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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 13:45

 lu sur le blog c'est déjà tout de suite voilà c'est à litre on relaie avec plaisir

Il me semblerait plus satisfaisant, pour ma part, puisqu’il s’agit d’hommes qui se sont illustrés par des actes, qu’on ne les honorât qu’avec des actes. »
Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, 411 avant l’ère chrétienne.

Il est dangereux de déclarer la guerre à l’Etat et à ce monde, car il ne sait faire que deux choses : progresser, et combattre tout ce qui pourrait détruire, affaiblir ou empêcher sa progression. En tant qu’anarchistes, et nous entendons par là révolutionnaires, nous sommes conscients de nos choix et des responsabilités qui en découlent. Lorsque nous disons révolutionnaires, nous ne parlons pas d’une quelconque croyance en un monde parfait et serein, ni à la chimérique croyance en la possibilité de voir advenir une quelconque révolution anti-autoritaire totale telle que nous pouvons la rêver dans nos envolées masturbatoires, de notre vivant ou non. Nous parlons d’une tension permanente vers l’approfondissent d’un processus de rupture avec le pouvoir et ses institutions, par le biais de la critique radicale et de la destruction.

Le 22 mai 2009, Mauricio Morales, un compagnon respecté de Santiago du Chili est tombé au combat dans cette guerre sociale à laquelle nous essayons de contribuer, lui comme tant d’autres anarchistes à travers le monde, avec nos moyens et notre éthique, notre intensité et nos désirs propres. L’explosion de la bombe artisanale qu’il portait sur son dos a causé sa mort brutale, elle était destinée à l’Ecole de Gendarmerie qui ne se trouvait pas loin. Aussi loin que nous étions à ce moment-là, au cœur de cette vieille Europe, la nouvelle de sa mort nous a bouleversés pour ce qu’elle était : la mort d’un frère. Nous ne connaissions pas directement Mauricio, mais était-ce bien important ? Nous nous sommes reconnus en lui, comme nous nous reconnaissons chaque jour dans toutes les attaques contre la domination, et cela nous a suffit. Comme beaucoup d’autres nous avons enflammé la nuit en guise de commémoration. Car c’est bien la seule forme de commémoration qui nous convienne pour saluer la mémoire du compagnon : continuer le combat dans la solidarité, oui, mais bien plus encore : propager la critique en actes de ce monde, et encourager sa diffusion.

En effet, nos attaques contre l’existant n’ont pas pour but premier d’honorer la mémoire des compagnons tombés, d’envoyer une dédicace à tel ou tel autre compagnon incarcéré ni de dialoguer avec le pouvoir dans un corps à corps frontal. L’attaque est pour nous une nécessité, parce que les mots ont un sens et que nos idées ne sont pas que des concepts. Et nous trouvons tout à fait secondaire, voire tout à fait dispensable ce besoin de faire des clins d’œil ou de s’auto-référencer en permanence. Les destinataires des clins d’œil n’ont pas besoin qu’on les nomme s’ils se reconnaissent dans ce que porte l’acte. Et offrir une attaque à un compagnon, c’est éloigner pour d’autres la possibilité de se la réapproprier, et se couper nous-mêmes des possibilités infinies de la réappropriation et de la reproductibilité, et aussi de l’anonymat qui caractérisent pour nous l’intervention anarchiste dans toute son humilité. Pour préciser ce que nous nommons humilité, c’est que nos attaques s’inscrivent comme de modestes contributions à la guerre sociale en cours depuis toujours, et non comme des actes héroïques, car comme nous le disons toujours, il est facile d’attaquer et n’importe quel enragé peut le faire. Voilà pourquoi nos compagnons tombés au combat ne sont pas des héros.

Nos attaques sont quotidiennes, elles n’attendent et n’ont besoin d’aucun appel à la solidarité. C’est là notre seule forme de commémoration : dans la conflictualité permanente. Car les autres formes de commémorations ne sont d’aucun remède pour nos cœurs insurgés, car pleurer n’a jamais fait tomber un mur. Qu’ils soient de la religion divine ou terrestre, les apôtres de ce monde n’offrent aucune solution à nos malheurs. Les veillées funèbres, les cérémonies, les éloges, les marches, les anniversaires, les beaux discours et le lyrisme de pacotille, nous leur laissons volontiers et continuons de tracer notre route. Nous ne sommes pas intéressés par la gloire et l’honneur, mais par la dignité, l’amour et la haine. C’est avec ces trois sœurs que nous marchons chaque jour. Nous aurions préféré ne pas ressentir le besoin d’écrire ces quelques lignes, mais nous avons peur de voir des valeurs d’origine religieuse et militaire qui ne sont pas les nôtres se mélanger aux nôtres.

« Le culte des morts n’est qu’un outrage à la douleur vraie. Le fait d’entretenir un petit jardin, de se vêtir de noir, de porter un crêpe ne prouve pas la sincérité du chagrin. Ce dernier doit d’ailleurs disparaître, les individus doivent réagir devant l’irrévocabilité et la fatalité de la mort. On doit lutter contre la souffrance au lieu de l’exhiber, de la promener dans des cavalcades grotesques et des congratulations mensongères […] Il faut jeter bas les pyramides, les tumulus, les tombeaux ; il faut passer la charrue dans le clos des cimetières afin de débarrasser l’humanité de ce que l’on appelle le respect des morts, de ce qui est le culte de la charogne. »
Albert Libertad in L’anarchie, 31 octobre 1907.

Il n’y a aucune gloire dans le fait de mourir au combat. Le pouvoir réserve des conséquences morbides à nos choix de combattants, qu’il s’agisse du cachot, de la torture ou de la mort. Toutes ces mauvaises nouvelles font partie du contrat que nous avons signé avec nous-mêmes, dans le choix de la guerre à l’existant. Nous savons à quoi nous attendre, du plus beau au plus tragique, et nous sommes prêts, quelle que soit l’issue. Cette fois-ci elle fut fatale, mais cela ne fait pas de Mauricio un compagnon plus impliqué ou plus valeureux que n’importe quel autre combattant/te. Cette nuit-là, il a pris des risques comme tant d’autres chaque nuit, et le hasard nous l’a volé. Cela aurait pu être toi, moi, lui, elle ou n’importe quel autre individu pour qui l’anarchie n’est pas qu’une question de mots ou de postures.
Beaucoup de nos compagnons sont morts au combat. Les Ravachol, Filippi et Morales de notre histoire sont nombreux, de mémoire plus ou moins vive, à exister encore dans chaque coup rendu, dans chaque assaut porté contre la domination. Et ce ne sont pas des martyrs, ils ne sont pas morts pour une cause, ils ne se sont pas sacrifiés. Ils sont morts en essayant de réaliser un rêve, ils ne se sont pas rendus et ils ont été tués. C’est tout. Rien ne les ramènera, ni une chanson, ni un poème, ni un discours, car il n’y a pas d’au-delà, il n’y a pas de héros, il n’y a pas d’ailleurs où guérir d’ici.

Compagnon/nes, ne cédons pas aux sirènes de l’admiration, du charisme et de la valeur sociale. Les anarchistes ne doivent pas être canonisés. Laissons cela au star-system et à l’idolâtrie religieuse. Que chaque individu soit son propre héros plutôt que d’aller chercher la grandeur chez l’autre. Mauricio n’est pas une statuette, un poster ou une icône. Il est une source d’inspiration, un frère.

Contre le culte de la charogne.

Juin 2013.

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 21:32

Ce texte a deux objectifs. Le premier est de faire un état des lieux non exhaustif du programme nucléaire belge en sortant du cadre restreint du nucléaire envisagé sous l’angle de l’électrique (les centrales) et du militaire (les bombes). Le deuxième est de tenter de nous donner quelques outils, sans entrer dans une analyse théorique trop complexe, pour comprendre sa place en Belgique et en particulier comment il s’insère et entretient les logiques du pouvoir (politique, économique et militaire).


Science et pouvoir

La technologie nucléaire et ses promoteurs sont les rejetons dégénérés de la vieille relation incestueuse entre une certaine vision de la science et ce pouvoir. Le nucléaire, par sa démesure, a poussé à leur paroxysme les logiques qui sous-entendent cette vision de la science. Bien que, en terme de paroxysme et de folie des grandeurs, les scientifiques béats n’aient pas de limites. Qui sait quelles nouvelles horreurs ils nous concoctent…
Contrairement à une idée assez répandue qui prétend qu’il existerait d’un côté une recherche neutre et désintéressée et, de l’autre, les applications plus ou moins bonnes ou mauvaises qu’en feraient les industriels, les militaires ou les politiques, il n’est jamais inutile de rappeler que la science « pure » « neutre » n’existe pas et n’a jamais existé. L’histoire de la science, celles de l’essor industriel et de l’apparition et de la consolidation des États modernes avancent conjointement. Pour mener ses recherches, pour faire accepter de la validité de ses hypothèses, le scientifique a toujours du convaincre ses mécènes, ses bailleurs de fonds (États, industriels, militaires), du gain qu’ils pourraient en tirer. La vision de la science qui s’est imposée est celle qui a pu fournir des applications concrètes pour l’industrie ; celle qui a élaboré le perfectionnement des engins de guerre et des dispositifs de surveillance et de contrôle des États ; celle qui leur a fournit le prestige nécessaire à leur rayonnement culturel. En fournissant au pouvoir les outils nécessaires à son maintien et son extension, le scientifique est devenu une pièce indispensable du pouvoir.
La période contemporaine est une période de changements aux issues encore incertaines. Les systèmes politique et économique mondiaux subissent des mutations qui se traversent aussi les milieux scientifiques. Ce qui est certain c’est que dans ces mutations, les technologies ont un rôle de première importance. En premier lieu parce que, pour les États et les entreprises, réussir leur insertion dans le flux des échanges mondiaux passent de plus en plus par la course à la technologie et en particulier la technologie de pointe. Les États puissants sont ceux qui réussissent le saut technologique qui leur donnent l’avantage militaire et commercial, sans parler des outils que ces nouvelles technologies offrent pour le contrôle des populations.
Le haut degré de complexification, et donc de spécialisation de la recherche contemporaine pousse les programmes scientifiques à s’insérer dans des projets transnationaux. Au plus la recherche se spécialise, au moins les chercheurs ont une vue d’ensemble du cadre dans lequel s’inscrivent leurs expériences, et au plus ils se déresponsabilisent des applications et conséquences possibles de leurs recherches.
A cela s’ajoute, ces dernières années, l’entrée en masse des industriels dans les unités de recherche et une privatisation de la recherche. Ce qui implique, sans vouloir entretenir l’idée d’un age d’or de la recherche publique ou fondamentale, l’accentuation de l’obligation pour les scientifiques de trouver pour leurs expériences des débouchées concrètes susceptibles de satisfaire leurs bailleurs de fond.
Ces deux tendances ont pour conséquence générale la disparition des espaces de critique, même s’ ils ont souvent été ambigus, contre cette vision de la science et de la recherche au sein et en dehors des milieux scientifiques.
Dans le domaine nucléaire, l’exemple typique de cette nouvelle tendance c’est le projet ITER [1]. Projet transnational par excellence, on pourrait se demander pourquoi tant d’États y participent par le biais des institutions qu’ils financent, alors qu’il s’apparente à un gouffre à thune et qu’à première vue, la possibilité d’en tirer d’applications concrètes semble éloignée. Pour les États et le monde industriel, et c’est la vitrine par laquelle le projet est vendu, l’ITER offre à (très) long terme la possibilité d’une ressource énergétique infinie pour faire tourner une économie énergivore. Dans quelle mesure gouvernants et scientifiques sont conscients du leurre d’une telle promesse, cela reste à déterminer. Par contre ce qu’offre dès maintenant l’ITER, c’est du savoir technologique, du retour d’expérience. C’est pourquoi à travers le monde les Universités et les centres de recherches , les industries ET le secteur militaire sont mobilisés pour travailler sur ce projet de fusion. En Belgique y participent donc non seulement les diverses universités [2], des entreprises (coordonnées par la plate-forme Iter Belgium), le Centre d’Étude Nucléaire (CEN) ET l’Académie Royale Militaire.

Le nucléaire à la belge

La Belgique est un petit pays qui ne peut pas prétendre au statut de puissance. Elle a tout intérêt, d’une part, à investir dans des domaines hautement spécialisés à haute valeur ajoutée,donc les technologies de pointe, d’autre part à participer à des projets transnationaux qui lui donneront directement accès au savoir technologique. Le programme nucléaire belge est à comprendre dans ce cadre.
Le petit bout de la lunette du programme nucléaire belge ce sont les centrales de Doel et Tihange, construites principalement pour atteindre une certaine autonomie énergétique. Une autonomie en partie illusoire puisque l’uranium qui sert de combustible ne se trouve pas en Europe. Illusoire aussi parce que le lobby français [3] a toujours eu une place de poids dans le projet d’abord sous la forme d’EDF (Électricité de France) et désormais GDF-SUEZ puisque l’exploitant, Electrabel, est une filiale du groupe français. Outre GDF-Suez on retrouve dans la gestion des centrales, l’autre pan du lobby nucléaire français, Areva et le lobby nucléaire américain Westing House. La question de l’énergie nucléaire est bien sûr centrale pour l’économie des États non pas tant en terme de gains directs mais parce qu’elle fait tourner le reste de l’industrie. C’est la raison pour laquelle il y a de fortes chances pour que l’énergie nucléaire, à moins d’une réelle opposition, produite ici ou importée du voisin français, soit promue à un bel avenir.
Ça c’est l’aspect très visible du nucléaire belge. Mais si la Belgique est l’un des pays les plus nucléarisé au monde ce n’est pas dû qu’à ses centrales locales et avoisinantes (Borsele, Gravelines, Chooz) mais aussi parce qu’elle est parsemée d’installations nucléaires. Au Nord, en Campine, les régions autour de Mol et Dessel emportent la palme en regroupant sur leurs territoires, le Centre d’Étude Nucléaire avec ses 3 réacteurs expérimentaux existants et un quatrième en construction [4] ; Belgoprocess qui retraite et conditionne une partie des déchets radioactifs ; et les sites d’enfouissements de déchets radioactifs. Un peu plus à l’est, à Kleine Brogel, la base de l’OTAN héberge une vingtaine de têtes nucléaires américaines, sympathique héritage de la guerre froide. Au sud à Fleurus, à côté de Charleroi, les habitants ont le plaisir de subir les fuites de l’Institut National des Radio-Eléments (IRE), l’un des six grands laboratoires au monde producteurs de radio-isotopes à l’usage du monde médical. Sans compter tous les labos, hôpitaux, centres de recherche qui ont leurs propres installations nucléaire à petite échelle ou qui manipulent des matières nucléaires.
Dans le cadre évoqué plus haut, le nucléaire médical c’est un peu la spécialité belge. Il y a non seulement l’IRE mais aussi Ion Beam Applications (IBA), à Louvain-la-Neuve, leader mondial de la production d’accélérateurs de particules à usages médicaux et industriels. L’IBA est exemplaire des interconnexions qui existent entre les différentes filières nucléaires. IBA est aussi bien sur le marché de la stérilisation (par exemple des produits médicaux) et de l’ionisation, que celui de la radiothérapie, de la production de radio-isotopes, que sur le marché de la pasteurisation alimentaire.

Acceptation et habituation

Au delà des logiques que produit le nucléaire, quelles sont les outils que se donnent les nucléocrates pour faire accepter leur programme ? Après Tchernobyl, les États nucléarisés ont investi dans la création d’institutions censées légitimer l’existence et la poursuite du programme nucléaire. Ces institutions naissent à la fois du peu d’efficience des politiques du silence ou de mensonges grossiers adoptées par les nucléocrates jusqu’à Tchernobyl compris ; et d’une tendance plus générale des politiques à utiliser l’image d’une pseudo-transparence comme légitimation. L’idée est simple : donner l’impression aux populations qu’elles disposent de l’information et qu’elles sont associées au débat pour museler la critique. Il s’agit bien d’une pseudo transparence puisque bien évidemment les termes du débats sont donnés par les nucléocrates eux-mêmes. Mais au delà de l’acceptation du programme nucléaire, ce que servent ces institutions c’est l’habituation des populations à la vie en milieu contaminé.
C’est donc dans cette optique qu’est créé l’Agence Fédérale de Contrôle du Nucléaire. L’Agence, présidée par un ancien directeur de centrale, se cape d’une prétendue scientificité pour gérer les craintes des population en prétendant publiciser et mesurer le degré de gravité des « incidents » dans les installations nucléaires. L’AFCN est très typique de ce changement de politique, ce n’est plus vraiment « tout va bien » mais plutôt « le risque est gérable ». La scientificité dont se pare l’Agence pour noter ce qu’elle nomme les incidents, vient noyer sous un flux d’informations le fait que les normes dites « acceptables » sont le fruit de négociations politiques [5]. Il n’existe pas de normes acceptables. Seulement des politiques de gestion des populations.
Dans la même optique, l’ONDRAF (Organisme National des Déchets Radioactifs et des Matières Fissiles Enrichies) organise le débat citoyen sur le type d’enfouissement de déchets radioactifs. Son slogan : les déchets sont une responsabilité collective. Après avoir engrangé des profits massifs en détruisant durablement l’environnement et ses êtres, après avoir engagé les sociétés dans une dépendance irréversible au savoir scientifique si pas aux scientifiques eux-mêmes, les nucléocrates ont le cynisme de vouloir en partager la responsabilité avec les populations. C’est cela le visage de la démocratie citoyenne participative : gérer en toute bonne volonté les conséquences catastrophiques des politiques des puissants.
Dans le même ordre d’idées, depuis quelques années, les simulations, d’accidents nucléaires [6], de catastrophes naturelles, sont devenues un élément de l’arsenal des États pour habituer à la vie en état de crise et contrôler les populations. C’est d’autant plus criant en Belgique où, vu la taille et la densité du pays, aucun plan d’urgence nucléaire quel qu’il soit ne serait en mesure d’évacuer les populations. A moins d’envisager l’évacuation complète de la Belgique. On a vu à Tchernobyl, comme à Fukushima, comme lors des essais nucléaires soviétiques au Kazakhstan [7], certaines populations forcées (parce qu’elles n’ont pas les moyens de partir et/ou parce que les autorités les désinforment [8]) de vivre sur des territoires contaminés, de faire de l’environnement mortifère leur nouvelle normalité. Pour l’État et les forces de l’ordre, les simulations offrent aussi un gain direct en terme de savoirs faire pour la gestion et le contrôle de population [9].
Enfin, il vaudrait le coup de s’arrêter un instant sur le rôle que joue le nucléaire médical dans la généralisation, d’où l’acceptation, de la nucléarisation de la société. L’usage du nucléaire dans les institutions médicales est profondément ancré. Son utilisation, entre autre, au stade du diagnostic et en radiothérapie, est rarement questionné, mais n’est-ce pas là une logique propre à l’hôpital qui cadenasse tout espace pour questionner ses pratiques ? Comme les OGM à usage médical, le nucléaire médical, se base sur un chantage sous-jacent qui touche au plus profond des corps des individus : le nucléaire ou la mort. Des instituts comme le CEN mettent en avant ce domaine de recherche pour se donner une façade bienveillante voir désintéressée. Derrière la façade, leurs expériences servent aussi à la recherche sur le combustible pour les centrales existantes et futures, la radioprotection, la fusion, la décontamination et les recherches sur les modalités d’enfouissement des déchets radioactifs,… et last but not least l’aspect sociétal de la question nucléaire, sous-entendu : fournir aux gouvernants le cadre des débats sur le nucléaire.
Sujet hautement émotionnel et difficile à aborder, il manque à la critique antinucléaire une véritable recherche sur la généalogie de l’imposition du nucléaire dans le monde médical et son utilisation comme légitimation du programme nucléaire dans son ensemble. Cette généalogie ne pourrait se faire qu’en lien avec celle de l’essor d’un certain type de médecine basée sur la domination des corps et la la rentabilité, et celle de l’hôpital usine. C’est une critique qu’il est grand temps de construire, car à moins de faire l’autruche, personne ne peut plus nier l’inflation des cancers et autres maladies radio-induites autour de nous. Si nous ne prenons pas le temps de réfléchir à nous armer en idées en en pratiques, nous nous mettons à court ou à long terme, à la merci du monde médical et du lobby nucléaire.
Comme souvent quand on aborde le sujet du nucléaire, le tableau paraît bien sombre. Il est certain que les nucléocrates pensent nous avoir assénés là un coup imparable, ils pensent s’être assurés un avenir infini. Pour nous il s’agit maintenant de se donner les outils pour mettre à mal cette arrogance. Pour commencer, sortir de la peur que la menace continuelle d’une apocalypse nucléaire fait peser sur nos esprits. La peur est un mauvais moteur. Elle pousse généralement les individus à se mettre sous l’emprise de ceux qui leur promette la sécurité ce que les nouveaux gestionnaires d’État appuyés par leurs experts ont bien appris à exploiter.
Ensuite, élaborer des pistes pour rouvrir l’horizon des possibles. Cette horizon s’ouvrira si nous sommes capables à la fois de nous outiller contre les stratégies d’acceptation des nucléocrates, d’ouvrir les espaces où élaborer le bouleversement des rapports sociaux et d’attaquer leurs points faibles. Ils sont nombreux : transports de déchets, lignes haute tension, entreprises, les divers lieux et événements où se produisent et diffusent leurs évidences… Enfin, élargir la question. Il faut ‘repolitiser’ le rôle des scientifiques, attaquer leur pseudo neutralité, pointer leurs responsabilités dans le maintien et l’extension de la domination. Démonter les divers chantage sur lesquels se construit le nucléaire : chantage à la consommation, chantage médical, …
Sur notre chemin nous trouverons de plus en plus l’idéologie citoyenne avec son illusion d’une cogestion du merdier ; avec sa critique partielle, avec son capitalisme vert (ses énergies renouvelables), avec ses débats citoyens…. C’est pourquoi, une réelle lutte antinucléaire, en Belgique, ne peut se passer d’une critique conséquente des logiques de la démocratie.
Le nucléaire, comme ses petits copains OGM, nanotechnologies et compagnie, est le point d’orgue d’une certaine histoire de la science au service du pouvoir. Mais par son aspect total, il fournit aussi un angle d’attaque de choix pour remettre en question l’ensemble des rapports sociaux qui l’ont créé et qu’il entretient en retour.

[Extrait de la revue Salto n°1.]

Notes

[1La fusion est un vieux projet de recherche complètement mégalomane. Depuis 2005, plusieurs puissances (Union Européenne, Russie, USA, Japon, Chine, Corée du Sud et Inde) construisent à Cadarache, en France, l’ITER ou le Réacteur Expérimental International de fusion Thermonucléaire où les scientifiques tenteront de récréer pendant quelques minutes les réactions qui ont lieu au cœur du soleil sous prétexte de pouvoir produire de l’énergie en quantité infinie. Ce qui, dans les meilleurs pronostics des scientifiques les plus béats n’aurait pas lieu avant cinquante ou cent ans. Mais peu importe parce qu’entre temps il aura produit des tonnes de déchets radioactifs, et encore, s’ils parviennent à maîtriser le processus et que tout ne part pas en vrille ce qui n’est pas gagné vu qu’ils n’ont pas encore trouvé les moyens techniques de contrôler la réaction.

[2Université Libre de Bruxelles, Université de Gand, Université Catholique de Louvain, UMH Mons,…

[3Le terme de lobby peut s’entendre de deux manières. Dans sa définition réductrice, il sert à désigner les gros groupes industriels privés qui font pression sur les politiques, mais cette définition pourrait amener à croire qu’il existe une séparation nette entre ces groupes et les politiques. Ce qui n’est évidemment pas le cas, on trouve de fervents nucléocrates au sein des politiques et de l’appareil d’État. L’État a toujours été le principal promoteur investisseur dans les programme nucléaire. En Belgique, la politique énergétique, donc la décision d’investir massivement dans le nucléaire, a toujours été le fait de pactes opaques entre politiques, Electrabel, grands employeurs et certains leaders syndicaux.

[4Les expériences menés avec ce nouveau réacteur servira entre autre à la réalisation de réacteurs de quatrième génération.

[5Voir Roger et Bella Belbeoch, Tchernobyl une catastrophe.

[6Fin 2012, la Belgique prévoit une simulation grandeur nature autour de Tihange.

[7Voir le documentaire Les secrets des essais nucléaire français.

[8Voir Le bulletin de la coordination contre le nucléaire, n°2.

[9Voir le documentaire Ceci n’est pas une simulation.

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 21:17

 

 Valence :sur le site e la nouvelle prison , pas moins de 14 machines  de travaux publics.les travaux avancent rapidement.Pourtant il ya une  différence entre les deux au milieu de celle de Valence, il y a une maison centrale( longue de peine)

La prison de Beauvais s’écroule. Une bonne nouvelle, penseront, peut-être à tort, les amants de la liberté. Une bonne nouvelle pour l’Etat et ses bourreaux : ça veut dire construire une nouvelle taule, plus grande et plus sûre. Une bonne nouvelle pour les patrons du ciment et les investisseurs : ça veut dire des affaires.


Dès juin commenceront les travaux de construction de la nouvelle prison, à la sortie sud de la ville, en direction de Saint-Martin-le-Nœud. Elle devrait « ouvrir ses portes » en octobre 2015, pour un total de 594 places dans les trois bâtiments principaux, plus un pour les femmes, le quartier disciplinaire et le quartier de semi-liberté. Elle remplacera l’ancienne taule du centre-ville (qui compte 117 places) et la prison de Compiègne (82 places), celle-ci étant aussi destinée à la fermeture. Dans l’Oise, la prison de Beauvais restera en mauvaise compagnie avec la prison de Liancourt, où l’ancienne taule a déjà été partiellement remplacée par un nouveau bâtiment, ouvert en 2004 (actuellement 636 places).
La forte augmentation des places disponibles en dit beaucoup sur la volonté de l’Etat d’enfermer toujours plus de personnes dans des taules toujours plus « sécurisées ». Celle de Beauvais, notamment, sera un carré de 240 x 240 mètres, contrôlé par quelques 300 matons, dont la plupart vont s’installer en nouveaux arrivants dans le chef-lieu isarien.
La nouvelle taule, dont le coût est estimé à 75 millions d’euros, sera construite dans le cadre d’un partenariat public-privé : la prison restera propriété privée et l’Etat s’engage à payer un loyer aux constructeurs/propriétaires. Un consortium d’entreprises dirigé par Spie Batignolles a gagné l’appel d’offre pour bâtir (et ensuite entretenir) quatre nouvelles prisons, d’ici à 2016 : Beauvais, Riom (Puy-de-Dôme), Valence (Drôme) et Lutterbach (Haut-Rhin).
Spie Batignolles est un grand groupe de BTP, ayant participé à la construction du tunnel sous la Manche, du Pont de Normandie, des métros de Lille, Toulouse, Lisbonne et Le Caire, des Lignes à Grande Vitesse Méditerranée, Rhône-Alpes et Est et (pour les ouvrages de génie civil) de la centrale nucléaire de Koeberg, dans l’Afrique du sud de l’apartheid.
Pour ce qui sera de l’entretien et de la gestion de la prison quand elle sera terminée (et pendant 25 ans), il y a Gepsa, filiale de Cofely-GdF-Suez, leader dans les services à l’Administration Pénitentiaire.
Et pour la thune, voilà les investisseurs : Barclays Infrastructure Funds Management, filiale de la grande banque anglaise, et FIDEPPP, Fonds d’Investissement et de Développement des Partenariats Public-Privé, du groupe BCPE, c’est-à-dire des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires.
Une nouvelle prison est une mauvaise nouvelle pour les amants de la liberté… mais elle n’est pas encore construite ! Et qui sait si elle ne pourrait pas revenir plus cher que prévu aux vautours de l’enferment ?

[Extrait de Lucioles n°9, bulletin anarchiste de Paris et sa région, mai 2013.]

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 19:29

ceux qui oublient la guerre sociale ,immanquablement ceux-ci oublierons la guerre elle -même

pour écrire à francesco Puglisi

Francesco Puglisi
MADRID V (Soto del Real)
Centro Penitenciario
Carretera Comarcal 611
28791 Soto del Real (Madrid)

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 09:22
Nous communiquons  sur cette soirée.
[Genève, vendredi 14 juin] Soirée de soutien aux camarades emprisonné-e-s suite au contre-sommet de Gênes 2001

http://juralib.noblogs.org/files/2013/06/0413.jpg

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 16:02

nous remercions les contrées magiques pour cete mise en évidence

 

(cliquer pour lire et surtout voir le reste de ce qui attend le Vieux Monde)

On sait que la Turquie est à son tour entrée dans la danse des insurrections que la Sainte Alliance des pouvoirs de l'Empire (parlementaristes et/ou intégristes) cherche depuis deux ans à étouffer, par tous les moyens, et notamment avec l'aide des S.A. salaflstes et autres frères musulmans. L'un des plus beaux aspects du mouvement en cours, c'est qu'il est né d'abord comme opposition à un de ces projets aménageurs qu'on ne peut remettre en cause sans heurter de plein fouet le monde qui va avec. Etre contre le projet de destruction du parc Gezi et son monde, cela signifiait à terme s'en prendre frontalement à la contrerévolution religieuse et à son néo-libéralisme. Réalité immédiatement reconnue par certains des occupants de la place Taksim.
Traduit d'après l'excellent blog "Polvere da sparo"

Un communiqué de la place, compacte contre la violence policière
Des gens vivant ces moments-là dans la rue et qui ont contribué à la traduction et au partage de ces lignes me racontent qu'elles ont été écrites avec la lutte NoTav au cœur et donc dans l'espoir que ce mouvement les lise et se les approprie.

Hier, à Taksim
On va en dire des choses, sur ces quatre jours. On écriera, on parlera, on tracera de grandioses scénarios politiques.
Mais qu'est-ce qui s'est vraiment passé?
La résistance pour le parc de Gezi a enflammé la capacité des gens comme nous à s'auto-organiser et à agir - et pour l'allumer, il a suffit d'une étincelle. Nous avons vu le corps de la résistance s'étendre vers nous le long du pont du Bosphore, nous avons vu son courage tandis qu'il combattait pour repousser les autopompes sur Istiklal; nous avons vu ses bras dans tous ceux qui, pliés par une orgie de lacrymogènes, luttaient pour mettre les camarades à l'abri; nous avons vu le corps de la résistance dans chaque marchand qui nous a offert à manger, dans chaque médecin descendu dans la rue pour nous secourir, dans tous ceux qui ont ouvert leur porte aux blessés, dans les grands-mères restées réveillées à leurs fenêtre pour battre des casseroles toute la nuit contre la répression.
La police nous avait déclaré la guerre - mais elle n'a pas réussi à briser ce corps. Elle a épuisé ses provisions de lacrymogènes contre nous, elle a gazé dans les tunnels du métro, elle est venue la nuit mettre le feu à nos tentes, elle a utilisé des projectiles en caoutchouc.

Mais il avait suffi d'une étincelle pour allumer le corps de la résistance et désormais, elle ne pouvait que continuer. Et ce qui reste de toutes ces expériences, de toutes nos histoires, ce qui reste sera la lymphe de ce corps, sera mémoire collective. Cela nous suivra dans d'autres résistances et d'autres batailles, en nous le répétant encore et encore: nous pouvons le choisir, nous, notre destin, en agissant collectivement.
Nous pouvons choisir quelle vie vivre - et dans quelle ville nous voulons la vivre.
Gezi a été un voyage fait de ténacité, de créativité, de détermination et de conscience. Partant du parc, la résistance a balayé la place Taksim et de la place Taskim, elle a continué à travers tout le pays jusqu'à ce que Gezi devienne pour nous tous l'espace dans lequel sortir toute notre fureur contre quiconque veut nous imposer comment vivre dans notre ville. Maintenant que cette colère, nous l'avons vue, que cette solidarité, nous l'avons essayée, rien ne sera plus jamais comme avant. Parce que nous avons découvert quelque chose de notre être-ensmble que nous n'avions jamais vu avant. Et  nous n'avons pas fait que le voir: nous l'avons créé ensemble. Nous nous sommes vus faire partir l'étincelle, allumer le corps de la résistance et le faire marcher.
La lutte pour le parc de Gezi a déclencher la révolte juvénile d'au moins deux générations sous les gouvernements autoritaires de REcep Tayyip Erdogan et les diktats de l'AKP.
Ce sont les enfants des familles chassées de Tarlabasi au nom de la spéculation immobilière, ce sont les ouvriers licenciés au nom de la privatisation, les précaires écrasés chaque jour sous la roue du profit. Les luttes  à venir s'appuieront sur ce colère. Mais il y a beaucoup plus. la résistance pour le parc de Gezi a changé la définition même ce que qu'on appelle l'espace public, parce que la bataille pour le droit de rester place Taksim a déchiré l'hégémonie de l'avantage économique comme règle morale; Elle a repoussé le plan d'aménagement avec lequel l'AKP aurait voulu bouleverser le rôle social de nos espaces urbains, changer les règles sur notre manière de vivre dans notre ville, et à quel prix, et avec quelle esthétique. Recep Tayyip Erdogan a essayé de nous imposer son idée de place, mais aujourd'hui, ce qu'est la place Taksim, nous l'avons décidé, nous citoyens: Taksim et Gesi Park sont nos espaces publics.


 
Nous avons vu qu'il suffit d'une étincelle pour allumer le corps de la résistance. Maintenant, nous savons de quoi nous sommes capables quand nous luttons collectivement contre l'expropriation de nos biens parce que nous avons découvert ce que l'on éprouve quand on résiste. De là, nous ne reculerons pas. Nous savons q'uil suffit d'un moment pour qu'une étincelle mette le feu - et des étincelles, nous en avons encore tant.
Ce n'est que le début - la lutte continue!
Taksim Solidarity Platform 

Et voici la réponse des NoTav:
Chers camarades,
Nous suivons avec des sentiments de solidarité votre lutte au Parc Gezi d'Instanbul.
La Val Susa a une longue histoire d'évacuations forcées, d'attaques, de lâches assauts à l'aube, de prison, de bulldozers envoyés pour détruire nos terres. Nous avons réussi à surmonter cela grâce à la résistance de notre peuple.
Votre lutte est la nôtre. C'est la lutte pour le futur, conscients de représenter un danger pour l'ordre constitué qui s'acharne à nous battre par tous moyens nécessaires, qui veut nous effacer parce qu'il sait qu'avec nous et après nous, il y en aura dix, cent, mille comme nous.
Mais vous et nous avons aussi une conscience: nous savons pouvoir vaincre cette bataille parce que nous avons le temps, les raisons, les rêves et l'obstination de notre côté. Et cela ne peut être défait ni par les lacrymogènes, ni par les tribunaux.

Et bien sûr les Anonymous sont entrés dans la danse

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 12:26

 Reçu par mail de radiocane la traduction est placé au dessous du texte 

Martedi 4 giugno, il tribunale di Torino ha condannato in primo grado alcuni compagni No Tav per i fatti dell’autoporto di Susa (inverno 2010). Abbiamo sentito Luca e Maurizio, due degli imputati, per farci raccontare quell’episodio, per fare alcune valutazioni sulla sentenza, nonché per condividere qualche riflessione sul momento attuale.

Nel frattempo, nel quadro del processo per i fatti dell’estate 2011, alcuni imputati hanno deciso di revocare gli avvocati. Abbiamo chiesto a Marta, che ha condiviso questa decisione, di spiegarcene le motivazioni.


ascolta il contributo:


http://www.radiocane.info/corrispondenze-notav-con-le-mani-con-la-testa-col-cuore-vol-5/

 

mardi 4 juin , le tribunal de Turin  a condamné en première instance quelques compagnons NO TAVpour les faits survenus à la plateforme de l'autoroute (gare)de véhicule motorisé de SUSA ( hiver 2010). Nous avons écouté Luca et  Maurizio pour leur témoignage concernant cet épisode, et aussi quelque commentaires concernant les condamnations néanmoins quelque réflexions concernant la situation actuelle.

autre chose, dans le cadre du procés pour les faits de l'été 2011, quelque inculpés ont décidé de révoquer leur avocat.Nous avons demandé à Marta une des inculpéEs, qui a partagé cette décision , d'expliquer le pourquoi de cette décision

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 12:02

Solidaire aux associations qui milite pour la vérité sur la situation en Turquie

Le Point.fr – Publié le 11/06/2013 à 07:43 - Modifié le 11/06/2013 à 07:51

De nombreux jeunes se sont répandus dans les rues proches de la place Taksim et ripostaient à la police avec des lance-pierres et des cocktails Molotov.

Des dizaines de policiers antiémeute ont repris le contrôle mardi de la place Taksim à Istanbul, siège du mouvement de protestation antigouvernementale qui secoue la Turquie depuis 12 jours, faisant un usage massif de grenades lacrymogènes. Les policiers, secondés par des blindés munis de canons à eau, ont pris d’assaut les barricades érigées par les manifestants sur certaines avenues menant à la place, mais ne faisaient pas mouvement vers le parc Gezi, jouxtant la place, où des centaines de protestataires ont installé leurs tentes.

Le gouverneur d’Istanbul, Hüseyin Avni Mutlu, a assuré que l’objectif de l’opération n’était pas de chasser les manifestants du parc. « Notre intention est d’ôter les pancartes et les dessins sur la place. Nous n’avons pas d’autre objectif », a déclaré Hüseyin Avni Mutlu sur Twitter. « On ne touchera en aucun cas au parc Gezi et à Taksim, on ne vous touchera absolument pas. À partir de ce matin, vous êtes confiés à vos frères policiers« , a également affirmé le gouverneur, appelant les manifestants à « rester à l’écart des possibles méfaits » de provocateurs.

De nombreux jeunes se sont cependant répandus dans les rues proches de la place Taksim et ripostaient à la police avec des lance-pierres et des cocktails Molotov, tandis que les canons à eau sont entrés en action.

Ankara : la police disperse une manifestation avec du gaz lacrymogène

Le Point.fr – Publié le 11/06/2013 à 00:32 - Modifié le 11/06/2013 à 07:17

Les policiers antiémeute ont investi le centre de la ville, l’avenue cossue de Tunali-Hilmi, jusque-là largement épargnée par les heurts qui ponctuent les nuits d’Ankara.

À Ankara, le lundi 10 juin 2013. © SIPA

La police turque a dispersé tard lundi à coups de grenades lacrymogènes plusieurs centaines de manifestants dans le centre de la capitale économique de Turquie, au onzième jour d’un vaste de mouvement de contestation du régime islamo-conservateur, a constaté un photographe de l’AFP. Les policiers antiémeute ont investi l’avenue cossue de Tunali-Hilmi, fermée par des barricades, mais jusque-là largement épargnée par les heurts qui ponctuent les nuits d’Ankara depuis le 30 mai, obligeant les restaurateurs des alentours à s’enfermer dans leurs établissements avec leurs clients pour échapper aux gaz lacrymogènes.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 13:31

[Publication] Survivre – Mars 2013

Survivre

Le suicide est probablement le seul compromis que tu peux faire avec ce monde pour être vraiment débarrassé de tout compromis ultérieur. Vivre par contre, est une entreprise plus ou moins turbulente dans laquelle on se voit accablé de compromis. Ceux qui ne perdent pas le sommeil du fait de leur propre asservissement ou de celui des autres, ne les considèrent pas comme tels. Ils n’aperçoivent pas de compromis dans l’histoire du pouvoir, mais plutôt des opportunités, pas d’enfermement menaçant, mais plutôt un possible épanouissement. Le cadre figé à l’intérieur duquel ils se meuvent ne leur semble rien d’autre qu’une évidence, une loi naturelle. Perte de temps que de la remettre en question. Par contre, ceux qui font leur propre chemin dans la réalité, mais cherchent en même temps des moyens pour attaquer et transformer celle-ci font des compromis, quelles que soient leurs réticences. Mais tant qu’ils luttent, ils les font avec les yeux ouverts, consciemment. Le contraire signifierait leur mort. Leur hostilité barbare au compromis ne provient pas de la conviction que, dans le meilleur des mondes, ils ne feraient plus jamais de compromis, mais de la conscience que la plupart et le plus grave des compromis ne servent rien d’autre que le monde tel qu’on le connaît. Son oppression, ses systèmes, ses principes, valeurs et normes.

Le plus impératif des défis, et pour nombre de personnes sur cette planète le plus grand voir le seul, est l’art de survivre. Littéralement. Un toit, de la nourriture, des vêtements, la santé. Ce qui provoque la recherche continuelle d’argent. Les inépuisables promoteurs de cette société prétendent avec un grand enthousiasme que c’est là que commence l’aventure. Que là, « le fonctionnel » et « l’agréable » peuvent se rencontrer, dans une structure où tu peux réaliser aussi bien tes préférences et tesdésirs que ton épanouissement et ton développement. Si toute cette propagande suggère une abondance luxuriante, tout se réduit assez facilement à un même dénominateur : le travail. Et même si ceux qui veulent lutter ici et maintenant pour une vie totalement autre que celle qui leur est imposée embrassent une saine aversion pour le travail, ils se trouvent tout de même, comme tout le monde, confrontés à la question de la survie. Ils sont conscients que tout effort qu’exige de leur part la recherche d’argent, signifie un compromis. Mais ils réflechissent et cherchent à survivre sans qu’en disparaissent leurs véritables désirs et leur révolte. Avec un peu de chance, on réussit à s’en procurer les moyens, ce que, face aux fondements oppressifs de cette société, on ne saurait que soutenir : frauder et voler des riches. Mais souvent, on se trouve quand même embarqué sur la voie du travail salarié. Je ne me suis jamais posé comme but absolu de ne gaspiller aucune journée de ma vie au travail, tout comme il n’a jamais été mon but absolu de ne faire aucun compromis au cours de mon existence. Non tant que je pense que c’est impossible, mais parce que même la meilleure tentative dans cette direction deviendrait un boulot à plein temps qui, finalement, m’empêcherait de développer mes projets de lutte, d’agir contre un existant que je veux détruire, de donner de l’oxygène à ma révolte. Une révolte ne saurait jamais être absolue, infinie ou complète. Il s’agit plutôt d’un moment où l’on rompt avec les directives du vieux monde, un moment qu’on peut provoquer et vivre, que je veux partager avec d’autres et que je veux faire rentrer dans le plus de sphères possibles de la vie quotidienne. Je veux apporter ces expériences à d’autres révoltes, d’autres ruptures, pour qu’elles deviennent plus profondes et riches.

Mais la domination, qui, en fin de compte, veut voir tout le monde à la tâche, a préparé bien des embuscades aux récalcitrants du travail. Elles deviennent visibles quand, une fois de plus, quelqu’un confond lutte avec travail et en conclut que la force révolutionnaire réside dans l’autogestion du travail. L’embuscade devient tout à fait claire quand untel vient te faire remarquer que tout pris en compte, on préfère quand même survivre en faisant quelque chose qu’on aime faire, quelque chose à laquelle on peut contribuer avec nos idées, où on soit son propre patron. Effectivement, son propre patron. C’est exactement ce que veulent les vrais patrons : que tu deviennes ton propre patron, que l’acharnement avec lequel tu travailles, contribues à l’économie, fais la grandeur de l’économie, vienne de toi-même et te soit inculqué à travers une idée d’épanouissement de soi-même. Cela leur épargne, à tous égards, pas mal de peine.

Ne me comprends pas de travers. Je crois effectivement qu’on peut mettre pas mal de nos propres intentions au sein du travail. De tout temps, l’homme a exprimé sa créativité en la matière, et celle-ci peut encore se concrétiser aujourd’hui de bien des manières : travailler dans des magasins et découvrir la meilleure manière pour les braquer ; aller faire du bâtiment dans des villas et apprendre comment on peut les dévaliser au mieux ; travailler à la chaîne et expérimenter comment on peut saboter le processus de production ; s’approprier, lors d’un boulot justement, des capacités que tu peux utiliser pour armer ta lutte de libération. Les possibilités sont là. Peut-être que c’est quand-même vrai, qu’on peut faire dialoguer « le fonctionnel » et « l’agréable » dans le travail.

In Salto #2, mars 2013

Le blog: salto.noblogs.org

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 06:35

Cela fait maintenant douze jours que les Turcs manifestent à travers le pays contre le pouvoir en place et pour exiger la démission du premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Tard hier soir, de violents affrontements ont éclaté entre les manifestants et la police dans la banlieue d’Istanbul. La police a attaqué un rassemblement de plus de 5000 personnes qui avaient érigé des barricades sur la route. Les forces de l’ordre sont intervenues avec des gaz lacrymogène et des canons à eau. Les manifestants ont répliqué en tirant des feux d’artifice et en jetant des pierres avec des frondes. Dans la nuit du 6 au 7 juin, un manifestant a été blessé par le jet d’une grenade lacrymogène lors d’un rassemblement similaire au même endroit. Son état est toujours jugé critique par les médecins.

Manifestation dans la banlieue d'Istanbul

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