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  • : Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 00:05

lu  , après la manifestation  de lyon place du pont du 25 janvier..new du SRI

Le 21 novembre, le tribunal d’application des peines (TAP) de Paris avait émis un avis positif de principe sur sa demande de libération de georges Ibrahim Abdallah avec ajournement de la décision au 14 janvier, en l’attente d’un arrêté d’expulsion. Finalement, la décision de libération avait été reportée à ce 28 janvier, du fait que le ministère de l’intérieur n’avait pas signé l’arrêté d’expulsion, préalable nécessaire à la sortie de prison de Georges Ibrahim Abdallah. Ce vendredi, l’audience de ce lundi 28 a été reportée en raison d’un nouvel appel du parquet. Ce dernier conteste l’ajournement du 14 janvier dernier. En attendant que cet appel soit examiné dans un délai légal de deux mois, le tribunal d’application des peines ne pourra donc pas trancher lundi comme prévu.


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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 00:55
Paris, le 6 janvier 2013



Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les
Député(e)s, Sénatrices et Sénateurs de la majorité,



« Vous n’ignorez rien du drame
qui se joue actuellement à Lille : sur les 166 Sans-papiers
grévistes de la faim officiellement recensés, 40 d’entre eux,
estimant que les réponses timides de la Préfecture et le silence du
Ministère sont loin d’être à la hauteur de leur engagement, ont
décidé de continuer leur combat, désormais au péril de graves
séquelles, voire de leur vie.
Pour une partie d’entre vous, vous
avez soutenu il y a peu de temps encore le principe d’une
régularisation globale de tous les Sans-papiers. En tous cas, toutes
et tous vous avez été élu(e)s pour le changement profond voulu par
vos électeurs. C’est pourquoi, face aux tergiversations de
l’exécutif, nous venons auprès de vous, représentants de la
nation, convaincus que c’est bien en vous que se situe le cœur
battant du pouvoir du peuple.
Nous vous demandons de faire en toute
urgence tout ce qui est en votre pouvoir pour apporter au traitement
de la situation des grévistes de la faim de Lille la réponse que le
devoir d’assistance à personne en danger commande et que le droit
autorise : donner une bonne fin à leur combat en convainquant
la Préfecture de Lille, le gouvernement et les élus locaux, la
Maire de Lille en premier lieu, que c’est la solution raisonnable
et juste que d’accorder leur régularisation à toutes ces
personnes, sans oublier le retour des deux grévistes de la faim
expulsés vers l’Algérie la semaine dernière. 


        Nous vous informons que nous viendrons
manifester ce vendredi 11 janvier devant l’Assemblée nationale
pour manifester notre solidarité avec tous les Sans-papiers, et en
particulier les grévistes de la faim de Lille, dont nous espérons
bien qu’à cette date ils auront enfin obtenu gain de cause et
auront tous été régularisés, et à plus forte raison, qu’il n’y
aura pas eu de victime à déplorer ! Mais il y a urgence !

        Nous souhaitons qu’à l’issue de
cette manifestation, une délégation soit reçue par des
représentants de chacun de vos groupes à l’Assemblée nationale,
afin de leur exposer en quoi la circulaire du 28 novembre n’est pas
du tout armée pour lutter contre le maintien des Sans-papiers dans
la clandestinité et favorise plutôt l’intérêt du Medef à
conserver ses avantages du travail « au noir ». Elle
laisse en effet de côté la majorité des Sans-papiers qui vivent en
France, travaillent et paient leurs impôts alors que les employeurs
ne leur délivrent jamais de promesse d’embauche ni de fiches de
paie ! Tous souhaitent sortir de cette situation et vivre
dignement, au grand jour, enfin régularisés.

        Nous voulons aussi vous rencontrer en
vue de la préparation de la grande Loi sur l’accueil et le séjour
des étrangers à laquelle vous allez consacrer une partie de votre
travail parlementaire en 2013, et dont nous souhaitons qu’elle
efface la si peu courageuse et si restrictive circulaire Valls, en
visant enfin le changement de « cap » pour lequel vous
avez été élus. Nous pensons que notre expérience et notre
expertise  peuvent vous être utiles pour élaborer des propositions
concrètes et raisonnables de régularisation pour tous ceux qui par
leur présence en France apportent leur contribution à son
développement. »



Le porte parole CSP75, MRTSP, CISPM
Anzoumane Sissoko (06 26 77 04 02)
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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 10:01

lu sur mondialisme.org

Comme tou­­jours, quand un cycle révolu­­tion­­naire atteint ses limi­­tes, c’est sur ces limi­­tes que prospère le cycle sui­­vant, qu’il s’agisse d’un cycle contre-révolu­­tion­­naire comme celui des années 1920-1930 succédant aux révolu­­tions russes et alle­­man­­des ou qu’il s’agisse d’un cycle de res­truc­­tu­­ra­­tion comme celui qui succède aux années 1960-1970. Dans les deux cas il procède par retour­­ne­­ment de ces limi­­tes à son profit.

La cri­­ti­­que et le mou­­ve­­ment de refus du tra­­vail ont ainsi été retournés au profit du capi­­tal. L’absentéisme et le turn over sont deve­­nus flexi­­bi­­lité et précarité. Les OS ont été en partie rem­­placés par des robots et les gran­­des for­­te­­res­­ses ouvrières ont été démantelées. La res­truc­­tu­­ra­­tion s’est faite à partir d’une orga­­ni­­sa­­tion en réseau qui mêle quel­­ques cen­­tres pro­­duc­­tifs « dégraissés » (reen­­ge­­ring). On est passé d’un tissu indus­­triel usi­­nier à l’entre­­prise-réseau.

La société du tra­­vail est arrivée à sa fin… et il n’y a pas à le regret­­ter, mais le rap­­port social capi­­ta­­liste n’a pas dit son der­­nier mot. Il essaie de com­­pen­­ser toute la masse de tra­­vail vivant devenu inu­­tile en trans­­for­­mant toute acti­­vité, y com­­pris celles qui res­­taient à sa marge, en emplois utiles (dévelop­­pe­­ment du tra­­vail « domes­­ti­­que » rétribué, de la garde d’enfants, du sec­­teur social, etc.). Il ne faut donc pas confon­­dre ines­­sen­­tia­­li­­sa­­tion de la force de tra­­vail et fin du tra­­vail.

La société capi­­ta­­lisée com­­bine ten­­dance à la valo­­ri­­sa­­tion sans le tra­­vail et main­­tien du tra­­vail comme dis­­ci­­pline, élément de domi­­na­­tion plus que d’exploi­­ta­­tion.

Qu’est-ce que le travail ?

Le tra­­vail est une acti­­vité séparée des autres acti­­vités humai­­nes. Elle n’est plus l’acti­­vité vitale qui exprime un cer­­tain rap­­port au monde en s’y incluant, mais un rap­­port à une nature deve­­nue extérieure. Cette acti­­vité tra­­vail mêle donc le double caractère d’être ten­­dance à la domi­­na­­tion sur cette nature et en même temps d’être l’expres­­sion d’une domi­­na­­tion des hommes sur d’autres hommes. Ce cadre est bien antérieur à l’exploi­­ta­­tion capi­­ta­­liste. La domi­­na­­tion, c’est ce qui est commun à toutes les for­­ma­­tions socia­­les y com­­pris celle du capi­­tal. Mais cette domi­­na­­tion prend la forme par­­ti­­culière de l’exploi­­ta­­tion de la force de tra­­vail libre dans le système capi­­ta­­liste et tout par­­ti­­culièrement dans la phase de domi­­na­­tion for­­melle du capi­­tal (de la première révolu­­tion indus­­trielle à 1914) et dans la première phase de la domi­­na­­tion réelle1 (années 1920/30). Ce n’est que dans ce cadre que le tra­­vail est placé au cœur des rap­­ports sociaux et que l’on a affaire à un « mode de pro­­duc­­tion », alors que dans les systèmes pré-capi­­ta­­lis­­tes, même si la majo­­rité de la popu­­la­­tion tra­­vaille, que le capi­­tal s’accu­­mule de façon pri­­mi­­tive et que la valeur se déploie, le tra­­vail se trouve encore inclus dans un ensem­­ble plus large de rap­­ports définis par des liens de dépen­­dance per­­son­­nels. Comme le disait Marx : les rap­­ports entre les hommes sont médiés par les choses, alors que le capi­­ta­­lisme se définit par des rap­­ports entre les choses médiés par des hommes. Il s’ensuit que la dis­­pa­­ri­­tion de la figure du bour­­geois ou même du capi­­ta­­liste moderne ne conduit pas auto­­ma­­ti­­que­­ment à la dis­­pa­­ri­­tion du tra­­vail comme l’ont montré a contra­­rio les exem­­ples de la révolu­­tion russe et de la guerre civile espa­­gnole d’un côté et l’avènement de la « société capi­­ta­­lisée » de l’autre.

Il ne s’agit donc pas de « libérer » le tra­­vail de son carcan capi­­ta­­liste, ce qui revien­­drait à ne cri­­ti­­quer le tra­­vail que sous sa forme de tra­­vail salarié et donc à faire du concept de tra­­vail (le « tra­­vail en général »), l’expres­­sion unique de son métabo­­lisme avec la nature2.

L’acti­­vité ne se cache pas non plus sous le tra­­vail dans la mesure où l’acti­­vité est aujourd’hui présente par­­tout en tant qu’acti­­vité en crise et acti­­vité de crise. Dans cette crise, les rap­­ports entre tra­­vail et acti­­vité se ren­­ver­­sent sans cesse : toute acti­­vité semble être trans­­formée en tra­­vail car rien ne doit échap­­per à la société capi­­ta­­lisée, mais le tra­­vail reste une oppor­­tu­­nité pour l’acti­­vité (per­­ru­­que, savoir-faire, inno­­va­­tions, inven­­tions, rela­­tions socia­­les) malgré le caractère d’aliénation propre au rap­­port social capi­­ta­­liste.

Si la crise de repro­­duc­­tion des rap­­ports sociaux est deve­­nue à ce point pro­­fonde, c’est que c’est le capi­­tal lui-même qui est aujourd’hui à la pointe de la remise en cause de la cen­­tra­­lité du tra­­vail. Sa pra­­ti­­que ne passe pas par une abo­­li­­tion cons­­ciente et totale du tra­­vail, mais par des trans­­for­­ma­­tions concrètes du procès de pro­­duc­­tion qui pro­­dui­­sent une ten­­dance à l’ines­­sen­­tia­­li­­sa­­tion de la force de tra­­vail, une ten­­dance à la valeur sans le tra­­vail par sub­s­ti­­tu­­tion du tra­­vail mort (capi­­tal fixe) au tra­­vail vivant (capi­­tal varia­­ble). Le tra­­vail n’étant plus au centre du procès de valo­­ri­­sa­­tion, il ne peut plus être cen­­tral au sein de la société capi­­ta­­lisée et ses reven­­di­­ca­­tions s’en trou­­vent délégitimées. Mais il la struc­­ture encore à tra­­vers les catégories du sala­­riat et ses valeurs telle la « valeur-tra­­vail » comme disent les diri­­geants poli­­ti­­ques qui confon­­dent le tra­­vail comme valeur idéolo­­gi­­que avec le tra­­vail comme pro­­duc­­teur de valeur matérielle. Comme dans toutes les périodes tran­­si­­toi­­res, gros­­ses de bou­­le­­ver­­se­­ments, l’ancien côtoie le nou­­veau.

Pour nous, le tra­­vail est pro­­duit his­­to­­ri­­que­­ment par la prédomi­­nance de la pro­­duc­­tion matérielle qu’impose, pour repren­­dre une for­­mule d’Adorno, un rap­­port de domi­­na­­tion à la nature extérieure et non pas un simple échange de sub­s­tance avec la nature. Cette acti­­vité prin­­ci­­pale centrée sur une prédomi­­nance de la pro­­duc­­tion matérielle induit la sépara­­tion d’avec les autres acti­­vités et la pos­­si­­bi­­lité de l’accu­­mu­­la­­tion d’un sur­­pro­­duit au-delà des besoins col­­lec­­tifs de la com­­mu­­nauté d’ori­­gine. C’est sur cette base que pro­­gres­­si­­ve­­ment l’acti­­vité tra­­vail va deve­­nir écono­­mie de la société et que les théories sur la valeur-tra­­vail et le tra­­vail pro­­duc­­tif s’élabo­­re­­ront au sein de ce que Marx a appelé la « domi­­na­­tion for­­melle du capi­­tal ». Dans cette phase, on peut dire que le tra­­vail vivant est vérita­­ble­­ment au centre des rap­­ports sociaux, même si évidem­­ment, il ne trouve son emploi que dans l’exis­­tence et la média­­tion de l’autre pôle du rap­­port social, à savoir la part du capi­­tal cons­­titué par le tra­­vail mort. Mais avec le pas­­sage à la « domi­­na­­tion réelle du capi­­tal » (dès 1933 aux États-Unis et à partir de 1945 en Europe, puis plei­­ne­­ment à partir de la fin des années 1960-70), le procès de valo­­ri­­sa­­tion tend à s’auto­­no­­mi­­ser du procès de tra­­vail. C’est sur cette base que la cri­­ti­­que du tra­­vail va pren­­dre une telle impor­­tance avec par exem­­ple les thèses situa­­tion­­nis­­tes et celles de la revue Socialisme ou Barbarie au niveau théorique, le mai 1968 français et le mou­­ve­­ment ita­­lien de refus du tra­­vail dans les gran­­des usines du nord de 1969 à 1973. Mais la théorie cri­­ti­­que n’étant jamais sus­­pen­­due en l’air, ce thème de la cri­­ti­­que du tra­­vail en général — et non pas sim­­ple­­ment du tra­­vail salarié — présup­­pose que le tra­­vail concret, le tra­­vail vivant, n’est plus la source essen­­tielle de valo­­ri­­sa­­tion.

Toutefois, cette angle d’atta­­que qu’a cons­­titué la cri­­ti­­que du tra­­vail ne doit pas faire oublier que ce qui est fon­­da­­men­­tal, en der­­nier res­­sort, c’est la cri­­ti­­que du capi­­tal en tant que tota­­lité, d’autant que la res­truc­­tu­­ra­­tion qui s’opère dans les entre­­pri­­ses à ce moment là comme le phénomène parallèle de glo­­ba­­li­­sa­­tion/mon­­dia­­li­­sa­­tion, mar­­quent une avancée dans un pro­­ces­­sus de tota­­li­­sa­­tion que nous per­­ce­­vions mal à l’époque.

Travail et pratiques anti-travail

Aujourd’hui, la pra­­ti­­que anti-tra­­vail est l’expres­­sion d’une sub­­jec­­ti­­vité par­­ti­­culière qui, en tant que telle, n’a pas plus d’effet sur les rap­­ports sociaux qu’une pra­­ti­­que condui­­sant, malgré tout, à essayer de bien faire son tra­­vail, au moins dans les périodes qui n’offrent pas de pos­­si­­bi­­lité de passer à autre chose. Cette contra­­dic­­tion est présente dès le début du mou­­ve­­ment révolu­­tion­­naire comme on peut le voir dans l’oppo­­si­­tion entre anar­­chis­­tes indi­­vi­­dua­­lis­­tes et anar­­cho-syn­­di­­ca­­lis­­tes. Mais la posi­­tion anti-tra­­vail d’indi­­vi­­dus comme Darien ou Libertad reste mino­­ri­­taire car elle s’affirme à contre cou­­rant his­­to­­ri­­que du pro­­ces­­sus qui trans­­forme les prolétaires des « clas­­ses dan­­ge­­reu­­ses » en ouvriers. Cette cri­­ti­­que est donc énoncée de l’extérieur du rap­­port social capi­­ta­­liste tel qu’il est en train de s’affir­­mer à l’époque sur la base du rap­­port de dépen­­dance entre capi­­tal et tra­­vail. C’est ce qui en fera la radi­­ca­­lité tout en en limi­­tant la portée pra­­ti­­que. C’est cette même extériorité qui caractérise la cri­­ti­­que anti-tra­­vail que mène l’Internationale Situationniste dans les années 1960. Critique externe parce qu’elle ne surgit direc­­te­­ment ni de la théorie com­­mu­­niste, ni des pra­­ti­­ques de lutte de clas­­ses de l’époque. Elle les anti­­cipe par une ana­­lyse plus large des contra­­dic­­tions du capi­­tal et de rap­­ports sociaux en train d’être révolu­­tionnés par l’uti­­li­­sa­­tion des techno-scien­­ces, de la com­­mu­­ni­­ca­­tion etc.

Si cette cri­­ti­­que rede­­vient pos­­si­­ble et audi­­ble après plus d’un demi-siècle d’idéologie marxiste forcenée du tra­­vail, ce n’est pas prin­­ci­­pa­­le­­ment du fait qu’elle trouve un écho dans une petite frange de la jeu­­nesse ouvrière ou étudiante de l’époque, mais parce que le rap­­port social capi­­ta­­liste a com­­mencé sa propre cri­­ti­­que du tra­­vail. La cri­­ti­­que sub­­jec­­tive trouve ici ses condi­­tions objec­­ti­­ves. On voit donc resur­­gir, parallèlement, même si c’est un peu plus tar­­di­­ve­­ment, Lafargue et son Droit à la paresse et l’utopie d’une auto­­ma­­tion totale, rendue pos­­si­­ble par un haut degré d’accu­­mu­­la­­tion, prémisse d’une fin du tra­­vail en tant qu’acti­­vité aliénée. La posi­­tion de l’IS à cet égard n’est pas différente de celle des autres cou­­rants marxis­­tes de l’époque : le progrès tech­­ni­­que est glo­­rifié parce que nous sommes tou­­jours dans la croyance en la libération ou la désaliénation par le Progrès. L’idéologie de l’auto­­ma­­tion de l’IS est fondée là-dessus3.

Dans les grou­­pes infor­­mels aux­­quels je par­­ti­­cipe à l’époque4, la cri­­ti­­que anti-tra­­vail est rat­­tachée aux pra­­ti­­ques prolétarien­­nes (absentéisme et sabo­­ta­­ges, grèves dures sans reven­­di­­ca­­tions par­­ti­­culières qui sont cou­­ran­­tes dans la première moitié des années 1970). De plus, cette cri­­ti­­que est reliée, au niveau théorique, à l’idée d’auto-négation du prolétariat. C’est la ten­­ta­­tive la plus avancée, à l’époque, pour essayer de résoudre, au moins au niveau théorique, la fameuse contra­­dic­­tion dans laquelle Debord et l’IS sont tombés, à savoir d’un côté porter la cri­­ti­­que du tra­­vail à son plus haut niveau (« Ne tra­­vaillez jamais ») et de l’autre faire l’apo­­lo­­gie des conseils ouvriers.

Comprendre la pro­­duc­­tion du capi­­tal comme rap­­port social contra­­dic­­toire impli­­que de refu­­ser une démarche du type ou/ou (tra­­vail ou paresse par exem­­ple) car le tra­­vail étant une com­­po­­sante du rap­­port social capi­­ta­­liste, affir­­ma­­tion et négation coexis­­tent dans le même indi­­vidu prolétaire.

Le refus du tra­­vail ne peut donc être une ligne de démar­­ca­­tion car ce n’est ni une posi­­tion (c’est l’expres­­sion d’une sub­­jec­­ti­­vité), ni une reven­­di­­ca­­tion, ni une action précise (comme l’abo­­li­­tion du tra­­vail dans la révolu­­tion). C’est un mou­­ve­­ment de révolte his­­to­­ri­­que­­ment situé, une forme concrète de lutte de clas­­ses, mais conjonc­­tu­­relle. C’est la radi­­ca­­li­­sa­­tion de ce mou­­ve­­ment qui seule aurait pu créer les condi­­tions révolu­­tion­­nai­­res et l’auto-négation du prolétariat vers la com­­mu­­nauté humaine (une « révolu­­tion à titre humain5 »). En son absence, le mou­­ve­­ment va refluer rapi­­de­­ment parce que ce n’est pas une posi­­tion col­­lec­­tive tena­­ble.

Le refus du tra­­vail n’est pas un élément de la cons­­cience de classe, car celle-ci com­­prend l’affir­­ma­­tion du tra­­vail comme puis­­sance poten­­tielle de la classe pro­­duc­­tive, capa­­cité à trans­­for­­mer le monde. Le refus du tra­­vail en tant que négation est rup­­ture avec ce pro­­ces­­sus d’affir­­ma­­tion et ne se développe que dans les moments de crise de la repro­­duc­­tion des rap­­ports sociaux. C’est pour cela que la contro­­verse de l’époque entre J. Zerzan (le refus du tra­­vail comme désir radi­­cal) et Ch. Reeves (le refus du tra­­vail comme expres­­sion d’un rap­­port de force favo­­ra­­ble) reste vaine si on ne saisit l’oppo­­si­­tion qu’au niveau théorique, alors qu’elle expri­­mait un point de bas­­cu­­le­­ment de l’Histoire : vers l’abo­­li­­tion du capi­­tal et du tra­­vail par les prolétaires ou vers la fin de la cen­­tra­­lité du tra­­vail pour le capi­­tal6.

Nous savons aujourd’hui qui a gagné, au moins pro­­vi­­soi­­re­­ment, mais comme à toute chose mal­­heur est bon, il y a au moins un avan­­tage à la situa­­tion actuelle, c’est que le tra­­vail ne peut plus s’y affir­­mer, ni en tant que porté par une classe ni en tant qu’essence ou mesure de la valeur. L’ancienne contra­­dic­­tion, interne au prolétariat, entre affir­­ma­­tion et négation devient cadu­­que. L’affir­­ma­­tion du tra­­vail qui cons­­ti­­tuait en partie la classe ouvrière s’est dis­­soute dans la désin­­dus­­tria­­li­­sa­­tion, les luttes pour la retraite, la résigna­­tion au tra­­vail-revenu cons­­ti­­tu­­tive de l’indi­­vidu-salarié indifférencié. Il n’y a plus de place pour une vision mes­­sia­­niste du prolétariat comme classe à qui il aurait été attribué la double tache d’une indus­­tria­­li­­sa­­tion pro­­gres­­siste en col­­la­­bo­­ra­­tion avec la bour­­geoi­­sie et d’une révolu­­tion prolétarienne anta­­go­­ni­­que au capi­­tal.

Il n’y a donc plus d’iden­­ti­­fi­­ca­­tion abso­­lue à un tra­­vail qui aurait une posi­­ti­­vité en soi, mais prise de dis­­tance et c’est ce qui est poten­­tiel­­le­­ment sub­­ver­­sif. Cette mise à dis­­tance qui dépasse la ques­­tion du tra­­vail (salarié ou non) et qui fait que l’indi­­vidu ne se confond jamais avec l’objet de son acti­­vité est jus­­te­­ment ce qui définit l’humain et fait sa spécifi­­cité, mais elle n’apparaît pas en continu. Cette propriété de l’humain est aussi ce qui permet de com­­pren­­dre le mystère de la par­­ti­­ci­­pa­­tion au tra­­vail. Le tra­­vail n’est pas que domi­­na­­tion et exploi­­ta­­tion ; s’il est bien défini par le fait d’être une acti­­vité aux ordres, il est aussi expérimen­­ta­­tion, savoir-faire et par­­fois même pas­­sion de l’acti­­vité. Bien sûr, plus on s’éloigne du tra­­vail de type arti­­sa­­nal et pour tout dire des formes concrètes du tra­­vail, plus cet aspect devient secondaire ou dis­­paraît, même s’il per­­dure dans la cons­­cience ouvrière d’une œuvre col­­lec­­tive.

Du point de vue de la clarté du lan­­gage il vau­­drait mieux faire la dis­­tinc­­tion entre la valeur-tra­­vail (ou exac­­te­­ment la théorie de la valeur-tra­­vail) et l’idéologie du tra­­vail comme valeur, sinon on occulte l’aspect écono­­mi­­que et objec­­tif de la chose et on ne peut com­­pren­­dre que l’une ne va pas sans l’autre, qu’il ne s’agit pas d’un masque. Obnubilé par la représen­­ta­­tion (le fétichisme) et le résultat sur le marché (la mar­­chan­­dise), cer­­tains centrés sur la forme-valeur et le tra­­vail abs­­trait qui en serait le contenu, oublient que le point de départ, c’est l’acti­­vité de trans­­for­­ma­­tion de la nature extérieure à tra­­vers la pro­­duc­­tion matérielle, mais pas seu­­le­­ment des condi­­tions moder­­nes d’exis­­tence, au sein de rap­­ports sociaux déterminés qui ne font l’objet que d’une contes­­ta­­tion idéolo­­gi­­que. Sinon on ne com­­pren­­drait pas pour­­quoi le tra­­vailleur libre du capi­­ta­­lisme conti­­nue­­rait à tra­­vailler si le tra­­vail n’est que tri­­pa­­lium. Le salaire ne représente en effet qu’une dimen­­sion de l’affaire et quand les tra­­vailleurs de Continental, Arcilor-Mittal et d’ailleurs, avan­­cent que pour­­tant ils sont encore pro­­duc­­tifs et utiles, ce n’est pas essen­­tiel­­le­­ment parce qu’ils espèrent convain­­cre leurs patrons ou l’État, mais parce qu’ils croient encore en la théorie de la valeur-tra­­vail (ce sont eux qui pro­­dui­­raient tou­­jours et dans les mêmes pro­­por­­tions, la richesse sociale) et au tra­­vail comme valeur par rap­­port à la spécula­­tion, à l’abo­­mi­­na­­ble finance etc. Ils n’ont pas saisi la racine du procès d’ines­­sen­­tia­­li­­sa­­tion de la force de tra­­vail. Néanmoins, ils ne peu­­vent plus affir­­mer le tra­­vail et c’est pour cela qu’ils hésitent moins à employer des méthodes de lutte en rap­­port avec leur déses­­poir. Un déses­­poir de tra­­vailleurs qui se définis­­sent encore prin­­ci­­pa­­le­­ment par leur tra­­vail alors qu’ils sont amenés à ne plus tra­­vailler ou pour cer­­tains, à occu­­per un emploi qui ne leur apparaît plus comme un tra­­vail, mais comme une simple acti­­vité de survie ou un job7.

Poser un au-delà du tra­­vail qui s’appuie seu­­le­­ment sur la force de la négation c’est repar­­tir sur les mêmes bases que dans la période précédente. C’est encore buter sur la ques­­tion de l’acti­­vité, des rap­­ports sociaux, toutes choses qui ne se posent pas uni­­que­­ment en terme de négation comme le montre le dévelop­­pe­­ment actuel de pra­­ti­­ques alter­­na­­ti­­ves les­­quel­­les ne se rédui­­sent pas à du pur réfor­­misme.

On ne peut sauver la place cen­­trale des pro­­duc­­teurs dans le pro­­gramme prolétarien en appe­­lant à une unité entre pro­­duc­­teurs et consom­­ma­­teurs. Cela cor­­res­­pond peut être à un pro­­gramme révolu­­tion­­naire qui a ins­­crit à son fron­­ton théorique : « abo­­li­­tion de toutes les sépara­­tions », mais qu’est-ce que cela peut bien vou­­loir dire si on est d’accord pour reconnaître jus­­te­­ment que le capi­­tal a, en ten­­dance, sup­­primé les pro­­duc­­teurs et uni­­fier son pro­­ces­­sus ? Là encore on ne peut pas pla­­quer les recet­­tes du pro­­gramme prolétarien sur une situa­­tion qui n’est plus celle de la lutte des clas­­ses entre tra­­vail et capi­­tal. C’est la thèse de l’auto-négation du prolétariat qui est cadu­­que. Cette thèse, fon­­da­­men­­ta­­le­­ment a-clas­­siste et donc impos­­si­­ble à tenir à partir d’un dis­­cours clas­­siste, le devient encore plus à partir du moment où le capi­­tal a englobé l’anta­­go­­nisme entre les clas­­ses, à partir du moment où c’est lui qui cher­­che à nier la dépen­­dance récipro­­que entre les deux pôles du rap­­port social, bref, à s’auto-présup­­po­­ser comme le montre aujourd’hui le rôle du capi­­tal fictif8 comme auto-présup­­po­­si­­tion du profit (A-A’ tend à se réaliser sans passer par A-M-A’).

Il y a problème dès qu’on pro­­jette un pro­­gramme sans tenir compte des chan­­ge­­ments et donc des condi­­tions dont il faut partir. On retrouve ce problème quand cer­­tains posent la ques­­tion de l’appro­­pria­­tion de la richesse pro­­duite. La société capi­­ta­­lisée ne se caractérise plus par ce que Marx appe­­lait une gigan­­tes­­que accu­­mu­­la­­tion de mar­­chan­­di­­ses. Aujourd’hui ce qui s’accu­­mule, ce sont de plus en plus des choses non appro­­pria­­bles qui posent la ques­­tion de leur usage. C’est parce que nous ne sommes plus dans le cadre de la prédomi­­nance de la pro­­duc­­tion matérielle et le schéma de la dia­­lec­­ti­­que des clas­­ses, que « l’expro­­pria­­tion des expro­­pria­­teurs » et le « Rien n’est à eux tout est à nous » ne sont que des slo­­gans pour révolu­­tion­­nai­­res pro­­fes­­sion­­nels et non pas des outils d’inter­­ven­­tion poli­­ti­­que. Ainsi, la réacti­­va­­tion du mot d’ordre de « prise sur le tas », n’a littérale­­ment aucun sens en dehors de celui d’une ponc­­tuelle action de pillage dans une révolte spon­­tanée. Ce n’est qu’action et non pas praxis.

Sur cette base on ne peut que retom­­ber sur une des ques­­tions parmi les plus obs­­cu­­res de la théorie de Marx : celle des besoins et in fine celle de l’utilité sociale. Je ne dévelop­­pe­­rai pas ici ce que pour­­rait être une dia­­lec­­ti­­que besoins/désirs, mais le débat est ouvert avec les immen­­ses ques­­tions qu’il porte aussi bien quant aux rap­­ports avec la nature extérieure qu’avec la nature intérieure. D’ailleurs, beau­­coup de choses qui n’étaient utiles que par rap­­port à la logi­­que du capi­­tal dis­­paraîtront contrai­­re­­ment à ce sem­­blent penser le cou­­rant « com­­mu­­ni­­sa­­teur ». La ques­­tion se pose pour l’acti­­vité humaine sous toutes ses formes. 

La crise du travail

La crise du tra­­vail est double :

– elle est crise de la loi de la valeur, c’est-à-dire cadu­­cité de la mesure de la valeur par le temps de tra­­vail, quand le tra­­vail vivant devient ines­­sen­­tiel dans le pro­­ces­­sus d’ensem­­ble de la création de valeur. C’est un mou­­ve­­ment que Marx avait déjà lar­­ge­­ment anti­­cipé dans les Grundrisse et par­­ti­­culièrement dans son « Fragment sur les machi­­nes  ». Toutefois, cette anti­­ci­­pa­­tion entrant en contra­­dic­­tion avec tout son dévelop­­pe­­ment sur le « néces­­saire » accrois­­se­­ment de ce même tra­­vail pro­­duc­­tif au sein du capi­­tal et sur son poten­­tiel objec­­ti­­ve­­ment révolu­­tion­­naire, Marx enterra cette vision et en revînt à la théorie ricar­­dienne de la valeur-tra­­vail.

– elle est crise du tra­­vail comme valeur. Elle s’expri­­mait dans les années 1967-1973 par des luttes et pra­­ti­­ques de refus du tra­­vail, dans un cycle de luttes révolu­­tion­­nai­­res concer­­nant l’ensem­­ble des pays occi­­den­­taux. Mais depuis le retour­­ne­­ment de ce cycle dans la crise qui s’amorce au milieu des années 1970, ce sont les res­truc­­tu­­ra­­tions indus­­triel­­les et leurs conséquen­­ces sur les rap­­ports sociaux qui pro­­dui­­sent une vérita­­ble cri­­ti­­que pra­­ti­­que du tra­­vail. Elle s’accom­­pa­­gne d’un mou­­ve­­ment contra­­dic­­toire : en ten­­dance le tra­­vail n’est plus au centre de la société capi­­ta­­lisée, mais sous la forme de l’emploi, il reste ce qui définit les sta­­tuts et les droits des indi­­vi­­dus. Cette contra­­dic­­tion est bien rendue par plu­­sieurs phénomènes tels que : l’ambiguïté du slogan d’Agir contre le chômage (AC) : « Le tra­­vail est un droit, le revenu est un dû ». La décla­­ra­­tion de Jospin contre l’assis­­ta­­nat pen­­dant la lutte des chômeurs de 1998 en France, la vogue de l’idéologie blai­­riste au sein de la social-démocra­­tie européenne, les décla­­ra­­tions de Sarkozy et Royal pen­­dant les présiden­­tiel­­les de 2007 visant à remet­­tre le tra­­vail comme valeur au centre de la société expri­­ment une ten­­dance forte à main­­te­­nir le tra­­vail comme idéologie et valeur en l’absence de toute résolu­­tion pra­­ti­­que de la ques­­tion. Simulation de situa­­tions de tra­­vail, trai­­te­­ment social du chômage, retour au tra­­vail forcé par la sup­­pres­­sion ou la dégres­­si­­vité de diver­­ses allo­­ca­­tions sont les moyens employés pour réaliser ce tour de force du main­­tien d’une société du tra­­vail sans tra­­vailleurs comme H. Arendt le signa­­lait déjà.

Dans ce contexte qui est à la fois déréali­­sa­­tion du tra­­vail vivant concret dans des emplois où triom­­phent acti­­vités vir­­tuel­­les et idéologie du tra­­vail afin de jus­­ti­­fier une repro­­duc­­tion en l’état des rap­­ports sociaux, il devient dif­­fi­­cile de conti­­nuer à parler en termes de rap­­ports de force pour signi­­fier que per­­dure la lutte des clas­­ses. En effet il y a des rap­­ports de force qui révèlent un anta­­go­­nisme his­­to­­ri­­que­­ment irréduc­­ti­­ble entre les clas­­ses et des rap­­ports de force autour des­­quels se tis­­sent des modes de régula­­tion, se pas­­sent des com­­pro­­mis his­­to­­ri­­ques. Déjà à l’époque des Trente glo­­rieu­­ses, la crois­­sance et le progrès social qui lui était associé, repo­­sait bien sur l’exploi­­ta­­tion forcenée des ouvriers spécialisés peu qua­­lifiés (OS d’ori­­gine pay­­sanne ou immigrée), mais aussi sur un accès généralisé à la consom­­ma­­tion. Le mode de régula­­tion for­­diste consis­­tait en un échange de haus­­ses de pro­­duc­­ti­­vité contre des haus­­ses du pou­­voir d’achat dans le cadre du par­­tage de la valeur ajoutée, échange ponctué de négocia­­tions et même de conflits contrôlés par les syn­­di­­cats pour des ajus­­te­­ments néces­­sai­­res au moment des renou­­vel­­le­­ments de conven­­tions col­­lec­­ti­­ves ou pour l’échelle mobile des salai­­res. Ce com­­pro­­mis d’ordre global n’a pas empêché que se dévelop­­pent de gran­­des luttes d’OS dans tous les pays indus­­tria­­lisés occi­­den­­taux.

Ces rap­­ports de force por­­teurs d’anta­­go­­nis­­mes fon­­da­­men­­taux ou le plus sou­­vent de com­­pro­­mis méritaient encore le voca­­ble « rap­­ports de force » car ces forces étaient concentrées et peu ou prou agis­­san­­tes, mais les précaires d’aujourd’hui ne sont pas les OS d’hier et les luttes d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui. Le contexte général est plus favo­­ra­­ble aux entre­­pri­­ses, mais c’est sur­­tout le caractère anta­­go­­ni­­que qui a du mal à s’expri­­mer à partir du moment où jus­­te­­ment la crise du tra­­vail et l’ines­­sen­­tia­­li­­sa­­tion de la force de tra­­vail met­­tent à mal l’ancien anta­­go­­nisme des clas­­ses et la lutte des clas­­ses elle-même. « L’épreuve de force » n’est plus envi­­sagée que de manière loca­­liste, désespérée, par exem­­ple au niveau d’une usine menacée de fer­­me­­ture. C’est une résis­­tance qui peut être forte comme chez Continental et d’autant plus forte qu’elle ne s’illu­­sionne pas sur les pos­­si­­bi­­lités de sauver l’emploi. En effet, la lutte se concen­­tre sur le fait de mon­­nayer la valeur d’une force de tra­­vail deve­­nue inem­­ploya­­ble. Mais c’est une résis­­tance isolée.

Cette crise du tra­­vail est reportée en pre­­mier lieu sur une partie de la force de tra­­vail, celle qui est rendue surnuméraire de façon abso­­lue soit par la déqua­­li­­fi­­ca­­tion et la dévalo­­ri­­sa­­tion par le progrès tech­­ni­­que des ancien­­nes qua­­li­­fi­­ca­­tions définies par le col­­lec­­tif de tra­­vail (la com­­mu­­nauté des clas­­ses dans le tra­­vail qui liait tra­­vail vivant et capi­­tal tech­­ni­­que) au profit de nou­­vel­­les compétences déterminées par le seul patro­­nat ou l’État et attribuées à titre indi­­vi­­duel, alors qu’une autre partie, jugée essen­­tielle — mais pour com­­bien de temps ? — parce que mieux formée et plus poly­­va­­lente est peu ou prou assi­­milée à du capi­­tal en tant que « res­­source humaine ». En second lieu, elle est reportée aussi sur le capi­­tal global dont le représen­­tant au niveau natio­­nal est l’État, chargé de redis­­tri­­buer les riches­­ses. C’est 1a façon qu’à l’État, de répondre à la reven­­di­­ca­­tion de « par­­tage de riches­­ses » et d’arbi­­trer entre différentes solu­­tions qui toutes doi­­vent tenir compte du fait que le revenu se détache de plus en plus du tra­­vail réel effectué. Dans cette mesure, le « salaire mini­­mum » n’est plus depuis long­­temps, le prix de la repro­­duc­­tion de la force de tra­­vail. Seillères, l’ex patron du MEDEF, le déclare sans fio­­ri­­ture : « Les employeurs paient les salai­­res que le marché impose ; si 1a société estime que ce n’est pas assez pour vivre, qu’elle complète ! ». La « prime pour l’emploi » va dans ce sens car elle s’oppose à la fois au crédit d’impôt de la droite liber­­ta­­rienne appliqué aux États-Unis et à la reven­­di­­ca­­tion d’un revenu mini­­mum uni­­ver­­sel reven­­diqué par les gau­­ches alter­­na­­ti­­ves. Elle n’est donc pas une ten­­ta­­tive de mobi­­li­­sa­­tion pro­­duc­­tive (de sur­­va­­leur) des chômeurs ten­­dant à dis­­sou­­dre le précariat dans le work­­fare. L’échec du RSA va dans le même sens : s’il joue son rôle d’assis­­tance avec l’aug­­men­­ta­­tion du nombre d’allo­­ca­­tai­­res, il ne joue pas son rôle d’inci­­ta­­tion au tra­­vail parce que 60% des per­­son­­nes qui pour­­raient le faire jouer en complément d’un tra­­vail précaire n’effec­­tuent pas les for­­ma­­lités pour en bénéficier.

Crise du travail et précariat

La notion fourre-tout de « précaire » prend une dimen­­sion de plus en plus idéolo­­gi­­que, comme on peut le voir avec l’idée d’une cen­­tra­­lité du précariat9. Cela se mani­­feste de deux façons :

– premièrement, les chif­­fres sta­­tis­­ti­­ques des flux de main d’œuvre (entrants et sor­­tants) sont privilégiés par rap­­port à ceux des stocks (fixes-garan­­tis)), pour­­tant ces der­­niers sont net­­te­­ment plus nom­­breux en valeur abso­­lue. Sous prétexte que les flux seraient aujourd’hui majo­­ri­­tai­­re­­ment précarisés, il en décou­­le­­rait que ce mou­­ve­­ment est irréduc­­ti­­ble et donc qu’à terme, c’est toute la force de tra­­vail qui se retrou­­ve­­rait dans cette situa­­tion, indi­­quant par là une nou­­velle régula­­tion des rap­­ports de tra­­vail et une nou­­velle uni­­fi­­ca­­tion des sta­­tuts par le bas. Cela conduit aussi à assi­­mi­­ler les jeunes, les femmes et les immigrés à une figure majeure de la popu­­la­­tion dont la caractéris­­ti­­que serait d’être précaire. C’est igno­­rer que les jeunes diplômés même s’ils met­­tent aujourd’hui plus de temps à trou­­ver un tra­­vail stable et cor­­res­­pon­­dant à leur niveau d’études qu’hier, ne peu­­vent être confon­­dus avec les 20% de jeunes qui sor­­tent sans aucun diplôme ou qua­­li­­fi­­ca­­tion du système sco­­laire ; c’est oublier aussi que le niveau de diplôme et de qua­­li­­fi­­ca­­tion des femmes aug­­mente de façon conti­­nue ; c’est oublier enfin que pour les immigrés de seconde ou troisième génération la mobi­­lité sociale ascen­­dante n’est pas un vain mot. Il ne faut pas confon­­dre générali­­sa­­tion du précariat et main­­tien de formes de dis­­cri­­mi­­na­­tion à l’embau­­che.

– deuxièmement cela conduit à asso­­cier abso­­lu­­ment flexi­­bi­­lité et précarité comme s’il s’agis­­sait d’une évolu­­tion unilatérale des sta­­tuts alors que les pra­­ti­­ques d’absentéisme et de turn over dans les années 1960-1970 comme le recours des jeunes au tra­­vail intérimaire et plus générale­­ment à l’inter­­mit­­tence du tra­­vail aujourd’hui prou­­vent que ces formes représen­­tent aussi une résis­­tance au tra­­vail salarié. Certains aspects du mou­­ve­­ment des inter­­mit­­tents du spec­­ta­­cle vont dans ce sens, même s’il ne faut pas le mythi­­fier et en faire le modèle de conquête d’une nou­­velle auto­­no­­mie, celle du salarié du cogni­­ta­­riat comme nou­­velle figure du tra­­vail des années 2000. Du côté patro­­nal les choses ne sont pas fixées non plus. La majo­­rité actuelle du patro­­nat français sou­­haite une « refon­­da­­tion » sociale remet­­tant en cause les types actuels de contrats de tra­­vail en vue d’une meilleure flexi­­bi­­lité, mais ce projet pro­­vient de per­­son­­na­­lités qui ne sont pas issus du monde de l’indus­­trie, mais plutôt de la finance ou des assu­­ran­­ces. À l’inverse, les syn­­di­­cats patro­­naux de la métal­­lur­­gie et de l’indus­­trie lourde cher­­chent plutôt à inves­­tir dans la res­­source humaine, alors que de leur côté, les PME/PMI qui sont pour­­tant les plus gros­­ses consom­­ma­­tri­­ces de main d’œuvre précaire, sou­­hai­­te­­raient atti­­rer dura­­ble­­ment des salariés, sans avoir les moyens (condi­­tions de tra­­vail, sta­­tuts et salai­­res) de les fidéliser.

– enfin, troisièmement, à mas­­quer la divi­­sion objec­­tive qui sépare les salariés, mêmes précaires, des chômeurs et par­­ti­­culièrement des chômeurs de longue durée et des laissés pour compte du sala­­riat. Cette ten­­dance trouve son actua­­li­­sa­­tion dans des slo­­gans tels celui des Occupy de New-York : « Nous sommes les 99 % », comme si une classe d’exploités et de dominés s’était recom­­posée suite à la déstruc­­tu­­ra­­tion et à l’ato­­mi­­sa­­tion de l’ancienne classe ouvrière.

Ces sim­­pli­­fi­­ca­­tions s’accom­­pa­­gnent d’une vision tra­­di­­tion­­nelle et datée de l’État comme simple super­­s­truc­­ture dépen­­dant d’une infra­s­truc­­ture écono­­mi­­que qui lui échap­­pe­­rait de plus en plus dans le cadre de la glo­­ba­­li­­sa­­tion/mon­­dia­­li­­sa­­tion. C’est oublier qu’il n’y a pas que le capi­­tal qui se res­truc­­ture, mais aussi un État-nation qui se mue en État-réseau au sein d’un hyper-capi­­ta­­lisme du sommet10. On retrouve ici notre schéma des 3 niveaux exposé dans le no 15 de Temps cri­­ti­­ques et dans le livre Après la révolu­­tion du capi­­tal. La direc­­tion du MEDEF est le représen­­tant du niveau 1 et ne représente pra­­ti­­que­­ment plus les intérêts du capi­­tal indus­­triel en tant que tel sans pour cela représenter les intérêts d’un capi­­tal finan­­cier « déconnecté » de « l’écono­­mie réelle ». II ne défend les intérêts par­­ti­­cu­­liers d’une frac­­tion du patro­­nat que dans la mesure où ils s’ins­­cri­­vent dans les objec­­tifs de la gou­­ver­­nance stratégique fixée au niveau 1. Ces objec­­tifs ten­­dent vers l’uni­­fi­­ca­­tion glo­­bale du capi­­tal au sein d’une stratégie mon­­diale qui n’empêche pas la concur­­rence tout en fai­­sant la part belle aux oli­­go­­po­­les. Tout doit être fluide, de la mon­­naie jusqu’à la force de tra­­vail puis­­que la pro­­duc­­tion par le tra­­vail vivant n’est plus considérée que comme une prémisse du procès d’ensem­­ble. De 1a même façon qu’on par­­lait avant des « faux frais » de la pro­­duc­­tion on ne parle déjà plus de la pro­­duc­­tion par le tra­­vail vivant que comme d’une acti­­vité comme une autre au sein de « la chaîne de création de valeur ».

L’État et la gestion de la reproduction des rapports sociaux

Les objec­­tifs de l’État sont très glo­­baux : repro­­duc­­tion des rap­­ports sociaux et cohésion sociale d’un côté, assu­­rer les meilleu­­res condi­­tions pos­­si­­bles au dévelop­­pe­­ment écono­­mi­­que et à la compétiti­­vité des entre­­pri­­ses de l’autre. C’est ce qui différencie le représen­­tant du capi­­tal global de chaque capi­­tal par­­ti­­cu­­lier, fut-il une firme mul­­ti­­na­­tio­­nale. En effet, l’État doit mener les deux opérations de front alors que pour­­tant cha­­cune exerce une contrainte sur l’autre. Ce n’est pas le cas de chaque capi­­tal par­­ti­­cu­­lier qui essaie, depuis les res­truc­­tu­­ra­­tions de ces vingt dernières années, de s’éman­­ci­­per de la première contrainte, en la ren­­voyant soit sur ses concur­­rents (la recher­­che de la compétiti­­vité-prix) soit sur l’État (soli­­da­­rité natio­­nale et trai­­te­­ment social du chômage).

Dans cette lec­­ture, la « prime pour l’emploi » n’est pas un cadeau fait aux patrons, comme on peut le lire un peu par­­tout dans les jour­­naux d’extrême gauche. Elle peut effec­­ti­­ve­­ment leur pro­­fi­­ter dans le cas où les chômeurs ne seraient plus pris en charge au sein du système assu­­ran­­ciel lié au sala­­riat (coti­­sa­­tions et char­­ges socia­­les contre pres­­ta­­tions), mais par un système de soli­­da­­rité natio­­nale financé par l’impôt. Toutefois, dans ce cas, elle pro­­fi­­te­­rait aussi aux salariés. Dans les deux cas, l’avan­­tage tiré est bien indi­­rect. Ce n’est pas le but de cette opération. Il s’agit d’une stratégie poli­­ti­­que qui prend en compte la cadu­­cité de la loi de la valeur et les sim­­pli­­fi­­ca­­tions abu­­si­­ves qui se cachent derrière les théories de l’exploi­­ta­­tion. Elle cher­­che donc à diver­­si­­fier ses réponses en fonc­­tion de l’écla­­te­­ment des références et des sta­­tuts pro­­duit par la révolu­­tion du capi­­tal :

– d’un côté, en s’adres­­sant majo­­ri­­tai­­re­­ment à ceux qui sont dans le cir­­cuit du tra­­vail, à un degré ou un autre, cette stratégie s’ins­­crit dans le refus de l’État de cau­­tion­­ner un système d’assis­­tance aux pau­­vres supposés oisifs. Il faut récom­­pen­­ser le salarié-pauvre bien méritant en lui mon­­trant que d’abord il a tout intérêt à conti­­nuer à tra­­vailler et qu’ensuite, de toute façon, il n’a pas le choix.

– d’un autre côté, pour­­tant, cette res­truc­­tu­­ra­­tion n’unifie pas davan­­tage une classe de salariés enfin deve­­nue homogène comme dans l’ancienne pers­­pec­­tive de la « moyen­­ni­­sa­­tion », mais elle redis­­tri­­bue les inégalités aussi bien au niveau ver­­ti­­cal et hiérar­­chi­­que de la propriété et du tra­­vail (ce qui prévaut n’est plus forcément l’oppo­­si­­tion propriétaire des moyens de pro­­duc­­tion/non-propriétaires mais plutôt l’oppo­­si­­tion diri­­geants/exécutants11) qu’au niveau hori­­zon­­tal (inclus/exclus du tra­­vail, du loge­­ment, des papiers, des échan­­ges). C’est aussi la manière qu’à la société capi­­ta­­lisée, d’expri­­mer la fin d’une société de clas­­ses dont le modèle d’ori­­gine fondé sur l’oppo­­si­­tion entre deux blocs mono­­li­­thi­­ques fina­­le­­ment ras­­su­­rant quand ces blocs-clas­­ses pra­­ti­­quent la coexis­­tence paci­­fi­­que, laisse place à la peur d’une nou­­velle « ques­­tion sociale ». Il n’est donc pas éton­­nant que le Pouvoir y réponde par l’antienne de remet­­tre le tra­­vail au centre de la société, mais d’un tra­­vail qui ne gar­­de­­rait que sa fonc­­tion de dis­­ci­­pline ou de compétition et non plus sa fonc­­tion pro­­duc­­tive qui devient acces­­soire. Les domi­­nants ont bien cons­­cience que tout cela ne peut ren­­trer dans le cadre strict du sala­­riat. La nou­­velle idéologie du tra­­vail se détache donc chaque jour un peu plus de la réalité du tra­­vail salarié comme elle s’était déjà détachée de la figure du tra­­vail pro­­duc­­tif, pour recou­­vrir tout type de tra­­vail et lais­­ser penser que le tra­­vail peut rede­­ve­­nir « libre » dans l’idéal de « monter sa boîte » et la figure du « gagneur ». Le « tra­­vailler plus pour gagner plus » de Sarkozy en est déjà une ver­­sion diluée par les désillu­­sions des vingt années précédentes (l’ère Tapie).

À l’époque où la valo­­ri­­sa­­tion s’effec­­tuait essen­­tiel­­le­­ment par le tra­­vail vivant, la sur­­va­­leur pro­­duite à l’aide de ce der­­nier était fon­­da­­men­­tale et la dimen­­sion « sociale » du système de sala­­riat n’était qu’induite. Pour toute une frange de surnuméraires poten­­tiels, aujourd’hui c’est la situa­­tion inverse qui prédomine : les « for­­te­­res­­ses ouvrières » sur­­vi­­van­­tes (par exem­­ple dans l’auto­­mo­­bile) finis­­sent à peine de dégrais­­ser que les nou­­veaux sec­­teurs (ban­­ques, assu­­ran­­ces et infor­­ma­­ti­­que) licen­­cient déjà à tout va. Pour repro­­duire les rap­­ports sociaux il faut alors créer des emplois dont, il y a quel­­ques temps encore, il ne serait venu à per­­sonne l’idée de les appe­­ler du tra­­vail.

La dis­­ci­­pline du tra­­vail doit s’impo­­ser quand le tra­­vail vivant n’a plus de valeur mesu­­ra­­ble en temps de tra­­vail (com­­ment déter­­mi­­ner sa part dans la création de valeur ?) ou en valeur intrinsèque (quel est le niveau de salaire équi­­va­­lent à la repro­­duc­­tion de la force de tra­­vail aujourd’hui pour rester dans la problémati­­que marxiste ?), quand les iden­­tités de classe et les iden­­tités pro­­fes­­sion­­nel­­les dis­­pa­­rais­­sent et qu’il ne reste plus que la course aux reve­­nus et la résis­­tance à l’ato­­mi­­sa­­tion sociale.

Cette dis­­ci­­pline passe par de nou­­vel­­les règles, dont le pacte pour un retour à l’emploi (PARE) nous four­­nit un exem­­ple. Mais ces règles doi­­vent rester poli­­ti­­que­­ment com­­pa­­ti­­bles avec l’idée de bien commun, de cohésion sociale et autres bali­­ver­­nes consen­­suel­­les. Il en va du dévelop­­pe­­ment de cette nou­­velle forme de capi­­ta­­lisme qui donne l’impres­­sion de vou­­loir s’éman­­ci­­per de toute contrainte, mais qui en même temps ne le peut pas car elle doit conti­­nuer à se présenter sous l’appa­­rence d’une légiti­­mité supérieure requérant l’adhésion active ou pas­­sive du plus grand nombre à l’idéologie de l’entre­­prise-société protégée par l’exis­­tence, en der­­nier recours, de l’État.

Il y a bien une ten­­ta­­tive de « refon­­da­­tion sociale », mais à l’état de projet, sans rien de défini­­tif. C’est la différence avec l’époque des clas­­ses. Il n’y a plus de projet au sens fort, c’est-à-dire s’accom­­pa­­gnant d’une cer­­taine Weltanschauung (pour la bour­­geoi­­sie) ou d’un sens millénariste (pour le prolétariat). Il ne faut donc pas élabo­­rer des fic­­tions sur un grand ordon­­na­­teur qui tire­­rait les ficel­­les à partir d’un « plan du capi­­tal », ce qui ne veut pas dire non plus qu’il fau­­drait alors se réfugier dans une vision struc­­tu­­ra­­liste fai­­sant la part belle au « capi­­tal-auto­­mate ».

Tout cela doit nous amener à être très modeste quant à la vérité et à la portée heu­­ris­­ti­­que de nos ana­­ly­­ses12.

La ques­­tion de la dis­­ci­­pline du tra­­vail et par le tra­­vail n’est pas, comme je l’ai dit précédem­­ment, une réponse directe aux pra­­ti­­ques anti-tra­­vail. Cette dimen­­sion répres­­sive du tra­­vail n’était cepen­­dant pas absente pen­­dant et immédia­­te­­ment après la période des années 1960-1970. Mais la défaite du der­­nier assaut prolétarien ainsi que le pro­­ces­­sus d’ines­­sen­­tia­­li­­sa­­tion de la force de tra­­vail13 qui s’est ren­­forcé dans la période ultérieure des res­truc­­tu­­ra­­tions, don­­nent un autre sens à la crise actuelle du tra­­vail. Comme le disait Marx, « le mort saisit le vif », avec une ten­­dance à la domi­­na­­tion du tra­­vail mort sur le tra­­vail vivant et un pro­­ces­­sus de sub­s­ti­­tu­­tion capi­­tal/tra­­vail qui n’a pris toute son ampleur que depuis la fin du XXème siècle. Mais que le tra­­vail vivant ne soit plus vrai­­ment au cœur de la pro­­duc­­tion, cela ne signi­­fie pas que le tra­­vail en tant que valeur soit mort. En tout cas, dans le doute beau­­coup veu­­lent le rani­­mer. C’est là qu’on retrouve la dimen­­sion dis­­ci­­pli­­naire dans la variété des posi­­tions tra­­vaillis­­tes, que ce soit celles de Blair et Brown, du PS ou de la CFDT. Aujourd’hui, tout le dis­­cours qui prétend remet­­tre le tra­­vail au centre de la société vise à dis­­ci­­pli­­ner la force de tra­­vail poten­­tiel­­le­­ment sans emploi et celle dont le tra­­vail n’est jus­­te­­ment qu’un emploi, un job. Il vise aussi à une remo­­ra­­li­­sa­­tion des salariés alors que tous les signaux envoyés par la société capi­­ta­­lisée met­­tent en lumière non pas une société du tra­­vail, mais générali­­sa­­tion des pra­­ti­­ques de prédation, de cap­­tage et de rente.

Pour conclure

On est passé d’un mou­­ve­­ment de cri­­ti­­que du tra­­vail a des com­­por­­te­­ments indi­­vi­­duels de refus qui peu­­vent s’expli­­quer par le peu d’intérêt (dans tous les sens du terme) que représente le fait de tra­­vailler ; la dif­­fi­­culté qu’il y a à trou­­ver un tra­­vail quand on ne cor­­res­­pond pas au modèle de l’employa­­bi­­lité. Malgré des posi­­tions plus radi­­ca­­les et plus théorisées telles celles du groupe CARGO en France ou celles des Chômeurs heu­­reux en Allemagne, ce qui prédomine, c’est une cri­­ti­­que pas­­sive ou des actions ponc­­tuel­­les comme celles des comités de chômeurs en France en 1998, comme le montre encore la ten­­dance domi­­nante à désamor­­cer des conflits pos­­si­­bles par plans sociaux suc­­ces­­sifs (aujourd’hui encore en Italie par exem­­ple avec des plans de pré-retrai­­tes négociés avant l’arrivée au pou­­voir du gou­­ver­­ne­­ment d’experts de M. Monti).

La limite des pra­­ti­­ques anti-tra­­vail des années 1960-1970 et les erreurs d’interprétation qui s’en sont sui­­vies, c’est de n’avoir appréhendé le tra­­vail que comme aliénation (la « cri­­ti­­que artiste » dont par­­lent Boltanski et Chiapello) et exploi­­ta­­tion (la cri­­ti­­que ouvrière marxiste) et non pas comme une contra­­dic­­tion de l’acti­­vité humaine (le tra­­vail en général comme contra­­dic­­tion de l’acti­­vité générique14). Nous n’avons donc perçu le déclin de ces pra­­ti­­ques que comme retour­­ne­­ment contre-révolu­­tion­­naire d’un cycle révolu­­tion­­naire qui s’ache­­vait, sans tenir compte du fait que la situa­­tion antérieure ne se repro­­dui­­rait plus. En effet, les cycles analysés par Marx où révolu­­tion et contre-révolu­­tion se succédaient sont aujourd’hui inopérants parce que le rap­­port social capi­­ta­­liste a réussi à englo­­ber ses deux pôles, le capi­­tal et le tra­­vail, en détrui­­sant les sour­­ces ori­­gi­­nel­­les des anta­­go­­nis­­mes de clas­­ses et par­­ti­­culièrement la dépen­­dance récipro­­que entre les deux pôles. La société capi­­ta­­lisée s’auto­­no­­mise de son rap­­port social dans la mesure où son pôle capi­­tal a ten­­dance à s’auto-présup­­po­­ser sans son pôle tra­­vail et cela aussi bien à tra­­vers une anti­­ci­­pa­­tion ex ante du profit15 en fonc­­tion de toute la chaîne de valeur et non plus sim­­ple­­ment de la valeur-tra­­vail ; qu’à tra­­vers sa finan­­cia­­ri­­sa­­tion et l’évanes­­cence de la valeur16.

La cri­­ti­­que du tra­­vail est main­­te­­nant l’œuvre du capi­­tal lui-même. Certes le tra­­vail sub­­siste encore, comme l’entre­­pre­­neur capi­­ta­­liste d’ailleurs, mais à l’état de résidu dont on ne sait quoi faire. Il n’est plus moteur dans la création de la valeur. Il est tra­­vail-fonc­­tion dans un système d’attri­­bu­­tion des reve­­nus. Le stade actuel atteint par la contra­­dic­­tion, c’est que le revenu est de plus en plus socia­­lisé, de moins en moins lié à un tra­­vail concret exercé, mais qu’il doit encore s’ins­­crire dans le sala­­riat sous peine de blo­­cage de sa logi­­que.

 

Jacques Wajnsztejn

 

 

Notes

1 – Sur cette dis­­tinc­­tion, cf. K. Marx : Le sixième cha­­pi­­tre inédit du capi­­tal, éd. Bourgois, coll. « 10/18 ».

2 – C’est toute l’ambiguïté de Marx dans les Manuscrits de 1844 qui représen­­tent à la fois une cri­­ti­­que de l’aliénation dans le tra­­vail et une défini­­tion du tra­­vail comme essence de l’homme en tant qu’acti­­vité générique, au-delà donc de ses formes par­­ti­­culières.

3 – Pour une cri­­ti­­que de cette posi­­tion on peut se référer à J.-P. Mandosio : Dans le chau­­dron du négatif, éd. de l’Encyclopédie des Nuisances, 2003 et D’or et de sable, même éditeur, 2008.

4 – Ils se rat­­ta­­chent de façon cri­­ti­­que aux cou­­rants des gau­­ches com­­mu­­nis­­tes ger­­mano-hol­­lan­­daise ou ita­­lienne, même si cer­­tains indi­­vi­­dus sont plutôt issus de l’anar­­chisme.

5 – Cf. le titre du no 13 de la revue Temps cri­­ti­­ques, 2003.

6 – Le texte de Zerzan : « Un conflit décisif, les orga­­ni­­sa­­tions syn­­di­­ca­­les com­­bat­­tent la révolte contre le tra­­vail » est tra­­duit et repro­­duit dans Échan­­ges de décembre 1975 avec la réponse de Reeves.

7 – Cf. le no 12 de Temps cri­­ti­­ques (hiver 2001) et plus par­­ti­­culièrement mon arti­­cle : « Néo-lud­­disme et résis­­tan­­ces ouvrières », p. 16-26.

8 – Cf. le no 15 de Temps cri­­ti­­ques et Après la révolu­­tion du capi­­tal, éd. L’Harmattan, 2007.

9 – Ce point a été par­­ti­­culièrement développé par le cou­­rant néo-opéraïste autour de Lazzarrato et Negri, dans la revue Futur antérieur. Nous en avons fait une cri­­ti­­que dans « Sur deux méprises à propos des inter­­mit­­tents du spec­­ta­­cle », Temps cri­­ti­­ques, no 14, p. 70-71.

10 – À ce sujet on peut se repor­­ter aux numéros 15 et 16 de Temps cri­­ti­­ques.

11 – Cf. le rôle joué par le dévelop­­pe­­ment des stock-options et des bonus dans ce schéma d’une « désala­­ri­­sa­­tion » par­­tielle par le haut.

12 – Si on prend par exem­­ple l’ana­­lyse de la loi sur les 35 heures, bien malin aujourd’hui qui pour­­rait en lire les effets à moyen terme. Si on regarde ce qui se passe à La Poste, cela a entraîné la création d’un nombre très impor­­tant de CDI, mais avec une aggra­­va­­tion des condi­­tions de tra­­vail pour cer­­tai­­nes catégories (les fac­­teurs et le problème des same­­dis, flexi­­bi­­lité accrue avec semaine de quatre jours ou quatre jours et demi dans les bureaux… mais avec rigi­­dité accrue dans la prise et la fin de poste !). Où est la lisi­­bi­­lité de tout cela ?

13 – II ne s’agit pas de savoir com­­bien il y a de tra­­vailleurs pro­­duc­­tifs, si le nombre baisse ou aug­­mente, en France ou dans le monde, abso­­lu­­ment ou rela­­ti­­ve­­ment, comme il est envi­­sagé dans les dis­­cus­­sions entre marxis­­tes, mais de voir que cette force de tra­­vail devient périphérique dans la pro­­duc­­tion de valeur, ines­­sen­­tielle donc, seule posi­­tion qui peut per­­met­­tre de faire immédia­­te­­ment le lien, au niveau théorique, entre lutte des salariés et luttes des chômeurs.

14 – C’était pour­­tant la voie tracée par Marx dans ses Manuscrits de 1844.

15 – L’exem­­ple le plus sou­­vent cité est celui du taux de retour sur inves­­tis­­se­­ment qui est attendu (autour de 15%) qui contraint les entre­­pri­­ses dont le taux de profit tourne sou­­vent autour de 5%, à faire les efforts néces­­sai­­res pour réduire le différen­­tiel, y com­­pris en licen­­ciant du per­­son­­nel.

16 – Cf. J. Guigou et J. Wajnsztejn, L’évanes­­cence de la valeur, éd. L’Harmattan, 2004.

 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 10:44

 

On publie cette information  car , on est de plus en plus dans un marécage concernant la contestation de l'aéroport de notre dame des landes( les citoyens se révélentà la lumière)
Valérie Trierweiler reçoit des opposants à Notre-Dame-des-Landes
8 décembre 2012 à 19:52
La compagne du président, Valérie Trierweiler, à Lapugnoy le 13 novembre 2012
La compagne du président, Valérie Trierweiler, à Lapugnoy le 13 novembre 2012 (Photo Philippe Huguen. AFP)

La compagne du chef de l’Etat, Valérie Trierweiler, a reçu samedi à Angers, où elle était de passage, trois représentants du collectif de citoyens angevins contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, a indiqué Greenpeace, membre du collectif.

 

Les trois délégués du collectif devaient à l’origine rencontrer le directeur de cabinet de Mme Trierweiler mais «c’est elle qui nous a reçus» dans un salon où elle inaugurait des manifestations culturelles, a expliqué à l’AFP Nicolas Cocuaud, coordinateur du groupe local de Greenpeace à Angers. «On n’a pas fait la demande», a-t-il ajouté.

Valérie Trierweiler, originaire d’Angers, «nous a beaucoup entendus sur nos revendications» contre le projet d’aéroport et «nous lui avons remis une copie de la lettre désormais publique faite par une (femme) médecin présente sur le site à l’intention du préfet de Loire-Atlantique sur l’ensemble des blessures parfois graves, infligées aux militants présents (...) lors des assauts des 23 et 24 novembre 2012», indique Greenpeace dans un communiqué.

«Nous lui avons demandé de remettre cette lettre au Chef de l’Etat et au gouvernement», a poursuivi l’organisation. La compagne de François Hollande ne s’est en revanche pas engagée à la remettre, a indiqué Nicolas Cocuaud.

Dans l’entourage de Valérie Trierweiler, on souligne «qu’il ne s’agit pas d’un geste politique». «Ils ont demandé s’ils pouvaient remettre une lettre, Valérie Trierweiler n'était pas loin, elle les a reçus, c’est tout», ajoute-t-on de même source, en précisant qu’elle devrait remettre la lettre au président de la République.

Le collectif avait auparavant rebaptisé «le Boulevard Ayrault (homonyme de l’actuel Premier Ministre) en «Impasse Notre-Dame-Des-Landes» pour symboliser l’ineptie d’un projet passéiste, inutile, destructeur et coûteux, dont les impacts irréversibles seront supportés par les générations futures».

Au moins 5.000 personnes selon les organisateurs, 2.300 selon les forces de l’ordre, ont défilé samedi après-midi à Nantes pour protester contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, au nord de l’agglomération, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les manifestants se sont rassemblés derrière une banderole de tête portant l’inscription «aéroport = capitalisme, arrêt immédiat», avant de commencer à défiler, vers 15H30, dans les rues du centre-ville, en scandant des slogans comme «non, non, non à l’aéroport», «Vinci dégage, résistance et sabotage», «ni Etat, ni avion, autogestion» ou encore «Ayrault démission».

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 14:55

 

lon a lu sur des nouvelles du front :dndf.org

http://datacide.c8.com/author/datacide/

Voici un article en anglais  paru dans la revue « datacide », dont nous avions déjà publié l’excellent texte sur OSAKA, et qui aborde une question, le fascisme comme possibilité de sortie de crise et sa non prise en considération par les partisans de la communisation.

L’auteur tout en ne se réclamant pas de la communisation souligne :

« Cela fait maintenant plus de cinq ans depuis le début de la crise financière, sans aucun signe de répit dans l’austérité et dans l’insécurité croissante. Ni la vieille gauche des syndicats et des partis ou des mouvements sociaux de protestation et d’action directe les plus récents semblent être à la hauteur d’offrir une voie à suivre.

Dans la recherche de nouveaux plans pour naviguer en temps de crise et les possibilités de la vie au-delà du capitalisme, le concept de «communisation» est devenu une attention croissante pour la discussion. »

Mais c’est une vision pessimiste de sortie de crise qui ressort de ce texte, puisque en fin de l’article, on peut lire que :

« Même une communisation racialisée partielle est envisageable, dans lequel une partie de la communauté établit des relations internes de l’égalité et le partage des ressources, tout en «nettoyage ethnique» des personnes définies comme des étrangers. » 

L’article commence par noter qu’aujourd’hui, cette notion de la communisation est utilisé de différentes manières,  sans doute y-a-il deux pôles principaux :

« Ceux qui peuvent être définis par un concept «volontariste » de la communisation associé à des gens influencés par la revue Tiqqun et des publications attribué au « Comité invisible» comme «The Call» (2004) et «L’insurrection qui vient » (2007)

et

Les «structuralistes» ( oû l’auteur classe Théorie Communiste, la revue SIC et Bruno Astarian) qui mettent beaucoup plus l’accent sur la façon dont la possibilité de la communisation découle des contradictions structurelles d’un stade particulier du capitalisme. Ces partisans parlent de «La production historique de la révolution» et «communisation comme le produit historique de la contradiction capital-travail» (Woland, « La production historique de la révolution de la période courante, 2010).

Par exemple Bruno Astarian soutient que «Lorsque la crise capitaliste éclate, le prolétariat est contraint de se lever afin de trouver une autre forme sociale capable de restaurer sa socialisation et la reproduction immédiate» (Bruno Astarian, «activité de crise et communisation», 2010) .

Toutefois, la revue note :

D’autres dans le camp pro-communisation sont plus réfléchis sur les mutations possibles de la société capitaliste. Dans Sic. 1, BL réfléchit que «La révolution elle-même pourrait pousser le mode de production capitaliste à développer de manière imprévisible, de la résurrection de l’esclavage à l’auto-gestion» («Le pas suspendu de la communisation», 2011). On peut supposer que le fascisme est une de ces possibilités, mais en général, le principal danger posé par les théoriciens de communisation est une sorte de radical autogestion démocratique qui réintroduit le capitalisme par la porte arrière.

Cependant , le texte insiste sur les réactions non communiste à la crise et «  la montée du nationalisme populiste, le racisme et / ou le fondamentalisme religieux, intégrant des éléments d’un réactionnaire «anti-capitalisme». »

Suit tout un développement sur l’ultra-gauche et la montée du fascisme

La crise et la réaction

« Je doute que les théoriciens de la communisation  nieraient la possibilité de générer du capital meurtrières, des mesures racistes, voire génocidaire de la tête sur le remplacement de la révolution. Mais la question n’est pas seulement la façon dont l’État et le capital pourrait répondre sous la menace, mais la façon dont la dynamique de l’antagonisme social et la crise pourrait donner lieu au fascisme ou une version 21ème siècle par le bas.

S’il est vrai que l’incapacité du capitalisme à assurer la reproduction sociale ne peut susciter toutes sortes de tentatives collectives pour garantir une vie digne d’être vécue, il n’ya pas de raison immédiate pour laquelle ces tentatives doit prendre une expansion, la direction internationaliste. L’expérience historique suggère que c’est juste probable que beaucoup de gens pourraient se rabattre sur une sorte de nationale limitée, religieuse, raciale ou la famille élargie / l’identité clanique et cherchent à assurer la survie et la reproduction de leur auto-définie groupe – si nécessaire, à aux dépens des autres….

On peut voir des traces de cela aujourd’hui dans le soutien populaire dans de nombreux pays pour des contrôles d’immigration plus strictes dans laquelle la classe ouvrière se trouve à demander de protéger sa situation de travailleur dans les pays les plus riches historiquement de l’impact de la misère ailleurs, même si le prix à payé par les autres sont les centres de détention et les décès en haute mer des migrants »

Bonne lecture

COMMUNISATION THEORY AND THE QUESTION OF FASCISM 

It is now more than five years since the start of the financial crisis with no sign of respite from austerity and increasing insecurity.  Neither the old left of unions and parties or the newer social movements of protest and direct action seem to be up to the task of offering a way forward. In the search for new road maps to navigate crisis and the possibilities of life beyond capitalism, the concept of ‘communisation’ has become an increasing focus of discussion.

The word itself has been around since the early days of the communist movement. The English utopian Goodwyn Barmby, credited with the being the first person to use the term communist in the English language, wrote a text as early as 1841 entitled ‘The Outlines of Communism, Associality and Communisation’.  He conceived of the four ages of humanity as being ‘ ’Paradisation, Barbarization, Civilization and Communisation’, while his wife and collaborator Catherine Barmby anticipated current debates about gender with early feminist interventions arguing for communisation as a solution to women’s subordination (Goodwyn Barmby is discussed in Peter Linebaugh, ‘Meandering on the semantical-historical paths of communism and commons’, The Commoner, December 2010).

The Barmbys’ use of the term to describe the process of the creation of a communist society is not a million miles away from its current usage, but it has acquired a more specific set of meanings since the early 1970s when elements of the French ‘ultra-left’ began deploying it as a way of critiquing traditional conceptions of revolution. Communism has often been conceived of by both Marxists and anarchists as a future state of society to be achieved in the distant future long after the messy business of revolution has been sorted out.  For advocates of communisation on the other hand, capitalism can only be abolished by the immediate creation of different relations between people, such as the free distribution of goods and the creation of ‘communal, moneyless, profitless, Stateless, forms of life. The process will take time to be completed, but it will start at the beginning of the revolution, which will not create the preconditions of communism: it will create communism’ (Gilles Dauvé & Karl Nesic, ‘Communisation’, 2011).

Today this broad notion of communisation is used in various different ways, but arguably there are two main poles in current debates – albeit with many shades in between. [Read more →]

A.Nonime
27/11/2012 à 14:57 | #1

cette question d’une réponse contre révolutionnaire « fascisante » n’est pas complèment oublié par les « communisateurs » puisque dans le texte » l’émergence du (non-) sujet » des camarades grecs Blaumachen ont peut lire :

Any prediction is dangerous, since the condensation of historical time contains an element of unpredictability and the creation of multiple ruptures. The momentous turn towards the ‘national question’ presented as necessary for the reproduction of the current structuring of capital raises the possibility of a left or fascistoid ‘national’ counter-revolution, which of course cannot enjoy the stability (national-socialist integration into the reproduction of capital within the bounds of a national social formation) of the fascisms of the past. This can be produced as necessary when the moment of last resort comes from the vantage point of capital, which is forced to function under a ‘political economy of risk’.

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 10:01

Aujourd’hui, 4 décembre 2012 : Action de solidarité avec la résistance contre l’Ayrault-port de Notre Dame des Landes, à côté de Nantes en Bretagne. Tout çà devant la Mairie (PS) de Carcassonne. / Accion de solidaritat amb la resiténcia contra l’Ayrault-pòrt de "Notre Dame des Landes", a costat de Nantes en Bretanha. Tot aquò davant l’Ostal de la Comuna (PS) de Carcassona

contact audois (11) pour le soutien à la résistance à l’Ayraul-port de Notre Dame des Landes : nddlopposition11 vUi gmail.com

tel : 06 85 23 46 00

http://comites-ndl.blogspot.fr/sear...

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 11:04

lu sur rebellyon.infos c'est un appel qui circule déjà, on fait confiance au site de rebellyon.infos

Le groupe Lyon du réseau des Communistes Libertaires Autonomes appelle à saboter le sommet de Hollande-Monti lundi 3 décembre prochain où se négociera le financement du projet TAV et qui se tiendra à Lyon. Tous dans la rue, solidaires dans la détermination combattante.

Ci-dessous, le tract et appel.

NO TAV VAINCRA !

* ! A SARA DURA ! *

A Lyon, lundi 3 décem­bre pro­chain, les chefs d’Etat fran­çais et ita­lien François Hollande et Mario Monti se réu­ni­ront en sommet pour conclure le plan de finan­ce­ment de la Ligne à Grande Vitesse (TAV) reliant Lyon à Turin. Que ce jour marque à nou­veau dans la rue notre déter­mi­na­tion et notre soli­da­rité com­bat­tan­tes contre ce projet d’urba­ni­sa­tion capi­ta­liste.

Depuis plu­sieurs décen­nies que la résis­tance dure et tient dans la vallée de Suse en Italie, par Presidio et blo­cage des routes, par sabo­tage et confron­ta­tion avec la police, par occu­pa­tion de ter­rains et bar­ri­ca­des fores­tiè­res, nous saluons la déter­mi­na­tion popu­laire dans ses moyens d’action. A Lyon comme à Chiomonte près de Turin, sabo­tons la machine d’urba­ni­sa­tion capi­ta­liste.

Nous n’avons rien à négo­cier quant à la des­truc­tion des envi­ron­ne­ments et lieux de vie au nom du profit. Que les chefs d’Etat qui vien­nent se par­ta­ger les parts de marché du projet n’aient pas de répit dans leurs réu­nions au sommet.

De la ZAD près de Notre-Dame-des-Landes à la lutte NO TAV en Italie, comme la vic­toire de Keratea en Grèce contre une décharge géante ou la lutte NO DAL MOLIN près de Vicenza contre une base mili­taire, nous sommes notre propre force qui ne recule jamais et se donne les moyens de la vic­toire contre la machine étatique et les forces poli­ciè­res.

Ici comme par­tout, controns l’expan­sion des­truc­trice de l’urba­ni­sa­tion capi­ta­liste.

Nos lieux de vie nous appar­tien­nent.

- Communistes Libertaires Autonomes/ groupe Lyon.

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 21:34

: rassemblement devant la sous préfecture à 18h avec une centaine de personnes - et quelques policiers...

 

on avait reçu cet appel
rassemblement de soutien aux opposants de NDDL, ce soir, vendredi 23 novembre à 18 heuresdevant la sous préfecture



Objet: URGENT : rassemblement de soutien aux opposants de NDDL,   ce soir, vendredi 23 novembre  à 18 heures  devant la sous préfecture


Nouvelle opération policière à NDDL .:

La maison du Rosier et les constructions de la Lande de Rohanne et de la Châtaigneraie sont visées aujourd’hui.
Nous appelons à un rassemblement de soutien aux opposants de NDDL,
ce soir, vendredi 23 novembre

à 18 heures devant la sous-préfecture de Bayonne

Apportez de quoi faire du bruit, banderoles et pancartes et, s’il-vous-plaît, pour une fois, oubliez le drapeau de votre organisation ou parti politique...
Merci de relayer cet appel le plus largement possible.
Vous pouvez également suivre les infos sur http://comites-ndl.blogspot.fr
et/ou sur http://zad.nadir.org/spip.php?article656


Des opposant-e-s à l’aéroport et à son monde.
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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 21:32

Un conférence / débat aura lieu Vendredi 23 Novembre prochain à la boucherie chevaline ( 24 rue pêcherie à Romans ) dont l'intitulé pourrait être : "Faut-il vraiment sauver l'école de Jules Ferry ?".
Grégory Chambat , enseignant , militant syndical à la CNT y présentera son livre "Pédagogie et Révolution". Ce sera l'occasion de discuter de la place de l'école dans notre société, de l'esprit dans lequel Jules Ferry crée son école républicaine, mais aussi des alternatives que l'histoire ouvrière a vu se créer : Francisco Ferrer, Célestin Freinet, les bourses du travail, les écoles en Catalogne de 1936...
Venez nombreux !

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 13:13

le ministre de l'intérieur joue avec l'Espagne,il faudrait qu'il réouvre le dossier sur la disparition ( exécution)de Jon Anza.

Iñaki Imaz arrêté par la police française et remis à l'Espagne

Rédaction

15/11/2012

Le donostiar Iñaki Imaz a été arrêté ce jeudi matin en Pays Basque nord et remis aux autorités espagnoles. Iñaki Imaz était sous le coup d'un mandat d'arrêt européen.

  • Iñaki Imaz arrêté par la police française.

Le basque Iñaki Imaz a été arrêté en Pays Basque nord ce jeudi matin. L'arrestation s'est produite à Hendaye, "alors que le jeune homme venait pointer pour son contrôle judiciaire", selon Kazeta.info et Sud Ouest, et pas à Bayonne, comme indiquaient d'autres médias.

Originaire de San Sebastian (Donostia), Iñaki Imaz était sous le coup d'un mandat d'arrêt européen. Sa remise aux autorités espagnoles s'est produite quelques heures après son arrestation, avec la même vitesse que la mise en oeuvre du mandat d'arrêt européen à l'encontre d'Aurore Martin.

En août, la police française l'avait déjà arrêté à Hendaye avant de le remettre en liberté sous contrôle judiciaire.

Iñaki Imaz est considéré par les autorités espagnoles comme un membre présumé de l'ETA. Il aurait à l'époque mis son appartement de San Sebastian (Donostia) à disposition de l'organisation, y stockant des armes et des munitions. Il aurait également élaboré des rapports manuscrits visant à commettre de futurs attentats.

Iñaki Imaz menait depuis plusieurs mois une vie publique normale en Pays Basque nord.

Ce samedi dernier, 15.000 personnes ont défilé dans les rues de Bayonne en faveur des droits de prisonniers basques et demandant aux gouvernements français et espagnol de s'impliquer davantage dans le processus de paix.

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