Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : le blog lelaboratoire
  • : Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
  • Contact

Pour nous contacter

Le laboratoire Anarchiste
8 Place st Jean
26000 Valence

envoyer vos suggestion

sur:

new:c.l-v@hotmail.fr

rappel envoie aucun message à

le laboratoire@no-log.org


 


Bibliothéque  de prêt

infokiosques
le mercredi de  16h30 - 19h

Accueil/infos SIAD-AIT
vendredi toutes les deux semaines

de  17h30à19h

Emission radio Labo
sur radio Mega
99.2FM
lundi en direct
18h15 - 19h
rediffusion:
jeudi de 9h à  9h 45
http://radio-mega.com
04 75 44 16 15

Recherche

Texte Libre

La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

Archives

le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 12:32

Au 300 habitants de l'agglomération valentinoise originaires des iles:





En métropole, les Antillais font ce qu'ils peuvent pour maintenir la pression sur le gouvernement et le patronat, alors que la crise semble sur le point de se dénouer outre-mer.

Ce samedi place de la Nation, il y avait moins de monde que samedi dernier. Mais il y avait quand même 3500 à 4000 Guadeloupéens et Martiniquais de l'Hexagone réunis à l'appel du collectif DOM (et d'autres associations et mouvements politiques tels que LO, le NPA et le PCF). Et si la manifestation était immobile et pouvait donner l'impression que le ton était descendu d'un cran, il n'en est rien.

A écouter Joss Rovelas, porte-parole de Continuité Liyannaj Kont Pwofitasyon, qui représente le LKP guadeloupéen dans l'Hexagone, "il y aura des suites au mouvement, et si Sarkozy veut être le président de la rupture, qu'il le prouve"
.
Partager cet article
Repost0
1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 10:22
DR

Ph. S. D. photo de  torches portées  lors de la manifestation devant le CRA de Nimes

Manifestation200 personnes contre le centre de rétention
Hier en fin d'après-midi, près de 200 personnes ont manifesté « contre la politique répressive » vis-à-vis des sans-papier. Cette mobilisation répondait en particulier à l'appel de la coordination des groupes anarchistes. Les manifestants ont défilé, depuis le Mas de Mingue où ils s'étaient donnés rendez-vous, derrière des banderoles comme "Ni papiers, ni frontières, ni prisons" et reprenant des slogans tels que "A bas l'Etat, les flics et les prisons", jusqu'aux portes du centre de rétention administrative (Cra). Pendant une bonne demi-heure, ils ont partiellement bloqué le trafic sur le rond-point situé en regard du Cra, sur la route d'Avignon. A partir de 18 h 45, sur la route du retour, au Mas de Mingue, les manifestants ont été rejoints par une poignée de riverains qui auraient jeté des pierres sur les policiers. 
                                 presse bourgeoise midi libre

Présent à la manifestation devant le CRA de Nimes le collectif  saluons cette manifestation courageuse controlée par des bérets verts  présent en masse sur le parking de l'Intermarché voisin. Les manifestatantes et manifestants ont tiré un feu d'artifice fort nourri , et lors que la nuit arriva les torches s'allumèrent  brandi au bout de fort bâton  face au CRS tenu à distance par peur sans doute.

À l’intensification de la traque aux sans-papiers fait face un embrasement

de la révolte à l’intérieur des camps d’étrangers en France

comme dans le reste de l’Europe. Mutineries et incendies du centre de

rétention de Vincennes en juin 2008, du centre fermé de

Steenokkerzeel (Belgique) en août 2008, évasion collective de 700

migrants du camp de Lampedusa (Italie) en janvier 2009, révolte au

centre du Mesnil-Amelot début février 2009… sans parler des grèves

de la faim, refus de plateaux ou de promenade – l’éventail des révoltes

individuelles et collectives est toujours vaste dès lors qu’on

enferme des gens.

À l’extérieur aussi la résistance s’organise. Du « réseau éducation sans

frontières » très citoyen aux collectifs autonomes de sans-papiers en

lutte, en passant par les réseaux informels de résistance active aux

rafles, les ripostes prennent de multiples formes, adoptent différentes

pratiques et tactiques.

Diffusion de guide de self-défense juridique à l’usage de ceux

qui n’espèrent plus avoir de papiers, organisation de chaînes téléphoniques

d’urgence pour se prévenir en temps et en heure de contrôles

massifs au faciès ou de rafles, rassemblement devant ou dans

les tribunaux lors des audiences, devant les centres de rétention

ou aux aéroports pour tenter d’empêcher des expulsions, manifester

une solidarité active – et de créer du trouble à l’ordre public…

Finalement tout ce qui peut troubler l’ordre public est bienvenu pour

freiner la machine aux expulsions…

Notons qu’un bon moyen de les emmerder pendant une procédure

de déportation ça peut être aussi de s’appuyer sur des vices de procédures

qui peuvent entraîner son annulation. De l’intérieur, être attentif

à toutes les étapes pour repérer les écarts à la procédure qui pourront

faire vice. À l’extérieur, pourquoi pas imaginer (comme ça a pu

être expérimenter dans quelques coins de France) des blocages de

transferts de sans-papiers (en créant des bouchons, en occupant un

carrefour, en plaçant judicieusement une chaîne par exemple) pour

éventuellement faire déborder les keufs de leur timing légal et produire



Partager cet article
Repost0
28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 10:16
Pour répondre à la propagande , du Dauphiné libéré déversait sur les lecteurs, à propos du voyage  de Sarkosy  mardi à l'INEED.
Notes sur l'écologisme d'état et le capitalisme vert


"D’un Grenelle à l’autre
Mai 1968 : des dizaines de millions de personnes cessent de travailler ; des usines et autres lieux sont occupés ; l’Etat a peur ; une idée de la révolution s’est propagée et a commencé à bousculer les vieux autoritarismes. Juin 1968 : les accords de Grenelle viennent remettre dans l’ordre les choses et les idées. De révolution, il n’est plus question, l’heure est à la réforme, à l’élargissement du processus cogestionnaire. C’est grâce à lui que l’Etat se présente comme l’arbitre neutre qui transcende les intérêts de classe. Les syndicats sont les vrais gagnants de l’histoire ; ils reprennent la main sur le mouvement social qui les avait désavoués et parfois dépassés. Ils obtiennent en échange davantage de droits de représentation, avec le pognon qui va avec, dans les entreprises et les institutions étatiques. Le paritarisme, créé à la Libération, s’impose encore plus. Automne 2007 : le « Grenelle de l’environnement » présenté officiellement comme une vaste consultation de la « société civile » - comme si elle avait, un jour, existé en dehors de l’Etat - se termine après beaucoup de tintamarre médiatique, de publicité institutionnelle et d’envolées enthousiastes. Il s’est agi « d’élaborer une vingtaine de mesures fortes qui inscrivent le développement de la France dans une perspective durable ». Pour faire vivre ces gros mots, six groupes de travail ont été constitués : Climat et santé, Biodiversité et ressources naturelles, Adopter des modes de production et de consommation durables, Construire une démocratie écologique, Promouvoir des modes de développement écologiques favorables à l’emploi et à la compétitivité. A l’été 2007, deux groupes transversaux - un sur les déchets et un autre sur les OGM - étaient venus compléter in extremis cette mise en scène, cette « machine de guerre », selon les mots de Borloo, le ministre de l’écologie. Les résultats immédiats du Grenelle se comptent sur les doigts d’un manchot, et sont directement au service de l’industrie et du développement économique, comme promis. La « promesse de ne pas créer de nouveaux sites nucléaires » n’engage à rien puisque la France dispose déjà de 58 sites (1), prêts à être équipés de nouveaux réacteurs. L’EPR (2), par exemple, s’installe sur le site déjà existant de Flamanville et le projet ITER (3) à Cadarache. D’autre part, la France signe des « accords de coopération dans le nucléaire civil » avec la Libye, le Maghreb, les Emirats arabes unis, le Qatar, la Chine, etc., et contribue donc à créer des sites nucléaires dans le monde entier, le vernis écologiste justifiant ici la relance du nucléaire à l’échelle planétaire. Les autres « engagements » vont dans le même sens : « Ne pas augmenter les capacités routières [...] sauf cas de sécurité ou d’intérêt local ! », ce qui, juste avant les élections municipales, fait sourire ; « Réduire de moitié la quantité de pesticides utilisés d’ici dix ans [...] si possible » (Sarkozy) ; « Renouveler intégralement le parc automobile », en taxant les voitures “trop polluantes”, autant dire les bagnoles de ceux qui n’ont pas les moyens ou l’envie de s’en payer une tous les cinq ans ; enfin, travailler à industrialiser et à standar-diser encore davantage la production agricole bio, en augmenter la productivité et la capacité de distribution. Côté « société civile », les gagnants sont les associations reconnues par l’Etat, dont les syndicats, CGT en tête, qui voient leur pouvoir cogestionnaire élargi au domaine de « l’environnement », du Conseil économique et social aux divers comités d’entreprise.

 

Hyper-responsabilisation et carotte bio

Le Grenelle de l’environnement™ a prétendu rassembler autour d’une même table représentants de l’Etat et de la « société civile », des entreprises aux ONG porte-parole autoproclamées des consom’acteurs. En réalité, multinationales de l’environnement, industriels, politiciens, syndicalistes... se sont mis d’accord pour faire converger leurs intérêts. Quant aux citoyens, cette abstraction qui réduit déjà les individus à des sujets de l’Etat qui votent et qui participent quand on les sonne, ils n’ont eu que très peu droit de cité. Les rares moments de « consultation locale » qui devait en faire participer quelques-uns les ont mis dans la peau de candidats de jeux télévisés. A la fin du débat, candidat atomisé, tu buzz oui ou non, mais, surtout, tu es content de participer. Comme le dit crânement Dominique Bourg, qui a lui-même dirigé un groupe de travail « chargé de réfléchir à la promotion des modes de développement écologiques favorables à la compétitivité et à l’emploi » : « Ce travail collectif d’élaboration est indispensable pour accroître la légitimité et l’acceptabilité des mesures environnementales. » (4) Faire autant de bruit sur une pseudo-participation du quidam ordinaire permet de mettre abstraitement tous les « acteurs sociaux » sur un même plan en terme de responsabilité : individu, association, entreprise et Etat, tous affrontant la même adversité écologique. Car, par rapport à 1968, la période n’est même plus à la reconnaissance d’intérêts divergents et à leur transcendance par le biais de l’Etat, mais bien au nivellement des antagonismes, à leur négation pure et simple au moyen d’une idée positive : la participation à une grande oeuvre commune, au sauvetage de la planète, à la conservation de l’espèce humaine. La lutte des classes est une nouvelle fois enterrée. Exploités et exploiteurs seraient enfin rassemblés au sein d’une grandiloquente union sacrée, face à un intérêt supérieur universel qui serait extérieur, mais commun à tous. Outre la mystique unificatrice produite par ce mot d’ordre, l’objectif pratique est de créer une équivalence généralisée des responsabilités et donc des « gestes » que chacun peut et doit faire. Chacun, là où il est, devrait « agir pour sauver la planète ». Il s’agit une fois de plus de sauver le monde tel qu’il est et tel qu’il ne va pas. Quand ils disent : « Trie tes déchets », il y a la police des poubelles qui va avec. Quand ils disent « Velib », il y a localisation satellitaire GPS, pub Decaux, carte de crédit et Navigo qui vont avec (5). A nouvelles obligations, nouveaux motifs de coercition, le citoyen y trouvant même matière à la morale du consom’acteur. Quant aux contre-Grenelle du pauvre organisés ici et là, ils ont été aussi verrouillés que les discussions officielles. Les spécialistes se sont succédés à la tribune, les chiffres se sont accumulés et les salles se sont tues. On a même vu un congrès publier avant même sa tenue les actes de ses conclusions. Et, sur le fond, les décroissants les plus en vogue ont martelé encore une fois que la solution passe par la « simplicité volontaire », plus d’Etat et la contrainte. Comme si l’Etat avait besoin d’eux pour multiplier ses lois, ses règles, ses filières, ses seuils, son quadrillage. Comme si la « simplicité involontaire » n’était pas déjà quotidienne et imposée à tous les pauvres par l’économie elle-même. Le capitalisme, tout en continuant à développer les forces productives et à promouvoir le consumérisme, anticipe sur la décroissance.

La victoire de l’environnementalisme

Depuis la fin des années 1970 - si l’on considère qu’auparavant il lui est arrivé de participer d’une contestation plus générale de la société -, l’écologie a soigneusement entretenu l’idée de sa neutralité politique (« ni à droite, ni à gauche »). Obsédée par les seuls rapports de production, la lutte de classe traditionnelle n’a jamais suffisamment considéré les conséquences de la production elle-même et la dégradation du monde. En réaction, l’écologie a contribué à faire oublier les rapports d’exploitation et de domination. C’est uniquement parce qu’elle acceptait de séparer de plus en plus la « destruction de la nature » de la question sociale, sous quelque forme que ce soit, que l’écologie a fini par s’imposer dans toutes les têtes et tous les discours. Le Grenelle de l’environnement™ marque le couronnement de la diffusion de la pensée écologiste au sein du pouvoir et le projet politique des Verts est l’un des grands gagnants des dernières élections. Travaillant à répandre la confusion à travers, notamment, la notion de « respect de l’environnement », l’écologie a gagné son pari. Choisissant de pointer démagogiquement la question du « cadre de vie »
- loin des constats les plus élémentaires sur des pollutions réelles -, elle est parvenue à diffuser ses contrevérités simplettes les plus commodes à distiller, contrevérités qui épousent, bien sûr, si bien les exigences d’ordre public ou d’urbanisme anti-pauvre. N’importe quel hyper-centre piéton de grande ville en témoigne. La pierre y est ravalée, les bancs absents ou design et volontairement inconfortables, et les pauvres et autres errants en sont chassés à coup d’arrêtés antimendicité ou anti-alcool. L’environnementalisme a en effet restreint définitivement le champ de ses revendications aux papiers gras, aux tags sur les murs, au vélo et au tramway en ville, au point de perdre de vue la critique - même la plus édulcorée - des pollutions les plus voyantes. Le plus gros mensonge étant de faire croire à une possible action individuelle sur des détails et que cette action, si minuscule soit-elle, aurait une incidence sur la réalité des désastres industriels. Ce Grenelle consacre une vision hors sol du monde et de ses habitants ; une écologie technocratique qui ne voit plus une rivière, mais un taux de nitrate, un seuil tolérable ou non des poissons morts, bref, un ensemble de paramètres, de chiffres qui contribuent un peu plus à éloigner le réel, à l’enfermer dans des cases. On ne considère pas la totalité du monde vivant, mais des écosystèmes industrialisés dont on mesure et prétend maîtriser les intrans et les sortants. Si l’agriculture industrielle a, depuis cinquante ans, rendu les sols stériles, ce sont les biobios et autres écolos soidisant apolitiques qui continuent d’achever ce qui restait des campagnes. Le puçage des animaux, par exemple, est la dernière étape de l’obligation faite aux éleveurs de rendre leurs bêtes « traçables » de la naissance à la mort. Or, la traçabilité constituait la revendication principale des écolos lors des dernières crises sanitaro-industrielles (grippe aviaire, vache folle, poulets à la dioxyne...), réponse sanitaire adaptée à l’organisation industrielle de l’élevage. La revendication écolo n’a produit ni plus ni moins qu’un affinement de la détection d’inévitables maladies engendrées directement par l’élevage intensif. Et la traçabilité est loin de ne servir qu’à retrouver des denrées dangereuses déjà commercialisées. Elle est surtout envisagée comme mode de « gouvernementabilité », pour rendre illicite a priori des « circulations non maîtrisables », c’est-à-dire tout ce qui n’est pas produit et échangé industriellement. Avec ce Grenelle, on a assisté à la reprise officielle de discours promus par des structures de « protection de l’environnement » et par les entreprises qui travaillent à la promotion d’un rayonnant développement durable. L’Etat vient, à sa façon et quand il le décide, redonner une dimension universelle à un domaine séparé. D’une part, les ONG environnementales ont enfin réalisé leurs voeux puisque leur travail de lobbying se fixe précisément comme but ultime leur propre récupération officielle par l’Etat. D’autre part, les industries achèvent de soigner leur image. Le gouvernement actuel, sans doute plus finement que ses prédécesseurs, étatise une communication d’entreprise qui, depuis la fin des années 1980, agence développement économique, respect de l’environnement et prise en compte du risque industriel majeur. Jusque dans ses formes mêmes, le Grenelle de l’environnement s’est inspiré de la « risquologie » et de ces dispositifs de concertation avec les populations pour fabriquer l’acceptation sociale d’une société véritablement cancérigène, pathogène et mortifère. La France ne fait là que rattraper son retard sur ces questions par rapport à l’Allemagne ou aux pays du Nord de l’Europe. La culture nucléaire du secret et le lobby puissant qui sévit en France depuis un demi-siècle ont longtemps été des freins à la diffusion d’un écologisme d’Etat, tout de façade qu’il soit. A l’inverse, aujourd’hui, le nucléaire nous est présenté comme une solution, et non plus comme un problème. Un nucléariste serait un écologiste qui lutte contre le réchauffement climatique. N’ayant plus de luttes un peu trop virulentes à éteindre, l’Etat n’a plus à s’embarrasser d’interlocuteurs conciliants qui réclament une sortie en dix, vingt ou trente ans, des énergies alternatives ou une décroissance soutenue par l’Etat industriel. Nous en sommes là et une évidence partagée s’est perdue, celle qui animait les violents affrontements de Chooz, Vireux ou Plogoff, il n’y a pas si longtemps.

Real-écolo-politique

Décembre-février 2008 : le Grenelle et ses promesses de cogestion de l’environnement sont loin dans les têtes. Il faut passer à la deuxième phase : la discussion des lois à l’Assemblée et au Sénat. Les unes après les autres, les pseudo-victoires deviendront de vraies défaites. Pour ouvrir le bal, le projet de loi sur les OGM. Le ton a un peu changé : « On a donné une tribune et une audience à des gens qui ne représentent pas grand chose, et ils ont cru que le Parlement se contenterait d’être une simple chambre d’enregistrement ! Ce n’est pas ça la démocratie. Il y a le temps de la démocratie participative, de l’information et de la consultation de la population, mais la décision revient aux instances délibératrices prévues par nos institutions. A nous d’expliquer nos lois », balance le sénateur UMP des Yvelines, Dominique Braye. En effet, cette loi a surtout pour objet de s’aligner sur la législation européenne en vigueur et permettre aux agriculteurs français qui cultivent des OGM depuis des années et sur des milliers d’hectares avec des semences importés de le faire légalement. Plus tant de considérations écolos là-dedans. On officialise l’existence des OGM ou plutôt, comme le dit la novlangue, leur « coexistence » avec les autres cultures. La loi repose les bases de la traçabilité des OGM, du champ au stockage en passant par le transport. Au passage, les députés discutent de la possibilité de la culture OGM dans les parc nationaux. Pourquoi pas, après tout, en attendant les Biogm ! Pour encadrer pénalement l’affaire, la loi prévoit deux ans d’emprisonnement et 75 000 euros pour non-respect des distances de sécurité dans les champs, « le fait de ne pas avoir déféré à une des mesures de destruction ordonnée par l’autorité administrative » et surtout « le fait de détruire ou de dégrader une parcelle de culture autorisé ». La peine pour ce dernier délit pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. Cultivateur d’OGM trop entreprenant et faucheur sont renvoyés dos à dos. Le sénateur Dominique Braye, toujours plein de bon sens étatique, déclare : « Je suis responsable d’une collectivité qui compte des quartiers sensibles, où des jeunes ont été plusieurs fois condamnés pour avoir brûlé des voitures. Je serais bien en peine de leur expliquer comment des gens qui détruisent des champs entiers, avec des c o n s é q u e n c e s bien plus graves, sont toujours en liberté, honorés, quand ce n’est pas embrassés ! » Malheureux retour de bâtons pour les faucheurs volontaires qui font pourtant tout depuis des années pour ne pas être confondus avec le tout venant de la délinquance, quitte à condamner souvent les gestes de colère des quartiers populaires. Notons au passage les jolies noms des commissions censées représentées citoyens et contre-experts au sein de l’Etat : « Haut conseil des biotechnologies » et « Comité de la société civile » (sic). Elles ne formulent, bien sûr, plus que des recommandations.

Écologie d’Etat égale capitalisme high-tech vert

Si ce Grenelle est une vaste communication d’Etat, il n’en correspond pas moins à une ouverture de marchés bien réels qui se créent sur des pollutions et des destructions bien réelles. Et si le capital ne se réforme plus, il trouve ainsi dans la dépollution, la valorisation de matière (6) de quoi innover. Les biocarburants, par exemple, sont présentés comme la solution miracle, arrivée à point nommé, aux gaz à effet de serre, au très médiatique réchauffement climatique et, surtout, à l’épuisement prochain des énergies fossiles. Les industries du pétrole et des OGM, dans une conjonction parfaite, ont enfin trouvé un biais pour incarner le renouveau agricole bio. En réalité, l’arrivée des biocarburants répond ni plus ni moins aux nécessités actuelles du marché : ils représentent de nouveaux débouchés pour l’agriculture industrielle en Europe et aux Etats-Unis en perpétuelle surproduction, et contribuent à discipliner économiquement les coins du tiers-monde qui ne l’étaient pas encore. Une fois encore, les questions dites environnementales et la question sociale sont étroitement imbriquées : la monoculture intensive de canne à sucre, de céréales, d’huile de palme, dynamise la déforestation, l’expropriation et la mise en salariat des paysans qui avaient conservé une capacité d’autonomie insupportable au capital. Produire des céréales pour les moteurs de bagnoles est par ailleurs devenue tellement plus rentable que remplir les estomacs des masses que les prix des denrées de première nécessité ont explosé. L’augmentation des prix du maïs par exemple a été telle que des émeutes de la faim ont eu lieu au Mexique. Comme toujours, c’est à une fuite en avant technologique que l’on nous prépare. « Les deux pieds sur l’accélérateur face au mur », ont décidé nos gouvernants aux visages graves. Car, cette foisci, ils semblent obligés de croire dans la réalité de la dégradation des conditions de vie et il ne reste que quelques extrémistes comme Luc Ferry, Michel Crichton ou Claude Allègre pour continuer à noircir des pages de leur prose négationniste. Les vrais progressistes, eux, ne nient plus et, s’ils ne peuvent pas prendre au sérieux les mesures préconisées par le Grenelle, ils croient vraiment à la capacité technique des hommes à modifier notre ère géologique. Ils pensent pouvoir « créer la nature » après l’avoir détruite. Il faut, selon eux, mener une politique de grands travaux à l’échelle planétaire, voici venu le temps de la « géoingénierie ». Ils remettent un prix Nobel à un savant fou qui veut injecter du souffre dans la stratosphère pour réfléchir davantage les rayons du soleil et ainsi faire baisser la température du globe ; contre le réchauffement climatique toujours, ils jouent avec des canons à eau de mer pour blanchir les stratocumulus et renvoyer les rayons du soleil ; ils réfléchissent à la meilleure technique pour envoyer massivement des iodures d’argent dans les nuages pour les faire éclater à leur convenance ; ils veulent séquestrer le C02 dans des gisements de pétrole épuisés ou sous les océans ; ils promettent de créer génétiquement d’ici un an des structures capables de transformer du C02 en pétrole...

Des désastres au Désastre

S’il n’y a pas de solution alternative et s’il ne s’agit pas d’aménager ce monde, nous sommes loin de nier la réalité des désastres. Mais ces derniers ne sont pas plus écologiques qu’ils ne sont sociaux. L’imbrication réelle des rapports sociaux paraît aujourd’hui encore plus évidente que jamais. Dès que l’on se penche sur un problème tout le reste suit. La « question environnementale » déborde sur la « question migratoire », qui déborde sur la « question carcérale », qui déborde sur la « question sociale » et ainsi de suite, jusqu’à ne plus être des questions séparées mais une remise en cause radicale d’un monde qui se veut lui-même totalisant. La mobilisation totale des hommes et des choses imposée par l’économie et les Etats est un phénomène planétaire qui n’épargne pas un arbre, pas un être. Parmi les centaines de millions d’étrangers venus peupler le monde d’autres étrangers, comment distinguer celui qui a fui une guerre de celle qui a fui une famine due à la déforestation ? Comment savoir si celui-ci a fui une catastrophe écologique ou le coup d’Etat qui l’a directement suivi ? Comment mesurer les désastres quotidiens de la production industrielle de masse ? Comment dissocier en leur sein la destruction des campagnes d’un licenciement de masse ? En août 2005, qui, de la « nature déchaînée », de l’Etat ou du monde industriel, porte la responsabilité de la destruction de la Nouvelle-Orléans et de la mort de centaines de personnes ? Katrina est l’un de ces ouragans qui se multiplient à une allure inquiétante depuis une dizaine d’année et qui sont directement liés au réchauffement des océans. Les digues censées protéger la ville et ses quartiers pauvres surtout étaient trop petites et les ingénieurs le savaient. Les flics protègent la marchandise et les maisons des riches en tirant sur les « pillards », souvent noirs et toujours pauvres. L’armée empêche aux gens de passer dans la ville voisine, trop blanche et trop bourgeoise, et ment sur d’éventuels secours. Les prisonniers se noient dans leur cellule ou sont stockés dans de grandes cages de zoo apportés par hélicoptère. Une marée noire remonte le Mississipi et pollue le fleuve sur des kilomètres. L’Etat, après avoir appliqué la loi martiale, refuse toujours deux ans après de reconstruire écoles et hôpitaux. Le réchauffement climatique a lavé la ville de ses pauvres. Et la Nouvelle-Orléans ne sera plus jamais qu’un parc à thème du jazz.

Si l’on critique le Grenelle de l’environnement aujourd’hui ou que l’on se bat contre les THT, par exemple, c’est pour tenter de soulever un peu, avec nos peu de forces et sans trop d’illusions, toute la merde qui est derrière. Nous prenons la peine et le temps de nous arrêter sur ce Grenelle du conditionnement alors qu’il est déjà loin dans l’actualité médiatique car nous refusons tout ce qu’il porte de résignation, de mensonge, de séparation et, déjà, de matraque. Parce qu’il va nous être décliné dans les prochaines années, pour les autres questions séparées qui constituent les agendas des techniciens du pouvoir : Grenelle du logement, Grenelle de la précarité, Grenelle des banlieues, Grenelle de l’insertion... Parce ce qu’il sanctionne la mise en place de formes de despotisme aggravé, à l’échelle mondiale, justifiées comme toujours par la protection que l’Etat est censé apporter aux individus en échange de leur subordination (7).

Paris, mars 2008 Collectif contre la société nucléaire c/o CNT-AIT, BP 46, 91103 Corbeil Cedex

Partager cet article
Repost0
27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 08:25
Pour les 300 personnes  originaires  des iles qui habitent cette ville , on remercie la représentante qui est passé hier au rassemblement . Nous tous, ceux de la CGT et du NPA et du collectif du Laboratoire, et des proches du PC , et Joell l'électron libre saluons la lutte des habitants et de la Guadeloupe et de la Martinique et les travailleurs de ces deux iles qui luttent de puis plusieurs semaines.  Une centaine de tracts a été distribués afin d'alerter les valentinois et nous avons décidé de se préparer à accueillir le possible Sarkozy à Rovaltain mardi 3 mars.
IMG_2596.jpg





Les locaux de RFO-Guadeloupe à Baie-Mahault ont été envahis par des centaines de manifestants du collectif LKP et cinq d'entre eux se sont exprimés durant une demi-heure à l'antenne de la station, a constaté un correspondant de l'AFP.

A l'écran, cinq militants du collectif se sont relayés pour faire valoir leurs revendications, après avoir été présentés par le rédacteur en chef de RFO-Guadeloupe, François-Joseph Josselin, qui leur a donné la parole.

Plus tôt dans l'après-midi, plusieurs centaines de partisans du LKP avaient envahi sans incidents les locaux de la station, en grève depuis plusieurs semaines et qui ne diffusait plus aucun programme depuis jeudi dernier.

Les manifestants sont "partout dans les couloirs, les salles, les jardins et le parking" de la station, avait déclaré à l'AFP le rédacteur en chef, ajoutant qu'ils avaient demandé "la possibilité de s'exprimer".

L'un des militants qui a pris la parole à l'antenne, Alex Lollia, a affirmé que les négociations LKP-patronat "butent sur l'intransigeance du Medef" qui refuse de "se prononcer sur un accord interprofessionnel", en privilégiant "des accords de branches dans des branches qui n'existent pas".

"Nous sommes bien déterminés à aller jusqu'au bout et notre détermination peut déplacer des montagnes", a affirmé M. Lollia.

Après leur prise de parole, une mire est apparue, barrée d'un texte affirmant que "dans le cadre de la mobilisation générale en Guadeloupe, le personnel technique de RFO est en grève illimitée pour demander l'arrêt du projet de diffusion de Télé Guadeloupe depuis Paris".

Ce projet est au coeur du combat des grévistes de la station.

Les militants du LKP ont fait valoir leur soutien aux grévistes de RFO sur ce point, a ajouté François-Joseph Ousselin.

Selon la SNJ-CGT de l'audiovisuel et la CSA (Confédération des syndicats autonomes), première organisation syndicale de RFO outre-mer, le leader du LKP, Elie Domota, figurait parmi les manifestants présents dans les locaux, mais il ne s'est pas exprimé à l'antenne.






Partager cet article
Repost0
26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 12:58
Le journal local titre  Sarkosy viendrait le mardi 3 Mars   à l'Ineed (innovation  pour l'environement et économie durable
situé à Rovaltain juste à côté de la Gare TGV, ce batiment "hotel d'innovation" ( nouvelle technologie).
Héberge l'association Rhones Alley  qui s'occupe entre autre Rhone alley TV  qui a des projets sur Fontbalette ,
création d'une télévision participative.
Voici pourquoi peut être  Sarkosy se déplace laTraçabilité:


RA-CG26-ASSISESDELATRACABILITE

D'autres pôles d'intêret locaux résident dans la Drome  par exemple toute l'industrie de démantellement des centrales nucléaires:
La gestion durable des matières et déchets radioactifs, sur le site de la DGEMP (ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables et ministère de l’Économie, des finances et de l’industrie).
Recherches sur les déchets nucléaires, acquis et perspectives à l'échéance 2006, par François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, François Loos, ministre délégué à l'Industrie et Henri Revol, président de l'OPECST.
La démarche mise en place par le Groupe Permanent matières et déchets radioactifs (Association Nationale des Commissions Locales d'Information des activités nucléaires).
.et trimatec
information du:
Le collectif du Laboratoire



Partager cet article
Repost0
26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 10:57


Privés de carnaval, les Martiniquais ont fait monter la tension d'un cran, mardi 24 février, à Fort-de-France, selon un schéma voisin de celui de la Guadeloupe, voilà quelques semaines. La nuit a été émaillée d'échauffourées entre des jeunes et les forces de l'ordre. Plusieurs magasins ont été pillés. Des barrages enflammés ont coupé plusieurs grandes artères de la ville. Un coup de fusil a été tiré, sans faire de victime.

Dans la journée, quelque 2000 manifestants avaient encerclé la préfecture, aux cris de "Négociez, négociez !", tantôt secouant les grilles, tantôt dansant aux rythme des tambours et reprenant en cœur des mélopées.

A la mi-journée, les représentants du patronat qui voulaient sortir pour passer à table, ont été contraints par force de rester à celle des négociations.

Dans la soirée, l'ambiance est devenue survoltée : pneus brûlés, poubelles incendiées et caillassage de la préfecture. Vers 18 heures, une quinzaine de jeunes masqués, armés de barres de fer, de pneus et de bidons d'essence ont fait irruption dans les jardins, repoussés par le service d'ordre du "Collectif du 5 février 2009", qui mène le mouvement social.

Il a fallu plusieurs suspensions de séance, avant que les discussions ne reprennent, entre le Collectif et les élus locaux, puis entre ceux-ci et les patrons.

La Martinique fait encore le grand écart. Les syndicats demandent 354 euros d'augmentation pour tout le monde, alors qu'au bout d'une nuit de négociation, le patronat a proposé des hausses entre 10 et 60 euros mensuels. Les discussions doivent reprendre jeudi.

La journée de mercredi est attendue avec inquiétude. Le 25 février, mercredi des Cendres, on brûle et on pleure le roi du Carnaval. "Mais ce n'est pas Vaval qui va brûler demain, pronostiquait un manifestant, c'est la préfecture".

Discussions en sous-main en Guadeloupe

En comparaison, la Guadeloupe est restée étrangement calme, mardi. Pas de petit hélicoptère rouge et jaune pour débarquer, comme d'habitude, le préfet et ses deux médiateurs - affublés en douce autour de la table de négociations du sobriquet "les médiums". Pas de tambours à la capitainerie, ni de grand meeting à la Mutualité. Les discussions ont eu lieu en sous-main, sur la base de solutions imaginées entre Guadeloupéens et non par "la France", comme on dit ici.

Le LKP a refusé d'emblée, comme le proposait François Fillon, de mélanger les revenus du travail et les prestations sociales (le RSA) pour parvenir aux 200 euros demandés. Il y est d'autant plus opposé qu'il a en mémoire le précédent fâcheux de 1975. L'allocation de parent isolé, appelée par les Guadeloupéens  allocation de femme seule", créée par Valéry Giscard d'Estaing, a fait des dégâts considérables dans cette société matriarcale. Peu de couples y ont résisté. Car bon nombre de femmes ont eu des enfants de pères différents pour cumuler les allocations.

Le Collectif a également récusé les fourchettes d'augmentation proposées par le gouvernement - de 50 à 120 euros - le patronat s'accrochant au prix plancher. La solution à l'étude est celle des petits entrepreneurs de l'UCEG (Union des chefs d'entreprise de Guadeloupe), à laquelle se sont ralliées toutes les autres organisations patronales sauf le Medef.

Ces petits patrons ont les reins moins solides que d'autres, pas d'assurances ni de provisions pour des grèves, et hâte que le conflit se termine. Ils proposent un système transitoire, applicable sur trois ans, concernant 40 000 salariés qui touchent actuellement jusqu'à 1,4 smic : 50 euros accordés par les patrons, 50 euros venant des collectivités locales et le reste de l'effort consenti sous forme d'une exonération de la CSG et de la CRDS.

Elie Domota, Jean-Marie Nomertin et quelques autres leaders du LKP sont partis en trombe de la Mutualité, vers midi, pour boucler l'accord avec les collectivités locales.

De son côté, le Medef, propose une augmentation qui n'excèderait pas 90 euros, intégrant les primes et le 13e mois. Ce qui rend inéligible au dispositif un grand nombre de bas salaires. Provocation aux yeux du LKP, le Medef exige par ailleurs que les salaires soient gelés jusqu'en 2010.

"On laisse passer le carnaval et on va resserrer les boulons", menace un membre du LKP. Alors que les représentants des collectivités locales doivent rencontrer le premier ministre à Paris, jeudi, l'Etat avait décidé mercredi, de jouer la politique de la chaise vide à Pointe-à-Pitre et d'annuler pour le deuxième jour consécutif la réunion plénière de négociations. Un mercredi de cendres.

Béatrice Gurrey et Benoît Hopquin
Le Monde, 25 février 2009
Partager cet article
Repost0
24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 12:57

voir les votes à  Lyon 2, les faschos hors de la fac Stendhal


La 4ème Coordination nationale des universités exprime son exaspération face au mépris sans précédent manifesté par le gouvernement et par le président de la République vis-à-vis de son mouvement et de ses revendications, vis-à-vis de l’ensemble de la communauté universitaire.

Elle constate que les revendications posées par les Coordinations précédentes n’ont pas été satisfaites et que les réformes contestées n’ont pas été retirées.

En conséquence, elle maintient le mot d’ordre de grève, reconductible, totale et illimitée lancé le 22 janvier : « L’Université et la Recherche s’arrêtent ».

Motion 1

« De la maternelle au supérieur »

Les délégués à la Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 constatent qu’un projet cohérent est en train d’être mis en place de la maternelle à l’université : casse des services publics et des statuts des personnels et des établissements de la fonction publique, éducation à deux vitesses, mise en concurrence des établissements, crédits insuffisants, suppressions de postes, précarisation. Nombre de nos revendications concernent les collègues de la maternelle, du primaire et du secondaire, et au-delà l’ensemble de la société. Leurs revendications sont les nôtres. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne l’emploi, la réforme des concours de recrutement et de la formation des enseignant-e-s, mais aussi la remise en cause des disciplines et des statuts nationaux.

La coordination appelle à la multiplication des actions communes partout sur le mot d’ordre « De la maternelle à l’université : retrait des contre-réformes Darcos/Pécresse ».

Elle reprend la proposition que soit organisée une grande journée de mobilisation sur ce mot d’ordre début mars.

Dans cette perspective, elle mandate une délégation pour prendre contact avec les organisations syndicales et l’Intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle appelle nos collègues à aller discuter dans les écoles, collèges et lycées. Elle appelle les IUFM à rejoindre massivement le mouvement et à le relayer auprès des maîtres formateurs. Elle mandate une délégation à la coordination parents-enseignants du 14 mars à Montpellier.

Motion 2

“Pour une nouvelle loi”

La coordination nationale exige l’abrogation de la loi LRU et du Pacte pour la Recherche et l’arrêt immédiat de leur mise en œuvre. Elle exige l’adoption d’une nouvelle loi. Cette loi doit instituer un véritable équilibre des pouvoirs au sein de l’Université et de la Recherche dans le respect du Statut Général de la Fonction publique. La nouvelle loi doit être conforme aux aspirations exprimées par les universitaires, les chercheurs, les BIATOSS, les ITA et les Etudiants. Il est impératif que cette nouvelle loi soit élaborée après consultation et de véritables négociations.

Motion 3

La 4ème Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 reprend à son compte les motions votées dans les Coordinations précédentes, avec l’ensemble des revendications qu’elles contiennent, et l’appel du CNRS voté le 12 février. Nous continuons à exiger :

- le retrait de la réforme du mode d’allocation des moyens (dit modèle SYMPA)
- la résorption totale de la précarité et l’augmentation des salaires des personnels (revalorisation du point d’indice et intégration des primes dans les salaires)
- le réinvestissement de l’Etat dans les CROUS et dans l’aide sociale aux étudiants
- la fin du processus d’externalisation des tâches, et le maintien de la filière bibliothèque.

La coordination nationale des universités appelle à intensifier la mobilisation et les luttes en cours. Elle soutient les revendications de la Coordination étudiante du 14-15 février. Elle soutient les « désobéissants » qui refusent dans les écoles de mettre en place le soutien individualisé, et demande l’arrêt immédiat des sanctions contre les enseignants du primaire.

Dans l’immédiat, la coordination nationale exige le retrait des trois réformes contestées (projet de réforme du statut, masterisation des concours, projet de contrat doctoral unique), la fin du démantèlement des organismes publics de recherche ainsi que la restitution des 1030 postes supprimés, et un plan pluriannuel de création d’emplois .

Motion 4

Solidarité avec les étudiants

La Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 déclare son soutien au mouvement des étudiants et à leurs revendications telles qu’exprimées dans la plateforme de leur première coordination nationale de Rennes.

Elle mandate une délégation pour prendre contact avec le comité d’organisation de leur prochaine coordination nationale : samedi 28 et dimanche 29 février (université d’ Angers).

Calendrier national

- 24 février : multiplier les actions en direction du public.

- 26 février : journée nationale de manifestations.

Partager cet article
Repost0
23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 09:04

  


SOLIDARITE AVEC LES TRAVAILLEURS ET LES PEUPLES
DES DERNIERES COLONIES FRANÇAISES À la Réunion, le chômage atteint le taux record de 35% de la population active, 61% des jeunes de
 moins de 25 ans ! Un collectif contre la vie chère organise grèves et manifestations pour l’augmentation des salaires,la baisse du prix des produits de première nécessité, le gel des loyers sociaux. Une journée de grève générale est programmée pour le 5 mars prochain. En Guyane, manifestations, routes coupées, établissements fermés, opérations ville morte se succèdent contre la vie chère, en particulier lecoût exorbitant de l’essence (1,77 € / L) : l’UTG (Union des travailleurs de Guyane 60% des voix aux dernières prud’homales) est en première ligne. En Martinique, une grève générale a éclaté le 5 février « contre la vie chère et pour le pouvoir d’achat ». Elle est menée par un collectif syndical, dont  l’UGTM (Union générale des travailleurs de Martinique). Les négociations avec les représentants de la grande distribution sont rompues tandis que des manifestations monstres se  succèdent.
 En Guadeloupe, où cette crise est pour le moment la plus profonde,  la grève générale dure depuis 
bientôt un mois. Le « Collectif contre l’exploitation outrancière », le LKP, regroupe 48
organisations sur une plate forme commune comprenant 146 revendications. Son porte parole est le
secrétaire général de l’UGTG, (Union générale des travailleurs de Guadeloupe), le plus important
syndicat des salariés de l’île (52% des voix aux dernières prud’homales). Ce conflit prend appui sur la
lutte  contre la vie chère, pour la baisse du prix du carburant, pour l’augmentation immédiate de 200 € des bas salaires... mais il va bien  au delà. Le LKP rassemble le front de toutes les organisations syndicales représentatives et de la majorité des forces politiques et associatives identitaires de l’île cette large mobilisation culturelle et sociale fait que le patronat et ses organisations, les autorités territoriales et l’Etat sont confrontés à tout un peuple uni. Après avoir fait la sourde oreille, envoyé son secrétaire d’Etat à l’Outre  mer faire semblant de négocier, joué la montre et la division du mouvemen Des tabassages et des  interpellations ont lieu. Des renforts de gendarmes mobiles débarquent.Dans la nuit du 17 au 18 février, un syndicaliste de la CGTG a été tué par balles dans des circonstances encore imprécises :  nous condamnons vivement cet acte inqualifiable d’où qu’il vienne. Cette répression fait écho à celle que subissent l’USTKE, premier syndicat de Kanaky, et le peuple Kanake. Le gouvernement, après avoir voulu régler la crise par la manière forte a fini par amorcer des propositions, ce un mois, jour pour jour après le début de la grève générale. Quel mépris envers le peuple et la classe ouvrière de Gwadloup!! Les syndicats LAB (Pays Basque), SLB (Bretagne), Intersindical CSC (Catalogne) et STC (Corse) expriment leur solidarité fraternelle avec l’UTG, l’UGTM, l’UGTG.et l’USTKE. Ils soutiennent les revendications des travailleurs et des peuples de la Réunion, de Lagwyann, de Matinik, de Gwadloup et de > Kanaky qui, chacun à sa façon, luttent contre le colonialisme et pour la dignité. Une première initiative commune aura lieu à Paris : REUNION DEBAT Retransmise en direct sur Radio Pays Corsica (93.1 FM)En présence de Me Tiennot  Grumbach, avocat de l’UGTG, et un représentant de l'UTG.
VENDREDI 27 FEVRIER 2009 A 19 H
ESPACE CYRNEA, 38 allée Vivaldi 75012 Paris (M° Daumesnil ou Montgallet)  www.espace cyrnea.org UGTM, UGTG, UTG, USTKE, LAB, SLB, Int CSC, STC sont membres de la Plateforme des syndicats des nations sans Etat.
Partager cet article
Repost0
20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 07:04



Jacques Bino, le syndicaliste de la CGTG abattu  à Pointe-à-Pitre
, employé des impôts, mort mardi en Guadeloupe travaillait depuis quelque temps sur un dossier mettant en cause des
personnalités ayant des fortunes mal acquises ou non déclarées...

texte trouvé dans ce blog: le silence qui parle
Au moment où le maître, le colonisateur proclament “il n’y a jamais eu de peuple ici”, le peuple qui manque est un devenir, il s’invente, dans les bidonvilles et les camps, ou bien dans les ghettos, dans de nouvelles conditions de lutte auxquelles un art nécessairement politique doit contribuer”
Gilles Deleuze / l’Image-temps

“Cela ne peut signifier qu’une chose : non pas qu’il n’y a pas de route pour en sortir, mais que l’heure est venue d’abandonner toutes les vieilles routes” Aimé Césaire / Lettre à Maurice Thorez

C’est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s’est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n’est illégitime. Aucune n’est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu’elle représente, ni dans ce qu’elle implique en relation avec l’ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d’avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu’alors s’était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle –– à savoir les luttes jusqu’alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales… Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj – qui est d’allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé – est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d’ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l’on peut saisir l’impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.
Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.
Dès lors, derrière le prosaïque du “pouvoir d’achat” ou du “panier de la ménagère”, se profile l’essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l’existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n’ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.
La “hausse des prix” ou “la vie chère” ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d’une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s’est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires – non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte “d’épuration éthique 1″ (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain. Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être “consommateur” ou bien être “producteur”. Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l’unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L’ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l’économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste. Alors, quand le “prosaïque” n’ouvre pas aux élévations du ” poétique “, quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont “le pouvoir d’achat” ou “le panier de la ménagère”. Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d’une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d’escorter les “produits de premières nécessités”, d’une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d’une “haute nécessité”. Par cette idée de “haute nécessité”, nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d’achat, relève d’une exigence existentielle réelle, d’un appel très profond au plus noble de la vie.
Alors que mettre dans ces “produits” de haute nécessité ?
C’est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d’entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd’hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.
D’abord, il ne saurait y avoir d’avancées sociales qui se contenteraient d’elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s’est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l’absence de pouvoir qui lui sert d’ossature. Le “déterminant” ou bien le “décisif” s’obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n’arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L’éloignement, l’aveuglement et la déformation président aux analyses. L’imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu’est l’association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s’est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos “présidents locaux” pour s’en aller mander ailleurs. Hélas, tout victoire sociale qui s’obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s’arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs.
Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d’acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu’une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l’accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d’une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement… Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l’autre, confiance réduite en soi… La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C’est dans l’irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c’est dans la responsabilité que se trouve l’invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C’est dans la responsabilité que l’échec ou l’impuissance devient un lieu d’expérience véritable et de maturation. C’est en responsabilité que l’on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l’essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.
Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s’est étendu à l’ensemble de la planète avec la force aveugle d’une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C’est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres. Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l’insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l’immédiat ; mais l’illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du “Marché” et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par “l’esprit colonial” et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l’octroi de mer, ne sauraient endiguer. Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L’autre très haute nécessité est ensuite de s’inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n’est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d’un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d’une société non économique, où l’idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d’épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l’humain. Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables “producteurs” – chefs d’entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d’un sursaut de souffrance et de l’impérieuse nécessité d’un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n’existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d’un système flou, globalisé, qu’il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu’il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie, et sa propre vie, dans l’élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l’ampleur du poétique. On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement. On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile.
On peut endiguer les agences de l’eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d’un trésor qui appartient à tous.
On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd’hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile…) ne sauraient ni ne pourraient y résister.
Enfin, sur la question des salaires et de l’emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu’il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d’œuvre. Quand il délocalise, ce n’est pas dans la recherche d’une main d’œuvre abondante, mais dans le souci d’un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n’est donc en rien illégitime : c’est le début d’une équité qui doit se faire mondiale.
Quant à l’idée du “plein emploi”, elle nous a été clouée dans l’imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l’ont accompagnée. Le travail à l’origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d’ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu’il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple “emploi”, et l’unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s’est mis à n’ouvrir qu’à la consommation. Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu’il redevienne un lieu d’accomplissement, d’invention sociale et de construction de soi, ou alors qu’il en soit un outil secondaire parmi d’autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d’arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu’à l’équation d’une activité à haute incandescence créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s’envisagera dans ce qu’il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu’il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement… Il s’envisagera en “tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue”. Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l’ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l’étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création – créaconsommation. En valeur poétique, il n’existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l’infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.
Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l’imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l’esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l’artisanat, la culture et l’agriculture… Qu’il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation… Qu’il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu’il favorise tout ce qui permet d’entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde… C’est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l’ampleur des exceptions. C’est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire… C’est le gratuit en son principe qui devrait s’installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes…
Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu’à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un “panier de ménagère”, mais le souci démultiplié d’une plénitude de l’idée de l’humain.
Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau.
Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s’ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.
An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l’utopie.
Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du “Marché”, mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l’instrumentalisant de la manière la plus étroite.
Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l’individu, sa relation à l’Autre, au centre d’un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.
Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l’assistanat, en nous inscrivant résolument dans l’épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d’un rapport écologique global aux équilibres de la planète…
Alors voici notre vision : Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d’être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s’inscrit dans l’horizontale plénitude du vivant…
Ernest Breleur / Patrick Chamoiseau / Serge Domi / Gérard Delver / Edouard Glissant / Guillaume Pigeard de Gurbert / Olivier Portecop / Olivier Pulvar / Jean-Claude William
16 février 2009

Manifestation à Paris samedi 21 février

Place de la République à l'appel de Continuité LKP

(Liyannaj Kont Pwofitasyon)

greveantilles.jpg

Partager cet article
Repost0
19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 10:05
 



jeudi 19/02/2009 à 17 heures
Place Porte Neuve à Valence
banderolles et son



Rassemblement en solidarité avec les travailleurs
des départements des Amériques


***




Au nom de la solidarité ouvrière internationale, au nom de la démocratie
nous faisons à nouveau appel à votre soutien.

Chers camarades, Chers amis,

Comme nous le disions dans notre denier appel du 6 février 09 :
« Le patronat et le représentant de l'Etat français jouent le pourrissement
du mouvement pour ensuite réprimer » Ce qui était prévisible est arrivé.
Devant l'entêtement et le mépris de
ces derniers le collectif Liannaj Kont Pwofitation, LKP, a appelé, au 28 ième jour
de grève, au renforcement les piquets de grève sur le terrain et l'Etat
français a réprimé blessant grièvement un dirigeant syndical, d'autres
moins grièvement et a procéder à l'arrestation de plus de 70 manifestants
dont des responsables syndicaux de LKP.

La population, les travailleurs, les jeunes n'acceptent pas.

Certains élus ont protesté contre cette violence dénoncée par LKP.
Les travailleurs,
les jeunes, le peuple de Guadeloupe renforcent la mobilisation
sur le terrain. Ainsi
toutes les personnes arrêtées ont été libérées.

Ainsi, aujourd'hui au 29 ième jour de grève générale, la Guadeloupe est
paralysée par des barrages quasiment dans toutes les communes.
Des jeunes ont été arrêtés dans
la nuit du 16 au 17 février. Cette répression va se poursuivre car l'Etat
français a
fait venir en renfort plus d'un millier de gendarmes mobiles pour cela et la
mobilisation se renforce à l'appel de LKP.

Chers camarades, chers amis,

Au nom de la solidarité ouvrière internationale, au nom de la démocratie
nous faisons à nouveau appel à votre soutien.

Les travailleurs de Guadeloupe ont le droit de se battre pour leurs légitimes

revendications.

ADIM – AFOC – AGPIHM – AKIYO – AN BOUT'AY – ANG – ANKA – ASSE – ASS.AGRICULTEURS DU
NORD BASSE-TERRE – ASS.LIBERTE EGALITE JUSTICE – CFTC – CGTG – CNL – COMBAT OUVRIER
– COMITE DE L'EAU – CONVENTION POUR UNE GUADELOUPE NOUVELLE – COPAGUA – CSFG – CTU –
ESPERANCE ENVIRONNEMENT – FAEN SNCL – FO – FSU – GIE SBT – KAMODJAKA – KAP Gwadloup
– LES VERTS – MADICE – MAS KA KLE – MOUVMAN NONM – PCG – SGEP/SNEC/CFTC – SOS
B/Terre ENVIRONNEMENT – SPEG – SUD PTT GWA – SUNICAG – SYMPA CFDT – TRAVAYE é
PEYIZAN – UDCLCV – UIR CFDT – UNSA – UGTG – UPG – UPLG – UMPG – VOukoum-SNUIPP-ADEIC

Guadeloupe le 17 février 2009
Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents

Agenda

    dimanche 30 juin

15h à 16 h

accueil de familles de prionnier-e-s

discussion , infos et peites recettes

pour les proches de détenu(E)s...

- aides juridique

-participation à l'émission de radio Mega

du 22 juillet