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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:35

Lu et publieé .Sur nos tav savoie, chacune et chacun peut se faire une opinion face à cet énorme vol d'argent public. tout celà a été organisé avec la collaboration silencieuse d'association touristique et culturelle et avec l'aval de tous les partis politique de gôche et de droite de la région rhones Alpes. Et cerise sur le gâteau le nouveau président de la France a déclaré qu'"on a besoin du TAV".On a publié que certain prisonniers du e la grande rafle du 23 janvier en italie subisse encore la répression de l'état italien. Serge Quadrupani dans le dernier journal Siné mensuel écrit à ce sujet:"s'acharner  contre les opposants au nouveau  TGV dans la vallée de Suse. L'un d'eux , toujours en prison qui pousse trop ses codétenus  à revendiquer leurs droits, a été placé à l'isolement et son courrier est censuré.

Villarodin-Bourget en haute-Maurienne est une commune de 500 habitant.e.s constituée de deux villages de part et d'autre de l'Arc, juste en amont de Modane. C'est ici qu'a été achevée en 2007 l'une des trois descenderies de reconnaissance pour le tunnel international de 57kms, le maillon central du projet de nouvelle liaison ferroviaire rapide entre Lyon et Turin.


Une pyramide de déblais et quatre ans de nuisances

Pour l'instant, l'entrée de la descenderie est un terre-plein bétonné et clôturé, complètement désert, en contrebas du village du Bourget en rive droite de l'Arc. On aperçoit également les 350 000 m³de déblais issus des 4kms de la descenderie, entassés en butte terrassée (relief particulièrement artificiel et voyant) juste en face, sur la rive gauche. Mais pendant le creusement du tunnel international (début prévu en 2013), ce sont 2,5 millions de m³ de déblais qui sortiront de l'ouverture, pour être déposés en rive gauche sur la zone dite « les Tierces ». Ce versant de bois et pâtures en pente douce, sera englouti sous l'équivalent d'une grande pyramide de Khéops de roches, étalées en une butte de 180 x 400m sur une hauteur moyenne de 30m. Il s'agira d'un des plus gros dépôts mauriennais issus du chantier Lyon-Turin, avec La Praz, St-Martin la Porte et Aiton.

Mais l'étude récente d'un expert-géologue remet en cause la pertinence de ce site pour le dépôt des déblais. A cet endroit en effet, le sol est constitué de gypse et d'anhydrite, des roches fragiles, solubles dans l'eau, présentant souvent des cavités souterraines. Pour le géologue, les études géotechniques précédentes (qui datent de 2000) n'ont pas du tout pris en compte le risque de « rupture profonde » du versant sous le poids des déblais, qui pourraient s'affaisser, ou pire glisser en aval et barrer la rivière.
Autre risque : l'unité de production des voussoirs en béton servant à étayer le futur tunnel, doit être construite juste à côté de la descenderie sur la zone plane dite « les Moulins », au bord de l'Arc. Or il s'agit de la seule zone-tampon hydraulique entre ici et Modane, permettant de réguler le niveau de l'eau en cas de crue. Construire cette usine suppose de bétonner, et de surélever le niveau du sol de 4m : cela supprimera à la fois une zone humide relativement sauvage en bord de rivière, et la protection des habitant.e.s de l'aval contre les crues.
Le chantier (4 ans minimum de creusement, puis l'équipement du tunnel) implique également bruit permanent, poussières des déblais balayant la vallée, et l'installation d'une nouvelle centrale électrique qui tournera en continu juste sous le village.

Fronde municipale

La commune a commandé cette contre-expertise géologique pour attaquer devant le tribunal administratif la déclaration d'utilité publique des travaux prononcée par la préfecture de Savoie en mars 2011.
En effet, Villarodin-Bourget ne veut tout simplement pas de ces déblais sur son territoire exigu et fragile, comme le rappellent les panneaux « Non aux déblais » qui fleurissent sur les balcons et les toits en lauze. La municipalité a aussi refusé toutes les « mesures de compensation » que proposent habituellement les promoteurs des grands chantiers, pour acheter les habitant.e.s.
Philippe Delhomme, conseiller municipal habitant au Bourget, explique : « Nous nous sommes rendus compte que les études d'impact commandées par LTF (Lyon-Turin Ferroviaire, maître d'oeuvre du chantier) pour la déclaration d'utilité publique étaient bidon, bâclées. Par exemple sur les Tierces ils n'ont trouvé quasiment aucune espèce rare. Or en parcourant la zone une journée avec un garde du Parc de la Vanoise, nous avons déjà trouvé 6 espèces de plantes protégées ! ».

Si la commune est si méfiante envers LTF, c'est aussi parce qu'elle a pu voir la société à l'oeuvre pendant le creusement de la descenderie : « Ils avaient dit que les déblais seraient évacués par bande transporteuse[NdR : comme pour le futur chantier], et finalement le système n'a pas marché et ils ont tout transporté en camions. Ils avaient promis de ne pas faire de tirs d'explosifs la nuit, et on se faisait sans arrêt réveiller. Ca tremblait de partout, et cela a provoqué des lézardes dans certaines maisons.», raconte Philippe.

L'eau confisquée

Et encore, ce n'est rien à côté d'une autre conséquence de la descenderie : le vol pur et simple des sources d'eau potable du Bourget. Ce tunnel trace en effet un arc de cercle à l'intérieur du versant dominant le village, interceptant au passage toutes les sources qui l'approvisionnaient. Mais plutôt que de restituer ces 60 L/s de bonne eau aux habitant.e.s, LTF a préféré financer une canalisation amenant de l'eau potable depuis la station de la Norma. Pourquoi garder cette ressource ? Car LTF aura besoin d'eau pendant le creusement du tunnel... Pour l'instant la société pompe et renvoie l'eau dans l'Arc. Le fera-t-elle encore quand l'eau sera chargée de particules, pour avoir servi au nettoyage et au refroidissement des tunneliers ?
Pour Philippe, « les conséquences de l'assèchement du versant sont très difficiles à prévoir, car cela se fera sur du très long-terme : modification de la flore, éboulements, mouvements de terrain... personne ne peut savoir. ». Il ajoute : « Ici, la plupart des gens se sentent peu concernés par la dégradation de l'environnement montagnard, ils ont du mal à la voir. Pourtant, et de plus en plus avec le développement du tourisme inter-saison, c'est de cet environnement qu'ils vivent! ».

Rappel : le projet Lyon-Turin est censé limiter les nuisances dues aux camions en Maurienne. Outre que le ferroutage est un alibi mensonger, le projet montre, ici à Villarodin-Bourget, son vrai visage : spolier les biens communs (eau, espaces naturels, qualité de vie et milliards d'euros d'argent public), au profit d'une minorité de bétonneurs et de technocrates.


(enquête du collectif NoTav-Savoie, décembre 2011)
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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 14:52

Forum sur la radioprotection le 12 mai à Genève
de : IndependentWHO

IndependentWHO (Pour l’indépendance de l’OMS) est un mouvement citoyen initié par un collectif d’associations et d’individus. Le collectif IndependentWHO a engagé, depuis le 26 avril 2007, jour anniversaire de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, une action sous la forme d’une manifestation permanente, silencieuse, devant le siège de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève. Son objectif est d’obtenir que l’OMS remplisse sa mission de protection des populations touchées par la contamination radioactive et que pour cela, entre autre, elle révise l’accord qu’elle a signé avec l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) le 28 mai 1959 (WHA 12-40). Cet accord soumet l’OMS, en matière de rayonnements ionisants, à l’autorité de l’AIEA, le promoteur mondial de l’atome commercial.

Ainsi les vraies conséquences sanitaires de Tchernobyl ont été dissimulées et, cette dissimulation se répète avec Fukushima. Le « label » santé de l’OMS ne pouvant plus être une garantie, il revient à la société civile de se prendre en charge.

Pour toutes ces raisons, tous les jours ouvrables, de 8H à 18 H, les vigies d’Hippocrate protestent silencieusement devant le siège de l’OMS à Genève. Nous avons toujours besoin de vigies et si vous le pouvez, nous vous invitons à venir nous rejoindre pour effectuer un ou plusieurs jours de présence devant l’OMS Ceci n’est pas la seule de nos actions, le collectif agit également de diverses autres manières pour obtenir de l’OMS qu’elle remplisse sa mission.

Ainsi, IndependentWHO a pris la décision d’organiser un « Forum Scientifique et Citoyen sur la Radioprotection : de Tchernobyl à Fukushima » les 12 et 13 mai 2012 à Genève.

Avec la catastrophe de Fukushima, il est plus urgent que jamais que les citoyens et les scientifiques indépendants prennent la responsabilité ensemble de la recherche et de l’information dans ce domaine critique de santé publique. Le Forum qui aura lieu à Genève rassemblera des scientifiques indépendants, des groupes citoyens, des élus et des professionnels de la santé, en provenance de nombreux pays dont le Japon pour l’accident de Fukushima et d’Ukraine, du Bélarus, de Russie pour l’accident de Tchernobyl. L’objectif est de permettre un partage des informations et aussi d’initier des actions citoyennes pour assurer la radioprotection des populations.

Des événements sont prévus sur 3 journées à l’occasion de ce forum :
 Une Conférence de presse, vendredi 11 mai
 Le Forum, samedi 12 mai, avec 20 intervenants (Roland DESBORDES, Alexei YABLOKOV, Shinzo KIMURA, Alexei NESTERENKO, Paul JOBIN, Aya MARUMORI, Youri BANDAJEVSKY, Michèle RIVASI, Chris BUSBY, Marc MOLITOR, Wataru IWATA...)
 Une rencontre citoyenne entre intervenants, scientifiques, élus, vigies, citoyens, professionnels de la santé, dimanche 13 mai

Plus d’informations sont disponibles sur notre site, tant sur les actions d’IndependentWHO que sur le forum

http://independentwho.org

mais aussi sur notre page facebook

http://www.facebook.com/Independent...

Christophe Elain

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 08:40
Lu dans un blog l'informationsur l'attentat de Brescia non relayée par l'ensemble des médias alternatifs pour l'instant. Ce qui concerne l'italie, c'est un sujet sensible pour cette équipe gouvernementalepro TGV Lyon Trurin . Des déclarations de martine Aubry nous convainc de  cette position. Ce n'est pas Céline Duflot ('ex HEC) qui va contredire le président Hollande.
 Dans le  Siné Mensuel de ce mois (paru hier - j'y aime tout particulièrement les souvenirs d'enfance de Carali), on trouvera un article du soussigné "Italie : la stratégie de la tension relaxée", au sujet du jugement qui met fin aux enquêtes judiciaires sur l'attentat fasciste de Brescia en 1974.
"En ce lieu, le 28 mai 1974, il ne s'est rien passé": écriteau apposé, après la décision de justice, sur la plaque à la mémoire des victimes de l'attentat

 Voici le début de l'article:

Trente huit ans après les faits jugés, après cinq instructions et dix jugements, le dossier est clos. Au terme d’un ultime procès d’appel qui s’est traduit par la relaxe de quatre personnes, dont un général de carabiniers, la justice italienne a définitivement renoncé à identifier et condamner coupables et exécutants de l’attentat de la piazza della Loggia, à Brescia en 1974 (8 morts, 102 blessés). « Désormais, c’est une affaire qui doit être confiée à l’histoire », a tranché le procureur.

Ces dernières années, la magistrature italienne a manifesté beaucoup de zèle quand il s’agissait d’envoyer derrière les barreaux, des décennies après, les rescapés de l’activisme armé d’extrême gauche. Mais les juges sont moins productifs sur la stratégie de la tension, série d’attentats aveugles qui, entre 1969 (Piazza Fontana à Milan) et 1980 (gare de Bologne), ont fait 122 morts et 500 blessés. Alors que des centaines d’années de prison furent distribuées, à l’époque, aux membres des groupes armés gauchistes, seuls quelques exécutants fachos de l’attentat de Bologne, qui se sont toujours proclamés innocents, ont été identifiés officiellement et condamnés. Témoignages et documents s’étant accumulés, chacun sait que derrière ces attentats, il y avait la main…

Si la vérité historique avait une importance réelle pour elle, si même sa compassion pour  les victimes et les proches des victimes avaient une importance pour elle, la post-gauche italienne qui nous saoûle avec son mantra justicialiste pourrait se décider à redimensionner son adoration de la magistrature mais ce n'est pas pour demain…

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 22:36

Aujourd'hui on a reçu des compagnons piemontais une vidéo d'Antonio Ginetti.Antonio certaine et certain d'entre vous vous l'avez rencontré surementdans le presidio de Venaus. Antonio ouvrier a refusé de répondre aux questions du jugelors de son incarcération du 23 janvier. il est resté trop longtemps à l'isolement. Après les juges de turin l'ont placé en prison à domicile( particularité trasalpine). il ne peut pas payer ses factures courantes. Pour une question de dignité humaine il n'acceptr plus de vivre au crochet du mouvement No TAV.Son avocat a demandé aux juges des liberté(GIP)dque la prison à domicile soit aménagé(sorti autorisé  le lundi matin au vendredi soir.Son avocat a dit aux jugequ'il se présenterais toute les semaines au carabinier. Le juge a refusé cet aménagement le 16 avril 2012. Lors des présidio de solidarité la police ( digos)relevait l'identité des personnes présentes.La peur se réinstallet'elle dans la vallée?C'est peut être un bon moyen de faire en sorteque la seule expression permise. ce sera les groupes environementalistes ou les groupes clandestins.ICI c'est le silence des pantoufles, qui cache le bruit des bottes.

 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 14:32

e livre est intéres­sant d’abord d’un point de vue fac­tuel, mais aussi parce qu’il intègre de bonnes cita­tions dont cer­tai­nes assez peu connues comme celle de F. Piperno sur le mou­ve­ment de refus du tra­vail ou celle de L. Castellano à son procès pour dénoncer la théorie du com­plot. Enfin, le livre marque bien la césure que représente le mou­ve­ment de 1977 par rap­port au mou­ve­ment qui l’a précédé entre 1968 et 1973. « S’il y eut rup­ture en 1977, c’est que pour la première fois un mou­ve­ment révolu­tion­naire moderne ne se définis­sait pas à partir des catégories de l’écono­mie poli­ti­que ni en tant que Sujet : c’est pour­quoi il échap­pait à toute cap­ture » (p. 216). Mais s’il marque la rup­ture, il ne néglige pas pour autant ses prémisses en le rat­ta­chant his­to­ri­que­ment à la théorie opéraïste et à ses auteurs prin­ci­paux Tronti et Negri. C’est d’autant plus remar­qua­ble que cette reconnais­sance de dette du mou­ve­ment de 1977 envers l’opéraïsme n’est pas du tout cou­rante, du moins en France, comme on put le voir dans le « trai­te­ment de faveur » réservé à Negri dans la revue Tiqqun. En effet, Negri n’y est pas traité en fonc­tion de ses écrits et de ses actes de l’époque, mais en fonc­tion de ce qu’il est devenu depuis. Et pour­tant, cer­tains de ses concepts sont repris sans que soit rappelée leur ori­gine (« l’Empire », les « mul­ti­tu­des »).

Qu’est-ce qui « cloche », alors, quand on lit ce livre en ayant bien connu l’Italie de l’époque ?

1- Une lecture insurrectionniste de l’autonomie

2 Tout d’abord, on a l’impres­sion d’une réécri­ture des événements à partir d’un prisme qui lui est en grande partie étran­ger et en tout cas lar­ge­ment postérieur, à savoir le prisme insur­rec­tion­niste. Cet a priori se mani­feste à tra­vers des références, non indiquées comme telles, à la revue Tiqqun1. Cela donne lieu à de nom­breux néolo­gis­mes : « plan de consis­tance », « ligne de fuite », « machine de guerre en prolifération », « contre-insur­rec­tion », oppo­si­tion entre « le molaire et le moléculaire », « gou­ver­ne­men­ta­lité ». Il est vrai que sur la fin et à Bologne, le mou­ve­ment à partir d’A/tra­verso est chargé de références aux concepts en pro­ve­nance de la « boîte à outil » de Deleuze, Guattari2. La notion de trans­ver­sa­lité est ainsi avancée comme mode de recom­po­si­tion non dia­lec­ti­que des expérien­ces sub­ver­si­ves. Une cri­ti­que de la dia­lec­ti­que que Tari retrouve à l’intérieur de cer­tai­nes ten­dan­ces du mou­ve­ment féministe ita­lien : « Qui n’est pas dans la dia­lec­ti­que du maître et de l’esclave devient cons­cient et intro­duit dans le monde le sujet imprévu3 ». Le fait même de partir d’une posi­tion his­to­ri­que de non sujet per­met­trait aux femmes de suivre un par­cours différent, de pra­ti­quer une « ligne de fuite » (tou­jours les néolo­gis­mes deu­leu­ziens). En effet, si on scrute le livre de référence en la matière, à savoir le livre de F. Berardi (Bifo) : Le ciel est enfin tombé sur la terre4, recueil des arti­cles mar­quants de la revue A/tra­verso, on trouve bien l’accent mis sur les désirs, la volonté de poser la ques­tion de l’exis­tence, du vécu, de la trans­ver­sa­lité (Deleuze). Ces termes moder­nis­tes qui fleu­rent bon la psy­cha­na­lyse radi­ca­lisée (on y trouve, par exem­ple, l’expres­sion « machine de guerre », page 72 et aussi « l’Université comme usine de dis­si­dence »), côtoient encore un lan­gage marxi­sant mis à la mode « mao-dada » comme le reven­di­quent les bolo­gnais où il est encore fait men­tion des « besoins radi­caux de classe », de « révolu­tion cultu­relle », de « pro­ces­sus révolu­tion­naire », de « révolu­tion en Italie » etc.). Mais d’une manière générale la rup­ture est marquée par une appréhen­sion du capi­ta­lisme comme système de domi­na­tion plus que comme système d’exploi­ta­tion.lire la suite ici


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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 07:17

 

 

Pistoia 5 Février , 2012
« Après l'isolement, je suis arrivé à la position de la solidarité que nous puissions vous remercier. Je savais que le Mouvement est unie et forte, je n'ai jamais douté d'être seul, d'être abandonné. Résistant à assister vers la vallée depuis des années.Dans leur occupation de territoire il ya aussi le mètre carré(achat de parcelle sur le parcours du TGV), ce qui m'unit à la vallée. Mon rideau a été ouvert à plusieurs reprises dans les domaines de Venaus.(Wonderful Days), j'ai passé au sein du Présidio de la vallée à se confronter avec ceux qui comme moi qui viennent de loin, comme avec les jeunes viennent de partout dans la vallée. Tous animés par la prise de conscience de participer àl'histoire. Désireux de tirer les leçons de la vallée qui résiste à la force et de nombreuses autres luttes. Ils ont essayé de noircir mon nom. Je l'ai dit dans un communiqué de la défense que j'ai remis pendant  l'interrogatoire, j'espère que vous venez.?je n'ai pas répondu, parce que je n'ai rien à dire à ceux qui soutiennent l'occupation militaire de la vallée. Je suis maintenant en attente de l'examen que j'espère au moins lundi 13  février  pour obtenir la détention à domicile. Solidarité on la trouve même ici, en prison. Le rassemblement prison effectuéà l'extérieur m'a mis dans une bonne lumière. Il criait mon nom, mais le rassemblement a également demandé l'amnistie, ce qui a suscité dans les «invités» de la prison tant de sympathie. Je vis cette détention dans la paix del'esprit  . J'espère que vous savez que le mouvement rejette cette criminalisation infâme. Heureux de participer à un mouvement de lutte qui bloque une mafia forte dans la spéculation. Le compte à rebours peut continuer mon combat qui m'a vu engagé dans celle de Pistoia être de retour dans la vallée. Hasta la Victoria Siempre. Un poing tendu et fermé » 

Antonio Ginetti

 

Voici la lettre de prison d'Antonio adressée à Radio black out u début février. Le 10 mai Antonio Ginetti a commencé la grève de la faim pour que cesse la détention à domicile. Soutenons le dans son combat, faites circuler ce message sur les médias alternatif de la région Rhones Alpes..Habitantes habitants de ce côté des Alpes c'est le même combat ici et de l'autre côté des alpes contre la dévastation des territoires. Tout celà pour le culte  du progès.





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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 20:14

Le 10 mai 2012, pendant que d’autres mettaient au point le spectacle de la libération de christine la bergère  un petit collage  en solidarité avec les inculpé-e-s du procès « Mauvaises intentions n°3 » a été effectué autour du tribunal de valence et  dans tout le centre ville .

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1336726078.jpg

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 20:03

Nous passons ce texte qui annonce  ce livre comme passionant. un dernier chapitre contre la dictature du mythe du progrès. Ce concept du progrès soutenu par la caste des experts ( scientifiques)Nous sommes  résolument contre le scientisme,Cette religion.a déjà provoqué des milliers de morts . comme ondisait en 2008 mort aux gestionaires du désastre, en attendant des scantuaires de l'abime.

Voici un livre radical. Pour Philippe Godard, l'homme ne trouvera son salut que dans l'abandon total du travail, qui le prive de sa créativité, et dans une remise en cause absolue d'une société "gangrenée par l'idée que seule la production permet de se réaliser", où "le travail est devenu un rapport social". Iconoclaste et documenté, Contre le travail pose des questions dont les réponses sont devenues trop évidentes.

Contre le travail - Philippe GodardPas la peine de s'échiner à améliorer les conditions de travail, à vouloir adoucir la globalisation économique, à réclamer les 35 heures, à confier aux scientifiques "qui pensent et rendent possible Big Brother" l'élévation de la connaissance humaine. Pour Philippe Godard, l'alternative est : la fin du travail ou la mort. Le progrès ? Une fumisterie. Contre le travail ferait presque passer les tenants de la décroissance - qu'il n'estime guère - pour des suppôts du Medef ! "Ce qui compte, ce n'est pas de produire une critique (du travail) pour se rassurer, mais de produire une critique qui permettra d'abattre tout ce Système d'aliénation généralisée."

Philippe Godard, déjà auteur de plusieurs ouvrages sur le monde du travail, a décidé de reprendre la réflexion a zéro. Et, pour lui, il faut justement reprendre la société à zéro. C'est-à-dire en éliminer absolument toute forme de travail. Sans exception. Ce qui pourrait passer pour un délire repose sur une réflexion argumentée, documentée, bien que parfois affaiblie par des amalgames, voire des erreurs (comme sa définition du secteur tertiaire, celle du rôle du tiers-monde dans l'économie mondiale), ou quelques attaques un peu gratuites (par exemple contre "les bénévoles de tout poil et de tous âges, qui ne peuvent se passer de leur drogue").

Mais l'ensemble tient la route et, surtout, possède une qualité essentielle, celle de n'accepter aucune idée, surtout établie, comme une évidence indiscutable.  Aussi ce petit livre a-t-il l'effet d'un agréable coup de pied au cul, qui oblige à s'interroger sur ses propres certitudes. Ce qui n'empêche pas de regarder certaines réalités en face : "Nous avons atteint le moment où un monde soumis à une domination unifiée n'a plus aucune autre perspective que celle de la consommation - pour une partie des gens des pays riches - et celle de la survie - pour les immenses masses des pays appauvris par le Système."

"Le vol est l'essence même du capitalisme, et, bien au-delà, de l'économie. Ne travaillez jamais apparaît comme la base - insuffisante - d'un programme politique radical, mais parce qu'elle est insuffisante, cette proclamation reste creuse", constate Godard, qui définit le travail comme activité productive. L'exemple parfait du non-travailleur serait donc... le chasseur-cueilleur préhistorique. "Le travail commence donc avec la production d'aliments, donc avec l'agriculture néolithique", qui est, au passage, "une coupure d'avec la Nature, une tentative de l'asservir."

"L'homme peut se passer du travail"

Le travail est devenu "le principal pilier de la vie quotidienne de l'homme qu'il s'agit précisément de faire sauter." Jusque dans les loisirs, trompe-l'oeil commode, car ce "temps dégagé sur le travail, pour les plus chanceux d'entre les humains, sert à consommer, alors que nous aurions pu imaginer tout autre chose que cette morne ingurgitation de loisirs étudiés et commercialisés."

Le vol, la contestation syndicale, le "parasitisme" : pas de quoi mettre à bas ce système. "Il faut savoir si c'est contre l'exploitation que l'on se bat, ou contre le travail - donc, subsidiairement, s'il existe du travail sans exploitation (de l'homme et de la Nature)", souligne l'auteur, pour qui il n'existe pas de travail sans exploitation. Le combat à mener est donc clair : "L'homme peut se passer du travail, tel est le but encore caché de toutes les critiques du travail produites tout au long de l'histoire." Il peut, et il doit.

Prenant l'exemple de la bourse, il pointe "le gouffre qui s'ouvre peu à peu dans l'édifice idéologique du capitalisme : comment le Capital pourra-t-il encore longtemps faire croire -  et à qui ? - que produire est nécessaire mais qu'on ne peut pas gagner gros en produisant ?"

Philippe Godard explique, cependant trop rapidement, pourquoi l'homme s'est à ce point entiché du travail : "Le travail est apparu parce qu'il était tout simplement plus rationnel de travailler que de cueillir et de chasser", résume-t-il, avant de déraper en tranchant pour l'exemple un débat qui est loin d'être clos ("De même qu'Homo erectus se serait levé parce que, debout, il échappait plus facilement aux prédateurs (...)").

Godard se met donc consciencieusement des bâtons dans les roues : "Ce raisonnement trop logique est inquiétant puisqu'il sape à la base mon édifice : ainsi donc, si le travail est le simple résultat d'une adaptation évolutive, il est aussi vain de lutter contre le travail qu'il aurait été vain, il y a un million d'années ou deux, de lutter contre la position debout !"

Pas d'économie sans travail

Mais si la critique a un sens, et si on veut redonner un sens à la vie des hommes, il faut dépasser le stade de la nécessité, dépasser, en somme, "notre Préhistoire". Scoop : nous ne sommes encore que des hommes des cavernes mal dégrossis (ou qui ont trop grossis). L'histoire commence donc à peine - c'est aussi sur ce point que Contre le travail, outre sa propension à dynamiter les idées reçues, est jubilatoire.

"Il n'y a pas de travail sans économie, et pas d'économie sans travail. Parler d'économie de cueillette ou expliquer que l'économie inclut le travail, voilà deux façons de redire le discours dominant", assène Godard. Mais en jetant l'économie avec la sueur du travail, ce qui se tient, il ajoute : "Il n'y a pas d'économie dans la cueillette, il n'y a que du jeu et du partage." Affirmation critiquable, car ce dont dépend la survie n'est pas précisément un jeu, et il peut y avoir répartition après cueillette (et même organisation de celle-ci entre les cueilleurs), donc institution d'une forme d'économie basique, certes, mais qui rend la cueillette au travail.

C'est à partir de ce moment que l'ouvrage devient parfois nébuleux ("Au départ, il y a un excédent (ndFM : vraiment ?) d'énergie qui est dû au Soleil. La richesse est énergie : l'énergie est la base et la fin de la production") ou a recours à quelques raccourcis ou facilités : "Au départ était la richesse. Avec l'économie vint la pénurie." C'est beau comme de l'antique, mais sans doute assez éloigné de la réalité. Si l'agriculture sédentaire s'est développée, n'est-ce pas parce que, au début, était la pénurie ? Les relations économiques, partant de là, ne sont-elles pas la perpétuation d'une pénurie originelle globale par d'autres moyens, mais au profit d'un petit groupe et au détriment de la majorité ?

"Il n'y a pas d'économie révolutionnaire : la révolution consiste à sortir, entre autres, de l'économie, c'est-à-dire à vaincre la rareté. C'est vers la non-production qu'il faut aller", propose, dans sa logique, Philippe Godard.

Darwin : est-ce bien nécessaire ?

Sa vision un peu béate de la nature s'illustre, par exemple, avec des propos comme "Il n'y a dans la nature aucune domination d'une espèce sur une autre. La sélection naturelle, la lutte pour la survie, l'impératif d'adaptation sont des visions idéologiques (...) Dans un espace équilibré - où l'homme n'intervient pas - les espèces évoluent et s'adaptent continuellement." Ou, lorsqu'il soutient que la sélection naturelle est "devenue de nos jours totalement artificielle", il oublie qu'aucun espace n'est jamais totalement équilibré et que, même si cela était possible, les divergences génétiques existeraient. Sans compter que les espèces, parfois, elles aussi, modifient leur environnement.

Lorsqu'il accuse les scientifiques d'anthropomorphisme, Philippe Godard y plonge donc aussi à sa manière, par sa conception idyllique du vivant. Imprécision gênante dans un essai reposant pour beaucoup sur la Nature (toujours avec une majuscule), Godard confond la nécessité chez Darwin avec un but, de même qu'il se trompe quand il écrit que "Darwin a affirmé le droit du plus fort". Darwin, revenu des certitudes religieuses, déclare, à l'inverse : "Il me semble qu'il n'y ait pas davantage dessein dans la viabilité des êtres organiques ou dans les mécanismes de la sélection naturelle que dans la direction d'où souffle le vent."

Pour autant, en attendant les lendemains qui ne travaillent pas, nombre de remarques font mouche, quand l'auteur écrit que l'on ferait mieux de penser à répartir l'excédent ou lieu de s'occuper de la rareté (puisque la production actuelle de biens et d'aliments suffirait amplement à nourrir toute la population humaine de la Terre), que l'économie "s'est fondée sur la destruction massive de richesses" (ce qu'illustre parfaitement, au passage, le rachat de leurs propres actions par les entreprises cotées en bourse), que "le travail du prolétaire n'a jamais produit la prise de conscience globale de l'aliénation et de l'exploitation dont chaque individu et la classe dans son ensemble ont été les victimes", ou encore que "la population mondiale a crû plus vite que le nombre de morts de faim et de misère, et cette augmentation du nombre de travailleurs est le seul progrès dont peuvent se targuer les partisans du travail".

Particulièrement remonté contre la notion (illusoire et aliénante) de progrès ("Destruction, rareté, misère, telle est la trilogie du progrès"), c'est-à-dire de sens de l'histoire, il récuse aussi la possibilité d'un travail épanouissant ou créatif (qui n'a "jamais, hélas ! permit de réaliser l'abolition du travail de masse aliénant").

"Non-agir le monde"

La solution ? Accrochez-vous au pinceau, Godard retire l'échelle des valeurs : "Le dépassement de cette situation se situe dans le rejet de la science, de la démocratie, du progrès et du travail, pour enfin "non-agir" le monde."

Non-agir, voici la clef, car "ne rien produire, c'est se libérer !" S'il propose une espèce de retour à la nature, Philippe Godard précise que, pour lui, "la Nature n'est jamais pensée comme retour au passé, y compris pré-néolithique. La Nature est juste considérée comme source ultime de toute richesse". Pas la peine donc d'envisager le retour au chasseur-cueilleur qui, de toute façon, est devenu agriculteur, puis, au choix prolétaire ou directeur de Disneyland.

Il s'agirait donc, d'une part de "non-agir contre le monde sauvage" et, d'autre part, d'éviter "de chercher le rationnel, qui conduit à coup sûr à l'asservissement." Il ne faut donc pas revenir en arrière mais, à partir du monde "tel qu'il nous est donné, avec ses usines et ses gratte-ciel et ses rapports sociaux" parvenir à "inventer une autre vie, de laquelle le travail serait banni."

Le non-agir, inspiré du taoïsme, ne revient donc pas à ne rien faire, ou à se retirer du monde, mais refuse toute contrainte et "invite à réfléchir (...)  à ce qui, de façon très concrète, peut être fait sans agir contre notre milieu." Le non-agir "n'est pas une façon de faire la révolution, il est une façon de la vivre." Par exemple par le sabotage du travail.

Car le problème n'est pas seulement d'oublier jusqu'à la notion même de travail mais également d'éviter que, entretemps, surgissent une révolution ou un "mouvement d'émancipation" qui se terminent forcément dans le sang et une nouvelle aliénation.

Original et stimulant, Matrix en prime

"Le non-agir contre notre milieu est aussi la voie vers le renouveau de l'émerveillement devant l'exubérance de la vie. Car plutôt que de compter les étoiles qui demeurent de toute façon à jamais inaccessibles (...), le non-agir nous invite au simple émerveillement devant ce qui nous est donné. L'enfant se moque bien de savoir si telle étoile est plus proche ou plus lointaine que telle autre : seul lui importe qu'elle brille. Et qu'il puisse la revoir la nuit prochaine", assure Philippe Godard dans son dernier chapitre, qui n'est pas le plus convaincant.

Préférant risquer d'aller trop loin que pas assez, il ne nous dit cependant pas comment convaincre six milliards de Terriens de non-agir. Et comment, une fois cela fait, éviter que l'un d'eux, subitement, recommence à vouloir une herbe plus verte que celle du voisin.

De même, la non-production n'est-elle pas le retour à la pénurie ? Faut-il limiter la population mondiale ? Si oui, comment ? Sur ce sujet, pas un mot.

Au final, même s'il perd quelque fois en route la rigueur de réflexion qu'il souhaite présenter, Philippe Godard propose un ouvrage utile, et même nécessaire, relativement aisé à suivre et sans vocabulaire tape-à-l'oeil, profondément original et stimulant, à lire avec un regard critique, tant sur le monde que sur le discours de l'auteur.

A noter enfin, deux textes en annexes : Matrix, une critique du système, qui, je l'avoue m'a laissé de marbre et, beaucoup plus intéressant, Vers une dictature écologique ?, conférence donnée en 2003 et qui introduit de façon claire et convaincante au propos de Contre le travail.

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 07:25

Lu sur le blog le silence qui parle. Ce texte répond à de nombreuses questions posées hier au laboratoire, au cours d'une brève discussion lors de la bibliothéque du mercredi. Rendez vous la semaine prochaine même lieu et même heure. C'est dans la discussion collective ...

L’impossible est un univers clos. Néanmoins, nous en possédons la clé et, comme nous le soupçonnons depuis des millénaires, la porte s’ouvre sur un champ d’infinies possibilités. Ce champ, il nous appartient plus que jamais de l’explorer et de le cultiver. La clé n’est ni magique ni symbolique. Les Grecs anciens la nommaient « poésie », du verbe « poiein », construire, façonner, créer.

Depuis qu’avec la civilisation marchande s’est instauré le règne des princes et des prêtres – dont les lamentables résidus continuent de grouiller sur le cadavre de Dieu – le dogme de la faiblesse, de la débilité native de l’homme et de la femme n’a cessé d’être enseigné, aux dépens de la créativité, faculté humaine par excellence. La loi du pouvoir et du profit ne condamne-t-elle pas l’enfant à vieillir prématurément en apprenant à travailler, à consommer, à s’exhiber sur un marché d’esclaves où la roublardise concurrentielle et compétitive étouffe l’intelligence du cœur et de la solidarité ?
Nous sommes en butte à une dénaturation constante où la vie est vidée de sa substance tandis que la nécessité de survivre se réduit à la quête animale de la subsistance. Le droit aléatoire à l’existence s’acquiert au prix d’un comportement prédateur qui monnaie et rentabilise la peur.
Alors que le travail socialement utile – agriculture naturelle, école, hôpitaux, métallurgie, transports – se raréfie et se dégrade, le travail parasitaire, assujetti aux impératifs financiers, gouverne les Etats et les peuples au nom d’une bulle financière vouée à imploser. La peur règne et répond à la peur. La droite populiste récupère la colère populaire. Elle lui désigne des boucs émissaires interchangeables, juifs, arabes, musulmans, chômeurs, homosexuels, métèques, intellectuels, en-dehors, et l’empêche ainsi de s’en prendre au système qui menace la planète entière. Dans le même temps, la gauche populiste canalise l’indignation en des manifestations dont le caractère spectaculaire dispense de tout véritable projet subversif. Le nec plus ultra du radicalisme consiste à brûler les banques et à organiser des combats de gladiateurs entre flics et casseurs comme si ce combat dans l’arène pouvait ébranler la solidité du système d’escroquerie bancaire et les Etats qui, unanimement, en assument les basses œuvres.
Partout la peur, la résignation, la fatalité, la servitude volontaire obscurcissent la conscience des individus et rameutent les foules aux pieds de tribuns et de représentants du peuple, qui tirent de leur crétinisation les derniers profits d’un pouvoir vacillant.
Comment lutter contre le poids de l’obscurantisme qui, du conservatisme à la révolte hargneuse et impuissante du gauchisme, entretient cette léthargie du désespoir, alliée de toutes les tyrannies, si révoltantes, si ridicules, si absurdes qu’elles soient ? Pour en finir avec les diverses formes de grégarisme, dont les bêlements et les hurlements jalonnent le chemin de l’abattoir, je ne vois d’autre façon que de ranimer le dialogue qui est au cœur de l’existence de chacun, le dialogue entre le désir de vivre et les objurgations d’une mort programmée.
Par quelle aberration consentons-nous à payer les biens que la nature nous prodigue : l’eau, les végétaux, l’air, la terre fertile, les énergies renouvelables et gratuites ? Par quel mépris de soi juge-t-on impossible de balayer sous le souffle vivifiant des aspirations humaines cette économie qui programme son anéantissement en accaparant et en saccageant le monde ? Comment continuer à croire que l’argent est indispensable alors qu’il pollue tout ce qu’il touche ?
Que les exploiteurs s’opiniâtrent à convaincre les exploités de leur inéluctable infériorité, c’est dans la logique des choses. Mais que révoltés et révolutionnaires se laissent emprisonner dans le cercle artificieux de l’impossible, voilà qui est scandaleux. J’ignore combien de temps s’écoulera avant que volent en éclats les tables d’airain de la loi du profit, mais aucune société véritablement humaine ne verra le jour tant que ne sera pas brisé le dogme de notre incapacité à fonder une société sur la vraie richesse de l’être : la faculté de se créer et de recréer le monde.
Jusqu’à ce que les mots porteurs de vie se fraient un chemin dans la forêt pétrifiée, où les mots glacés et gélatineux consacrent le pouvoir d’une mort froidement rentabilisée, peut-être est-il indispensable de répéter inlassablement : oui il est possible d’en finir avec la démocratie corrompue en instaurant une démocratie directe ; oui il est possible de pousser plus avant l’expérience des collectivités libertaires espagnoles de 1936 et de mettre en œuvre une autogestion généralisée ; oui il est possible de recréer l’abondance et la gratuité en refusant de payer et en mettant fin au règne de l’argent ; oui il est possible de liquider l’affairisme en prenant à la lettre la recommandation « Faisons nos affaires nous-mêmes » ; oui il est possible de passer outre aux diktats de l’Etat, aux menaces des mafias financières, aux prédateurs politiques de quelque étiquette qu’ils se revendiquent.
Si nous ne sortons pas de la réalité économique en construisant une réalité humaine, nous permettrons une fois de plus à la cruauté marchande de sévir et de se perpétuer.
Le combat qui se livre sur le terrain de la vie quotidienne entre le désir de vivre pleinement et la lente agonie d’une existence appauvrie par le travail, l’argent et les plaisirs avariés, est le même qui tente de préserver la qualité de notre environnement contre les ravages de l’économie de marché. C’est à nous qu’appartiennent les écoles, les produits de l’agriculture renaturée, les transports publics, les hôpitaux, les maisons de santé, la phytothérapie, l’eau, l’air vivifiant, les énergies renouvelables et gratuites, les biens socialement utiles fabriqués par des travailleurs cyniquement spoliés de leur production. Cessons de payer pour ce qui est à nous.
La vie prime l’économie. La liberté du vivant révoque les libertés du commerce. C’est sur ce terrain-là que, désormais, le combat est engagé.
Raoul Vaneigem
Par-delà l’impossible / avril 2012
Publié dans l’Impossible n°2

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 01:21

lu sur le site de cette semaine

Nantes : des perturbations à la fête post-électorale
 

Nantes, 6 mai 2012 : pas de répit pour le pouvoir

Indy Nantes, lundi 07 mai 2012

Qu’ils s’en aillent tous ! Un point de vue partiel et partial sur la soirée du 6 mai 2012 à Nantes

Nantes, métropole socialiste : ses flics qui mutilent et qui harcèlent, ses caméras de surveillance, l’aseptisation de son centre ville, son maire mégalo qui veut imposer un projet d’aéroport nuisible...

La ville gouvernée par Jean Marc Ayrault (pressenti pour être ministre du nouveau pouvoir) fête l’arrivée à la tête de l’État de la gauche au soir du 6 mai 2012. Du moins, on célèbre la fin d’un quinquennat d’extrême droite, (inauguré en 2007 à Nantes et ailleurs par des émeutes : dailymotion...) aux cris de « Sarko dégage ! »

Mais quelques trublions se sont invités à la fête. Bien avant le déferlement de drapeaux du MJS, déjà, une banderole contre l’aéroport est installée, surplombant sur la place. La statue de la fontaine au centre de la place est ornée d’un panneau contre le projet, et des slogans sont criés par quelques enragé-e-s. Le cortège du PS est accueilli par huées, notamment contre l’aéroport.

Bien sur, le départ du pétainiste en chef du sommet de l’État est réjouissant. Mais la lutte continue. La gauche comme la droite continuent à réprimer nos vies, à expulser, à servir les puissants.

C’est le pouvoir socialiste qui, entres autres trahisons, a créé les Centres de Rétention Administrative, qui a participé à la surenchère xénophobe et sécuritaire depuis des décennies, et qui aujourd’hui, à Nantes, impose avec des moyens militaires un aéroport nuisible de concert avec la multinationale Vinci.

Alors que la foule se masse Place Royale/du peuple et qu’un concert a lieu dans une ambiance festive, une banderole contre le capitalisme et l’aéroport est hissée en haut de la fontaine, une marionnette de flic/porc est incendiée, puis un feu de joie, des taggs sont apposés au sol... Sous le regard complice et joyeux de nombreu-se-s passant-e-s. Seul un nervis agressif du service d’Ordre du PS doit être chassé, non sans avoir sa chasuble socialiste redécorée par un A cerclé (voir photo).

Occupons la rue !

A Nantes comme ailleurs, la lutte continue !

On ne lâche rien !

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