communautés, des églises et des groupes de toutes sortes œuvrant pour la justice sociale se sont dressées maintes fois pour obtenir l’équité, l’égalité et l’intégration, même quand ce n’était pas populaire.

Actuellement au Minnesota, des organisations et des individus – organisations confessionnelles de travailleurs, défenseurs des droits et de la justice – fonctionnent en réseau pour soutenir le droit permanent à résidence pour les Libériens, un traitement équitable et la possibilité d’obtenir la citoyenneté pour les travailleurs immigrés de Postville. L’Action communautaire juive basée dans les Twin Cities, puisant dans son interprétation de l’histoire compliquée des Juifs – en tant qu’ « étrangers » d’une part et défenseurs de la justice sociale de l’autre – a joué un rôle de premier plan dans l’organisation du Comité pour la résidence permanente (CPR), qui s’est concentré sur l’immigration précaire des Libériens et dans l’organisation de l’aide matérielle et d’un rallye de soutien à Postville en juillet 2008. Les immigrés eux-mêmes ont fortement participé à ces efforts en amenant leurs voisins, en offrant des contacts et des informations critiques, en puisant dans leur expérience d’union et de courage pour agir.

Le 27 juillet, des bus convergèrent sur Postville en provenance des Twin Cities, Chicago, Milwaukee et LaCrosse, tandis que des groupes arrivaient en voiture de Madison, Iowa City et DesMoines. Les participants à ce rallye – presque 2 000 – réclamaient le paiement des arriérés de salaires et des congés pour les immigrés emprisonnés, la création d’un fonds d’aide de 100 000 dollars par AgriProcessors, la neutralité de la direction face aux tentatives de syndicalisation et le vote en Iowa d’une version de la loi sur les droits des abatteurs de boucherie approuvée en 2007 par le corps législatif du Minnesota. Les manifestants demandaient aussi une « réforme complète de l’immigration », un meilleur contrôle fédéral des conditions de travail, et un environnement national respectueux de la justice pour les travailleurs.

Au cours des semaines suivant la manifestation de mars, les organisations de la base se sont rencontrées et ont décidé d’un plan d’action, y compris un plan d’éducation interne sur les droits des travailleurs et des immigrés par le biais des églises, des synagogues et des organisations communautaires. Elles ont décidé de développer le hekhsher tzedek dans les organisations et les familles juives et non-juives, de récolter de l’aide matérielle pour les familles immigrées toujours persécutées par le raid de l’ICE, d’organiser un réseau de réaction rapide en cas de raids ultérieurs, de faire du lobbying au Congrès pour une réforme de l’immigration favorable aux migrants et d’étendre le réseau aux personnes qui militent en faveur de la justice pour les immigrés, les travailleurs, immigrés ou non.

Bien que dans les Twin Cities on puisse parler d’une participation et d’un soutien significatifs de la part de l’United Food and Commercial Workers (UFCW) Local 789 et de quelque soutien de la part de Unite-Here, Service Employees International Union (SEIU) et le Réseau œcuménique des travailleurs, il reste encore beaucoup à faire pour amener le mouvement social officiel à s’impliquer dans ce projet. S’il y a quelque chose à apprendre des échecs du milieu des années 1980, lorsque les principales fédérations syndicales se tenaient à l’écart, allant jusqu’à miner les luttes des syndicats locaux, avec des conséquences désastreuses, les militants à l’intérieur comme à l’extérieur des syndicats doivent exiger que le mouvement social, à tous les niveaux, apporte sa solidarité et ses ressources à cette nouvelle campagne historique et reconnaisse que les droits du travail et des immigrés sont intimement liés.

Car actuellement, AgriProcessors tente activement de séparer droits du travail et droits des immigrés. Fin août, l’entreprise a remis une pétition à la Cour suprême des Etats-Unis pour annuler l’élection de 2005 des délégués du NLRB (National Labor Relations Board, agence fédérale créée en 1935 pour l’application des lois sur le travail votées cette année-là), qui s’était tenue dans leur centre de distribution de Brooklyn (New York), car ces travailleurs n’avaient pas de papiers et n’avaient donc pas le droit de voter pour leurs délégués syndicaux. Les travailleurs immigrés, citoyens ou non, exercent ce droit depuis bientôt soixante-quinze ans et une décision de la Cour suprême l’a confirmé en 1984.

Mais voilà que cet employeur-voyou demande à la Cour suprême de revenir sur ces précédents au motif que les travailleurs (qu’ils ont embauchés !) n’auraient pas dû être autorisés à travailler et n’auraient pas dû pouvoir voter lors d’une élection syndicale. Il est temps que le mouvement social tout entier réponde d’une seule voix : « Les droits des immigrés sont les droits du travail. »

P. R.

Notes

(1) L’expression « Villes jumelles » désigne Saint-Paul et Minneapolis au Minnesota.

(2) Réseau clandestin qui permettait aux fugitifs noirs des États esclavagistes de rejoindre le nord des Etats-Unis ou le Canada.

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 06:50
D'après le site la haine.org


Des ouvriers de la multinationale étasunienne Alcoa ont occupé hier la piste de l’aéroport de Cagliari. d’autres occupent les toits de l’usine Fiat.
Sur la photo on peut voir des ouvrier d’Acoa sur la piste de l’aéroport de Cagliari, en Sardaigne. Certains portent des cagoules et un ouvrier menace de lancer une bouteille contenant un liquide inflammable contre un avion. La direction de la multinationale leur a fait savoir qu’elle cesserait toute activité dans un délais de six mois.
A Porto Torres (Sardaigne) ce sont quarante empolyés de l’usine chimique Vynils qui se sont enchaînés au portail d’un dépôt de carburant propriété de l’ENI. depuis le 07 janvier les ouvriers occupent la tour aragonaise devant la port de la ville sarde.
A Termini Iremese (Sicile) treize employés de la société « Delevery email » sont redescendus du toit de Fiat, ils voulaient s’opposer à la délocalisation en Serbie avec des salaires de 300€, mais le froid les a empêché de continuer l’action jusqu’au 05 février date prévue pour une négociation inter-institutionnelle. Ils ont néanmoins obtenu un »dossier de régulation de l’emploi » et annoncent d’autres formes de lutte.
Fiat a porté plainte contre ces ouvriers.
A Turin une douzaine d’ex-employés de Agile (ex-Eutalia) sont montés sur la terrasse panoramique du Mole Antoneliana, siège du musée du cinéma. Portant des masques blancs,ils ont décroché les panneaux et lancé des tracts qui disaient « Ceci n’est pas du cinéma ». Ces travailleurs disent être lassés des promesses du Gvt qui avait déclaré que les contrats seraient honorés, alors que 2000 travailleurs de cette boîte sont dans l’attente de savoir si le tribunal décide le 17 février si oui ou non l’entreprise sera administrée « extraordinairement ».
A Rome, ce n’est qu’ hier qu’a cessé l’occupation du bureau du Président de l’ENAM, entité qui s’occupe de l’aide aux maîtres et maîtresses de maternelle et au personnel d’éducation des garderies.
Ces cinq informations sont suffisantes pour montrer à quel point d’exaspération spectaculaire en est arrivé la lutte ouvrière. Ce phénomène a débuté cet été par l’occupation par des ouvriers de l’ INNSE pendant 7 jours et 8 nuits d’une grue à 18 métres de hauteur. Ils ont rompu l’assouppissement estival par leurs cris d’angoisse qui ont jailli des télés et du tout va bien berlusconien.
Le sociologue du travail Gallino note qu’il y a en Italie 7 millions d’ouvriers, ceux-ci ont vu leur salaires en l’espace de 20 ans diminuer de 8 ou 10 points par rapport au PIB à l’opposé de la part des rentes et d’autres capitaux…..Car la politique et l’information ont rendu les ouvriers invisibles, des politiciens ont décrété que la classe ouvrière n’existait plus, que l’on assistait à une « tagédie » une mort « blanche ». Lutte, classe, ou travail qui n’apparraissnt pas dans les programmes politiques, ils puent la rélité alors que la bataille cosensuelle se livre avec la publicité, la télé, le réality-show. La crise et le désespoir rendent ces mots soudain  leur actualité.
En Italie on compte le chiffre de 2 millions de chômeurs, en Espagne 4, en Europe 23 millions. 23 millions d’hommes et de femmes invisibles pour une Politique sourde-muette, ils acquièrent une visibilité en se mettant des passe-montagnes ou des masques blancs et passent à la télé.
…..(Il est question des luttes en France , bonbonnes, bossnapping) Ces luttes controversées, les cadres dirigeants ne sont pas les propriétaires des usines démontrent la difficulté de se battre contre le Capital à cause du labyrinthe que lui-même a construit,la lutte devient une bagarre contre du vent. La lutte des ouvriers britanniques ( Jobs for British)mal inspirée car il s’agissait d’une lutte entre pauvres( il y avait des italiens et des espagnols qui devaient être embauchés),guerre érronée car elle aboutit à des pogromes tels ceux de Rosarno ( contre les Noirs). Tous ces conflits ont été montrés

Mais on n’a pas vu  Fausto..58 ans, ex-ouvrier d’une entreprise de production de chaussures  se jeter par la fenêtre après avoir reçu la lettre lui annonçant l’expulsion après son licenciement. C’était à Citanova Marche (Magdena), il n’y a pas eu d’images et la Politique ne voit que ce qu’il passe à la télé.

d’après Gorka Larrabeiti dans La Haine org : le 31/01/10


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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 09:41

 


Depuis le 11/12/2009, le syndicat FAU Berlin est interdit de fait. L’arrêt a été prononcé sans audience contradictoire. Le fait même que l’entreprise « Neue Babylon GmbH » ait entamé une action judiciaire n‘avait pas été communiqué à la FAU Berlin, impliquée depuis plusieurs mois dans un conflit social avec cette entreprise. L’arrêt va bien au-delà de la privation pour la FAU Berlin de ses droits syndicaux au niveau de l’entreprise puisqu’elle n’a même plus le droit de se désigner comme « syndicat ». L’interdiction prend effet immédiatement.lire +

Prélude

Le groupe de Berlin de la FAU - AIT (anarcho-syndicaliste) mène depuis plusieurs mois une lutte dans les Cinémas Babylon de Berlin, lutte tout à fait similaire à celle des cinémas UTOPIA de Toulouse il y a de cela quelques années (cinéma "engagé", de gauche etc … sauf quand il s’agit de traiter avec ses employés à qui — là bas a ussi — on demande de travailler gratuitement … ).

Vu la résistance acharnée qu’ont mené les compagnons et les salariés, Ver.di, le syndicat réformiste local est venu jouer les intermédiaires entre le gentil patron et les pauvres employés manipulés par les vilains gauchistes anarchistes.

Sauf que pour bien faire comprendre qu’il ne fallait plus traiter avec ces affreux méchants, Ver.di ( un gros syndicat allemand , membre de la DGB, organisation parapluie des syndicats majoritaires)s'est accaparée de la négociation avec les patrons , bien qu'il n'aient quasment aucun membre parmi le personnel du cinéma et aucun mandat de ceux ci. Les travailleurs, sidérés , ont été exclus  des négociations .Apparament , un accord a été conclu entre ver.di , les politiciens (avec le concours de ses amis de la municipalité de Berlin (alliance socio-démocrates et Die Link (gauche anti-libérale) ) a carrément fait interdire la FAU B.D'abord , le boycott-une des principales formes de pression pour la FAU-B_a été interdit, et on a seméle doute sur la capacité de la FAU-Bde négocier des contrats ( en Allemagne, c'est un prérequis  pour pouvoir légalement entamer des actions collectives.

Du jamais vu depuis les lois d’exceptions nazis de 1933 !

Dans la loi allemande, une ordonnance de restriction est prise sans entendre la partie contre laquelle elle s’exerce, ni même sans lui notifier.

En effet, une ordonnance de restriction du Haut tribunal des Prudhommes de Berlin-Brandebourg vient d’interdire à l’union locale de la FAU de Berlin d’utiliser le terme "syndicat’ ou "syndicat alternatif", et menace tout individu qui s’y risquerait d’une amende de 250 000 euros.

Cette ordonnance de restriction est une partie d’un conflit entre la direction du Cinéma Babylon et le syndicat local de la FAU sur les salaires, les conditions de travail et la régularisation des travailleurs temporaires dans cette entreprise.

La direction est soutenu dans ce conflit par le gouvernement local de la municipalité de Berlin et par Ver.di, le syndicat "unique" (monopolistique) du secteur public au sein de la confédération DGB.



Si cette sentence ne peut pas être rejeté, ce sera alors la première fois qu’en Allemagne un syndicat sera interdit de fait, depuis le régime Nazi en 1933. Et cela pourra servir de précédent autoritaire contre toute tentative en Allemagne de créer un syndicat en dehors du cadre de la confédération réformiste monopoliste de la DGB.

FAU-AIT Berlin

Voir en ligne : Source : Probe. 20 minutes.fr

Solidarité:

Protestez devant les missions diplomatique allemandes ou les autres institutions représentant l'Etat allemand

- envoyez des fax de protestations au tribunal de berlin

-vous trouverez des informations utiles sur fau.org/verbot

contact :

pour toutes les actions de solidarité Merci de ne pas oubliez d'informer les compagnons berlinois de vos manifestations

-contact FAU-berlin ; Lars Rhöhm,faub5@fau.org. +4915577- 8491072.

Le secraitariat provisoire de LAssociation Internationale des Travaillleurs a lancé un appel à solidarité adressé vers tous les syndicats  affiliés à l'AIT


 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 17:43


Alors que des" il faut que, il ya quà" concoctent des projets pour les ouvriers  en lutte contre les licenciements -Nous parlerons des SCOP et autres.(On peut imaginer et désirer un AUTRE MONDE) . Nous publions cette nouvelle  à lire sur

.



L'université Populaire d'Amiens, née de la mobilisation étudiante de 2009,  est un collectif regroupant des personnes de tous milieux élaborant différentes initiatives tournées vers la diffusion, le partage et la production de savoirs, a organisé le jeudi 28 janvier 2010 une projection  autout du film "les LIP" et un débat "des LIP au CONTI"

XAVIER MATHIEU (CGT Continental Clairoix), MICKAEL WAMEN (CGT GoodYear Amiens), MANUEL GEORGET(CGT Philips Dreux), CHARLES PIAGET (Délégué CFDT en 1973, lors des évènements à l'usine LIP), ROLAND SZPIRKO (Leader de la lutte dans les usines Chausson à Creil en 1993) ont exposé lors de cette soirée à Amiens, l’évolution des luttes dans les usines Lip, Chausson, GoodYear, Continental et Philips Dreux. Les années 70 marquent l'avènement d'un néo-libéralisme sauvage et agressif. On "largue" les travailleurs pour envisager un maximum de profit. Les travailleurs de l'usine LIP à Besançon, seront parmi les premiers à en faire les frais.

Depuis 40 ans, les luttes sociales des travailleurs ponctuent la vie sociale et politique française : Les Chausson dans les années 90, aujourd'hui, les Goodyear et les Conti. A Dreux en Eure-et-Loir ou en Janvier 2010, les salariés de l'usine Philips-EGP, menacés d'une fermeture du site ont relancé la production eux même, faisant ainsi revivre, pendant 10 Jours, l'expérience des LIP.

Trois générations de leaders syndicaux. Trois époques différentes. Cinq mouvements sociaux. Une rencontre devant une centaine de militants, de sympathisants ce jeudi soir salle Dewailly à Amiens ont échangé les expériences du passé, du présent et construire l'avenir.

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 19:00

  le collectif chômeur précaire   de valence publie ce texte lu sur

A en croire le Président de la République ce lundi 25 janvier 2010, pour que « personne ne reste sur le bord du chemin », il n’y aurait d’autre solution au « problème » du sort des « fin de droits » que le développement des

« [emplois à] temps partiels ».

Toujours donc comme seule perspective, l’extension de la précarisation.

Pourtant, ce sont plus d’un million de personnes qui en 2010 qui devrait donc, si rien ne se passe, se retrouver

majoritairement sans aucun revenu personnel, seule une minorité accédant aux misérables minima-sociaux.

Ex : RSA personne seule : 460,09 euros/mois (404,88 après abattement du forfait logement).

Et rien ne laisse supposer une prochaine diminution du chiffre du chômage si ce n’est pas la désinscription des

chômeurs non-indemnisés

Est confirmée par contre, car ce n’était pas certain, l’inscription de ce sujet à l’ordre du jour du Sommet social

convoqué par le même Président le lundi 15 février prochain.

Nous pouvons craindre que gouvernement et gestionnaire de l’assurance chômage ne soit long à s’entendre sur

la liste des mesures nécessaires.

Aussi, afin de préciser le sens de nos actions dans les prochaines semaines, nous tenons à rappeler maintenant

nos propositions.

En urgence :

- Assurance chômage :

o arrêt des décisions de sortie de l’assurance-chômage pour « fin de droits » ;

o abondement par l’Etat d’un fonds finançant :

�� la prolongation de l’indemnisation des salarié-es au chômage jusqu’à reclassement

librement choisie ;

�� la distribution d’aides d’urgence.

- Minima sociaux :

o revalorisation du montant des différentes allocations (AER, ASS, RSA…) à hauteur du

SMIC mensuel ;

o abandon de la notion de foyer fiscal et prise en compte de la situation réelle de la personne ;

o abrogation de la discrimination par l’âge qui frappe les -25ans.

Dans tous les cas, les périodes de chômage doivent être prises en compte totalement dans le calcul des

droits à la retraite.

Au fond :

- Le gouvernement doit convoquer une table ronde réunissant toutes les parties concernées, chargée de

remettre à plat le système d’indemnisation dans son ensemble afin de garantir

o à chacun-e avec ou sans emploi, un revenu minimum personnel en aucun cas inférieur au

SMIC mensuel ;

o le libre choix de son emploi et de sa formation ;

o un financement du dispositif contribuant à un plus juste partage des richesses.

Ces mesures d’urgences devront être accompagnées d’autres encore, toutes aussi importantes, portant

notamment sur la prolongation de la trêve des expulsions de logement, le relèvement du plafond de la CMU,…

Nous préparons avec d’autres les temps forts de cette mobilisation en construction.

Paris, le vendredi 29 janvier 2010

 

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 10:53
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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 06:09

RITM et Setilia l'attaque du capital contre le modèle de  plus value   par la production ( usine).

 nous  a décidé d'ouvrir des pistes de reherche  autour du modèle autogestionnaire,


Le mot « autogestion » est en effet particulièrement trouble, ce qui joue en sa défaveur. Cette opacité n’aide certainement pas à sa reconnaissance comme « concept » pertinent jugé digne d’intérêt.

De nombreux facteurs participent ainsi à faire de l’autogestion un mot imprécis.

Si Jean Bancal attribue la paternité de l’idée autogestionnaire au philosophe anarchiste franc-comtois Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), le mot ne se trouve pas dans les encyclopédies ou dictionnaires français avant les années 1960. Il renvoie à l’expérience menée par Tito en Yougoslavie, alors en rupture avec Staline. Le mot « autogestion » est ainsi « la traduction terme à terme du mot serbo croate samoupravlje (samo étant l’équivalent slave du préfixe grec ’’auto’’ et upravlje signifiant approximativement ’’gestion’’) »[2]. L’expérience yougoslave est d’ailleurs très souvent citée lorsque qu’il est question de faire la généalogie de l’autogestion.

Le terme français « autogestion » se rapporte donc directement à cette expérience yougoslave « dont la portée est ambiguë» [3]. De nombreuses hésitations y ont mené à des contradictions, le modèle yougoslave oscillant entre décentralisation et planification. La signification du terme « autogestion » pâtit directement de cette ambivalence.

Les intellectuels français des années 1960, notamment ceux réunis autour de la revue Autogestion, vont activement travailler à résorber ces ambiguïtés en dotant l’autogestion d’une « ambition totale, révolutionnaire, philosophique, politique et ’’culturelle’’ à la fois »[4]. La thématique autogestionnaire reste cependant confidentielle à cette époque et ne navigue qu’au sein de « cercles intellectuels et militants restreints, voire marginaux ». Le coup de projecteur – aussi intense que soudain- viendra en mai 1968.

La transition entre le milieu intellectuel et la société civile se fera notamment par le biais de la CFDT qui, à l’occasion des « événements de mai », proclame la convergence de la lutte ouvrière et du combat étudiant à travers le maître mot d’ « autogestion ». L’autogestion va alors devenir un « mot-valise » qui se déclinera à toutes les sauces pour coller à un maximum de revendications : autogestion dans l’entreprise, autogestion à l’université, puis, plus largement, autogestion à l’école, dans la famille, dans l’habitat, en politique, etc. Comme le note Franck Georgi « le paradoxe est que ce mot d’ordre, basiste par essence, tombe ’’d’en haut’’, sans débat préalable et sans la moindre esquisse de définition » [5]. Cet auteur regrette ainsi la « polysémie du terme » et le « flou du contenu »[6] que recouvre le mot « autogestion ». De même, Olivier Courpet souligne la « difficulté récurrente de définition de l’autogestion et d’élaboration d’une grille d’analyse et d’interprétation dont les mailles ne soient ni trop serrées ni trop lâches »[7].

Du fait de cet ancrage historique particulier, « le concept recèle une charge politique, utopique et émotionnelle aussi forte » [8], et ce encore aujourd’hui. Dans les années 1970, cette charge idéologique fut largement récupérée par les  syndicats et partis de gauche, ce qui n’a certainement pas aidé à définir plus précisément ce terme et à l’aborder d’une manière tant soit peu objective. lire la suite

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 16:32
Le collectif le Laboratoire met à disposition des dizaines d'affiches de soutien des inculpés de Vincennes Action collage ballade  à plusieurs en ville  samedi 30 Janvier 2010(RDV à 14h au Laboratoire)
lu sur le blog les petits pois son rouges
Mercredi 27 janvier , journée militante dans le froid glacial de la vallée de la Drôme.

Direction la préfecture de Valence, où j'ai un peu l'impression de passer ma vie en ce moment, pour soutenir Malik N'Diaye, 30 ans, Mauritanien arrêté dans un Centre Emmaüs (jusqu'où iront-ils dans l'indécence) et retenu à la prison pour étrangers de Lyon saint Ex.

Bref historique, Malik N'Diaye a perdu son père et ses deux sœurs dans le conflit sénégalo-mauritanien, il n'a plus sa mère, décédée elle aussi, et n'a de fait plus aucune attache familiale en Mauritanie. Il est menacé de mort dans ce pays pour avoir contesté les discriminations raciales et les coups d'état.

On est une fois de plus face à une situation révoltante, inhumaine et totalement absurde. Alors on s'organise avec les associations, pour qu'il puisse rester en France, pour que les arrestations soient interdites dans les communautés Emmaüs. On manifeste notre solidarité, on écrit au nom des candidats de la liste "Ensemble à gauche" au préfet pour qu'il fasse jouer son pouvoir discrétionnaire, on écrit à besson, fameux maire d'une commune de la Drôme et ministre comme on ne risque pas de l'oublier. On rédige un communiqué de soutien pour en faire parler dans la presse. On s'active, comme on peut. On enrage.

La bonne nouvelle, c'est qu'on était nombreux devant la préfecture hier, une grosse centaine de citoyen-ne-s, un mercredi après-midi à Valence, ce n'est pas rien. Et qu'on s'est réchauffés à l'aller et au retour en co-voiturant au départ de Crest. L'occasion de rencontrer des militant-e-s de la solidarité et d'échanger sur le monde tel qu'il va (mal). De se sentir un peu moins seuls et de partager notre indignation. De tisser des liens pour les combats futurs...

Nous prévoyons de nouvelles actions sur Montélimar et Donzère le 6 février, et nous serons présents également à la marche sur Donzère le 27 février avec l'ASTI, la LDH, Attac...On ne baisse pas les bras, malgré le sentiment d'impuissance qui gagne parfois face à tant de violence institutionnalisée. On n'a juste pas le droit.

voir aussi pour ne pas s'engluer dans le local  Lutter local , penser global  lire sur Bellaciao :PROCES DE VINCENNES : RESISTONS !

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Agenda

    dimanche 30 juin

15h à 16 h

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- aides juridique

-participation à l'émission de radio Mega

du 22 juillet