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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 08:46

le Bloc identiataire présent sur Valence(26000) avance comme disait Gramsci ils ont investi la culture  et les classiques alliés (voir jeunesse étudiantes.;;et les mouvements autonomistes  et occitaniste,Corse)  . On est en pleine résistance virons ces fascistes de cette ville  !!! . il n'y a aucune fatalité que Valence ( Drôme )  devienne une place forte des fascistes.  Pour alerter les lecteurs du blog ,on publie cet article de reflexes

Le 10 mars 2012, l’intelligence en danger :: Les Assises de Nationalité-Citoyenneté-Identité

Le 10 mars prochain, le Bloc Identitaire (BI) va essayer de réoccuper l’espace médiatique par le biais d’une grande messe prétendument laïciste comme il en a le secret...

 

Intitulée “La France en danger” et revendiquant sans doute abusivement le terme d”Assises”, cette journée se déroulera comme il y a plus d’un an à l’Espace Charenton, dans le XIIe arrdt de Paris. Particularité : le BI n’en est pas officiellement l’organisateur, ni d’ailleurs Riposte Laïque. En lieu et place, une association, Nationalité-Citoyenneté-Identité (NCI), qui est une émanation du Bloc mais qui permet à celui-ci de ne pas apparaître.

NCI est en effet dirigée par Catherine Blein [1] qui est devenue la responsable de la communication du Bloc, en remplacement de Bruno Larebière qui a quitté le BI le printemps dernier. Catherine Blein est une recrue récente du Bloc qu’elle n’a rejoint qu’en 2010 et vient de la droite républicaine. Elle a été, entre autres, cadre du RPR et secrétaire générale de l’association Femme Avenir, fondée dans les années 1960 et d’obédience gaulliste. Elle s’est rapprochée du Bloc par l’entremise de Philippe Millau qui a vite compris tout l’intérêt du cursus de cette militante potentielle. Si elle est aujourd’hui officiellement agricultrice et éleveuse de chevaux, elle a en effet par le passé travaillé avec Thierry Saussez, publicitaire et surtout spécialiste de la communication politique au service de la droite (RPR puis UMP). Philippe Millau l’a donc instituée responsable des relations avec les media du Bloc Identitaire en Bretagne avant qu’elle n’intègre la cellule communication de la campagne présidentielle d’Arnaud Gouillon en compagnie des journalistes d’extrême droite Patrick Cousteau et Pascal Magne. Signe de son ascension dans l’organigramme du BI, c’est elle qui a été chargée de représenter un fantomatique collectif de “Citoyens contre le droit de vote des étrangers”, lancé à l’automne 2011 pour surfer sur l’indignation des militants et sympathisants de droite devant la proposition de campagne du candidat Hollande sur ce sujet. Ce “collectif” qui est une création du BI s’est surtout manifesté par une pétition à signer sur le site France-Pétitions qui est également… une création des Identitaires ! Ce site a en effet été conçu durant l’automne 2010 par Fabrice Robert avec l’objectif de récupérer un maximum de contacts mails dans des milieux de droite modérée sensibles aux thèmes des pétitions. France-Pétitions n’offre aucune référence directe, même graphique, au Bloc et sa directrice de publication n’est évidemment qu’un prête-nom. Par contre les pétitions développées sur le site sont largement orientées sur des thématiques identitaires.

On peut évidemment se demander la raison de cette manoeuvre masquée alors que la manifestation s’inscrit clairement dans la démarche identitaire : établir le lien entre nationalité, ethnie et civilisation. À l’évidence ce n’est pas la crainte d’un échec qui est en jeu. Les assises de décembre 2010 avaient réuni pas loin de 1000 spectateurs et celles-ci sont en capacité de faire autant d’entrées. La liste des orateurs est en tout cas là pour le suggérer. Une partie des intervenants viennent de la Nouvelle Droite et sont suffisamment connus pour attirer un public, de Jean-Yves Le Gallou à Henri de Lesquen. Pour ce dernier, la fonction de président de Radio Courtoisie est évidemment un atout supplémentaire. Une autre partie provient des milieux favorables à une “Europe puissance” construite autour de l’axe Paris-Berlin-Moscou. Si Henri de Grossouvre et le Forum Carolus ne sont pas explicitement mentionnés, certains intervenants comme Jean-Claude Empereur en portent les idées. Une partie d’entre eux vient d’ailleurs également de la Nouvelle Droite [2]. Troisième tendance, les orateurs proches de Riposte laïque et des milieux laïco-républicains comme Pierre Cassen. Enfin, deux ou trois intervenants constituent des erreurs de casting potentielles tant leur fiabilité est sujette à caution : c’est le cas d’Omar Ba [3] et de Jean-Paul Bourre. Celui-ci a déjà été évoqué dans certains de nos articles (ici par exemple) et le blog Droite(s) Extrême(s) a eu l’aimable obligeance de mettre en ligne quelques photos rigolotes () [4]

La manoeuvre résulte donc plutôt d’une volonté, qui tient du TOC [5] en ce qui concerne le BI tant cela devient habituel, de ne pas apparaître pour ratisser large et amener les “républicains” sur les positions ethniques qui sont les siennes. Cela ne trompe évidemment sans doute pas grand-monde dès lors que l’organisation des Assises, de la restauration jusqu’au vestiaire, émane des différentes composantes du Bloc. Mais celui-ci n’aurait pu espérer attirer un panel aussi large, tant parmi les orateurs que dans le public, sur son seul nom et cela lui évite d’être de nouveau associé directement avec des milieux politiques dont l’orientation rend perplexe des fractions non négligeables des différentes structures identitaires, et ce depuis la manifestation dite de “l’apéro saucisson pinard” de juin 2010 [6]. Par ailleurs la thématique anti-Islam a montré ses limites lors du “rassemblement des cochons” à Lyon. La manifestation du 10 mars qui est directement pilotée par Philippe Millau et le Bloc Bretagne est donc un exercice à risque pour le BI dans un contexte de doutes et de remise en cause sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.

Mais elle peut à l’inverse s’avérer un bon coup promotionnel pour le livre d’entretiens croisés avec Riposte laïque qui doit sortir chez Xenia à la fin du mois de mars [7]. Ce livre aurait du sortir à l’automne 2010 et constituer une prolongation du coup politique que représentait l’apéro raté du 18 juin précédent. Son plus bel argument mediatique était (est) André Bercoff, en monsieur Loyal d’un pseudo débat. Son estampillage de “gauche” en faisait en effet une prise de guerre de plus pour un BI en pleine dynamique politique. Mais la présence de Bercoff n’était et n’est à vrai dire qu’une fausse surprise. C’est en effet une vieille connaissance de Bruno Larebière qui était à l’époque en phase d’intégration rapide dans le Bloc. Les deux hommes s’étant revus en novembre 2008 après de longues années sans se croiser, André Bercoff a proposé en mai 2009 de faire un livre sur les Identitaires, projet qui n’a pas abouti et qui s’est transformé en livre avec Riposte laïque. Ce glissement politique du journaliste s’explique par le point de vue de Bercoff qui est depuis quelques années clairement hostile à l’Islam. Cela a pu se manifester par des participations à la presse d’extrême droite (le Choc du Mois de l’été 2009) ou à des colloques divers et variés [8]. Les délais qui ont prévalu à la finalisation du livre (les entretiens ont eu lieu fin juillet 2010 !) [9] et le fait que l’ouvrage n’a pas trouvé preneur chez un grand éditeur français malgré les efforts de Bercoff rendent l’impact du livre fort hypothétique. Le Bloc peut donc espérer que le 10 mars créé un minimum de “buzz” pour que l’ouvrage ne soit pas un vrai flop… L’autre intérêt de ces Assises est bien sûr de maintenir une actualité autour du Bloc, en attendant la Convention identitaire 2012 qui devrait se tenir à Paris à l’automne prochain et qui ambitionne de récupérer les déçus du FN et de Marine Le Pen à l’issue des élections de ce printemps. Tout un défi en soi !

 

[1] Le trésorier de l’association est par ailleurs Philippe Gibelin, ancien cadre du GRECE et longtemps investi dans la DOMUS, local gréciste dans lequel le BI tient son université de rentrée depuis deux ans.

[2] On peut lire la prose de Jean-Claude Empereur dans le numéro d’octobre-décembre 2011 de la revue Éléments.

[3] Omar Ba s’affiche comme un adversaire de l’émigration africaine en Europe à l’instar d’Émile Bomba et c’est évidemment à ce titre qu’il a été invité à participer aux Assises du 10 mars. Mais son parcours personnel a déjà été l’objet de nombreuses polémiques tant la véracité de ses écrits est contestée.

[4] Ce site a par ailleurs relayer des tensions qui existeraient entre Philippe Vardon et le reste de la direction du Bloc. Signe de cette situation selon le blog : le fait que Vardon ne participerait pas aux Assises. Le moins que l’on puisse dire est que nous sommes très circonspects face à cette "information". Philippe Vardon par le passé n’a pas plus participé aux différentes assises ou colloques parisiens organisés par le Bloc. Par ailleurs il n’a jamais caché qu’un compagnonnage trop marqué les milieux laïcs et républicains lui semblait contre-productif en interne. Enfin il était parfaitement au courant de l’orientation des Assises du 10 mars et des orateurs invités. On peut donc se demander dans quelle mesure il n’a pas voulu se jouer des auteurs de Droite(s) Extrême(s) en distillant ce qui nous semble être de fausses pistes.

[5] Trouble Obsessionnel Compulsif.

[6] La présence de militants de la LDJ lors des Assises de décembre 2010 que nous relations ici a en particulier été source de polémiques internes même si une partie des cadres ne discutent pas ce genre d’orientations politiques.

[7] Cette petite maison d’édition suisse a été fondée par Slobodan Despot, ancien des éditions de l’Age d’Homme. Si le catalogue de Xenia est très varié, on y relève malgré tout l’édition de poèmes d’Oscar Freysinger, figure de l’UDC et du combat contre "l’islamisation" de la Suisse ou de l’ouvrage de Jean Robin sur la "nouvelle extrême droite". S. Despot semble par ailleurs avoir été pressenti pour intervenir lors des Assises du 10 mars.

[8] De la Guerre sainte à la guerre des banlieues par exemple, soit un déjeuner débat au Fouquet’s Barrière, organisé par les journalistes Michel Clerc et Robert Lafont, dont le fac simili est retranscrit intégralement dans le n° 227 de février 2009 du magazine Entreprendre. Afin de débattre de l’échec de l’intégration des allochtones musulmans (sic), étaient conviés une fourchette de gens plus ou moins sympathiques : Albin Chalandon, ancien ministre de De Gaulle et Pompidou ; Roland Dumas ; Dominique Jamet, journaliste à France-Soir et chroniqueur à Marianne ; Béatrice Robert, Principale du collège Edouard Vaillant de Gennevilliers ; André Bercoff ; Claude de Kermoularia, ancien conseiller de Paul Reynaud, ancien représentant au Conseil de sécurité de l’ONU sous Mitterrand ; Jean Piat, comédien, accessoirement catholique traditionnaliste ; Roumania Ougartchinska, journaliste spécialiste des pays de l’est ; Pascal Thomas, réalisateur.

[9] Le livre a par ailleurs du être remanié à cause du départ de Bruno Larebière qui a quitté le Bloc au printemps 2011.

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 08:35
lu sur les amis du négatif.
Le suicide de Dimitris Christoulas en Grèce (Vu sur InyMedia PIF)

 

Dimitris Christoulas s’est tiré une balle dans la tête à quelques pas du parlement grec il y a deux jours, sur la place du centre d’Athènes Syntagma. Le suicide de ce pharmacien à la retraite de 77 ans est devenu un symbole des ravages de la crise en Grèce.


Voici la traduction du message qu’il a laissé :

 

"Le gouvernement d’occupation de Tsolakoglou (1) a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance - qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant 35 ans (sans aucune contribution de l’État). Mon âge ne me permet plus d’entreprendre une action individuelle plus radicale (même si je n’exclus pas que si un Grec prenait une kalachnikov je n’aurais pas été le deuxième à le suivre), je ne trouve plus d’autre solution qu’une mort digne, ou sinon, faire les poubelles pour me nourrir. Je crois qu’un jour les jeunes sans avenir, prendront les armes et iront pendre les traîtres du peuple, sur la place Syntagma, comme l’ont fait en 1945 les Italiens pour Mussolini, sur la Piazzale Loreto, à Milan."

 

http://news.sky.com/sky-news/content/StaticFile/jpg/2012/Apr/Week1/16203365.jpg


(1) Le général Tsolakoglou signa la reddition des forces armées grecques face au IIIème Reich et fut nommé à la tête d’un gouvernement collaborateur par les nazis en 1941.


Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes et le soir même, des affrontements ont eu lieu.


(Voir les photos et vidéos sur http://lacausedupeuple.blogspot.fr/2012/04/le-suicide-de-dimitris-christoulas-en.html )

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 13:13

 

 

UN médecin français collaborateur Alexis Carrel, Prix Nobel en 1912 pour ses travaux de technique chirurgicale, et auteur en 1935 d’un manifeste en faveur de la solution eugéniste des problèmes sociaux, L’Homme, cet inconnu,.Essayons de comprendre l'étrange convergence d'un socialiste hygiéniste R Martial inventeur de l'idée du bureau municipal d'hygiéne sociale et Alexis Carrel.On a évoqué lors de l'émission contre la psychiatrisation nom de Lucien Bonnafe. Celui-ci a combattu toute sa vie le travaux fasciste d'alexis CarrelOn vous livre un extrait de nos recherches provisoires concernant la convergence et rencontre entre R Martial et le médecin eugéniste alexis Carel.

Cette petite recherchea le but d'ouvrir des pistes de réflexion pour lutter contre cette mode de pensée qui  refuse prendre parti .Ceci  n'est pas un objet de consommation.

L’expérience hygiéniste de la guerre 1914- 1918 et la médicalisation de l’hygiène.
L’offre raciale

Ces phénomènes, renforcés par les visées corporatistes des classes moyennes touchées par la crise, forment ainsi les conditions de possibilité du développement d’une science biologique du social à portée normative, la « protection de la race française », comme en témoigne le crédit accordé à Alexis Carrel La chronique de « L’homme cet inconnu » par.par la Presse médicale renvoie explicitement cet ouvrage à une problématique élitiste, elle-même renvoyant à la nature élitiste des médecins (Desfosses 1936 ). Pour une analyse de la réception de l’ouvrage d’Alexis Carrel, voir à celui de Drouard .et à René Martial, et la création en 1929 d’un centre d’étude des groupes sanguins (Dujarric et Kossovitch 1939 : Un des buts affichés du centre est de fournir des éléments....La compétence dans cette science suppose « non seulement la compétence médicale, mais encore un long entraînement dans l’étude de toutes les questions médico-psychologiques, médico-sociales, et, de plus, une pratique réelle et non seulement administrative conférant la connaissance de la race, de son mode de vie, de sa mentalité, etc. » (Martial 1928 ), champ de compétence auquel sera ajoutée, à partir des conclusions de René Dujarric la Rivière et N. Kossovitch, une compétence sérologique et anthropologique dans les années 193 0 Cet état des tensions autorise une stratégie de reconversion de R. Martial. À partir de 1928, il quitte le terrain des simples « techniques » de l’immigration, pour se pencher sur une théorisation du fait migratoire et de son contrôle dans une véritable synthèse biosociologique, qui transcende ses compétences en une véritable « science de l’immigration » dont il trace les limites. La compétence dans cette science suppose « non seulement... Dans les années 1930 il ne se considère déjà plus tout à fait comme un médecin hygiéniste, après qu’il fut rappelé en 1928 à un ordre des choses, à un sens des limites, lorsque l'académie de médecine[37] Archives de l'académie de médecine, lettre manuscrite..Conférence à l’hôtel Chambon (hôtel des syndicats médicaux) en 1933 ; et de nombreux articles dans le Mercure de France, des conférences pour le compte de l’Académie des sciences morales et politiques, de l'académie des sciences et de l'académie des sciences coloniales. lui refusa toute entrée. Pour l’heure, cette tentative demeure balbutiante, R. Martial doit se contenter d’un cours libre d’anthropobiologie des races en 1938. Cette position est encore incertaine et ambivalente : d’un côté, le cours libre témoigne de l’existence d’un soutien académique puisqu’il est décidé en conseil d’université après aval de l’Assemblée de faculté, mais aussi d’une dépendance de l’agent envers ses patrons, d’un autre côté, il procure un crédit certain à l’intéressé, mais est rappelé à l’ordre de préséance académique[38] À l’issue du renouvellement du cours libre de R. Martial...
Ces vicissitudes sont à mettre au compte de la structuration embryonnaire de la raciologie, de son absence d’autonomie devant la réticence d’une partie des médecins. De fait, R. Martial se justifie . Lettre de R. Martial..., multiplie les actes d’allégeance en direction des patrons de la médecine aux fins de proroger chaque année une position incertaine. Cet état est d’autant plus inacceptable pour lui qu’il dispose d’un crédit certain dans le corps médical, ce qui renforce son ressentiment né de la distorsion entre ses propriétés reconnues, ses relations et sa position. R. Martial peut en effet compter sur ses positions dans les revues médicales qui lui permettent de participer à la régulation des publications et donc des ressources symboliques et de diffuser abondamment ses productions. Dès 1931, ses ouvrages, Traité de l’immigration et de la greffe inter-raciale et La Race française, deviennent des références accréditées et diffusées par les revues médicales :

29

« Puisse cet ouvrage, écrit en bon français, accessible à tout honnête homme curieux de son destin, connaître la diffusion qu’il mérite, de par ses qualités propres non moins que par la grandeur de son objet. »(Brousseau 1935 : 90-92)

30

« […] c’est le travail d’une documentation considérable mais […] qui se lit avec la plus grande facilité et le plus grand intérêt », cet ouvrage est qualifié d’« œuvre de novateur. »(Morat 1935 : 594-596)

31

« […] nous Français savons bien comme le dit notre confrère René Martial dans son beau livre sur la race française, que la vieille souche est encore bonne. »(Desfosses 1935 : 1165-1166 ; Cambassédès 1935 : 495-496 ; Noir 1935 : 357-358)

32 La présentation de ses ouvrages à l’Académie de médecine est assurée comme le veut la règle, par un parrain, membre de l’Académie, soit en 1935 le Dr Édouard Jeanselme (Bulletin de l’Académie… 1935, 1 : 8-9) et en 1931 le professeur J. Renault qui affirme que son travail est un « ouvrage de premier plan, indispensable à tout médecin ou à tout homme de gouvernement désireux d’assurer à la France, pour le présent et pour l’avenir, un rendement maximum en matière d’immigration ». Ce type de soutiens, indissolublement lié à l’adéquation de ce savoir avec l’état des tensions dans le corps médical, forme la condition de possibilité de l’affirmation d’une parole d’autorité quoique contestée, dont le contenu pénètre la liturgie orthodoxe[40] [40] Si l’on en juge par la fortune de son concept central,...
suite et dont la position d’élocution est assurée, certes de façon incertaine, dans les « sommets » de la médecine, la faculté de médecine de Paris et l’Académie de médecine. L’action de R. Martial s’oriente dans le sens d’une autoaffirmation de sa position de « patron » d’une science, « l’anthropobiologie des races ». Ainsi se comprend la tactique discursive qui consiste à se positionner comme maître contemporain dans une préhistoire de la science, face aux « maîtres anciens », Joseph Gobineau, Paul Broca et Georges Vacher de Lapouge[41] [41] Cette posture est très logiquement campée lors du cours...
suite. Cette autoconsécration est dictée par l’ambivalence de sa position : entre reconnaissance d’une compétence scientifique et absence d’institutionnalisation, sa stratégie vise à créer un espace, à en structurer les frontières afin de s’en ménager la maîtrise. Mais cet espace en gestation, celui de la raciologie, ne reçoit qu’une consécration partielle, limitant les voies de sortie pour ceux qui s’y investissent : outre ce cours libre, R. Martial se positionne dans des congrès[42] [42] Rapport et introduction à l’occasion des Journées médicales... et des espaces mondains[43] [43] Conférence à l’hôtel Chambon (hôtel des syndicats... non spécialisés, et donne, à l’instar de son associé/rival Georges Montandon, des cours à l’Institut d’anthropologie (Martial 1933a : 1-39). L’ancien « éducateur sanitaire » socialisé à un rôle d’éducation fonctionnelle du peuple voit donc son rôle limité à celui de conférencier, poste incertain qui pour exister doit compter sur une mobilisation constante de grandes parties de l’espace social.

33 Vichy met fin à cet état d’incertitude. Sont levées certaines réticences du côté des élites médicales, dont le soutien non unanime renforçait l’incertitude des positions raciologiques, et sont disponibles de nouvelles ressources issues de la collaboration. La raciologie se structure autour de la Fondation française pour l’étude des problèmes humains, du Commissariat général aux questions juives (CGQJ), de l’Institut d’étude des questions juives, de l’Institut d’anthroposociologie, auquel il convient d’ajouter les chaires d’histoire du judaïsme à la Sorbonne, confiée à Henri Labroue (arrêté du 12 novembre 1942), et celle d’ethnologie raciale à la faculté de médecine de Paris confiée à René Martial. Se structure un espace nouveau, mettant en relation des agents interdépendants, mais en concurrence pour la définition légitime de la « race » et partant du mode de détermination des sciences de l’homme dont ils entendent constituer la « race » en paradigme absolu. R. Martial poursuit une stratégie de repositionnement pour affirmer sa stature de « maître » et « patron » : le 7 juillet 1942, le comité de direction de la Fondation française décide de financer un rapport sur la question juive qui lui est confié. Son ouvrage Notre race et ses aïeux en 1943 (qui par son frontispice le place sous les auspices de Philippe Pétain) est publié par le Secrétariat général à la jeunesse.

...





R. Martial médecin inventeurde l 'hygiénisme disparaît rapidement du paysage médical : ainsi le Concours médical, auquel il collabora activement et qui diffusa abondamment ses prises de position, ne publie aucune nécrologie au moment de sa mort, alors même que cette pratique révérencieuse est pourtant couramment utilisée pour les collaborateurs décédés. Cette amnésie du corps médical qui s’étend à toutes les questions concernant la période de Vichy, au point que l’Ordre des médecins dénie toute relation génétique avec Vichy pour lui substituer une origine républicaine, rejoint là les analyses en termes d’allergie qui imputent les positions et prises de position problématiques à des individus isolés et à des comportements déviants, d’ordre pathologique. À l’opposé, la trajectoire de R. Martial, en montrant que sa reconversion résultait de stratégies rationnelles qu’il pouvait légitimement appréhender comme potentiellement payantes, nous impose de sortir de ce cadre. R. Martial dépouillé de sa figure d’électron libre de toute relation sociale, offert au procès d’une histoire des idées par sa trop grande visibilité, permet de réintroduire le label de « racisme » – qu’une perception essentialiste aurait tendance à figer en « réalité imaginaire » (ibid.: 45) – dans une perspective relationnelle, et par-là même de comprendrecomment un espace raciologique a pu prendre corpAlexis CarrelEn 1935, Alexis Carrel publie un livre intitulé "L'Homme cet inconnu", manifeste en faveur de la solution eugéniste des problèmes sociaux. On peut y lire : "Il est nécessaire de faire un choix parmi la foule des hommes civilisés. Nous savons que la sélection naturelle n’a pas joué son rôle depuis longtemps. Que beaucoup d’individus inférieurs ont été conservés grâce aux efforts de l’hygiène et de la médecine. Que leur multiplication a été nuisible à la race". Dans le dernier chapitre de ce livre il expose sa solution : pour les individus inadaptés et pour "ceux qui ont gravement trompé la confiance du public, un établissement euthanasique pourvu de gaz appropriés, permettrait d’en disposer de façon humaine et économique". Un an plus tard, dans la préface à l'édition allemande du même ouvrage, il écrira : "En Allemagne, le gouvernement a pris des mesures énergiques contre l'augmentation des minorités, des aliénés, des criminels. La situation idéale serait que chaque individu de cette sorte soit éliminé quand il s'est montré dangereux". Rappelons juste qu'Hitler est alors au pouvoir depuis trois ans.

En 1941, Alexis Carrel est membre du Parti Populaire Français, principal parti fasciste français d'avant guerrre et parti collaborationniste de 1940 à 1944. A la libération, plusieurs de ses compagnons furent condamnés à mort pour "intelligence" avec l'ennemi (parmi lesquels Georges Suarez). Le docteur Carrel échappa à la peine de mort grâce à une crise cardiaque qui lui fut fatale le 5 novembre 1944.

Comme si cela ne suffisait pas, ses compétences médicales sont également remises en cause, il faut dire que ses attestations de guérisons miraculeuses à Lourdes, alors qu'il était étudiant en médecine, n'ont pas laissé le milieu médical indifférent. Dans l'article "Dr Carrel’s immortal cells" publié dans la revue Medical History en 1980, J. A. Witkoski dénonce également la fraude scientifique de Carrel pour son travail tendant à démontrer l'immortalité des cellules. C'est un homme dont les convictions, le discours public et l’effort institutionnel furent clairement antidémocratiques, et engagés avec R. Martial dans une convergence manifeste avec le fascisme mussolinien et le nazisme.

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 08:18

 

L'économie social et solidaire est un enjeu de la prochaine élection présidentielle. Coopératives , entreprises, associations, mutuelles(l'ESS a la possibilté de  trouver de la main d'oeuvre non organisée par le biais du service civil volontaire).Les militants du laboratoire anarchiste se heurtent constamment  à ses réseaux informelles( anti démocratique). La page qui donne une réalité de Romans sur isère. Le capialisme a trouvé une possibilté de se relancer dans cette économie de circuit court. La présence historique des anarchistes à Romans  Bourg de péage a été balayé par la pacification du parti écologiste

 

Le projet de monnaie locale délimité au bassin de vie de Romans-Bourg-de-Péage s’est concrétisé au printemps 2011. Son nom : "La mesure". Cette initiative démocratique est portée par des citoyens désireux de redynamiser les filières économiques locales, encourager l’économie sociale et solidaire et faire de l’éducation populaire. Une monnaie sur mesure pour ce territoire de 40 000 habitants situé dans la Drôme.

« Un Monopoly éthique pour Bobos, si on en reste là, ça ne sert à rien de créer une monnaie locale complémentaire ! » lance, un rien provocant, Michel Lepesant, l’un des trois fondateurs de « Commune mesure », l’association à l’origine de la monnaie locale de Romans-sur-Isère baptisée… « La mesure« .
« La monnaie, précise ce professeur de philosophie qui se présente comme un « objecteur de croissance », ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen. Notre projet, qui s’est concrétisé le 28 mai, après deux ans de réflexions, vise ainsi trois objectifs : relocaliser l’économie, encourager les prestataires et les utilisateurs à respecter certaines valeurs éthiques et permettre aux citoyens de se réapproprier la question financière. »

Une monnaie au service du territoire - L’usage de « la mesure » étant territorialisé, l’économie locale ne peut qu’être dynamisée. Quand un habitant des communes de Romans-sur-Isère et Bourg-de-Péage ainsi que quelques villages alentour convertit, dans l’un des quatre comptoirs d’échanges, comme la maison de quartier Saint-Nicolas, 50 euros en 50 mesures, il les dépense concrètement sur un territoire aux frontières délimitées par les prestataires membres du réseau de cette monnaie locale. Un argument essentiel quand on sait que 97 % des transactions en monnaies « officielles » circulent dans les sphères spéculatives et seulement 3 % dans l’économie réelle.

En clair, impossible pour « la mesure », qui n’existe que sous forme de billets, bien matériels, de s’enfuir dans les câbles électroniques ou les paradis, Îles Vierges ou Bermudes ! Les seules destinations qui s’offrent à elle sont les tiroirs caisses des prestataires locaux et les porte-monnaie des habitants du bassin de vie de Romans-Bourg-de-Péage. De même, la mesure étant une monnaie fondante (qui perd 2 % de sa valeur chaque trimestre), personne n’a intérêt à en garder pour faire de la spéculation. Enfin, le propriétaire de « mesures » sera incité à les faire circuler dans le réseau local plutôt que de les convertir en euro pour acheter à l’extérieur, puisque cette conversion est taxée à 2,5 %.

En cette fin novembre 2011, six mois après le lancement de « la mesure », ce réseau rassemblait déjà 39 prestataires, comme

  • un magasin de chaussures,

  • un salon de coiffure,

  • une librairie,

  • une coopérative bio,

  • un restaurant,

  • un charcutier,

  • une ferme,

  • un théâtre,

  • un Système d’échanges local (SEL)

  • ou encore une psychanalyste. Ouf !

Autant de commerçants, artisans, associations ou professions libérales qui s’engagent à s’inscrire dans l’économie sociale et solidaire (ESS), autrement dit, à respecter certaines valeurs éthiques. Comment ? En signant une convention, renouvelable chaque année, intitulée « Au fur et à mesure ». Un titre choisi pour bien souligner le souhait de ne rien imposer d’emblée, mais d’encourager.

Quatre engagements - Précision d’Annie Vital, médiatrice culturelle en archéologie, et autre cofondatrice de cette monnaie locale : « On n’allait pas réserver la mesure à des gens qui font déjà « tout bien » et s’ériger en moralisateur. C’est pour cela, par exemple, que le Café central, qui refuse de se définir uniquement à travers son activité marchande et met l’accent sur sa dimension de créateur de lien social, est le bienvenu. L’idée, c’est de faire le chemin ensemble en s’interrogeant : comment mettre du sens derrière nos activités ? »

Les questions posées sur cette feuille de route s’articulent en quatre groupes :

  1. participer à la vie locale (en relocalisant par exemple les fournisseurs ou en privilégiant les circuits courts) ;

  2. intégrer la dimension écologique (sélection de produits bio, réduction des déchets ou économie d’énergie) ;

  3. contribuer à une société plus décente (activité d’utilité sociale ou solidaire, prise en compte de critères sociaux ou éthiques dans le choix des fournisseurs) ;

  4. l’humain et le citoyen (relations conviviales ou organisation démocratique).

Face à ces questions, cinq types de réponses sont proposés : oui / en cours / non / pas applicable / nous ne savons pas faire.

« C’est vrai que l’on voulait dépasser le « syndrome de l’enfermement local », remarque Michel Lepesant, dans un redoutable clin d’œil au SEL. Pour autant, pas question de lancer un nouveau moyen d’échange n’importe où, avec n’importe qui, pour n’importe quoi. » Bref, une monnaie locale oui, mais pas à n’importe quel prix !

A noter que, dans cet esprit de recherche d’éthique, les euros échangés sont placés sur un compte de la société coopérative de finances solidaires, la NEF. En parallèle, les cofondateurs de « la mesure » envisagent de créer un fonds d’épargne et d’investissement solidaire pour financer des projets locaux et éthiques. Enfin, par souci de solidarité, ils réfléchissent à un moyen de permettre à des personnes disposant de très peu d’euros d’intégrer le réseau, par exemple en fonction de critères sociaux économiques, ou en échange d’activités d’utilité sociale, solidaire et écologique.

Un outil d’éducation - Dernière ambition : faire de l’éducation populaire. Comme le raconte Michel Lepesant : « La mesure est un projet ascendant. Une initiative citoyenne. Un projet démocratique dans son objet comme dans sa méthode. Dès la première étape, celle des explorations (printemps-été 2010) nous avons ouvert au public notre première réunion afin de réfléchir ensemble : qu’est-ce que la monnaie ? A quoi pourrait servir une monnaie locale ? De même pour la deuxième étape, celle des fondations (septembre-décembre 2010) lorsque nous avons rédigé les textes qui organisent notre association et décrivent le fonctionnement de notre monnaie locale. Jusqu’à la troisième étape, celle des constructions (janvier-mai 2011), pendant laquelle nous avons, notamment, délimité le réseau des prestataires et imprimé les billets. »

A chaque étape, l’association Commune mesure, qui rassemble aujourd’hui une centaine d’adhérents répartis en trois collèges (utilisateurs, prestataires et fondateurs), tous situés sur un pied d’égalité, ont ainsi « mis les mains dans le cambouis et fait, ensemble, de la politique autrement pour une réappropriation de la monnaie. »

Yanouch Hennetin, présidente de la Maison de quartier Saint-Nicolas, et prestataire membre du réseau, est convaincue de cette dimension politique de « la mesure ». « Moi, ça m’a beaucoup appris. C’est une piste d’espoir pour tous les citoyens. En période de crise financière et sociale, il fallait un certain culot pour lancer cette initiative. Et puis, c’est créateur de lien social : quand je paye en « mesure », à chaque fois, je discute avec le commerçant. Sans « la mesure », je ne me serais pas permis de poser des questions. J’ai ainsi une connaissance du métier de l’autre. »

Un rôle pour les élus et les collectivités - A propos de politique, quel est le rôle des élus locaux face à un tel projet ascendant ? Jean-David Abel, adjoint à la mairie de Romans-sur-Isère, délégué notamment au développement durable, s’empare de la question en posant une autre interrogation : « maintenant que « la mesure » a pris son essor, comment peut-on l’accompagner au mieux et prendre notre part dans l’élargissement de son usage ? »

Pour Michel Lepesant, une mise au clair s’impose : « Dès que le projet est suffisamment lancé, et à partir du moment où les institutions accordent leur reconnaissance à une démarche dont elle n’ont eu, ni l’initiative, ni la maîtrise, alors il est possible de les intégrer au projet. »

  • Soit à travers un soutien technique, en autorisant l’usage de la monnaie locale pour payer des services territoriaux, tels que la médiathèque, la cantine ou la piscine ou bien en communiquant sur le projet.

  • Soit en apportant un soutien financier, par exemple en garantissant les prêts à 0% ou en versant une aide écologique en monnaie locale.

Et Michel Lepesant de déposer un petit caillou dans la chaussure de l’élu : « ce soutien est non seulement possible, mais il est en plus légitime : les financements que l’ont dit accordés proviennent quand même des citoyens eux-mêmes. » Dernière question : « Quelle sont les limites à « la mesure » ? » Réponse du philosophe : « Le monde autour ! ».

Témoignages

Ghislaine Jarque, utilisatrice de la mesure
Je fais partie du SEL de Romans-sur-Isère, c’est comme ça que j’ai entendu parler du projet de monnaie locale. Tout ce qui concerne l’économie alternative m’intéresse. J’ai assisté à la toute première réunion organisée par l’association Commune mesure. Depuis le mois de mai 2011, je convertis 30 euros tous les quinze jours. C’est peu, mais comme je suis à la retraite avec une petite pension, je suis obligée de me fixer cette limite. Je me suis arrêtée de travailler à 65 ans pourtant ! J’étais infirmière. Aujourd’hui, j’en ai 72. Je me suis acheté un portefeuille spécialement pour y glisser mes « mesures » afin de ne pas les mélanger avec les euros. La première fois qu’elle les a vus, ma petite fille, qui a 14 ans, a cru que c’était des faux billets !
Avec mes « mesures », j’ai changé quelques-unes de mes habitudes. Par exemple, j’achète mes livres dans une librairie membre du réseau parce que la mienne n’accepte pas les « mesures ». Mais c’est aussi parce que l’accueil est chaleureux et que les vendeurs sont de bon conseil. Sinon, je n’aurai peut-être pas changé d’adresse !
En revanche, je suis fidèle à ma coiffeuse, même si elle ne prend pas les « mesures » : comme elle me fait une jolie coupe pour 10 euros, je ne peux pas aller à celle du réseau, car c’est 20 euros de plus. Je vais aussi à la coopérative bio, mais uniquement pour prendre des produits qui durent, comme de l’huile d’olive bio, de la levure de bière et des germes de blé. Pour mes légumes, je continue de les ramasser chez les petits producteurs. Ah ! Je verse ma cotisation au SEL en « mesures » également.
Enfin, pour faire des cadeaux, par exemple de naissance, je me fais plaisir dans un magasin de vêtements éthiques et là, comme c’est pour offrir, je ne compte pas. J’espère que le réseau va encore se développer. Je consulte régulièrement la liste des prestataires sur Internet. Je les guette ! Mon seul frein, c’est les prix.
Symboliquement, cette initiative est très importante : j’ai l’impression d’être actrice d’un mouvement qui me tient à cœur et de faire quelque chose contre le système économique en place qui nous bouffe parce qu’il n’est dirigé que par l’argent, sans aucune dimension solidaire. Je suis plus qu’indignée : je suis écœurée. Mais je suis une femme qui prend la vie du bon côté, même si la vie n’a pas toujours été rose avec moi.
Ce projet de mesure m’a permis d’ouvrir les yeux sur plein de choses, moi qui étais pourtant nulle en économie et en finance, moi qui me contentais d’écouter bêtement la radio ! L’équipe de Commune mesure a ouvert ma conscience. Et puis, cela m’a amené à me recentrer sur ma commune d’adoption. J’aimerais pouvoir laisser une petite empreinte, qu’on se souvienne de moi comme un petit maillon d’une chaîne qui aura permis à Romans-sur-Isère de reprendre du poil de la bête !
Martin De Douhet, agriculteur, prestataire adhérent au réseau de Commune mesure
Je suis associé à la Ferme des routes, responsable de l’élevage, je fabrique des fromages et des yaourts. 98 % de notre chiffre d’affaires est en vente directe. Et toute notre production est bio. Avec mes trois autres associés, on a tout de suite décidé de rejoindre le réseau de « la mesure ». On est très militants. Pour nous, cette initiative va dans le bon sens. La symbolique politique est forte.
Quant à l’intérêt économique, il est réel : on s’adresse à une clientèle captive puisqu’une fois leurs euros convertis en « mesures », ils vont venir dans le réseau et – à condition, bien sûr, que nos produits leur plaisent – ils reviendront. Il y a aussi l’effet « label », en mieux, puisque l’éventail est plus large. Et c’est intéressant cette rencontre entre prestataire du réseau et utilisateurs de « mesures », ça donne du sens à son métier et j’aime bien me dire qu’on partage les mêmes valeurs.
J’apprécie aussi le fait que ce ne soit pas un réseau sectaire, sinon, de toute façon, on n’y serait pas entré. J’espère qu’il va s’étendre, même à des agriculteurs non bio, pour qu’on puisse dialoguer.
Les « mesures » que l’on gagne, je les utilise bien sûr, principalement pour acheter des livres. Pour moi, c’est une évidence. C’est comme si je ne mangeais pas mes légumes ou mon fromage et que j’allais me fournir dans un réseau de l’agriculture conventionnelle.
Olivier Badoy, libraire, prestataire membre du réseau de la monnaie locale
Aux Cordeliers, notre librairie indépendante, on salue toujours les initiatives alternatives qui incitent au mieux vivre ensemble, comme cette monnaie locale. Surtout si elles permettent un échange de proximité avec les clients. Et d’autant plus si elles nous amènent des clients sensibles à l’humain. Quand ils payent en « mesure », ils posent toujours la question de savoir si on accepte la monnaie locale, même si on a mis l’autocollant sur la porte. C’est marrant, jamais on ne demanderait : « Est-ce que je peux payer en euros ? » Du coup, on discute !
On a aussi été très sensible à cette approche complémentaire touchant à la fois à l’économie, au social, à l’environnement. Et puis, pour nous, c’est un autre moyen de lutter, toute proportion gardée, contre les gros sites totalement impersonnels de ventes en ligne tels Amazone.
A l’usage, nos besoins se définissent. On se pose par exemple la question de savoir avec quels fournisseurs locaux adhérents au réseau de la mesure nous allons travailler, plutôt que de faire appel à de lointaines papeteries ou sociétés d’emballage.
Et, en tant qu’utilisateur, avec mon collègue François Reynaud, nous dépensons nos mesures dans les restaurants membres du réseau. C’est ainsi que nous avons découvert un super café avec lequel nous allons nouer des partenariats pour organiser, par exemple, des rencontres entre des auteurs et le public.

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Chiffres-clés

  • Moins de 1500 euros, tel a été le montant du budget initial de mise en place de « la mesure ». Une somme apportée exclusivement par les adhésions des premiers adhérents particuliers, prestataires et associatifs (en particulier la Maison de quartier Saint Nicolas).

  • 8 000 euros (environ) pour une année, c’est le budget actuel de fonctionnement. Une enveloppe autofinancée par l'association Commune mesure pour moitié (adhésions). L’autre moitié étant prise en charge par la Maison de quartier Saint Nicolas (mise à disposition d'un 1/2 temps et de locaux).

  • 17 000 euros : subvention du Fond social européen (FSE) attribuée par la Chambre régionale de l'Economie sociale et solidaire Rhône-Alpes (CRESS) à l'association.

  • 2 500 euros de dons de la Société coopérative de finances solidaires (NEF) pour "une exploration des dimensions sociales et solidaires de la mesure" sur une durée de 8 mois (de novembre 2011 à juin 2012).

  • 39 prestataires sont membres du réseau de la mesure.

  • Une centaine d’habitants utilisent la mesure.

  • 8 000 mesures sont en circulation sur le bassin de vie de Romans-Bourg-de-Péage.

  • 24 000 billets ont été imprimés au printemps 2011.

  • Les billets se déclinent en six coupures d’un montant de 1, 3, 5, 10, 20 et même 0 unité, car ce n’est pas parce que quelque chose n’a pas de prix qu’il n’a pas de valeur !

  • 1 mesure = 1 euro (l’association Commune mesure offre à chaque nouvel adhérent 5 mesures lors de sa première conversion).

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 14:42

de resistons_ ensemble.

 

STRASBOURG (Reuters) - Quatre policiers, deux hommes et deux femmes, ont été mis lundi en examen pour homicide involontaire par un juge d'instruction de Montbéliard (Doubs), après la mort d'un homme qu'ils tentaient d'interpeller en 2009, a indiqué le parquet. Cette mise en cause, révélée par l'Est Républicain, pose le problème des méthodes de contention employées par la police française et critiquées en novembre dernier par le Défenseur des droits et par Amnesty international. Mohamed Boukrourou, un Marocain de 41 ans souffrant de troubles psychiatriques, était mort d'une défaillance cardiaque après avoir été conduit dans le fourgon des policiers à la suite d'une altercation avec un pharmacien au sujet de médicaments. Trois des fonctionnaires s'étaient placés en position assise ou debout sur le corps de ce père de famille, qu'ils avaient menotté, pour parvenir à le maîtriser. Le collège "Déontologie de la sécurité" du Défenseur des droits a demandé des sanctions contre les policiers en leur reprochant "un recours inadapté et disproportionné à la force" s'apparentant à un "traitement inhumain et dégradant". Amnesty international France s'est ému, de son côté, du sort de cinq personnes, toutes étrangères ou d'origine étrangère, qui sont décédées lors de leur interpellation par la police entre 2004 et 2006 sans que la lumière ait été faite sur les circonstances ayant entraîné leur mort.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 19:36
Eh oui comme on s'excuse de ne pas avoir pu faire l'émission de radio Labo le 26 Mars consacré au soutien des basques révolutionnaires.Nous au Laboratoire on ne soutient pas des gros porcs de bourgeois qui se gavent sur le tourisme. 
Soirée d’information et débat sur le passage à la radio numérique.

Dans le cadre du festival Avatarium, des bénévoles de Radio Dio (89.5FM à saint-étienne) vous invitent à une rencontre/débat sur la disparition annoncée de la bande FM

Invitation à toutes et tous, auditeur-trices, animateur-trices, professionelles ou bénévoles de la radio, curieux, curieuses, etc...

Comment se fait la radio actuellement ?

Des centaines de radios émettent sur la bande FM, depuis plus de 20 ans, à l’appui d’une technologie simple et efficace de diffusion. 
Un système de subventions permet aux radios associatives d’exister sans publicité. Cette situation rend possible le pluralisme des programmes, la diversité et la liberté d’antenne. Beaucoup de petites et moyennes radios ont une place importante dans la vie des auditeurs-trices.

Le paysage radiophonique va voir sa technologie bouleversée : d’ici quelques années, toutes les radios devront émettre en numérique. Le conseil Supérieur de l’Audiovisuel ne laisse pas le choix et la bande FM devrait disparaître.

Quel est l’intérêt de passer de l’analogique au numérique ?

Le Groupement pour la Radio Numérique (radios publiques et privées) garantit une écoute de meilleure qualité, plus de programmes disponibles, le choix d’une norme performante pouvant associer son et images...

La qualité de diffusion va-t-elle effectivement augmenter pour les radios associatives ?

Le passage au numérique impliquerait de profonds bouleversements techniques et matériels. Les radios devront se former à de nouveaux équipements et investir lourdement (en moyenne pour la diffusion : 20000€ par an). Les auditeurs/trices devront inévitablement renouveller leurs récepteurs radios (en moyenne, 6 postes par foyer). A l’heure actuelle, le financement du passage au numérique soulève de nombreuses questions et inquiétudes. D’ores et déjà, certaines radios associatives se disent menacées.

Sur les 600 radios associatives actuellement en France, combien existeront encore dans 10 ans ? 
Quelles logiques commerciales fondent cette "révolution numérique" ? 
Répond-elle aux besoins des gens qui font et écoutent la radio ?

Il ne s’agit pas seulement d’une histoire de récepteur qui change, il s’agit plus largement du paysage radiophonique et d’une vie associative riche dont nous avons besoin pour que tout le monde puisse s’exprimer.

Cette soirée vous est proposée pour en débattre, échanger infos et points de vue, se faire une idée, et réfléchir ensemble aux manières de faire face...

Lundi 6 avril 18h30 
BOURSE DU TRAVAIL Cours Victor Hugo à Saint-Etienne 
ENTREE LIBRE

Quelques infos : 
- http://www.radioactu.com 
- http://radiosenlutte.free.fr 
- http://www.ferarock.com 
- http://www.snrl.org 
- http://www.avataria.org/avatarium2009

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 05:41

 

Pour un débat qui reste à mener localement pour contrer le confusionisme qui autorise les NPA locaux de se présenter comme proche des idées anarchistes  .

En-assujetissement et subjectivation : le vivre éthique de l’anarchie

 

Emancipation et personne

 

Une caractéristique historique de l’anarchisme a été sa préoccupation pour la question des modes de vie et, à travers de cette question, pour le problème des conditions de constitution d’une subjectivité libre et pleine. Cette préoccupation pour l’émancipation de la subjectivité, que l’anarchisme des deux derniers siècles avait coutume de désigner comme l’“individu”, ne signifie en aucune manière pas l’anarchisme oppose l’“individuel” au “social” et, encore moins, qu’il privilégie l’“individuel” face au “social”, comme le fait la modernité libérale. Dans la tradition anarchiste la plus consistante, se préoccuper de la subjectivité n’implique pas de négliger la société, simplement parce qu’il est entendu que la véritable subjectivité est sociale, concrète, située dans le monde avec les autres. Ce qui signifie plutôt que, face aux logiques anonymes du capital, l’émancipation sociale ne peut surgir séparément de l’émancipation de la subjectivité, et doit se concrétiser dans la création de modes de vie alternatifs, c’est-à-dire de nouveaux modèles de relations intersubjectives et intersociales.

Cette exigence de l’anarchisme l’a ainsi distingué du socialisme simplement redistributif, qui tend à réduire le changement social à la redistribution de la richesse sociale. Avec les socialistes “utopiques”, l’anarchie entend que l’émancipation doit se traduire dans la manière concrète de vivre et de se relationner avec les autres : on ne peut prétendre transformer le système de domination en reproduisant passivement dans les manière de vivre les éléments d’aliénation et dans les relations sociales les modèles de domination que génère le système. Dans la sphère du travail par exemple, l’émancipation du travailleur ne pas à la redistribution des biens socioéconomiques, ni encore moins à la étatisation de la propriété : quand se reproduisent les schémas verticaux de pouvoir dans l’organisation du travail, de telle manière que les travailleurs son dépossédés de leur capacité d’auto-organisation, les relations de travail ne se transforment pas alors qu’elles sont un aspect important de la vie concrète des personnes. A ce sujet, Luis Mercier Vega avait noté justement l’« échec majeur des théories et des méthodes révolutionnaires qui ne partent pas du seul endroit où peut se former une pratique et s'ébaucher une perspective socialiste, à savoir le lieu où le travail s'organise et se fait.»[1] De la même manière, l’émancipation du travailleur, du "citoyen", et plus généralement de la personne comme telle, ne se réduit pas non plus à l’accès à la consommation des biens matériels, et ne peut se réaliser dans un mode de vie étroitement basé sur la consommation. Face au socialisme simplement redistributif, l’anarchisme signale que l’objectif de tout changement social est la « libération de la vie quotidienne » [2], et que cette libération doit se concevoir à travers de ce même processus de changement : «dans son active préoccupation pour les questions de la vie quotidienne, l'anarchisme s’est toujours préoccupé des styles de vie, de la sexualité, de la communauté, de la libération féminine et des relations humaines.»[3] A la différence du socialisme simplement distributif, les anarchistes prêtent une attention particulière aux « problèmes subjectifs » de la transformation sociale, dans la mesure où 'il n'y a pas de vraie transformation sociale si l’on ne transforme pas substantiellement les manières de vivre [4]. À cette préoccupation se relient les expériences de vie communautaire favorisées par certains anarchistes, comme la communauté “La Cecilia” créée en 1890 au Brésil [*] Dans ces tentatives de construire des formes de vie alternatives, par la voie de la création de modes de vie communautaire, les anarchistes se rapprochent du fouriérisme et d’autres expressions de ce que le marxisme a dénommé le « socialisme utopique », en attribuant à l'adjectif utopique une signification négative.

 

Emancipation sociale

 

Cependant, avec Marx, l’anarchie entend que l’émancipation humaine n’est pas une question purement privé, parce que dans la réalité, il n’existe pas des “individus” mais des subjectivités qui s’entreconstituent en permanence par l’interaction sociale et qui, par là même, sont vulnérables aux mécanismes d’oppression et d’aliénation produits par la logique instrumentale et marchande du capitalisme. La subjectivation ne se fait pas en marge des autres, mais avec les autres et contre les autres, dans la construction de nouvelles formes de relations humaines dans toutes les sphères de l’activité sociale : l’économie, la santé, l’éducation, l’habitat, le travail, la création symbolique et la vie publique. Dans l’anarchie, la liberté et l’égalité ne s’opposent pas mais plutôt se co-appartiennent et se co-signifient, de telle sorte que la liberté s’affirme dans la solidarité et l’égalité dans la justice sociale, et pas seulement dans le droit comme dans le libéralisme individualiste.[5] : dans la perspective de son principal représentant, Max Stirner, une telle abolition équivaudrait à réduire les hommes à la condition de « déguenillés » [6] La séparation que soutient Arvon entre deux traditions anarchistes, une “anarcho-communiste” représentée par Bakounine et Kropotkine, qui s’occuperait « surtout » de ce qui concerne l’économie, et l’autre “anarcho-individualiste” qui revendique l’ « individu » face à la société qui nécessairement l’ « opprime » et reproduit les dichotomies caractéristiques de la matrice idéologique libérale-capitaliste. L’“individualisme” de l’anarchisme individualiste pourrait seulement posséder un sens anarchiste que dans la mesure où on lui confierait la signification de singularisation, c’est-à-dire, de création de soi-même avec les autres dans le monde, en rompant avec le “formatage” de l’identité imposé par la dictature du sujet anonyme produit par l’industrie de la consommation. Mais, contrairement à ce que prétendait Stirner, la singularité concrète ne se constitue pas à partir d’un “soi-même” abstrait. La singularisation ou subjectivation n’est pas “individualisation” : en reprenant un texte écrit avec Raúl Fornet Betancourt en 1979, nous dirions que la subjectivation se créé seulement «…par la médiation du monde» et non en s’échappant du monde, en se démondanisant et se réfugiant «…en un soi-même abstrait et vide » : ce dont il s’agit est de redécouvrir «le “je” dans et par le monde», et non de redécouvrir «le monde dans le “je” et à partir du “je”».[7] L’anarchie peut être en même temps “anarcho-communiste” et libératrice de la subjectivité, que dans la mesure où elle part d’une anthropologie qui comprend l’humain comme subjectivité concrète dans le monde, c’est-à-dire dans les termes de Sartre, comme universel singulier ou perpétuelle retotalisation du social-historique dans la subjectivité et de la subjectivité dans le social-historique.[8] L’actualité possible de la réflexion et de la pratique anarchistes, et leur apports peut-être les plus importants au projet moderne de l’émancipation, réside dans son exigence originale de ne pas séparer la transformation de la société de la transformation de la vie.

 

Anarchie et éthique

 

Dans l’anarchisme, la construction de communauté n’a pas été, bien sûr, ni la dernière, ni l’unique réponse possible au problème de la transformation de la quotidienneté. Kropotkine par exemple, critiquait en 1896 l’idée de communes volontaires dans la mesure où de telles communes s’isolaient de la société et ne respectaient pas la privacité de ses membres. A la pratique des communes isolées, il opposait la signification éthique d’une vie de lutte dans la diversité du social.[9] Dans une même perspective, des anarchistes contemporains comme Murray Bookchin signalaient que c’est dans les propres luttes pour la transformation globale de la société que doivent se créer des modèles alternatifs de relations intersubjectives et intersociales : le mouvement de transformation sociale est «intimement lié à un style de vie». La subjectivité du changement social, que Bookchin qualifie de «révolutionnaire» doit «…essayer de vivre la révolution dans sa totalité et pas seulement d’y participer (…) Dans sa recherche du changement social, le révolutionnaire ne peut éviter les changements personnels que lui demande la reconquête de son être propre. Comme le mouvement auquel il participe, le révolutionnaire doit essayer de refléter les conditions de la société qu’il essaie d’atteindre ; dans la mesure où cela est possible dans la société existante.»[10]

Ce que Bookchin appelle « révolution » est, dans la sphère du personnel, un mode de vie dans lequel la critique de la domination sociale, économique et politique ne se trouve pas séparée de la critique de la domination en elle-même, c’est-à-dire, des éléments de personnalité autoritaire, aliénée et aliénante que produisent et reproduisent les formes établies de relations interhumaines. Cette préoccupation historique de l’anarchisme pour la question des modes de vie et, en conséquence, pour les conditions d’une subjectivité libre et pleine, est une préoccupation éthique au sens plein du terme : ethos désigne en grec, le mode de vie habituel d’une personne ou d’un groupe. L’éthique ou la morale – entendue ici à partir de son étymologie qui renvoie aussi à l’idée de mode de vie normale – n’est pas quelque chose qui s’oppose à l’anarchie dans la mesure où par anarchie nous entendons un mode de vie basé sur certains critères et certaines règles. Il ne faut pas confondre anarchie (absence de “pouvoir” entendu comme domination) et anomie (absence de règles). Nier la morale notait Malatesta est valide si par “morale” on entend seulement la morale bourgeoise, supposément absolue, éternelle et immuable, que sanctionne l’inhumaine exploitation humaine et qui proscrit tout acte qui affecte les intérêts des privilégiés[11] Mais refuser la morale imposée par la force ne doit signifier en aucune manière «…renoncer à toute réserve morale ou à toute obligation envers les autres»[12] Les «anarchistes» qui croient pouvoir s’abstenir de ce type d’obligation «…oublient que pour combattre une morale, il est nécessaire de lui opposer, en théorie et en pratique, une morale supérieure»[13] A la morale «bourgeoise individualiste», l’anarchisme de Malatesta oppose une «morale de la lutte et de la solidarité», qui cherche à «établir des institutions conformes avec notre conception des relations entre les hommes» [14]

Dans le quotidien, créer l’anarchie signifie alors indissociablement critiquer les relations d’inhumanité entre les hommes et créer, dans la mesure du possible, des relations d’humanité. Dans « le possible » dans les conditions actuelles, disait Bookchin, étant donné que le mode de vie anarchiste ne peut s’abstraire purement et simplement des conditions générales de vie imposées par le régime capitaliste : le simple fait de vivre dans une société capitaliste implique une série de compromis, qui ne doivent cependant pas compromettre le sens critique général du mode de vie anarchiste : «tous, sans exception, nous sommes plus ou moins contraints de vivre en contradiction avec nos idées» a écrit Malatesta, ajoutant immédiatement : «…nous sommes socialistes et anarchistes précisément dans la mesure que nous souffrons de cette contradiction et que nous tâchons, autant que possible, de la rendre moins grande.»[15] Dans son autoconstitution comme subjectivité éthique, l'anarchiste est comme le cordonnier qui, sachant utiliser les circonstances du mieux possible, parvient à fabriquer les meilleures chaussures avec le morceau de cuir dont il dispose.[16]

Le projet éthique de création d’un mode de vie plus humain pour soi-même et pour tous, suppose comme toute pratique éthique, une certaine caractérisation des modes de vie et des relations sociales existantes.

Quelle description l'anarchisme propose-t-il des modes de vie existants, et comment justifie-t-il l'exigence éthique de les dépasser, en proposant des modèles de vie alternatifs ? Une première approche à cette question peut être faite en prenant comme point de départ le signifié élémentaire et général du mot anarchie : une absence de “pouvoir”, en entendant le pouvoir non comme capacité (pouvoir faire, pouvoir être) mais comme domination (oppression). La critique anarchiste des modes de vie existants part de la compréhension de ces derniers comme les formes de vivre dans lesquels les subjectivités se trouvent diversement enchaînées à des mécanismes de domination sociale, économique, idéologique et politique.

Dans tous les cas, indépendamment de la spécificité de chaque mode de domination, la subjectivité souffre d'une forme de dépossession ou de perte de soi, que déjà dans les écrits de 1844, le jeune Marx avait décrit et caractérisé par le concept d'aliénation (Entfremdung) [17][**] : “éloignement” [***] de soi-même, dans le sens de devenir un être étranger à soi-même. Mais cette aliénation [ou extranéation] n'est pas simplement une “pathologie” de la psyché – malgré le fait qu’elle puisse conditionner des expressions psychologiques spécifiques – mais un processus social par lequel la subjectivité est en quelque sorte “produite” comme étrangère à elle-même. Dans cette production, ce qui est produit n'est pas l’être spécifique étranger à lui-même inhérent à la subjectivité, que nous pourrions désigner comme “étrangeté”, mais une manière d'être étranger qui est, en quelque sorte, imposée de l'extérieur, par des relations spécifiques de domination, et dans lequel la subjectivité est assujettie par un sujet indifférencié et anonyme. A partir de Heidegger, qui a qualifié ce sujet anonyme comme "On" (Das man) [18], on peut distinguer l’extranéation (assujetissement de la subjectivité par des puissances extérieures) de l'étrangeté (la perpétuelle transcendance à soi-même en transcendant le monde). L'aliénation s’oppose à l'étrangeté : assujetir la subjectivité par une détermination établie et définitive est en quelque sorte lui soustraire sa transcendance constitutive. En termes de Sartre, c’est interpréter l'être-pour-soi (l'être de la conscience) comme être-en-soi (l'être des choses)[19] ; en termes de Marcuse, c’est produire un sujet unidimensionnel, dont la pensée et l’activité sont fermés aux idées, aux aspirations et aux objectifs qui «transcendent l'univers établi du discours et l'action»[20] ; il s’agit d’un sujet caractéristique de la société fermée, qui est, une société qui «…normalise et intègre toutes les dimensions de l'existence, privée et publique», c'est à dire, qui exclut toute possibilité de changement qualitatif, ou «toute transcendance»[21].

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Ce texte est un extrait de la nouvelle préface de la réédition prochaine de “Anarquismo y anarcosindicalismo en América Latina”par les éditions La Carreta Editores (Medellin, Colombie). Publié pour la première fois à Paris et à Barcelone en 1980, le livre est épuisé depuis de nombreuses années.
Alfredo Gómez Muller est professeur de philosophie, auteur de plusieurs ouvrages dont “Anarquismo y anarcosindicalismo en América Latina”, “Ethique, Coexistence et Sens” (Desclée de Brouwer), “Penser la rencontre de deux mondes” (PUF), “Chemins d’Aristote”, “Sartre : de la nausée à l’engagement” (editions du Félin). Il a récement coordoné un ouvrage “Sartre et la culture de l’autre” (L’Harmattan)

Notes

[1] MERCIER VEGA, Luis,Anarquismo ayer y hoy, Monte Avila editores, Caracas, 1970. Se référant à une déclaration d'une conférence de la Central Obrera Boliviana (COB) en 1954, qui stipule que la participation des travailleurs au gouvernement, le droit de veto et l’organisation syndicales sont la garantie des conquêtes réalisés récemment par les travailleurs, Mercier Vega dit: « Mais on ne parle ni de l'organisation ouvrière des mines ni de l'organisation du travail par les travailleurs. Cela signifierait que le travailleur est capable de faire et de défaire le gouvernement, mais incapable de gérer ce qu'il connaît le mieux, c'est à dire l’entreprise où il est employé, la mine où il travaille. »Ibid., p. 170.

[2] Bookchin, Murray, El anarquismo en la sociedad de consumo, editorial Kairós, Barcelona, 1974, p. 50. Première édition en anglais, Post Scarcity Anarchism (1971). Le texte, “L’anarchisme après la pénurie” a été publié dans un recueil sous le titre Pour une société écologiquechez Christian Bourgeois en 1976 (traduit par Helen Arnold et Daniel Blanchard). Cet ouvrage est épuisé.

[3] Ibid., P. 27.

[4] Ibid., P. 50.

[5] Arvon, Henri, L'anarchisme au XX e siècle, PUF, Paris, 1979, p. 22.

[6] Ibid., P. 50-51.

[7] FORBE, Raúl, y GÓMEZ, Alfredo, “Apuntes para una anarquización de la anarquía. Presentados a partir de un ejemplo de Sartre”, en Cuadernos de Ruedo Ibérico, fascículo extraordinario: CNT: ser o no ser. La crisis de 1976-1979, París-Barcelona, 1979, p. 239.

[8] Sur la conception sartrienne de la subjectivité et la notion d’“universel singulier”, se reporter à notre étude “Praxis, subjetivación y sentido”, en: Ciencia Política, n° 2 (julio-diciembre 2006), Departamento de Ciencia Política, Facultad de Derecho, Ciencias Políticas y Sociales de la Universidad Nacional de Colombia, p. 10-24.Voir aussi notre livre: Sartre, de la nausée à l'engagement, Editions Le Félin, Paris, 2005

[9] Kropotkine, Piotr, Obras, Editorial Anagrama, Barcelona, 1977, p. 40-41. Dans ce texte, Kropotkine suggère, cependant, une forme de réponse au problème de la reproduction des rapports de domination au sein de la commune, en évoquant la nécessité d'une fédération de nombreuses communes, entre lesquelles les personnes pourraient circuler librement.
[
10] Bookchin, Murray, op cit., P. 51.

[11] Malatesta, Errico, "Les Anarchistes et le sentiment moral" (1904), in Articles Politiques, UGE, collection 10-18, Paris, 1979, p. 46.

[12] Ibid., P. 47.

[13] Ibid.

[14] Ibid., P. 49.

[15] Ibid., P. 48-49.

[16] Aristote, Ethique à Nicomaque.

[17] Marx, Karl, Manuscrits de 1844, Éditions sociales, Paris, 1972.

[18] Heidegger, Martin, El Ser y el Tiempo (Être et Temps), Fondo de Cultura Económica, Mexico, 1980, § 27, 35, 36, 37 et 38.

[19] Sartre, Jean-Paul, L'Être et le Néant, Gallimard, Paris, 1947.

[20] Marcuse, Herbert, L'Homme unidimensionnel. Essais sur l'idéologie de la société industrielle avancée, éditions de Minuit, Paris, 1968, p. 37. Première édition en anglais: One-Dimensional Man. Studies in the Ideology of Advanced Industrial Society, 1964.

[21] Marcuse, Herbert, Ibid., P. 7, 41, 48.

 

 

Notes du traducteur

[*] Qui donna lieu à un film de Jean-Louis Comoli en 1976, disponible en DVD chez Doriane Films. Il existe également un ouvrage “La Cécilia, Histoire d'une communauté cnarchique et de son fondateur Giovanni Rossi”, Isabelle Felici, éditions ACL.

[**] Marx utilise indifféremment deux termes, Entfremdung et Entaüsserung, pour définir l’aliénation. Le premier terme se rapporte plutôt à l’idée de rendre étranger, le second exprime plutôt la dépossession.

[***] Eloignement ou plutôt estangement (en anglais) que certains, depuis Jean Hyppolite, traduisent par le néologisme extraénation, devenir autre, étranger à soi. D’autres l’on traduit par l’adverbe substantivé “étrangement”.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 10:53

on a lu sur le site du jura libertaire, on  le publie à la suite de cette petite réflexion. L'attaque contre l'armée et l'attaque contre une école. Ces deux attaques pour nous c'est des attaques de type  fasciste.  On est quelques uns au laboratoire anarchiste toujours refusant  de tomber dans l'omerta qui a saisi les milieux anarchiste après la série des attaques des propagandistes appliquant la propagande par le fait,après le massacre des la communard en 1871. Certaines  et certains anarchistes dans ces années  de la fin du dix neuvième étaient obligé-e-s de réfléchir.Face à la peur et la continuation du capitalisme industriel qui n'avait peu de barrière face à eux. Le regroupement des ouvriers était pourchassé par les gendarmes, il était interdit de se réunir pour discuter de la fantastique histoire de la commune de Paris. Dans la banlieue de la ville de Romans. les gendarmes espionnaient les déjeuners sur l'herbe des ouvrières et des ouvriers sur ordre du préfet de la Drome. La présence d'un patron d'industrie de Romans  qui visitait Blanqui en prison. Cette  anecdote n'est pas consigné dans les rapports des gendarmes. Beaucoup de livres de témoignagesdes propagandistes  par les faits ont été publié. Parfois même  financé par la région Rhône Alpes. Ces publications restent toujours des livres de Bibliothéque, ils restent à faire un effort énorme pour casser cette Omerta maintenu par les divers courants anarchiste avec pignon sur rue. Sans replacer les lois scélérates dans le contexte  de la bataille d'idées entre le courant qui vont se définir libertaire par peur du mot anarchiste Cette bataille  a amputé les idées anarchistes. la propagande par les bombes a eu une place dans les  années 1970 porté par d'autres courants révolutionaires à l'inverse des anarchistes labelisés FA.

Théorème de la Hoggra

Scénariser, mettre en scène — pour mieux faire comprendre. Et à la recherche historique et au combat politique, adjoindre l’arme de la littérature. Le Théorème de la Hoggra, dernier ouvrage du sociologue Mathieu Rigouste, relève de cette double ambition : il s’agit d’incarner ce que démontrait L’Ennemi Intérieur. De lui donner vie.

« Alors il faut bien se raconter quelques histoires avant de crever. »

Des histoires, il en est question au cours de ces presque 240 pages. Elles cheminent, en d’incessants va-et-vient, le long des fissures qui parcourent le fond de la Méditerranée : de l’Europe à l’Afrique, de la France à l’Algérie, de la métropole au département, du moins celui d’avant 1962. Des fissures sans fin, sans fond, dans lesquelles l’auteur n’hésite pas à trimballer sa lampe de spéléo, histoire de mettre à jour la nature intrinsèque de tout bon État démocratique qui se respecte. Une nature qui pourrait se réduire à une seule obsession : le contrôle de sa population, et notamment de sa frange la plus pauvre. Et dans ce registre-là, qui mieux que l’armée pour mener la danse ? Qui mieux que l’armée française lors des fameuses opérations de pacification menées en Algérie de 1954 à 1962 ?

De la doctrine de la guerre révolutionnaire, Mathieu Rigouste a tout dit dans son bouquinL’Ennemi Intérieur [Éditions La Découverte]. Dans Le Théorème de la Hoggra [Éditions BBoyKonsian, collection Béton arméE. À commander notamment ICI.], son dernier ouvrage, il s’agit cette fois de rendre le propos plus fluide, plus accessible, mais aussi de l’incarner à travers le parcours et la destinée de plusieurs personnages, avec comme épicentre géographique, La Mandoline, une cité de Gennevilliers. Il y a Houria, la vieille Algérienne née à Constantine en 1934. Fille d’un mineur militant indépendantiste, sa conscience politique sera définitivement aiguisée lors des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en 1945. Après avoir été torturée par l’armée française, le FLN l’enverra en France en 1957 «  pour se reconstruire et disparaître ». Il y a Nordin, qui a eu comme pouponnière le bidonville de Nanterre. « Le nom de son père figurait dans la liste des portés disparus du 17 octobre 1961. Cette nuit-là, il venait d’avoir trois ans, il a commencé à saisir de quel côté de la France il était né. » Travailleur à la chaîne, Nordin participera aux agitations ouvrières des années 1970, dealera de la came avant de renouer avec le combat politique dans les années 1980. À la Brasserie des blés, on croisera le commissaire Maurice Carnot, bourré comme une huître mais beaucoup plus disert que le susdit mollusque. Carnot a fait la bataille d’Alger, «  vitrine de l’excellence française dans le domaine de la contre révolution ». En octobre 1961, le flic a balancé quelques fellouzes dans la Seine. « Certains collègues avaient pris l’habitude de leur faire bouffer une ou deux cigarettes, pour être sûr de les crever. J’ai jamais apprécié ces méthodes mais c’était la guerre », confiera le poulet éthylique. Quelques pages plus loin, on fera la connaissance de sa fille, Mélanie. L’indocile purge une peine de perpette à la maison d’arrêt pour femmes de Fleury. « Ceux qui m’ont enfermée disent que je suis la fille de Maurice Carnot et de Liliane Schmitt, mais dans la réalité je suis ce qui ne fonctionne pas. » Pute à son compte, Mélanie s’est fait serrer par les condés avant que ces derniers ne la violent lors de sa garde à vue. Fleur bleue, elle a choisi le jour de la Saint Valentin pour rendre à ses amants assermentés la mitraille de leur pièce, « trois jolies cartouches de fusil de chasse, qu’ils doivent conserver entre les poumons et la gorge ».

De violence il est éminemment question dans ce bouquin puisque de coloniale, la guerre s’est fait sociale. Et donc totale. Le spectre de Rigouste balaie les cinquante dernières années durant lesquelles va fermenter un dispositif sécuritaire qui confine à la paranoïa. D’Alger à Tarnac, en passant par Dakar et Villiers-le-Bel, l’auteur dessine les contours de plus en plus nets d’une mécanique militaro-policière toujours en recherche du dernier ajustement. Aux manettes de cette machine de mort, quelques concepteurs à la botte des 1 % planétaires. Politiques, industriels ou bien hauts-gradés, toujours cyniques, Rigouste les caricature ébauchant et griffonnant le portrait-robot de cet ennemi intérieur tant fantasmé. Tel ce boss du GIGN qui, hésitant entre ultragauche et islamistes, fait ce constat alarmant : «  Les derniers rapports de la SDAT confirment la mise en place de plusieurs réseaux d’autodéfense à travers le pays. C’est pas les révolutionnaires qui embarquent la racaille, comme on croyait. C’est toute la vermine, bougnoules et subversifs confondus qui parle de prendre les armes ! »

Outil éminemment politique, Le Théorème de la Hoggra ne saurait se laisser réduire à un exercice de pur didactisme. Se faisant passeur d’histoires, Rigouste a taillé son verbe pour le béton et le verre de ces zones grises où l’hystérie médiatico-sécuritaire joue à plein. Il n’en fallait pas moins pour donner chair à ces hommes et femmes de peu, à ces silhouettes toujours mouvantes car en dérapage constant sur des lignes de fuites. Fuite devant la norme, fuite devant la génuflexion, fuite au travers les mailles d’un filet qui se tend en fonction des convulsions capitalistes du moment. Des rouages d’une machinerie en rodage permanent naîtront des accès de jubilation. La vengeance est un carburant qui ne connaît pas la crise. La matière est là pour nourrir le polar forcément insurrectionnel : « Le spectacle assimile les rois et les bouffons. Il enivre et rend les pères Ubu assez stupides pour laisser traîner la lame que le peuple leur plongera dans la couenne. »

Rigouste fait ainsi un pari, et mise tout sur des épaules soudain lasses de tenir les murs. De clinique, sa phraséologie devient incantatoire. Peut-être de quoi en rebuter certains. Quant aux autres, celles et ceux pour qui résignation rime avec suicide quotidien, la brèche est là qui fait béance. C’est le grand soir des calendes grecques qui précipite soudain son agenda. Sous nos yeux, l’écrivain se fait stratège et scénarise le retournement. Comme si les vieilles cendres n’avaient jamais été froides, et les brasiers prêts à repartir. Finalement il n’aura fallu qu’un souffle. Celui du vent qui se lève. Ou celui d’un larsen prêt à irriguer les fièvres.

« Au départ des courts-circuits, au croisement des contraires,
Au carrefour des massacres, au point d’impact des colères,
À contre-courant envers et contre toutes les muselières,
À la périphérie des genres, au cœur des poudrières. »
(L’Angle Mort – Zone Libre vs Casey & Hamé)

Sébastien Navarro – Article 11, 22 mars 2012.

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 10:05

on passe ce petit commentaire à regret.  Déclarer  si la propagande du:" je ne fais pas de politique" qui baigne la ville de Valence, les squateuses et les squateurs qui risquent l'expulsion à la suite du jugement du 28 Mars. La gente des travailleurs sociaux préformatée par des personnes aigries qui font circuler le même message: " on ne fait pas de politique". Qu'elle voie royale ouverte aux idées de l'extrême droite radicale que ce discours qui prône la soumission d'une façon masquée.Dormez bien bourgeois , nantis de toutes espèce, la révolte est bien étouffée par la pacification sociale  .....

Lu sur CQFD : "A Toulouse, squatteurs et travailleurs sociaux se sont acoquinés pour faire vivre des lieux hors-normes où les sans-logis peuvent trouver un toit. Entre substitut aux carences institutionnelles et expérience autogérée, cette alliance erroriste casse les briques. Reportage.

Au menu, il y a, mazette !, salade périgourdine, garbure au confit de canard – « la sauce avec le vinaigre et les cornichons est excellente ! », tripe le photographe de CQFD –, gâteau au chocolat et îles flottantes. Un vrai gueuleton de dimanche midi que nous partageons dans la cour, à l’abri – il flotte un peu –, à côté des minots qui tapent un baby-foot.

Nous sommes, en ce premier week-end de mars, au squat du Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion (Crea), allée des Demoiselles à Toulouse, dans le cadre des « tribulations de la presse indépendante » organisées par et autour de nos camarades de l’excellent [1] bimestriel Article 11. C’est rassasiés, et après un semi-roupillon devant Les Sentiers de l’utopie [2], que nous écoutons les squatteurs du Crea et les travailleurs sociaux du Groupement pour la défense du travail social (GPS) nous détailler leur épopée commune. Car ici, depuis un an, tout ce petit monde se démène afin que les personnes à la rue aient un toit à se mettre sur la tête. Une alchimie surprenante et ô combien réjouissante, dans des sphères où, d’ordinaire, les positions théoriques annihilent toute action commune.

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 09:22

texte publié pour une discution

Libération totale ou éco-activisme ?

ecoactivistC’est la question qui se posera (sans doutes en des termes différents, sans doutes pas nécessairement de cette manière mais se posera quand même) dans les diverses luttes concernant la nature et la terre en particulier et dans toutes les conflictualités ouvertes concernant la lutte contre l’écocide capitaliste et pour la destruction de cette société autoritaire pourrie.

En refusant de se donner des perspectives clairement révolutionnaires, l’éco-activisme "autonome" suit depuis quelques mois en france le même chemin boueux que toutes les formes d’activisme sans queues ni têtes qui courent après les rassemblements et les réunions sans idée précise du (ou des) problème(s), en s’embourbant dans ses propres contradictions, en produisant une rhétorique arrogante toujours plus absconse, et en finissant au final par ressembler toujours plus à un éco-citoyennisme radical (avec son lot d’illusions fantasques), ou à un supplément d’âme gauchiste (pour tout les gens qui ont par exemple découvert le problème du nucléaire avec Fukushima, et qui n’en avaient même jamais parlé avant, ou autrement que superficiellement). Ou encore, comme ça a pu être dit ailleurs, en s’assimilant à un mouvement des "indignés du nucléaire" ou d’on ne sait quoi d’autre.

Ouvrir une perspective radicale sur cette question nécessite au moins un constat : Dans le pays le plus nucléarisé au monde comme ailleurs, mais peut être avec plus de propagande et de répression encore, l’essentiel de "l’écologie politique" appliquée a été recyclée de force, à coup de lobbying sponsorisé, d’intégration politicienne, de coups de matraques, d’O.N.G forcément pacifiées et de propagande publicitaire hypnotisante - quoi que comique quand on voit Total se vendre comme un ami de la nature ou E.D.F comme une "entreprise humaine, éthique et responsable".

On sait au moins quelque chose désormais, on leur doit beaucoup plus que la lumière.

Une chose est sure aussi : pour ce qui est du nucléaire comme des autres nuisances mortellement dangeureuses ou allant simplement de pair avec le capitalisme et son industrie : il ne s’agit pas d’une question de "catastrophes imminentes". La "catastrophe" est déjà arrivée milles fois et ne fait que se répéter inlassablement, et le scandale réside plutôt dans le fait qu’on continue à la voir comme "naturelle" et donc inéluctable, malheureuse parce qu’imprévisible. Ne serait-ce que parce que même les tsunamis ou les éruptions volcaniques par exemple, peuvent avoir des causes humaines (au moins dans leurs conséquences) et sont rarement imprévisibles pour peu qu’on observe les évolutions géologiques au quotidien sur quelques années. De plus, et ce n’est pas un secret, ces "phénomènes" peuvent être (au moins en partie) dus aux changements spectaculaires de températures dans l’air ou dans la mer de ces dernières décennies (qui ne peuvent pas être raisonnablement expliqués sans les conséquences de la pollution humaine, de la disparition programmée de la couche d’ozone par effet de serre et des espèces vivantes par la pêche, le braconnage et autres empoisonnements), et conséquemment de fontes de glaces et autres phénomènes polluants qui se juxtaposent et rentrent en réaction avec les mouvements de plaques tectoniques et autres phénomènes dit "naturels". De même que les "accidents" et déchets nucléaires et autres essais transforment des pans entiers de la nature en déserts arides ou en poubelles toxiques, de même les forages de gazs de schistes empoisonnent l’alimentation humaine en polluant les terres ou en les rendant simplement stériles. De même les montagnes percées de part en part et les reliefs saccagés pour y construire d’improbables tunnels ou "axes nivelés", les champs bétonnés pour y construire toujours plus de parkings aussi inutiles que les immenses autoroutes toujours bouchées et les aéroports pour bourgeois volants et vacanciers à crédit qui saturent l’air de kérosène brûlé, etc...

Mais qu’on l’accepte ou pas, qu’on trouve la "perspective philosophiquement intéressante" ou pas (là n’est pas la question), le capitalisme nous conduit dans l’impasse à tout les niveaux, et détruit à peu près tout ce qui nous entoure de beau ou même d’utile. Non seulement il ruine ce qu’il est convenu d’appeler "les ressources naturelles" (comme si la terre n’était qu’une réserve où on peut puiser), mais empoisonne et détruit à petit feu toutes les matières premières, les espèces et les espaces vivants.

Le nucléaire pour l’exemple, comme la société qui le produit (car ce n’est pas cette société qui est un produit du nucléaire, mais bien l’inverse - quand bien même le nucléaire serait devenu un mode d’administration particulier et qu’il a redéfinit nos rapports humains en profondeurs), n’est pas seulement une "manière de gérer de la vie" dont nous devrions nous extraire volontairement ou un ensemble de dispositifs à détruire par une somme de bonnes actions "méta-activistes", ou juste une "guerre" (une guerre juste ?) qu’il faudrait gagner politiquement ou militairement : ils s’inscrivent dans une séquence historique qui dans sa configuration actuelle, si elle ne prend pas fin et n’est donc pas rompue, finira de nous détruire (ce qu’elle fait déjà) ou de nous priver des potentialités même de son dépassement (ce qui revient au même). Car on ne se lassera pas de le répéter : la destruction de la nature est l’hypothèque du capitalisme sur tout projet de société future.

C’est à dire que la problématique est bien plus profonde que la simple nature du rapport entre une société bourgeoise et autoritaire d’une part et son dépassement d’autre part, mais du lien intime qui pourrait bien un jour mener l’hypothèse de leur dialectique dans le néant. Voilà un cruel dilemme :

Sans le monde en héritage, pas de révolution. Sans révolution pas de monde en héritage.

Et le relever n’a rien de catastrophiste : c’est une simple observation empirique.

Si on jette un caillou en l’air, il finit par retomber par terre à moins que sa course soit interrompue... ou que les lois de la gravité soient subitement abolies.

A partir de là, soit on prétend que ça ne nous intéresse pas (mais encore faut il pouvoir le prouver) et "qu’on s’en fout". Au quel cas chacun-e peut rentrer dans sa poubelle avec le sourire et en se disant en bref que "jusqu’ici, pour moi, tout va bien". Soit s’organise en connaissance de cause.

Pour tempérer ce constat, bien sur, et à raison, on entend souvent dire que la perspective réformiste pourra très bien sauver le système actuel en rendant le capitalisme plus "vert" (ou plus "social"). Mais plus qu’une impasse, ce "capitalisme vert" (ou à "visage humain") est une illusion nécessaire de l’actuel "gestion de crise" qui permet au capitalisme de s’administrer mieux que jamais. En effet, c’est encore un tour de passe-passe que le système se donne pour temporiser ses restructurations, et ce qui y sera sauvé ne sera ni l’humanité ni la nature qui l’entoure mais bien cette économie et ses divers modes d’administration justement.

Bien sur, c’est à celà qu’il faut s’attaquer : mais est-ce suffisant ? Du reste, peut on parler après Fukushima d’écologie comme d’une abstraction, et peut on faire des analyses critiques en passant à coté du problème à moins de rester à bord de son "aéronef théorique", en faisant des "pas de coté" pour éviter les astres qu’on croise comme on les survolerait. De ce point de vue là, plusieurs questions se posent.

Peut on se payer le luxe de ne pas voir en quoi il s’agit encore et plus que jamais de la dépossession totale de nos vies ?

Peut on vraiment passer à coté du fait que le saccage, l’empoisonnement et la domination de la nature sont le résultat indubitable d’une société divisée en classe, et d’une société patriarcale... en bref d’une société d’exploitation.

Peut on désormais parler sérieusement d’écologie radicale autrement qu’en termes de guerre sociale, et réciproquement ?

Bien qu’on puisse en douter, il y aura peut être dans un futur proche un capitalisme sans le nucléaire et ses catastrophes ou sans le pétrole (ou n’importe quel autre hydrocarbure et ses évidentes guerres d’intérêts) parce que ces aspects de la destruction de la nature et de la vie sont si évidemment "barbares" (au sens où ils "blessent le sens commun") et si spectaculaires qu’ils ne pourront faire "long feu" à moins d’imposer leur prolongement de la même manière qu’ils se sont établis : c’est à dire par la terreur. Ce qui reste en tout état de cause l’hypothèse la plus probable : le nucléaire pour l’exemple étant ce qui se fait de mieux en terme de gestion capitaliste de "l’énergie". Mais peut on imaginer en revanche un capitalisme sans autant de voitures, sans ses milliers de camions de 38 tonnes, sans ses 80 000 vols d’avions par jour, sans ses T.G.V transnationaux inabordables ou sans innombrables trains de marchandises, ou même sans exploitation animale industrielle : en bref sans une certaine rationalité technologique ?

Et c’est là que le bât blesse : le capitalisme ne peut précisément pas exister sans ses flux toujours plus astronomiques de marchandises et de capitaux, ou sans sa rationalité. L’industrie de l’automobile comme l’industrie capitaliste en général nécessitent la torture suprême que représente le travail à la chaine (paroxysme de l’abomination salariale) et des produits qui sont nécessairement toxiques ou se traduisent par des nuisances humaines ne serait-ce que par leur existence, leur bruit, leur omnipotence, leur idéologie de la vitesse (et ses cadences toujours infernales). Cette rationalité nécessite ses métros bondés, ou ses autoroutes (ou camions, ou métros, ou bus) pour "déporter" chaque jour les exploité-e-s (au moins par la contrainte économique) à des dizaines (et parfois centaines) de kilomètres de là où ils ont grandit ou même du lieu où ils vivent (pour y retourner chaque soir) pour un travail. Des transports qui même électriques ont dans l’immédiat besoin de l’électricité nucléaire ou d’une "énergie" non-renouvelable ou limitée (et donc forcément polluante ou basée sur l’économie de la famine et la production artificielle de la pénurie) pour fonctionner... etc.

Conséquemment le principe de la rationalité technologique du capitalisme est d’être irrationnelle : elle est une course infinie à la production, à la "croissance" dans un monde où les "ressources" sont finies, et qui lui n’est ni en croissance, ni en expansion mais en dégradation et en réduction à mesure que cette (ir)rationalité le dévore, empêche sa régénération et nous laisse devant une terrain de plus en plus impraticable.

Surtout, l’opposition à une fantasmatique "modernité" (chez les fascistes comme chez les primitivistes) ou l’idéalisation religieuse de la "Nature" (non seulement comme ensemble vivant et cohérent mais aussi comme entité supérieure et séparée ou comme mythe "Gaïa") signent l’apparition "d’anticapitalismes" romantiques (et par conséquent autoritaires) qui s’inventent pour demain toutes sortes de solutions "métaphysiques" ou scientistes pour empêcher le désastre de la veille en voulant se téléporter dans le passé (comme la plupart des fascistes ou des réactionnaires) ou en prétendant lire l’avenir (comme les plus messianiques des gauchistes). En outre, chez les adeptes de Gaïa comme chez les éco-gauchistes et les éco-fascistes, la critique du patriarcat est toujours absente, ou se traduit par la mise en avant d’un matriarcat idéalisé et signe toujours la fausse division "Nature/Culture" en termes d’hommes et de femmes, de "Maman la Terre" et "Papa l’histoire", bref en des termes essentialistes et qui procèdent d’un symbolisme folklorique, souvent viriliste, et presque toujours sectaire, incantatoire et au final éminemment patriarcal.

Mais même du point de vue de la technique : ce n’est ni un retour en arrière, ni un "bon en avant" qui nous sortiront de ce désastre permanent que constitue le capitalisme, l’Etat et leurs logiques, mais bien une rupture radicale avec l’ordre existant et toutes ses logiques. Même si celà implique de rompre avec une certaine technologie qui n’a rien de libératoire. Même si ça implique de critiquer l’éternel positivisme des "progressistes" qui associent toujours par leur pensée mécaniste "progrès technique" et "progrès humain". Rupture qui ne peut pas être vue que comme une somme d’actions directes volontaristes ou seulement comme une "suite logique" et "mécanique" de faits quantifiables mais comme une alchimie des luttes radicales, un inconnu que nos perspectives doivent ouvrir en se radicalisant, en se multipliant, en se juxtaposant, et peut être même en se coordonnant et en considérant les problèmes de classe, de sexes, ou celui de l’écocide comme autant de résultats d’une même logique à briser : une "psychologie sociale appliquée" qui ferme une "topie" sans en imposer une autre (Landaeuer). En d’autres termes, la perspective d’une révolution sociale d’un genre qui ne pourra ressembler à rien de ce que le monde a connu jusqu’alors précisément parce que tout les autres élans ou projets ont échouées, faillis ou pêchées par tant d’écueils, de souffrances et de reproduction de schémas d’oppressions ou de dominations qu’on ne peut plus tirer ses références et sa poésie d’un tel passé sans en faire un examen critique complet.

Le refuge dans les vieilles idéologies de pouvoir et toutes les fuites en avant ne font que signer un aveu d’impuissance à expliquer le monde.

C’est pourquoi il faut le rendre intelligible : pour s’en libérer.

Et aussi parce que toutes les dominations (quel qu’elles soient) se maintiennent de par leur inter-activité, et l’opacité de leurs mécanismes. En définitive, il faut s’arracher de l’impression laissée par cette obscurité orchestrée qu’il s’agirait d’une oeuvre "divine", d’une "symphonie programmée", d’une "conspiration" ou plus simplement, et plus tragiquement aussi du fatal ordre naturel des choses.

Il s’agit simplement du monde tel qu’il va. Il s’agit donc, par conséquent, de le détruire à la racine.

Et d’abord en rappelant par exemple que :

Célébrer la vie, ce n’est pas forcer les femmes à enfanter ou diaboliser les suicidés. C’est laisser la vie suivre son cour sur l’hypothèse libératrice contre la survie, et accepter tranquillement l’idée qu’on ne "sauvera" pas "la planète" ni l’humanité de ses contradictions tant que le patriarcat et l’oppression des femmes n’auront pas été liquidés. C’est aussi comprendre que c’est la société telle qu’elle existe à l’heure actuelle qui rend la mort séduisante et nécessite ces dominations, et que la question de "l’écologie" ne se pose pas en dehors d’une critique plus générale, et n’existe pas en dehors de son histoire.

Libérer les animaux ou même la Terre de l’exploitation, ce n’est pas imposer une diète végane à l’humanité par la force, "revenir à la cueillette" ou éliminer physiquement quelques capitalistes d’abattoirs ou de laboratoires, c’est encore moins célébrer le "mythe de Gaïa" en remplacement du Veau d’Or ou des autres superstitions en espérant que les exploité-e-s s’y emmitouflent : c’est rendre impraticable l’exploitation animale et la destruction de la nature partout où elles s’exercent en s’y attaquant directement et massivement et développer la critique de toutes les dominations, de toutes les oppressions et une culture sensible de vie sans autorité, de libération et de défense viscérale de la terre et des animaux qui ne peut que conduire à agir en conséquence.

Inlassablement, il faudrait répéter que l’on est "vraiment libre que lorsque tous les êtres [...] qui [nous] entourent [...] sont également libres" (Bakounine), et que "tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des guerres" (Tolstoï).

Enfin, si nous disons que nous voulons voir la terre redevenir "verte et bleue", c’est précisément parce que nous croyons que sa destruction est évitable, que la possibilité d’une rupture radicale avec l’ordre existant est plus que d’actualité, et que nous ne misons ni sur la catastrophe, ni sur sa "menace", mais bien sur l’hypothèse libératrice.

Il faudrait dire enfin que si cette critique parait aujourd’hui dérisoire, "à coté de la plaque" ou excessive, c’est parce que demain, la fausseté convaincue des alternatives existantes révèlera à nouveau son visage de mort, ses prétentions gerbées et son impasse calfeutrée. Car il faudra bien redonner tout son sens et une richesse nouvelle au vieux cri révolutionnaire "Terre et Liberté".

La libération sera totale ou ne sera pas !

Quelques anarchistes verts de rage

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