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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 08:32

la révolte n'a pas de frontière, les Centres de Rétention Administrative de l'hexagone continuent leur révoltes et depuis quelque jours le Centre de Placement Temporaire de Turin connait aussi la révolte contre l'enferment esclavagiste.

Témoigage  des similitudes de l'esclavagismes:

Vous vous en souvenez? En décembre 2005, un infirmier marocain, Abderrahim B. restait paralysé suite à une grave blessure à la moelle épinière. Une blessure qu’il s’était faite au siège de la coopérative Vita Serena [Vie sereine], située Corso Giulio Cesare, pour laquelle il travaillait.
Au début, on a dit que le marocain était ivre et qu’il s’était fait mal tout seul – du reste, à suivre les gazettes de Turin, les marocains sont toujours ivres et se blessent toujours tout seuls. Petit à petit, la vérité a ensuite surgi. Mieux, la “terrible vérité”, comme l’appellent les
journaux pour masquer derrière les adjectifs le fait que des histoires comme celle-là se passent trop souvent.
La coopérative Vita Serena louait Abderrahim et ses collègues à différents hôpitaux turinois, dans ce cas au département des Urgences de celui de Molinette. La coopérative se procurait ainsi une main d’oeuvre spécialisée flexible et économique ; la coopérative ingurgitait ainsi une belle quantité d’argent public sans grand effort – et surtout sans grands frais vu qu’Abderrahim
et ses collègues étaient peu et rarement payés ; Abderrahim et ses colègues, pour leur part, travaillaient dur et gagnaient peu, mais pour un étranger, un contrat de travail veut dire permis de séjour. Et permis de séjour veut dire : pas de policiers qui te poursuivent, pas de centre de rétention, pas de logements sales et surpeuplés en sous-location, pas de peur de sortir le soir, pas de peur de sortir l’aprèsmidi, pas de peur de sortir le matin. En somme, pour Abderrahim, ce travail d’esclave voulait dire une vie quasi normale.
Il est certain qu’à un moment, plusieurs mois sont passés sans que ne vienne pas le moindre versement d’un salaire, et dans une vie normale, une moitié de salaire, un jour ou l’autre, doit venir.
C’est ainsi qu’Abderrahim se rend au siège de la coopérative, demande à voir le responsable, Michele Arcuri, et fait ses remontrances. Arcuri-l’esclavagiste est un type pratique : il est furieux, prend Abderrahim, le soulève et le balance contre un meuble. Abderrahim est infimier, il se rend tout de suite compte que la douleur lancinante qu’il sent entre les vertèbres signifie qu’il ne pourra plus avoir de vie normale. Il implore alors Arcuri –les témoins parlent d’un
quart d’heure– de l’achever : mieux vaut la mort que le fauteuil roulant.
Michele Arcuri n’écoute pas ses plaintes. Impassible, il téléphone au 113 puis au 118 [la police et les pompiers] et dit : «il y a un marocain ivre dans mon bureau». Les secours arrivent longtemps après, mais plus de temps passera encore avant que la fable habituelle du «marocain
ivre» ne cède la place à Abderrahim et à la “terrible vérité” de son histoire.
A présent que vous êtes tous bouche bée devant la “terrible vérité” de l’histoire d’Abderrahim, il nous semble plutôt délicat de venir vous ennnuyer avec le rapport entre externalisation des services publics et propagande raciste – notamment parce que vous devriez y arriver tout seuls.
Il nous presse de vous dire qu’au procès de Michele Arcuri-l’esclavagiste, ce sont les frères Galasso, du barreau de Turin, qui l’ont défendu. Les mêmes avocats qui avaient défendu la partie civile au nom des policiers lors du procès suite aux affrontements devant le centre de rétention, et qui défendent les agents du commissaire Dora-Vanchiglia incarcérés il y a un an
parce qu’ils prenaient sur leur temps libre pour dépouiller les immigrés. Les frères Galasso, enfin, qui ont défendu ces jeunes qui, en juin 2005, ont attaqué le couteau en main une maison occupée de Grugliasco –le “Barocchio”–, réussissant presque à envoyer au ciel plusieurs “camarades”

Mais pendant ce temps les pompiers du social interviennent  Sans papiersoù en sont leur lutte? pour lutter contre les révoltes

Journée de réflexion : Travail social et contrôle de l’immigration

35 bis, rue de Sèvres - 75007 Paris

__

Dans la lutte engagée par le gouvernement contre l’immigration illégale, les organismes du secteur social sont de plus en plus ciblés comme un des instruments de la politique du chiffre. On assiste ainsi à la multiplication d’incidents comme des opérations de poursuites de sans-papiers dans des locaux de structures du secteur social, l’intrusion de la police dans ces locaux, des demandes de communication de fichiers par la police ou par les autorités de tutelle, etc.

Face à cela, les professionnels s’inquiètent, s’interrogent sur les obligations qui sont les leurs, sur les possibilités légales qu’ils ont de résister à ces intrusions, sur les moyens de ne pas mettre en danger les publics qu’ils reçoivent et de ne pas être eux-mêmes poursuivis pour aide au séjour irrégulier.

C’est pour analyser ce nouveau contexte et tenter d’y apporter des réponses juridiques que le Gisti s’est associé à l’Anas (association nationale des assistants de service social) et au Journal du droit des jeunes pour proposer cette journée de réflexion.

Date : Mercredi 28 mai 2008 de 9h à 17h30

Lieu : 35 bis, rue de Sèvres - 75007 Paris

Inscription obligatoire :

Télécharger la fiche de présentation et d’inscription

Journée de réflexion : Travail social et contrôle de l’immigration


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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 07:39
Les peuples de la mer semblent retournés vers l'exploitation de la mer, au milieu des poissons morts par la société industrielle, tous semblent s'être habitués du désastre.  La mer ne connait pas les frontières, D'autres résonnent  sur le travail .
Une occasion de discuter avec les peuples de la mer pendant les ruptures de travail ( vacances).

·
Réunis en assemblée hier, et bien que divisés sur la conduite à tenir, les pêcheurs de la Côte basque ont décidé de reprendre la mer mais restent "vigilants"


En Pays Basque nord, les pêcheurs réunis hier en assemblée générale ont, certains avec amertume, majoritairement décidé de reprendre le travail. "Rien n’est vraiment réglé, mais on a besoin de travailler, les banques nous pressent derrière" souligne le pêcheur Patrick Lespielle. "Personne n’est satisfait, les mesures prises sont très techniques et très floues" précise-t-il.. "Les gens sont très tendus, l’Etat est assis sur une poudrière" souligne le pêcheur qui, comme ses collègues attend de voir maintenant quelle va être l’attitude du gouvernement français et de l’UE, alors que la France prend la présidence de cette dernière.

Lors de la réunion, beaucoup de pêcheurs ont exprimé leurs craintes d’être "condamnés" et ont fait part de leur souhait de se reconvertir ou d’envoyer leurs bateaux à la casse. Mais l’absence de mesures d’aides en ce sens, alors que de nombreuses entreprises sont proches de la faillite, en démoralise plus d’un. "Cela ne va pas s’arranger ni pour les pêcheurs ni pour les autres" souligne avec fatalisme Patrick Lespielle qui cite le cours international du baril de pétrole, la concurrence mondiale et l’augmentation générale des denrées alimentaires. Car tout le monde n’est pas logé à la même enseigne suivant le type de pêche et certains craignent "que l’on ne monte les métiers de la pêche les uns contre les autres".

En effet, les aides annoncées par le gouvernement ne s’appliquent pas de la même manière à tout le monde. Si certains pêcheurs toucheront les aides promises par Paris sous forme d’aides sociales, cela ne sera pas le cas des chalutiers, qui restent assez mobilisés dans l’hexagone. Les pêcheurs basques attendent de "voir et juger sur pièces" le dispositif gouvernemental, alors que le Ministre de la Pêche, Michel Barnier, a annoncé hier qu’il allait demander à Bruxelles de relever le plafond des aides accordés par chaque Etat à ses pêcheurs, lors d’une réunion des ministres de la Pêche tenue en Slovénie.


Sarean Zer, la nouvelle dans autres sites:
Le Monde - "Michel Barnier a promis aux pêcheurs un gazole à 40 centimes de façon définitive"
Le Monde - Les pêcheurs attendent un geste de l'Elysée
Le Monde - Les pêcheurs appelés à la reprise du travail après les annonces du gouvernement
Le JPB - Pêcheurs en colère : vente libre à la Criée de Ciboure
Le JPB - Avis d'accalmie chez les pêcheurs de la Côte basque qui reprennent la mer ce matin
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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 21:03

Qu'en es t'il  du SPIP de Valence?

Communiqué de presse

Le mouvement de contestation des Personnels d’Insertion et de Probation se durcit !

Alors que le nombre de personnes détenues atteint un nouveau record (63645 au 1er mai), les personnels des Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation rentrent dans une nouvelle phase du conflit social qui les oppose à l’administration. Interdit de droit de grève, ceux-ci utilisent tous les moyens d’expression qui sont à leur disposition, tout en travaillant, au risque de se voir sanctionner pécuniairement et disciplinairement !

Aujourd’hui, le mouvement s’est généralisé à la quasi-totalité des SPIP malgré les sanctions prononcées par l’administration. Cette colère traduit un malaise profond et un écœurement certain chez ces personnels chargés de la réinsertion et de la prévention de la récidive des personnes placées sous main de justice, mission, faut-il le rappeler, clé et censée être priorisée par le ministère de la justice.

L’administration pénitentiaire n’a, jusqu’à ce jour, présenté aucune modification au projet de réforme statutaire qu’elle a présenté aux personnels au cours du mois d’avril. Déclencheur de la contestation et signe fort de reconnaissance et d’utilité sociale, la question des statuts des personnels est d’importance mais ne résume pas toutes les difficultés auxquels ceux-ci sont confrontés : surcharge de travail croissante, budgets fluctuants, politique pénale d’enfermement... 

Les personnels, déterminés et soutenus par l’UGSP-CGT et le SNEPAP FSU se sont fixés deux rendez-vous pour exprimer de nouveau leur exaspération et toute une profession entend démontrer à l’administration que le mépris qui lui est témoigné n’est plus supportable :

-   le lundi 26 mai : initiatives de rassemblement au niveau régional notamment à Strasbourg, Rennes, Lyon, Marseille, Paris, (où le rassemblement est prévu à 10H00 devant la Direction de l’Administration Pénitentiaire).

-   Le jeudi 5 juin : rassemblement national de tous les personnels d’insertion et de probation pour une manifestation à Paris qui débutera à 14h00.

Contacts :

Pour l’UGSP CGT : Jérôme Marthouret 06 60 98 07 55 / 01 48 18 32 56 

Pour le SNEPAP FSU : Olivier Boudier 06 12 25 26 62 / 01 40 21 76 60


 
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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 07:45

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Dépêches AFP

GRENOBLE, 22 mai 2008 (AFP) Retraites : entre 8.000 et 30.000 manifestants à Grenoble, incidents en fin de cortège

Environ 8.000 manifestants, selon la police, 30.000 selon la CGT, ont participé jeudi dans les rues de Grenoble pour la défense des retraites, à un un défilé à l'issue duquel des incidents ont éclaté entre jeunes et forces de l'ordre, a constaté une journaliste de l'AFP.

Douze personnes ont été blessées, dont quatre parmi les forces de l'ordre, lors d'incidents déclenchés par des jeunes qui ont lancé des projectiles sur les gendarmes et les policiers, lesquels ont riposté par des jets de gaz lacrymogène.

Sept jeunes et un enseignant ont été interpellés pour jets de projectile, outrages et dégradations, a précisé la police. Ces incidents ont eu lieu à la fin de la manifestation officielle, qui s'est déroulée dans le calme.  Réuni à l'appel d'une intersyndicale, le cortège, composé majoritairement de représentants du secteur public, est parti vers 10H00 de la gare de Grenoble.  Sur la banderole de tête, on pouvait lire : "La retraite à 60 ans ou avant : c'est possible en améliorant le pouvoir d'achat !".

Plus d'un millier de lycéens s'étaient joints à la manifestation.

A leur arrivée en centre-ville, ils se sont dissociés du cortège officiel et se sont rendus à la préfecture, avec l'intention d'aller au rectorat, comme ils tentent de le faire depuis plus d'un mois.

Les lycéens ont ensuite été rejoints par des militants de Sud et de la LCR notamment, le cortège défilant ensuite illégalement vers le centre-ville.

Ils ont été stoppés par des barrages de gendarmes mobiles, qui les ont repoussé plusieurs fois par des jets de gaz lacrymogène. Les heurts se sont poursuivis jusqu'en début d'après-midi.


 12 personnes blessées. 7 jeunes et un enseignant  interpellés pour jets de projectile.

http://www.grenews.com/actu/evenement/manif-22-mai-les-premieres-videos.html
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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 03:24

tract pour la manif du 22 à Valence , qui démarre à 14h30 au champ de mars

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"TRAVAILLER PLUS, POUR GAGNER RIEN..."

"le 22 MAI 2008, TOUS EN GREVE ! "

Devant les nouvelles contre-réformes de SARKOZY sur les retraites, le chantage aux délocalisations, les contrats précaires pour les plus de 55 ans, la délégation unique en entreprise, limitant la défense des salariés au profit d'une représentativité soumise à l'employeur, la casse de l'éducation, la fin des statuts de la fonction publique, les prochaines limitations du droit du travail et la disparition des prud'hommes dans certaines localités, il nous semble plus qu'urgent de poursuivre l'unité d'action interprofessionnelle engagée. Les deux seules alternatives proposées aux salariés et aux chômeurs, d'un côté par les directions syndicales avec la sécurité sociale professionnelle et les négociations au rabais méprisant la volonté de mobilisation issue de la base, et de l'autre par les partis électoralistes et associations de gauche prônant la flexisécurité et le revenu garanti d'existence, habilement détourné dans le projet gouvernemental du RSA, entérinent les unes et les autres la flexibilité et la précarité comme nouveau mode de vie. Le gouvernement et le MEDEF réussissent par ce biais, à exonérer progressivement les patrons de toute participation financière à nos caisses de solidarité, en y substituant une gestion et une distribution entièrement contrôlées par l'Etat grâce à l'impôt, CSG, RDS, ou autre TVA sociale prélevées à tous; salariés comme chômeurs. Après le sabotage organisé par les directions syndicales pour empêcher l'élargissement de la grève des régimes spéciaux aux autres secteurs, il nous apparait important de nous organiser et de nous défendre au sein d'un syndicat pratiquant la démocratie directe et la solidarité interprofessionnelle (public- privé, salariés- chômeurs) afin de renouer avec les principes d'entraide à l'origine du syndicalisme révolutionnaire.

Nous exigeons:

1- l'autogestion des caisses de sécurité sociale, chômage, retraite... par les travailleurs (salariés, chômeurs, retraités...) à l'exclusion du patronat ne créant aucune richesse, - les "cotisations patronales" étant produites directement par le travail passé et présent des salariés et indirectement par la pression exercée sur les chômeurs-

2- réduction drastique du temps de travail sans réduction de salaire pour permettre à tous de participer au cycle de production et d'y exercer une influence, protégés par le droit du travail applicable au CDI...

3- retour aux 37,5 annuités + unification des régimes et des caisses par le haut pour en finir avec les défenses et les comportements corporatistes.

4- Un salaire socialisé avec ou sans emploi, ouvert au moins de 25 ans, financé par l'augmentation des cotisations "patronales" et le remboursement immédiat de toutes les dettes patronales et étatiques vis à vis de la sécurité sociale (+ de 20 milliards d'euros...)

(Permanences le samedi entre 14h et 15h au 8 place st jean Valence

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 03:16

«Quatre policiers ont été blessés, dont trois sérieusement mercredi matin par des projectiles lors de la manifestation de quelque 200 marins-pêcheurs devant le ministère de l’Agriculture et de la pêche, a indiqué la préfecture de police de Paris.
Les manifestants, qui protestaient rue de Varenne (7e arrondissement) contre la hausse des carburants, avaient lancé depuis 8 heures une centaine de fumigènes et de fusées de détresse en direction des forces de l’ordre qui bloquaient la rue.

L’un des policiers grièvement blessés l’a été par un tir tendu de fusée de détresse à la jambe, selon plusieurs témoins.

Vers 9 heures 30, un membre de la délégation qui était reçue au ministère, Yannick Porchaux, marin-pêcheur de Fécamp (Seine-Maritime), est sorti en demandant aux manifestants de se calmer et en expliquant que les négociations continuaient. Il est reparti à la table des discussions après avoir été insulté par certains manifestants, qui ont brûlé un drapeau européen.

Un membre des forces de l’ordre est intervenu au même moment à l’aide d’un porte-voix en expliquant que si les tirs se poursuivaient, les manifestants seraient interpellés.»

NouvelObs, 21 mai 2008




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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 07:48
                         APPEL A LA GREVE GENERALE
                            INTERPROFESSIONNELLE

C’est dans la rue qu’ça se passe !!!
Patronat, gouvernement nous mènent une véritable guerre sociale ! Ca suffit !
e gouvernement s’apprête à faire passer de nouvelles mesures anti-sociales telles que la casse du statut des
salariés du public et le projet de recul de l’accès à la retraite à 41 annuités pour tous les salariés public/privé, avec en perspective la remise en cause de l’âge légal de la retraite à 60 ans.
L’accès à la sécurité sociale est remis en cause par le système des franchises, par l’absence de remboursement de plus en plus de médicaments, par les projets en cours (refus de remboursements des frais optiques, etc), par un
système qui génère de plus en plus d’inégalités et qui renforce le pouvoir financier.
Après les attaques multiples contre les travailleurs, la poursuite de la casse du code du travail, la mise en place du service minimum dans les transports, la casse du service public, c’est maintenant à nos retraites que le gouvernement s’en prend.
Nous ne sommes pas des « partenaires sociaux », mais nous sommes des syndicalistes soucieux d’oeuvrer pour les intérêts de la classe ouvrière. Il faut que les reculs sociaux cessent !
En 2003, la forte mobilisation sociale nous a redonné l’espoir en des luttes victorieuses et la perspective d’une grève générale a commencé à réapparaître comme un outil sérieux de combat et de reconquête sociales, les journées « temps fort thématiques » étant vivement critiquées pour leurs effets négatifs sur l’ampli En 2006, nous avons pu faire reculer l’exploitation en mettant KO le CPE, par la solidarité entre le monde du
travail et la jeunesse. Depuis, les dirigeants ont choisi la tactique du rouleau compresseur en démultipliant simultanément les attaques contre différentes catégories de populations et de salariés. Gouvernement et parlement légifèrent à tour de bras, emportant avec eux une bureaucratie syndicale qui ne produit que des stratégies d’accompagnement de la régression sociale généralisée. Nous n’en sommes pas aujourd’hui à demander aux directions syndicales d’être ce qu’elles ne sont pas, nous avons compris que seul un mouvement social animé et impulsé par la base peu briser la lame de fond réactionnaire qui s’abat sans relâche contre les travailleurs et les populations les plus précaires.
Nous, syndicalistes, lycéens, précaires, chômeurs, retraités pauvres, RMIstes, reprenons aujourd’hui pour nous l’histoire des luttes sociales antérieures et l’esprit qui les animaient. Si le monde actuel a changé, les enjeux sociaux sont semblables.
Notre responsabilité est de faire converger nos énergies, nos luttes vers un mouvement de grève générale interprofessionnelle et reconductible, seul capable de créer le rapport de force nécessaire pour mettre un coup d’arrêt à la casse sociale généralisée en cours. Il faut être à la hauteur des enjeux du moment. Les journées d’actions sans lendemain ne servent à rien. Les appels à la grève en ordre dispersé non plus !
Mais à qui peut donc profiter la stratégie des temps dits « forts »… ???
Ensemble, faisons des journées des 15 et 22 mai un moment de préparation à l’action collective d’ampleur !
Quelles que soient nos appartenances syndicales, associatives, défilons, tous ensemble, derrière l’unique mot d’ordre utile du moment : pour un seul temps fort : La grève générale interprofessionnelle et reconductible.
Rendez vous les 15 (14h30) et 22 mai (10h), place de la Liberté à Tours
derrière la banderole unitaire « GREVE GENERALE ! »

Nous appelons à la grève et à sa reconduction à compter du 22 mai 2008 !
Lutter plus pour gagner plus !

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 06:11
LA CNT-AIT EN MAI 68

Ce film a été projeté devant le public , dans les petites réunions, grace aux comité de lutte proche des maoistes, il montre la politique de trahison des syndicats CGT à cette époque.

Un bureaucrate — Tes camarades, tout le monde a décidé de rentrer.
L’ouvrière — Non moi je rentrerai pas là-dedans je rentrerai pas là-dedans. Moi je mettrai plus les pieds dans cette taule. Rentrez-y, vous allez voir quel bordel que c’est. […] De toute façon c’est fini maintenant, on pourra plus rien avoir. […] C’est pas vrai, pas avec ce patron… ce gros…
Un bureaucrate — Il sait bien ce qu’il a perdu […] C’est pas fini, c’est juste une étape. Ça sera plus jamais comme avant. C’est une victoire.
Extrait de La reprise du travail aux usines Wonder (10 juin 1968).

 

Pour ne pas tomber dans un  travers courant, il nous a paru plus sain de publier essentiellement ce qu’on pourrait appeler "du document brut", c’est à dire des articles de l’époque avec juste ce qu’il faut de commentaires pour les remettre dans leur contexte, à quoi nous avons ajouté une courte réflexion en forme de conclusion. Les articles ont été pris dans "Le Combat Syndicaliste" et ses suppléments. D’autres sources documentaires existent. En particulier le journal "Espoir", qui paraissait à l’époque à Toulouse, a publié à chaud un certain nombre d’analyses de militants de la C.N.T.-A.I.T. Ceux qui voudraient faire un véritable travail d’historien pourraient sûrement y trouver un matériel assez abondant et pertinent. Mais venons en au but...

1 - COUP DE TONNERRE DANS UN CIEL SEREIN ?

Après les turbulences causées par la guerre d’Algérie, les quelques années qui ont précédé Mai 68 ont été bien calmes en dehors de quelques conflits localisés (comme les grèves de mineurs en 63). Les forces politiques et syndicales étaient relativement stables. Le gaullisme semblait inébranlable. Si le P.C. avait déjà amorcé sa lente érosion, il contrôlait totalement des forces nombreuses, en particulier la C.G.T. qui, elle, restait puissante dans les années 60. La C.F.T.C., devenue depuis peu, dans sa majorité, C.F.D.T. avait un discours modéré. La C.N.T. avait une existence symbolique. La révolution était moins que jamais à l’ordre du jour.

Dans ce contexte, l’analyse de la situation que tire, sous le titre "Vive l’Action Directe" le C.S. du 22 février 68 [1]est prémonitoire et tout à fait remarquable. Les conclusions décrivent assez précisément en les anticipant quelques unes des caractéristiques de mai 68.

"VIVE L’ACTION DIRECTE"

-  Nantes, 20janvier 1968 : "L’installation du nouveau conseil d’administration de la Caisse primaire de sécurité sociale a donné lieu à une manifestation des unions locales des syndicats ouvriers. Des C.R.S. venant prêter main forte aux gardiens de la paix, des projectiles divers étaient lancés sur les forces de police et les premières sommations étaient faites"

-  Redon, 20janvier 68 : "Les ouvriers de l’usine Jean GARNIER, fabrique de machines agricoles ont, au nombre d’environ cinq cents, de nouveau débrayé jeudi soir et parcouru la ville. Ils ont encore jeté quelques pierres et boulons contre les fenêtres de l’appartement particulier du sous préfet et de la gendarmerie. ...11

-  Caen, 24janvier 68 : "Le climat s’est durci à Caen. A proximité de l’hôpital, la police voulut barrer la route aux ouvriers qui arrivaient au coude à coude. Le heurt fut violent avec les manifestants armés de morceaux de bois... Une autre échauffourée avait eu lieu le matin sur la R.N. 13 à l’entrée de Caen, où les gardes mobiles ont dû dégager la route bloquée pendant trente minutes par les ouvriers en grève de la Sonormel"

-  Angers, 27 janvier 68 : plusieurs centaines de viticulteurs ont manifesté contre les conditions d’application de la TVA. à leur profession.... C’est alors que quelques incidents éclatèrent, des manifestants lançant des pétards dans la cour de la préfecture. Ensuite une centaine de manifestants, malgré l’ordre de dispersion, se dirigèrent vers la gare et envahirent les voies. A 18 h 30, deux trains ont ainsi été bloqués"

-  Caen, 27 janvier 68 : "La manifestation organisée à Caen vendredi après-midi pour appuyer les revendications des ouvriers métallurgistes en grève s’est prolongée dans la soirée par de véritables scènes d’émeutes. 18 blessés, 86 personnes, jeunes pour la plupart, furent appréhendées. Mais dès qu’un cortège se forma, il apparut très rapidement que des manifestants, particulièrement des jeunes, étaient très échauffés. Ces manifestants ne dissimulaient guère leurs intentions : ils tenaient à la main des barres de fer et avaient les poches bourrées de projectiles. Les gardes mobiles apparurent bientôt lançant des grenades lacrymogènes. La nuit tombée, pendant trois heures, de violentes bagarres se multiplièrent au centre de la ville. En même temps, des vitrines, des feux de signalisation, des enseignes étaient brisées, des voitures endommagées. La B.N.R a été lapidée, un camion de pneus a 1 été la proie des flammes. ( .. )

Caen : témoignage d’un "appréhendé" : "On nous parque à quarante-cinq dans une "cabane" de 3 mètres de long sur 2,5 de large jusqu’à 4 ou 5 heures du matin. Nous assistons à des passages à tabac un peu sérieux : coups de crosse dans les reins, sur le crâne et le visage, coups de pied dans le ventre et les parties sexuelles. Un ouvrier portugais a été tabassé trois fois, avec grand renforts de seaux d’eau pour le ranimer."

On pourrait poursuivre cette énumération, on pourrait citer bien d’autres exemples d’actions directes menées ces derniers temps par les travailleurs de tous les secteurs d’activité.

Mais il parait beaucoup plus utile d’analyser les faits et d’en tirer un certain nombre de conclusions :

1 - LA POUSSEE REVOLUTIONNAIRE DES TRAVAILLEURS VA EN S’AMPLIFIANT :

Les événements qui se sont déroulés à Caen l’ont montré : les premiers heurts violents avec les forces de l’ordre, loin d’effrayer les travailleurs, leur permettent de prendre la mesure de leur force et d’accroître leur confiance en la force collective qu’ils représentent. Aussi les, manifestations qui suivent sont-elles non seulement plus violentes encore mais mieux dirigées, plus efficaces. Lorsque les organisations syndicales réformistes organisent des manifestations monstres mais pacifiques, les travailleurs n’en retirent aucune expérience valable, précisément parce que ces manifestations ne sont que des "démonstrations" et qu’elles ne permettent en aucune façon aux travailleurs de mesurer leur puissance d’action directe. Or, ne l’oublions pas, la victoire des revendications ouvrières est conditionnée par les rapports de force existants dans la société capitaliste et il est fondamental que les ouvriers puissent avoir l’occasion de mesurer ces rapports déforce pour prendre conscience qu’en définitive ce sont eux qui peuvent être les plus forts.

2 - L’ACTION DIRECTE DEBORDE LES DIRIGEANTS SYNDICAUX REFORMISTES :

Ce sont très souvent les mouvements de dernière heure, lorsque les manifestations sont "officiellement" terminées, lorsque les dirigeants réformistes ont donné l’ordre de se disperser, qui sont les plus violents et qui prennent un caractère nettement révolutionnaire. L’explication est simple : les meetings, défilés, etc... organisés par les syndicats "officiels" laissent les travailleurs sur leur faim. ( .. )

3 - L’ACTION DIRECTE EST SOUVENT LE FAIT DES JEUNES MILITANTS

Nous y voyons le signe que le syndicalisme réformiste, de dialogue et de collaboration de classe, s’il peut satisfaire encore les vieux militants traditionalistes ne correspond absolument pas aux aspirations et aux exigences de la "montée" des jeunes. Le rajeunissement de la masse des syndiqués par l’arrivée des jeunes sur le marché du travail à un moment particulièrement difficile (chômage, etc ... ) paraît devoir faire éclater le syndicalisme réformiste et placer les syndicats traditionnels à leur véritable place, en arrière de la poussée révolutionnaire des travailleurs.

4 - LES MILITANTS DE PROVINCE, MOINS SOUMIS AU BUREAUCRATISME, DEVANCANT LES DIRECTIONS REFORMISTES PARISIENNES

C’est un fait que la plupart des mouvements revendicatifs puissants ayant mis en pratique l’action directe des travailleurs contre le capital et le patronat se sont déroulés en province (Rhodiaceta à Lyon, la SAVIEM à Caen, etc.). Il est vrai que la disparité des salaires entre la région parisienne et la province exaspère les travailleurs provinciaux. Mais on peut aussi y voir le fait qu’à Paris les mouvements revendicatifs sont étroitement canalisés par les directions syndicales réformistes et que cette emprise s’estompe dans les villes de province. Paris doit se lancer lui aussi dans l’action directe car c ’est à Paris où se trouvent concentrés les pouvoirs publics et les directions patronales, que l’action aura le plus d’éclat et sera le plus efficace.

5 - L’ACTION DIRECTE NE S’OPPOSE PAS SEULEMENT AU PATRONAT MAIS A TOUT CE QUI REPRESENTE LE CAPITAL ET L’ETAT

A Caen, les ouvriers se sont attaqués à la B.N.P, symbole de la puissance de l’argent, de la domination du capital sur les travailleurs. Ils ont aussifrappé la Chambre de Commerce. "Le Monde " du 7-2-68 écrit : "Voilà les assises mêmes de la société remises en cause". Et c’est vrai que la satisfaction des revendications ouvrières et l’émancipation des travailleurs ne peuvent, en définitive, être conçues qu’à travers une réorganisation de la société, une refonte des structures sur le principe de l’égalité éaonomique et sociale. ( .. )"

Quelques semaines plus tard (14 Mars 68), avec une analyse moins poussée, le C.S. revient sur la question et affirme, sous le titre "LE VOLCAN GRONDE" que la situation est analogue à celle de 1936, ce qui anticipe bien les choses également.

"LE VOLCAN GRONDE

Certains camarades nous ont écrit pour nous demander de faire une déclaration publique situant la position de notre Confédération face aux difficultés toujours croissantes du monde du travail. Il nous est facile de répondre que notre position reste toujours la même : que nous sommes plus que jamais les fidèles défenseurs du syndicalisme authentique de nos aînés (Bakounine, Varlin, Pelloutier et tant d’autres) ; que le fédéralisme est pour nous la forme d’organisation sociale la plus parfaite. Et partant de ces a affirmations, notre position face aux problèmes angoissants qui étreignent l’humanité, ne se prête à aucune équivoque.

Que ce soit sur le plan national ou international la C.N.T se déclare contre toutes les guerres, toutes les dictatures, toutes les spéculations, les privilèges, les hiérarchies ; elle condamne toute forme de racisme, d’esprit religieux et dogmatique, toute croyance aveugle et irraisonnée. ( .. )

Il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas voir que le volcan gronde, le malaise s’étend à toutes les couches laborieuses et à tous les pays, les capitalistes eux-mêmes sentent une sorte d’inquiétude en pensant à ce que sera demain et les journaux financiers parlent de "la fièvre de l’or ". Les quotidiens sont pleins de faits divers qui relèvent plutôt du drame social ( .. )

Il ne s’agit pas de regretter les insuffisances de tel ou tel gouvernement, de telle ou telle Ioi de tel ou tel plan ; ce qu’il faut c’est la cohésion, le regroupement de tous les travailleurs pour dénoncer, certes, les initiatives criminelles de nos exploiteurs, mais surtout pour les contrer, pour les. anéantir et créer une ambiance plus respirable, plus fraternelle et plus humaine. Ce sera alors une véritable lutte sociale... Une révolution. Mais écoutons ce que disait DELMAS, un syndicaliste de 1936 : "Ceux qui voudraient aujourd’hui écarter la révolution économique indispensable et inévitable pour ramener le syndicalisme ouvrier à émettre des revendications limitées, ne se rendent pas compte de la situation générale "

Nous sommes dans une situation analogue à celle de 1936, du moins en ce qui concerne le marasme économique ; dans le domaine de la politique, toujours assujetti au capitalisme international, Hitler et Mussolini ont disparu mais il reste encore suffisamment de Francos et de Boumédiennes pour asservir les peuples et ensanglanter l’humanité.

"Quand on a soin de se rendre un compte exact de la grandeur de la tâche considérable à laquelle on doit besogner sans trêve, alors les pas en avant, les victoires transitoires, sont un réconfort pour les besognes plus décisives". disait Griffuelhes."

Les événements que les quelques militants de la C.N.T. pressentent exigent un effort d’organisation. Le 23 mars 68, les jeunes de Paris [2] publient dans le C.S. un appel aux anarchistes et aux syndicalistes révolutionnaires pour qu’ils se donnent les moyens de répondre aux besoins qui ne vont pas tarder à apparaître, en rejoignant la C.N.T. [3]

"Les faits montrent ... qu’anarchisme et syndicalisme révolutionnaire se sont parfaitement complétés pour donner naissance à une arme et à une doctrine spécifiques : l’anarcho-syndicalisme.( .. ) ... c’est à l’intérieur des masses exploitées, parce qu’il est lui-même un exploité, que l’anarchiste doit mener son combat, qu’il doit agir, éduquer, organiser. C’est avec les masses exploitées que les anarchistes feront la révolution ou bien la révolution anarchiste n’aura pas lieu.

Cette lutte menée à l’intérieur des masses avec les travailleurs, l’anarcho-syndicalisme en est la voie en même temps qu’il peut devenir, comme l’a montré l’expérience de nos camarades espagnols, un puissant moyen d’organisation et d’éducation.

Aujourd’hui, le syndicalisme officiel est en passe de devenir un syndicalisme d’Etat, intégré à l’appareil de coercition bourgeois, un moyen pour les capitalistes de tenir en laisse les travailleurs et de canaliser leurs efforts d’émancipation.

Le syndicalisme réformiste intègre tellement bien aux structures capitalistes qu’il est en passe de devenir l’un des Piliers de la société bourgeoise. Que, lors des grèves sauvages, les bureaucrates du syndicalisme réformiste se heurtent aux travailleurs révolutionnaires illustre parfaitement le rôle contre-révolutionnaire que s’apprêtent à jouer les syndicats dits "représentatifs "

Mais la méfiance croissante des travailleurs à l’égard des bureaucrates rédormiste, défenseurs de la hiérarchie des salaires aujourd’hui et briseurs de grève demain peut être, montre aussi qu’au sein du mouvement ouvrier une tendance syndicaliste s’affirme.

C’est pour affirmer et développer cette tendance que doivent lutter aujourd’hui les anarchistes parce que c’est le seul moyen pour eux d’agir dans et avec les masses, de propager et de fortifier au contact du réel la doctrine anarchiste.

Mai entreprendre cette tâche, comme certains ont voulu le faire au sein des organisations syndicales réformistes est un leurre. C’est ou bien se faire exclure à brève échéance, ou bien cesser d’être révolutionnaire. En 1906, le syndicalisme officiel était encore en pleine gestation, aujourd’hui il est totalement pourri.

Ce à quoi nous vous invitons c’est à venir construire avec nous, syndicalistes révolutionnaires de la C.N.T. une véritable centrale syndicale ouvrière et anarcho-syndicaliste. ( .. )"

2 - LES ETUDIANTS ENTRENT EN SCENE

Réflexe hérité du passé, dans les articles précédents, l’attention de C.N.T. est centrée sur "les travailleurs". Il faut dire que les jeunes possédaient leur propre structure , les Jeunesses Syndicalistes Révolutionnaires - C.N.T.

Dés Janvier 1968, les JSR éditaient un numéro spécial du C.S., spécifiquement consacré aux Jeunes faces à la société néo-capitaliste". L’éditorial pose clairement le problème :

"L’avenir de la société dans laquelle nous vivons dépend, dans une large mesure, des options qui seront celles de la jeunesse face aux problèmes qu’elle a et saura résoudre. Et ces problèmes sont nombreux parce que la société capitaliste est une société de CONCURRENCE forcenée, c’est à dire une société antisociale qui fait appel à l’individualisme égoïste, à l’arrivisme, bien plus qu’à l’entraide et la puissance COLLECTIVE des hommes qui, théoriquement, sont les fondements de toute société.

Le nombre des jeunes augmente régulièrement, le chômage augmente tout aussi régulièrement : c’est là l’une des contradictions fondamentales de la société capitaliste. Le développement de l’automation devrait non seulement amener la réduction des horaires de travail mais aussi l’augmentation de la durée des études et surtout du nombre des étudiants : la libération des contraintes du travail matériel permet d’entrevoir des perspectives pour le développement intellectuel et culturel de tous.

Mais, pour le capitalisme, une seule chose est importante : réaliser des profits. Aussi, du point de vue bourgeois, le problème de la jeunesse est à peu près le suivant : comment insérer dans le cycle économique capitaliste cette masse de jeunes de façon à en retirer le maximum de bénéfices ? L’orientation actuelle de l’enseignement répond en partie à cette préoccupation.

Pourtant, c’est autre chose que les jeunes veulent : ils "bougent", d’une façon ou d’une autre, ils fermentent, ils bouillonnent, ils explosent parfois. Mais, dans leur quête d’autre chose" souvent aveugle, ils sont en grande majorité les plus vulnérables à toutes les formes de contrainte intellectuelle de "bourrage de crâne", qu’utilise la société de consommation capitaliste (radio, télévision, "modes" diverses, publicité, presse, etc.).

C’est en modelant les jeunes, en les sollicitant de toutes part, en triturant leur personnalité naissante que le régime capitaliste en fait des adultes aliénés, des travailleurs résignes des esclaves modernes.

C’est à travers la REVOLTE CONSCIENTE ET ORGANISEE que les jeune pourront réaliser demain le socialisme authentique."

Les J.S.R. dressent ensuite une analyse du monde étudiant dans laquelle ils se placent volontairement en dehors d’un certain milieu étudiant. Ce qui compte pour eux, c’est avant tout la position de classe. Dès lors, il n’est pas étonnant que - vu la composition majoritairement bourgeoise des étudiants en Mai 68- ils n’aient que mépris pour l’hédonisme et le folklore du milieu gauchiste étudiant. Ils n’y voient que des ’fils à papa" qui passent là leur crise d’adolescence. Si ces analyses se sont a posteriori révélée justes en partie (que l’on pense aux positions qu’occupent aujourd’hui les Serge July, Alain Geismar et autres Cohn Bendit ... ), leur ton grave et sérieux (pour ne pas dire sentencieux) les a certainement empêché de percevoir ce qu’il y avait de novateur dans le mouvement qui s’annonce.

"ETUDIANTS

Notre but n’est pas ici de tracer une fois de plus le tableau de la rentrée universitaire dans son aspect matériel : bousculades et désorganisation pendant les inscriptions, insuffisance des locaux et, surtout, des enseignants, etc... Tout le monde l’a dit et redit, et l’U.N.E.F. [4] ne manque pas une occasion de le répéter : interventions aux Travaux Pratiques et aux cours, colloques, etc. Des tracts sans nombre sont distribués, signés de l’ U.N.E.F., mais également de toutes les organisations "de gauche" trouvant audience chez les étudiants, les unes se disant encore révolutionnaires, les autres ne prenant même pas cette peine. [5]

Les chiffres s’ajoutent aux chiffres pour constater le carence du "pouvoir gaulliste" et les revendications tournent surtout autour de deux questions :
-  la sélection à l’entrée des facultés,
-  l’assiduité aux travaux pratiques.

C’est dans ces deux problèmes que se cristallise la contradiction inhérente à tout "syndicat étudiant" dans le cadre du système actuel.

En effet, QUI sont les étudiants ? Chacun sait que les fils d’ouvriers et d’employés accèdent dans une quantité infime aux études supérieures. D’autre part, le problème étudiant ne se résout pas aux questions spécifiquement estudiantines : l’étudiant est un ADULTE et doit être considéré comme tel : il doit pouvoir, s’il veut rester un être complet, mener une vie sociale normale, fonder une famille, vivre et non pas "subsister" en "ascète" dans le plus complet dénuement moral et matériel, uniquement dans le but d’arriver au bout de ses études transformées alors en véritable sacerdoce et n’ayant plus aucun rapport avec la réalité.

Ceci dit, il apparaît qu’à l’heure actuelle les seuls individus pouvant poursuivre dans des conditions valables leurs études sont les représentants -jeunes, bien sûr, mais représentants tout de même d’une seule classe : la BOURGEOISIE. De toute manière, il est bien évident que dans une société de classes, c’est à dire dans une société où la gestion économique et sociale est monopolisée par une classe donnée et dans laquelle le produit du travail est également monopolisé, la formation permettant d’accéder aux postes de commande ne peut être également qu’une formation DE CLASSE.

Mais, direz-vous, il y a tout de même au sein de l’université ces quelques fils d’ouvriers et d’employés ainsi qu’un certain nombre d’étudiants salariés, et c’est pour eux que nous devons éviter la sélection et le contrôle d’assiduité. Bien sûr, ils existent. Mais, qui sont-ils ? une minorité d’individus qui s’accrochent, qui cherchent, en dernière analyse, à "resquiller", à monter dans un wagon marqué "réservé", à grimper dans la pyramide sociale, à passer d’une classe dans l’autre et, bien souvent, à renier leurs origines prolétariennes et à abandonner la lutte de leur propre classe d’origine.

Quelles sont donc les revendications des syndicats étudiants ? Pas de contrôle, pas de sélection. Et alors ? Pensent-ils que ne pas assister aux TP (alors que, par ailleurs, ils en réclament à corps et à cris) puisse constituer un avantage pour un étudiant qui travaille à l’extérieur, alors qu’au contraire il s’agit là du seul contact qu’il puisse avoir avec la Il faculté Il. Pensent-ils que cette "liberté" qui leur serait accordée pourrait leur être profitable ? Tout étudiant sérieux ne peut y voir que pure démagogie.

Quant à la sélection, elle fait également couler beaucoup d’encre et tous les syndicats s’entendent pour la dénoncer comme une mesure "anti-démocratique" (il s’agirait d’ ailleurs de s’entendre pour définir la démocratie, mais ce n’est pas Ici notre propos). Leur argument favori : "Nous ne pouvons pas accepter une sélection qui serait, dans le contexte fal actuel, une élimination, à la fin du secondaire, des individus défavorisés par leur héritage culturel, donc des représentants des couches sociales défavorisées."

Tout d’abord, s’il est vrai que la notion "d’héritage culturel" est une réalité, on peut penser qu’elle ne joue plus tellement au niveau du deuxième baccalauréat et qu’elle cède la place à des problèmes beaucoup plus matériels. Dans une large mesure, la 14 sélection sous forme d’examen (intelligemment conçu bien entendu) ne toucherait réellement que les moins doués. Et l’on ne peut s’empêcher de penser qu’elle toucherait précisément un certain nombre d’étudiants fantaisistes, qui font quelques études dans l’attente, pour les filles, d’un mariage "heureux" et, pour les garçons, d’hériter de l’usine de papa ou encore, pour les deux, d’entrer "par piston" dans telle ou telle profession bien rémunérée. Dans ce sens, ni la sélection ni le contrôle dl assiduité n’apparaissent "anti-démocratique ".

Et pourtant, tout ceci n’exclue pas que les problèmes sont là, mais BIEN PLUS GRAVES ET BIEN PLUS PROFONDS que ceux qui agitent tous les syndicats "représentatifs". Il ne s’agit en effet pas " d’accommoder" l’université bourgeoise, à l’aide de quelques mesures Plus ou moins démagogique, pour permettre tant bien que mal à quelques étudiants pauvres d’aller jusqu’au bout de leurs études. Il s’agit de permettre REELLMENT à TOUS, c’est-à-dire à tous ceux qui en ont réellement le désir et les capacités, d’avoir la possibilité de faire des études dans les meilleures conditions possibles. Et c’est là que le problème étudiant rejoint le problème social en général, le problème de la TRANSFORMATION REVOLUTIONNAIRE DE LA SOCIETE BOURGEOISE.

Vouloir "aménager" la faculté bourgeoise actuelle, c’est vouloir "aménager" la société bourgeoise elle-même, "aménager" le Capitalisme : ce n’est pas et ne peut être notre rôle."

Cette brochure, publiée en Janvier 1968, se termine par déclaration, véritable annonce prémonitoire des évènements de Mai : " ... la jeunesse éclatera comme la chaudière d’une machine à vapeur, la jeunesse n’a pas d’issue en France, elle y amasse une avalanche de capacités méconnues, d’ambitions légitimes et inquiètes. Quel sera le bruit qui ébranlera ces masses ? Je ne sais, mais elles se précipiteront dans l’état actuel et 1e bouleverseront. "

Dès que les étudiants commencent à remuer, la C.N.T. en tant que tell s’en fait l’écho. Ainsi, dans le C.S. du 16 Mai :

"AUX ETUDIANTS REVOLUTIONNAIRES

Nous saluons votre lutte contre la sclérose et la routine bourgeoise de universités.

Nous comprenons voire angoisse en ce qui concerne votre avenir et partageons votre colère contre une société incapable de satisfaire les besoins le plus légitimes des êtres humains, alors que nous avons atteint l’ère de l’abondance.

Ce mécontentement profond et pleinement justifié que vous manifeste, avec tant de courage malgré la répression policière, n’a peut-être pas encore trouvé l’écho qu’il méritait parmi les travailleurs et pourtant ...

Qu’il s’agisse des travailleurs de la terre, des mineurs, des métallos et des gens de mer, il y a chez tous un sentiment d’opposition à toutes le contradictions et les insuffisances du régime d’exploitation et de profit qu nous régit, mais il manque la préoccupation indispensable d’une action coordonnée, d’une lutte commun" .. )

Face à la répression de l’Etat, à la démagogie des partis politiques et à carence des organismes officiels pour résoudre les problèmes angoissants qui se posent à la jeunesse, tous les travailleurs doivent s’associer à l’action des jeunesses estudiantines.

Assez de réformes, nous voulons une véritable révolution sociale."

Dans le N° suivant, (23 mai 68), le C.S. , qui titre "l’avenir est aux jeunes" rapporte les violences policières, publie un tract du Mouvement du 22 mars et analyse le chômage engendré par la technologie [6]

3 - QUE FAIRE ?

Rapidement, le mouvement des étudiants faisait tâche d’huile. Il y eut bientôt 9 ou 10 millions de salariés grévistes, des usines occupées, des manifestations partout. Dans se brassage hétéroclite, on parlait d’autogestion, de révolution, de libération personnelle [7] et collective. Le général De Gaulle s’enfuyait de l’Elysée pour aller s’assurer du soutien des troupes stationnées en Allemagne. Un instant, l’Etat vacilla. Mais les syndicats représentatifs (C.G.T., C.ED.T., FO.) calmaient le jeu grace à l’ouverture du dialogue social, des négociations. La C.N.T. dénonçait ces positions en publiant dans le C.S. daté du 6 juin le tract suivant, diffusé en région parisienne.

"DU DIALOGUE A L’AUTOGESTION Ni les puissantes manifestations des étudiants, ni les millions de travailleurs en grève, ni les impératifs qui ont provoqué la psychose révolutionnaire actuelle, rien n’a éclairé les dirigeants des centrales "représentatives " sur les véritables aspirations du peuple.

Ils continuent à dialoguer sur des augmentations de salaire variant selon les entreprises et dans le respect de la sacro-sainte hiérarchie. Quant 4 la diminution de la durée du travail, tout ce qu’ils ont "arraché" reste nettement insuffisant.

Comment peut-on admettre un dialogue en dehors de la garantie absolue de l’emploi, par la réduction permanente du temps de travail en fonction du progrès technique qui doit permettre l’élévation du pouvoir d’achat, à commencer par les classes les plus défavorisées.

C’est donc en dehors de ces "élus" syndicaux (ils ne peuvent parler qu’au nom de 14 % de la population active) que les travailleurs doivent continuer avec les étudiants, le combat contre les structures sclérosées de la société capitaliste.

... Sud-Aviation de Nantes ... donne l’exemple à suivre en préconisant la reprise du travail sur la base de la gestion ouvrière.

La Confédération Nationale du Travail salue cette heureuse initiative qui porte à la pratique ce que certains ont refusé comme étant des ’formules creuses" [8]...

Dans le N° daté du 20 juin, la C.N.T. répond "Non aux urnes" aux les élections législatives anticipées, lance un nouvel appel "Organisons l’autogestion" tandis qu’un article analyse la grève générale. " ..tout d’abord, dans le soulèvement des étudiants nous voyons une application particulièrement spectaculaire de l’action directe. ... L’action directe a révélé au pays tout entier, depuis longtemps blasé sur les habituels procédés de discussions ou de négociations ... que d’autres formes d’action existent et peuvent être employés. Les étudiants-enseignants ont donné là une leçon aux ouvriers, prisonniers de leurs organisations réformistes ...

En second lieu il a été parlé, ici et là, de participation à la gestion des entreprises... Cette participation à la gestion ou co-gestion, si elle se faisait, serait un premier pas vers le véritable objectif qui devrait être celui des syndicats de toute obédience, je veux parier de la gestion ouvrière. Celle-ci dont l’initiative est purement et entièrement d’origine libertaire, a déjà été discutée à deux reprises en France, en 36 et dans les premiers mouvements de grèves qui ont eu lieu immédiatement après la libération. ...

En troisième lieu, enfin, l’idée de l’organisation par la base . "

4 - L’HEURE DES BILANS

Le mouvement donnait dès juin des signes d’épuisement. Dans le N’ du 27 juin, la C.N.T. critique le comportement de fossoyeurs de la révolution du parti communiste.

" LES GAUCHISTES

Ce mot ne veut rien dire, il n’a pas de signification, pas plus que n’ont de sens les mots : gauche, droite ou centre. Or le PC et la C.G.T l’ont utilisé comme une sorte d’épouvantail à moineaux, de loup-garou pour les adhérents peu évolués. Ils ont pensé, après d’autres, que plus un mot est incompréhensible plus il fera de l’effet dans les esprits demeurés. L’ennui c’est que les esprits demeurés sont en diminution ces temps-ci et c’est ce qui explique la mauvaise humeur du P C. au lendemain du premier tour des élections législatives. ( .. )

... pendant tous les évènements de mai-juin, le PC. et son appendice la C. G. T n’ont fait que freiner quand ils ne l’ont pas combattue, toute action populaire qui n’était pas sous leur patronage. De plus, ils n’ont cessé d’attaquer les diverses formations qui prenaient une position en pointe ; leurs amis de la C.FD.T et du PS.U. en savent quelque chose. Il suffisait de parler d’autogestion pour être qualifié de provocateur et ceux qui défilaient derrière le drapeau noir de l’anarchie n’étaient que des aventuriers qui tournaient le dos à la démocratie et au socialisme ( .. )

Ceux qui assistaient à la manifestation du 13 mai à Paris [9] doivent bien rire de ces élucubrations : surtout quand on sait que les drapeaux noirq et rouge-et-noirs, la banderole C.N. T-A.I. T en tête, étaient devant la C G. T malgré le service d’ordre de cette dernière, qui avait voulu imposer ses directives. Nous aurions même pu reprendre les paroles de Cohn-Bendit, qui disait le soir du 13 mai à la Mutualité : "j’étais en tête d’une manifestation dans laquelle les canailles staliniennes étaient à la queue ( .. ) "

Les élections et les vacances [10]sonnèrent le glas du mouvement. A la rentrée, les "masses" étaient au travail ou à J’école. Cependant, même si seule une minorité poursuivait son action, les idées de mai allaient entraîner de véritable bouleversements dans la vie quotidienne.

Pendant plusieurs mois, toute la presse publia des commentaires, des Et analyses, des leçons de Mai 68. Parmi celles publiées à chaud, on peu lire dans le N° du 22 août, un bilan sous le titre "l’étape 68".

" l’ETAPE 68 "

La révolution ne peut être basée sur l’utopie et le rêve, mais au contrair-e sur des réalités lesquelles nécessitent la constitution de programmes et de fforces suffisamment imprégnées parmi la population pour garantir le succès. En 1936, Durruti en Espagne, déclarait : "je n’attends aucune aide d’un gouvernement du mondë ". Il ne pouvait en être autrement, comment une révolution libertaire pourrait-elle obtenir l’aide d’un Etat quelconque, dors que c’est l’anéantissement de l’Etat que nous recherchons par la révolution ?

... La trahison des syndicats inféodés au pouvoir a permis de saboter la évolution de mai 1968. Il nous faut donc affranchir la classe des travailleurs et leur démontrer à quel point Us ont été bernés par ceux-là même ui se prétendaient leurs défenseurs.

Notre action pré-révolutionnaire consiste, présentement, à lessiver les cerveaux, à donner sa véritable expression au mot humanité ; la préparation l’action révolutionnaire consiste à forger le fer qui nous permettra, demain, quand nous aurons la force, quand nos programmes de société future reposeront sur des bases certaines et seront compris d’un grand ombre de travailleurs, à vaincre, avec certitude, tous les malfaiteurs de la classe prolétarienne.

Notre tâche de propagandistes est immense, il appartient à tous nos camarades d’y participer, notre espoir ne repose que sur l’effort permanent et journalier qui seul peut nous permettre de trouver audience auprès des travailleurs inconscients, voués à l’esclavage et à la soumission. Si nous entendons que la société de demain connaisse enfin la justice et la liberté, nous devons participer, aujourd’hui même, à la plus grande diffusion de la vérité, au mépris du capitalisme, de I’Etat et de ses suppôts pseudo syndicalistes qui dirigent les forces ouvrières sur les voies de garage.

Il nous faut créer, de plus en plus, des groupes de sympathisants, faire évoluer ceux-ci de groupes sympathisants en groupes de militants. Le militantisme est le nerf de la révolution réelle et complète de demain ; l’affranchissement du peuple ne peut venir que par l’affranchissement des travailleurs. Ne pas participer à cette tâche, aujourd’hui même, après a leçon de mai 1968, est renoncer à la révolution libératrice de demain ( .. )

A la brioche des laquais, nous préférons le pain du travail. A l’injustice des grands et des soumis de ce monde, nous opposons nous, travailleurs anarcho-syndicalistes, notre esprit révolutionnaire pour un monde nouveau dont les bases de justice libéreront les travailleurs de l’esclavage déguisé que nous subissons."

CONCLUSION

Trente ans après, on peut constater la lucidité et l’actualité de ces textes. Les faits ont d’ailleurs prouvés que les conclusions avancées par les anarcho-syndicalistes de l’époque étaient largement exactes. On ne s’étonnera donc pas que Mai 68 ait amené à l’anarcho-syndicalisme, représenté par la CNTLAIT, une nouvelle génération de militants. Pourtant, globalement, la parole des militants de la CNT trouva un faible écho tant dans la société en général que dans le mouvement libertaire. Ce dernier faisant preuve d’une déficience d’analyse, participait majoritairement à la CFDT [11] croyant y faire la Révolution ! Erreur stratégique fatale au mouvement s’il en fut !

Alors, les CNTistes ont-ils simplement eu tort d’avoir eu raison trop tôt ? Le mouvement libertaire manquait-il au fond d’une réelle volonté révolutionnaire ? La réflexion sur les problèmes posés a-t-elle manqué ? Les questions restent posées, tout comme celle de savoir comment le mouvement de Mai 68 peut éclairer noter militantisme d’aujourd’hui. A notre avis, si une idée-force ressort de toute cette période, c’est bien celle de la nécessaire cohérence entre les objectifs affichés et là pratique quotidienne et organisationnelle. Si les suites de Mai 68 ont été en échec, c’est en grande partie parce que tout en tenant des discours hyper-révolutionnaires, les militants faisaient le choix de modes organisationnels et de pratiques réformistes.

Aujourd’hui, les libertaires, les révolutionnaires, ou tout simplement toute personne consciente des impasses sociales dans lesquelles le système nous accule ne devrait-elle pas se poser une question identique, à savoir celle de la cohérence profonde entre ses pensées et son action

NOTES


Disponible en brochure, voir cette rubrique


[1] Rappelons qu’il s’agit là de la date de parution du Combat Syndicaliste Le C.S. était imprimé en linotypie et le délai de tirage "était de l’ordre d’au moins une semaine. Les articles ont donc été écrit en règle générale 10 à 15 jours avant la date de parution.

[2] il y avait avant le mois de Mai aux "Jeunesses Syndicalistes Révolutionnaires", qui deviendront par la suite "Jeunesses Anarcho-Syndicalistes", un petit groupe à Paris et un à Marseille. Après Mai de nouveaux groupes sont apparus : Lyon, Toulouse,... Certains des J.S.R. étaient des étudiants, mais pas tous.

[3] Cet appel ne fut pas entendu, le mouvement libertaire resta totalement dispersé. Une majorité de militants étant dans les organisations réformistes comme Force Ouvrière.

[4] Il n’y avait à l’époque qu’une seule UNEF. La scission entre socialistes (UNEF ID) et communistes (UNEF-SE) ne viendra que plus tard.

[5] Vous ne rêvez pas, ce texte a bien été écrit en ... janvier 68. On pourrait presque le reprendre mot à mot aujourd’hui !!!

[6] Il y avait à l’époque 500 000 chômeurs en France, 700 000 en R.F.A et autant en Angleterre.

[7] " Vivre sans temps morts, jouir sans entrave "

[8] " L’autogestion est un mot creux", répétaient à la suite de leurs dirigeants les militants communistes et cégétistes.

[9] Cette manifestation fut numériquement la plus importante de Mai 68. L’anecdote est vraie. On trouve des photos des drapeaux et des banderolles de la C.N.T. dans l’Encyclopédie Alpha, ainsi que dans divers manuels d’histoire.

[10] Il fit particulièrement beau cet été là...

[11] Les plus vieux restèrent prudemment à FO ou à la CGT...

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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 07:36
[caissieres+supermarche+ferraille.jpg]



ll y a deux mois à Marseille, les caissières en grève du magasin «Carrefour grand Littoral» faisaient la «une» de
Libération et du Parisien, l’ouverture du journal de TF1 et de France 2, l’objet d’articles, de débats et d’émissions. Elles découvraient leurs mots dans les journaux, leurs visages à la télévision, leurs voix à la radio.

Elles apprenaient à s’exprimer publiquement, elles organisaient les tours de garde pendant l’occupation du magasin, elles trouvaient des solutions pour faire garder leurs enfants, des solutions aussi pour nourrir une centaine de grévistes.

Elles avaient fait connaître leurs revendications :
— Des tickets restaurant à cinq euros au lieu des 3,05 euros octroyés («parce que si vous connaissez un endroit où l’on peut avoir un sandwich et une cannette pour moins cher, dites-le moi»).
— Une prime exceptionnelle de 250 euros.
— Le droit de travailler 35 heures pour les caissières à temps partiel.

Le 16 février, après seize jours de grève, les caissières reprenaient le travail.

La CFDT, syndicat majoritaire venait de signer avec la direction un protocole sans appel :
— Les tickets-restaurants étaient augmentés de 45 centimes à condition que le taux de démarque du magasin passe sous la barre des 2,4%.
— Le principe d’une prime était refusé.
— Les salariées à temps partiel de 24 heures étaient autorisées à travailler trois heures de plus.

En d’autres termes, pour les caissières, le double choc de la reprise et de la défaite. «On est rentré en larmes. On n’a pas fait de scandale, rien, on a chacune été pointer et s’asseoir à notre caisse, mais toutes les filles pleuraient.» Les larmes ont fini par sécher, le magasin est à nouveau rempli de clients et les syndicats ont rangé leur drapeau.

Alors aujourd’hui, quel regard ces femmes portent-elles sur ce qui fut pour beaucoup d’entre elles leur première mobilisation ?

Yolande, cinquante-six ans, mère de trois enfants, est aujourd’hui amère : «Je me suis sentie humiliée. Après seize jours de grève, je suis rentrée comme une esclave. Je suis sortie pour dénoncer mon état d’esclave et je suis rentrée encore plus esclave que lorsque je suis sortie. Je n’arrive pas à le digérer.» «Même avec tous les “Malloc”, tous les comprimés de la terre, ça ne passe pas», renchérit Myriam.

En somme rien n’a changé, elles perdront même deux journées de salaire qui leur seront prélevées tous les mois durant les six à venir.

Dans son cabinet de consultation, le médecin du travail constate tous les effets de cette défaite : «Ça a été une catastrophe psychologiquement. Je ne sais pas si vous voyez la ponction de salaire que ça représente cent euros de moins par mois. Déjà qu’ils étaient étranglés, là ils sont carrément asphyxiés. Je peux vous dire que des gens heureux, je n’en vois pas beaucoup en ce moment.»

Depuis la reprise, le magasin fonctionne au ralenti. «Avant la grève, s’il y avait un papier par terre, je le ramassais, maintenant non», dit une caissière. «Je fais le minimum, je ne me presse plus, je n’essaie plus d’aider le magasin à faire un bon chiffre parce que je sais que ce n’est pas mon magasin, c’est celui de la direction», ajoute une autre. «On continue la grève par d’autres moyens, résume une troisième, on fait durer les pauses, on arrive en retard, beaucoup sont en arrêt-maladie.»

Pourtant, et de façon presque paradoxale, personne ne regrette l’engagement dans la mobilisation.

L’amertume de la défaite se mêle à la fierté d’avoir osé affronter «un monument», d’avoir découvert que la grève était un droit pour elles aussi, et d’avoir démontré que c’est aussi grâce au travail et à l’investissement des caissières que le magasin ouvre chaque jour. «Ils croient que nous ne sommes que des numéros, des toutes petites caissières de rien du tout, mais ils ont bien vu que sans nous, leur chiffre d’affaires c’est zéro.» «Ce n’est pas seulement les chefs de rayons, les ingénieurs et tout çà qui font tourner le magasin, c’est nous aussi. Et là, maintenant, ils le savent.»

En entrant en lutte, ces caissières sont sorties de l’anonymat d’un travail qui les rendait interchangeables pour faire entendre leur voix, leurs difficultés et leurs exigences. Cette voix a été relayée, entendue, débattue et leur défaite matérielle ne peut venir à bout de ce sentiment de dignité retrouvée. «C’est comme si pour la première fois je pouvais dire à mon patron, voilà ce que je pense et tu vas bien être obligé de m’écouter.»

Leur mobilisation a transformé une juxtaposition d’individus isolés en un groupe de travailleuses porteuses de revendications communes. Comme le décrit le sociologue
Lilian Mathieu, l’expérience de la grève est l’occasion de la découverte de la force du collectif, et, dans ce cas précis, on pourrait dire de «l’existence» même d’un collectif.

Le groupe créé devient le lieu de déploiement de nouvelles compétences, de nouveaux apprentissages, de ressources insoupçonnées. «Pendant la grève, on faisait tout nous-mêmes. On gérait l’argent, on faisait des tours de ménage, on décidait les actions à mener. Moi je n’avais jamais fait tout ça et, surtout, je n’aurais pas pensé que j’en étais capable» explique une jeune caissière.

Cette découverte s’est aussi doublée d’une mise à distance de leur rôle de mère et d’épouse. «Moi je faisais aussi la grève à la maison ; grève du ménage, de la nourriture. Mon mari a dû se débrouiller alors que normalement je fais quasiment tout. Mais il n’avait pas le choix. C’était trop important pour moi», explique une caissière mère de deux enfants. «Mon mari a vu qu’il avait perdu le contrôle. Et ça lui a plu au final de me voir faire la révolution», sourit une autre.

En fait, la reprise du travail n’a pas détruit ce collectif créé par l’expérience de la grève. Certaines d’entre elles ont ainsi décidé de se syndiquer pour la première fois : «J’ai compris qu’il fallait être dans un groupe pour ne pas se laisser marcher dessus.»

Aujourd’hui, elles disent se connaître mieux et différemment, et toutes se déclarent prêtes à participer à de prochaines mobilisations. Tristes de la défaite mais en aucun cas dégoûtées de la grève.

En ayant fait cette grève, ces caissières participent ainsi à ce qu’on pourrait appeler un «renouvellement militant» qui, s’il signale un déplacement des luttes, invalide l’hypothèse de ce qu’Olivier Filleule nomme un «désengagement militant» (Le désengagement militant, Paris, Belin, 2005).

La question posée par le titre du livre de
Jacques Ion
, La fin des militants ? (Paris, L’atelier, 1997), trouve ici à Carrefour grand littoral une réponse négative.

Ces dix dernières années ont été marquées par une multiplication de luttes dans des secteurs traditionnellement étrangers aux mobilisations collectives. La FNAC, Castorama, les sociétés de nettoyage, Maxilivre, Arcade, Monoprix, Mac Donalds pour ne citer que les plus médiatiques ont été le lieu de grèves menées par des salariés le plus souvent non syndiqués, majoritairement des femmes au statut d’emploi précaire.

Ce que Lilian Mathieu nomme «les mobilisations improbables» signent l’entrée sur la scène politique et syndicale de nouveaux secteurs du salariat qui, quels que soient les échecs et les défaites, marque un profond renouvellement des luttes sociales.

Rien n’aurait donc changé à Carrefour Grand Littoral ? Si : les larmes aux yeux, les caissières sont entrées en politique.

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 10:33

NON A LA DIRECTIVE DE LA HONTE

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NON A L'EUROPE FORTERESSE

NON A L'EUROPE BARBELEE


La Commission de Bruxelles soumettra au Parlement européen le 21 mai prochain une directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères.

Elle prévoit d'une part, une « durée de rétention pouvant aller jusqu'à 18 mois » en France, le maximum actuel est de 32 jours, et d'autre part, elle entend instaurer une « interdiction de retour en Europe de 5 ans pour toutes les personnes renvoyées »

Cet arsenal législatif ultra-répressif va frapper de plein fouet une population en situation d'extrême précarité et va multiplier le nombre des clandestinEs ou Sans Papiers.

L'Europe, une fois de plus, ne gère le problème des étrangerEs que par les volets répressifs et sécuritaires. L'adoption de cette directive constituerait une véritable atteinte aux principes fondamentaux inscrits dans la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948 : le droit à la liberté de circuler, de s'établir dans le pays qu'on a choisi, ou à l'intérêt supérieur de l'enfant puisqu'elle prévoit également la rétention des mineurEs.

L'Europe choisit d'officialiser l'intolérable. Interdire à certainEs les droits fondamentaux qui ne sont pourtant pas réservés à quelques privilégiéEs mais universels pour touTEs


Nous dénonçons et condamnons ces politiques de plus en plus liberticides et les dérives qui les accompagnent. Elles engendrent vis à vis des populations concernées un racisme rampant qui exacerbe les tensions et mène quelquefois à la mort par la peur quotidienne de la rafle et de l'enfermement avant l'expulsion.

C'est pourquoi les ASTI et leurs partenaires appellent touTEs ceux-celles qui se sentent concernéEs par ces injustices à manifester le 7 MAI à 18 H devant les préfectures. Il y aura aussi un grand rassemblement à Bruxelles.


Mercredi 7 mai, à Valence, rassemblement Place Porte Neuve à 17H30

Départ groupé à 18 H pour une Manifestation devant la Préfecture


ASTIV Maison/Sociétés, rue St Jean – ASTI-Val de Drôme 1, rue de la République -26400 Crest

Renseignement : 06 13 07 74 76 (Valence) * 04 75 25 51 60 (Crest) 06 85 67 65 29 (Romans)

blog des ASTI 26/07: http://astidrome-ardeche.blogspirit.com

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