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  • : Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 09:16

ami lectrices et lecteur du blog  du blog l'émission de radio de cette semaine a été partagé avec le comité de la paix de tournon.

Pour notre part  attentif  de la situation dans l'éducation nationale particulièrement dans le département

en effet  les élèves de 18 ans ont l'obligation d'assister aux "classes de défense et de sécurité globales".

si jamais vous êtes témoin de ces classes de défense et de sécurité globales sur le département, ole groupe" peut faire une contre information face à cette porpagande de l'armée dans les collèges et lycée.

D'autre part  les élèves de 18 ans depuis 1997 , la journée d'appel  de préparation à la défense (JAPD) est obligatoire pour les garçons comme pour les filles, si tu souhaites pouvoir passer un diplôme , devenir fonctionnaire..mais si votre conviction est proche de celle de louis lecoin / " S'il m'étais prouvé qu'en faisant la guerre , mon idéal avait des chances de prenbdre corps , je dirais quand même non à la guerre . car on n'élabore pas une socoiété une société humaine sur des monceaux de cadavres."

C'est pourquoi nous te recommandons d'adresser une lettre de cetype aux autorités compétentes en matière de JAPD, Comme une action individuelle n'est jamais qu'un moment de l'action collective nous te conseillons d'envoyer aussi une copie, de la lettre ci dessous , à un mouvement qui peut coordonner les actionspar exemple en envoant un mail à Unionpacifiste@orange.fr :

Dans le contexte actuel de suspension de la conscription , l'appel sous les drapeaux  peut être rétabli à tout moment par la loi dès lors que les conditions  de la défense de la nation  l'exigent  ou que les objectifs  assignés aux armées le nécessitent  ( loi réforme du service national  duu 28 octobre  1977 L.112-2)

"selon mes informations , l'objection de consciences  est un droit reconnu par les articles L.116-1 à L.116-9 du code  du service natoional dont les dispositions ne sont pas obrogées, mais simplement suspendues par la loi N°97-109 du 28 octobre 1997 portant  réforme du service national .Celà signifie que les personnes concernées  ne pourront  demander à bénificier  de ces dispositions  qu'au moment du rétablissement  de l'appel sous les drapeaux. En cas d'appel sous les drapeaux  redevenu obligatoire "siles conditions de la défense de la Nation l'exigent" il pourrait être difficile pour les services compérent  de traiter dans l'urgence  et massivement  des demande d'objection  de conscience .

"c'est pourquoi je désire manifester , dés maintenant  mon refus d'un service militaire pour motif de conscience  et vous remettre ma demande de bénéficier du droit à l'objection de conscience  exprimé dans des articles L.116-1 à L.116-9. Mes convictions fondées sur la recherche de la bonne entente collective  me condiuisent à d'autres formes d'engagement pour la nation et les peuples qu'un service armée  qui redeviendra obligatoire.

je vous prie d'ajouter ce courrier à mon dossier de cette journée d'appel  de préparation à la défense et j'engarderais copie moi même.

 

S'opposer au recrutement militaire dans les écoles ne commencent pas seulement quand apparaissent les recruteurs  il faut commencer par contrer laeur stratégie de goutte à goutte en s'opposant à la glorification de l'armée et de la guerre à l'école , dans tous les aspects  de l'enseignement quotidien

 

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 09:07
*Compte-rendu de la mobilisation du samedi 11 mai 2013 à Grasse en 
mémoire d'Abdelhakim Ajimi, mort le 9 mai2008 lors d'une interpellation
policière*


La famille Ajimi et une centaine de personnes se sont réunies en mémoire
d'Abdelhakim samedi 11 mai dernier à Grasse. La mobilisation visait
principalement à rendre hommage à Abdelhakim et à réclamer la révocation
des 3 policiers (Jean-Michel Moinier, Walter Lebeaupin et Jim Manach)
jugés coupables de sa mort, ainsi que l'interdiction de la clé
d'étranglement qui lui a coûté la vie. Cette mobilisation s'est déroulée
avec calme et détermination, en toute visibilité sur un parcours qui
n'avait pas été convenu avec les autorités locales. L'impact sur les
Grassois et touristes présents dans les rues empruntées et le sentiment
d'une force commune réelle produit sur les personnes participant au
cortège ont été des plus marquants.

Le repas partagé ensuite dans la rue par une quarantaine de personnes a
contribué à l'occupation de l'espace urbain au nom de notre lutte pour
la vérité et la justice. Il faut noter que ce repas de rue militant est
une première pour nous à Grasse et n’avait fait l’objet d’aucune demande
d’autorisation. Les personnes attablées ont mangé et discuté en toute
tranquillité et convivialité, des enfants et jeunes du quartier nous ont
aussi rejoints. Nous remercions chaleureusement Zohra Ajimi, la mère de
Hakim, pour avoir préparé ce délicieux repas.

Enfin, la projection du documentaire « Souvenir de Grasse » et le débat
qui a suivi, en présence du réalisateur Jean-Jacques Béryl et de Mogniss
H. Abdallah (agence IM'media) ont été l'occasion de dégager une
perspective historique et le lien évident entre les luttes menées à
Grasse contre l'oppression par le pouvoir et ses représentants : celle,
en 1973, de travailleurs sans-papiers victimes d'une ratonnade couverte
par le maire de l'époque (Hervé de Fontmichel) et celle menée depuis 5
ans tant sur le plan judiciaire qu'administratif par la famille Ajimi,
entourée de militants toujours présents. D’autres témoignages ont pu
émerger durant la discussion, comme par exemple celui d’une ratonnade
des jeunes du centre ville par la police en 1999. Les enfants et jeunes
présents ont aussi été très impressionnés par le documentaire et ont pu
poser des questions politiquement très pertinentes auxquelles J.-J.
Béryl ou M. H. Abdallah ont répondu au mieux. Cette nouvelle génération
s'avère prometteuse!

La famille Ajimi et le comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi
remercient donc les personnes ayant participé et contribué à cette
commémoration en mémoire d'Abdelhakim, temps de lutte important dans le
combat en cours.

Une prochaine étape sera certainement liée à la réponse favorable ou
défavorable donnée à la famille Ajimi par Claude Baland, Préfet
directeur général de la police nationale. Le Ministre de l'Intérieur
Manuel Valls lui a récemment transmis le courrier de demande de
révocation des 3 policiers coupables. La famille Ajimi avait écrit au
ministre en mars et formule cette demande de révocation depuis 2012.

Par ailleurs Monsieur Bouchakour, grassois, est aussi en procédure
judiciaire contre Jean-Michel Moinier, un des policiers de la BAC jugés
coupables de la mort de Abdelhakim Ajimi. M. Bouchakour fait appel d’une
décision de justice de deux mois de prison ferme pour « outrage », et il
recherche actuellement un avocat pour le défendre contre J.-M. Moinier.

Le comité Vérité et Justice appelle également au soutien de Dorsaf et
Walid, deux de ses membres convoqués *mercredi 22 mai à 8h30* au
Tribunal de Grasse. Ils sont accusés d'outrage personnel à des policiers
pour des propos qu'ils auraient tenus lors du procès en janvier 2012.
L'accusation n'émane d'aucun des 7 policiers impliqués dans la mort de
Hakim, mais de policiers dont les noms ne nous sont pas familiers, qui
étaient présents en soutien à leurs collègues lors du procès. Cette
plainte avait déjà valu à Walid et Dorsaf une première convocation à la
gendarmerie de Cannes il y a quelques mois. Pour eux, comme pour
d'autres membres de famille victimes de violences policières ou
d'organisations luttant contre ces violences, ce type de convocation
correspond à une stratégie d'intimidation à laquelle une réponse
collective doit être donnée. N'hésitons donc pas à soutenir Dorsaf et
Walid au Tribunal de Grasse et à leur adresser un message de solidarité.

À noter enfin une émission diffusée demain *mardi 14 mai de 20 heures à
21 heures*, sur Radio Canut (102.2 FM sur l'agglomération lyonnaise ou
sur http://www.radiocanut.org/index.php/canut-en-direct) : retour sur le
récent procès en appel des meurtriers d'Abdelhakim Ajimi, ainsi que sur
la sale histoire du maintien de l'ordre en fRance...

Le combat continue !

Elise et Ivora pour le comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi


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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 13:28

Pendant l que les associations contree la militarisation du territoire le projet Megajoule continueà quelque kilomètre de Bordeaux

Le décalage du programme s'accompagne d'une révision à la baisse du nombre de faisceaux laser prévus

Peut-être faudra-t-il un jour rebaptiser « patience » le futur laser géant Mégajoule, pièce maîtresse du programme de simulation des essais nucléaires. Invoquant des considérations budgétaires, le Commissariat à l'énergie atomique, maître d'oeuvre de ce gigantesque projet développé au Barp (Gironde), vient d'annoncer un nouveau glissement dans le calendrier de l'opération.
Le Mégajoule ne sera en principe livré qu'en 2014, alors que jusqu'à ces dernières semaines l'échéance était officiellement fixée à 2012. Si ce nouveau calendrier est respecté, l'équipement ne commencera à devenir opérationnel que plus de dix ans après le début de la construction du bâtiment destiné à l'abriter, et près de deux décennies après l'annonce officielle du lancement du programme.

Armes de dissuasion

Le Mégajoule a pour but de provoquer dans une enceinte hyperconfinée, et pendant un laps de temps infinitésimal, un phénomène de fusion thermonucléaire susceptible de dégager des conditions de pression et de température analogues à celles qui règnent au coeur du Soleil.

En l'absence d'essais en vraie grandeur, auxquels la France a renoncé, cet outil a pour but de valider les calculs des concepteurs des têtes nucléaires des missiles stratégiques, et de s'assurer de la pérennité de nos armes de dissuasion. Décidé en 1995, le projet est pharaonique. En euros 2007, l'investissement prévu alors était estimé à 2,7 milliards d'euros, soit plus de deux fois l'équivalent des deux premières tranches du tramway de Bordeaux. Près d'une moitié de cette somme aurait déjà été dépensée selon Pierre Bouchet, directeur du Cesta, l'établissement CEA du Barp, qui accueille cet énorme instrument. Le groupe Bouygues a déjà livré l'an dernier le gros oeuvre de la cathédrale de béton de 300 mètres de haut et de 50 mètres de long, destinée à accueillir les chaînes laser et la chambre d'expérience, vers lesquelles ce concentré de lumière surpuissant convergera pour provoquer la fusion recherchée.

Lot d'impondérables

Lors du lancement officiel du programme, les hauts responsables du CEA évoquaient une entrée en fonction en 2005. L'échéance a ensuite glissé très rapidement vers 2009-2010, avant de s'établir à 2012. Mais, depuis quelque temps déjà, les observateurs avaient le sentiment que ce calendrier revu ne serait pas tenu. Ne serait-ce que parce que la construction de cet énorme bâtiment a donné lieu à son lot d'impondérables. La société Cegelec, chargée des courants forts, a dû par exemple recruter des centaines d'intérimaires étrangers pour s'efforcer de rattraper son retard.

Au-delà de ces aléas techniques, plusieurs indices donnaient à penser que le CEA lui-même avait commencé à tracer une croix sur l'échéance 2012. En effet, plusieurs fournisseurs d'équipements de haute technologie n'ont toujours pas été désignés pour cet organisme. Tel est le cas par exemple pour le travail de traitement anti-reflet Solgel des milliers d'optiques (miroirs, lentilles, etc.) qui seront utilisées par cet outil. Et pourtant, le CEA a laissé s'accomplir la construction de la petite usine destinée à accueillir cette activité sur la zone d'entreprise Laseris 1, qui jouxte le chantier du Mégajoule.

Le bâtiment Solgel n'est pas le seul à devoir rester partiellement ou totalement inoccupé pendant quelque temps sur cette zone d'activité gérée par la société d'économie mixte Route des lasers, au sein de laquelle le Conseil général de la Gironde joue un rôle moteur.

Deux autres édifices, destinés l'un pour partie à la Cilas - filiale d'EADS - et l'autre à la PME francilienne Quantel, resteront pour partie sans affectation pendant au moins plusieurs mois. La société de services Elyo, filiale de GDF-Suez, se substituera provisoirement aux occupants désignés ou attendus pour payer le loyer à leur place. Et, dans ces conditions, la zone d'activité Laseris 1, qui emploie aujourd'hui une centaine de personnes au lieu des 250 initialement prévues pour ce début 2009, fait un peu figure de vaisseau fantôme.

Le décalage du programme s'accompagne d'une révision à la baisse de son volume, puisque le CEA a décidé de ne déployer que 176 faisceaux laser au lieu des 240 initialement prévus.

Équipementiers inquiets

Ces modifications et ces attentes préoccupent les équipementiers. Christophe Goepfert, directeur du développement de la Cilas, rappelle ainsi que ce glissement pénalise l'entreprise, dont le Mégajoule devait initialement représenter une partie importante des recettes dès 2008 et 2009. Il espère que la nouvelle donne sera compatible avec les impératifs économiques de l'entreprise, tout en soulignant que pendant la phase de montage des équipements celle-ci n'emploiera sans doute pas plus d'une vingtaine de salariés au Barp au lieu des 35 initialement envisagés.

Pierre Bouchet, patron de l'établissement girondin du CEA, tempère les inquiétudes en faisant valoir que le principe du Mégajoule n'est pas remis en cause, que les travaux d'équipement vont se poursuivre : 600 à 700 salariés travailleront encore dans les mois qui viennent sur le chantier, alors que l'effectif du CEA, également chargé de l'architecture des têtes nucléaires des missiles, pourrait atteindre encore un millier de personnes. Il n'en reste pas moins que l'accouchement du laser géant aura vraiment été très long.

 


Les Echos, 18/12/2007:

La Gironde étend la zone d'activités du futur laser Mégajoule

Déjà occupée pour une bonne partie, la zone d'activités Laseris, créée pour accueillir notamment les sous-traitants du futur laser géant, va doubler de surface.

DE NOTRE CORRESPONDANT À BORDEAUX.

Le périmètre d'activités industrielles situé à proximité immédiate du futur laser Mégajoule va prochainement s'étendre. La société d'économie mixte Route des Lasers, pilotée par le Conseil général de la Gironde et qui assure la construction et la gestion des bâtiments de cette zone d'activités, a décidé d'en doubler la superficie, qui devrait ainsi passer à près de 40 hectares pour faire face aux besoins actuels et futurs des entreprises liées de près ou de loin à l'équipement

et à la maintenance du futur laser géant.

Le Mégajoule, installé sur la commune du Barp, à mi-distance de Bordeaux et d'Arcachon, aura pour mission de réaliser à une échelle infinitésimale des réactions de fusion thermonucléaire permettant de valider les calculs réalisés par les spécialistes des armes atomiques du CEA. L'immense bâtiment destiné à abriter cet équipement sera achevé dans le courant de l'année prochaine, mais ne représente qu'une fraction du budget de plus de 2 milliards consacrés à cet outil. Compte tenu de leur fragilité et des impératifs extrêmes de propreté inhérents à cet équipement, certains de ses composants ne pourront être assemblés qu'à proximité immédiate du Mégajoule. C'est à cette fin qu'a été réalisée la zone Laseris 1. La SEM Route des Lasers, qui s'est acquittée de cette tâche, regroupe autour du conseil général de nombreuses collectivités (conseil régional, Communauté urbaine de Bordeaux) ainsi que la Caisse d'Epargne, le Crédit Agricole et certaines entreprises privées comme Elyo. La SEM a pour vocation de rester propriétaire de ces bâtiments, qu'elle loue à leurs utilisateurs.

La SEM a déjà construit quelque 28.000 mètres carrés, dont 4.000 de salles blanches sur cette zone du Barp, où des équipementiers sont déjà installés. Sagem assemble ainsi sur le site des éléments des chaînes laser, qui commencent à être installés dans un des quatre halls. Un autre bâtiment, qui

sera notamment occupé par la société Silas, est en cours d'achèvement, ainsi que l'unité de traitement anti-reflets des optiques par la société Solgel pour laquelle le CEA est toujours en négociations ardues avec des prestataires potentiels. Des bâtiments de stockage, de bureaux et d'utilités (traitements de fluides) ont également été identifiés, tout comme les locaux de l'Institut Lasers et Plasmas (ILP), qui servira de trait d'union entre le monde de la recherche académique et le Mégajoule pour l'utilisation à des fins civiles des équipements du Barp.

A ce jour, les deux tiers de la zone Laseris 1 sont occupés ou en voie d'occupation. Compte tenu des demandes reçues, la SEM s'est portée acquéreur de 18 hectares supplémentaires auprès du CEA. Dans le même temps, une autre zone, un peu plus éloignée du Mégajoule, va être aménagée pour accueillir entre autres une résidence hôtelière et une crèche. Le Mégajoule, dont le chantier a pris un peu de retard, doit théoriquement être achevé en 2010, mais il lui faudra sans doute plusieurs années pour fonctionner à pleine capacité.

 



Pourquoi il faut stopper le laser Mégajoule

Il existe une étroite relation entre la politique américaine et française dans le domaine des armements nucléaires, entre la signature du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBT) d'une part et la continuation du programme de recherche militaire d'autre part. La signature du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires a été associée dès l'origine à la possibilité de continuer des essais en laboratoire. Si l'acceptation du CTBT signifie l'arrêt des explosions souterraines, il serait hasardeux d'en déduire une élimination prochaine des arsenaux nucléaires. En réalité, il s'agit bien «d'un marchandage avec le diable» car si pour le pays qui n'appartiennent pas au club des 5 puissances nucléaires, cela signifie bien l'arrêt du tout programme militaire, en revanche pour les Etats du «club nucléaire», cette signature a été associée à l'acceptation de recherches en laboratoire. Cela signifie donc le maintien des armes existantes, éventuellement le développement d'un nouveau type d'armes nucléaires.

En réalité il est juste d'affirmer que le programme SS & M aux Etats-Unis (1) et Mégajoule en France (2) relancent une nouvelle course aux armements nucléaires. Il ne s'agit pas moins d'assurer la pérennité des armes atomiques pour les vingt, vingt-cinq ans à venir. Selon une interprétation restrictive, le CTBT doit arrêter la prolifération verticale et horizontale et donc «toute expérimentation nucléaire». Malheureusement, peu de gens se soucient de la compatibilité des programmes militaires SS & M et Mégajoule avec une volonté réelle de bannir les armes nucléaires dans un proche avenir.

Voici les principales raisons qui s'opposent à la poursuite des essais en laboratoire et notamment à la construction du laser Mégajoule qui est la pièce maîtresse du programme de simulation lancé par la France après l'abandon des essais atomiques à Mururoa.

I) Le programme Mégajoule comme le projet américain violent l'esprit et les intentions et par certains aspects, la lettre même du CTBT et en conséquence, mettent en péril l'entrée en vigueur et le respect du Traité. Celui-ci peut être perçu par certaines nations - c'est le cas de l'Inde et du Pakistan à l'heure actuelle -, comme un moyen de maintenir la suprématie des pays à technologie avancée et empêcher les autres pays d'y avoir accès. Les expériences qui impliquent des micro-explosions thermonucléaires (NIF aux USA et Mégajoule en France) ainsi que la manipulation de matériaux radioactifs sensibles (plutonium, uranium 235 enrichi, etc.) peuvent difficilement être conciliables avec l'option zéro du CTBT.

2) Le programme Mégajoule planifie la conception et le renouvellement de têtes nucléaires, plus sûres et plus fiables, soit par de simples modifications des composants des armes existantes, soit par une optimisation de leurs performances. La sincérité des Etats nucléaires à s'engager de bonne foi vers l'élimination à terme des armes nucléaires peut être sérieusement mise en doute.
Lors de la négociation du Traité de non-prolifération (TNP), les Etats non nucléaires renonçaient à l'arme nucléaire avec en contrepartie deux engagements:
- premièrement, les États nucléaires s'engageaient à aider les Etats renonçant à ces armes à acquérir les technologie nucléaires (article IV)
- deuxièmement, les Etats nucléaires promettaient de négocier la fin de la course aux armes nucléaires et l'élimination de leurs arsenaux nucléaires (article VI)
Ces deux engagements ont été réaffirmés en 1995 au moment d'étendre indéfiniment la durée du Traité de non-prolifération. Conformément à l'article VI la signature par les Etats nucléaires du CTBT en 1996 devait impliquer la poursuite de la réduction de leur stock d'ogive nucléaires avec le but ultime d'éliminer totalement et définitivement les armes nucléaires.
Ces engagements ont été rappelés solennellement par la Cour Internationale de Justice de la Haye dans l'Avis qu'elle rendit le 8 juillet1996. A l'unanimité, la Cour a décidé que l'interprétation de l'article VI implique «qu'il doit exister l'obligation de poursuivre de bonne foi les négotiations qui devront aboutir à une conclusion conduisant à un désarmement nucléaire sous tous ses aspects et ceci sous un strict et réel contrôle international».

Pendant la guerre froide, le TNP a été pratiquement vidé de sa substance par les 5 puissances nucléaires. Pour lutter contre la prolifération d'armes de destruction massive (on pense aussi aux armes chimiques ou bactériologiques), elles ont pris l'option de pérenniser l'arme nucléaire et donc d'assurer sa maintenance et son renouvellement, ceci en contradiction avec l'article VI du TNP.
Aux États-Unis, le «Green Book», déclassifié en 1996, décrit en détail comment le programme SS & M facilitera la maintenance des armes nucléaires et également la refabrication d'un nouveau type d'armes. Nous sommes bien loin de la première étape souhaitée une force stratégique nucléaire résiduelle certes, mais de dissuasion uniquement, maintenue en l'état avec des modifications minimales,

tout en préparant une élimination totale des armements nucléaires suivant un calendrier précis.

3) Le programme Mégajoule complique l'organisation des vérifications relatives aux réductions effectives d'armements par la construction de nouveaux laboratoires et l'adoption d'équipements à double usage (générateurs à rayons X, ordinateurs massivement parallèles...).

4) Le laser Mégajoule peut également activer la conception d'armes nucléaires de quatrième génération du fait du lien étroit créé entre les laboratoires de recherche et leurs applications militaires potentielles. Ainsi, les recherches sur l'antimatière ou sur l'hydrogène métallique (probablement l'explosif le plus puissant qu'il soit possible de concevoir) seraient possibles grâce au laser Mégajoule. Cette simple possibilité constitue une véritable provocation pour les États de faible niveau technologique. Une gestion civile du laser Mégajoule ne changerait pas la nature du problême car les liens entre recherche civile et militaire subsisteraient. En cas de difficulté, il est clair qu'un arbitrage trancherait en faveur des militaires.

5) Le Mégajoule accentuera le phénomène de militarisation de la science or ces nouveaux laboratoires, dans un contexte de désarmement, devraient eux aussi être reconvertis. Ce phénomène nous éloigne un peu plus de la mise en oeuvre d'une réduction mondiale du niveau d'armement.

6 On ne peut plus exclure la possibilité que les programmes américains et français entraînent la fuite d'informations sensibles sur les armes nucléaires et rendent donc encore plus cruciaux les problèmes de prolifération qui constituent l'un des plus grands dangers pour l'humanité.

7) Si la raison essentielle justifiant la construction du laser Mégajoule est «d'attirer les scientifïques de très haut niveau» (3) alors il faut mettre ces meilleurs cerveaux au service de la communauté internationale pour contrôler le processus de désarmement nucléaire. De ce point de vue, l'expertise et la compétence des scientifiques français seraient des atouts indéniables dans la réussite d'un désarmement universel et contrôlé. L'Union européenne pourrait renforcer diplomatiquement cette position qui représenterait alors une alternative au niveau mondial à l'attitude nord-américaine.

8) Il ne faut pas oublier que certains militaires se comptent au nombre des opposants au laser Mégajoule. Ils souhaitent une autre orientation stratégique prenant en compte le nouveau contexte post-guerre froide. Les conflits actuels exigent des forces de maintien de la paix au niveau régional. Dans les guerres civiles qui ensanglantent notre planète, les armes de destruction massive ne sont pas d'une grande utilité. Ainsi, les marins n'hésiteront pas à choisir un quatrième sous-marin nucléaire ou un second porte-avions, capable de projeter une force opérationnelle à l'autre bout du monde, plutôt qu'un «Méga-joujou-le» aussi inutile que coûteux.

La fin de la guerre froide offre une chance historique à l'humanité de se débarrasser des armes nucléaires. Depuis la signature du TNP et dit CTBT, il faut reconnaître que quelque chose de fondamental a changé. L'existence et l'ampleur des programmes SS & M américain et Mégajoule en France viennent contredire les efforts en faveur d'un désarmement global et démontrent le profond mépris du lobby nucléaire à l'égard des opinions publiques. A terme, ces programmes compromettent une politique de non-prolifération. Certes les traités internationaux sont nécessaires, mais à trop se focaliser sur cet unique aspect, on risque d'oublier que la réduction des stocks d'armes nucléaires détenus par les grandes puissances est le seul moyen de parvenir à leur élimination. Le réseau Abolition 2000 qui rassemble plus de 1000 associations au niveau mondial, veut promouvoir un véritable désarmement nucléaire, à l'instar des conventions interdisant désormais les armes chimiques et bactériologiques. L'objectif de ce réseau mondial est d'obtenir, d'ici l'an 2000, un plan et un calendrier de désarmement nucléaire. Ce réseau demande l'arrêt des recherches sur les armes nucléaires, l'arrêt des expériences en laboratoire et l'inspection internationale de tous les sites sensibles ainsi que la fermeture définitive des bases souterraines, notamment celle du Nevada Test Site aux USA en particulier. Abolition 2000 est donc un défi lancé au SS & M et au Mégajoule.
Nous sommes à un tournant historique, l'histoire du 21ème siècle n'est pas encore écrite. A nous de prendre la plume. A nous d'inscrire dans le temps, la paix des générations à venir.

(1) SS & M: Stockpile Stewardship and Management Program (programme américain de recherche pour l'armement nucléaire). Ce programme prévoit pour 2003 l'installation de lasers de forte puissance, le NIF (National Ignition Facility), pour créer de micro-explosions thermonucléaires en laboratoire.

(2) Mégajoule installation prévue en France en 2010 de 240 faisceaux lasers de puissance analogue au NIF américain. Actuellement, la LIL (Ligne d'intégration Laser) est en phase d'achèvement au Barp (fin des travaux en 2001) et correspond à une étude de faisabilité du Mégajoule avec seulement 8 faisceaux.

(3) Propos de Daniel Verwaede, directeur du programme de simulation au CEA recueilli par Silvestre Huet. Libération. 17 décembre 1997.

Collectif Stop Essais,
Maison Jean Monnet
71250 Mazille.
Gazette du Nucléaire n°173/174, mai 1999.

 


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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 13:04

on a lu sur le  site internet du ministère de toutes les régularisation pour les photos voir sur le site du ministère.on a décidé de ne pas publier les photos car les fachos  pourraient être content de mater des photos de  la misère sociale

 

Le Monde.fr | 13.05.2013 à 07h17 • Mis à jour le 13.05.2013 à 11h51
http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/05/13/trois-morts-dans-l-incendie-d-un-immeuble-lyonnais-occupe-par-des-roms_3175964_3224.html


Aucune piste n'était privilégiée lundi 13 mai quant aux causes de l'incendie d'une usine désaffectée squattée par environ 200 Roms à Lyon, qui a fait trois morts dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé la préfecture. Deux femmes et un enfant de 12 ans sont morts dans cet incendie, mais le bilan pourrait s'alourdir à six ou sept victimes en tout.
L'incendie, qui a démarré un peu avant minuit et demi lundi, a totalement embrasé ce bâtiment situé rue Audibert et Lavirotte dans le 8e arrondissement. Selon le lieutenant-colonel des pompiers du Rhône, Jean-Philippe Gueugneau, chargé des opérations de secours, cité par Le Progrès, "très vite les deux niveaux supérieurs de ce bâtiment blanc se sont embrasés et l'escalier s'est effondré". Le toit a également brûlé. D'après les témoignages des rescapés, une bougie pourrait être à l'origine de l'incendie.

FAMILLES DÉLOGÉES D'UN PRÉCÉDENT SQUAT

Selon Gilberte Renard, militante de la LDH, près de 200 personnes, dont des enfants en bas âge et des femmes enceintes, occupaient ce bâtiment, des anciens bureaux d'une usine selon elle. "Ils dormaient souvent dans le grenier", a-t-elle expliqué. Ces familles s'étaient installées dans l'ancienne usine après avoir été délogées d'un précédent squat du quartier de Vaise. "Ce qui vient de se passer est symptomatique de la politique de la préfecture du Rhône", a estimé Jean Philippe, militant du MRAP, "elle refuse d'appliquer la circulaire qui prévoit des diagnostics médicaux, sociaux et de sécurité, sa seule réponse est l'expulsion des squats et des campements et, à chaque fois, la situation s'aggrave."

Des accusations dont se défend la préfecture : "Le préfet de la région Rhône-Alpes rappelle que chaque jour plusieurs centaines de déboutés du droit d'asile et de sans-abri sont hébergés par l'Etat avec l'appui des associations. Néanmoins, un certain nombre de campements et de squats existent dans l'agglomération."

VALLS VEUT POURSUIVRE LE DÉMANTÈLEMENT DES CAMPEMENTS DE FORTUNE

Environ 150 rescapés ont été évacués et regroupés dans un gymnase d'une école située avenue des Frères-Lumière, dans le même arrondissement. La préfecture a annoncé la mise en place d'une cellule d'aide médico-psychologique. Les secours attendaient des renforts, dont des équipes cynophiles, pour fouiller le bâtiment qui menace de s'écrouler, selon les pompiers.

Le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, et la garde des sceaux, Christiane Taubira, en déplacement lundi dans l'agglomération lyonnaise pour dresser le bilan des Zones de sécurité prioritaires, se sont rendus sur place. Après avoir exprimé son "sentiment de profonde tristesse", le ministre de l'intérieur a ajouté que "ces squats, comme les campements de fortune, doivent être évacués chaque fois quand ils présentent, ici comme ailleurs, de vrais dangers". Christiane Taubira a renchéri en demandant "une solution à la fois digne et efficace".

Louis Aliot, vice-président du Front national, a qualifié lundi de "drame de l'immigration incontrôlée" ce sinistre. En conséquence — et "en plus d'une politique de priorité nationale" –, le dirigeant frontiste réclame "un arrêt de l'immigration, le démantèlement des camps de Roms et, par mesure de sécurité sanitaire et sociale, leur expulsion immédiate dans leur pays d'origine". "Ce drame de l'immigration incontrôlée s'ajoute aux victimes déjà enregistrées à Paris dans des incendies d'immeubles insalubres", constate le numéro 2 du FN dans un communiqué. Pour M. Aliot, "les responsables de ces situations sont évidemment les gouvernants" mais aussi "les associations soi-disant humanitaires ou prétendument antiracistes, qui, sous couvert de bons sentiments, défendent coûte que coûte et en pleine crise économique une immigration clandestine et illégale".

 

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 12:53

reçu  par maildes camarades qui ont organisé la caravane paris Tunis :cet te information Pour le droit d'asile et la liberté de circulation et de résidence :

Lancement d'une campagne nationale


La fermeture du "plan d'urgence en Afrique du Nord" du 31 Décembre 2012 par le gouvernement Monti, qui a forcé des milliers de réfugiés et de personnes déplacées qui ont fui les guerres, les conflits et la famine, à dormir dans les gares, les wagons de train, sous les ponts ou dans la rue, n'est que la pointe de l'iceberg d'un système de pseudo- accueil/assistance le service coûté 1 milliard et 300 millions d'euros sans aucun avantage pour les réfugiés eux-mêmes :

les seules qui ont acquis de cette figure scandaleuse étaient encore largement les mercenaires de assistanat en transformant les parkings, hôtels / masures vides et des boucheries en centres de services pour les réfugiés!
Une injustice et une violation de ce droit à la réception et à l'assistance pour les personnes qui ont fui les guerres souvent souhaités et financé par ces mêmes pays occidentaux et par les multinationales pour leurs intérêts.
Face à cette honte les réfugiés et les mouvements de solidarité n'ont pas abandonné. En effet ont continué à se battre au nom de la dignité humaine et le droit de chaque être humain (réfugié/migrant) de résider et de circuler librement.

Ainsi, a Turin des réfugiés ont occupé des bâtiments dans le village ex-olympique, tandis que d'autres formes de
lutte pour leur dignité sont en cours dans d'autres villes, comme Caserta, Bari, Naples, Bologne, Bergame, Rome, etc...


Nous sommes convaincus que nous faisons face d'un côté à l'Italie, avec l'absence d'une législation complète qui protège vraiment les réfugiés en termes de dignité et des droits, et de l'autre à l'hypocrisie de l'Europe, comme en témoigne l'inavouable  Dublin II qui à son tour nie le droit d'asile.


Afin de partager et de promouvoir une vaste campagne pour le droit d'asile, la liberté de mouvement de résidence pour les personnes sans distinction d'origine géographique, pour ne pas être prisonniers de ce système, nous invitons les réfugiés et les mouvements de solidarité à une première ASSEMBLÉE NATIONALE
Dimanche 26 mai à 10 heures via (rue) Toscana 136, Bologne, de la gare centrale: prendre le bus 13, arrêt San Ruffillo.


Premiers signatures: Mouvement des Migrants et des Réfugiés Turin - Comité Solidarité pour les réfugiés Turin - Mouvement Réfugiés Garibaldi 101 Napoli - Asia-USB Bologne - Coordination Migrants de nord de la Toscane - USB - centre social Lazaret auto-géré de Bologne - ex école Ferrari occupée Bologne (... Suivent les signatures)
Pour participation / adhésion: movimentomigrantirifugiati@gmail.com

De : Movimento MigrantiRifugiati < movimentomigrantirifugiati@gmail.com >
Date : 9 mai 2013 15:08:52
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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 18:52
on publie ce texte après la grève du  personnel du laboratoire de l'usine FBFC de Romans. c'est une contribution pour ceux qui luttent face l'idustrie nucléaire ici où ailleurscontre la dépossession
Du prolétaire à l’individu”

[Ce texte, écrit en 2005, est extrait de l'essai "The network of domination" (soit "le réseau de la domination") écrit par Wolfi Landstreicher, et qui est une contribution à la revue anarchiste insurrectionnaliste américaine "Wilful Desobedience". Nous traduisons et publions ce texte pour sa critique de l'ouvriérisme et du travaillisme, leurs origines -ainsi que les idéologies qui tentent de les ressusciter-, l'image d'Epinal de l'ouvrier et sa conception centraliste de la classe ouvrière industrielle (et dont les illustrations de cet article -vieilles gravures de Frans Masereel ou peintures et dessins plus récents de Drooker- se veulent aussi une parodie).

Car cette conception, en plus de relever d'une analyse de classe biaisée et partiale, et d'être obsolète, ne rend absolument plus compte de la réalité et de la diversité de ce qu'on peut encore aujourd'hui appeler le prolétariat, en basant un projet unifié sur une identité sociale de classe fantasmée. Une classe d'exploitéEs dont la composition et les conditions sont plus que jamais fractionnées et complexes -  mais qui est bien réelle, et dont ce texte aborde aussi les contours]

Du prolétaire à lindividu :

Pour une interprétation anarchiste de la classe

Les relations sociales de classe et d’exploitation ne sont pas chose aisée. Les conceptions ouvriéristes,basées sur l’idée d’une classe objectivement proletrévolutionnaire qui est définie par les termes de sa relation au mode de production, ignorent la masse de celles et ceux partout dans le monde dont les vies sont volées par l’ordre social existant mais qui ne trouvent pas de place dans le procès de production.  Ainsi, ces conceptions en arrivent à présenter une interprétation biaisée et simpliste de l’exploitation et de la transformation révolutionnaire.  Afin d’envisager une lutte révolutionnaire contre l’exploitation, nous devons développer une interprétation de la classe telle qu’elle existe aujourd’hui dans le monde sans rechercher aucune garantie.

Dans ce qu’elle a de plus fondamentale, la société de classes en est une dans la mesure où il y a des dirigeants et des dirigéEs, des exploiteurs et des exploitéEs. Un tel ordre social ne peut émerger que lorsque les gens perdent leur capacité à déterminer les conditions de leur propre existence. Ainsi, la qualité essentielle partagée par les exploitéEs est leur dépossession, la perte de leur capacité à prendre des décisions de base concernant leurs propres vies et à les appliquer.

La classe dominante se définit dans les termes de son propre projet d’accumulation de pouvoirs et de richesses. Même si il existe évidemment des conflits significatifs au sein de la classe dominante en termes d’intérêts spécifiques et de compétition réelle pour le contrôle des ressources et du territoire, ce projet global de domination vise au contrôle du pouvoir et de la richesse sociales, et ainsi de la vie et des relations de tout être vivant, fournissant ainsi à cette classe un projet positif unifié.

pioletLa classe exploitée n’a aucun projet positif qui la définisse.  Elle est bien plutôt définie dans les termes de ce qui lui est fait, et de ce qui lui est pris.  DéracinéEs des chemins de la vie qu’ils et elles ont connuEs et crées avec leurs semblables, la seule communauté qui est laissée à cette population, qui constitue cette classe hétérogène est celle que lui fournit le Capital et l’Etat – la communauté du travail et de l’échange de marchandises décorée par quelque constructions idéologiques sous-culturelle, raciale, ethnique, religieuse, nationaliste – via lesquelles l’ordre dominant créent les identités au sein desquelles il canalise l’individualité et la révolte. Le concept d’une identité prolétarienne positive, d’un projet prolétarien positif, unifié et singulier n’ont aucune base dans la réalité matérielle puisque ce qui définit la situation de prolétaire est précisément que sa vie lui a été volée, et qu’elle a été transformée en un rouage dans les projets de ses maitres.

La conception ouvriériste du projet prolétarien trouve ses origines dans les théories révolutionnaires d’Europe et des Etats-unis (particulièrement certaines théories marxistes léniniste  et syndicalistes ). A la fin du 19e siècle, aussi bien l’Europe que l’est des Etats Unis ont pleinement suivi le chemin de l’industrialisation. L’idéologie dominante du progrès associait alors développement technologique et libération sociale. Cette idéologie se manifesta dans la théorie révolutionnaire dans l’idée que la classe ouvrière industrielle était objectivement révolutionnaire parce qu’elle était en position de s’emparer des moyens de productions développés dans le capitalisme (qui en tant que produits du progrès, étaient présentés comme émancipateurs en soi) et les détourner au service de la communauté humaine.

En ignorant la majeure partie du monde (ainsi qu’une partie significative des exploitéEs dans les zones « développées »), les théoriciens révolutionnaires ont ainsi pu inventer un projet positif pour le prolétariat, une mission historique objective. Le fait qu’elle se soit fondée sur l’idéologie bourgeoise du progrès a été complètement occulte. À mon avis, les luddites étaient beaucoup clairvoyants, reconnaissant que l’industrialisation était un autre des outils des maîtres pour les déposséder. Avec raison, les luddites ont attaqués les machines de production de masse.

Le processus de dépossession a depuis longtemps été achevé en occident (même si bien sûr il s’agit d’un processus qui se reproduit à tout moment, même ici), mais il est dans la plupart des pays du Sud, dans le reste monde, encore à ses balbutiements. Depuis le début du processus en occident cependant, il y a eu des changements importants dans le fonctionnement de l’appareil productif.  La position d’ouvrierEs qualifiéEs d’usines a en grande partie disparu, et voici ce qu’on réclame d’unE travailleur-euse aujourd’hui : de la flexibilité, la capacité d’adaptation, en d’autres termes, la capacité d’être un rouage interchangeable dans la machine du Capital. En outre, les usines ont tendance à requérir  beaucoup moins de travailleur-euse-s pour prendre en charge le processus productif, à la fois en raison de l’évolution de la technologie et des techniques de gestion (ou de managment) qui ont permis un processus de production plus décentralisé et parce que de plus en plus, le type de travail nécessaire dans les usines consiste en grande partie en un simple travail de surveillance et de maintiens des machines (ou appareils productifs – ndt).

  Sur le plan pratique, cela signifie que nous sommes tous, toutes, en tant qu’individu-e-s, des consommables dans le processus de production, car nous sommes touTEs remplaçables – le bel égalitarisme capitaliste dans lequel tout le monde est égal à zéro. En occident, ceci a eu pour effet de pousser un nombre croissant de ceux et celles qui sont exploitéEs dans de plus en plus d’emplois précaires : travail journalier, travail temporaire, emplois dans le secteur des services, le chômage chronique, le marché noir et les autres formes d’illégalité, l’itinérance et la prison. La stabilité de l’emploi avec sa garantie d’une certaine stabilité dans sa vie -même si « sa vie » n’est pas vraiment « la sienne »- a cédé la place à un manque de garanties tel que les illusions fournies par un consumérisme modérément confortable ne peuvent plus cacher bien longtemps le fait que la vie sous le capitalisme est toujours vécue au seuil de la catastrophe.

  Dans le tiers monde, les gens qui ont été capables de parvenir à se créer des moyens d’existence, souvent si difficilement, voient leurs terres et leurs autres moyens d’y parvenir se dérober sous leurs pieds à mesure que les machines du Capital envahissent littéralement  leurs maisons et rongent toutes possibilités de continuer à vivre directement de leur propre activité. ArrachéEs à leurs vies et à leurs terres, ils sont obligés de se déplacer vers les villes où il y a peu d’emplois qui les attendent. Les bidonvilles se développent autour des villes, souvent avec des populations supérieures à la ville proprement dite. Sans aucune possibilité d’emploi stable, les habitantEs de ces bidonvilles sont contraintEs à former une économie parallèle de marché noir pour survivre, mais cela sert aussi toujours les intérêts du capital. D’autres, en désespoir de cause, choisissent l’immigration, risquant l’emprisonnement dans des camps de réfugiéEs et des centres pour étrangerEs en situation irrégulière dans l’espoir d’améliorer leur condition.

Donc la dépossession, la précarité et la flexibilité (le fait d’être jetable) sont de plus en plus les traits communs de ceux et celles qui composent les classes exploitées dans le monde entier. Si, d’une part, cela signifie que cette civilisation crée en son sein une classe de barbares qui n’ont vraiment rien à perdre en la renversant (et pas de la manière imaginée par les anciens idéologues opéraïstes), d’autre part, ces traits en eux-mêmes ne fournissent pas une base pour un projet positif de transformation de la vie. La rage provoquée par les conditions misérables d’existence que cette société impose peut facilement être canalisée dans des projets qui servent l’ordre régnant ou au moins l’intérêt spécifique de l’un ou l’autre des dirigeants. Les exemples de situations durant les dernières décennies au cours desquelles la rage des exploités a été détournée pour alimenter des projets nationalistes, racistes ou religieux qui ne servent qu’à renforcer la domination, sont trop nombreux pour qu’on puisse les compter. La possibilité de la fin de l’ordre social actuel est plus grande désormais qu’elle l’a jamais été, mais la foi en son inéluctabilité ne peut plus faire semblant d’avoir une base objective.

cracheurdefeuMais pour vraiment comprendre le projet révolutionnaire et commencer projeter de trouver comment le réaliser (et élaborer une analyse de la manière dont la classe dirigeante parvient à détourner la colère de celles et ceux qu’elle exploite pour ses propres fins), il est nécessaire se rendre compte que l’exploitation ne se contente pas de se produire en fonction de la production capitaliste, mais aussi en termes de reproduction des rapports sociaux. Quelle que soit la position de n’importe quel prolétaire particulier dans l’appareil productif, il est dans l’intérêt de la classe dirigeante que tout le monde ait un rôle, une identité sociale, qui sert à la reproduction des rapports sociaux. Race, sexe, origine « ethnique », religion, orientation sexuelle, sous-culture – toutes ces choses peuvent, en effet, tenir compte de différences très réelles et importantes, mais toutes sont des constructions sociales pour canaliser ces différences dans des rôles utiles pour le maintien de l’ordre social existant. Dans les zones les plus avancés de la société actuelle où le marché définit la plupart des relations, les identités en viennent principalement à être définies en les termes des marchandises qui les symbolisent, et l’interchangeabilité devient à l’ordre du jour dans la reproduction sociale, comme elle l’était déjà dans la production économique . Et c’est précisément parce que l’identité est une construction sociale et de plus en plus un produit vendable qu’elle doit être traitée avec sérieux par les révolutionnaires, a analyser avec soin dans sa complexité, dans le but précis de se déplacer au-delà de ces catégories, au point que nos différences (y compris ceux que cette société pourrait définir en termes de race, de sexe, d’ethnie, etc…) sont le reflet de chacunE de nous comme individus singuliers.

Parce qu’il n’y a pas de projet commun positif à trouver dans notre condition de prolétaires – comme exploitéEs et dépossédéEs – notre projet doit être la lutte pour détruire notre condition prolétarienne, pour mettre un terme à notre dépossession. L’essence de ce que nous avons perdu n’est pas le contrôle des moyens de production ou de la richesse matérielle, ce sont nos vies elles-mêmes, notre capacité à créer notre existence en fonction de nos propres besoins et désirs. Ainsi, notre combat trouve son terrain partout, en tout temps. Notre but est de détruire tout ce qui maintient la séparation entre notre vie et nous : le capital, l’Etat, le complexe technologique industriel et post-industriel, le travail, le sacrifice, l’idéologie, toute organisation qui tente d’usurper notre lutte, bref, tous les systèmes de contrôle.

Dans le processus même qui consiste mener à bien cette lutte, de la seule façon que nous pouvons le réaliser, – c’est-à-dire en dehors et contre toute formalité et institutionnalisation – nous commençons à développer de nouveaux modes de relations basées sur l’auto-organisation, une communauté basée sur les différences uniques qui définissent chacunE de nous comme des individuEs dont la liberté se développe avec la liberté de l’autre. Et c’est là que commence la révolte contre notre condition prolétarienne, là où nous trouvons ce projet positif commun qui est différent pour chacunE de nous : la lutte collective pour la réalisation individuelle.

Wolfi Landstreicher, in “the network of domination”

Source : The Anarchist Library

lion

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 10:27

reçu par mail d'un ami du laboratoire Publié aujourd'hui sur Squat!net:
https://fr.squat.net/2013/05/10/turin-rassemblement-contre-les-sfratti/

> Turin: Contre les arrestations, les expulsions et les sfratti…

A chaque sfratto, une barricade !
A chaque expulsion, une maison occupée !
Liberté pour Marianna !

Rassemblement samedi 11 mai à 16h, jardins de via Montanaro (corso
Giulio Cesare fermata Lauro Rossi)
http://www.autistici.org/macerie/wp-content/uploads/presidio_11maggio.jpg

Il semble qu’a la même heure les fascistes de Forza Nuova se retrouvent
place Deran pour défiler dans Barriera de Milano où, selon eux, “les
Italiens sont désormais étrangers dans leur propre maison”. Une curieuse
coïncidence, et une bonne occasion de réaffirmer que – à Barriera et un
peu partout à Turin – pour défendre leur propre maison, immigrés et
Italiens sous sfratto luttent ensemble contre les banques, les patrons,
les huissiers et la police.

Suite aux récentes arrestations et expulsions
 notons que les personnes arrêtées durant les expulsions du 7 mai ont été
relâchées du commissariat le soir-même. Le matin du 8 mai, s’est ouvert
le procès contre Marco et Paolo, dans un salle pleine de personnes
solidaires – arrivées en courant d’un piquet antisfratto à peine terminé
– et de flics. Le juge a décidé de leur désincarcération (Paolo devra
signer trois fois par semaine) et a reporté le procès à mi-juillet. Les
deux sont donc sortis depuis de la prison de la Valette.

--

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 09:46

 

Justice et vérité pour Sofiane Mostefaoui
http://www.facebook.com/JusticeEtVeritePourSofianeMostefaoui/





Après le rassemblement du 13 avril dernier , un moment de recueillement est organisé

devant la prison de Corbas, Samedi 11 mai, à 15h.

Pour un hommage à Sofiane (Ayr) et à tous ceux morts dans cette prison (26 connus à ce jour).

Ils ne sont pas des morts anonymes, le silence assassin doit être brisé !

L’ Administration Pénitentiaire doit répondre aux proches de ces personnes, et la Justice doit faire son travail sans partialité,

sur ces décès de personnes placées sous la responsabilité de l’État.




Plus d'infos sur cet évènement :
http://www.facebook.com/events/153856118120818/


 
Contact :

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 11:43

Nous ,  sommes attentifs depuis de long mois de ce projet de l'OTAn. lundi 13 mai  2013  une personne du groupe pacifiste valentinois prendra la parole contre ce projet de l'OTAN, au cours de l'émission de radio labo sur radio Mega de 18h15 à 19h   Dans l'article du 9 mai, on a évoqué l'aide de la maffia sicilienne et  à la démocratie chrétiennedans le meurtre de  Pépino  .

Le commandement militaire américain affirme que le MUOS deviendra l’arme la plus efficace de l’armée américaine. En fait, c’est un système de communication satellitaire qui leur permet un échange d’information extrêmement rapide de partout sur la planète. Cela dans un but belliqueux, avec la possibilité de commander à distance tous l’appareil militaire (aérien, terrestre, maritime).

4 bases sont prévues pour l’installation des radars du MUOS. Une dans le désert en Virginie ; Une dans le désert Australien ; Une sur une ile perdue, réservée aux militaires ; La 4ème au cœur de la Sicile à 2km d’un village de 20.000 habitants qui s’appèle Niscemi. Cette dernière est déjà utilisée par la base OTAN de Sigonella, une des principale base de drones (avions de guerre commandés à distance) dans la Méditerranée (voir guerre en Libye). Techniquement, la base de Niscemi a été concédée par le gouvernement Italien à la marine américaine (US Navy), délaissant plus de 100 hectares de réserve naturelle. De fait, la Sicile devint ainsi un avant-poste pour la stratégie militaire américaine dans la Méditerranée et alentour. Actuellement, 46 antennes basse fréquence sont opérationnelles, connectées avec Sigonella. Les 3 antennes radar du MUOS (très haute fréquence, c’est à dire encore plus dangereuse pour la santé) sont déjà dans la base, pas encore montée et opérationnelles. La réserve naturelle au cœur de laquelle est située la base est une splendide forêt de liège.

Il y a deux ans (2011) a commencé une résistance qui grandit de jour en jour contre projet MUOS et pour la destruction des 46 antennes. D’abord, les raisons de la protestation furent liées aux problèmes de santés dus au radiations. Ici, les abeilles ne volent plus : elles marchent. Petit à petit a grandit la volonté de nous ré-approprier ce territoire, de protéger la richesse naturelle de la planète et d’avoir une vie libre de base militaire et de logique guerrière – en Sicile comme partout ailleurs.

Au début c’était très difficile pour les premiers activistes d’opérer dans une zone fortement corrompue par la présence et la mentalité mafieuse et par la résignation massive de la population. En fait, après les premières mobilisations plusieurs activistes de Niscemi ont souffert de représailles mafieuses : cabane à outils brulée, pneus crevés, menaces téléphoniques, tracteur volé... Malgré ce climat d’hostilité, l’adhésion de la population Niscemoise et Sicilienne au mouvement NOMUOS a grandit ; jusqu’à la décision de bloquer l’accès à la base, ponctuellement, pour empêcher l’entrée des grues censées monter les antennes. En janvier 2013, une opération policière massive a évacuée violemment les manifestants (des centaines de flics/CRS/gendarmes, ou plutôt leur équivalent italien, contre quelques dizaines d’activistes et de personnes âgées). Juste après, pendant 2 semaines et demi, les activistes NOMUOS ont bloqué complétement l’accès à la base. Parallèlement, le parlement sicilien a révoqué le permis de construire du MUOS grâce à la protestation populaire. Le gouvernement italien, qui veut imposer le projet MUOS à tout prix, demande en compensation a la région sicilienne 25.000 euros par jour de retard dans la construction. Ce même gouvernement a créé une commission pour évaluer l’impact environnemental du complexe. Le verdict, dont il y a peu a espérer, sera rendu le 31 mai 2013. Le mouvement a déjà exprimé son refus de la présence de la base, avec ou sans MUOS.

En ce moment, les actions et les initiatives sont portées par le comités des mamas, par un noyau de militants de tous âges de Niscemi et par le comité régional. Il y a un « presidio » (campement) permanent, ouvert à tous, au bord de la route d’accès principale à la base ; C’est ici que s’organise pratiquement le blocage des travaux. Le 22 avril, 7 activiste sont entrés dans la base. Tous ont été arrêtés et deux subissent des procédures judiciaires pour être grimpé sur des antennes. La répression administrative contre les activistes s’intensifie avec l’intention de diviser le mouvement et de créer une situation de tension.

Parce que cette situation dépasse un cadre strictement locale, nous appelons toute personne désireuse de contribuer à notre résistance à produire, traduire et diffuser l’information à propos du MUOS et de notre mouvement.

NO MUOS - NO WAR - NO MAFIA

http://nomuos.org – info@nomuos.org

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 22:15

lLe 9 mai  ce  blog tiens à se souvenir  de deux personnes , uune femme et un homme,  importantset proche de notre coeur    , et de n'importe quel révolutionaires
  le 9 mai 1976 le corps  de Ulrike Meinhof est retrouvé pendu  dans sa cellule

le 9 mai 1978 les restes du corps de Pepino Impastato a été retrouvé attaché sur une voie de chemin de fer...ci dessous le texte de wikipedia

 

Giuseppe Impastato naquit à Cinisi, dans la province de Palerme, le 5 janvier 1948 dans une famille de mafieux : le père Luigi fut envoyé dans les territoires frontaliers durant la période fasciste, l'oncle et d'autres parents étaient de la mafia et le beau-frère de son père était le chef Cesare Manzella, tué avec une Alfa Romeo Giulietta piégée en 1963. Des restes de celui-ci furent retrouvés sur des citronniers à des centaines de mètres du cratère où la voiture se trouvait. Peppino fut traumatisé « C'est ça la Mafia ? Si c'est la Mafia alors je la combattrai toute ma vie… »1.

Encore enfant, il rompt avec son père, qui le chasse de la maison, et commence son activité politico-culturelle antimafieuse. En 1965, il fonde le journal L'idea Socialista et adhère au PSIUP (« Parti socialiste Italien de l'unité prolétaire »). À partir de 1968, il dirige les activités des groupes de la Nuova Sinistra (littéralement « Nouvelle Gauche »). Il dirige également la lutte des paysans expropriés lors de la construction de la 3e piste de l'aéroport de Palerme (sur le territoire de Cinisi). Il milite également en faveur des ouvriers et des chômeurs.

En 1975 il forme le groupe Musica e cultura qui organise des manifestations culturelles : musique, théâtre, débats, etc. En 1976, il crée Radio Aut, une radio indépendante et autofinancée. Le programme le plus suivi était Onda pazza (traduisible par « Ondes en folie ») émission satirique dans laquelle il tournait en dérision politiques et mafieux. Sur ces ondes, il dénonce les délits et les affaires des mafieux de Cinisi et Terrasini, en particulier du « parrain » local Gaetano Badalamenti. Ce dernier avait un rôle de tout premier ordre dans les trafics internationaux de drogue (grâce à sa mainmise sur l'aéroport tout proche). Malgré tout, Peppino et ses amis étaient considérés comme les vrais empêcheurs de tourner en rond par les autorités de la ville, et non pas les hommes respectables comme Badalamenti.

Le frère de Peppino (Giovanni) déclara devant la commission anti-mafia italienne : « Il semble que Badalamenti était apprécié par les carabiniers car il était calme, aimait la discussion et on pouvait compter sur lui. C'était comme si Badalamenti leur faisait une faveur en s'arrangeant pour que rien n'arrive à Cinisi qui était une ville plutôt tranquille. Les seuls problèmes c'était nous, voila ce que les carabiniers pensaient. Quand j'avais l'occasion de discuter avec un d'eux, c'était une impression très largement partagée que Badalamenti était un gentleman et que nous étions les fauteurs de troubles. » […] « J'ai souvent vu les carabiniers marcher bras dessus bras dessous avec Badalamenti et ses partisans. Vous ne pouvez pas avoir confiance dans les institutions quand vous voyez la police main dans la main avec les mafieux »2.

Peppino Impastato avait clairement compris le danger représenté par Badalamenti et Badalamenti avait clairement compris le danger que représentait Impastato2. Les opinions de Peppino était trop affichées pour que la Mafia le laisse continuer. Apparemment, son père essaya de le protéger mais il mourut dans un accident de voiture en 1977. Cet accident n'était peut-être pas dû au hasard.

En 1978, il est candidat sur la liste Democrazia Proletaria (un parti d'extrême gauche) aux élections municipales. Il fut assassiné dans la nuit du 8 au 9 mai 1978, pendant la campagne électorale. Il a été attaché sur une voie ferrée et une charge de TNT a été placée sous son corps ; un clin d'œil sinistre du destin à l'attentat à la voiture piégée qui avait tué son oncle. Deux jours plus tard, les électeurs de Cinisi l'élisent quand même.

Affaire judiciaire après la mort

Dans cette région où la presse, la police et les magistrats subissent d'énormes pressions de la part de la mafia, on remarquera que ces différents groupes suggèrent d'abord que Peppino aurait essayé de plastiquer la voie mais se serait tué par accident. Après la découverte d'une lettre écrite plusieurs mois auparavant, ils suggèrent ensuite la thèse d'un suicide.

Grâce aux efforts entrepris par son frère (Giovanni) et sa mère (Felicia Bartolotta) - qui se sont séparés publiquement de leur famille mafieuse -, aux militants antimafia et au Centre sicilien de documentation » de Palerme (crée en 1977 et qui devient le « Centre sicilien de documentation Peppino Impastato » en 1980), le rôle de la mafia est reconnue dans l'attentat. De nombreux documents et des dénonciations poussent la justice à rouvrir l'enquête.

Le 9 mai 1979, le centre sicilien de documentation et Democrazia Proletaria organisent la première manifestation nationale antimafia de l'histoire de l'Italie. 2000 personnes venant de toute l'Italie y participent.

En mai 1984, le tribunal de Palerme, sur les indications du juge d'instruction Rocco Chinnici qui avait dirigé la première équipe antimafia, émet un jugement (signé par le successeur de Chinnici, Antonino Caponnetto) où le rôle de la mafia est reconnu dans le crime, mais où personne de précis n'est mis en cause.

En 1986, le centre Impastato publie un livre intitulé La mafia in casa mia (« La mafia chez moi ») qui narre la vie de la mère de Peppino. Le centre publie également un dossier intitulé Notissimi ignoti (« Inconnus très connus ») qui désigne le parrain Gaetano Badalamenti comme commanditaire du crime. Entre temps, celui-ci est condamné à 45 ans de réclusion criminelle pour trafic de drogue à New York, dans l'affaire Pizza Connection.

En mai 1992, le tribunal de Palerme classe l'affaire, en confirmant le rôle de la mafia, mais sans poursuivre des personnes précises. Des responsables présumés sont désignés : les mafieux de Cinisi alliés aux corleonesi (les mafieux de Corleone).

En mai 1994, le centre Impastato, appuyé par une pétition, demande la réouverture de l'enquête. Il demande en particulier d'interroger le mafieux repenti Salvatore Palazzolo. En mars 1996, la mère de Peppino, son frère et le centre Impastato font un exposé dans lequel ils demandent de revoir à nouveau les points obscurs de l'affaire, en particulier le comportement des carabiniers juste après le crime.

En juin 1996, à la suite des déclarations de Salvatore Palazzolo, qui désignent Badalamenti et son second Vito Palazzalo comme commanditaire de l'assassinat, l'enquête est rouverte. En novembre 1997, un mandat d'arrêt contre Badalamenti est lancé, en l'accusant d'avoir commandité l'attentat. En 1998, un comité formé par le gouvernement italien, la commission anti-mafia ouvre un dossier à propos de l'affaire Impastato. Le 6 décembre 2000, cette commission émet un rapport démontrant la responsabilité des institutions dans l'égarement des enquête précédentes.

Le 5 mars 2001, la cour d'assises reconnait Vito Palazzolo coupable de meurtre et le condamne à 30 ans de prison. Le 11 avril 2002, Badalamenti est condamné à perpétuité. La mère de Peppino réagit ainsi à la condamnation : « Je n'ai jamais eu de sentiment de vengeance. Tout ce que j'ai demandé c'est que la justice soit rendue à propos de la mort de mon fils. Je dois avouer, qu'après tant d'années d'attente, j'avais perdu espoir, je n'avais jamais pensé que nous atteignions ce moment. Maintenant j'ai un sentiment de satisfaction. J'ai toujours su ce qui s'était passé. Badalamenti avait l'habitude d'appeler mon mari Luigi pour se plaindre à propos de Peppino, et mon mari le suppliait de ne pas tuer le petit »3.

En 2000, le film Les Cent pas (I cento passi) raconte la vie et la mort de Peppino Impastato. Cent pas, c'est la distance qui séparait la maison de Peppino de la maison de Badalamenti.

 

Giuseppe Impastato naquit à Cinisi, dans la province de Palerme, le 5 janvier 1948 dans une famille de mafieux : le père Luigi fut envoyé dans les territoires frontaliers durant la période fasciste, l'oncle et d'autres parents étaient de la mafia et le beau-frère de son père était le chef Cesare Manzella, tué avec une Alfa Romeo Giulietta piégée en 1963. Des restes de celui-ci furent retrouvés sur des citronniers à des centaines de mètres du cratère où la voiture se trouvait. Peppino fut traumatisé « C'est ça la Mafia ? Si c'est la Mafia alors je la combattrai toute ma vie… »1.

Encore enfant, il rompt avec son père, qui le chasse de la maison, et commence son activité politico-culturelle antimafieuse. En 1965, il fonde le journal L'idea Socialista et adhère au PSIUP (« Parti socialiste Italien de l'unité prolétaire »). À partir de 1968, il dirige les activités des groupes de la Nuova Sinistra (littéralement « Nouvelle Gauche »). Il dirige également la lutte des paysans expropriés lors de la construction de la 3e piste de l'aéroport de Palerme (sur le territoire de Cinisi). Il milite également en faveur des ouvriers et des chômeurs.

En 1975 il forme le groupe Musica e cultura qui organise des manifestations culturelles : musique, théâtre, débats, etc. En 1976, il crée Radio Aut, une radio indépendante et autofinancée. Le programme le plus suivi était Onda pazza (traduisible par « Ondes en folie ») émission satirique dans laquelle il tournait en dérision politiques et mafieux. Sur ces ondes, il dénonce les délits et les affaires des mafieux de Cinisi et Terrasini, en particulier du « parrain » local Gaetano Badalamenti. Ce dernier avait un rôle de tout premier ordre dans les trafics internationaux de drogue (grâce à sa mainmise sur l'aéroport tout proche). Malgré tout, Peppino et ses amis étaient considérés comme les vrais empêcheurs de tourner en rond par les autorités de la ville, et non pas les hommes respectables comme Badalamenti.

Le frère de Peppino (Giovanni) déclara devant la commission anti-mafia italienne : « Il semble que Badalamenti était apprécié par les carabiniers car il était calme, aimait la discussion et on pouvait compter sur lui. C'était comme si Badalamenti leur faisait une faveur en s'arrangeant pour que rien n'arrive à Cinisi qui était une ville plutôt tranquille. Les seuls problèmes c'était nous, voila ce que les carabiniers pensaient. Quand j'avais l'occasion de discuter avec un d'eux, c'était une impression très largement partagée que Badalamenti était un gentleman et que nous étions les fauteurs de troubles. » […] « J'ai souvent vu les carabiniers marcher bras dessus bras dessous avec Badalamenti et ses partisans. Vous ne pouvez pas avoir confiance dans les institutions quand vous voyez la police main dans la main avec les mafieux »2.

Peppino Impastato avait clairement compris le danger représenté par Badalamenti et Badalamenti avait clairement compris le danger que représentait Impastato2. Les opinions de Peppino était trop affichées pour que la Mafia le laisse continuer. Apparemment, son père essaya de le protéger mais il mourut dans un accident de voiture en 1977. Cet accident n'était peut-être pas dû au hasard.

En 1978, il est candidat sur la liste Democrazia Proletaria (un parti d'extrême gauche) aux élections municipales. Il fut assassiné dans la nuit du 8 au 9 mai 1978, pendant la campagne électorale. Il a été attaché sur une voie ferrée et une charge de TNT a été placée sous son corps ; un clin d'œil sinistre du destin à l'attentat à la voiture piégée qui avait tué son oncle. Deux jours plus tard, les électeurs de Cinisi l'élisent quand même.

Affaire judiciaire après la mort

Dans cette région où la presse, la police et les magistrats subissent d'énormes pressions de la part de la mafia, on remarquera que ces différents groupes suggèrent d'abord que Peppino aurait essayé de plastiquer la voie mais se serait tué par accident. Après la découverte d'une lettre écrite plusieurs mois auparavant, ils suggèrent ensuite la thèse d'un suicide.

Grâce aux efforts entrepris par son frère (Giovanni) et sa mère (Felicia Bartolotta) - qui se sont séparés publiquement de leur famille mafieuse -, aux militants antimafia et au Centre sicilien de documentation » de Palerme (crée en 1977 et qui devient le « Centre sicilien de documentation Peppino Impastato » en 1980), le rôle de la mafia est reconnue dans l'attentat. De nombreux documents et des dénonciations poussent la justice à rouvrir l'enquête.

Le 9 mai 1979, le centre sicilien de documentation et Democrazia Proletaria organisent la première manifestation nationale antimafia de l'histoire de l'Italie. 2000 personnes venant de toute l'Italie y participent.

En mai 1984, le tribunal de Palerme, sur les indications du juge d'instruction Rocco Chinnici qui avait dirigé la première équipe antimafia, émet un jugement (signé par le successeur de Chinnici, Antonino Caponnetto) où le rôle de la mafia est reconnu dans le crime, mais où personne de précis n'est mis en cause.

En 1986, le centre Impastato publie un livre intitulé La mafia in casa mia (« La mafia chez moi ») qui narre la vie de la mère de Peppino. Le centre publie également un dossier intitulé Notissimi ignoti (« Inconnus très connus ») qui désigne le parrain Gaetano Badalamenti comme commanditaire du crime. Entre temps, celui-ci est condamné à 45 ans de réclusion criminelle pour trafic de drogue à New York, dans l'affaire Pizza Connection.

En mai 1992, le tribunal de Palerme classe l'affaire, en confirmant le rôle de la mafia, mais sans poursuivre des personnes précises. Des responsables présumés sont désignés : les mafieux de Cinisi alliés aux corleonesi (les mafieux de Corleone).

En mai 1994, le centre Impastato, appuyé par une pétition, demande la réouverture de l'enquête. Il demande en particulier d'interroger le mafieux repenti Salvatore Palazzolo. En mars 1996, la mère de Peppino, son frère et le centre Impastato font un exposé dans lequel ils demandent de revoir à nouveau les points obscurs de l'affaire, en particulier le comportement des carabiniers juste après le crime.

En juin 1996, à la suite des déclarations de Salvatore Palazzolo, qui désignent Badalamenti et son second Vito Palazzalo comme commanditaire de l'assassinat, l'enquête est rouverte. En novembre 1997, un mandat d'arrêt contre Badalamenti est lancé, en l'accusant d'avoir commandité l'attentat. En 1998, un comité formé par le gouvernement italien, la commission anti-mafia ouvre un dossier à propos de l'affaire Impastato. Le 6 décembre 2000, cette commission émet un rapport démontrant la responsabilité des institutions dans l'égarement des enquête précédentes.

Le 5 mars 2001, la cour d'assises reconnait Vito Palazzolo coupable de meurtre et le condamne à 30 ans de prison. Le 11 avril 2002, Badalamenti est condamné à perpétuité. La mère de Peppino réagit ainsi à la condamnation : « Je n'ai jamais eu de sentiment de vengeance. Tout ce que j'ai demandé c'est que la justice soit rendue à propos de la mort de mon fils. Je dois avouer, qu'après tant d'années d'attente, j'avais perdu espoir, je n'avais jamais pensé que nous atteignions ce moment. Maintenant j'ai un sentiment de satisfaction. J'ai toujours su ce qui s'était passé. Badalamenti avait l'habitude d'appeler mon mari Luigi pour se plaindre à propos de Peppino, et mon mari le suppliait de ne pas tuer le petit »3.

En 2000, le film Les Cent pas (I cento passi) raconte la vie et la mort de Peppino Impastato. Cent pas, c'est la distance qui séparait la maison de Peppino de la maison de Badalamenti.

 

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