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  • : Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
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Le laboratoire Anarchiste
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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 12:49

une opération médiatique a été organisé le mardi 24 juillet pour bloquer un train de déchets nucléaire en provenance d'Alessandria. La police a effectué des arrestations dont un grec et un français

De violents affrontements(plusieurs blessés de part et d'autre) on eu lieu samedi 21 juillet autour du chantier du Tav a Chiomonte(Val Susa). 600 a 800 manifestants(es) la plupart anarchistes et autonomes( d'après les médias aux ordres)  dont certains venus d'Espagne,France et Grece) on réafirmer leurs refus du projet Tav Lyon-Turin.
Depuis début Juillet un camping de résistance No Tav se tient a Val Susa.

Sarà dura / Résistance

Vidéo La Républica Torino 23/7/2012
http://video.repubblica.it/dossier/batt ... 1262/99638

Article(en Italien) : La Républica Torino 23/7/2012
http://torino.repubblica.it/cronaca/201 ... -39526526/

Vidéo: http://www.youtube.com/watch?feature=pl ... hoERqJnS_U


** Infos(en Italien) sur le lutte No Tav (nombreux liens) : http://www.notavtorino.org/

** Collectif No Tav Savoie : http://www.no-tav-savoie.org/

** Programme Camping 23 juillet au 4 aout : http://www.notav.info/wp-content/upload ... 00x280.png

** Marche Gaglione (15h) a Chiomonte Samedi 28 juillet
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Infos sur la lutte No Tav : Radio Blackout ,radio libre de Turin et sa région 24h/24h et via internet.
Autogerer et autofinancer depuis 1992 . Tel: 0030 112495669 : http://radioblackout.org/

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 12:40

Une première réunion a eu lieu hier soir sur Paris pour Levent, peut être cette réunion donnera des idées à certaines et certains.

 

contact : libertepourlevent@gmail.com

Bonjour,

ce texte veut faire le point sur la situation de Levent, un camarade turc que beaucoup ont vu dans le mouvement à Paris, notamment au collectif des mal logés 18e sans frontière, dans les assemblées contre les expulsions, et au bâtiment occupé du 260, rue des Pyrénées.

En 2011, après 11 ans de prison pour ses activités dans Devrimci-Sol (la gauche révolutionnaire), il se rend en Europe. Il fuit un second procès qui a lieu en son absence. Une lourde peine l’attend.

Une fois en Suisse en 2011, il connait son premier contrôle de police et est contraint de donner ses empreintes à la police. Dans la foulée, il dépose une demande d’asile.

Puis, il s’en va en France où il séjourne quelques mois, où nous l’avons connu.

Au mois de juin, Levent apprend par les autorités françaises qu’il a un laissez-passer pour la Suisse. Il a également une convocation des autorités suisses.Il s’y rend alors pour régulariser sa situation.

C’est alors que le dimanche 23 juillet, il est arrêté à Berne et enfermé au sein de la prison régionale de Berne dans la section "détention administrative" pour étrangers. Il semblerait que l’administration prévoit de l’expulser en Turquie sous 3 jours, où il est condamné à une très longue peine, au moins 20 ans.

Toutes ces infos sont difficiles recueillir, nous ferons d’éventuels corrections et compléments plus tard.

Toutes initiatives et aides sont les bienvenues.

Prison régionale de Berne, GENFERGASSE 22, 3011 Berne

Téléphone depuis la France : 0041 31 634 46 41

Fax : 0041 31634 46 92

regionalgefängnis-bern@pom.be.ch

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 21:16

En regardant le programme du camping no tav , voici une lettre video d'un prisonnier

 

 

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 20:07
Lucioles n°7 - juillet/août 2012
 
Pour télécharger ce numéro au format PDF, cliquez sur l'image ci-dessus. Ce format vous permettra de le lire sur votre écran ou de l'imprimer de chez vous ou chez un imprimeur. Nous remercions le site Basse Intensité d'avoir accepté d’héberger le PDF de ce numéro.
Pour lire le bulletin texte par texte sur ce site, cliquez sur Numéro 7 en haut de cette page. 
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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 12:28

Pub de valence agglo , depuis une semaine l'émission radio labo décortique à partir d'un livre ,de la collection Agone, La bio entre buisness et projet de société, vous pouvez intervenir à l'émission  sur http :// radio Mega.com ( écoutable sur internet) en directde 18h 15 à 19h vous pouvez  teléphonerpendant l'émission au 04 75 44 16 15. Nous et peut être vous avons  autre chose à dire que le discours  de valence agloo.

Valence Agglo met à votre disposition un questionnaire dans le cadre du projet Terre Bio et réalisé en partenariat avec la Chambre d'Agriculture de la Drôme.

Dans le cadre du programme Terre Bio, la Communauté d'Agglomération de Valence souhaite connaître les attentes et avis des habitants du territoire en matière de produits alimentaires d'origine fermière, bio ou non, de façon à favoriser les projets agricoles (production et commercialisation) et satisfaire au mieux leurs demandes.

Si vous habitez ou travaillez sur Valence, Beaumont-lès-Valence, Bourg-lès-Valence, Chabeuil, La Baume Cornillane, Malissard, Montélier, Montmeyran, Portes-lès-Valence, Saint-Marcel-lès-Valence ou Upie votre avis nous intéresse !

Vous pouvez aussi diffuser cette enquête auprès de vos proches, amis ou collègues soit par le lien-questionnaire ou encore grâce à la version imprimable à retourner avant le 20 septembre 2012 dans l'une des 11 mairies de l'agglomération.

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 14:39

texte rédigé par jean Pierre Morichaud en juillet 2011, la situation décrite est toujours actuel , le seul changement c'est  pour le premier pitre de France.Cette longue lignée commencée par la victime du bal de collombey les deux églises continue à nous contraindre à vivre dans cette société nucléarisé. Cet fatalité n'existe pas, il ne tient quà nous toutes et tous de  rejeter  ces dealers de merde radioactive. Rêvez l'autogestion, rêvez un monde futur sans domination, sans exploitation est très compromis par ces salopards de la caste nucléaire.

 

Malgré la gravité des conséquences des accidents nucléaires au Japon, le président Sarkozy, droit dans ses bottes à coté de l’évolution de ses voisins européens, confirme sa volonté de poursuivre la filière énergétique du nucléaire en France. Ainsi sont confirmées les prolongations à 40 ans de l'exploitation de la centrale Tricastin numéro un et de Fessenheim numéro un, demandées par EDF et acceptés par l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) . Cependant, le 9 mai 2011, le président de cette même autorité a défini publiquement un cahier des charges relatives aux « évaluations complémentaires de la sûreté » des installations nucléaires au regard de l'accident de Fukushima, applicable à chaque installation nucléaire de base en France. Avant le 15 novembre 2011, l’ASN et son appui technique l’IRSN, auront examiné les propositions des exploitants pour améliorer la sûreté des installations et leurs délais de réalisation. Du fait de ces nouvelles dispositions de sûreté, la ministre de l'environnement, Nathalie Koscucio-Moriset a souhaité que la prolongation de la centrale de Fessenheim à 40 ans soit remise en question.

Sur le Rhône, la sécheresse du climat provoque des demandes de dérogations de la part d'EDF sur les autorisations de rejets de déchets radioactifs et chimiques en fonction du débit du fleuve . L’ASN qui ne veut pas endosser la responsabilité d'un nouveau cataclysme, en France, se retourne vers les commissions départementales chargées des risques, dirigées  par les préfets les Coderst, en Drôme et en Ardèche. Enfin, le 8 juillet lors de la commission locale d'information du Tricastin (la Cligeet) le président du conseil général Didier Guillaume a souhaité que les membres de la CLI soient présents lors des discussions sur les « évaluations complémentaires » demandées par le président de l'autorité de sûreté nucléaire. Le directeur des installations d’Areva s’y est opposé. Rappelons que des installations dirigées par Areva en Tricastin sont exclus les quatre réacteurs de production d'électricité dirigées par EDF .

Les principaux bénéficiaires de ces divergences inquiétantes concernant le sûreté des installations nucléaires sur le Rhône, sont les représentants de la société civile. En effet pour la première fois le sûreté de l'ensemble des installations nucléaires déversant leurs rejets dans le  Rhône, a été évoquée, le Bugey, Saint-Alban, Cruas et le Tricastin. Il était rappelé que chaque installation bénéficie d'une autorisation de rejets particulières, selon leur importance et selon le régime des cours d'eau utilisés. Ainsi alors que la centrale de Cruas rejette ses effluents dans le Rhône lui-même, le centre de Tricastin les évacue dans le canal de Donzére, dont le débit est mieux contrôlé. De même il a été dit qu'à Saint-Alban, un seul réacteur est actuellement en fonctionnement ce qui réduit l'importance des rejets. Toutes ces diversités de réglementation qui ne portent que sur les rejets, et non pas sur la température de l'eau rejetée, montrent que l'utilisation du Rhône comme une poubelle pourrait justifier à elle seule l'arrêt des activités thermiques le long des fleuves. N'oublions pas que la production d'électricité par des turbines à vapeur, nucléaires ou non, suppose un moyen d'évacuation dans l'air et dans l'eau environnants de 66 % de l'énergie produite, ce qui en fait une technologie d'un autre âge, digne de la lampe à pétrole .

                                                                                              

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 08:51

40 membres du GIT Turquie se sont déplacés le  lundi 2 Juillet 2012 à Silivri, pour suivre le procès « KCK Istanbul » dans lequel Busra Ersanli, Ragip Zarakolu, Ayse Berktay et de nombreux étudiants sont jugés parmi les 205 accusés (dont 140 en détention). L’accès à l’énorme complexe judiciaire et pénitentiaire de Silivri, « centre d’exécution des peines » dans sa traduction littérale, était en soi une épreuve : à environ 70 km d’Istanbul, ce complexe se trouve au milieu de vastes champs, et les quelques routes qui y mènent étant barrées par les gendarmes, il a fallu marcher 1 à 2 kilomètres pour atteindre l’entrée du tribunal, après un trajet de 2h en car (voir photos 1 et 2). Le cortège du GIT était parmi les rares groupes présents sur place, de nombreux cars affrétés par le BDP [parti pro-kurde légal] ayant été bloqués par la police avant même leur départ d’Istanbul.

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En dépit de ces mesures policières, des centaines de personnes s’étaient réunis devant le tribunal pour afficher leur soutien, mais il leur était impossible d’accéder à la salle d’audience (remplie par les proches des accusés, les avocats et les journalistes). Le GIT avait averti les correspondants de la presse internationale – un petit nombre d’entre eux était présent sur place, dont Guillaume Perrier du journal Le Monde. Un incident grave est à signaler concernant le véhicule ayant convoyé certains correspondants internationaux et les membres de l’IPA (International Publishers Association), du PEN, et de l’Association des éditeurs turcs (TYB) : curieusement, sous le regard pourtant omniprésent des gendarmes, ce véhicule a été cambriolé, leurs dossiers concernant le procès ainsi que leurs ordinateurs portables volés. 

            Arrivés sur place vers midi, seuls quelques membres du GIT ont pu entrer dans la salle d’audience, tandis que les autres se réunissaient derrière la banderole du GIT sur laquelle on pouvait lire « Liberté à la pensée, à l’université et aux Busra » (faisant allusion à la fois au professeur Büşra Ersanlı et à Büşra Beste Onder, étudiante de 22 ans en détention jugée dans le même procès). Le GIT faisait partie des trois groupes qui ont fait une déclaration à la presse, avec le Syndicat de l’éducation supérieure (Eğitim-Sen) et le parti BDP. Le professeur Füsun Üstel est intervenue brièvement pour souligner  l’engagement permanent du GIT en faveur des libertés de la recherche et d’enseignement en Turquie, faisant appel pour la libération immédiate de Büşra Ersanlı et d’autres collègues emprisonnés.

 

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La présence du GIT sur place a favorisé les rencontres entre plusieurs groupes et personnalités qui étaient venus apporter leur soutien : étudiants, universitaires, éditeurs (dont Ragıp Zarakolu qui salue l’ensemble du GIT), représentants du mouvement civil kurde, journalistes. Ainsi, alors que dans la salle d’audience, les demandes de la plupart des détenus pour plaider dans leur langue maternelle kurde étaient rejetées, à l’extérieur, divers acteurs de la société civile avaient réussi à se parler et à afficher leur engagement commun : la liberté d’expression et de recherche, quelque soit sa langue. Le procès, qui semble à présent être bloqué par cette question de la langue de défense, durera une dizaine de jours – nous continuerons de mettre à jour les informations. 

 

A l’intérieur du tribunal, les juges ne semblaient pas très sûrs d’eux, rapporte un observateur, vu la mise-en-scène montée de toute pièce concernant l'acte d'accusation qui voit derrière chaque intellectuel, écrivain, éditeur, journaliste et universitaire un soit-disant « terroriste » (en vertu de la loi anti-terreur). Ragıp Zarakolu, lors de sa conférence de presse improvisée devant le tribunal, a assimilé les prisons en Turquie, celles en activité comme celles dont la construction bat son plein, de « Goulag turc ». « Un cancer ronge ce pays avec ce procès KCK », a-t-il encore déclaré. Et il a ajouté que la liberté d'expression est gravement menacée dans ce pays, comme à l'époque de 12 septembre 1980, date à laquelle le pays a connu le plus grave coup d'Etat qui a précipité la Turquie dans la dictature militaire.

 

Le correspondant du Monde à Silivri, Guillaume Perrier, observe la tension créée par la présence disproportionnée des forces de l’ordre (Blog « Au fil du Bosphore », http://istanbul.blog.lemonde.fr/ ).

A l'extérieur, l'organisation du rassemblement est assurée par le service d'ordre du BDP. Les drapeaux et les banderoles ont pu entrer jusque là après d'âpres négociations avec les gendarmes. Les "Mères pour la Paix", ces femmes kurdes, mères de victimes de la guerre qui sont régulièrement en première ligne des manifestations, sont venues dans leur habit traditionnel, coiffées du voile blanc bordé de dentelles qu'on porte dans les villages du "Sud Est" de la Turquie, la tête cerclée d'un bandeau aux couleurs kurdes: rouge, jaune et vert. Si le regroupement est d'abord autorisé, très vite, la tension est palpable. Deux bataillons de policiers anti émeutes arrivent, en rangs serrés et encerclent les manifestants. Les policiers frappent en rythme leur matraque contre les coques de protection qu'ils portent sur les jambes. L'officier donne l'ordre de mettre les masques à gaz sur le nez. Chacun se prépare alors à se faire arroser de gaz lacrymogène, comme c'est souvent le cas au cours des manifestations de Kurdes. Le face à face dure ainsi une demi-heure. Puis les masques se relèvent.

 

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A Silivri, Istanbul, 2 Juillet 2012.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 06:22

Le Bulletin de contre-info en Cévennes n°12 vient de sortir.

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Edito

On le sait bien : d’une élection à l’autre, les diri­geants chan­gent, les débats pren­nent dif­fé­ren­tes tein­tes, mais la réa­lité reste la même. Suffrage uni­ver­sel, mul­ti­ples partis et pro­gram­mes, débats poli­ti­ques média­ti­sés, pri­mai­res... le spec­ta­cle démo­cra­ti­que est en place. Il doit main­te­nir la croyance dans ce sys­tème, entre­te­nir l’illu­sion qu’on puisse être maî­tres de notre avenir.

D’un parti à l’autre, l’essen­tiel est conservé. Les bases du sys­tème ne peu­vent jamais être remi­ses en ques­tion : exploi­ta­tion, pro­priété, fron­tiè­res, mar­chan­dise, argent, famille... De toute manière, dans l’exer­cice du pou­voir, les réa­li­tés socia­les et les enjeux économiques indui­sent les poli­ti­ques exer­cées. Le rôle des diri­geants est de gérer l’exis­tant, pas de le chan­ger, quel­les que soient leurs pro­mes­ses. Aucun can­di­dat n’est assez stu­pide pour igno­rer ces évidences. Ils pos­tu­lent pour béné­fi­cier d’une par­celle, plus ou moins grande, du pou­voir que leur confère un État moderne, et en tirer les avan­ta­ges. En tant qu’admi­nis­tra­teurs ou ges­tion­nai­res, ils ne peu­vent ni n’ont inté­rêt à en chan­ger la fonc­tion ou les règles.

Le rôle de l’État est d’abord de pré­ser­ver le sys­tème, d’en assu­rer la conti­nuité, que les gou­ver­ne­ments chan­gent ou même les régi­mes. Le capi­ta­lisme doit per­du­rer, la classe domi­nante doit assu­rer sa posi­tion : l’État est là pour le per­met­tre. Sa fonc­tion est sa raison d’être, elle ne peut être chan­gée. Il doit sou­te­nir l’économie en pro­po­sant un cadre entre­pre­neu­rial com­pé­ti­tif. L’urba­ni­sa­tion du ter­ri­toire, une recher­che de pointe, des poli­ti­ques moné­tai­res adap­tées, des sub­ven­tions aux entre­pri­ses ou, bien sûr, la mise à dis­po­si­tion et la for­ma­tion d’une main-d’œuvre ren­ta­ble (rap­port coût/qua­li­fi­ca­tion) sont des objec­tifs indé­pas­sa­bles pour un État moderne. D’un côté, dyna­mi­ser le capi­tal (jusqu’aux guer­res pour l’accès aux res­sour­ces, à des nou­veaux mar­chés), de l’autre, admi­nis­trer la popu­la­tion pour four­nir, à mesure, le marché du tra­vail (éducation, sécu­rité sociale, etc.) et garan­tir la paix sociale (de l’inté­gra­tion citoyenne à la répres­sion des clas­ses dan­ge­reu­ses).

Les États d’Europe de l’Ouest ont pu se per­met­tre, après la Seconde Guerre mon­diale, de déployer une poli­ti­que de « redis­tri­bu­tion ». En fait, une poli­ti­que de relance par la consom­ma­tion, en vu de boos­ter le marché inté­rieur. L’objec­tif étant de garan­tir la paix sociale (la bour­geoi­sie gar­dant le sou­ve­nir des révo­lu­tions au sortir de la Première Guerre mon­diale) tout en garan­tis­sant la crois­sance. Cette période des Trente glo­rieu­ses a vu appa­raî­tre l’essen­tiel des « acquis sociaux ». S’ils ont été prin­ci­pa­le­ment obte­nus par des luttes, la classe domi­nante les a octroyés pour endi­guer la « menace rouge », parce qu’elle en avait les moyens, que ça ne met­tait pas en péril ses inté­rêts et béné­fi­ces et que ça s’inté­grait à sa poli­ti­que du New Deal [1].

Aujourd’hui, le contexte a pro­fon­dé­ment changé. Depuis les années 70, la crois­sance n’est plus là. La perte d’influence, rela­tive certes, des puis­san­ces euro­péen­nes sur leurs ancien­nes colo­nies, la hausse du prix des matiè­res pre­miè­res, la dif­fi­culté d’ouvrir de nou­veaux mar­chés, la concur­rence entre les capi­ta­lis­tes... en sont des fac­teurs déter­mi­nants. Malgré les réor­ga­ni­sa­tions et ten­ta­ti­ves pour dépas­ser ces limi­tes [2], les phases de relance échouent suc­ces­si­ve­ment. L’impor­tance majeure prise par la finance n’est qu’une réponse du capi­tal pour réta­blir la crois­sance. La crise, à force d’être conte­nue, ne fait que s’appro­fon­dir, de failli­tes en krach bour­sier.

Face à cette situa­tion, les gou­ver­ne­ments des États euro­péens, de droite comme de gauche, dérou­lent tout un panel de mesu­res afin d’assu­rer la sta­bi­lité finan­cière et de réta­blir la com­pé­ti­ti­vité et la ren­ta­bi­lité économiques. Une poli­ti­que de rigueur, pour éviter la faillite, se double d’une poli­ti­que d’aus­té­rité visant à faire bais­ser le coût de la main-d’œuvre : hausse des taxes et des impôts, réduc­tion des dépen­ses de l’État (sup­pres­sion de postes et res­tric­tions bud­gé­tai­res dans le sec­teur public), des dépen­ses socia­les (retrai­tes, sécu, radia­tions d’allo­ca­tai­res) et des coûts sala­riaux (baisse des char­ges patro­na­les, contrats pré­cai­res, RSA, etc.).

Elles ne se met­tent pas en place sans réac­tions. Les condi­tions d’exis­ten­ces se dégra­dant, les résis­tan­ces se mul­ti­plient. Des moyens ou réseaux de débrouille qui s’étendent en dehors du sala­riat, aux mou­ve­ments col­lec­tifs de révolte, le pro­lé­ta­riat et la classe moyenne réa­gis­sent face au sort qui leur est fait. Des luttes émergent dans dif­fé­rents pays, prin­ci­pa­le­ment menées par cer­tai­nes caté­go­ries socia­les, ciblées par des mesu­res d’aus­té­rité et de ren­ta­bi­lité économique ou lais­sées pour compte (étudiants, fonc­tion­nai­res, ouvriers, jeu­nesse déshé­ri­tée, etc.). Comme en témoi­gnent les conflits sociaux récur­rents en Europe : étudiants en Angleterre ou en Italie, sala­riés et fonc­tion­nai­res en Espagne, jeu­nesse et pré­cai­res en Angleterre ou en France, ouvriers à tra­vers toute l’Union... Et lorsqu’un État est contraint par l’économie de s’atta­quer à toutes les caté­go­ries de sa popu­la­tion en même temps, il y a de gran­des chan­ces que la révolte se géné­ra­lise, au-delà des inté­rêts caté­go­riels, comme c’est le cas en Grèce. Les mêmes poli­ti­ques pro­dui­sent les mêmes réac­tions, au-delà des pays euro­péens : comme aux États-Unis avec le mou­ve­ment des occu­pa­tions, dans lequel des fran­ges socia­les très variées se retrou­vent, au Québec avec les luttes étudiantes sou­te­nues par la popu­la­tion, en Israël où un large mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion contre la vie chère s’est déclaré ou comme dans le monde arabe où des révol­tes et des mou­ve­ments de pro­tes­ta­tion ont fait chuter des régi­mes auto­cra­ti­ques et en ont poussé d’autres à des réfor­mes...

En contre­par­tie, la néces­sité de bais­ser le coût mon­dial de la main-d’œuvre impli­que des condi­tions d’exploi­ta­tion et de domi­na­tion telles que les pro­lé­tai­res d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine se révol­tent régu­liè­re­ment contre leurs condi­tions de vie (émeutes de la faim, contre la vie chère, contre les expro­pria­tions, contre les exi­gen­ces déme­su­rées des patrons et de l’État qui les admi­nis­tre, etc.).

Tous les États répri­ment ces mou­ve­ments de colère et ten­ta­ti­ves de débrouille. Dans ce pro­ces­sus de nivel­le­ment économique et d’har­mo­ni­sa­tion du marché, en paral­lèle, les États ten­dent à se nor­ma­li­ser vers un modèle libé­ral et répres­sif. Au nom de l’idéal démo­cra­ti­que et huma­niste, ils se dotent d’un arse­nal légis­la­tif et poli­cier pour parer aux éventuels débor­de­ments, comme pour mettre au pas tous les récal­ci­trants (économies paral­lè­les, auto-suf­fi­san­tes, réseaux d’entraide, etc.).

Dans un tel climat économique et social, les réflexes iden­ti­tai­res (com­mu­nau­ta­ris­tes, natio­na­lis­tes, confes­sion­naux ou cultu­rels) sont lar­ge­ment atti­sés et ins­tru­men­ta­li­sés par les capi­ta­lis­tes et les diri­geants poli­ti­ques. L’exem­ple des sou­lè­ve­ments en Tunisie et en Égypte illus­tre une double ten­dance que l’on retrouve par­tout : des sou­lè­ve­ments expri­mant un désir de liberté et d’égalité sociale, et un an plus tard, les succès électoraux de for­ma­tions conser­va­tri­ces et natio­na­lis­tes (comme Ennahdha ou les Frères musul­mans). En Grèce, coexis­tent un mou­ve­ment social en confron­ta­tion forte avec l’État et l’économie, et une montée de l’extrême-droite ; alors que l’extrême-gauche porte en elle les deux ten­dan­ces : reflet ins­ti­tu­tion­nel des luttes et pro­tec­tion­nisme.

L’impos­si­bi­lité démo­cra­ti­que de former un gou­ver­ne­ment et les injonc­tions struc­tu­rel­les du capi­ta­lisme, comme on le voit en Grèce, mon­trent les limi­tes de la média­tion étatique et du pou­voir de l’État en géné­ral. L’exem­ple de la Tunisie est éloquent : après le sou­lè­ve­ment de l’hiver 2010-2011, les luttes conti­nuent. Le gou­ver­ne­ment élu se confronte au pro­lé­ta­riat tuni­sien, tou­jours insa­tis­fait de sa condi­tion, malgré les pas­sa­tions de pou­voir et le pro­ces­sus démo­cra­ti­que.

Ce que nous ensei­gnent ces situa­tions, à tra­vers la pla­nète, c’est que seuls les rap­ports de force et l’auto­no­mie des luttes peu­vent amor­cer un chan­ge­ment réel. Partout l’État et ses pré­ten­tions démo­cra­ti­ques, ancien­nes ou nou­vel­le­ment acqui­ses, appa­raît comme un adver­saire irré­duc­ti­ble du pro­lé­ta­riat. Lequel est aujourd’hui amené à lutter, non plus pour une quel­conque amé­lio­ra­tion de ses condi­tions d’exis­tence, mais sim­ple­ment pour s’oppo­ser à leur dégra­da­tion conti­nuelle, situa­tion qui per­du­rera tant que le sys­tème ne sera pas remis en cause glo­ba­le­ment.


Au som­maire :

Exploitation & Précarité

Crachons dans la soupe, elle est dégueu­lasse !
Taxe d’habi­ta­tion
Exploités Énervés - Un col­lec­tif sur Alès et les Cévennes
Macha, Roger et Monsieur Serpent
Des sei­gneurs à abat­tre...
La croi­sade « anti-fraude » frappe encore les pau­vres
Arrête de nous remon­ter les bre­tel­les
Autodéfense des pré­cai­res !
Refusons les équipes plu­ri­dis­ci­plia­ni­res !!!
Le tra­vail c’est la crise
Pourquoi parler de crise ?

Répression

De la carotte au bâton
Kaliméro sous le soleil, c’est quoi au zuste ?
L’ADN à fond la forme !
Solidarité face à la Justice et au fichage
Un « bar­bare » agressé par le gérant d’un U Express
Procès anti­ter­ro­riste à Paris - Faits et petit compte-rendu
Procès de Chambéry
Labège : on en est où ?
A la direc­tion et à la juge d’appli­ca­tion des peines

Développement

Liberté de l’élevage et des pra­ti­ques agri­co­les
L’agroar­na­que
Nous nous oppo­sons au projet de Center Parcs dans les Chambarans
La clé plutôt que la chaîne
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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 13:13

lu sur le blog des linknouvelles du front

05/07/2012 

 La police verrouille une usine pour réprimer des protestations

Des protestations résolues des travailleurs ruraux migrants de la province de Guangdong et qui ont débuté le 26 juin soulignent les tensions grandissantes existant entre les millions de travailleurs de la région et le régime du Parti communiste chinois (PCC). Les troubles ont éclaté après une bagarre, dans la commune de Shaxi à Zhongshan ville, entre un jeune lycéen de 13 ans issu de la commune et un jeune adolescent de 15 ans issu de l’immigration. Shaxi, qui est spécialisé dans la fabrication de vêtements de sport, est l’une des nombreuses villes du delta de la rivière Pearl, aussi connue comme « l’atelier du monde. » 

Le jeune migrant a finalement été interpellé par des gardes de sécurité qui l’ont tabassé à plusieurs reprises, le blessant gravement au visage avant de le remettre à la police. Une manifestation organisée par ses parents et leurs amis contre le traitement du jeune homme est rapidement devenu le point de ralliement d’une colère refoulée contre une discrimination officielle largement répandue contre les travailleurs migrants. La manifestation initiale a impliqué quelques centaines de travailleurs devant le poste de police local mais elle s’est vite intensifiée après que la police anti-émeute a dispersé la foule à coups de bâtons. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. Des milliers d’autres sont venus en renfort dont beaucoup des villes voisines telles Guangzhou et Fusan.

Liu Tianjin, ouvrier d’usine de Shaxi, a dit à l’agence France Presse : « Les émeutes ont débuté à midi [lundi], mais ont pris de l’ampleur hier soir, plusieurs milliers de personnes ont protesté. Il y avait un grand nombre de policiers anti-émeute dehors hier soir et ils sont encore dehors à l’heure actuelle. Je peux vous dire que plus de 30 personnes ont été blessées. » Mardi matin, quelque 10.000 travailleurs ont encerclé le gouvernement du canton en s’affrontant à un millier de policiers. Cette nuit-là les autorités ont soudainement décidé de disperser les manifestants en ordonnant à la police de les charger. La police a bouclé la ville et les médias de Shaxi et de Zhongshan ont publié des avertissements disant à la population de rester à l’écart de la ville tout en demandant aux gens de rester chez eux.

Les magasins, les écoles et les banques ont tous été fermés. Selon le quotidien Ming Pao Daily de Hong Kong, des dizaines de milliers de travailleurs migrants, y compris des cités voisines, sont arrivés pour soutenir les manifestations. Les travailleurs s’en sont pris aux voitures et aux postes de police ainsi qu’aux magasins. Une station d’autobus a été incendiée. La police a attaqué sans discernement quiconque se trouvait dans la rue et les hôpitaux de la région se sont remplis de blessés. Le journal, citant des sources anonymes, a rapporté que le gouvernement central de Beijing avait autorisé la police et l’armée à tirer sur les travailleurs si les troubles s’intensifiaient. Il a déployé 10.000 policiers à Zhongshan, dont de vastes contingents venus des villes avoisinantes pour empêcher toute forme de manifestation dans la principale ville. Les autorités chinoises ont tenté de minimiser l’incident.

La chaîne de télévision d’Etat a retransmis les commentaires du père du garçon blessé qui a insisté pour dire que son fils avait souffert de blessures mineures et n’était pas mort comme de nombreuses rumeurs l’avaient laissé entendre. Il a dit ne connaître aucun des manifestants. Pour justifier la violence policière, les médias d’Etat ont prétendu que des bandes criminelles organisées étaient derrière les protestations. L’éruption soudaine des protestations est le résultat d’une discrimination systématique à l’encontre des travailleurs migrants qui sont privés de statut résidentiel officiel dans la ville. Ils sont traités comme des citoyens de seconde zone n’ayant pas accès aux services fournis et étant constamment soumis au harcèlement de la police. Dans des villes comme Shaxi, où les travailleurs migrants sont plus nombreux que les gens de la région, le gouvernement n’est pas responsable de leur éducation ou de leurs soins de santé.

La politique officielle encourage les préjudices locaux contre les « migrants », y compris de la police qui les rend souvent responsables de l’augmentation du taux de criminalité. Ce qui s’est passé à Shaxi fait partie d’une agitation plus générale des travailleurs dans cette même province. En juin dernier, des protestations similaires avaient éclaté et qui avaient impliqué quelques milliers de travailleurs migrants occupés du centre de fabrication de jeans à Zengcheng. Depuis novembre, il y a eu dans la province une vague de grèves contre la réduction des salaires et les attaques contre les conditions de travail. Le week-end dernier, la police a violemment mis fin à une occupation d’usine organisée par 800 travailleurs à l’usine Lituo Explosive Equipment dans la ville de Shaoguan qui est également située dans la province du Guangdong.

L’ancienne entreprise d’Etat produit des explosifs et des détonateurs industriels. Les travailleurs sont en grève depuis début mai pour protester contre la direction qui avait pillé, l’année dernière lors de la vente de l’entreprise, l’argent appartenant aux travailleurs. Le 22 juin, des travailleurs ont bloqué une route et fermé les portes de l’usine en empêchant les gérants de la quitter. Le gouvernement a déployé des centaines de policiers anti-émeute qui ont attaqué les travailleurs avec des gaz lacrymogène et en ont arrêté plusieurs. La cause sous-jacente aux troubles grandissants des travailleurs est la forte baisse des exportations due à l’aggravation de la crise économique en Europe et le manque de demande en provenance des Etats-Unis. L’économie de Guangdong, qui était la force motrice de l’ensemble de la Chine, connaît actuellement de gros problèmes.

Ses exportations et ses importations n’ont progressé que de 5 pour cent au cours des cinq premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’année dernière, soit 2,7 points de pourcentage en dessous de la moyenne nationale. Les investissements d’actifs immobilisés ont augmenté d’à peine 9 pour cent durant la même période, soit une baisse de 9,9 points de pourcentage par rapport à l’année dernière. L’économiste Cheng Jianshan de l’Académie des sciences sociales de Guangdong a dit le 27 juin au service d’information chinois que la « troïka » (exportations, investissement et consommation) de la province était en train de s’essouffler : « La contraction du commerce extérieur est en train de miner la confiance des investisseurs, entraînant un affaiblissement de l’investissement en capital fixe qui, à son tour, affecte la confiance des consommateurs et la valeur ajoutée industrielle. »

Après une série de protestations violentes, le chef du Parti communiste de Guangdong, Wang Yang, avait promis l’année dernière aux travailleurs un « Guangdong heureux », y compris à Zengcheng et aussi aux villageois à Wukan qui avaient mené une longue lutte contre la corruption régnant dans les ventes de terrains. Toutefois, face à la baisse des profits, les propriétaires des ateliers de misère cherchent à imposer aux travailleurs de nouveaux fardeaux en réduisant les salaires et en exigeant une productivité plus grande. Le gouvernement de Guangdong aurait dû augmenter le salaire minimum au début de l’année mais, sous l’influence du groupe de pression des fabricants de Hong Kong qui emploient des millions de travailleurs dans la province, le gouvernement a ajourné l’augmentation, provoquant ainsi une vague de grèves. Le 18 juin, un effectif de 3.000 salariés dans une usine d’horlogerie appartenant à des Japonais à Guangzhou avait débrayé pour revendiquer une augmentation de salaire. Leur salaire de base s’élevait tout juste à 1.100 yuans par mois, minimum officiel dans le district d’Huada où l’usine est située.

Après déduction de 200 yuans pour la sécurité sociale, les travailleurs se sont plaints de n’avoir tout simplement pas suffisamment d’argent pour vivre. Dans une autre usine électronique japonaise à Guangzhou, les travailleurs ont eu droit à une augmentation qui a fait passer leur salaire de 1.350 yuans à 1.500 yuans par mois à partir du 1er juin, mais un millier d’entre eux ont débrayé le 14 juin en disant que l’augmentation ne leur permettait pas de joindre les deux bouts. Les mesures brutales d’Etat policier utilisées cette semaine contre les travailleurs migrants à Zhongshan sont enracinées dans la crainte du régime chinois que toute protestation qui se poursuit pourrait déclencher une action de bien plus grande envergure de la part de la classe ouvrière fortement concentrée à Guangdong et dans les autres centres industriels de la Chine.

(Article original paru le 30 juin 2012)

ource: John Chan – World Socialist Web Site, 3 juillet 2012

 La police verrouille une usine pour réprimer des protestations

Des protestations résolues des travailleurs ruraux migrants de la province de Guangdong et qui ont débuté le 26 juin soulignent les tensions grandissantes existant entre les millions de travailleurs de la région et le régime du Parti communiste chinois (PCC). Les troubles ont éclaté après une bagarre, dans la commune de Shaxi à Zhongshan ville, entre un jeune lycéen de 13 ans issu de la commune et un jeune adolescent de 15 ans issu de l’immigration. Shaxi, qui est spécialisé dans la fabrication de vêtements de sport, est l’une des nombreuses villes du delta de la rivière Pearl, aussi connue comme « l’atelier du monde. »

Le jeune migrant a finalement été interpellé par des gardes de sécurité qui l’ont tabassé à plusieurs reprises, le blessant gravement au visage avant de le remettre à la police. Une manifestation organisée par ses parents et leurs amis contre le traitement du jeune homme est rapidement devenu le point de ralliement d’une colère refoulée contre une discrimination officielle largement répandue contre les travailleurs migrants. La manifestation initiale a impliqué quelques centaines de travailleurs devant le poste de police local mais elle s’est vite intensifiée après que la police anti-émeute a dispersé la foule à coups de bâtons. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. Des milliers d’autres sont venus en renfort dont beaucoup des villes voisines telles Guangzhou et Fusan.

Liu Tianjin, ouvrier d’usine de Shaxi, a dit à l’agence France Presse : « Les émeutes ont débuté à midi [lundi], mais ont pris de l’ampleur hier soir, plusieurs milliers de personnes ont protesté. Il y avait un grand nombre de policiers anti-émeute dehors hier soir et ils sont encore dehors à l’heure actuelle. Je peux vous dire que plus de 30 personnes ont été blessées. » Mardi matin, quelque 10.000 travailleurs ont encerclé le gouvernement du canton en s’affrontant à un millier de policiers. Cette nuit-là les autorités ont soudainement décidé de disperser les manifestants en ordonnant à la police de les charger. La police a bouclé la ville et les médias de Shaxi et de Zhongshan ont publié des avertissements disant à la population de rester à l’écart de la ville tout en demandant aux gens de rester chez eux.

Les magasins, les écoles et les banques ont tous été fermés. Selon le quotidien Ming Pao Daily de Hong Kong, des dizaines de milliers de travailleurs migrants, y compris des cités voisines, sont arrivés pour soutenir les manifestations. Les travailleurs s’en sont pris aux voitures et aux postes de police ainsi qu’aux magasins. Une station d’autobus a été incendiée. La police a attaqué sans discernement quiconque se trouvait dans la rue et les hôpitaux de la région se sont remplis de blessés. Le journal, citant des sources anonymes, a rapporté que le gouvernement central de Beijing avait autorisé la police et l’armée à tirer sur les travailleurs si les troubles s’intensifiaient. Il a déployé 10.000 policiers à Zhongshan, dont de vastes contingents venus des villes avoisinantes pour empêcher toute forme de manifestation dans la principale ville. Les autorités chinoises ont tenté de minimiser l’incident.

La chaîne de télévision d’Etat a retransmis les commentaires du père du garçon blessé qui a insisté pour dire que son fils avait souffert de blessures mineures et n’était pas mort comme de nombreuses rumeurs l’avaient laissé entendre. Il a dit ne connaître aucun des manifestants. Pour justifier la violence policière, les médias d’Etat ont prétendu que des bandes criminelles organisées étaient derrière les protestations. L’éruption soudaine des protestations est le résultat d’une discrimination systématique à l’encontre des travailleurs migrants qui sont privés de statut résidentiel officiel dans la ville. Ils sont traités comme des citoyens de seconde zone n’ayant pas accès aux services fournis et étant constamment soumis au harcèlement de la police. Dans des villes comme Shaxi, où les travailleurs migrants sont plus nombreux que les gens de la région, le gouvernement n’est pas responsable de leur éducation ou de leurs soins de santé.

La politique officielle encourage les préjudices locaux contre les « migrants », y compris de la police qui les rend souvent responsables de l’augmentation du taux de criminalité. Ce qui s’est passé à Shaxi fait partie d’une agitation plus générale des travailleurs dans cette même province. En juin dernier, des protestations similaires avaient éclaté et qui avaient impliqué quelques milliers de travailleurs migrants occupés du centre de fabrication de jeans à Zengcheng. Depuis novembre, il y a eu dans la province une vague de grèves contre la réduction des salaires et les attaques contre les conditions de travail. Le week-end dernier, la police a violemment mis fin à une occupation d’usine organisée par 800 travailleurs à l’usine Lituo Explosive Equipment dans la ville de Shaoguan qui est également située dans la province du Guangdong.

L’ancienne entreprise d’Etat produit des explosifs et des détonateurs industriels. Les travailleurs sont en grève depuis début mai pour protester contre la direction qui avait pillé, l’année dernière lors de la vente de l’entreprise, l’argent appartenant aux travailleurs. Le 22 juin, des travailleurs ont bloqué une route et fermé les portes de l’usine en empêchant les gérants de la quitter. Le gouvernement a déployé des centaines de policiers anti-émeute qui ont attaqué les travailleurs avec des gaz lacrymogène et en ont arrêté plusieurs. La cause sous-jacente aux troubles grandissants des travailleurs est la forte baisse des exportations due à l’aggravation de la crise économique en Europe et le manque de demande en provenance des Etats-Unis. L’économie de Guangdong, qui était la force motrice de l’ensemble de la Chine, connaît actuellement de gros problèmes.

Ses exportations et ses importations n’ont progressé que de 5 pour cent au cours des cinq premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’année dernière, soit 2,7 points de pourcentage en dessous de la moyenne nationale. Les investissements d’actifs immobilisés ont augmenté d’à peine 9 pour cent durant la même période, soit une baisse de 9,9 points de pourcentage par rapport à l’année dernière. L’économiste Cheng Jianshan de l’Académie des sciences sociales de Guangdong a dit le 27 juin au service d’information chinois que la « troïka » (exportations, investissement et consommation) de la province était en train de s’essouffler : « La contraction du commerce extérieur est en train de miner la confiance des investisseurs, entraînant un affaiblissement de l’investissement en capital fixe qui, à son tour, affecte la confiance des consommateurs et la valeur ajoutée industrielle. »

Après une série de protestations violentes, le chef du Parti communiste de Guangdong, Wang Yang, avait promis l’année dernière aux travailleurs un « Guangdong heureux », y compris à Zengcheng et aussi aux villageois à Wukan qui avaient mené une longue lutte contre la corruption régnant dans les ventes de terrains. Toutefois, face à la baisse des profits, les propriétaires des ateliers de misère cherchent à imposer aux travailleurs de nouveaux fardeaux en réduisant les salaires et en exigeant une productivité plus grande. Le gouvernement de Guangdong aurait dû augmenter le salaire minimum au début de l’année mais, sous l’influence du groupe de pression des fabricants de Hong Kong qui emploient des millions de travailleurs dans la province, le gouvernement a ajourné l’augmentation, provoquant ainsi une vague de grèves. Le 18 juin, un effectif de 3.000 salariés dans une usine d’horlogerie appartenant à des Japonais à Guangzhou avait débrayé pour revendiquer une augmentation de salaire. Leur salaire de base s’élevait tout juste à 1.100 yuans par mois, minimum officiel dans le district d’Huada où l’usine est située.

Après déduction de 200 yuans pour la sécurité sociale, les travailleurs se sont plaints de n’avoir tout simplement pas suffisamment d’argent pour vivre. Dans une autre usine électronique japonaise à Guangzhou, les travailleurs ont eu droit à une augmentation qui a fait passer leur salaire de 1.350 yuans à 1.500 yuans par mois à partir du 1er juin, mais un millier d’entre eux ont débrayé le 14 juin en disant que l’augmentation ne leur permettait pas de joindre les deux bouts. Les mesures brutales d’Etat policier utilisées cette semaine contre les travailleurs migrants à Zhongshan sont enracinées dans la crainte du régime chinois que toute protestation qui se poursuit pourrait déclencher une action de bien plus grande envergure de la part de la classe ouvrière fortement concentrée à Guangdong et dans les autres centres industriels de la Chine.

(Article original paru le 30 juin 2012)

Source: John Chan – World Socialist Web Site, 3 juillet 2012

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 13:18

billet d'humeur:

Enfin je commence à publier des recettes sur le blog du laboratoire.La cuisine c'est une solution de rencontrer des gens maisavec ce putain de capitalisme.Les capitalistes ont ravagé toute la Drome(exemple: déguster des truffes du tricsatin pleine de la polltion radiocactive) et l'Ardéche ( le chassezac avec son barrage de Mallarseet aussi  squater par le tourisme vert..) on ne peut plus trouver des ingrédients non dégueulassé par ces pourritures de la bande du faire du fric de tout. Déjà ça mérite une insurection pour enfin pouvoir manger des choses naturels non pourri par l'envi de faire du  fric de tout

lu  l'article ci dessous sur le blog de l'atelier de création libertaire:

 

Après le pudding Salvator, concocté par Joseph Favre et dégusté à la fin de sa vie par Bakounine, je prends connaissance par René Fugler d’une autre recette bakouninienne : les “Spaghetti a la Bakunin”. René a trouvé cette recette dans un ouvrage récemment paru aux Editions générales First, La Cucina della mamma. Recettes authentiques des grands-mères italiennes (collectif, 414 p., 17,90 euros) - bien qu’en l’occurrence il s’agisse d’une recette mise au point par un homme. Cette référence se trouve sur le site anarlivre.

Le texte de présentation de cette recette indique que Bakounine « arriva en Italie en 1862 et tissa des liens avec Carlo Cafiero , Saverio Friscia, et Giuseppe Fanelli, avec lesquels il élabora les sujets qui allaient être la cause de la scission avec la branche marxiste de la Première Internationale ». En fait, Bakounine n’arriva en Italie qu’en 1864, mais peu importe en l’occurrence. C’est un dénommé Vella, peintre d’Agrigente et fervent admirateur de Bakounine, qui lui dédia cette recette sicilienne.

 En voici les ingrédients : 2 gousses d’ail, 45 ml (3 c. à soupe) d’huile d’olive, 4 filets de sardines salées, 1 kg de tomates, piment fort en poudre, sel, poivre, marjolaine, 700 g de spaghettis.

Et voici la recette : « Faites dorer légèrement les gousses d’ail dans l’huile, puis enlevez-les. Dans l’huile aromatisée, faites fondre les filets de sardines salées, puis ajoutez les tomates pelées et épépinées, coupées en morceaux, une pincée de piment fort, du sel et du poivre. Faites cuire à feu doux pendant 10 minutes, puis parsemez abondamment de marjolaine. Cette sauce permet d’assaisonner 700 g de spaghettis cuits al dente. » Vin conseillé : inzolia ou grecanico de Sicile .

Bon appétit ! Comme me le dit René, voilà de quoi compléter un substantiel repas qui se terminerait par un pudding Salvator…

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Agenda

    dimanche 30 juin

15h à 16 h

accueil de familles de prionnier-e-s

discussion , infos et peites recettes

pour les proches de détenu(E)s...

- aides juridique

-participation à l'émission de radio Mega

du 22 juillet