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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 13:20

reçu par mail:

Le 15 Juin au soir, le gouvernement a opéré une attaque policière très violente à l'aide de balles en plastique, gaz lacrymogène et bombes sonores, alors qu'il n'y avait eu aucune manifestation sur la Place Taskim et que le Parc Gezi demeurait un lieu de rassemblement pacifique. Les attaques continuent à Istanbul, Ankara et partout en Turquie. Le bilan sur les 20 derniers jours est tr-s lourd, plus de 7800 blessés, 4 morts, des centaines d'hospitalisation dont 6 en état critique et 11 personnes ont perdu un oeil. Le gouvernement a commis un crime.

 

Nous condamnons les violences avec la plus grande fermeté et défendons les revendications humaines et justes. Le Parc Gezi doit rester un parc. Ceux qui assassinent par la violence policière doivent être démis de leur fonctions et poursuivis en justice. L'utilisation des gazs lacrymogènes et des balles en caoutchouc doit être interdit et les obstacles à l'affirmation des revendications de liberté des citoyens turcs doivent être levés, notamment sur la place Taskim et dans toutes les grandes villes de Turquie. Ces revendications ne sont plus uniquement celles de la solidarité pour Taskim mais elles appartiennent à des millions de citoyens. Le mépris pour ces revendications a sucité de la révolte dans tous le pays. La priorité est de prendre en compte la réaction populaire, d'entendre l'appel du peuple, de satisfaire ses demandes. Nous demandons la cessation des violences.

 

Soutenons les revendications de l'initiative Taskim Dayanismasi (solidarité pour Taskim) :

 

Le parc Gezi doit rester un parc. Nous voulons une déclaration officielle qui annonce l'arrêt du projet de construction de la caserne et l'arrêt de la destruction du centre culturel Atatürk.

La destitution des préfets et gouverneurs, à commencer par ceux d'Istanbul, Hayat, Ankara qui ont l'entière responsabilité d'avoir voulu empêcher l'expression d'un droit fondamental, celui de manifester et de résister. Ce sont eux qui ont émis les ordres de répression violente, eux qui ont donné et appliqué les ordres, qui ont la responsabilité des milliers de blessé et causé la mort de quatre manifestants.

L'interdiction de l'utilisation de gaz lacrymogène et de matériel similaire.

La libération immédiate de tous ceux et celles qui, aux quatre coins du pays, sont en garde à vue pour avoir manifesté et résisté et l'arrêt de toute poursuite à leur encontre.

La liberté de manifester sur toutes les places, notamment Taskim et Kizilay pour le 1er mai, la levée de l'interdiction de tenir des meetings et des concerts sur les places publiques.

 

Partout dans le monde, les peuple se mobilisent par la défense des biens publics et des libertés. Leurs luttes sont les nôtres. La solidarité avec le peuple turc doit être un chaînon dans ce mouvement international.

 

Collectif de solidarité Taskim (Turquie)

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 09:14
il n'est pas inutiles de relever la composition sociale du groupe de s cinq skins impliqués  dans son meutre:une employée de crématorium  antérieurement auxiliaire de vie scolaire, un agent de sécurité, un chômeur, un plombier de profession et un apprenti boulanger . Tous âgés d'une vingtaine d'anées. quand  des jeunes, issus des couches populaires, en soient réduit à s'engager dans une voie aussi criminelle et à devenir les valets des maîtres de ce  monde au lieu de relever la tête et de se battre pour leur classe socialeet pour l'humanitéest un signe de la désespérance causé par une gauche - parti et syndicats( cogestionaires)qui est passé dans le camp des affairistes qui assume une gestion profitable ( pour elle) du capitalisme dans le plus grand mépris des travailleur-s-e-squ'elle considère - laréalité nous le démontre tous les jours- comme une simple variable d'ajustement.
lu sur le site de la horde
Clément, assassiné une deuxième fois
25 juin 2013  

Nous publions ci-dessous le texte qui nous a été adressé par un camarade antifasciste en réaction aux mensonges diffusés par une partie de la presse au sujet de la mort de Clément.

Quand RTL veut faire le buzz sur le dos de Clément…

Quand RTL veut faire le buzz sur le dos de Clément…

Il n’aura pas fallu trois semaines pour que Clément Méric, militant engagé contre l’extrême droite, soit assassiné une deuxième fois. Depuis ce matin, tous les médias reprennent en coeur une information dont l’exclusivité revient à RTL. Une exclusivité dont on pourrait se passer volontiers. C’est le destin cruel mais, semble-t-il, tout naturel pour une presse qui cherche à savoir, pour sans doute ensuite départager, qui a commencé le premier à frappé sur l’autre. Voilà, Clément Méric est assassiné une deuxième fois, accusé d’un comportement « agressif » – selon Le Figaro – envers de simples skinheads, à qui l’on n’enlève pas le fait d’être d’extrême droite, mais qui en tout état de cause, faisaient bien gentiment leurs courses – comme tout un chacun finalement.

C’est ce « jeune gauchiste » qui a porté le premier coup à Esteban Morillo, de plus frappant « par derrière ». La vidéo ne dure que quelques secondes. Elle ne permet pas de savoir si l’auteur des coups mortels était armé d’un poing américain ou non. Mais selon RTL qui a eu l’exclusivité de la visionnée, elle est une preuve irréfutable pour savoir ce qu’il s’est vraiment passé cette fin d’après midi du 5 juin. Non, il n’y a pas de paradoxe, enfin en tout cas pas au yeux des journalistes, sans doute peu scrupuleux, qui n’ont pas hésité à en tirer une conclusion qui risque de peser sur l’opinion publique. Non, malgré la brièveté des images et le manque de visibilité, toute l’affaire s’éclaircit d’un coup. Seulement la vérité reste seule immuable, ce 5 juin, l’extrême droite a versé le sang, a été jusqu’à tuer un militant qui avait pour engagement de lutter contre une idéologie de violence et de haine.

Les faits sont là, seulement les choses semblent avoir changé aujourd’hui. Après plusieurs années de sarkozysme, ce n’est pas, comme aiment à le penser certaines personnes, une parole de droite qui se serait décomplexée, mais bien une justification de l’injustifiable. En jouant sur la peur, les idées sécuritaires et xénophobes, la droite a laissé s’installer en France une opinion réactionnaire. Il y a deux jours une simple information relayée en toute pudeur par la presse nous apprenait que le « Front Républicain » n’existait plus, enterré dans la ville de Villeneuve-sur-Lot. Celui-ci a disparu dans une quasi indifférence générale. Une indifférence que Clément Méric n’aurait peut être pas partagé, non pas parce qu’il affectionnait ou se sentait proche des partis dits républicains mais parce que, sans doute, comme quelques uns, il ne pouvait concevoir le Front National ou tout autre parti d’extrême droite comme des partis classiques ayant leur créneau d’expression libre pour distiller des idées mortifères.

La publication par RTL et par leurs confrères d’articles décrivant l’affaire comme une simple rixe qui aurait mal tourné est l’exemple parfait de cette digue brisée par les assauts répétés d’une droite coupable et d’une certaine gauche, qui, parce qu’inactive et préférant expulser des Rroms plutôt que de lutter contre la misère sociale, est rendu partiellement complice. Le problème n’est plus de savoir si une personne comme Esteban a le droit de distiller sa haine et son aversion pour tout ce qui ne pense et n’est pas comme lui, mais de savoir si c’est bien lui qui a agressé Clément Méric et ses camarades en premier. Pourtant les journalistes semblent avoir oublié une chose: les idéologies totalitaires qu’Esteban glorifie ont tué, et les coups qu’elles continuent à porter sont faits pour tuer. Les idées que Clément, lui, défendait n’ont jamais eu cette finalité.

Sans doute Esteban n’avait pas prévu de tuer ce jour là, mais parce qu’idolâtre des idées fascistes, la mort était dans son camp.

Alors oui ! Vous avez raison messieurs les journalistes, Clément n’a pas été assassiné par Esteban, Clément a été assassiné par le fascisme. Oui vous avez aussi raison, la responsabilité de la mort n’est qu’en partie imputable à Esteban, c’est aussi celle de politiciens charognards n’hésitant pas à reprendre les idées les plus rétrogrades pour obtenir quelques voix de plus.

Mais non, messieurs les journalistes, Clément Méric n’a pas porté le premier coup contre les néo-nazis. Non Clément Méric n’est pas un agresseur au même titre que ces individus, qui, se sentant légitimés par des propos nauséeux, peuvent impunément agresser dans la rue des immigrés, des femmes voilées, des homosexuels ou des militants progressistes. Clément Méric défendait des idéaux qui vont à l’encontre de la haine, ceux portés par les militants antifascistes et les militants progressistes, des idées anti-autoritaires qu’ils continueront à porter bon gré mal gré. Cette lutte anti-fasciste nous n’avons pas attendu que vous la validiez ou non, à l’avenir il en sera de même.

Un camarade antifasciste.

Source SUD Sciences Po

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 09:04

 CE WEEK END Une manifestation de 80000 personnes s'est déroulée en Allemagne pour rdénoncer le gouvernement turc

Un policier turc a été renvoyé lundi en justice pour avoir mortellement blessé par balle un manifestant anti-gouvernemental à Ankara mais a été laissé en liberté. Ethem Sarisulul est décédé le 14 juin des suites d’un coup de feu tiré à la tête lors d’une manifestation sur la place Kizilay d’Ankara le 1er juin. Une vidéo le montre s’écroulant brutalement face à un policier casqué, qui s’enfuit ensuite l’arme au poing.

Depuis le début le 31 mai des manifestations contre le gouvernement, quatre personnes sont mortes -trois manifestants et un policier- et près de 8.000 autres blessées, dont plusieurs dizaines très gravement. Lundi 24 juin, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a défendu les forces de l’ordre, estimant qu’elles avaient agi de façon "héroïque".

Ethem Sarisulul

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 08:31

Cette information n'infirme pas nos critiques face au  nouveau centre pénitentiaire de valence. Deux iniiatives des gens qui font l'émission de radio ensolidarité  les prisonnier-e-s.Cette semaine c'est le début.

L'une c'est un atelier d'écriture le mercredi  tous les 15 jours à 18h au laboratoire( voir adresse sur le blog)

l'autre c'est un rendez vous pour les familles des prisoionniers pour discuter des problèmes de droit.et de construire une solidarité extérieure et construire une discussion entre nous et les familles, c'est le dimanche tous les 15 jours de 15h à 16h à l'adresse habituelle..

 

Jamais la France n’avait connu un nombre de prisonniers aussi important depuis l’immédiat après-guerre et les condamnations pour collaboration. Au 1er juin, il y avait 67977 détenus, ce qui constitue une hausse de 1,6% par rapport au 1er juin 2012. En outre, le nombre de places reste lui fixe à 57325, ce qui signifie une surpopulation carcérale critique. La France connait aujourd’hui un taux de détention de 103 pour 100.000 habitants, un record absolu.

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 22:56
En l'espace de 10 jours cinq tentative de suicide, les témognages confirment la version donnée
lu sur l'envolée .net
Encore un témoignage sur la MA de Seysses, cette fois c’est une ex-prisonnière

Le représentant régional de FO pénitentiaire, Philippe Campagne, fait justement campagne pour redorer le blason de ces collègues de Seysses : les déclarations dans les lettres des prisonnières  de la MA de Seysses ne seraient que des affabulations, la preuve FO a fait sa petite enquête interne et donc, FO envisage de porter plainte pour diffamation.  

Au passage FO fait son travail : profiter une fois de plus de la mise en accusation par des prisonniers du sale boulot des surveillants, pour réclamer des ronds et des personnels supplémentaires.

Rien de bien surprenant, mais cette fois, les rodomontades geignardes des syndicalistes ont du mal à circonscrire le petit feu allumé par la circulation de plus en plus massives de ces quelques courriers (notamment sur le web, par voie d’affiches et à l’accueil famille de Seysses).

Il n’est pas sur non plus que le transfert d’Itziar Moreno*, une prisonnière basque accusée d’être à l’origine du trouble, suffise  à faire taire les prisonnières et la solidarité qui s’exprime autour de cette affaire. Les lettres des prisonnières circuleraient même du côté de la MA des hommes parait-il…

Quoi qu’il en soit nous publions ici une nouvelle lettre adressée à la radio toulousaine Canal sud pour être relayée et lue à l’antenne lors des émissions anticarcérales du jeudi soir. Elle est aussi anonyme, elle a été écrite par une femme qui a séjourné dans cette prison et qui veut témoigner pour appuyer les lettres sorties il y a quelques jours :

Bonjour canal sud,

Je vous écris pour apporter mon témoignage au sujet des mauvais traitements dénoncés à la M.A.F. de Seysses. J’ai été incarcérée pendant quelques mois dans cette prison il y a peu de temps et je ne peux que confirmer ce que disent les détenues dans leurs courriers. Durant cette période d’enfermement j’ai assisté et/ou vécu plusieurs scènes dont je vous fais une liste, non exhaustive, ci-dessous:

- Régulièrement et pour des raisons injustifiées les parloirs sont annulées alors que les familles sont là et à l’heure.

- Les surveillantes lisent tout les courriers avant de les distribuer et divulguent volontairement leurs contenus à qui veut bien les entendre.

- Une détenue malade a été privée de nourriture parce que les surveillantes exigeaient qu’elle se lève elle-même pour prendre le plateau repas que sa codétenue était prête à lui récupérer pour l’aider.

- Les infirmier-es et médecins ne respectent pas le secret médical et divulguent des informations non nécessaires aux surveillantes.

- Une détenue a attendu près d’un mois avant de pouvoir subir l’intervention dont elle avait besoin, elle a faillit faire une septicémie tellement la prison a mis de temps à l’envoyer à l’hôpital.

- Alors que les femmes blanches et parlant français sont appelées par leur nom, les autres sont bien souvent désignées par leur nationalité ou région d’origine.

- Il n’y a aucun moyen de traduction mis en place par l’A.P, qui ainsi exclut la possibilité aux non francophones d’accéder aux même droits que les autres.

- Après chaque parloir les surveillantes effectuent une fouille totale à nu automatiquement sur chacune des détenues alors que cela n’est pas obligatoire. La fouille se fait dans un recoin mais tout le monde peut voir. C’est une pratique non nécessaire et rabaissante.

- Certaines détenues attendent plus d’un mois pour recevoir les repas adaptés à leur régime alimentaire.

- Les surveillantes, soit parce qu’elles ont la flemme de faire leur travail, soit simplement par vengeance, pratiquent la technique de l’oubli, c’est à dire qu’elle laissent les détenues dans la salle d’attente parfois pendant des heures (où il n’y a rien, ni toilette, ni eau, ni occupation) … et j’en passe…

Ce peut paraître des détails mais lorsqu’on est privée de liberté les proportions ne sont pas les mêmes. Ce qui est certain c’est que les surveillantes exercent leur toute puissance sur les détenu-es de manière arbitraire et font preuve de sadisme, et qu’elle bénéficient de la complicité de la direction qui les couvre. Je ne suis donc pas surprise que les problèmes à la M.A.F soient niés en bloc par l’A.P, qui en plus en profite lâchement pour pleurnicher sur ses conditions de travail. Si je vous écrit aujourd’hui c’est pour soutenir ces détenues et dans l’espoir que les média arrêtent de mettre en doute leurs propos.

Vous comprendrez que je ne signe pas de mon nom.

 

* Bien qu'Oihane Gramendia et Ittziar Moreno nesont pas responsables des protestations , itzar a été tranféré à Fresne pour rejoindre le système particulier  de cette prison des cellules QHS

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 22:09
Bayonne : mobilisation pour la cause des ikastolas

Les tenants de l’école en langue basque ont rallié 1 200 personnes selon la police et 3 000 selon Seaska, samedi.

Les manifestants samedi après-midi à Bayonne. Un rassemblement comparable à celui de février organisé à Hendaye.
Les manifestants samedi après-midi à Bayonne. Un rassemblement comparable à celui de février organisé à Hendaye. (Photo Jean-Daniel Chopin )

 

Samedi, à Bayonne, la manifestation organisée à l’appel de la Fédération des écoles en langue basque Seaska pour la défense des ikastolas a fortement mobilisé. 3 000 personnes ont défilé selon Pascal Indo, président de Seaska, alors que la police avance le chiffre de 1 200 participants. Le cortège, qui s’est étiré l’après-midi de la place des Gascons à la sous-préfecture, contenait beaucoup de parents avec leurs enfants, et peu d’élus de la Répblique.

Jean-Baptiste Sallaberry, maire d’Hendaye, figurait toutefois en bonne place de la marche qui s’est ébranlée à 15 h 30 derrière la bannière « Une loi pour les écoles immersives », rédigée en basque et en français. Hendaye, dont le dossier de création d’ikastola, a mis le feu aux poudres, après que le sous-préfet Patrick Dallennes a fait retirer la délibération, votée en conseil municipal le 23 avril, de création d’une nouvelle école en langue basque pour la commune.

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 08:45

 

A propos d'un sabotage contre un pylône haute-tension déplacé dans le cadre du projet d'aéroport et de sa desserte routière.

Dans la nuit du vendredi 21 au Samedi 22 juin, deux pieds d'un pylône haute-tension situé sur l'emplacement du « futur » échangeur à l'extrémité Est du barreau routier ont été sérieusement endommagés à la meuleuse. Ce pylône flambant neuf a été déplacé il y a quelques mois dans le cadre des travaux préliminaires au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La première étape de ce projet sera la construction du barreau routier, une quatre voies reliant l'axe Nantes-Rennes à l'axe Nantes-Saint Nazaire.

Depuis des mois, la préfecture affirme dans la presse que le projet avance et que les travaux progressent. Pourtant les travaux préliminaires ont, depuis le début de l'année, été sans cesse perturbés. A part les fouilles archéologiques, tout ce qui est envisagé reste au point mort (élargissement des routes différé, dernier forage au lieu-dit Culnoues reporté suite à une action de blocage) et tout ce qui a été fait doit être recommencé (sabotage à la masse, à deux reprises, des poteaux en béton destinés aux déviations de lignes, arrachage des piquets de géomètres, sabotage de tous les piézomètres posés lors des derniers forages). Avec ce sabotage de pylone, la seule chose concrète que vous aviez réussi à finir ces derniers mois est également à refaire, et le sera sans cesse, encore et encore, jusqu'à ce que vous renonciez.

Décideurs, sachez-le, tout ce que vous construirez sera détruit ! Vous n'êtes même pas en mesure d'avancer dans les travaux préliminaires, et on vous laisse imaginer la force destructrice de notre opposition lorsque vous entamerez réellement le chantier de l'aéroport et de sa desserte routière.

Nous ne sommes pas en lutte contre un projet d'infrastructure mais contre les infrastructures de la métropole en tant que telles (lignes électriques, antennes relais, autoroutes, etc.). Les luttes qui se déploient contre vos projets mortifères ne s'arrêteront pas, même si vous parvenez à construire par la force ces infrastructures de la dépossession.

Nous affirmons notre solidarité avec nos ami-e-s en lutte contre la ligne Très Haute tension Contentin-Maine. En dépit du fait que RTE ait finalement construit cette ligne, la lutte ne fait que commencer. C'est par le sabotage acharné, diffus, et systématique des lignes existantes que se prolongera ce qui s'est esquissé au Chefresne.

Nul besoin de menaces gratuites pour vous effrayer, il nous suffit d'évoquer des souvenirs pas si lointains :

« En 1971, le gouvernement japonais envisageait de dégorger une partie du trafic aérien encombrant l’aéroport côtier d’Haneda en construisant un nouvel aéroport à 60 km de la capitale, près de la ville de Narita. Immédiatement, de nombreux paysans refusent de vendre leurs terres aux promoteurs, s’organisent et résistent pas à pas à la police, aidés par de très nombreuses personnes. Au fur et à mesure que les travaux avancent, les affrontements se font plus sévères. Des tours de béton et d'acier sont construites sur la future piste par les manifestants, et chaque fois, la police doit livrer de véritables assauts pour démolir les édifices.

Samedi dernier, cinq jours avant l’inauguration officielle de l’aéroport, une nouvelle tour a été érigée par une cinquantaine de paysans et d'activistes qui repoussèrent la police avec des pierres et des flèches en acier lancées grâce à des fusils sous-marins.

Les cocktails Molotov volent, se brisent sur les bulldozers et les voitures de police chargent des deux côtés. Profitant du combat, six individus escaladent la tour de contrôle par l’extérieur pendant que ses servants s’enfuient et se réfugient sur le toit. Un hélicoptère viendra les délivrer, mais la tour y passe. Les vitres volent en éclat, les installations et le reste. »
Narita, 28 mars 1978 (Libération)


Le passé nous permet d'imaginer ce que l'avenir vous réserve !

Quelques étincelles dans la nuit noire de la métropole....

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 12:58

lu sur  Le Cri Du Dodo

  anarchylove « Le couple et la cohabitation sont aussi aliénants pour les hommes que pour les femmes mais  [les hommes] ne le savent pas encore parce que leur aliénation est celle du maître dont la survie – en tout cas le confort quotidien – est liée à l’esclave [...] On leur a appris depuis l’enfance que si le couple et le foyer sont la place naturelle des femmes, leurs véritables territoires sont ailleurs, au travail, au parti, à la guerre. En partant accomplir les tâches nobles qui leur sont attribuées, ils croient fuir l’aliénation du foyer mais ils ne font que quitter une aliénation pour une autre et les deux se renforcent mutuellement, l’existence du couple et celle de l’entreprise sont indissolublement liées et la réforme de l’un s’appuie sur la libéralisation de l’autre. [...] Ce n’est peut-être que lorsque les femmes seront parties, (…) lorsqu’ils perdront leur base de repli, leur résidence secondaire où ils refont leur force de travail, que les hommes prendront profondément conscience, dans leur corps et pas seulement en théorie, de leur aliénation globale et qu’ils remettront concrètement en cause la notion de travail forcé ”

Evelyne Le Garrec, « Un lit à soi », 1979.

« Ce n’est pas la situation actuelle de la famille qui est inacceptable, c’est son existence même. [...]   Il n’y a pas à transformer la structure parentale, car l’égalité vécue […] ne pourra exister et engendrer un bouleversement total des rapports sociaux que dans une société sans classes, décentralisée, techniquement autogérée [...]. Il va sans dire que ce type de société ne peut que se fonder sur un renversement total des rapports entre les sexes et sur la disparition de la cellule familiale. 

[…]Pour résumer : la famille est la courroie de transmission entre le Pouvoir, quel qu’il soit, et le futur citoyen, prolo, cadre, patron, enfant. C’est la famille et l’école qui font d’un enfant un “ adulte ” par la violence. Mais le Pouvoir exerce également sa contrainte sur les parents (surtout la mère par l’intermédiaire de l’enfant ; l’enfant est son otage, son chantage). Toute personne qui n’a à vendre que sa force de travail – 99% des gens -, sitôt qu’il devient père ou mère est obligé de se soumettre. Il doit travailler, et travailler à n’importe quoi, pour n’importe quel prix. »

François d’Eaubonne, « L’hiver du patriarcat »,

Article, in Revue “ Autrement ” n. 3, Automne 1975.

Au fil des rencontres, des discussions et des lectures et autres réflexions sur « L’amour libre » ou le « polyamour » dans les milieux anarchistes, anti-autoritaires ou dit « autonomes », avec un peu de recul on en vient assez vite à se demander si ces termes ont encore un sens. Et surtout s’ils ne sont pas aujourd’hui très galvaudés.  Ce sont des termes parfois vus comme un peu prétentieux. Parce qu’il y a dans certains milieux (« radicaux » ou pas) un prestige à dire qu’on est « en amour libre ». Ces termes « d’amour libre », d’amour pluriel ou de « poly-amour » produisent un effet. Termes qui sous entendent aussi implicitement qu’on est tellement plus libéré-e-s que les autres et qu’en plus on s’aime (ou pas). Mais quel que soit le mot qu’on utilise, il semble recouvrir un ensemble d’agencements et d’arrangements amoureux, amicaux, sentimentaux ou sexuels (ou un peu tout cela à la fois) qui n’ont souvent rien en commun les uns avec les autres sinon de ne « pas être un couple »… et encore.

Dans une partie des milieux révolutionnaires ou dit « anti-autoritaires », ces termes (ou d’autres synonymes) sont un peu à la mode ou font simplement force de « tradition ».

Mais force serait plutôt de constater qu’il existe un vide cosmique au niveau de la réflexion et de la critique concernant nos pratiques et les questionnements qui sont liés à cette question, ou presque.

Soit que ce n’est pas « subversif en soi », soit que c’est « l’affaire de chacun-e », soit que ce n’est pas « une pratique de lutte ». Bref, une bonne dose de libéralisme et de mauvaise foi pour cacher la misère et renvoyer les questions qui touchent à l’intime à la place que lui avait déjà assignée la société dans laquelle nous vivons : celle du « privé ».  Ou encore (autre solution cybernétique) en faisant de la question un problème de mauvaise gestion.  Le couple n’étant pas apte à « gérer les sentiments », on « collectivise » en présentant ainsi la question comme devant simplement être mutée de la « sphère privée » à la « sphère publique » sans questionner ni le pouvoir, ni la gestion, ni ces fausses séparations. Dans tous les cas, on est face soit à un refus d’aborder le problème de face, soit à une volonté d’y imposer des solutions toutes faites. Deux versants d’une même manière d’ignorer l’éléphant qui est dans le salon.

 

L’Unique et son intimité.

« La liberté intellectuelle dépend des choses matérielles. La poésie dépend de la liberté intellectuelle. Et les femmes ont toujours été pauvres, depuis le commencement des temps. Les femmes ont eu moins de liberté intellectuelle que les fils des esclaves athéniens. Les femmes n’ont pas eu la moindre chance de pouvoir écrire des poèmes. Voilà pourquoi j’ai tant insisté sur l’argent et sur une chambre à soi. »

Virginia Wolf, in « Une chambre à soi »

« Être dans la solitude, c’est là le difficile. Continuer à être, à garder le sentiment de sa propre existence — être, et non pas cesser d’être, quand l’autre n’est pas là — et conserver le sentiment d’identité — être soi, et pas les autres. Il est des gens pour qui la chose paraît simple. Ils sont convaincus que leur existence vraie ne cesse pas, mais peut-être même ne commence qu’à l’écart des autres. Ce retrait, ils le nomment, c’est selon, la vie privée, la table d’écriture, la chambre à soi. Pourtant, pour beaucoup, l’être se défait, s’altère quand l’autre manque. (Mais cet autre qui ne peut faire défaut sans que je sombre dans le néant, est-ce bien un autre ?) Ils ne sont que quand ils ne sont pas seuls (la promiscuité tient lieu de proximité). »

Michel Schneider, in « Glenn Gould piano Solo ».

3066894789_fc7dd8152a_oDans toutes les nouvelles sectes gauchistes new-age, comme dans toutes les tentatives désespérées de réanimer les cadavres encore chauds des vieilles idéologies révolutionnaires (post-situ et marxistes, etc…) -concernant les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui dans nos vies- se révèlent non seulement inopérantes pour expliquer le monde qui nous entoure, et formuler leurs perspectives révolutionnaires, mais ont toutes en commun la négation pure et simple de l’individu.

Plus précisément, c’est cette fable de « l’individu immédiatement social » (le communisme ?) décliné à toutes les sauces qui revient régulièrement (ou sous d’autres formes), et raisonne comme une douce promesse. La solution est forcément collective, forcément une question de « luttes des classes » et de « rapports de production », et en bref ne laisse aucune place non seulement à l’individualité mais aussi aux questions qui touchent à l’intime et au domaine du sensible. Comme si d’ailleurs ces champs étaient exclus de tout rapport de force et de toute domination…

Or, dans cette vision l’individu n’est im-médiatement social (c’est-à-dire sans médiations) que dans le « monde idéal»,  une fois achevée l’abolition des classes, de « la valeur », de toutes les formes d’oppressions et de dominations…  et d’ici là, bon courage camarades !

Car de fait cette fable ne vaut pas dans la société dans laquelle nous vivons puisque l’individualité n’est conçue par ceux qui la « nient » que comme le produit finit d’un processus d’atomisation (ce qu’il est aussi en négatif) et comme un concept « bourgeois » ou libéral, ou comme simple produit de rapport de production ou d’échanges.  Ironie du sort, libéralisme existentiel et communisme littéraire se passent très bien du concept d’individualité ou d’individu.

Dans la perspective « communisante » précisément, comme dans la perspective qu’on pourrait qualifier de « tiqqunienne » (ou dans bien d’autres théories) le grand mouvement qui est à la fois sa perspective, sa méthode et son propre but, communise donc tout sur son passage : les chaussettes, les radiateurs, le pain et les affects.  Du moins il croit le faire. Ça c’est sur le papier évidemment.  Le problème c’est bien sur que les « affects », ou plus généralement les sentiments (et moins encore les individu-e-s) ne peuvent se résumer à des « produits du procès de production» (entre autres tautologie) ou à des marchandises interchangeables qu’on peut voler, auto-réduire et « se faire passer ».

Le problème c’est précisément que la rationalité capitaliste et autoritaire a imprimé cette idée sur son passage. Et qu’à défaut de penser la question, c’est la même rationalité de supermarché qui range au même rayon les boites de conserves, le papier toilette, la copine, le copain, « mes ex et mes futurs ». A tel point qu’on pourrait presque écrire sur la liste de courses et de choses à faire « trouver une autre relation ». C’est en général ce qui se fait sur les « réseaux sociaux », sur internet, par exemple.

Evidemment, en plus de témoigner d’une misère affective désarmante (et ce n’est pas rien de le dire),  cet « amour libre » là (sous ses diverses facettes) est le plus souvent un petit théâtre dérobé de la reproduction des formes de dominations hétéro-sexistes et patriarcales, souvent même de manière paroxysmique et caricaturale.

La plupart des « amour-libristes » revendiqués sont bien entendu des hommes hétérosexuels. On se demande entre hommes « comment convaincre sa copine de s’y mettre » sans se demander si on va vraiment le supporter (ou mieux, on lui interdit en se permettant toutes les libertés dans son dos). Et quand la « copine » trouve la clef des champs,  on se transforme en une espèce de Tartuffe machiste désabusé, la traitant de tous les noms, et on invente des mensonges incroyables pour se faire passer pour la victime auprès de tout le monde. On affiche son tableau de chasse devant ses potes et on explique qu’on est « blessé » ou qu’on se sent « abandonné » dès que la « copine » fait preuve d’un soupçon d’autonomie sentimentale ou sexuelle.  Ou pire donc : on cloitre, on isole.

« A elle le couvent, à moi la liberté ». On « fait le canard » devant « sa » copine attitrée, le fier devant ses potes et le malin avec les autres, pour montrer combien on est pas jaloux.

Evidemment, ces situations sont toujours transposables d’un sexe à l’autre ou dans des relations non-hétéro-normées qui se calquent sur le modèle et le style de vie du couple dominant. Ces attitudes (qui ne sont pas l’exclusive propriété des hommes) donnent simplement parfois l’impression d’être juste la norme : à la fois dans les couples traditionnels, dans les couples « réformés », et dans le cloaque « amour-libriste » (dans toute sa diversité) qui ne dit pas son nom mais est quand même très fier de ce qu’il prétend être.

Dans tout ça, il y a l’aspect irrémédiablement « précaire » de la vie collective, qu’elle soit le fait de collocations, de logements sociaux où on s’entasse ou de squats. Encore que ces derniers offrent au moins en puissance –et même temporairement- plus de potentialité : parce que plus d’espace.

Mais dans tous les cas, soit c’est le désert où l’intimité a été « abolie » ou « collectivisée » de force (ce qui dans l’esprit de secte de nombreuses personnes, signifie la même chose), soit c’est le couple comme refuge (et de ce point de vue là, on a pas toujours envie de lui en vouloir). Mais encore une fois, c’est de territoire partagé sous la contrainte qu’il s’agit. Une maison, un espace, une chambre, un lit. De toute évidence, il y a là toutes les raisons de ne pas s’interroger sur l’autonomie individuelle et même le consentement tant ces questions impliquent des réponses « dangereuses ».

Dangereuses pour la société en général, mais aussi pour un ensemble de milieux où le crime suprême dans la vie collective n’est pas de vouloir forcer les limites corporelles et intimes des autres mais bien plutôt de mettre un verrou à sa chambre. Là où il ne viendrait étrangement à personne l’idée de démonter celui des chiottes ou de la cave par exemple.

Et puisqu’on en parle : un ensemble de milieux qui a enterrée l’idée même d’une chambre à soi, voir même d’un lit à soi en même temps que toute possibilité d’autonomie individuelle -et donc d’individualité comme principe et comme tension – ne porte résolument pas grand choses.

Et il faut bien des renoncements pour y parvenir. Et d’abord celui à l’intimité.  C’est-à-dire à la possibilité –même ponctuelle- de s’isoler, d’être parfaitement seul lorsqu’on en a envie, de garder certaines choses pour soi, de ne pas partager toutes nos expériences avec la terre entière.

Du reste, la volonté manifeste et systématique de « collectiviser l’intime » (c’est-à-dire en fait de le détruire) s’apparente plus qu’autre chose à une volonté de pouvoir et d’emprise collective (souvent par un petit groupe ou quelques individu-e-s) sur les relations inter-individuelles. Bien entendu, le « privé » est politique. Mais l’intime n’est pas nécessairement « privé ». Il est une tension entre soi et les autres. Il est ce mince fil qui permet d’exister par soi-même avec les autres.

On peut disserter sur l’idéal que représenterai le fait de vivre –comme certains anarchistes naturistes de la belle époque par exemple- en communauté totale dans un Eden retrouvé, qu’on en ferait pas disparaitre pour autant l’irrépressible besoin d’intimité. L’intime est en fait bien plus que le besoin d’être seul ou le « lien particulier qu’on partage avec d’autres », il est aussi la distance raisonnable dans laquelle on les maintient. Il est cette bienveillance avec laquelle on rappelle à l’autre qu’on n’est pas lui ou elle. Il est aussi la force avec laquelle on repousse nos propres fantasmes de fusion, dans tout ce que ceux-ci comportent d’autoritarisme, de vampirisme affectif, d’appropriation du corps de l’autre, et donc aussi d’hétéro-sexisme, et même de cannibalisme social (au moins dans l’étrange légèreté avec laquelle on considère les corps comme simples aliments de nos « besoins »). En lieu et place de la liberté ou de l’émancipation, c’est bien un libéralisme qui ne dit pas son nom qui domine la plupart du temps. Celui du « j’fais c’que j’veux et j’t’emmerde ».

Là encore –évidemment- le ressac patriarcal, et le ressac libéral et non anarchiste, comme projet contre-révolutionnaire s’exprime avec une aisance et une complaisance désarmantes.

Sous toutes bonnes intentions, les volontés de faire disparaitre cette tension qu’est l’intime – à travers la généralisation du ragot ou la mise à disposition des corps- sont simplement d’excellentes méthodes de pacification et de contrôle, et bien entendu le retour à des formes ancestrales de privation, de contrainte et d’exploitation : tout particulièrement pour les femmes.

Evidemment, la tendance au ragot, ou le fait d’exposer en permanence les autres sans leur consentement ne doit pas être compris comme une critique de la solidarité nécessaire dans les  situations de violences ou d’abus, mais comme la norme qui consiste à se vanter de « ses relations », comme une autre forme de « capital social ».  Norme omniprésente dans les relations de couples et hétéro-normées. Ou plutôt du couple hétéro traditionnel comme modèle relationnel unique et de référence.

Ouvrir la boite de pandore, et laisser nos illusions s’envoler.

« nous savons bien que malgré nos conceptions nous sommes encore jaloux, menteurs, propriétaires, autoritaires. Et comment, du jour au lendemain, ces tares que nous nous reconnaissons pourraient-elles s’effacer chez tous? (…) Constatons simplement l’effet certain d’améliorations que peuvent amener en les individus l’application des idées anarchistes, mais soyons assez lucides pour ne pas espérer supprimer instantanément les tares et en particulier les souffrances de la jalousie »

Anna Mahe, in « Jalousie »,                                                                                                   l’anarchie, 21 février 1907, n° 98

comicsCe « communisme » d’opérette-là (celui cité plus haut), sous toutes ses facettes, ne fait que singer les pires fantasmes « biopolitiques » de caserne et de panoptique en termes de relations sentimentales comme dans la vie quotidienne. Il s’apparente d’une certaine manière à la « maladie communautaire » décrite par Bonnano dans son texte du même nom. Une véritable politique à lui tout seul justement.  S’il y a une analyse critique à porter sur ce qu’il est encore convenu d’appeler « l’économie »,  c’est aussi contre nos propres pratiques oppressives et autoritaires qu’elle doit s’orienter. Car une des bases du capitalisme (et par extension de toute oppression et domination) n’est pas juste l’accumulation, ou même le processus de valorisation mais bien l’appropriation, et conséquemment la force et la contrainte qu’elles supposent.

En réalité, la seule philosophie qu’on puisse réaliser dans ces conditions sans s’attaquer au problème de l’autorité et des diverses formes de pouvoir, institutionnelles comme celles dans la vie quotidienne, reste un « communisme de la survie ». Et c’est un principe qui se vérifie aisément : la survie ne pousse pas les gens à se révolter, à s’auto-organiser ou à lutter. Elle pousse au mieux à se replier sur soi, et plus généralement à s’entredévorer et à se familiariser avec une sociabilité de charognards.

On peut donc d’autant moins se payer le luxe d’ignorer la question de la liberté dans les relations amoureuses, sentimentales ou amicales (et de comment éviter de trop séparer tout cela) que la situation actuelle dit quelque chose du désastre ambiant : du ressac patriarcal et des comportements de prédateurs, du racisme rampant et institutionnel, de la dégradation généralisée des conditions de la survie, des relations de pouvoir et de la violence dans les relations amoureuses, affectives ou « de couple ». Et au milieu de tout cela, de la possibilité d’établir des relations sociales libérées. La situation dit aussi quelque chose de notre incapacité à lier notre éthique et nos pratiques dans la vie quotidienne à celles que nous prônons dans nos luttes. Si nous n’en parlons pas, si nous ne nous regardons pas en face : alors les mêmes causes produiront les mêmes effets.

De la même manière qu’on ne peut pas tout réduire au lieu de travail, on ne peut pas tout réduire à « l’économie », et on ne peut pas d’un côté parler à qui veut l’entendre de « commun » en enterrant systématiquement tout ce qui sort du champ du « social » et de ses « mouvements » au sens le plus restreint des termes.

Ironie du sort, la seule chose qui fasse encore consensus à propos de « l’amour libre » c’est que ce n’est même pas un sujet de débat. Après tout, c’est Emma Goldmann qui demandait « Comment l’amour pourrait-il être autre chose que libre ? ».  On devrait se demander aujourd’hui : comment pourrait-il l’être vraiment ?

Les discours convenus sur « l’amour qui est à réinventer » ou « à détruire »  ne nous apportent rien ou pas grand-chose. Les gens continuent de tomber amoureux/ses en prétendant que ce n’est pas le cas et se font toujours aussi mal voir plus.  Comment pourrait-il en être autrement ? L’amour est-il un problème en soi ou est-ce seulement la manière de l’envisager ? Ou n’est-ce pas plutôt un problème plus général où les sentiments et les affects continuent de pâtir soit de leur exclusion du champ d’analyse critique, soit de leur soumission à des modèles « révolutionnaires » préconçus.

Toutes ces questions restent en suspens.

Autonomie sentimentale et clandestinité amoureuse.

« L’émancipation de la femme est, selon moi, très mal posée chez les anarchistes. La femme n’est guère envisagée que comme épouse ou amante, que comme complément de l’homme et incapable de vivre sa vie pour et par elle-même. (…) La femme est donc prédestinée à l’amour, légalisé chez les gens comme il faut, « libre » chez les anarchistes »

Sophia Zaïkowska, in « Feminisme » ,

La Vie anarchiste, 1er mai 1913

 

On peut se raconter des berceuses ou prétendre que tout n’est qu’une question de « conditions matérielles » (sur lesquelles on a donc peu de prise, c’est donc « la faute à personne ») ou même de « bonne volonté » (c’est donc « la faute à tout le monde ») et on en perdrait presque de vue la puissance de l’idéologie. Du fait que nous avons été conditionné-e-s à penser que « l’amour c’est papa et maman ». Que c’est pour la vie. Que c’est une romance et une histoire à deux uniquement. Ou bien que c’est « moi et mon cheptel » (version « prince proxénète »). Même lorsque ce n’est pas ce qu’on a vécu dans son enfance et moins encore ce qu’on voudrait vraiment pouvoir désirer.

Les désirs en disent d’ailleurs généralement plus sur  ce que nous avons été conditionné-e-s à penser que sur ce qui nous rend véritablement heureuses/eux.

Mais une chose est sure, sans chambre à soi, sans lit à soi, sans intimité : quelle type de relation libre est encore possible ?

La misère sentimentale et la vulnérabilité affective rendent possibles les pires actes et attitudes autoritaires et hétéro-sexistes en matière de rapports sociaux sentimentaux. Pire, elles en sont une conséquence inévitable. Cessons de faire comme si la violence –même psychologique- dans les rapports amoureux ou sentimentaux n’était qu’un accident de parcours ou seulement « la faute au couple ». Car cette misère et cette vulnérabilité, cette exposition rendent aussi possible le couple comme refuge et comme mouroir. Et tout cela est profondément lié à l’absence d’intimité (ou son contrôle strict, par un individu ou le collectif) et au fait de ne pas pouvoir se retourner sur soi, de réfléchir et se questionner, pour se reposer, ou pour toucher son propre corps et jouir enfin seul. Ce n’est pas  un hasard si ceux et surtout celles qui en ont été privées sont pris-e-s d’insomnies chroniques ou atteint-e-s de procrastination et d’apathie. Précisément, ce n’est aussi pas un hasard si cette condition d’absence d’intimité (ou d’intimité contrôlée) est déjà –à divers degrès- celle de la plupart des femmes dans les sociétés dans lesquelles nous vivons.

Ironie du sort : l’injonction « immédiate » à la société contenue dans la conception dominante « d’amour libre » (ou de « camaraderie amoureuse » – pour reprendre un autre concept douteux) ne fait en fin de compte qu’étendre l’exigence marchande et patriarcale de mise à disposition des corps.

Il n’y a donc pas qu’une manière, mais une infinité de façons de rompre avec cette condition. De s’y attaquer. Qui correspondent aux désirs, aux problèmes, et aux spécificités oppressives de chacun-e-s.

Et que nous devrions le voir comme une aubaine et non une contrainte.

En effet, il y a quelque chose de puissant dans cette tension qui lie la nécessité première d’être « unE » aux désirs et aux besoins d’être « plusieurEs ». Et l’unE ne peut pas aller sans l’autre. L’analogie est aussi bien transposable aux sentiments, à la lutte des classes ou aux rapports sociaux de sexe qu’à la question de l’auto-organisation. Et toutes ces questions ne font que se recouper en permanence.

Sans en faire l’alpha et l’oméga de toute théorie -et quoi qu’on en dise-, l’élément de base, celui qui n’est pas compressible, qui ne peut pas être « dissout », qui se révolte, qui respire, qui ressent et qui se débat de toute ses forces contre tout assujettissement (d’autres disent de « subjectivation ») n’est ni le groupe, ni la secte, ni le parti politique, ni le milieu, ni la fédération : c’est d’abord l’individu-e.  Concept qui n’est ni intrinsèquement marchand, ni forcément libéral, ni même essentiellement « bourgeois » ou même contradictoire avec une analyse de classes.

Parce qu’il est le sujet sensible de tout pouvoir : parce que c’est le X de l’équation.

D’où la nécessité pour toute autorité ou tout esprit de secte de le transformer en citoyen, en « produit fini», en sujet d’analyse ou en quoi que ce soit d’autre, ou tout simplement de le nier : de faire comme si il n’existait pas.

L’idée d’autonomie sentimentale prise uniquement d’un point de vue « collectif » est une pure abstraction. Le sentiment de jalousie en dit d’ailleurs plus sur l’image qu’elle nous renvoie de nous-même que sur les autres. Elle dit quelque chose de notre besoin de contrôle et du soi-disant « instinct de propriété » – et de la peur de l’abandon qui les construisent socialement. Même si cette peur est parfois légitime : il faut apprendre à vivre avec, et à l’apprivoiser. Car elle dit aussi quelque chose de notre incapacité à éprouver de la joie à l’idée de savoir l’autre heureuse/eux sans nous. C’est-à-dire à éprouver l’exact contraire de la jalousie.

Mais tout ça n’est pas une mince à faire. Et si tout n’est pas non plus qu’une question de « volonté », alors il faut s’interroger sur les conditions qui rendent cette liberté possible. Et d’abord d’une absence de condition oppressive et autoritaire (de lois, de traditions, de classes, patriarcale, raciste, etc…). Ce qui nous mène inéluctablement sur le terrain de l’attaque et de la conflictualité avec cette même condition.

Et aussi sur celui d’une sorte de clandestinité amoureuse. Parce qu’en effet, dans un monde où la violence de la domination est omniprésente, toute intimité réelle est forcément un peu clandestine. Le stade suprême du soit disant “processus d’individuation” capitaliste et étatique en matière de relations sociales se traduit en réalité par un état où l’individu n’a plus ni “vie privée”, ni vie tout court.

C’est précisément pour ça que la communauté de vie ou de luttes sans intimités ne subvertie rien en termes affectifs. Pour le redire à nouveau, d’une autre manière : elle ne fait qu’étendre l’exigence policière de renseignement et celle de la disponibilité et de l’interchangeabilité marchande des corps à la sexualité dans un simulacre “d’économie sexuelle libérée” (triple oxymore ?) qui ne se maintient qu’au travers de sa perpétuelle mise en scène.

Ainsi, même si il s’agit parfois de quelque chose de « symbolique », dans un environnement hostile où « sexualité »  rime avec violence et prédation : savoir rester secret pour soi est un gage d’autonomie et pas nécessairement de possession, de jalousie ou « d’esprit petit bourgeois ». Ou simplement parce que : tout le monde n’a pas besoin de tout savoir sur tout.

C’est là toute la contradiction dynamique que portent en elles les réponses à la question de savoir si et comment nous pouvons vivre nos amours librement dans un monde qui ne l’est pas : et après ?

Le Cri Du Dodo

Quelques lectures, comme pistes de réflexion, en plus de celles citées dans le texte :

- “A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité”, de Corinne Monnet.

- “Sous le tapis le pavé : Les violences sexistes dans les milieux militants qui se revendiquent anti-sexistes et anti-autoritaires”, Récit collectif et anonyme.

- “Amour libre, jusqu’où ?”, de Martine-lisa RIESELFELD

- “L’utopie de l’amour libre”de José Maria Carvalho Ferreira, revue Réfractions.

- “Les milieux libres, vivre en anarchistes à la Belle époque”, Céline Baudet, éditions l’Echapée.

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 12:27

 

lu sur cettesemaine.free.fr." Tristement je ne peux me rendre en Italie pour rendre compte du  déroulement du maxi procés en cours"donc je publie le texte de site de cette semaine

luc

Suivant [Depuis le 6 juillet 2012 devant le tribunal de Turin, se déroule le procès contre 46 inculpés pour des affrontements en Val Susa, concernant la période du 27 juin (expulsion du campement de la Maddalena) et du 3 juillet 2011 (tentative de reprise du camp). Maurizio et Alessio sont sortis en décembre 2012 (après un an de préventive) pour être assignés à résidence, idem pour Juan depuis juillet 2012 (après 5 mois de préventive). Les deux premiers avaient été incarcérés lors de la série de perquisition du 26 janvier 2012, et tous trois avaient déjà signé une lettre commune au début du procès, où ils exprimaient pourquoi ils refusaient d’être défendus par des avocats : "parce que nous pensons ne devoir nous défendre de rien et de personne, parce que nous voulons attaquer l’Etat et la société avec son monopole de la violence" (la lire ici). Quant à Marta, elle avait été arrêtée directement en Val Susa lors des affrontements de juillet 2011.]

Traduit de l’italien de contra-info, June 19th, 2013

L’audience d’aujourd’hui 7 juin a été intéressante à plus d’un titre. Huit "inculpéEs" étaient dans la salle. Juste après l’appel des présents, trois d’entre nous ont déclaré, chacun avec ses propres mots, notre refus de nous reconnaître dans ce tribunal et ce procès, avant de révoquer l’avocat que nous avions désigné lors de notre arrestation puis incarcération. Le tribunal s’est immédiatement retiré dans la chambre du conseil pour trouver un avocat et lui confier la défense des trois compagnonNEs qui avaient fait cette révocation. Le procès a repris environ une heure et demie plus tard, avec un commis d’office. Nous avons repris la parole pour répéter que nous nous défendrons nous-mêmes, et que nous ne reconnaissions donc pas le commis d’office, qui a demandé des délais pour étudier le dossier, etc. ; le tribunal lui a donné dix jours.
Décidée à poursuivre l’audience à tout prix, la cour a alors donné mandat aux avocats révoqués pour nous "assister" le temps de cette audience. Les avocats ont tenté de refuser ce mandat en faisant notamment référence à la législation européenne qui prévoit l’ "autodéfense". Une tambouille évidente, "un embarras tangible" comme l’ont déclaré les avocats. Les procureurs sont intervenus pour préciser que la loi italienne ne reconnaît pas l’autodéfense, et que la "défense technique par un avocat est donc inévitable... que la norme européenne a été reconnue en Italie ces dernières décennies, concédant à l’inculpé la possibilité de faire une ’déclaration spontanée’ ". La cour s’est aussi retranchée derrière ces arguments, réussissant à finir sa journée.
La prochaine audience, renvoyée au 21 juin, vu le délai de 10 jours accordé à l’avocat commis d’office, se déroulera comme celle-ci dans la salle-bunker à côté de la prison turinoise des Vallette.


Voici les déclarations de Mau, Marta et Juan lues à l’audience

"Je révoque l’avocat que j’ai désigné lors de l’arrestation. Vous en nommerez d’autres, c’est clair, mais ils parleront pour vous, au grand jamais pour moi ! Ce procès et ce tribunal font partie de l’Etat qui, je l’ai vu de mes propres yeux, est en train de saccager le val Clarea en Val Susa. Pour moi, ce qui parle ici, ce sont les luttes qui portent un monde contre vos dévastations sociales et environnementales. Ce qui parle ici pour moi, ce sont les mouvements dans lesquels je vis et auxquels je m’identifie ici comme ailleurs".
Mau

[Marta a été arrêtée le 3 juillet 2011 dans le bois où s’est déroulée la résistance NoTav]

"Le procès contre les NoTav qui ont combattu pour résister à l’expulsion de la Libre République de la Maddalena, et contre ceux qui ont tenté de la reprendre le 3 juillet, se déroule depuis désormais plus d’un an dans les sordides salles du tribunal de Turin et maintenant dans la salle-bunker encore plus sordide de la prison des Vallette. Dans cet environnement froid et malsain, mais avec la complicité de deux autres compagnons, Maurizio et Juan, j’ai révoqué mon avocat le 7 juin 2013, lisant dans le tribunal la déclaration suivante (même si je n’ai pas vraiment pu la lire en entier, parce que le juge a commencé à se chauffer au mot "lutte") :
Je suis aujourd’hui ici dans cette salle pour signifier la révocation de l’avocat, parce que je ne souhaite pas être défendue et que je refuse toute accusation. Je revendique entièrement les journées du 27 juin et du 3 juillet : j’y étais pour m’opposer au moindre mécanisme de ce système techno-industriel qui nous assujettit chaque jour, nous transforme et nous tue.
Je n’entend pas légitimer ce procès, qui veut sanctionner la lutte pour la paralyser et la détruire ; les procès servent uniquement à établir vos pouvoirs, et certainement pas à établir la vérité. La lutte NoTav ne se réduit pas à des lois, la réalité n’est pas dans ce tribunal, elle ne se nourrit pas d’inventions coercitives comme vos lois.
Je suis et je continuerais d’être présente dans la vallée pour arrêter le TAV, comme le font chaque jour des compagnonnes et des compagnons de partout, qui refusent avec détermination le TAV, vos jugements et vos lois."
le procès est, je pense, la continuation de la lutte et pas quelque chose de séparé. Certes, la lutte se mène dans la rue, mais lorsque tu es contraint de rester dans certaines situations, même dans ces situations-là tu peux aussi trouver des manières de lutter si tu le veux.

Pour en revenir au procès, je pense que les choix de presque tous les autres inculpés sont fiers et portent en eux la volonté de continuer à lutter. Je ne pense donc pas que le choix de refuser d’avoir un avocat puisse créer des séparations avec ceux qui ont décidé d’avoir une défense ou entre ceux qui sont dehors et dedans. Pour moi, la richesse de la lutte, avec toutes ses contradictions, est formée par l’hétérogénéité et la diversité des individus et des groupes qui s’auto-organisent de manière autonome avec des moyens, des manières et des choix différents. Je ne vois pas pourquoi dans cette situation de procès il en irait différemment. Le choix que j’ai fait n’est pas uniquement né de réflexions et d’évaluations, mais surtout en écoutant ce que j’ai dans le coeur, comme je l’ai toujours fait dans la vallée et partout où j’ai été.

Je sais que mon choix pourrait aussi être erroné. J’ai des doutes. Je pense que c’est un choix important, et c’est aussi pour cela que j’ai envie d’en discuter...

Juan

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 13:22

Après la grève de plusieurs jours à lacentrale nucléaire du Tricastin sur des questions de sécuité etc'est au tour du comité d'hygiéne ,de sécurité et des conditions de travail (CHSTC)d'Eurodif. qui alerte la justice.Car les réductions du personnel et les nombreux arrêt de maladie( psycho-sociaux) sur le site de la centrale montrent  l'augmentationn de l'angoisseà l'approche du "nettoyage"des ferrailles pour récupérer des tonnes d'uranium piégés dans les tubulures.

Pour nous c'est une angoisse maintenue par tous les acteurs( syndicat, association,EuropeEcologieLesVerts, et les agents de l'état  depuis de longs mois , car bientôt le premier ministre doit promulguer un déret autorisant l'utilisation du tryflorure de chlore sur le site pour nettoyer des ferrailles provenant du démantelement de Georges BESSE I Certain d'entre nous ont publié un tract sur ce produit. les mêmes ont diffusé une affficheaux alentours du "futur chantier". on republit le tract en question . les quelques personnes qui ont écrite  ce trac: les rentiers du nucléaire veulent faire fructifier leur rente et recommandent  de le faire circuler. L'état ne pourra pas dire en cas d'accident: "on ne savait pas."

....CE. tract qui a circulé jusquà la Saone et loire auprès du collectif CAN 71.Celui-ci l'a publié sur leur blog., ce tract diffusé aux trois journées de Glandages de juillet 2012.cher lecteur et lectrice nous voulons pas participé au spectacle de l'accident

                                       les rentiers du nucléaire veulent faire fructifier leur rente

L'installation Eurodif (pour European Gaseous Diffusion Uranium Enrichissement Consortium) rebaptisée après l'assassinat d'un gestionnaire d'Etat « usine Georges Besse », est  la propriété du groupe Eurodif Production (filiale d'Areva). Elle est située sur le site nucléaire du Tricastin, où elle a été construiteà la fin des années 70 pour produire l'uranium enrichi consommé par les centrales nucléaires françaises ainsi que par une partie des centrales d'Europe occidentale et du monde (Japon, Afrique du sud, Chine, ...). Eurodif fournit une centaine de réacteurs, soit à peu près le quart de la production nucléaire mondiale.

 

Son principe de fonctionnement, que nous allons décrire, est simple mais très consommateur d'énergie : en moyenne 3 des 4 réacteurs nucléaires de la centrale du Tricastin servaient à sa consommation électrique, c'est à dire que cette usine était la plus grosse consommatrice d'électricité de France. Le principe mis en œuvre à Georges Besse est basé sur la mise en place d'un grand nombre de barrières poreuses, au travers desquelles passe du fluorure d'uranium gazeux, de façon à l'enrichir au fur et à mesure. A l'époque, cependant, une autre technique d'enrichissement de l'uranium avait été développée, utilisée notamment en Russie, au Pakistan et aux Pays-Bas : la méthode par centrifugation. Cette technologie, si elle n’avait pas un brevet français, avait néanmoins cet avantage de consommer 50 fois moins d'électricité. Eurodif Production a fini par racheter ce brevet il y a quelques années et a construit Georges Besse 2, nouvelle usine à centrifugeuses sur le site du Tricastin.  . Georges Besse a été arrêtée et le démantèlement de ses structures gigantesques est en préparation. L'usine va être déconstruite, de façon notamment à récupérer ou recycler ce qui peut l'être : par exemple l'acier utilisé dans les colonnes de diffusion (soit environ 130 000 tonnes).

 

Mais voilà le hic : l'uranium étant radioactif les parties de l'usine contaminées par celui-ci sont des déchets radioactifs, et ne peuvent donc pas être recyclées ou mises dans des décharges « normales ». Notamment ces 130 000 tonnes d'acier, ainsi que les barrières poreuses métalliques (pas loin de 30 000 tonnes de métal), sont « imprégnées » par quelques centaines de tonnes d'uranium. Areva cherche donc à récupérer à tout prix cet uranium, pour plusieurs raisons :

- Limiter le volume des déchets

- Récupérer les 300 tonnes d'uranium « coincées » et « partiellement enrichi[es] » dans les cascades et tuyaux des installations.

Le Directeur d'Areva Tricastin souhaiterait même que l'acier, une fois traité, soit recyclé sous forme de clous, de châssis de tracteur ou de poutrelles(construction métallique), par exemple  ce qui permettrait de le revendre au lieu de payer pour s'en débarrasser. (Une augmentation déguisée de plus du bruit de fond de la radioactivité naturelle.)

- Enfin il y a un enjeu économique à moyen terme : l'entreprise Areva veut montrer sa soi-disant  « expertise » en termes de démantèlement d'installations nucléaires, afin de se placer sur le terrain du démantèlement et des futurs marchés qui se profilent dans le monde entier,compte tenu l’âge de la première génération de centrales.

Pour récupérer cet uranium, Areva va utiliser un produit d'une dangerosité et d'une toxicité peu commune : du trifluorure de Chlore (CIF3). Là dessus les responsables du Tricastin sont très discrets, et pour cause ! Ce produit est très fortement corrosif pour les tissus humains et pénètre par la peau dans l'organisme, où il est extrêmement toxique pour le système nerveux. Il peut  aussi produire facilement des acides chlorhydriques et fluorhydriques, qui sont des poisons très agressifs particulièrement pour les poumons. Par ailleurs, le CIF3 explose avec l'eau, et brûle à peu près tout, souvent sans avoir besoin d'ignition. Sa combustion dégage des produits fluorés très toxiques. Comment peut-on faire pour l'éteindre alors ? L'amiante et les produits « étouffants » n'ont pas d'effet. Pire encore, un feu de ClF3 ne peut pas être éteint par du sable car celui-ci brûle aussi ! Il semblerait qu'il n'existe pas de solution à ce problème. Pour citer un chercheur américain qui avait travaillée sur les carburants pour fusée, et notamment sur ce produit : « je ne connais qu'une solution : prévoir de bonnes chaussures de sport, et courir vite ! ». Enfin le trifluorure de Chlore attaque aussi le béton : lors d'un accident industriel où un fut de ClF3 s'est renversé, le produit a traversé environ 30 cm de béton.

 

            Bien sûr le CIF3 est déjà utilisé dans l'industrie, notamment sur la plate forme comurhex du Tricastin, mais en faible quantité, de l'ordre du kilogramme [1]. Mais là, ce seront environ 50 tonnes par an qui seront produites, pour récupérer l'uranium

            Évidemment, on nous promet que tout se passera bien, et les institutions préparent des plans en cas d'accident, qui servent essentiellement à rassurer tout le monde, à commencer par les décideurs et les technocrates eux-mêmes. Mais comment peut-on être sûr d'avoir tout pris en compte ? Que feront les pompiers face à un incendie que rien ne peut éteindre, et qui peut leur brûler les poumons ? C’est la même chose que le sodium utilisé dans les surgénérateurs, qui s'enflamme spontanément à l'air et dont on ne sait pas éteindre le feu. Sa récupération est extrêmement compliquée, et une explosion de sodium a fait un mort en 1994 lors du démantèlement du premier surgénérateur français.

 

            La seule bonne solution consiste, à notre avis, à se poser la question de l'utilité de toutes ces usines nucléaires afin de stopper leur fuite en avant destructrice. Les usines du Tricastin (comurhex II) manipulent quotidiennement des produits radioactifs, très toxiques (les 50 tonnes annuelles de ClF3 n'en sont finalement qu'un exemple extrême), et tout ça pour quoi ? Produire toujours plus d'électricité, pour produire un monde nocif pour ses habitants et la planète entière.

            Toute cette énergie vise avant tout à nous soumettre à un mode de vie et à un monde que nous n'avons pas choisis, à nous faire accepter des décisions qui nous ont été imposées, et dont le nucléaire est l'illustration parfaite.

            L’énergie atomique sert les intérêts de l'État et des capitalistes, peu importent pour eux les dangers qu'elle fait peser sur nos têtes. Ainsi l'industrie nucléaire s'est toujours illustrée en produisant et utilisant les poisons les plus toxiques jamais inventés par l'humanité, dont le CIF3 fait partie.

Il fallait bien faire à Eurodif un peu de publicité citoyenniste, c’est ainsi que nous avons vus une petite protestation des élus d'EELV dans le quotidien local contre l'utilisation (le13 mars 2012 ) du CIF3.

Personne ne doit oublier que l’expérience de Fukushima nous montre sans risque d’erreur qu’en cas de catastrophe les autorités ne pourront rien faire d’autre que de nous « aider » à vivre en zone contaminée, c'est-à-dire, de nous empêcher d’en partir [2].

 

Nous, nous ne sommes pas des lanceurs d'alerte. Nous ne participons pas à l'acceptation d'une décision ni à une quelconque manipulation de l'État pour faire accepter des choix politiques qu'il a déjà faits. On se déferra du nucléaire qu'en s'en prenant aux fondements du monde qui l'a produit.

 

Nucléocrate sers-toi de ta cravate

Août 2012.

Quelques membres de la coordination contre la société nucléaire

où et comment nous joindre

collectif libertaire  anti-nucléaire amiénois

CNT-AITC/oCTC,151rue Dejean , 80060 Amiens Cedex 9

Collectif libertaire anti-nucléaire C/O le laboratoire  anarchiste 8 place ST JEAN valence 26000     



[1]. Bien sûr nous sommes opposés à toute utilisation de produits aussi toxiques que le ClF3. Cependant, les consommations sont en général de l'ordre de quelques kilos, ce qui est très loin des quantités astronomiques prévues au Tricastin 

[2] Voir le documentaire Fukushima une population sacrifiée documentaire de D. Zavaglia visible sur dailymotion

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