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le blog du laboratoire anarchiste

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 00:32
L’Andalousie se rebelle et se réinvente
« Somonte pour le peuple »

paru dans CQFD n°104 (octobre 2012),

rubrique Le dossier, par Nicolas Arraitz, illustré par Yohanne Lamoulère

mis en ligne le 12/12/2012

L’Espagne s’enfonce dans une récession qui a tout l’air d’un vol à main armée. «  Ce n’est pas une crise, c’est une arnaque », affirmait le mouvement du 15-M – baptisé par la presse « mouvement des Indignés ». Comme partout ailleurs, après avoir renfloué les banques, l’État a constaté – ô surprise ! – que les caisses étaient vides. Conclusion : il faut é-co-no-mi-ser ! Comment ? En tapant sur les dépenses publiques, bien sûr. Éducation, santé, retraites, indemnisations de licenciement et de chômage… Et la bulle immobilière ayant fait flop, les chiffres du chômage explosent – on prévoit 6 millions de demandeurs d’emploi d’ici à la fin 2012, 25 % de la population active, 50 % des jeunes – et les expulsions pour loyer ou crédit impayés se multiplient. 12 % des foyers espagnols ont tous leurs membres sans travail, 336 000 familles ne comptent sur aucun revenu. Plus de dix millions de personnes pourraient passer sous le seuil de pauvreté d’ici 2013. À Madrid, les manifestations sont quotidiennes et l’opération « Encerclons le Parlement » du 25 septembre, où la police a démontré son aptitude à se déchaîner sur le premier passant venu, a connu un succès massif, et s’est répétée plusieurs jours de suite. Alors que les nationalistes catalans menacent de faire sécession pour «  ne plus devoir payer les chômeurs du Sud », l’Andalousie, qui, elle, depuis des siècles, ne connaît que la crise, résiste. Côté rat des villes : la Corrala Utopía, immeuble neuf occupé par 36 familles à Séville. Côté rat des champs : Somonte, une ferme de 400 hectares occupée par des sans-terre sans travail. Le pont qui les relie : l’expropriation de supermarchés par des chômeurs…

« Somonte pour le peuple »

A sept heures du matin, une dizaine d’ouvriers agricoles attendent l’embauche sur un trottoir obscur, au carrefour de la route de Séville et de celle de Palma del Río. Dans un bar de La Campana, localité rurale aux confins de la province de Séville, les agriculteurs prennent leur café accompagné d’un verre de sol y sombra (anis et cognac). On discute debout au comptoir, un œil sur les résultats du foot à la télé. Quand Mariano Rajoy apparaît à l’écran pour vitupérer la manifestation « Encerclons le Parlement » de la veille, les clients lui tournent le dos, certains entamant la conversation avec le serveur, d’autres riant de la blague d’un vieux à la voix cassée par le tabac. Personne n’écoute le chef du gouvernement alors qu’il flatte « les Espagnols qui travaillent – quand ils le peuvent – et ne font pas la une des journaux ».

Une dizaine de kilomètres plus loin, dans la province de Cordoue, un panneau aux couleurs du gouvernement régional signale l’entrée d’un chemin de terre : «  Ferme de Somonte, transformation d’une agriculture traditionnelle en agriculture biologique ». Depuis le 4 mars 2012, cette exploitation de 400 hectares est occupée par des ouvriers agricoles du Syndicat andalou des travailleurs (SAT). Ce jour-là, 600 personnes ont pénétré sur le domaine. Car le jour suivant, le gouvernement andalou s’apprêtait à vendre aux enchères plus de 20 000 hectares de terres publiques pour se renflouer après la réduction draconienne des budgets imposée par le gouvernement central. Ces terres allaient retomber dans l’escarcelle de la noblesse latifundiste (Somonte appartenait au marquis de Montesión jusqu’en 1991), ou dans celle des banques récemment renflouées avec l’argent public. On proposait Somonte à partir d’un million et demi d’euros, en contradiction avec la loi de réforme agraire votée en 1984 – mais les autorités affirmaient qu’en privatisant, on fomenterait «  une agriculture moderne et compétitive ». Oubliant que la majeure partie des terres agricoles aux mains des latifundistes sont laissées en jachère, pendant que leurs richissimes propriétaires se contentent de palper les généreuses subventions de la Politique agricole commune (PAC).

Beatriz a rejoint l’occupation en juin, avec son mari et ses deux petites filles : « Deux ans que nous étions tous les deux au chômage. Plus de boulot aux champs, et je ne trouvais même plus de ménages à faire chez les particuliers, puisque tout le monde autour de nous est aussi en crise. On s’est fait couper l’eau, l’électricité, puis expulsés de chez nous. On s’est réfugiés chez mes beaux-parents, à quatre dans une chambre. » Depuis juin, Beatriz participe aux assemblées, aux travaux d’aménagement des hangars et à l’entretien des deux hectares de culture potagère. «  Ma seule préoccupation, c’est une expulsion par la force. Je ne veux pas que mes filles voient ça, qu’elles soient traumatisées à la vue de tous ces uniformes. »

Le 26 avril, au lendemain d’un pacte régional de gouvernement entre le PSOE (parti socialiste) et Izquierda Unida (le Front de Gauche local), 200 flics en tenue de combat, appuyés par une escouade de gendarmes, délogent les squatteurs. Quelques heures plus tard, 200 personnes réinvestissaient les lieux. Depuis, une vingtaine d’occupants font fructifier deux hectares de maraîchage, d’où ils tirent l’essentiel de leur nourriture et le surplus est vendu sur les marchés des environs. Avec l’aide d’une technicienne agronome, ils étudient la possibilité d’irriguer la zone pour augmenter la surface cultivable. Et la victoire est belle, puisque le gouvernement a interrompu la vente des terres publiques et affirme vouloir les mettre à concours pour des projets de production de type coopératif et biologique. « Révolution agraire, révolution sociale », clame un énorme graffiti sur la façade blanchie à la chaux. Jusqu’en mars, derrière cette façade de ferme expérimentale se cachait un grand vide. Le gouvernement andalou avait fait planter des paulownias, arbre asiatique dont l’écorce est utilisée comme combustible pour les barbecues. Ainsi que des chardons pouvant être utilisés dans l’élaboration de biocarburants (biodiesels), et de l’avoine. « Les champs étaient plantés, mais laissés à l’abandon. Les chardons étaient malades, l’avoine couchée. » Les dépendances étaient inoccupées, les appartements aussi. «  Personne ne vivait ici avant nous », constate Ramón. La ferme ne donnait du travail qu’à trois ouvriers pendant trois mois de l’année, mais chaque hectare était subventionné par la PAC.

«  Pour l’instant, il n’y a qu’un puits avec une capacité de 20 000 litres renouvelables en dix minutes, affirme Lola, tête visible de l’occupation. Mais nous voulons passer d’une agriculture sèche à une agriculture d’irrigation. Les eaux du Genil, plus gros affluent du Guadalquivir, sont disponibles à trois kilomètres d’ici. En aménageant les hangars, nous pourrions emballer et conserver le produit de nos champs avant de le commercialiser dans la région. Cela donnerait du travail à plusieurs centaines de personnes. » L’exemple vient de Marinaleda, village en résistance situé à une quarantaine de kilomètres d’ici. Là-bas, les ouvriers agricoles ont occupé les terres du duc del Infantado depuis 1983, répondant à chaque expulsion par une nouvelle occupation. La coopérative del Humoso fonctionne aujourd’hui sur 1 200 hectares et donne suffisamment de travail pour que Marinaleda puisse se vanter de ne pas connaître le chômage.

« Andalou, n’émigre pas, reprends la terre », revendique un graffiti dans la vaste cour de la ferme. Au-dessous, au pochoir, les portraits de Malcolm X, Zapata, Abdelkrim, Blas Infante et Geronimo. Un âne, des poules, une vingtaine de brebis, trois chèvres. Les dons ont transformé Somonte en petite arche de Noé… « Nous nous réunissons en assemblée pour les décisions importantes, mais aussi pour partager les tâches quotidiennes. Pour beaucoup, c’est difficile, en tant qu’ouvriers, nous sommes habitués à être commandés par un contremaître toute notre vie. Certains, après que l’assemblée a décidé qui fait quoi, viennent quand même me demander : “Lola, c’est quoi que je dois faire, déjà ?” »

Les repas sont pris en commun dans un salon décoré de coupures de presse et d’une photo de Raúl et Fidel Castro. Comme pour répondre aux moues dubitatives, Lola tente un petit pont : «  Il y a un mois, je suis allée à Barcelone avec un camarade pour participer à des rencontres sur les alternatives sociales au capitalisme et, dès que nous avons eu un moment de libre, nous sommes allés sur la tombe de Durruti [1]. » Autour de la table, ça parle haut, ça chambre, ça rigole. Pepe, quinquagénaire au visage buriné, raconte son parcours : « Adolescent, j’étais chevrier. À 18 ans, je créais ma première boîte de plomberie. Par la suite, j’ai été tenancier de bar et de boîte de nuit, inventeur, commerçant ambulant… Je suis venu à Somonte parce que j’avais besoin de sentir la terre sous mes pieds et puis surtout de participer à un projet collectif. »

Les onze charriots de la gratuité

Le 9 août, des chômeurs et des membres du Syndicat andalou des travailleurs ont fait leurs courses dans le supermarché Mercadona de la petite ville d’Écija. Onze chariots remplis de victuailles sont passés sans payer. « Si tu emportes pour moins de 400 euros, ce n’est pas considéré comme un délit, mais quelques caissières se sont accrochées à nous comme si leur vie en dépendait, raconte Lola. Bien qu’il les paye au lance-pierre, leur patron les a persuadées de porter plainte contre nous. » Selon les chiffres officiels, les grandes surfaces en Espagne bennent 40 000 tonnes d’aliments par an. «  De quoi nourrir 35 000 familles », s’offusque Lola. Avec la crise, on voit de plus en plus de gens faire la queue devant les conteneurs à déchets, à l’aube. » Le contenu des onze Caddie a été livré aux corralas, ces immeubles sévillans occupés par des familles que l’hypothèque a jetées à la rue.

Corrala la Utopía

Les occupants de la Corrala la Alegría ont été délogés le 19 septembre aux aurores. Mais à Séville, il reste encore plusieurs immeubles occupés, et fiers de l’être. C’est le cas de la Corrala la Utopía, un bâtiment flambant neuf investi par plus de quarante familles dans le quartier San Lázaro. «  J’ai vécu vingt ans dans le quartier du Vacie, un bidonville en bordure du fleuve. Il n’y a toujours pas d’eau courante, là-bas. » La Toñi, qui a visiblement du sang gitan dans les veines, est une mère courage qui participe activement à cette récupération de biens inutilisés. Elle ouvre volontiers sa porte et montre avec fierté son chez-soi au parquet brillant et aux murs immaculés. Le promoteur avait prévu de vendre cet appartement de 60 m2, 300 000 euros. «  Il y a trois ans, j’ai obtenu un HLM en banlieue. Au départ, le loyer était de 216 euros par mois. Mais en deux ans, il a doublé. Seule avec mon fils, je n’arrivais plus à payer et au bout de huit mois, on m’a expulsée. C’était très dur. J’ai laissé mon fils à mes parents et je suis allée dormir dans une voiture en panne garée dans un box de parking. La journée, je cherchais de la ferraille dans les poubelles, que je chargeais dans un Caddie avant de la revendre. J’étais en pleine dépression. Un jour que je pleurais en marchant dans la rue, David, un garçon du mouvement 15-M, m’a abordée : “On monte une assemblée de mal-logés, tu veux y participer ?” »

Le 16 mai, trente-six familles – 106 adultes et 39 enfants – ont pénétré dans cet immeuble, dont aucun appartement n’avait été vendu depuis la fin des travaux, il y a deux ans. Premier problème : lorsque les nouveaux arrivants ont branché l’eau, celle-ci a bien coulé des robinets, mais a aussi infiltré les cloisons et les parquets. Les ouvriers, que le constructeur n’avait plus payé depuis deux mois, avaient coupé les canalisations à la scie circulaire avant de replacer les caches en porcelaine des lavabos… « Chez mon voisin, l’eau a même giclé des prises et du plafonnier ! », se souvient une Toñi hilare. «  Heureusement, il y a parmi nous des plombiers et des électriciens au chômage. Nous sommes devenus une vraie famille. On s’est tous raconté nos vies, on se fait confiance et on se soutient. Je peux laisser ma porte ouverte, il n’y a rien à craindre. Mes parents, puis ma sœur et ses deux enfants, expulsés eux aussi, nous ont rejoints. »

Le promoteur a eu maille à partir avec la justice. Fraude fiscale, corruption politique et urbanistique, détournement de fonds… Il a préféré se déclarer en faillite et l’immeuble devrait revenir à ses créanciers. Mais la banque Ibercaja, principale créancière de l’escroc, vient elle aussi de se déclarer en faillite… En attendant, des familles expulsées de chez elles pour loyers ou crédits impayés occupent les lieux. Alors que sa mère montre avec fierté des photos de manif sous les fenêtres du maire où elle crie au premier rang, Juan José surgit tout essoufflé et raconte qu’une patrouille de police vient de le contrôler, l’accusant d’avoir jeté des pierres sur les voitures. «  Ils m’ont fait croire qu’ils allaient m’embarquer, puis ils m’ont dit de filer rejoindre les miens, “ces squatteurs pouilleux”. Je leur ai répondu que chez nous c’était peut-être plus propre que chez eux et je suis parti en courant. »

Au début de l’été, la municipalité a fait couper l’eau et l’électricité. L’eau a vite été rebranchée, mais lorsqu’ils ont tenté la même opération pour l’électricité, les gens de la Utopia ont fait disjoncter le transfo qui alimente le quartier. Le lendemain, l’ABC, quotidien conservateur, persiflait : «  Les squatteurs de la Utopía : Si nous n’avons pas de lumière, personne n’en aura ! » Malgré tout, la plupart des riverains, susceptibles eux aussi de perdre un jour leur toit et leur job, ne voient pas d’un mauvais œil l’occupation. « Les chauffeurs de bus font le signe de la victoire quand ils nous voient au balcon, se réjouit Toñi. Les automobilistes klaxonnent. Au marché d’intérêt national, on nous donne des cagettes pleines de légumes. Ceux qui n’ont pas de revenus se les répartissent. Moi, par exemple, comme j’ai un contrat de trois mois dans une maison de retraite, je laisse ça aux autres. »

Croisé au bar du coin, Primi a une allure qui tranche avec les bleus de travail et les tabliers de ménagère qu’on rencontre dans les couloirs de la Corrala. La trentaine insouciante, lui et sa compagne travaillaient dans le tourisme : «  On bossait comme saisonniers sur des bateaux de croisière, on voyageait, bien payés, sans souci, sans engagement politique, la belle vie. Puis les contrats se sont fait rares, on a eu du mal à payer le crédit de notre maison et la banque a tout repris… » En Espagne, celui qui perd son bien est obligé de continuer à payer le crédit à la banque… « Voilà comment nous avons rejoint la Utopía. »

Pour construire des liens avec le voisinage, la Utopía organise des séances de ciné gratuit dans la cour. Les locaux commerciaux vides, situés au rez-de-chaussée, ont pu accueillir une rencontre andalouse sur les expériences et réponses populaires aux problèmes de logement. La Toñi : «  Nous ne faisons de mal à personne. Moi, j’ai toujours parlé à tout le monde, Gitans, Payos, Noirs, Chinois, Arabes… Je n’ai pas de préjugés. À part peut-être contre certains policiers et journalistes… L’autre jour, on a viré une envoyée de la télé régionale qui demandait à Raquel, enceinte, pourquoi elle fait des enfants si elle n’a pas de quoi leur offrir un toit. »

Notes

[1] Buenaventura Durruti (1896-1936), figure majeure de l’anarchisme espagnol, mort durant la guerre civile.

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 00:23

si jamais quelqe lecteurs du blog, peu t envoyer des infos sur le mail du blog, ça sera publié aprèsdiscussion au lieu associatif.: le laboratoire

Manifestation contre la Traque des pauvres à Marseille Samedi 15 décembre
Rassemblement Porte d’Aix à 16h00 - Collectif sans papier ni frontière

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Manifestation « contre la traque des pauvres à Marseille et partout ! » samedi 15 décembre à 16H, porte d’Aix,vers le centre de rétention du canet

Marseille devient la ville où on veut plus te voir traîner, mais plutôt au travail et sous payé ! Plus belle la ville se « rentabilise » et se « sécurise » et c’est les pauvres qui ramassent, comme toujours ! Traque des vendeurs à la sauvette, des Roms, des Sans-papiers et leurs familles, des RSAstes, des Chômeurs, des locataires qui ne peuvent pas payer leurs loyers, militarisation des espaces publics Cet été, a la prison pour sans-papiers du Canet, tabassage, pressions, résistances et révoltes se sont succédés. À la rentrée, ce sont les Roms qui en ont pris pour leur grade.

Ils construisent une ville où les liens qu’il nous reste pour survivre par l’entraide et la débrouille sont passés au rouleau compresseur, où les pauvres sont parqués dans des ghettos, alors qu’on construit des ghettos pour riches à la Joliette, à St Charles ou aux Crottes.

Pour continuer à s’enrichir sur notre dos, l’État et les patrons nous divisent en nous montant les uns contre les autres, nous balançent quelques miettes, pour nous aider à oublier nos conditions de vie de plus en plus merdiques.

Nous ne voulons pas de nouvelles réformes, on aura que ce qu’on prendra !

Prenons tous les logements !

Empêchons toutes les expulsions !

Détruisons les centres de rétention et les prisons !

Collectif sans papier ni frontière. luttedecras@riseup.net

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tractA5

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 16:27

infos transmises par le blog informa-azione et repercuté par le petit collectif no tav 26 qui essaye d'échapper à la volonté hégémonique de quelques  autoritaires( citoyennistes plus quelque NPA26).A quand la réunion des anti autoritaires NO TAV 26? Postez des commentaires pour vous faire connaître nous vous répondrons. Lors qu'à la réunion de soutien à notre dame des landes il ya eu un personnage se vantant de soutenir la lutte no tav dans la Drome en faisant des émissions de radio  sur trois radio différentes ( soit saint féréol, BBLV, radio M).  C'est inacceptable qu'un personnage sans contrôle d'une assemblée populaire puisse se vanter d'être présent dans la lutte No TAV et pendant ce temps la répression s'organise en italie sans aucun soutien ( à ma  connaissance)de ce côté des Alpes.

Mercoledì 19 dicembre alle ore 9.00 si terrà, presso il Tribunale di Torino , l’udienza preliminare del secondo filone processuale relativo ai fatti del 3 luglio. Quel giorno migliaia di NO TAV assediarono il cantiere, dove fino al 27 giugno 2011 visse la Libera Repubblica della Maddalena, in seguito occupata militarmente dalle forze dell’ordine. La resistenza portata avanti da coloro che erano in quei giorni in Val Susa voleva difendere quei territori dalle logiche di sfruttamento e devastazione della terra che i costruttori della Torino – Lione e i loro sgherri in divisa volevanoi portare avanti. Il 3 luglio 4 NO TAV furono arrestati e brutalmente pestati dalla Polizia. Il 26 gennaio partì l’attacco della Procura di Torino contro altri 52 NO TAV accusati di aver compiuto atti violenti contro la polizia ed il cantiere durante quelle due giornate di lotta. 41 fra loro furono sottoposti a misure cautelari; i restanti 11 furono perquisiti e denunciati a piede libero. Il 25 giugno 2012 la DIGOS di Torino arrivò a casa di altri 2 NO TAV, notificando ad entrambi provvedimenti di custodia cautelare (arresti domiciliari e obbligo di dimora nel comune di residenza), sempre in merito ai fatti del 3 luglio. Loro e altri 6 compagni, alcuni dei quali già perquisiti e denunciati il 26 gennaio, verranno chiamati a processo il 19 dicembre 2012. Le accuse avanzate, come per i 45 compagni già sotto processo, sono: minacce, violenza lesioni aggravate in concorso, danneggiamento aggravato in concorso e travisamento. La Procura di Torino si dimostra fedele difensore della costruzione della Torino – Lione: il costante e martellante attacco giudiziario all’intero movimento NO TAV è reso palese dalle continue operazioni repressive scattate ogni qualvolta quest’ultimo abbia mostrato la sua determinazione. Ultima fra tutte l’operazione scattata la mattina del 29 novembre contro 19 attivisti per l’occupazione degli uffici della Geovalsusa e per i “diverbi” con alcuni giornalisti dopo la caduta di Luca Abbà dal traliccio lo scorso febbraio. E non finisce qui, perché se per qualcuno sono arrivati il manganello ed il carcere, altri si sono visti arrivare a casa gli assistenti sociali, giunti a minacciare coloro che avevano scelto di lottare con i propri figli in difesa della loro terra. Per quanto nelle aule di tribunale si continui ad insistere su fatto che queste operazioni giudiziarie puntino a colpire singoli individui ritenuti violenti, sappiamo in realtà quanto sia vero il contrario. Non sono i singoli ed i loro comportamenti ad essere attaccati ma lo sono il movimento NO TAV e la sua lotta. Ogni volta, quindi, in cui ci troveremo in quelle aule, non sarà un momento per inseguire la loro idea di giustizia, ma continuerà ad essere parte di un percorso di lotta che ci troverà uniti, così come è successo ogni volta che abbiamo lottato contro la TAV in Valle e nelle nostre città.



http://www.notav.eu
http://www.notavtorino.org
http://www.notav.info//

 

RADIO BLACKOUT TORINO IN STREAMING:
http://www.radioblackout.org/streaming/
http://www.radioblackout.org/
http://radionotav.info/

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 16:13

attentif ce qui se passe en grèce surtout après la conférence contre la montée du nazisme( aidé par le capital) en grèce du 7 décembre et le 8 décembre à la B.A.F( rue des alpins à grenoble). on passe ce texte trouvé sur non fides

Le 7 décembre 2012 la dernière mesure de la procédure criminelle mise de côté par l’État grec contre l’anarchiste Andrzej Mazurek a été appliquée. Andrzej a été arrêté en décembre 2008 pour sa participation dans la révolte. Après quatre années d’incarcération dans les prisons grecques, les autorités grecques et polonaises ont fait preuve d’un zèle remarquable dans des procédures respectives et l’ont livré à la Pologne où il sera retenu captif, coupable pour des accusations qui ont émergé juste après son arrestation à Athènes.


Ces quatre années d’emprisonnement du compagnon sont une application concrète de la doctrine anti-insurrectionnelle que l’État grec a adopté après l’explosif décembre 2008. Le temps qu’Andrzej a passé en prison était disproportionné au vu de sa sentence (qui est descendue à huit années de prison après le jugement de la Cour d’Appel) mais aussi en comparaison avec le reste des condamnations à la prison qui ont été infligées et purgées par les participants aux émeutes. Malgré tout, ce fait révèle aussi la persévérance du Pouvoir à envoyer un message clair à la fois dans et hors de ses territoires. Qui peut oublier à jamais les proclamations des fumiers gouvernementaux et journalistes sur “les anarchistes qui viennent d’Europe pour détruire la Grèce”, déclarations exprimant la peur mais aussi une volonté d’écraser la solidarité internationale qui s’est développée.

Simultanément, l’histoire de la procédure contre Andrzej – qui a donné lieu à son extradition par une procédure sommaire- démontre la logique répressive transnationale envers l’ennemi intérieur. Au même moment où des étrangers restent dans une prison ou un centre de rétention mois après mois, attendant l’expulsion après l’expiration de leur peine, les autorités grecques et polonaises ont réussi à prolonger l’incarcération d’Andrzej selon une procédure express. En lui refusant la première demande de liberté conditionnelle – malgré le fait qu’il a largement complété les 2/5 de sa peine – ils l’ont tenaillé semaine après semaine afin de faire en sorte qu’il ne puisse être relâché de prison même juste pour un jour.

Nous envoyons notre solidarité et nos salutations fraternelles en Pologne, où il est maintenant otage, et répétons ses propres mots :

À plus dans les rues, pour briser une fois de plus le rideau de la paix sociale…

Nous ne pouvons laisser aucun compagnon seul dans les mains des mécanismes répressifs.

SOLIDARITÉ AVEC ANDRZEJ MAZUREK

Détenus des prisons grecques :
Babis Tsilianidis, Alexandros Mitroussias, Kostas Sakkas, Giorgos Karagiannidis, Akim Markegai, Vasilis Karandreas, Nikos Evangelou, Panagiotis Koutsopoulos, Nikos Sakkas, Kostas Faltsetas, Elias Karadouman, Marinos Mitsopoulos, Dimitris Giotsas, Charalambos Avramidis, Panagiotis Georgakopoulos, Christos Tsonaros, Yannis Gelitsas, Makis Gerakis, Mustafa Ergün, Michalis Ramadanoglou, Michail Tzoumas, Konstantinos Mamoutis, Vangelis Kalamaras, Panagiotis Hadjigeorgiou, Mitev Georgi, Georgiev Rishi, Angelos Kostopoulos, Spyros Stratoulis, Rami Syrianos.

Repris de Contrainfo.

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 15:50

suite à la réunion d'information tenue au laboratoire le 17 décembre(annoncée sur le blog du collectifvalence  de soutien à la lutte encours à notre dame des landes),j'ai informé les participantes et les participants sur l'article ci dessous  du journal CQFDn°106.

Une lutte décolle

La manifestation de réoccupation du 17 novembre dernier a donné un nouvel élan à la mobilisation contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Mais pour ne pas se faire enfumer, ni dans le bocage, ni dans le dialogue, le mouvement a encore pas mal de sentiers à défricher. Aéroportage.

par La Casinière {PNG}Le matin du 17 novembre, une banderole « Veni, vidi, pas Vinci » claque au vent sur la façade de la mairie de Notre-Dame-des-Landes. Des centaines de tracteurs aux remorques remplies de palettes et de poutres prennent la tête d’un cortège bigarré. Suite à l’appel à manifester et à reconstruire un lieu collectif pour la résistance sur la ZAD, ils étaient donc plus de 40 000 venus des quatre coins de France soutenir la lutte contre l’« Ayraud-port », 40 000 à brailler contre les expulsions en cours. Cinq constructions composées d’un espace de réunion, d’une cantine, de deux dortoirs, d’un bloc sanitaire et d’un atelier, ont été édifiées fissa, à grand renfort de charpentiers et de menuisiers, autour de ce qu’on appelle désormais la « Chat-teigne ».

Tout est parti, il y a plus d’un an, d’une réunion du collectif Reclaim the Fields [1]. « On s’est un peu inspiré de l’appel à occuper un lieu prédéfini en cas d’expulsion du squat d’Ungdomshuset à Copenhague en 2007 et qui avait, au Danemark, agrégé un joyeux mélange de personnes venues d’horizons divers, alliant manifestations, sabotages, négociations avec la mairie et actions directes », raconte un « reclaimer ». Le groupe à l’origine de la belle idée transmet alors le topo à Notre-Dame-des-Landes, au point qu’après les premières expulsions, la sauterie réunit pendant quelques jours deux cents personnes en assemblée.

Face à l’opération César – nom subtil de l’opération d’évacuation de la ZAD initiée depuis le 16 octobre –, la manifestation de réoccupation devient alors une véritable opération Astérix, torpillant à coup de menhir toute tentative de division du mouvement. La violence des expulsions des différents lieux occupés sur la ZAD en ont révolté plus d’un, y compris en dehors des réseaux militants. « C’est sûr que s’il n’y avait pas eu la dynamique d’occupation, cette manifestation n’aurait pas eu la même ampleur. Et, surtout, il y a une réussite : celle de s’organiser tous ensemble en assemblée, malgré les prises de becs et les différences de culture politique !, lâche même un adhérent de l’Acipapar La Casinière {PNG} [2]. Le fait d’occuper illégalement le terrain a été en quelque sorte légitimé, et puis ces jeunes ont apporté leur façon de fonctionner, très démocratique. »

Enfumage à tous les étages

Face à cette mobilisation populaire – et, incidemment, aux édiles d’Europe-Écologie, dont certains sont venus réoccuper, à leur propre sauce, la veille du 17 novembre, une ancienne maison squattée proche de la ZAD – les autorités ont été prises de cours. Le jour de la manifestation, Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, maire de Nantes et fanatique de l’aéroport, change son agenda ministériel pour éviter les journalistes. Préfecture et région s’entêtent à répéter en boucle le discours clivant habituel, renforcé par le ministre de l’Intérieur Manuel « Nicolas » Valls qui déclare « qu’il est hors de question de laisser un kyste s’organiser ». Des propos tout en nuance qui rappellent « la chienlit » de De Gaulle.

Une semaine plus tard, les robocops ré-envahissaient la ZAD pour détruire une des premières maisons occupées et protéger un huissier venu déclarer les cabanes reconstruites le 17 novembre illégales. « Cette opération consiste à empêcher la reconstitution d’un camp retranché. Il s’agissait de ne pas laisser fortifier ce genre de camp », claironne alors le préfet Christian de Lavernée. Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur, tout aussi va-t-en-guerre, est horrifié : « Les forces de l’ordre doivent franchir des tranchées, des barricades de plus de 2,5 mètres de haut, dont certaines peut-être piégées d’engins artisanaux. » Et de prévenir qu’il faut « empêcher l’installation d’un camp pouvant servir de base arrière aux opposants les plus radicaux, pour mener des actes de sabotage [3] ». Pire que Verdun en 1916 ! Chauffés à blanc, les robocops font tellement dans la dentelle qu’on dénombre des dizaines de blessés à coups de flashball et de par La Casinière {PNG}bombes assourdissantes. Matignon décide alors le 24 novembre de créer une « commission de dialogue » présidée par Claude Chéreau, un plus-bureaucrate-que-moi-tu-meurs socialo.

Najat Vallaud-Belkacem, la porte parole du gouvernement, explique que de facto « cette commission du dialogue servira à exposer à toutes les parties prenantes la réalité des travaux réalisés », tandis que Jean-Marc Ayrault continue à bougonner que de toute façon l’aéroport se fera [4]. Deux jours après, sur une barricade, des policiers infiltrés arrêtent des opposants, dont un se prendra sans attendre cinq mois de prison ferme... Ce drôle de dialogue, qui devrait durer près de quatre mois, sent déjà bon l’enfumage et « l’opération de communication » selon un communiqué de presse des opposants à l’aéroport.

L’État commence à transpirer à grosses gouttes. Et ça se voit avec la révélation du trucage grossier du budget de l’aéroport destiné à démontrer que le projet est rentable [5] et les propos de gendarmes qui rapportent que l’évacuation totale des occupants sur la ZAD leur paraît, à terme, impossible : « Cela fait déjà un mois et demi que ça dure et on n’en voit pas la fin […]. Il ne faudrait pas qu’il y ait d’autres gros événements de ce type en France. […] Déloger, on peut faire. Mais tenir, c’est impossible. On ne peut pas empêcher les gens de revenir le lendemain ou la nuit [6].  »

Et pendant ce temps là...

À Notre-Dame-des-Landes, on ne se laisse pas abattre, les baraques sont retapées, on danse des tangos boueux sous les étoiles, on organise une réunion nationale de tous les collectifs locaux de soutien à la ZAD, et il y a d’autres temps de mobilisation en perspective. Les bouffes, les réunions, les fêtes improvisées, les copains blessés et le froid soudent encore plus la mobilisation. Pourtant, au coin du feu, les discussions vont bon train. Selon une opposante au projet se rappelant des luttes paysannes locales [7], « un des grands points d’agrégation de cette lutte reste la défense de terres agricoles ou l’absurdité même du projet face à un État qui veut passer en force, mais cela ne suffit pas en terme d’ambition politique ».

Parler de la ZAD non seulement en tant que zone à défendre mais en tant que zone d’autonomie définitive et idéaliser un mode de vie alternatif où l’on cultiverait la terre, tout cela suffira-t-il à agréger les différentes voix du mouvement et à développer par La Casinière {PNG}d’autres imaginaires sociaux ?

L’auto-organisation et les tentatives d’horizontalité de la lutte contre l’aéroport animent la mobilisation et le refus des aménagements du territoire menés aux forceps par l’État. Mais, comme à Tarente [8], les différentes voix de cette lutte pourront-elles mettre, aussi, au centre du mouvement et des débats la question industrielle ? Et créer ainsi une véritable ligne de rupture face aux ambitions mortifères des édiles nantais qui déclaraient en chœur récemment : « Nous ne nous laisserons pas dicter notre destin, […] nous défendons l’aéronautique et les emplois industriels [9]. »


Notes


[1Collectif réunissant des « jeunes paysan-ne-s, des sans-terre et des paysan-ne-s en devenir, ainsi que des personnes qui veulent trouver le contrôle de la production alimentaire ». Voir CQFD n° 94.

[2Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

[3Le Figaro, 24 novembre 2012

[4Le Point, 29 novembre 2012

[6Le Télégramme, 5 décembre 2012

[7La Loire-Atlantique a été dans les années 70 un haut lieu du combatif syndicalisme paysan qui a donné naissance à la Confédération paysanne.

[8Voir CQFD n° 103, PMO, Août 2012 et La Brique n° 33.

[9Communiqué de presse du 17 novembre de Jacques Auxiette, Président du Conseil Régional des Pays de la Loire, Philippe Grosvalet, Président du Conseil général de Loire Atlantique, Gilles Retière, Président de Nantes Métropole, Patrick Rimbert, Maire de Nantes.

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 14:43

on passe cet article et un lien vers un blog qui commente ce procéset en plus laurent jacqua a interpellé la ministre de la justice au cours d'une journée organisé par le Genepi dans la région parisienne, la vidéo est sur le blog de laurent jacqua.

 

La cour d'assises de Haute-Garonne a condamné, hier, Michel Gallia et Philippe Lalouel des peines de 8 ans de prison et 20 ans de réclusion criminelle. Au terme de trois jours d'audience, au cours desquels des témoins se sont succédés (experts, victimes ou proches des accusés), l'avocat général Sylvestre a demandé «une punition qui défendra des valeurs sociales bafouées et qui rappellera que la loi n'est pas une coquille vide», 7 ans de prison requis contre l'ancien chauffeur de bus et 20 ans de réclusion criminelle contre Philippe Lalouel, au casier judiciaire «chargé».

Après avoir rappelé les faits, trois braquages de bureaux de poste et une tentative (voir notre édition de mardi), l'avocat général s'est attaché à rappeler les histoires de vie de ces «deux hommes mûrs marqués par des enfances malmenées où le père est le grand absent», mais qui avaient «la liberté de refuser l'alternative de la délinquance».

«Il a perdu le sens de la réalité»

Me Nakache, avocat de Michel Gallia, a raconté la détresse d'un homme qui en 2008 «reçoit 200 000 € et entre dans le monde fabuleux de Oui-oui, rempli de luxe et de séduction. Il a perdu le sens de la réalité» et qui se retrouve sans le sou en 2010. «Il ne peut pas concevoir autre chose que des braquages pour payer ce qu'il doit». Me Markhoff, avocat de Philippe Lalouel, explique le parcours de vie de son client à la lumière d'une lutte acharnée contre une maladie grave contractée en 1986. «La maladie et la prison l'ont détruit». Tenant compte du fait que son client est en prison jusqu'en 2020, l'avocat propose aux jurés une peine de 10 ans de prison dont 5 ans avec sursis mise à l'épreuve. Les jurés, 5 femmes et un homme, en ont décidé autrement.

article de presse :


par rapport à ce procés tu peux voir les commentaires de laurent jacqua sur le blog http://vuesurla prison. blogs.nouvelobs.com


Procés de Philippe LALOUEL à Toulouse 5.12.2012 par LaurentJacqua


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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 10:10

toujours et encore c'est l'autonomie des luttes( toujours en  discussions) face à ce monde.lu sur le texte ci dessous sur non fides.

 

On entend beaucoup parler ces derniers temps des centres de rétention et des politiques migratoires, essentiellement à travers la rhétorique du scandale : mise en avant de l’image de la famille innocente et bien intégrée, qui travaille ici, dont les enfants sont scolarisés, insistant sur l’ignominie qu’il y a à les enfermer dans des camps. Toute une rhétorique employée pour mobiliser l’indignation citoyenne, pour crier au racisme en se vivant comme des résistants, pour lancer de vains appels à réformer la gestion de la machine à expulser, à améliorer les conditions d’enfermement, à trier les « bons » des « mauvais » sans-papiers.


N’y allons pas par quatre chemins : nous ne souhaitons pas ajouter nos larmes à ce bal des pleureuses, nous ne luttons pas contre la machine à expulser par empathie et encore moins par pitié, ni dans le but de la rendre plus humaine, mais pour la détruire. De la même façon, nous ne partons pas du principe que les personnes enfermées dans ces camps seraient des victimes à secourir, ou qu’il faudrait assister leur intégration (ou leur réintégration) dans cette société que nous voulons désintégrer totalement. Les logiques syndicales, humanitaires et réformistes ont depuis longtemps démontré leur rôle de cogestion des logiques d’exploitation, de contrôle et d’enfermement, en bref de domination.

Les sans-papiers, comme tous les autres exploités, n’ont jamais eu besoin de souteneurs ou de chevaliers vaillants pour se révolter, beaucoup n’ont jamais attendu le feu vert de quelconques militants et politiciens. En témoigne, parmi une multitude d’actes individuels et collectifs, des plus quotidiens aux plus spectaculaires, l’incendie de la plus grande prison pour étrangers d’Europe, le centre de rétention de Vincennes en juin 2008.

Le centre de rétention n’est qu’un seul des rouages de la machine à expulser qui n’est elle-même qu’un seul des rouages de la machine infâme qu’est ce monde de barbelés et de domination. De fait, elle n’est pas un concept à discuter sur les bancs douillets d’une université, elle s’incarne dans une foultitude de responsabilités concrètes : des associations humanitaires comme la CIMADE, France Terre d’Asile, l’Ordre de Malte, Forum Réfugiés et la Croix-Rouge qui co-gèrent les centres et les zones d’attente en bonne entente financière avec l’Etat ; RATP, Air France, Carlson Wagon-Lit, Royal Air Maroc et SNCF  : tous déportent, et certains ajoutent leurs contrôles à ceux des flics ; le groupe Accor qui dépanne l’Etat de quelques places de prison dans ses hôtels ; les institutions qui organisent les rafles en guet-apens comme Pôle Emploi, CAF, la Sécu... ; les entreprises qui organisent la logistique à l’intérieur des taules comme Sodexo, Avenance, GDF-SUEZ, Veolia, Eurest... ; les constructeurs comme Bouygues, Vinci, Eiffage ; les suceurs de sang et de sueur des boîtes d’intérim comme Randstad, Adecco, Manpower ; les syndicats qui négocient les critères d’expulsion à la table de l’Etat comme la CGT, CFDT, SUD, UNSA, FO et tous les partis politiques qui font leur beurre électoral sur la question des migrants...
Toute une maxi-brochette de collabos sans lesquels l’Etat, ses flics, ses juges et ses gendarmes ne pourraient pas gérer cette machine de déportation. Les motivations de ces charognards n’ont rien de bien raciste, car l’argent n’a pas de couleur, et c’est pour la manne financière dont ils profitent qu’ils prêtent tout leur concours à ce système de merde.

Pointer les responsabilités claires de ces collaborateurs ne signifie pas les réduire à la seule question des expulsions et des frontières. On retrouve tous ces vautours dans la gestion quotidienne de l’exploitation, de l’enferment, de la domination, car nous sommes tous, avec ou sans-papiers, du gibier à frontières, à matons, à patrons, à humanistes.

Ils ont des noms et des adresses, chacun peut leur renvoyer un peu de leurs responsabilités à la gueule de la façon qu’il estime la plus pertinente.

Dans cette guerre sociale sans trêve, il est toujours temps d’exprimer notre haine sans concession, et d’attaquer sans médiations tout ce qui nous rend esclaves.

Centres de rétention, papiers, prisons, frontières, gestionnaires et co-gestionnaires de la domination :
Autant en emporte le vent de la liberté !

[Tract trouvé dans les rues de Paris, décembre 2012]

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 09:47

lu sur mondialisme.org, Cette réflexion est posée à ce moment de la lutte.

Le refus du tra­vail

Claude Guillon, que je cite sou­vent, a publié dans « misère de l’éco­nomie », un bref his­to­ri­que de la manière dont les socia­lis­tes avaient abordé le pro­blème du tra­vail. Il en res­sort qu’en dehors de quel­ques théo­riciens (Stirner, Lafargue) et cou­rants (les Surréalistes), la majo­rité des socia­lis­tes, qu’ils soient anar­chis­tes ou marxis­tes, étaient de farou­ches par­ti­san-e-s du tra­vail, dont ils contes­taient l’aspect aliéné et aliénant, mais pas le prin­cipe même. Le refus du tra­vail a sur­tout été étudié a partir des années 70, à la fois par des gau­chis­tes (groupe Adret), des conseillis­tes. C’est dans le marxisme auto­nome, dans le situa­tion­nisme et dans le post-bor­di­guisme qu’il prend toute son ampleur. Il se répand éga­lement dans le milieu anar­chiste, dans lequel le situa­tion­nisme a (curieu­se­ment) bonne presse. Après 68 en France et en Italie, l’absenté­isme attei­gnit des pro­por­tions énormes, qui fut considéré par les marxis­tes auto­no­mes comme l’une des causes de la crise du for­disme. Aujourd’hui, la revue conseilliste Écha­nges considère le refus du tra­vail, quel­que soient ses formes, comme une forme concrète de la lutte des clas­ses. Comme le chante Bernard Lavilliers : « dans le ves­tiaire cra­din­gue / cinq minu­tes volées / à la fumée, au bruit, au dés­espoir » (Les Barbares). Le refus du tra­vail est, à mon sens, l’un des prin­ci­pes « car­di­naux » qui défin­issent aujourd’hui une posi­tion révo­luti­onn­aire, l’une des fron­tières entre l’ancien et le nou­veau mou­ve­ment.

Effectivement le droit à la paresse a été mis en pra­ti­que bien plus tôt par les ouvriers, et ce n’est pas un hasard si Pouget considérait la paresse comme une forme vala­ble de sabo­tage. Léo Malet évoque, dans la Trilogie noire, ce milieu d’ouvriers anar­chis­tes, pro­ches de l’illé­gal­isme, pra­ti­quant sabo­tage et « piquant des maca­dams » en simu­lant des acci­dents pour être payés sans tra­vailler. Il a existé, à mon sens, un déca­lage entre la pra­ti­que ouvrière et la théorie socia­liste. La cla­ri­fi­ca­tion, c’est-à-dire la théo­ri­sation du refus du tra­vail et du droit à la paresse (qui sont deux choses liées, mais bien dis­tinc­tes), est un tra­vail amorcé, mais loin d’être fini et dif­fusé.

Il me semble plus impor­tant d’expli­quer com­ment cer­tains tra­vailleur-se-s ont pu - alors qu’ils savaient par­fai­te­ment à quel point le tra­vail est une tor­ture (ce qui est son sens éty­mo­lo­gique) - s’iden­ti­fier comme pro­duc­teurs jusque dans leurs pro­jec­tions de la société future (« fédé­ration / asso­cia­tion de libre pro­duc­teurs »). Tout d’abord, c’est une ten­dance, mais pas un absolu. Au contraire, la base même de la cons­cience de classe, c’est le refus du tra­vail, qu’il soit réalisé ou désir inas­souvi.

Spectacle et tra­vail

Plusieurs rai­sons inci­tent sans doute cer­tains tra­vailleurs à refu­ser d’admet­tre à quel­que point bosser est abo­mi­na­ble. La prin­ci­pale est sans doute la résig­nation pure et simple. Le refus du tra­vail, le désir intense de consom­ma­tion, la réb­ellion spon­tanée, sont plutôt le fait des jeunes tra­vailleur-se-s, avant qu’ils ne ren­trent dans le rang (même si cette atti­tude est par­tiel­le­ment ritua­lisée ou intégrée comme la cuite du samedi soir et les sor­ties en boîte, « faut que jeu­nesse se passe »). Fonder une iden­tité sur la résig­nation au tra­vail, c’est sans doute pour la plu­part des tra­vailleurs, en l’absence d’une issue claire, la seule façon de sur­vi­vre digne­ment à l’hor­reur du tra­vail et refu­ser de reconnaître d’avoir gâché sa vie. C’est à mon sens le sens le plus pro­fond de la notion de Spectacle, telle qu’elle a été développée par les situa­tion­nis­tes. Loin de l’objec­ti­visme et de l’éco­nom­isme de l’ultra-gauche, les situs ont étudié les aspects sub­jec­tifs, la manière dont était vécu le rap­port social capi­ta­liste. On a sou­vent voulu réd­uire cette notion à celle de domi­na­tion par les « mass-médias », ce qui lui retire toute sa force : le Spectacle, c’est d’abord la représ­en­tation de la vie actuelle comme une vie réelle, hors de la vie réelle. C’est-à-dire qu’il com­prend l’ensem­ble des représ­en­tations socia­les considérées comme des réalités, même si cette réalité est sou­vent bien pauvre.

Peut-on pour autant voir dans cette accep­ta­tion pas­sive d’une partie des tra­vailleur-se-s une forme « d’intég­ration » des tra­vailleur-se-s au capi­tal ? Non, puisqu’ils en font partie, dès le départ : par défi­nition, ils exis­tent comme tra­vailleurs uni­que­ment parce que le rap­port social capi­ta­liste les iden­ti­fie ainsi. Dans sa défi­nition éco­no­mique, la force de tra­vail est l’une des com­po­san­tes du capi­tal. Or, deux aspects coexis­tent dans la classe et sou­vent dans chaque indi­vidu : le refus du « système » et l’intég­ration à celui-ci. Mais cette intég­ration passe éga­lement par la reven­di­ca­tion du droit de jouer un rôle dans celui-ci, le droit de gérer celui-ci. L’intég­ration des syn­di­cats à l’état, dans la plu­part des pays du monde, est une étape impor­tante de l’ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion de la classe ouvrière au sein du capi­ta­lisme. C’est éga­lement le rôle de la social-démoc­ratie, y com­pris sous sa forme bol­che­vi­que et aujourd’hui gau­chiste. Ce qui était une insuf­fi­sance des théories socia­lis­tes dans la réflexion sur le tra­vail est devenu un dogme cen­tral de la social-démoc­ratie : le tra­vail libé­rateur, doublé du fétich­isme de la pro­duc­tion. Ce dogme trouve sa for­mu­la­tion la plus lapi­daire dans la for­mule de Thorez (secrét­aire général du Parti Communiste Français) après la seconde guerre mon­diale : « cama­ra­des, retrous­sez vos man­ches » ou encore dans ce slogan du PCF systé­ma­tiq­uement res­servi aux mineurs dans les années 50 : « c’est vous qui avez bâti la France ». La social-démoc­ratie, sous ses formes variées (y com­pris dans le gau­chisme actuel) n’a jamais trahi la classe ouvrière, mais défend les ouvrier-e-s tout en les confor­tant dans le rôle de tra­vailleur-se-s, de pro­duc­teur-e-s au sein du système capi­ta­liste. Évide­mment, ce rôle est à l’opposé de la lutte contre le système et de la « néc­ess­aire cri­ti­que du tra­vail ».

Mais considérer que la classe est intégrée au capi­ta­lisme parce que les orga­ni­sa­tions qu’elle a créée jadis sont aujourd’hui des piliers du système revien­drait à dire que la lutte de classe n’exis­tent que dans les mots d’ordres des orga­ni­sa­tions « ouvrières ». Autrement dit, il faut com­pren­dre l’autre face du pro­ces­sus, com­ment agit la volonté de rompre avec le capi­ta­lisme.

Drame de la cons­cience de classe

Les tra­vailleurs, pour sortir du capi­tal, doi­vent se nier en tant que classe (« autoné­gation du prolé­tariat »). Si l’objec­tif visé est la création d’une société sans classe et que seule la classe de ceux qui ne possèdent rien (prolé­tariat, au sens strict) peut réel­lement désirer cette société là, alors il faut réussir le grand saut qui mène une classe à s’affir­mer en tant que telle et, dans un même mou­ve­ment, à se dis­sou­dre pour ne plus exis­ter. La société sans clas­ses, par défi­nition, ce n’est pas une société de prolét­aires mais une société sans prolét­aires. Mais ce mou­ve­ment social ne se pro­duit pas seu­le­ment au niveau de la défi­nition éco­no­mique, mais aussi du vécu, des atti­tu­des.

Dans le capi­ta­lisme, le tra­vailleur a géné­ra­lement intérêt à ne pas pren­dre plus de res­pon­sa­bi­lités que ce qu’on lui octroie, et apprend rapi­de­ment que toute par­ti­ci­pa­tion de sa part n’est qu’une étape sup­plém­ent­aire dans son acquies­ce­ment tacite à l’exploi­ta­tion qu’il subit. Son atti­tude géné­rale par rap­port au tra­vail est dét­erminée par cela (et c’est sans doute ce rap­port au tra­vail qui oppose le plus clai­re­ment les « cou­ches moyen­nes » aux « ouvriers » au sein du prolé­tariat, autre ques­tion à creu­ser). Mais dans une société libérée du capi­ta­lisme, le même « tra­vailleur » est amené chan­ger son atti­tude, à pren­dre des ini­tia­ti­ves sur la manière même de tra­vailler. Se nier en tant que classe n’est pas seu­le­ment une for­mule théo­rique, mais un chan­ge­ment pro­fond dans la pra­ti­que.

L’iden­tité ouvrière est donc une dét­er­mi­nation imposée de l’extérieur, comme le sexe ou la natio­na­lité, et que l’Individu-e doit s’en libérer cons­ciem­ment. Mais cette libé­ration cons­ciente est elle-même pro­blé­ma­tique, précisément parce qu’il s’agit de sortir d’un rap­port social. L’Individu-e cons­cient-e des dét­er­mi­nations qui s’impo­sent à lui cher­che à leur éch­apper, mais il se retrouve face à elles dans toute son exis­tence, dans sa réalité sociale, dans la manière dont il est perçu, etc. Il ne peut sortir de la dét­er­mi­nation qu’en détr­uisant le rap­port social lui-même, et non seu­le­ment en pre­nant cons­cience de celui-ci. Et ce rap­port social, il ne peut - par défi­nition - le détr­uire seul.

On appro­che alors du cœur du pro­blème de la révo­lution sociale. Entre le moment où un-e Individu-e prend cons­cience des rap­port sociaux qui le dét­er­minent et le moment où ces rap­ports sociaux sont détruits, il peut se passer un cer­tain temps, puisqu’ils ne s’achè­veraient d’après les « préd­ictions » que par la révo­lution sociale totale : on peut pour le moins cons­ta­ter qu’elle n’a pas encore eu lieu ! Autrement dit, cet-te Individu-e se trouve sans cesse confronté-e à une situa­tion qui est d’autant plus abo­mi­na­ble qu’il / elle la perçoit clai­re­ment, sans le secours d’un quel­conque « opium du peuple » poli­ti­que ou reli­gieux. Il / elle va alors cher­cher à agir sur la situa­tion, d’une manière ou d’une autre. La par­ti­ci­pa­tion, sous une forme ou une autre, à un groupe révo­luti­on­nar­iste / rup­tu­riste est une ten­ta­tive pour agir sur sa propre vie.

Mais cela ne prouve ni que les grou­pes révo­luti­onn­aires ser­vent à quel­que chose, ni qu’ils ne seront pas dan­ge­reux en défi­ni­tive pour la révo­lution elle-même (« la révo­lution n’est pas une affaire de parti », selon la for­mule d’Otto Rühle). L’acti­visme, la polé­mique, etc. sont por­teurs d’un anta­go­nisme entre l’uti­lité qu’on leur attri­bue (pré­ci­piter la rup­ture révo­luti­onn­aire / accroître la cons­cience de classe / former des cadres révo­luti­onn­aires / etc.) et son rôle actuel d’occu­pa­tion, de course contre le temps, de désir d’être utile à l’huma­nité, etc. C’est « le mili­tan­tisme, stade suprême de l’alié­nation » (selon le titre d’une bro­chure célèbre).

Il y a donc une contra­dic­tion entre le mou­ve­ment réel et néc­ess­aire qui amène des Individus à se regrou­per autour d’un projet révo­luti­onn­aire, et l’impos­si­bi­lité de réa­liser ce projet tout de suite, ou même dans un délais pré­vi­sible. Cette contra­dic­tion est lourde d’impli­ca­tion, parce qu’elle amène à recher­cher des rac­cour­cis, soit en allant plus vite (acti­visme, lutte armée), soit en essayant de rac­cour­cir le chemin, par exem­ple en pro­cla­mant que le capi­ta­lisme est au bord de l’effon­dre­ment (trots­kisme, ultra­gau­che). Cette contra­dic­tion que chaque groupe cher­che à rés­oudre à sa manière, ne peut trou­ver sa solu­tion que dans la réunion entre le désir de chan­ge­ment et le chan­ge­ment réalisé, c’est-à-dire dans la révo­lution en mou­ve­ment.

Pourquoi des conseils de tra­vailleurs ?

Marx, pré­cis­emment, a montré pour­quoi et com­ment le prolé­tariat était la seule classe révo­luti­onn­aire, et même qu’il n’exis­tait comme prolé­tariat qu’en étant révo­luti­onn­aire (la « classe pour soi ») : parce que le système capi­ta­liste repose, en der­nière ana­lyse, sur le pro­duit du tra­vail qu’il s’appro­prie. C’est ce qui est résumé dans un slogan fameux : « le patron a besoin de toi, tu n’as pas besoin de lui ». Les conseils de tra­vailleurs ont donc pour fonc­tion de com­bat­tre le capi­ta­lisme là où il se situe réel­lement, c’est-à-dire sur le lieu même de l’exploi­ta­tion. Il ne s’agit pas seu­le­ment de contrôler la pro­duc­tion, d’orga­ni­ser soi-même le tra­vail, mais bien de briser le capi­tal comme rap­port social, comme manière d’orga­ni­ser la société.

On peut remar­quer que la Commune de Paris, qui cons­ti­tue le modèle de la prise du pou­voir par la classe ouvrière pour Marx, n’a pas réel­lement brisé le cadre du capi­ta­lisme. L’un des éléments les plus trou­blant, par exem­ple, c’est que la Bourse de Paris n’a jamais été fermée, même si le volume d’acti­vité a dimi­nué. A l’inverse, durant les révo­lutions conseillis­tes des années 1917-1921 (Allemagne, Russie, Italie), les conseils de tra­vailleurs ont réussi a pren­dre le contrôle de la pro­duc­tion, mais pas à détr­uire l’appa­reil d’état. C’est ce double pro­blème qu’il fau­drait dép­asser… à la pro­chaine.

Il faut noter que dans l’esprit des conseillis­tes alle­mands, le conseil de tra­vailleurs n’est pas un conseil d’entre­prise, mais la réunion des délégués man­datés par les conseils d’entre­pri­ses au niveau d’une ville ou d’une région. Sa compét­ence n’est donc pas res­treinte au contrôle de l’entre­prise, mais à tous les aspects de l’acti­vité révo­luti­onn­aire. En Italie, les conseils d’usine ras­sem­blaient non seu­le­ment les ouvriers, mais aussi l’ensem­ble des per­son­nes qui en dép­endaient, y com­pris les bou­ti­quiers du quar­tier. Il faut rap­pe­ler que cette orga­ni­sa­tion était liée aux « for­te­res­ses ouvrières » qui struc­tu­raient toutes la vie de la ville. D’autre part, tou­jours pour les conseillis­tes alle­mands, les conseils de tra­vailleurs doi­vent être com­plétés par des conseils de consom­ma­teurs, garan­tis­sant la dis­tri­bu­tion des biens. Cette notion peut faci­le­ment être étendue au duo conseil de tra­vailleurs muni­ci­paux / conseils d’habi­tants, pour ce qui est de la ges­tion de la ville, mais il ne peux rem­pla­cer les pre­miers.

Enfin, last but not least, « tout le pou­voir aux conseils de tra­vailleurs » dit bien ce qu’il veut dire. Il s’agit effec­ti­ve­ment d’exclure les non-tra­vailleurs, c’est-à-dire les capi­ta­lis­tes, les bureau­cra­tes et la petite bour­geoi­sie. C’est bien de la dic­ta­ture du prolé­tariat qu’il s’agit. Opposant la concep­tion anar­chiste des conseils au bol­che­visme, l’anar­chiste alle­mand Eric Mühsam écrivait dans « La société libérée de l’état » : « Les anar­chis­tes son avisés, qui uti­li­sent aussi peu que pos­si­ble l’expres­sion de dic­ta­ture du prolé­tariat, bien qu’une juste com­préh­ension du concept de Conseil, excluant toute arrière-pensée sour­noise, ne puisse guère enten­dre autre chose par ce terme que la répr­ession par la classe prolé­tari­enne des rés­ist­ances à la révo­lution prolé­tari­enne. (…) La dic­ta­ture révo­luti­onn­aire d’une classe contre l’autre est indis­pen­sa­ble au cours du combat, mais cette dic­ta­ture n’est pas autre chose que la révo­lution elle-même ».

Les deux concep­tions, pou­voir des conseils contre pou­voir du parti, se sont heurtées vio­lem­ment à Krondstadt en 1921. Quand on lit les « Nouvelles du conseil de Kronstadt », on ne trouve rien de spé­ci­fiq­uement anar­chiste, mais un seul mot d’ordre : « tout le pou­voir aux conseils d’ouvriers et de sol­dats rouges ». On trouve la même exi­gence exprimée dans l’insur­rec­tion makh­no­viste. Le pou­voir des conseils de tra­vailleurs s’oppose donc au pou­voir d’un parti dis­tinct de la classe elle-même. C’est la société réunie avec elle-même, la fin de la sépa­ration entre société et état, et par là-même la fin de l’un et de l’autre en tant qu’entités.

Les conseils cons­ti­tuent la forme de base de toute lutte auto­nome, sous différents noms (comités de grèves, coor­di­na­tions, assem­blées géné­rales, etc.). En soi, leur exis­tence est liée à la lutte de classe, sans avoir forcément une orien­ta­tion révo­luti­onn­aire. Mais ils cons­ti­tuent une forme essen­tielle de réapp­ropr­iation de la vie quo­ti­dienne, du pou­voir de décision, d’auto­no­mie de l’indi­vidu confronté, sou­vent pour la pre­mière fois, à la pos­si­bi­lité de pren­dre une décision impor­tante, au droit d’expri­mer un avis. Briser la ser­vi­tude volon­taire.

Problèmes posés par les conseils de tra­vailleurs

Il faut exa­mi­ner de plus près l’idée selon laquelle les conseils de tra­vailleurs sont aujourd’hui dis­qua­li­fiés par la dis­pa­ri­tion de la valeur tra­vail. Cela revient à prou­ver que le capi­ta­lisme ne repo­se­rait plus aujourd’hui sur la pro­duc­tion, ou que celle-ci ne repose plus sur le tra­vail. Car en dehors de cela, ce n’est pas parce que les tra­vailleu­ses ne s’iden­ti­fient pas à leur tra­vail que la ques­tion de la des­truc­tion du capi­ta­lisme sur le lieu même de sa pro­duc­tion ne se pose pas : au contraire, c’est même cette non-iden­ti­fi­ca­tion qui est sub­ver­sive.

Je ne crois pas que les tra­vailleu­ses aient jamais beau­coup adhéré à la valeur tra­vail, et quand elles l’ont fait, c’est en créant ce masque d’illu­sions qui seul permet d’affron­ter la misère de la vie quo­ti­dienne - le Spectacle. Dans les années 30, les ouvriers russes moles­taient volon­tiers les Stakhanovistes, et plu­sieurs d’entres eux furent mêmes assas­sinés, en raison de leur adhésion au système d’inten­si­fi­ca­tion du tra­vail. D’autre part, l’ana­lyse sur la fin du modèle des clas­ses moyen­nes ne fonc­tionne que dans le « pre­mier monde » occi­den­tal, mais pas vrai­ment dans les autres pays, et notam­ment dans les pays du « tiers-monde », où les pay­san­nes pau­vres et les ouvrières agri­co­les savent par­fai­te­ment que le tra­vail est une tor­ture (c’est son sens éty­mo­lo­gique !).

C’est éga­lement ce que je vou­lais dire en disant que les " cou­ches moyen­nes " différaient des autres tra­vailleurs dans leur rap­port au tra­vail. Ceux qui par­vien­nent, à l’issue d’études, à attein­dre le métier qui cor­res­pond à la for­ma­tion qu’ils ont choi­sis, peu­vent trou­ver une cer­taine forme d’adéq­uation entre leur tra­vail et leur acti­vité, s’accom­plir dans la réa­li­sation de leur tra­vail, le trou­ver intér­essant, et même utile. Mais quand on passe sa journée à rép­ondre au télép­hone sans inter­rup­tion (call cen­ters), à net­toyer les cou­loirs du métro ou a couper la canne à sucre, c’est déjà beau­coup plus dif­fi­cile…

Une fois de plus, l’idée de conseils de tra­vailleurs n’est donc pas liée à un mythe du pro­duc­teur - même s’il n’est pas exclu que ce mythe ait pu jouer un rôle pour cer­tains conseillis­tes - mais à la recher­che par les tra­vaill­leurs eux-mêmes, au cours des révo­lutions du XXe siècle, de trou­ver une forme d’orga­ni­sa­tion qui leur per­mette de pren­dre leur vie en mains, de ne pas déléguer l’orga­ni­sa­tion de la société aux syn­di­cats ou au parti, fusse-t-il anar­chiste ou com­mu­niste. Il ne s’agit pas pour autant d’une panacée, puis­que jamais les conseils n’ont été vic­to­rieux. On peut réfléchir sur les rai­sons de cet échec.

Deux pro­blèmes essen­tiels se sont posés aux conseils de tra­vailleurs : primo, ils ont servi de marche-pied aux partis sociaux-démoc­rates (SPD, USPD, KPD en Allemagne, Bolcheviks en Russie, PSI en Italie). Secundo, ils ont été can­tonnés dans un rôle pure­ment de conseils d’usines (façon auto­ges­tion Yougoslave ou révo­lution polo­naise de 1956). Le pre­mier pro­blème est par­ti­cu­liè­rement cru­cial. C’est à peu près ce que j’expri­mais dans un texte pré­cédent des­tiné à un cama­rade du Réseau de dis­cus­sion inter­na­tio­na­liste : le pro­blème n’est pas de pren­dre le pou­voir, mais de faire en sorte qu’il ne soit pas pris. Dit comme cela, c’est simple. Dans la pra­ti­que, c’est beau­coup plus com­pli­qué, parce que grande est la ten­ta­tion de pren­dre le pou­voir pour qu’il ne soit pas pris par d’autres, ou de créer des orga­ni­sa­tions anti-orga­ni­sa­tions (comme le suggère Paul Mattick). Il faut remar­quer que les conseils se sont tou­jours affirmés contre les partis (le cas de l’Allemagne est assez par­lant). Aujourd’hui, c’est l’une des ques­tions plus com­plexe à laquelle nous devons rép­ondre.

L’autre pro­blème est plus ou moins lié au pre­mier. Ne pas se lais­ser can­ton­ner dans les ques­tions de contrôle de la pro­duc­tion, dans la sphère pure­ment éco­no­mique, c’est déjà poser la ques­tion du pou­voir, la ques­tion poli­ti­que (c’est en gros ce que Bordiga repro­chait aux conseils). Par contre, cela pose une série d’autres ques­tions : com­ment orga­ni­ser une société mon­diale sur la base des conseils. On peut se ras­su­rer en se disant que, quel­ques soient les dif­fi­cultés, ça ne peut pas être pire que ce que font les capi­ta­lis­tes ! Mais ça n’est pas abso­lu­ment sûr : l’expéri­ence russe montre exac­te­ment le contraire. On peut par­fai­te­ment, au nom du com­mu­nisme, ins­tau­rer une forme de capi­ta­lisme pire que les autres, encore plus absurde et ubues­que. (cf. tém­oig­nage de Victor Serge).

Cette ten­dance à rester sur le seul ter­rain éco­no­mique se double d’une ten­dance à s’en tenir au stade local ou rég­ional. Elle porte donc en elle la menace du loca­lisme, alors que les pro­blèmes à rés­oudre sont par nature mon­diaux. C’est éga­lement la cri­ti­que prin­ci­pale à l’encontre du fédé­ral­isme : il insiste sur le niveau local au dépens du niveau global. Il faut donc aujourd’hui poser la ques­tion de savoir com­ment trou­ver une forme d’orga­ni­sa­tion pra­ti­que de la révo­lution qui détr­uise de fond en comble le système capi­ta­liste au niveau même des rap­ports sociaux, qui ne se can­tonne pas sur le ter­rain éco­no­mique mais occupe l’ensem­ble des lieux de la vie, qui ne cher­che pas la prise du pou­voir mais sa des­truc­tion au niveau mon­dial.

Ne tra­vaillez jamais !

Le projet révo­luti­onn­aire fondé sur les conseils de tra­vailleurs n’est, en tant que tel, un projet de société. Il nous faut tou­jours rés­oudre le pro­blème, relevé par Gilles Dauvé (Back to the S.I.), de la contra­dic­tion chez les Situationnistes, entre « Ne tra­vaillez jamais » et « Tout le pou­voir aux conseils ouvriers ».

Cette contra­dic­tion est en partie résolue si l’on exa­mine les choses dans le sens du mou­ve­ment réel. Nous sommes dans une société fondée sur le tra­vail et nous aspi­rons à en sortir, non seu­le­ment à abolir le tra­vail sala­rié, mais aussi et sur­tout à éman­ciper l’humain du tra­vail. J’aurais donc ten­dance à penser que si « l’éman­ci­pation des tra­vailleurs sera l’œuvre des tra­vailleurs eux-mêmes », cette éman­ci­pation est d’abord et avant tout une éman­ci­pation des contrain­tes du tra­vail. Les prolét­aires se niant en tant que prolét­aires s’affir­ment en temps qu’Individu-e-s libres. Le droit à la paresse, le refus du tra­vail expri­ment exac­te­ment cette idée, dans les termes les plus concrets : on cesse d’être un tra­vailleur en ces­sant de tra­vailler.

L’expéri­ence russe a montré à quel point il ne suffit pas de détr­uire la bour­geoi­sie pour détr­uire le capi­ta­lisme. Celui-ci réside avant-tout dans un rap­port social, un rap­port d’exploi­ta­tion et d’alié­nation. Le refus du tra­vail, c’est donc la forme pra­ti­que la plus simple et la plus directe de lutte contre ce rap­port social. Il s’exprime col­lec­ti­ve­ment dans la grève, indi­vi­duel­le­ment dans l’absenté­isme ou la recher­che de temps libre dans le temps de tra­vail. Le mou­ve­ment ouvrier, même sous sa forme la moins cri­ti­que par rap­port au tra­vail, a tou­jours fondé ses espoirs sur l’auto­ma­tion géné­ralisée des tâches, ce qui expri­mait indi­rec­te­ment la même idée (ou, plus pro­ba­ble­ment, concré­tisait une sorte de com­pro­mis entre l’aspi­ra­tion des tra­vailleurs à ne plus tra­vailler et le tra­vaillisme impé­nitent des réf­or­mateurs sociaux).

Nous nous trou­vons aujourd’hui devant un para­doxe entre cette idée d’auto­ma­tion géné­ralisée et la dif­fi­culté à la réa­liser d’une manière com­pa­ti­ble avec un dével­op­pement dura­ble, avec une prés­er­vation de l’envi­ron­ne­ment (ce qui amène les com­mu­nis­tes-pri­mi­ti­vis­tes à pro­po­ser l’éli­mi­nation pure et simple de la tech­no­lo­gie). C’est un pro­blème réel, sur lequel il nous reste à réfléchir séri­eu­sement.

Il avait été posé sous une autre forme au début du siècle pré­cédent dans les débats entre socia­lis­tes et anar­chis­tes-indi­vi­dua­lis­tes néom­alt­husiens. Ces der­niers sou­te­naient, à la suite de Malthus, que l’Humanité pro­liférait d’une telle manière que la pro­duc­tion ne pour­rait jamais suf­fire à la nour­rir toute entière, et pro­po­sait l’usage de la contra­cep­tion comme remède. Les socia­lis­tes considéraient que la pro­duc­tion suf­fi­rait si elle n’était pas entravée par les capi­ta­lis­tes pour leurs pro­pres pro­fits. L’étude com­parée de la pro­pa­gande néo-mal­thu­sienne et des cour­bes de nata­lité mon­trent que les ouvrières ont lar­ge­ment écouté le sage avis des Individualistes, malgré les morigé­nations pudi­bon­des et nata­lis­tes des socia­lis­tes. Aujourd’hui, le pro­blème se pose au niveau mon­dial : on peut envi­sa­ger plus faci­le­ment une crois­sance tech­no­lo­gi­que non-des­truc­trice à condi­tion qu’une révo­lution démog­rap­hique amène pro­gres­si­ve­ment l’Humanité à un nombre plus res­treint d’indi­vi­dus. Les femmes du tiers-monde ont tout à y gagner.

La ques­tion du lien entre prés­er­vation de l’envi­ron­ne­ment et auto­ma­tion géné­ralisée semble pou­voir être résolue à condi­tion que l’envi­ron­ne­ment, c’est-à-dire en défi­ni­tive la santé et la qua­lité de vie des Individues, soit posé comme un impé­ratif essen­tiel. Mais l’auto­ma­tion géné­ralisée pose un second pro­blème : née de l’anta­go­nisme entre tra­vailleurs et capi­ta­liste (une machine ne fait jamais grève), elle n’a jamais libéré les tra­vailleurs, mais les a éliminé de la pro­duc­tion (chômage massif) et aliéné de plus en plus, en les dépossédant de tout contrôle sur leur propre acti­vité, en éclatant le savoir-faire. La divi­sion du tra­vail a joué un rôle néf­aste. Croire aujourd’hui en les bien­faits uni­latéraux de la machine et de l’auto­ma­tion paraît non seu­le­ment illu­soire, mais sur­tout contraire au rejet massif dont elle fait l’objet par les tra­vailleurs eux-mêmes.

Ce rejet est contra­dic­toire, puisqu’il ne s’agit pas d’un refus de la tech­no­lo­gie (qui est au contraire bien­ve­nue dans la vie quo­ti­dienne), ni d’une reven­di­ca­tion d’un retour aux formes antéri­eures du tra­vail (tout aussi alién­antes et sou­vent plus fati­gan­tes phy­si­que­ment, sinon ner­veu­se­ment). Cette contra­dic­tion est au cœur du pro­blème de la tech­no­lo­gie. Elle se trouve éga­lement, ce qui est logi­que, au cœur de la lutte de classe. L’iné­galité dans la rép­ar­tition du pro­grès tech­ni­que dans la vie quo­ti­dienne et l’omni­prés­ence de celle-ci dans le tra­vail - au moins dans les pays « indus­tria­lisés » - sont des aspects eux-aussi contra­dic­toi­res, mais essen­tiels du capi­ta­lisme.

Cette contra­dic­tion (rejet de l’auto­ma­tion / désir de pro­grès tech­no­lo­gi­que) ne peut se rés­oudre de manière abs­traite, a priori, même si on ne doit pas la nég­liger. Elle cons­ti­tue l’un des éléments dyna­mi­ques de la société future, l’une des ques­tions qu’elle devra rés­oudre, l’un des moteurs du débat démoc­ra­tique. Elle ne peut donc trou­ver de solu­tion que dans le mou­ve­ment réel de la société. La révo­lution n’est pas seu­le­ment un moment, et la société future n’est pas un but figé, mais une évo­lution per­ma­nente, une révo­lution en per­ma­nence.

Les aspi­ra­tions des tra­vailleurs et tra­vailleu­ses actuel­les (ne plus tra­vailler, ne plus être esclave des gros­ses­ses répétées, ne plus être l’uti­li­sa­teur passif des machi­nes, béné­ficier du pro­grès tech­ni­que) por­tent en elles, comme une vue en négatif, la société future, dans toute sa com­plexité et ses pro­pres contra­dic­tions. C’est ainsi que les tra­vailleu­ses et tra­vailleurs por­tent dans leurs reven­di­ca­tions et même leurs frus­tra­tions quo­ti­dien­nes, non seu­le­ment la négation du capi­ta­lisme, mais leur propre négation en temps que tra­vailleu­ses et tra­vailleurs.

Nicolas (Mai 2000)

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 09:23

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 19:37

 ENcontinuation d'une discussion et camaraderies avec le CAN 71, on propose ce texte  chercher  ici

Terrain pour une rencontre : l’anarchisme social et la communisation

Ce qui suit a été publié comme une introduction et une amorce pour une lecture anarchiste du texte « Qu’est-ce que la communisation » de Léon de Mattis ; par conséquent, il suppose une certaine compréhension des concepts de la théorie de la communisation (décrite dans ce texte) tout en étant une présentation plutôt rapide des controverses qui s’y trouvent. Néanmoins, nous le reproduisons tel que comme un point de départ utile pour une recherche plus approfondie et un débat au sein de la relation entre ces théories révolutionnaires.

 

La communisation comme une conception du processus de transformation révolutionnaire est intrinsèquement liée à l’histoire de la pensée utopique. Par conséquent, il est possible de retrouver de nombreuses approches communisatrices aussi loin que chez les pré-modernes, les idéaux agraires des Diggers, les écrits de Thomas More, Babeuf, Robert Owen et beaucoup d’autres premiers socialistes utopiques.

Cependant, en tant que courant du communisme moderne, et donc de ces idées nées de l’expérience de la Première Internationale (l’anarchisme et le marxisme inclus), la communisation est plus particulièrement comprise comme un produit de l’ »ultra-gauche » dite française  des années 1970. La communisation, dans ce sens, développée comme une critique de la théorie marxiste orthodoxe de la transition socialiste et le rôle d’un État « socialiste », estime plutôt que le communisme n’est pas une «étape» à atteindre après la révolution, mais l’essentiel du contenu de la révolution elle-même. Ceci, naturellement, a été affirmé par l’expérience réelle des États «socialistes» – qui étaient autoritaires, impérialiste et bureaucratique -, mais aussi par une réflexion poussée sur la théorie marxienne de la marchandisation du travail et du fonctionnement de la loi de la valeur comme étant essentielle à la compréhension de la persistance des formes d’organisation capitalistes au cours même des bouleversements révolutionnaires et de la dynamique que le prolétariat doit briser. Les auteurs clés au sein de cette tradition sont Théorie Communiste (TC) et Gilles Dauvé.

 

Alors que TC et Dauvé maintiennent leurs influences sur la théorie contemporaine de la communisation, des collectifs tels que SIC offrent une compréhension beaucoup plus éclectique des diverses influences théoriques qui conduisent à la réalisation d’un «courant de la communisation ». Cela a même justifié l’inclusion de traditions révolutionnaires non-marxistes. Noys, par exemple, décrit la communisation comme un « mélange de l’anarchisme insurrectionnel, de la gauche communiste, des post-autonomistes, et des courants anti-politiques», entre autres.

L’inclusion de l’anarchisme dans cette liste ne devrait pas être une grande surprise pour toute personne ayant une bonne compréhension de l’anarchisme social. Bien que des différences subsistent encore en termes de principe et de cadre général théorique entre l’anarchisme et même les traditions libertaires du marxisme, le contenu essentiel de la communisation – le rejet de la transition et du réformisme (souvent désigné comme «programmatisme»), crise de la loi de la valeur et communisation comme processus révolutionnaire – représentent en fait une base commune. En fait, ce sont plusieurs des principes clés que les anarchistes ont toujours tenus en opposition aux marxistes en termes de débats pendant et après l’effondrement de l’Internationale. Bakounine (1870), par exemple, n’a pas tardé à critiquer le rôle supposément progressiste sur le mouvement ouvrier que les marxistes alléguaient au sujet de la démocratie sociale, en indiquant clairement que quiconque croyait une à «révolution politique» (c’est à dire la formation d’un État « socialiste ») pourrait procéder d’une révolution sociale ne sont pas plus que les défenseurs du «socialisme bourgeois».

Les partisans du communisme anarchiste, en particulier, ont eu dans l’expérience de sa formation à considérer exactement ces questions en termes de solutions de rechange aux théories économiques principalement liés à l’anarchisme – collectivisme et coopérativisme. Chacun des deux, qui ont plaidé pour la poursuite d’une certaine forme de médiation du marché dans une société post-révolutionnaire, avaient rendu nécessaire d’envisager la nature et le contenu exact du processus révolutionnaire. C’était Kropotkine (1892) qui a fait valoir à l’encontre des salaires et des systèmes comptables préconisés par les collectivistes des dangers de la poursuite de l’un des systèmes existants de consommation ou de production, ou de conquêtes partielles du système actuel et la nécessité d’un processus d’expropriation révolutionnaire universel -

Citation:

«Le jour où nous nous attaquerons à la propriété privée, en vertu de l’une quelconque de ses formes, territoriale ou industrielle, nous serons obligés de les attaquer toutes. Le succès total de la Révolution l’exigera « 

Le communisme (ou la communisation) devait être à la fois un processus universel et immédiat de transformation de tous les aspects de l’intersubjectivité sociale de l’humanité et de sa relation avec son environnement. Prétendre le contraire était ouvrir la porte à la réaction et aux mesures contre-révolutionnaires. Pour dire les choses simplement, comme Cafiero (1880) l’a fait, «l’anarchie et le communisme sont les deux termes essentiels de la révolution » 1.

Il serait injuste, cependant, de caractériser simplement la communisation comme une réaffirmation générale des principes de l’anarchisme social (ce qui ouvrirait la question en fait de savoir quels intérêts nous aurions à avoir ce débat). D’une part, comme le souligne Noy, les affirmations centrales de la communisation sont aussi des «positions litigieuses» et en ce sens il est préférable de parler de conceptions de la communisation que d’une théorie unifiée. Ceci est particulièrement le cas en ce qui concerne la différence entre la politique volontariste « du retrait » (dénommé «désertion») de Tiqqun (à voir plus loin) et les idées fortement structuralistes de Théorie Communiste (avec le collectif britannique End Notes quelque part entre les deux). Peser le pour et le contre entre ces «conflits» donnent une idée beaucoup plus claire de ce qui est précieux dans le projet de la communisation pour nous, en tant qu’anarchistes sociaux, comme les questions essentielles qui se posent nous concernent tous – comment l’immédiateté (le communisme comme une réponse au capitalisme mondial) et l’immanence (le communisme comme une relation sociale qui émerge à l’intérieur du capitalisme) contenues dans nos visions du changement politique se traduisent dans la théorie et la pratique des révolutionnaires ?

Faisant partie de ce débat, c’est également une toute aussi importante question de savoir d’où ces idées proviennent. Alors que les anarchistes classiques pouvaient déclarer dans un but de propagande que le communisme anarchiste était à la fois une alternative souhaitable et possible au capitalisme, il est également nécessaire de situer où et comment un mouvement incarnant ces idées peut surgir au travers des actions des classes populaires. Les anarchistes ont donné à cette question des réponses variables en référence aux conditions du capitalisme au XIXe siècle et au début du XXe siècle, et les problématiques mis en évidence en rapport à ces moments sont illustratives, par exemple, de la question de la participation des masses par rapport à l’action minoritaire, l’usage de la violence politique, etc, mais ce doit aussi être un processus continu. La question de l’immédiateté et de l’immanence doit se traduire par une analyse plus concrète du capitalisme et de la classe telle qu’elle existe actuellement. En tant que parties prenantes nous pensons que c’est un élément essentiel de l’action politique de l’organisation anarchiste spécifique.

En ce qui concerne cela, comme le souligne l’article, la communisation présente une analyse convaincante de la nature changeante à la fois du capitalisme et du prolétariat dans une économie post-fordiste mondialisée. Cette analyse s’appuie sur un rôle historique plus ou moins déterminant selon l’auteur qui en fait la présentation ; indépendamment de cela, ce sont encore des lectures essentielles pour les anti-capitalistes contemporains. Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne la situation de crise profonde des idées révolutionnaires (en particulier dans la dislocation de l’identité ouvrière et l’effondrement des bases matérielles du «pouvoir ouvrier») dans laquelle la communisation trouve sa base, ainsi que son appel à créer de nouveaux modes de penser les luttes contemporaines, des choses qui résonnent à la fois fortement avec notre expérience dans l’action collective.

 

Pistes de réflexion – organisationnelle, le moment subjectif et le déterminisme historique

Enfin, nous introduisons un certain nombre de pistes de réflexion par rapport à ce par quoi nous voyons un potentiel d’échanges critiques important dans le contexte des idées que met en avant la communisation.

Alors il faut dire clairement que nous devons de multiples et fortes critiques vis-à-vis des politiques de « retrait  » prônée par Tiqqun, les considérant comme erronées, partielles et fondamentalement en décalage par rapport à l’expérience et les activités de l’ensemble de la classe, le crédit devant être donné à une (peut-être inconsistante) vision de la communisation, telle que traduite dans la pratique. Comme Noy (2011) le note, il y a un risque avec des visions alternatives pour lesquelles ce qui est essentiellement en train d’être décrit, c’est le contenu nécessaire et l’ampleur de la transformation révolutionnaire à l’égard du contexte actuel en tenant peu compte des actions possibles ou concrètes pouvant y mener. Comme il l’explique,

Citation:

« Il y a un risque que la communisation devienne une valorisation des seuls moments fugaces de la révolte, de petites fentes dans laquelle la lumière pénètre dans l’obscurité de la révolution capitaliste, ou qu’elle devienne la promesse d’une révolution totale qui atteindra son objectif en cours, sans tenir compte véritablement des moyens qui pourraient y mener. Ce n’est pas pour appeler à un retour à la la forme «parti», ou à ressasser des débats concernant le léninisme (débats qui pourrait bien être importants), mais plutôt de suggérer que la difficulté de préciser les agents du changement peut aussi découler des difficultés à préciser le contenu du changement. Certes, la communisation a eu raison de critiquer le formalisme de la gauche, ce que TC appelle son «programmatisme», qui ne peut jamais que prétendre qu’une fois que nous avons la bonne forme (parti léniniste , conseils ouvriers, etc) le communisme devrait se réaliser. Ce qui est encore flou c’est la forme de la lutte qui fera « la poésie de l’avenir » (Noy, 2011: 14-15)

En réponse à ceci, EndNotes ré-affirme seulement que la communisation « ne prend pas la forme d’une ordonnance pratique », mais plutôt que ce qui est en jeu, c’est « ce que la révolution est ». Il s’agit d’une critique qui peut exposer les limites d’une pratique qui vise à créer la «communisation maintenant », mais laisse encore ouverte la question de la subjectivité et des tâches potentielles (le cas échéant) des révolutionnaires.

Notre réponse est d’élever la critique: quelles sont les conditions qui font de la communisation une action crédible et raisonnable pour les prolétaires ? Quels sont les processus et les interventions qui jouent un rôle dans la traduction des tendances vers le communisme qui existent dans de nombreux mouvements sociaux (même mineur) et leur traduction dans la pratique ? En réponse, nous regardons vers notre propre tradition de l’anarchisme organisationnel et le rôle des minorités révolutionnaires en tant que catalyseurs dans un combat plus large. Nous voyons cela comme distinct des caractéristiques formalistes que TC attribue au mouvement traditionnel de gauche et anarcho-syndicaliste. Le problème avec ces conceptions n’étaient pas nécessairement qu’elles ont mis en avant l’idée de leadership en tant qu’atout au sein de la lutte révolutionnaire, mais plutôt, c’est que cela a eu un rôle substitutionniste visant à remplacer le prolétariat en tant qu’agent du changement révolutionnaire.

Au contraire, nous voyons le rôle d’un « parti pour l’auto-abolition du prolétariat » émergeant dans le contexte des mouvements autonomes de la classe où ils pourraient apparaître, comme ce qui cherche à consolider l’autonomie et à propager les pratiques d’expropriation révolutionnaire et la communisation comme étant la seule réponse raisonnable à l’assaut du capitalisme mondial. Ce qui est le plus important c’est que c’est un mouvement qui doit émerger dans le contexte de la composition de la classe elle-même et non quelque chose d’apporté de l’extérieur par les idées ou les organisations des minorités révolutionnaires. Bien qu’il ne faille non plus minimiser le rôle important que peuvent jouer les minorités révolutionnaires tant émergentes qu’existantes dans ce processus de recomposition.

Le contenu de notre programme, le programme anarchiste, ne cherche pas à reproduire le programmatisme identifié par TC – la reproduction des identités capitalistes – principalement celle des travailleurs – et l’intégration dans les sphères de la médiation capitaliste. Le programme anarchiste est en lien avec le désir de voir la formation d’un nouveau mouvement de sortie de crise dans le programmatisme en insistant sur le contenu – l’autonomie sociale – considéré plus que comme moyens. Pour revenir à l’œuvre de Marx, toute activité pratique de classe des ouvriers conscients doit s’insérer (si elle a l’intention d’être socialement pertinente) dans le processus d’une classe agissant en elle-même à une classe agissant pour elle-même. Cependant, nous identifions l’autonomie sociale en tant que moyen [ou comme médiation ? NDT] de cette lutte – concrétisation du contre-pouvoir de la classe – et non pas comme un objectif déclaré du processus révolutionnaire. Notre rôle est d’identifier comment ce contenu est porté par les luttes existantes de la classe, un processus qui vise à réaliser un véritable programme consolidé réalisé à l’intérieur et à travers l’expérience de la classe en cours.

Que nous voyons en effet émerger un tel « nouveau mouvement » reste complètement une question en suspens. Nous sommes, bien sûr, tout en étant en même temps réaliste sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés, réticents à accepter entièrement le pronostic négatif de certains au sein de la tradition de la communisation. Le capitalisme peut être un système social hautement adaptatif, mais il est aussi, comme les événements actuels le montrent clairement, un système consumé par les crises. Dans ce contexte, il est le contenu de la communisation – de l’appel à la résolution directe et immédiate de l’injustice, l’humiliation et la pauvreté quotidienne infligées aux prolétaires – qui est peut-être le plus pertinent.

RÉFÉRENCES

Bakounine, M. (1870) Critique du programme social-démocrate allemand Dans:. Dolgoff, S. (Ed.) sur l’anarchisme de Bakounine. Black Rose Books, 1971.

Cafiero, C. (1880) Révolution. Black Cat presse: Edmonton, 2012

Kropotkine, P. (1892) Conquête du pain. Black Rose Books, 1990.

Noy, B. (2011) La communisation et ses mécontents: les luttes contestation, Critique et contemporain. Compositions minoritaires: New York

 

  • 1. Pour en savoir plus sur la compréhension de Cafiero de la nature communiste de la révolution anarchiste voir: « Dada, A. (1992)« théorie anarchiste communiste et de la stratégie et de l’écart anti-organisationnel: Les origines de l’anarchisme communiste », Comunismo Libertario, Anno 6 n ° 32 Avril 1992http://www.fdca.it/fdcaen/historical/vault/comorig.htm

 

 

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