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Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale

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En soutien à Mylène qui nous a laissé un commentaire au sujet de la lutte autour de la gratification

Stagiaires en colère !

En février dernier, un décret s'est rajouté à la loi d'égalité des chances de janvier 2006. Il instaure la gratification des stages des stages de plus de trois mois à hauteur de 30% du Smic, soit 380€ environ.
D'une manière exact le décret du 31 janvier 2008 impose la gratification des stages de plus de 3 mois pour les travailleurs sociaux en formation préparant un diplôme de niveau IV. Cette mesure, qui peut apparaître comme une avancée, introduit une hiérarchie entre les différents diplômes du travail social en excluant les formations de niveau V. Dans sa grande générosité, l’Etat s’exonère aussi de l’application de cette loi dite « de l’égalité des chances » en dédouanant les établissements de la fonction publique de l’application du décret.

Les premières conséquences de ce décret sont l’annulation de stages qui vont mettre en péril la formation des étudiants. C’est pourquoi nous soutenons les étudiants en lutte dans leurs revendications d’un financement des gratifications par l’Etat ; d’une extension de l’application du décret à tous les diplômes sans distinguer le public du privé et sans que cela ne remette en cause le statut de travailleur social en formation.
Au laboratoire on ne peut s'empêcher de rechercher  nous vous proposons  ce texte .


Il me semble que cette culpabilité aux relents judéo-chrétiens tient de l’écart entre les idéaux qui conduit les travailleurs sociaux à embrasser cette carrière et la réalité de l’exercice professionnel avec son lot de rationalité budgétaire et ces catégorisations des publics concernés
-  Une petite case pour chacun, un diagnostic, une solution à court terme et retour à la case rentabilité sociale - Cependant, tout système a du jeu et même si les Travailleurs Sociaux  n’ont pas toujours la possibilité d’exprimer leur éthique comme ils/elles l’entendent, ils/elles peuvent toujours jouer avec les limites de leur mission, peser sur celles-ci pour le mieux être des personnes accueillies. A s’enfermer dans une vision mortifère, il y a tout lieu de croire que le combat est perdu et que l’on a renoncé à faire progresser ce monde.

Un autre écueil me semble t-il est de parler du « travail social » comme d’un bloc monolithique, j’oserai dire qu’il y a autant de formes qu’il y a d’institutions, de métiers, de secteurs  ; les logiques du secteur de l’enfance inadaptée ne sont pas les mêmes que celle du secteur de l’handicap, d’une part du fait des problématiques des personnes elles-mêmes que de l’histoire sociale propre à chacun de ces secteurs. A faire une définition générale du travail social, il y a risque, alors, de s’égarer et de rendre opaque à la critique les logiques qui maintiennent le système de domination instituée propre à chacun de ces secteurs. Dès lors, on comprend la nécessité même de faire l’analyse de la trajectoire de chacune des institutions en parallèle de celles des personnes concernées. Ainsi dans un même secteur, on peut voir naître des pratiques très différentes, des institutions vont opter pour un versant répressif, redresseur de torts, dans le souci de rééduquer pour redresser et d’autres vont défendre une vision progressiste de l’homme en aménageant les conditions premières d’existence nécessaire à la dignité de la personne accueillie - certains TS vont faire leur métier par vocation charitable, d’autres en pensant le bien des gens à leur place et d’autres encore en prenant en compte le sujet. Autant de postures qu’il y a de positions sociales occupées, autant d’éthique qu’il y a de produit de l’histoire sociale et économique. Dans chaque système, il existe au moins deux pôles  : ceux qui luttent pour son maintien et ceux qui résistent pour sa perte. Même si nous sommes la résultante de notre propre histoire et expérience, une fois conscientisé, il est toujours possible de s’émanciper et d’occuper une place de trublion dans l’organisation de l’ordre établi.

Enfin, une dernière remarque concerne les personnes visées par les services sociaux eux-mêmes. Il n’y a qu’un pas à faire pour penser qu’elles ne font que subir le joug social. Ces personnes ne sont pas uniquement objet du travail social, elles ont en elle (et fort heureusement  !) la capacité de jouer avec les limites des prestations sociales, elles résistent, s’opposent, bref ne se conforment pas tout à fait à ce qu’on attend d’elles. Aucune institution, de ce fait, ne peut-être tout à fait dans la toute-puissance. A considérer le contraire, serait de penser l’autre comme objet subissant, au risque de tomber dans le même travers que celui que l’on dénonce du côté de celles et ceux (les dominants) qui instrumentalisent les publics bénéficiaires des prestations sociales. Pour preuve le nombre d’associations et de collectifs de défense des droits construits et animés par celles et ceux que nous pensons (à tort !) parfois comme démunis de tout désir pour s’émanciper. Et là, où ça résiste, il y a de la création, et là où il y a de la création, il y a de la liberté.

A mon avis, pour le militant, il reste à penser les problématiques de l’action sociale sous deux angles. D’un côté, nous ne pouvons lutter que pour faire disparaître les raisons d’être du travail social, en bref lutter contre les inégalités sociales intrinsèques au système capitaliste. Mais de l’autre (et c’est là le paradoxe !), nous ne pouvons pas laisser ceux qui souffrent de leurs conditions d’existence sur le bas côté. Il y va donc de la responsabilité de chaque travailleur social de s’engager idéologiquement dans sa profession, afin de lutter au côté de ceux que nous souhaitons voir s’émanciper. Plutôt qu’un discours résigné ou dénonciateur, écoutons notre saine colère pour en faire une arme de lutte, pour ne plus considérer l’autre comme objet, mais comme sujet, autrement dit pour donner à celles et ceux qui subissent en partie la précarité les moyens de leur colère, leur redonner ainsi tous les moyens de leur propre émancipation dans la lutte. - Faire avec eux et non plus pour eux !

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