Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : le blog lelaboratoire
  • : Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
  • Contact

Pour nous contacter

Le laboratoire Anarchiste
8 Place st Jean
26000 Valence

envoyer vos suggestion

sur:

new:c.l-v@hotmail.fr

rappel envoie aucun message à

le laboratoire@no-log.org


 


Bibliothéque  de prêt

infokiosques
le mercredi de  16h30 - 19h

Accueil/infos SIAD-AIT
vendredi toutes les deux semaines

de  17h30à19h

Emission radio Labo
sur radio Mega
99.2FM
lundi en direct
18h15 - 19h
rediffusion:
jeudi de 9h à  9h 45
http://radio-mega.com
04 75 44 16 15

Recherche

Texte Libre

La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

Archives

le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 07:44

mai 232011

Source : Revue Anarchiste Caennaise Apériodique

Partager cet article
Repost0
17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 09:06

 

Deux semaines après ses débuts, le mouvement des « Indignés » grecs fait déborder les places des villes du pays par des foules énormes criant leur colère, et fait trembler le gouvernement Papandreou et ses soutiens locaux et internationaux. Ce n’est plus ni une simple protestation ni même une mobilisation d’ampleur contre les mesures d’austérité. Désormais, c’est une véritable révolte populaire qui balaie la Grèce ! Une révolte qui crie haut et fort son refus de payer « leur crise » et « leur dette » tout en vomissant le bipartisme néolibéral sinon l’ensemble d’un personnel politique aux abois.


2011-05-31-Indignados4

 

Combien étaient-ils à la Place de Syntagma (place de la Constitution) au centre d’Athènes, juste en face du Parlement, le dimanche 5 juin 2011 ? Difficile a dire car une des particularités de ces rassemblements populaires est que, faute de discours central ou de concert, il y a un va et vient permanent de manifestants. Mais, en tenant compte des responsables du métro d’Athènes, qui savent comment calculer le nombre de leurs passagers, il y a eu un minimum de 250.000 personnes confluant à Syntagma à cette mémorable soirée ! En somme, plusieurs centaines des milliers si on y ajoute les foules « historiques » rassemblées aux places centrales des dizaines d’autres villes grecques.

 

A ce moment s’impose pourtant une interrogation : comment est-ce possible qu’un tel mouvement de masse qui, en plus est en train d’ébranler un gouvernement grec au centre de l’intérêt européen, soit passé sous un silence assourdissant par tous les medias occidentaux ? Pendant, ses 12 premiers jours, pratiquement pas un mot, pas une image de ces foules sans précédent hurlant leur colère contre le FMI, la Commission Européenne, la Troïka (FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne) et aussi Mme Merkel et le gotha néolibéral international. Absolument rien. Sauf de temps en temps, quelques lignes sur « des centaines de manifestants » aux rues d’Athènes, a l’appel de la CGT grecque. Etrange prédilection pour les manifs squelettiques des bureaucrates syndicaux totalement déconsidérés au moment ou à quelques centaines de mètres plus loin d’énormes foules manifestent jusqu’à très tard après minuit depuis deux semaines…

Il s’agit bel et bien d’une censure aux dimensions inconnues jusqu’à aujourd’hui. D’une censure politique très organisée et méthodique, motivée par le souci de bloquer la contagion de ce mouvement grec, de l’empêcher de faire tache d’huile en Europe ! Face à cette nouvelle arme de la Sainte Alliance de temps modernes, il faudra qu’on réagisse tous ensemble, tant pour dénoncer ce scandale que pour trouver les moyens de contourner cette interdiction d’informer les opinions publiques, par le développement de la communication entre les mouvements sociaux de toute l’Europe et la création et le renforcement de nos propres medias alternatifs…

Revenant aux Indignés grecs (Aganaktismeni, en grec), il faut remarquer qu’il s’agit d’un mouvement de plus en plus populaire ou même plébéien, à l’image d’une société grecque façonnée par 25 ans de domination absolue de l’idéologie (néolibérale) cynique, patriotarde, raciste et individualiste qui a tout transformé en marchandises. C’est pourquoi l’image qui en émerge est souvent contradictoire, mêlant le meilleur et le pire dans les idées comme dans les actes de chacun des manifestants ! Comme par exemple, quand la même personne manifeste de façon ostentatoire un patriotisme grec aux allures racistes tout en brandissant un drapeau tunisien (ou espagnol, égyptien, portugais, irlandais et argentin) pour manifester sa solidarité… internationaliste aux peuples en lutte de ces pays.

 

Doit-on conclure alors qu’on est en présence d’une foule de manifestants schizophrènes ? Absolument pas. Comme il n’y a ni de miracles, ni de révoltes sociales politiquement « pures », le mouvement des Indignés grecs se radicalise à vue d’œil tout en étant marqué par ces 25 ans de désastre social et moral. Mais, attention : toutes ses « tares » se subordonnent à sa caractéristique principale qui est son rejet radical du Mémorandum, de la Troïka, de la dette publique, du gouvernement, de l’austérité, de la corruption, de cette démocratie parlementaire fictive, de la Commission Européenne, en somme du système dans son ensemble !

Ce n’est pas donc un hasard que les centaines des milliers d’Indignés grecs s’époumonent depuis 14 jours en répétant des mots d’ordre éloquents tels que «  On ne doit rien, on ne vend rien, on ne paye rien  », «  On ne vend et on ne se vend pas  », «  Qu’ils s’aillent maintenant tous, Mémorandum, Troïka, gouvernement et dette  » ou « Nous restons jusqu’à ce qu’ils s’aillent  ». C’est un fait que des mots d’ordre de ce genre unissent tous les manifestants, comme d’ailleurs tout ce qui a trait au refus d’assumer et de payer la dette publique |1|. C’est d’ailleurs pourquoi la campagne de l’Initiative pour une Commission d’audit de la dette publique fait un réel tabac pratiquement dans tout le pays. Son stand en pleine Place de Syntagma est en permanence assiégé par une foule de gens voulant signer son appel |2| ou offrir leurs services comme volontaires…

D’abord presque totalement inorganisés, les Indignés de Syntagma se sont offert progressivement une organisation dont le summum est l’Assemblée populaire qui attire chaque soir à 21 h. plusieurs centaines de participants devant quelques milliers d’auditeurs très attentifs. Les débats sont souvent d’une grande qualité (p.ex. celui sur la dette publique), dépassant de loin tout ce qu’il y a de mieux sur les grandes chaines de télévision. Et tout ca malgré le bruit (on est en plein centre d’une ville de 4 millions d’habitants), le va-et-vient des dizaines des milliers de gens et surtout, la composition hétéroclite de ces auditoires monstres au milieu d’un campement permanent qui ressemble par moments à une vraie Tour de Babel.

Toutes ces vertus de la « Démocratie directe » expérimentée jour après jour à Syntagma, ne doivent pas nous faire oublier ses faiblesses, ses ambiguïtés ou ses tares comme p.ex. son allergie initiale à tout ce qui a trait aux partis, aux syndicats ou a toute collectivité établie. Si c’est indiscutable que cette aversion pour les « partis » est dominante dans les foules des Indignés grecs qui ont tendance à rejeter l’ensemble du monde politique sans distinction, il faut quand même noter l’évolution spectaculaire de l’Assemblée Populaire, tant à Athènes qu’à Salonique, qui est passé du rejet des syndicats à l’invitation de faire aboutir leurs manifestations à Syntagma afin que leurs travailleurs rejoignent les Indignés…

Evidemment, ce n’est pas un secret que, le temps passant, il y a eu une clarification du paysage politique de la Place de Syntagma, la droite et l’extrême droite populaire étant représentée parmi la foule en haut de la Place, juste devant le Parlement, et la gauche radicale et anarchisante occupant la Place elle-même et contrôlant l’Assemblée populaire et le campement permanent. Sans aucun doute, bien que cette gauche radicale donne le ton et laisse son empreinte sur toutes les activités et manifestations à Syntagma, les colorant d’un rouge profond, on ne peut pas conclure que les diverses nuances de la droite populiste, patriotarde, raciste ou même carrément néo-nazi vont cesser leurs tentatives d’influencer cet immense mouvement populaire. Elles vont persister et tout dépend, en dernière analyse, de la capacité de l’avant-garde du mouvement de l’enraciner profondément dans les quartiers, les lieux de travail et les écoles tout en le dotant d’objectifs clairs faisant le pont entre ses énormes besoins immédiats et sa rage vengeresse et anti système.

Assez différent de son homologue espagnol par ses dimensions, sa composition sociale, sa radicalité et son hétérogénéité politique, le Syntagma grec partage avec la Place Tahrir du Caire ou la Puerta del Sol de Madrid la même haine pour l’élite politique et économique qui accapare et vide de tout contenu la Démocratie parlementaire bourgeoise aux temps du néolibéralisme le plus arrogant et inhumain. En même temps, il est traversé par le même désir participatif, démocratique et non violent qui marque profondément toute révolte populaire en ce début du XXIème siècle.

Notre conclusion ne peut être que très provisoire : indépendamment de la suite des événements, qui s’annoncent déjà cataclysmiques, le mouvement actuel des Indignés grecs aura marqué un tournant dans l’histoire du pays. Désormais tout est possible et rien ne sera plus comme avant…

notes articles:

|1| Pour en savoir plus voir l’article d’Eric Toussaint, Grèce : Tout un symbole de dette illégitme http://www.cadtm.org/Grece-Tout-un-...

|2| Des économistes, des militants, des académiques et des parlementaires du monde entier ont appuyé un appel pour auditer les dettes publiques de la Grèce. L’appel demande l’établissement d’une Commission publique pour examiner la légalité et la légitimité de ces dettes en vue d’obtenir l’annulation de la partie illégitime et la poursuite des responsables. http://www.cadtm.org/Appel-pour-une...

 

Partager cet article
Repost0
2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 08:24

Je suis passé à l'assemblée de "démocratie réal" de valence (place de la mairie à 19 heures).J'ai lu ce texte publié sur le site du jura libertaire référence libertaire de la région Rhones Alpes ( voir plus). j'ai choisi de publier ce texte mais ce choix c'est un acte solitaire. Critique  et autre avis publiez les dans les commentaires.

 

 

Le 25 mai depuis l’après-midi près de 40’000 genre de néo-Grecs ont rempli la place Syntagma validant ainsi de la pire des manières le mémorandum de la Troïka, les mesures d’austérité et le privilège de  l’exclusivité quand à l’usage de la violence de la part de l’État.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306988401.jpg

Place Syntagma à Athènes, le 26 mai 2011

Hier, des nécrophiles petits-bourgeois, ont pris place là ou il y a tout juste deux semaines l’État attaquait férocement la manifestation de la grève du 11 mai établissant le record de centaines de têtes ensanglantées, et envoyant le manifestant Yannis Kafkas à l’hôpital dans le coma ; quelques jours plus tard, un peu plus loin de Syntagma eut lieu une sans précédente ascension de violence raciste et de cannibalisme social — dans d’autres quartiers déclassés du centre d’Athènes se répétèrent les attaques de flics et de fascistes contre des maisons, magasins d’immigrés ainsi que contre des squats anarchistes,  les dévots des fascistes usèrent comme prétexte l’assassinat de Manolis Kantaris, dans le même temps des groupes de néo-nazis lançaient des pogroms blessant au total des centaines d’immigrés, et poignardèrent sauvagement le Bangladesh Alim Abdul Manan.

Le rassemblement pacifique avait lieu alors que quasiment dans le même temps des compagnons se rassemblaient sur la place Victoria pour résister activement contre la terreur d’État, les ségrégations raciales et la merde d’ossature étatique. En accord avec les normes du pathétique et réformiste mouvement espagnol « Democracia Real YA » et « Geração à rasca » des pacifistes portugais, un nouveau rassemblement apolitique a été appelé par Facebook, en face du Greek Kynovoulio cette fois [Kynovoulio, Doghouse au lieu de Koinovoulio, le Parlement — un jeu de mots intraduisible]. La présence symbolique de flics en face du monument du soldat inconnu ne doit pas nous tromper. Ce n’était pas seulement la police anti-émeute qui défendait les symboles du pouvoir mais surtout le grand nombre des « citoyens indignés » qui ont pleinement déclaré allégeance aux patrons et à l’État.

Le pacifisme compulsif d’un pseudo mouvement de résistance était, est et sera une version supplémentaire de la violence d’État. Où qu’ils soient les partisans du régime parlementaire proposent d’étendre le pacifisme pour manipuler les foules et canaliser la rage des peuples sur les voies du réformisme dans le système existant sans le renverser. Après tout c’est justement des manifestants pacifistes et démocratiques que demandent l’État et le capital.

Ces premiers rassemblements que se soit sur la place Syntagma à Athènes ou sur les autres points centraux des autres villes de Grèce sont des informels votes de confiance à un système pourri dans son fondement. Nous voyons au niveau européen que de tels mouvements fonctionnent comme des soupapes contre la guerre sociale et de classe. Ce que la matraque d’un flic et le couteau d’un facho ne peuvent pas atteindre, l’est par la propagande de « facebookeurs » apolitiques et réformistes.

Le mouvement antagoniste et les dissidents radicaux doivent [mesurer] la nature réactionnaire et contre-révolutionnaire de ces contrefaçons des révoltes du monde arabe. Une des caractéristiques fondamentales du capitalisme est son pouvoir à transformer et absorber les voix de ceux qui le défient. En désignant par des mots tels que rage, révolte, révolution, le système et ses supporters  espérant ainsi rabaisser le mouvement de libération social et le détourner sur des voies incolores pour eux-mêmes.

Les avertissements donnés par les madrilènes aux campeurs de Syntagma tel que « pas d’attaques émeutières » ont été entendus par énormément de gens. La presse du régime reproduit, invente et orne les arguments pacifistes, les vendant comme le seul espoir de perspective.

Tant que nous n’agissons pas pour prendre les moyens de production, abolir la propriété, qu’une rébellion multiraciale qui mette en place des structures mutuelles et auto-gérés, qu’au lieu de ça nous abandonnons nos drapeaux et nos armes à Syntagma [également Constitution] ou n’importe où en chantant l’hymne national ; tant que nous restons dans une ambiance joyeuse avec des guitares et des chansons sirupeuses plutôt que de prendre une pierre, nous restons les esclaves des patrons.

 

Grèce : Appel urgent à la solidarité internationale

Compagnons,

Le but de ce message est de vous informer brièvement de ce qui se passe ces derniers jours en Grèce et de lancer un appel international de solidarité à tous les anarchistes à travers le monde. La Grèce est sur un tournant critique, et de nombreux changements critiques ont lieu tant dans la société que dans l’économie et la politique. La désintégration et la dissolution du modèle dominant — jusque récemment — de pouvoir et d’exploitation est plus qu’évidente et définie ce qui est communément appelé « crise ». Ce que nous vivons maintenant est la faillite totale d’un système incapable d’assurer plus longtemps un consensus social. Ainsi s’engage une attaque frontale, inconditionnelle et sans prétexte.

Initialement, au début de cette condition qui a été appelée « crise », l’attaque s’est produite en termes matériels.  Avec la dévaluation du travail, la réduction horizontale des salaires, la « flexibilité » du travail, l’institutionnalisation de la précarité, l’augmentation du prix des produits de consommation et de la facturation des services publics, l’augmentation des impôts et la réduction des aides sociales. Dans le même temps, la vente de la richesse publique à des particuliers, la présence policière généralisée dans les rues, les ventes aux enchères, la hausse du chômage ont commencé…

À cela s’ajoute le déclenchement d’une attaque de propagande sans précédent. Les médias de masse contrôlés par l’État et le capital se déchaînent à un rythme effarant catastrophique, publiant des scénarios de désastres et faisant des grandes révélations comme « Si la Troïka n’approuve pas le prochain versement du prêt, nous allons tomber en morceaux… » Avec tout cela, le mécanisme de communication du pouvoir gère à brouiller en permanence les pistes et maintenir une situation de terreur, assurant finalement la paralysie de la société.

Cependant, la résistance n’a jamais cessé pour une partie de la société grecque et le prolétariat. Les déclarations sporadiques de grèves générales sont entourées d’une façon ou de l’autre par des personnes qui résistent activement et expriment leur volonté de se battre contre ces conditions imposées par l’État et le capital.

Une nouvelle fois à Athènes lors de la grève générale du 11 mai, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé et exprimé leur opposition aux nouvelles mesures antisociales du gouvernement grec qui s’abattent sur les travailleurs et la majorité de la population. Pendant cette manifestation après qu’une grosse partie du cortège a passé le parlement et approchait de la fin, les flics attaquèrent vicieusement les blocs les plus radicaux — anarchistes et antiautoritaires, assemblées de quartier, bases syndicales, gauche extra-parlementaire — sans qu’il n’y a eu de provocation. Ils les frappaient avec une sauvagerie sans précédent et tiraient des centaines de lacrymos, jusqu’à ce que les blocs soient dispersés. Plus de cent personnes ont été hospitalisées, et certaines opérées.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306988185.jpg

Le camarade Yannis a été le manifestant dont l’état de santé est actuellement le plus critique. Ayant subi une attaque meurtrière par les flics qui lui a causé de graves blessures à la tête, il dut être transféré à l’hôpital dans un état ante mortem — selon le rapport médical délivré plus tard. Après le constat de l’ampleur de l’hémorragie interne par les médecins, il dut subir  aussitôt une intervention chirurgicale ; il est depuis intubé en Clinique de soins intensifs. Sa situation reste critique mais stable, sans pour autant être tiré d’affaire.

Il est évident que ces attaques meurtrières contre les grévistes, ce mercredi 11 mai, avaient pour seul objectif, d’intimider le peuple et tous ceux qui résistent aux attaques du pouvoir étatique et capitaliste. C’était un acte exemplaire pour l’assujettissement de la population, semblant leur délivrer le message : restez à la maison, tranquilles et disciplinés.

Dans le cadre de la même procédure la souveraineté « emploie » de plus en plus l’extrême-droite qui est une « ramification » de l’État. La flambée récente de violences racistes dans tout le pays, a atteint son apogée la semaine dernière. Instrumentalisant le meurtre de sang-froid d’un résident d’Athènes pour une histoire de vol, faisant les immigrés une cible, un pogrom sans précédent contre les immigrés a été déclenché. Des groupes de fascistes issus d’organisations ou autonomes, des racistes, et des personnes d’extrême-droite, ont saisi l’opportunité pour se réunir tous les soirs et attaquer des immigrés, en blessant plusieurs, et la mort d’un immigré économique semble leur incomber. Dans le même temps, les néo-nazis, assistés de la police, attaquent les squats du centre-ville et nous mettent dans une situation où nous devons nous défendre contre la barbarie policière et la brutalité des fascistes mettant nos vies en danger.

La gravité de la situation est évidente. Au moment où la société se fait attaquer sans précédent en termes matériels, les parties politiques de la société les plus radicales — le milieu anarchiste étant le plus principal — sont ciblés par les fascistes et la police — et cette fois-ci littéralement si on prend en compte de la rage meurtrière des attaques.

C’est pour cela que nous lançons de toute urgence un appel international de solidarité !

La solidarité a toujours été une des valeurs caractéristiques de l’anarchie. Nous avons toujours compté sur la solidarité pour soutenir nos luttes, combattre l’isolement et la retraite dans la vie privée, encouragés par le pouvoir étatique, ainsi que l’individualisme et le démantèlement de la notion de collectif que le capitalisme promeut.

Maintenant que la société grecque et le prolétariat souffrent d’une détérioration sans pareil de ses conditions de vie, maintenant que les anarchistes sont sous une telle oppression qui prend actuellement des dimensions de tentative de meurtres, maintenant que le milieu politique anarchiste est sous la menace de la violence de l’État et des fachos, nous avons besoin de voir nos compagnons, tout autour du monde, appeler à des actions de solidarité pour notre lutte ; d’organiser des événements, des manifestations, des marches, de protester, par des textes, en parole et en acte, par tout ce que les compagnons jugent le plus approprié. Toutes les expressions de solidarité révolutionnaire, que les anarchistes connaissent et veulent démontrer, vitaliseront nos esprits et renforceront nos luttes.

Salutations fraternelles,

Groupe des communistes libertaires d’Athènes
Eutopia (journal), 28 mai 2011.

 

 

 

Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes ! 1er juin 2011.

Partager cet article
Repost0
31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 11:38

DLM noir

 

FORCES ET LIMITES DE LA MANIFESTATION

De la Tunisie à l’Égypte, du Yémen à la Syrie, de l’Iran à Londres ; de la France des retraites au Wisconsin américain ; de l’Espagne à la Croatie, du Burkina Faso à l’Irlande, la petite année qui vient de s’écouler a vu la répétition du même type d’action de masse : des manifestations regroupant souvent un nombre imposant de protestataires et dont la répétition, parfois jusqu’à plus d’un mois, n’épuise pas la détermination. La répression par les autorités en place, dont la gestion du système est contestée en gros et/ou en détail, ne change guère ni la détermination (la Tunisie et l’Égypte en furent des exemples et la Syrie et le Yémen en sont d’autres), ni les objectifs qui sont un changement de politique voire de ceux qui la promeuvent, ni la méthode d’action qui reste l’occupation continue ou répétée d’un espace public (un itinéraire de rues ou une place) par le plus grand nombre. Dans la plupart des situations que nous venons de citer, la répression, avec tous ses degrés de violence (jusqu’au massacre et aux arrestations massives), n’a pas modifié le caractère « pacifique » du début de l’action des protagonistes qui, devant l’attaque, en sont réduits à se défendre mais, en général, ne passent pas délibérément à l’émeute, voire à l’insurrection, en visant les lieux même du pouvoir. Le caractère commun, quasi universel, d’une revendication qui se veut avant tout politique, traduit une volonté commune d’influer sur les décisions politiques par d’autres canaux que ceux qui sont fixés par les règles juridiques du régime en place. Mais curieusement, dans la plupart de ces actions, on ne trouve pas la formulation d’un système global impliquant d’autres règles. Au contraire, tout se passe comme si les protagonistes comptaient sur d’autres, sur une certaine « élite », pour la mise en place de ce qui pourrait satisfaire les motifs de leur intervention dans cette action collective. Une observation similaire peut être faite quant à l’organisation de telles manifestations. On y trouve un mélange assez paradoxal de suivisme d’organisations existantes légales (dont on connaît le caractère conventionnel inspirant une certaine méfiance) et de volonté distincte qui ne s’exprime pas seulement dans la détermination dont nous avons parlé, mais aussi par des initiatives individuelles ou collectives de tous ordres, en contradiction avec ce suivisme. Sans doute en a-t-il toujours été ainsi mais cette sorte de schizophrénie a été beaucoup plus marquée, quoi qu’avec des différences importantes ; la Tunisie, l’Égypte et le Wisconsin portent cette marque distincte d’initiatives utilisant notamment les moyens de communication modernes. Cependant, dans aucune des situations relevées, cette tendance à l’initiative de base n’a été assez forte pour entraîner la formation d’organismes de base sui generis distincts des organisations conventionnelles, organismes assez écoutés et assez nombreux pour pouvoir, par leur fédération et leurs débats, sortir l’ensemble de l’ornière politique dans laquelle il s’est finalement enlisé. L’exemple égyptien est aussi emblématique de ce point de vue et vient précisément en contrepoint : l’inexistence d’une telle tendance de base (peut être en partie due à la dure répression du régime en place) a permis à des influences extérieures puissamment organisées (notamment liées aux USA) de se substituer aux organisations conventionnelles trop liées au régime. Dans ce contexte, au cours des mouvements en question, des groupes politiques constitués ou des marginalités activistes ont pu penser jouer un tel rôle organisateur, coordinateur, de discussion et d’intervention pour un dépassement à la fois des buts et des moyens, pour atteindre le but politique initial. D’où, pour parler de ce que nous connaissons le mieux, le mouvement pour les retraites en France, la formation de comités locaux d’action (souvent baptisés interpro) dont les efforts méritoires ne furent guère récompensés, leur rôle étant finalement souvent réduit à celui d’auxiliaire des organisations traditionnelles. Ce qui s’est passé en Espagne le dimanche 15 mai pourrait redonner espoir à de telles tentatives. Des milliers de manifestants (jusqu’à 60 000) se sont rassemblés dans une cinquantaine de villes espagnoles pour manifester, et à Madrid pour occuper jour et nuit une place centrale dont ils furent finalement délogés par la police. Ces manifestations et occupations furent lancées à l’appel d’un collectif ayant pour slogan « Sans travail. Sans boulot. Sans retraite. Sans peur » et qui se donne pour tâche de coordonner les efforts pacifiques pour une « vraie démocratie » en utilisant les moyens de communication qui ont fait leurs preuves dans les manifestations des « pays arabes ». Cette manifestation s’est renouvelée le mercredi 18 mai, beaucoup plus imposante malgré son interdiction et l’intention d’une partie des manifestants de camper sur place. Des manifestations semblables se sont déroulées dans d’autres villes d’Espagne et menacent de faire tache d’huile en Italie. Il est certain que cela peut-être l’amorce d’un mouvement, similaire en apparence à celui des révoltes de pays arabes, mais avec d’autres implications et d’autres perspectives qui ne sont pas clairement apparentes au moment où nous écrivons ces lignes. Peut-on voir dans cette tentative, qui va déjà au-delà de ce qui s’était produit auparavant et ailleurs, le signe d’un dépassement et d’un approfondissement des limites des manifestations généralisées mais séparées dans leurs cadres nationaux, un dépassement polarisant les latences qui ne parvenaient pas à prendre corps ?

Cliquer pour lire la suite du texte

Partager cet article
Repost0
28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 06:42

 


La police est intervenu dans un foyer vide occupé par des tunisiens
"lampedusa"du collectif
de Lampedusa à Paris, déjà expulsés il y a deux semaines du 51 avenue
Bolivar.. Hier jeudi 26 mai, à partir de 19h, une centaine de
flics et gendarmes ont fait le siège de l’immeuble et du quartier. Ils
se sont directement pointés avec les RG et les tenues anti-émeute. La
porte a résisté au premier assaut. Les fameuses « preuves » de présence
depuis une semaine (EDF, assurance, etc.), les proprios et les keufs
n’en avaient strictement rien à foutre depuis leur arrivée, comme
souvent quand il s’agit de squats de Rroms, sans-papiers ou autres
radicaux de service.
La préfecture de police a géré de bout
en bout cette expulsion sans autre procédure que le rapport de force
brut (en notre défaveur, mais patience…). Ça a zoné jusque vers 23h, où
les flics d’abord, puis les escadrons de gendarmes mobiles équipés, ont
repoussé la petite centaine d’individus solidaires de la rue Bichat
jusque vers la rue du Faubourg du Temple.
La police est arrivé au 20 rue Bichat à 15h (métro Goncourt) au prétexte
d'un appel
pour un "cambriolage" (sic).

C'est à cette adresse que depuis près d'une semaine des Tunisiens sans
papiers ont élu domicile suite à l'absence de réponse de la Ville de
Paris à leurs demandes.

Des représentants des propriétaires sont eux arrivés sur les lieux.
Contact est pris avec eux.


L'immeuble appartient à l'aftam, dont l'un des fondateurs est Stéphane Hessel.
http://www.aftam.fr/

Entre 1968 et aujourd'hui, l'AFTAM a quand même une longue histoire, et
notamment il y a eu plusieurs grèves dures et longues de foyer dans les
années 70 et dans les années 80. Pour mémoire, pour les vieux, Nouvelle
France, c'était un foyer géré par l'AFTAM... Bref, les infos sur
l'AFTAM montrent plutôt une méconnaissance assez totale des soutiens à
propos de l'histoire de la lutte des immigrés sur la région prarisienne.

Retour sur les luttes dans les Foyers dont ceux gérés par l'AFTAM

La France de la prospérité prenait conscience qu’elle était toujours celle des bidonvilles, et la France des révoltes, celle de l’après 68, allait découvrir les luttes des travailleurs immigrés, et singulièrement des Africains venus du Mali et du Sénégal. les résidents africains du foyer de travailleurs de la rue Pinel à Saint Denis, avait cessé de payer leurs loyers pour protester contre la vétusté et l’exiguïté du bâtiment [2]. Cette première lutte en région parisienne allait être suivie de beaucoup d’autres, égrenant les noms des foyers et les sigles des logeurs comme autant de champs de bataille : Riquet, Sedaine, Charonne, Bisson, Drancy, Aubervilliers, Montreuil, etc.... AFTAM, ADEF, ASSOTRAF, SOUNDIATA et bien sur la SONACOTRA, qui devait, dans la deuxième partie des années 70, connaître une grève des loyers de très grande ampleur.Mamadou et ses amis avaient su mobiliser les habitants du foyer, aînés et cadets, marabouts, griots et forgerons, et des personnes extérieures, des curés aux gauchistes, et ils avaient fini par obtenir satisfaction : le foyer avait été agrandi. Le petit groupe de militants s’était étoffé, lançant en avril 1972 un bulletin ronéoté, frappé d’une silhouette de l’Afrique, nerveusement serrée en forme de poing dressé, que j’avais jeté un soir au feutre sur le bord d’une feuille de papier Canson. Le bulletin s’appelait « Révolution Afrique ». Ce groupe était lié à une organisation française, nommée « Révolution ! » [3], dont la majorité des militants venait de quitter la Ligue communiste (l’actuelle LCR) et qui annonçait à l’époque sur son journal « Ce monde inquiet sent la poudre ! ».

initiés par des résidants proches des milieux d'extrême gauche ­ notamment maoïstes ­, lesquels se sont emparés, depuis mai 1968, du thème du logement des immigrés, qu'ils érigent en scandale. Ils trouvent alors dans les immigrés des « sujets révolutionnaires de substitution » (Sommier, 1998, p. 131). De fait, les foyers ­ dans lesquels vivent 10,4 % des Maghrébins « isolés », mais surtout plus de 50 % des Africains subsahariens[10] À Paris et en proche banlieue, 74 % des Africains subsahariens...
 ­ constituent le lieu de prédilection pour l'expression d'un mouvement revendicatif, notamment en région parisienne. Cependant, à ce stade, les militants ne réussissent pas à connecter l'ensemble des sites de mobilisation, les résidants en grève ne parvenant ni à adopter une stratégie collective, ni à se donner des porte-parole qui puissent les représenter, a fortiori au niveau national[11] [11] Un « Front de mobilisation des travailleurs africains...


7 Ce n'est qu'à partir de l'été 1974 que le mouvement de cessation de paiement, jusqu'alors circonscrit et marginal, tend progressivement à se « dé-localiser », en touchant de plus en plus de foyers Sonacotra (graphique no 1). Ces derniers forment la moitié du parc des FTM en 1973, soit près de 50 000 lits répartis dans 260 établissements[12] [12] Sources : Sonacotra (1974) et ministère du Travail (annuaire,...
. Si la Sonacotra est épargnée dans un premier temps par les mouvements de « grève de loyers », c'est en partie parce que ses résidants y sont dans l'ensemble plus qualifiés que ceux des autres foyers et que, disposant de revenus plus élevés, ils consentent un taux d'effort plus important[13] [13] Quand les trois quarts des Maghrébins acceptent de consacrer.... Mais c'est aussi parce que ses foyers sont généralement moins accessibles aux militants extérieurs, en raison notamment du mode de gestion particulier et de la surveillance systématique dont ils font l'objet (Sayad, 1980a ; Ginesy-Galano, 1984 ; Hmed, 2006b). L'augmentation brutale du niveau des redevances au cours de l'année 1974[14] [14] Les redevances augmentent de 9 % en février et de 5,5 %...
l'accélération du rythme des augmentations ainsi que le succès (médiatisé) des mobilisations locales[15] [15] La recherche (militante) très documentée de T.  Allal...
contribuent toutefois à rendre les résidants plus réceptifs au travail de mobilisation amorcé dans les foyers par des entrepreneurs politiques qui vont édifier une véritable organisation.

LES LOGIQUES DE L'ÉMERGENCE ORGANISATIONNELLE

8 Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les cessations collectives de paiement ne représentent pas un mode d'action qui va de soi pour les résidants. Certes, faire la « grève des loyers » revient à s'abstenir de payer une redevance locative et ce faisant à amortir, au niveau individuel, les effets de la crise économique. En ce sens, elle est une incitation sélective positive dans la mesure où elle constitue à la fois, à l'instar du squat (Péchu, 2006), un mode d'action et l'objet même de la revendication. Mais cet acte est également coûteux dans la mesure où il constitue un manquement grave aux règles du foyer, lesquelles sont particulièrement strictes et appliquées de façon autoritaire par les directeurs d'établissements. Refuser de payer son loyer peut signifier l'expulsion du foyer, quand ce n'est pas celle du territoire[16] [16] En ce sens, le cas du foyer d'Aulnay-sous-Bois où la direction...
. Dès lors que le lien entre le logement et le travail est coextensif à la condition d'immigré (Sayad, 1980a ; 1980b), on entrevoit les risques attribués par les résidants des foyers à toute action de résistance collective, forme de remise en cause du « loyalisme » (Spire, 2005) qu'ils doivent manifester à l'égard d'une institution d'État. C'est pourquoi, afin d'endiguer la crainte de l'expulsion chez les résidants, les militants chargés de le divulguer doivent, comme on le verra, assortir ce mode d'action d'importantes incitations négatives, autrement dit de sanctions à l'égard des non-grévistes.

9 De ce point de vue, l'originalité de la « grève des loyers » dans les foyers Sonacotra réside en partie dans le fait qu'elle s'est dotée d'une organisation de mouvement social relativement durable. Rétrospectivement, celle-ci s'est montrée capable, en tant que « structure établie d'incitations solidaires » (McAdam, 1999, p. 45), de produire et de gérer ces deux types d'incitations, positives et négatives[17] [17] L'accent est trop souvent mis, dans la sociologie de l'action...
. Le « Comité de coordination des foyers Sonacotra en grève » (CCFSG) est fondé en septembre 1975 et regroupe 27 foyers de la région parisienne (plus de 130 en juillet 1978, date à laquelle il change de nom pour devenir le « Comité de coordination des foyers en lutte »), avant de se dissoudre en 1981[18] [18] La date de dissolution fait problème. D'après certains...
s. L'organisation, au départ informelle puis progressivement hiérarchisée, se structure autour d'une dizaine de militants actifs issus pour la plupart de courants maoïstes. Leur objectif est de ne pas cantonner l'action collective à la seule interruption des redevances mensuelles de « participation aux frais de gestion » (comme les nomment les services de la Sonacotra), bien que celle-ci constitue incontestablement la partie la plus visible et la plus médiatisée du mouvement. Outre que le refus de paiement passe souvent par des « autoréductions », il est accompagné de différents modes d'action au cours de la lutte, dans la détermination desquels nous analysons plus loin le rôle différencié joué par les entrepreneurs et les « soutiens externes ». Le CCFSG organise principalement des manifestations (cinq au total entre avril 1976 et décembre 1979) et des meetings publics qui se déroulent à la Mutualité (trois sont organisés de février 1976 à avril 1977). Mais on ne saurait oublier les marches silencieuses (celle du 25 juin 1979 notamment), les occupations de lieux publics (comme le « campement » géant organisé à la suite de l'expulsion par la Sonacotra de tout un foyer de Garges-lès-Gonesse en juin 1979), les conférences de presse, la contre-expertise et les pétitions (dont certaines sont adressées au Secrétaire d'État aux travailleurs immigrés).

10 Par la visibilité et la relative incongruité des modes d'action utilisés par ces étrangers, on comprend alors que l'histoire de la « grève des loyers » dans les foyers Sonacotra tende à se confondre avec celle du CCFSG et contribue, de ce fait, à exclure de l'histoire officielle du mouvement les organisations concurrentes initiées par des syndicats (comme la CGT) ou des partis politiques (tel le PCF). Il est vrai que les actions initiées par ces derniers dans le cadre du conflit des foyers suivent davantage les voies de la « contestation maîtrisée », alors que celles organisées par les premières sont plus « transgressives » (McAdam et al., 2001 : p. 7-8)[19] [19] Les actions organisées par les militants CGT et PCF tout.... C'est sans aucun doute ce caractère transgressif qui permet d'expliquer la difficulté qu'ont eue les acteurs du CCFSG à peser sur les stratégies de la Sonacotra et du gouvernement. Si une grande partie des militants rencontrés sont aujourd'hui amers, en dépit du « désordre » que la « grève des loyers » a provoqué ­ les pertes financières, par exemple, s'élèvent de 1975 à 1979 à plus de 100 millions de francs pour la Sonacotra[20] [20] Document interne de la Direction générale, 23 juillet...
c'est en raison de l'incapacité de ce mouvement à faire advenir un nouvel acteur collectif dans le champ politique. Outre le fait que les principales revendications du CCFSG ne seront pas satisfaites ­ le statut de locataire n'a pas été accordé, l'organisation elle-même n'ayant jamais été reconnue officiellement par la Sonacotra ni par le gouvernement ­, la démobilisation rapide des résidants à partir de la fin de 1979 et l'arrivée de la gauche au pouvoir, qui ne donne pas dans les faits suite au dossier, finit de convaincre certains militants qu'ils ont mené une lutte « inutile ».



 

    
Partager cet article
Repost0
26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 09:22

on en profite de signaler à nouveau le rassemblement , discussion, table de presse: samedi 28 mai à 11h place Manouchian

pour comme on dit dans le tract d'appel plusieurs points

-NUCLEAIRE ( fukushimala suite à venir le cauchemear continue)

-sans papirers( avec la présence des membres du collectif ( ministère de la régularisation  de tous les sans papiers

-collectif solidarité prisonnier voir (communiqué du collectif suite à l'incendiesurvenue à la MA de Valence).

- collectif chomeuse chômeur et  précaire sans honte( avec leur dernier tract : "touche pas à nos allocs")

- solidarité aux révoltés ibérique

Des parlementaires de tous bords ont rendu public mercredi, à l’Assemblée nationale, un rapport d’audit mené pendant près d’un an sur la politique d’immigration de la France pour «éclairer l’approche des phénomènes migratoires».

--> Lire le rapport, ici :http://issuu.com/smazetier/docs/rapport_de_l_audit_de_la_politique_d_immigration__?viewMode=magazine&mode=embed

Si aucune recommandation conjointe n’émerge de cet audit conduit auprès de 35 chercheurs et experts, les parlementaires (députés, sénateurs et représentants français au Parlement européen) à l’origine de la démarche entendent bien «peser» sur le sujet ou «interpeller» leurs formations respectives.

Ainsi, Sandrine Mazetier (PS) a indiqué qu’elle «interpellera les candidats à la primaire socialiste» sur la politique d’immigration qu’ils entendent mener.

Etienne Pinte (UMP), opposant notoire à la politique du gouvernement dans ce domaine, a regretté qu’«aujourd’hui on alimente les peurs, alors qu’il faut faire appel à l’intelligence de nos concitoyens».

Il a assuré qu’il «ne déserterait jamais sa famille comme Eric Besson (ex-PS) l’a fait avec la sienne» mais qu’il entendait «peser» sur elle, citant en exemple l’abandon par la majorité de la déchéance d’extension de nationalité dans le projet de loi sur l’immigration.

Le rapport apporte un éclairage sur des aspects souvent peu ou mal connus du grand public. Ainsi, le fait que les migrants subsahariens ont en moyenne un niveau d’instruction supérieur aux personnes vivant en France métropolitaine (40% d’entre eux sont diplômés du supérieur) ou encore, que le taux d’activité entre les étrangers de 30 à 49 ans et les Français du même âge est sensiblement identique.

L’universitaire Lionel Ragot a souligné que si la France optait pour une «immigration zéro» ce n’est pas 3% mais 5% du PIB supplémentaire qu’il faudra trouver à l’horizon 2050 pour financer la protection sociale.

Martine Billard (Parti de Gauche) a fait état d’une autre étude selon laquelle si les immigrés «coûtent» annuellement 47,9 milliards d’euros en dépenses de protection sociale, il rapportent 60,3 milliards en cotisations, soit un solde largement positif.

Tous les parlementaires présents ont regretté les fins de non-recevoir des responsables institutionnels sollicités et que ce rapport d’audit n’ait pu se faire dans un strict cadre parlementaire (le rapport ayant été financé par eux-mêmes).
(Source AFP)

Partager cet article
Repost0
26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 06:52
sqi la CGT sait faire c'est communiqué. Sur une grève future  dans le secteur BTP,  peut être est ce lié au fait de l'offensive de la CFDT auprès des intérimaires du nucléaire.
Pour aider nos collégues de classe.En Pologne les compagnons de L'AIT méne un combat contre les boites intérim qui vendent à l'étranger des bras et des cerveaux ( pour le cas  les hommes en définitives) , tout ceci avec un racket sur les salaires. On reviendra sur cette information plus tard

 

Communiqué sur la grève imminente des ouvriers polonais à Flamanville

Depuis 3 ans 350 ouvriers polonais travaillent sur le chantier EPR de Bouygues à Flamanville. Ils ont été embauchés par ATLANCO, une société d’intérim immatriculée à Chypre dans des conditions d’illégalité totale :
Absence de contrat de travail, d’assurance maladie, non déclaration des accidents de travail, prime de fin de mission et congés payées inexistants, et même licenciement express par SMS quand ATLANCO le veut !

De plus, ATLANCO leur prélève 500 Euros par mois et par personne sur leur salaire pour des cotisations sociale prétendument versés à Chypre dont ils ne verront jamais la couleur et surtout, 300 Euros pour soit disant verser à l’Etat français les impôts sur le revenu des travailleurs !
Les Polonais ne savaient pas que les impôts n’étaient pas prélevés en France à la source. Quand ils l’ont appris, ils se sont révoltés.
Ils réclament le respect du droit du travail et qu’ATLANCO leur rende les sommes volés sur leur salaires. La CGT intérim et la CGT de la Manche les soutient.

ATLANCO répond par des menaces et des pressions : menaces de vigiles, licenciements par SMS des plus fragiles ne parlant pas français et même coup de fils d’intimidation aux familles restées en Pologne !

Les ouvriers polonais sont prêts à la grève. En lutte contre l’esclavage moderne nous devons les soutenir. Relayez l’information !

Monika Karbowska Pour information mkarbowska[at]free[punkt]fr ou 00 48 518 37 84 67

DIMANCHE 22 MAI 2011

Depuis plusieurs semaines les salariés polonais de l’entreprise ATLANCO sous traitant de l’entreprise Bouygues exerçant sur le chantier EPR de FLAMANVILLE demandent des explications sur les prélèvements effectuées sur leur salaire au titre de la protection sociale et des retenues à la source de montants d’impôts.

Ainsi ils ne bénéficient pas de couverture sociale en France malgré ces prélèvements, les retenues vont directement à CHYPRE siège social de l’entreprise prétendument « polonaise »

Contrairement à l’application de la loi et des conventions collectives ils ne bénéficient que partiellement aux droits conventionnels dus comme les primes de précarité, congés payés….

Les explications données à ce jour par leur direction ne correspondent pas à la réalité. Notamment, ou va réellement l’argent qu’on leur prélève ? Est-il reversé en Pologne pour qu’ils puissent bénéficier de leurs droits de retour au pays ?

Samedi 21 janvier réunis en assemblée générale à Cherbourg, ils ont décidé d’interpeller à nouveau leur entreprise, la direction de Bouygues, le maitre d’ouvrage EDF, pour qu’une véritable négociation s’engage dans la semaine. Une pétition largement signée l’exige.

Une rencontre aura lieu dans la semaine auprès des services fiscaux pour faire valoir leurs droits.

Malgré les pressions, les menaces ils sont déterminés à aboutir, à employer les moyens nécessaires pour cela. Comme exercer le droit de grève une nouvelle fois.

Pour la CGT ces situations sont intolérables. Ces salariés sont traités en France comme en Europe comme des personnes SANS DROITS. Ils méritent mieux que ces traitements effectués par des entreprises mafieuses qui fournissent pour de grands groupes du BTP de la main d’œuvre qualifiée au moindre coût et utilisent les paradis fiscaux pour s’enrichir toujours plus.

Les salariés polonais de Flamanville démontrent par leur action que la page de l’exploitation sans frein se tourne et qu’ils entendent bien faire reconnaitre leurs droits.

Union Départementale CGT de la Manche
U.D.CGT.50@wanadoo.fr

Partager cet article
Repost0
25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 03:16
Si ce n'est pas vous faire peur, ça y ressemble peut être!!!
Eléments pour alimenter notre réflexion sans le tuteur( prêt à penser ) des partis politique".Maximilien Rubel réunifie dans l’éthique du comportement révolutionnaire: elle vise à articuler l’utopie de la fin, commune aux anarchistes et aux marxistes, à l’utopie des moyens. A quel endroit de la division du travail se situe le point de jonction entre le politique et l’économique et quelles sont les conditions qui permettraient de mettre fin à la séparation ? L’ambiguïté de la pensée de Marx vient précisément de cette double interrogation, selon que l’accent porte sur la fin ou sur les moyens. Marx, d’une part, observe avec une objectivité quasi scientifique les conditions matérielles de la production et, d’autre part, il les rapporte au degré d’«organisation de tous les éléments révolutionnaires comme classe» pour en mesurer la «capacité» au sens proudhonien du terme.

Marx, dit Rubel, «a mené de front l’investigation scientifique et la postulation libertaire». Mais il est juste de dire que la science prend parfois chez Marx la place du normatif, et que là où l’on distingue un insidieux écart entre les deux, là se sont logés le marxisme et un matérialisme métaphysique représenté par la théorie de la pensée-reflet qui dissout la réalité de toutes les formes de conscience sociale en idéologie pure. Seuls les phénomènes d’ordre économique sont alors crédités d’un coefficient de réalité sociale. Or, ce que Marx a en vue, ce sont les effets de l’existence sociale sur la conscience, la manière dont les rapports de domination et de servitude, directement issus de la production sociale elle-même, réagissent à leur tour de façon déterminante sur cette dernière. «La conscience peut paraître parfois en avance sur les conditions empiriques de l’époque12 », «c’est faire preuve de grossièreté et d’inintelligence que d’établir des rapports fortuits entre des phénomènes qui constituent un tout organique, que de les lier simplement comme un objet à son reflet13 ». Le principe matérialiste de Marx s’efforce d’apporter une réponse au problème de l’interaction des phénomènes économiques, sociaux, politiques et culturels.

Comme théorie largement codifiée par Engels et revue à la lumière de l’étatisme de Lassalle, le marxisme devint la pensée unique de la bureaucratie ouvrière. Après avoir transformé la théorie de l’auto-émancipation en utopie sans prise et sans effet sur le présent, elle disposera d’une conception de l’histoire conforme à ses intérêts et nécessaire pour légitimer son pouvoir sur la classe ouvrière. La «transition» dont hériteront les bolcheviks et les épigones était déjà un concept clef de la social-démocratie qui pouvait ainsi toujours rejeter vers le futur ce qu’elle ne voulait pas faire le jour même, et qu’elle finira même par renier.

Ainsi aura été en quelque sorte mis en œuvre ce que Lénine, à la suite de Karl Kautsky, revendiquait pour les intellectuels : apporter de l’extérieur la conscience au mouvement ouvrier. Mais on peut accorder à Marx que cette conscience n’était pas celle qu’il avait en tête quand, pour condenser en une formule ce qui caractérisait l’esprit de l’Internationale, il avait repris la phrase de Flora Tristan, mais épurée de toute l’ambiguïté messianique dont elle avait chargé son message: «L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.»

Friedrich Engels tirera de l’œuvre de Marx une leçon contraire quand il prononcera le discours sur la tombe de son ami, lequel, dit-il, «fut le premier à avoir donné [au prolétariat moderne] la conscience des conditions de sa libération14 ». Paroles dictées par l’émotion, certes, mais qui traduisent bien un nouveau degré dans la cristallisation du culte. C’est en faisant ainsi dépendre du seul Marx la dialectique de l’évolution historique, et en opérant un retour au néo-hégélianisme qu’il avait lui-même critiqué avec son ami dans l’Idéologie allemande, qu’Engels a ouvert la voie au marxisme, cette théorie du «socialisme des intellectuels» — conclusion qui, au terme d’un siècle d’expérience, sera celle de J. W. Makhaïski, anarchiste polonais inclassable15 ."Après cette longue citation d''un texte de louis Janover,nous publions cette étude tiré de la publication GEABN°55

 
Depuis près d'un an, LEAP/E2020 a identifié le second semestre 2011 comme un nouveau moment décisif dans l'évolution de la crise systémique globale. A l'image de notre anticipation de Février 2008 qui avait anticipé pour Septembre 2008 un choc majeur affectant l'économie américaine, notre équipe confirme dans ce GEAB N°55 que toutes les conditions sont désormais réunies pour que le second semestre 2011 soit le théâtre de la fusion explosive des deux tendances fondamentales qui sous-tendent la crise systémique mondiale, à savoir la dislocation géopolitique globale, d'une part, et la crise économique et financière globale, d'autre part.

Depuis plusieurs mois en effet, le monde connaît une succession quasiment ininterrompue de chocs géopolitiques, économiques et financiers qui constituent selon LEAP/E2020 les signes avant-coureurs d'un événement traumatique majeur que nous analysons dans ce numéro du GEAB.

Parallèlement le système international a désormais dépassé le stade de l'affaiblissement structurel pour entrer dans une phase de délabrement complet où les anciennes alliances se délitent tandis que de nouvelles communautés d'intérêt émergent très rapidement.

Enfin, tout espoir de reprise économique mondiale significative et durable s'est dorénavant évanoui (1) tandis que l'endettement du pilier occidental, en particulier des Etats-Unis, atteint un seuil critique sans équivalent dans l'Histoire moderne (2).


Evolution comparée des parts du PNB mondial des Etats-Unis et de la Chine (2001-2016) (en parité de pouvoir d'achat) - Source : FMI / MarketWatch, 04/2011
Evolution comparée des parts du PNB mondial des Etats-Unis et de la Chine (2001-2016) (en parité de pouvoir d'achat) - Source : FMI / MarketWatch, 04/2011
Le catalyseur de cette fusion explosive sera bien évidemment le système monétaire international, ou plutôt le chaos monétaire international qui s'est encore aggravé depuis la catastrophe qui a frappé le Japon en Mars dernier et devant l'incapacité des Etats-Unis à faire face à l'exigence de réduction immédiate et significative de ses immenses déficits.

La fin du Quantitative Easing 2, symbole et facteur de la fusion explosive en préparation, représente la fin d'une époque, celle où le « Dollar US était la devise des Etats-Unis et le problème du reste du monde » : à partir de Juillet 2011, le Dollar US devient ouvertement la principale menace pesant sur le reste du monde et le problème crucial des Etats-Unis (3).

L'été 2011 va confirmer que la Réserve fédérale US a perdu son pari : l'économie US n'est en fait jamais sortie de la « Très Grande Dépression » (4) où elle est entrée en 2008 malgré les milliers de milliards de Dollars injectés (5), comme le sait d'ailleurs l'immense majorité des Américains (6). Sans pouvoir lancer un QE3 (même officieusement, via ses Primary Dealers, comme elle le faisait de facto avant que le monde ne s'intéresse de trop près au marché des Bons du Trésor US), la Fed va donc contempler impuissante la remontée des taux d'intérêts, l'explosion du coût des déficits publics US, la plongée dans une récession économique aggravée, l'effondrement du cours des bourses et un comportement erratique du Dollar US, évoluant à court terme en dents de scie, au gré des influences de ces différents phénomènes, avant de lâcher brutalement 30% de sa valeur comme nous l'anticipions dans le GEAB N°54 (7).

Parallèlement, Euroland, BRICS et producteurs de matières premières vont rapidement renforcer leurs coopérations tout en lançant une ultime tentative de sauvetage des institutions internationales issues de Bretton Woods et du monde dominé par le tandem US/UK. Ce sera la dernière puisqu'il est illusoire d'imaginer Barack Obama, qui n'a montré aucune envergure internationale jusqu'à présent, faire preuve d'une stature d'homme d'Etat et prendre donc des risques politiques majeurs à un an d'une élection présidentielle.


Evolution de l'index Shiller du prix de vente des maisons existantes aux USA (1890-2011) (en rouge : projection) - Source : R.J. Schiller / Steve Barry / Big Picture / New York Times, 01/2011
Evolution de l'index Shiller du prix de vente des maisons existantes aux USA (1890-2011) (en rouge : projection) - Source : R.J. Schiller / Steve Barry / Big Picture / New York Times, 01/2011

Barrières, protections, embargos à l'exportation, diversification des réserves, frénésie autour des matières premières, inflation en hausse générale, … le monde se prépare à un nouveau choc économique, social et géopolitique
La Chine vient d'annoncer qu'elle interrompt toutes ses exportations de diesel pour tenter de stopper une hausse du prix du carburant qui a provoqué récemment une série de grèves des transporteurs routiers (8). Que les pays asiatiques qui dépendaient de ces exportations chinoises se débrouillent, d'autant que le Japon a agi de même suite aux conséquences de la catastrophe de Mars dernier !

La Russie cesse également d'exporter certains produits pétroliers pour limiter les pénuries et hausses de prix internes (9), arrêt d'exportation qui s'ajoute à celui des céréales décrété il y a déjà plusieurs mois.

Partout dans le monde arabe, l'instabilité continue à prévaloir sur fond de renchérissement des denrées de base (10), tandis que les interrogations sur l'ampleur des réserves et des capacités de production de l'Arabie saoudite reviennent au premier plan (11).

Aux Etats-Unis, le moindre événement climatique sortant de l'ordinaire provoque aussitôt des risques de pénurie du fait de l'absence de « matelas » de sécurité du système d'approvisionnement US, sauf à mettre à contribution les stocks stratégiques (12). Pendant ce temps, la population réduit ses dépenses alimentaires pour pouvoir remplir le réservoir de ses voitures avec un gallon à plus de 4 Dollars (13).

En Europe, la diminution de la couverture sociale et les mesures d'extrême-austérité mises en œuvre au Royaume-Uni, en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Irlande,... font exploser le nombre de pauvres.


Evolution du pourcentage de la population masculine employée au sein des sept principales économies occidentales (1970-2009) - Source : The Economist / OCDE, 04/2011
Evolution du pourcentage de la population masculine employée au sein des sept principales économies occidentales (1970-2009) - Source : The Economist / OCDE, 04/2011
L'Union européenne vient de renforcer plus ou moins subrepticement son arsenal douanier pour résister aux importations venues d'Asie en particulier. D'une part, elle revoit tout son attirail de mesures de préférence douanière pour en éliminer tous les pays émergents, Chine, Inde, Brésil en tête. D'autre part, elle a passé discrètement fin 2010 une mesure facilitant la mise en œuvre de mesures antidumping et de sauvegarde puisque désormais une majorité simple suffira pour approuver une telle proposition de la Commission alors qu'il fallait auparavant une majorité qualifiée souvent difficile à rassembler (14).

Parallèlement, les banques centrales continuent à acheter de l'or (15), à annoncer plus ou moins clairement qu'elles diversifient leurs réserves (16) tandis qu'elles prennent des mesures de plus en plus incohérentes et dangereuses, en augmentant les taux pour contrer l'inflation dans un contexte d'économies fragiles ou en récession, afin de contrer l'afflux de liquidités généré par la politique de la Réserve fédérale US (17). Pour paraphraser le titre de l'article d'Andy Xie, publié dans Caixin du 22/04/2011, « La montée de l'inflation rend fous les banquiers centraux » (18).

Et côté américain, on est en effet dans le surréalisme le plus complet : alors que le pays a atteint des niveaux d'endettement insupportables, les dirigeants de Washington ont fait de cette thématique un enjeu électoraliste, comme l'illustre la question du plafond d'endettement fédéral qui sera atteint dès le 16 Mai (19). Les comparaisons abondent dans la presse américaine et financière internationale avec les années Clinton où un problème du même type s'était posé sans grandes conséquences. Visiblement une partie importante des élites US et financières n'a toujours pas intégré le fait que, à la différence des années 90, les Etats-Unis d'aujourd'hui sont vus comme l' « homme malade de la planète » (20) dont chaque signe de faiblesse ou d'incohérence grave peut déclencher des paniques incontrôlées.

Banquiers centraux en folie, leaders mondiaux sans feuille de route, économies en danger, inflation en hausse, devises en perdition, matières premières frénétiques, endettement occidental incontrôlé, chômage au plus haut, sociétés stressées, … pas de doute, la fusion explosive de tous ces phénomènes sera bien l'évènement marquant du second semestre 2011 !


Exemples d'inflation salariale en Chine (comparaison 2011/2010) - Source : Standard Chartered Bank / Getty, 05/2011
Exemples d'inflation salariale en Chine (comparaison 2011/2010) - Source : Standard Chartered Bank / Getty, 05/2011


---------
Notes:

(1) Le Telegraph du 05/05/2011 dresse ainsi une liste intéressante des 10 raisons qui prouvent que l'économie mondiale est à nouveau en train de plonger.

(2) Le graphique ci-dessous illustre comment, comme nous le recommandons depuis plus de trois ans, le calcul des grands indicateurs économiques hors effet Dollar donne une vision du monde très différente des indicateurs calculés en Dollar. Ainsi, alors que, calculées en Dollar, les estimations de dépassement des Etats-Unis par la Chine donnent des dates vers 2030, 2040 voire 2050, le FMI aboutit à 2016 … soit presque aujourd'hui dès lors qu’elles font abstraction de cet « étalon » qui change de taille tous les jours !

(3) Signe des temps, le Financial Times, pourtant spécialisé dans les « Unes » sur la fin de l'Euro depuis plus de 18 mois, publie en pages intérieures (plus discrètes) un article du 11/05/2011 intitulé « Le Dollar fait face à un danger beaucoup plus grave que l'Euro ». Tandis que The Age et le Wall Street Journal du 23/04/2011 considère que l'économie US est désormais quasiment dans la même situation que celle de la Grèce.

(4) L'illustration la plus flagrante de la poursuite de cette « Très Grande Récession », comme nous l'avons appelée il y a 4 ans, c'est que la crise de l'immobilier est repartie de plus belle. Les prix sont en train de crever à nouveau les « planchers » atteints en 2009, plongeant des dizaines de millions d'Américains dans des situations économiques et financières dramatiques. Même les plus optimistes ne voient pas d'arrêt de la baisse avant 2012. Or, comme nous l'avons déjà expliqué dans de précédents GEAB, l'immobilier c'est le plancher sur lequel s'est bâtie toute l'estimation de la valeur actuelle de l'économie US. La poursuite de l'effondrement des prix de l'immobilier, c'est la poursuite de la dépression économique. Source : MarketWatch, 09/05/2011

(5) La société d'analyse économique Fathom a ainsi calculé que les quatre principales banques centrales mondiales (Fed, BCE, Banque du Japon et Banque d'Angleterre) ont injecté directement 5.000 milliards USD dans l'économie mondiale au cours des années 2008-2010 (cela n'intègre pas les récentes injections massives japonaises post-catastrophe, ni toutes les mesures de garanties en tout genre qui ont accompagné ces mesures). Cela représente près de 10% du PNB mondial avec le résultat que l'on connaît : un endettement public gigantesque, un endettement privé qui n'a pas vraiment diminué et des économies qui progressent à peine ou sont à nouveau en récession. Source : Telegraph, 26/04/2011

(6) 80% des Américains estiment que l'économie va mal. Seul 1% pense qu'elle va très bien (ils doivent travailler à Wall Street). Source : CNNMoney, 09/05/2011

(7) La fin du QE2 signifie que le marché des Bons du Trésor US n'a en fait plus d'acheteurs (puisque la Fed achète l'essentiel des Bons du Trésor émis depuis la fin 2010 (au moins) ; ce qui, au passage, rend complètement surréaliste les articles et analyses actuelles sur le placement des émissions de Bons du Trésor US. C'est l'évidence de l' « illiquidité » effective du marché des Bons du Trésor, alors que son importance même est conditionnée à son statut de marché le plus liquide du monde, qui jouera le rôle de transmission entre QE2 et chute du Dollar, car cette situation entraînera une accélération brutale de la sortie des opérateurs hors du marché des T-Bonds, principal actif libellé en Dollars. Le phénomène provoquera dans un premier temps un besoin accru de Dollars US, puis très vite une offre excessive de Dollars à la vente. C'est le timing de ces deux phénomènes qui va conditionner l'évolution de la devise US par rapport aux autres grandes devises et à l'or au cours du second semestre 2011.

(8) Source : BusinessInsider, 14/05/2011

(9) Source : France24, 28/04/2011

(10) A ce propos, l'information comme quoi le fondateur de l'ex-société de mercenaires BlackWater a été recruté par les Emirats Arabes Unis pour constituer une armée de mercenaires destinée à protéger le pays de toute attaque extérieure ou tumulte interne, illustre l'instabilité croissante des monarchies pétrolières et la fin de la confiance dans la protection américaine. Ceci dit : faire confiance à des mercenaires occidentaux est une grande preuve de naïveté, ou bien de désespoir. Source : New York Times, 14/05/2011

(11) Source : LeMonde, 25/04/2011

(12) Dernier exemple en date, l'actuelle crue historique du Mississipi. Source : Bloomberg, 13/05/2011

(13) Source : NewYorkTimes, 12/05/2011

(14) Source : Sidley, 28/02/2011

(15) Et on les comprend. En effet, quand on entend Timothy Geithner, le ministre américain des Finances, marteler que les Etats-Unis ne tenteront jamais de dévaluer le Dollar pour gagner un avantage commercial, on croit rêver. Tout le monde l'écoute poliment, fait le compte de toutes les autres raisons (dont la dette) pour lesquelles les Etats-Unis sont de facto engagés dans cette dévaluation, et achète donc de l'or, ou diversifie ses réserves hors du Dollar. Ainsi les banques centrales de Russie, du Mexique, de la Thaïlande, … continuent à acheter de l'or. Et Hong-Kong (donc la Chine) lance une attaque directe sur le monopole de Comex Gold Futures en lançant ses propres contrats de Kilo d'or. Sources : MarketWatch, 26/04/2011 ; Bloomberg, 04/05/2011 ; Zerohedge, 08/05/2011

(16) La Chine continue ainsi à se débarrasser en douceur de ses titres US et envisage même pas de diversifier les deux-tiers de ses avoirs libellés en Dollars, soit 2.000 Milliards USD. Sources : CNS, 29/04/2011 ; Zerohedge, 24/04/2011

(17) En effet, malgré les manipulations en tout genre des chiffres du chômage US, Ben Bernanke est bien obligé de constater qu'il faut continuer à soutenir artificiellement l'économie US. Pourtant quoiqu'il dise, avec la fin du QE2 et sans perspective crédible de QE3, l'économie US va se retrouver pour la première fois depuis trois ans sans stimulus majeur comme le confirme Jeffrey Lacker, le patron de la Fed de Richmond. Le second semestre va donc être un test direct de la performance d'une « économie zombie », sans source d'énergie extérieure. Sources : Bloomberg, 05/05/2011 ; MarketWatch, 10/05/2011

(18) En tout cas pas tous, car en Asie les discussions vont bon train pour accroître et renforcer rapidement les fonds et mécanismes communs de soutien pour affronter un nouveau choc comparable à celui de Septembre 2008. Comme l'Euroland, l'Asie se découple de plus en plus du système financier américano-centré de la période pré-2008. Et au-delà des accords financiers, c'est toute la région, sous l'impulsion de la Chine, qui est en train de s'intégrer y compris en terme de réseaux de transport. Sources : AsahiShimbun, 06/05/2011 ; ChinaDaily, 30/04/2011 ; AsahiShimbun, 06/05/2011

(19) Le Trésor américain se prépare d'ailleurs à un blocage sur cette question tandis que cette question semble vouloir être utilisée par les Républicains jusqu'à l'élection de 2012. Nul doute que le système financier mondial aura tranché avant cette date ! Sources : Christian Science Monitor, 10/05/2011 ; WashingtonPost, 27/04/2011

(20) Et ce ne sont pas les mascarades médiatiques du type de l'assassinat de Ben Laden qui vont changer grand-chose à cette situation. En fait l'incroyable cafouillage médiatique qui a entouré cet épisode illustre que, même sur son dernier terrain privilégié, la communication, le grand savoir-faire de Washington, n'est plus que l'ombre de ce qu'elle fut. Le seul résultat durable de l'opération Ben Laden, c'est que les « théories du complot » sont désormais débattues en direct dans les grands médias et que les incohérences des versions officielles de l'histoire sont accusées de les alimenter.


Dimanche 15 Mai 2011


Partager cet article
Repost0
22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 05:52

A Cannes, comme ailleurs pas de salariées
sans droits dans les entreprises !

Elles s’appellent Margarita, Aldina, Marcelina, Luisa, Leinira, Josepha, Isabelle Anabelle… elles travaillent pour Pierre et Vacances à la résidence hôtelière de luxe de Cannes, avenue de l’Amiral Wester-Wemyss.
Elles sont Capverdiennes et leur fiche de paye indique qu’elles sont employées pour faire le nettoyage, alors qu’en fait, elles font tout, des lits à la vaisselle… et sous la pression constante de leurs responsables.
Elles sont a priori déclarées, mais avec un numéro de sécurité sociale très particulier et elles sont payées en dessous du smic.
Comme tant d’autres salariées qui sont les petites mains de ce 64ème festival de Cannes, elles n’en peuvent plus de ces conditions de travail et de salaire qui leur sont imposées notamment parce qu’elles sont « sans papiers ».
Avec la Cgt, elles ont dit stop : trop c’est trop ! Cette vie d’esclave moderne n’est plus possible. Il faut que cela cesse.
Elles ont donc décidé de se mettre en grève pour faire valoir leurs droits et être régularisées.
La direction de Pierre et Vacances doit prendre ses responsabilités, remplir les documents adéquats, faire les contrats de travail correspondant à leur véritable emploi et la Préfecture des Alpes Maritimes régler positivement au plus vite leur situation administrative.
Cannes, le 16 mai 2011.
Pour tout contact : Union locale Cgt, Gérard Ré : 06 61 25 52 68

Partager cet article
Repost0
21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 19:06

 lu sur le blog:Rafles et arrestations dans les ateliers…

Depuis quelques mois, des rafles ont lieu dans les très nombreux ateliers de confection à Aubervilliers comme à La Courneuve. A chaque opération, plusieurs ouvrières, souvent d’origine thaïlandaise, sont interpellées, placées en garde-à-vue puis enfermées dans un centre de rétention en vue de leur expulsion. Le patron lui n’est évidemment jamais inquiété. Cet été, grâce à la mobilisation de nombreuses personnes, l’expulsion de plusieurs ouvrières a été empêchée. Car, le retour forcé de ces femmes dans leur pays, est dangereux pour elles. Ne pouvant plus apporter à leurs familles l’argent qu’elles gagent en France, elles risquent, comme beaucoup d’autres en Thaïlande d’être contraintes à la seule source de revenus possible dans leur pays : la prostitution.

Dans ces ateliers, ces femmes travaillent dans les conditions suivantes : de 8h à 19h, 6 jours par semaine et plusieurs dimanches par mois pour un salaire de 1 100 €, soit un salaire horaire d’environ 4,40€. Il faut savoir en outre que les jours non travaillés étaient déduits de leur paye. Les ouvrières vivent souvent sur place, les patrons leur fournissant généreusement un matelas à poser à même le sol.

Plusieurs de ces ateliers fournissent des vêtements pour les enseignes Cache Cache et Morgan propriété du groupe Beaumanoir, qui a doublé son chiffre d’affaire en 4 ans (passant de 389 à 858 millions d’euros entre 2005 et 2009). Ce groupe, qui est présent dans de nombreux pays dans le monde, se vante de "perspectives de développement extrêmement fortes". Les ouvrières, qui sont payées des miettes, doivent être ravies de le savoir !

Exploitées, traquées, enfermées, la situation de ces femmes est à l’image de celle des millions personnes qui constituent une réserve de chair humaine corvéable à merci, que ce soit dans leur pays d’origine ou quand elles viennent tenter leur chance, ici, en Europe où l’Etat les maintient volontairement sans papiers donc sans droits.

Liberté de circulation et d’installation pour tous et toutes !

[Tract trouvé dans les rues de Paris]

PDF - 82.1 ko
Tract en PDF

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents

Agenda

    dimanche 30 juin

15h à 16 h

accueil de familles de prionnier-e-s

discussion , infos et peites recettes

pour les proches de détenu(E)s...

- aides juridique

-participation à l'émission de radio Mega

du 22 juillet