Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
|
Publié le jeudi 24 avril 2008
|
|
« Des patrons autoritaristes et productivistes faisant fi de considération humaine pour leurs employés, il en existe partout dans le monde capitaliste, c’est pas un scoop. La première chose que je retiens de mon expérience à L’Age de faire, c’est que ces comportements ne sont pas réservés à la sphère capitaliste. La deuxième, et la plus importante, c’est que chaque fois que j’ai évoqué mes conditions de travail avec des militants écolos, ils ont détourné les yeux. » Philippe Declerc a été webmaster du journal L’Âge de faire pendant six mois. Il a démissionné, comme un grand nombre de salariés de ce journal.
Le journal L’Âge de faire est un mensuel écologiste né à la fin 2005 et distribué à 60 000 exemplaires par abonnement et sur les foires bio. L’Âge de faire a pour but de « gagner l’opinion publique aux questions écologiques et citoyennes ». Ses locaux se trouvent dans les Alpes de Haute-Provence, sur la commune de Salignac, au lieu-dit La Treille. La rédaction travaille de fait au domicile d’Alain Duez, président de l’association loi 1901« L’Âge de faire », qui gère le journal. Comme président, Alain Duez ne touche pas de salaire. Il dirige par contre l’équipe des salariés du mensuel, une dizaine de personnes.
Ancien entrepreneur dans le BTP et fondateur du journal, Alain Duez en détient toutes les rênes. Un jour, nous recevons au journal un courriel. Celui-ci nous invite à aller lire un forum Internet dédié au journalisme sur lequel des anciens salariés de L’Âge de faire décrivent des conditions de travail très dures. Un forum Internet étant très très loin d’être une source fiable d’information, nous n’y portons pas trop attention. Mais des salariés du journal nous appellent, et après avoir recueilli un, deux, trois, puis au total presque une dizaine de témoignages d’anciens salariés, tous traumatisés par leur passage à L’Âge de faire (certains ont peur d’apparaître dans cet article), tous concordants dans leurs dires, nous décidons de rendre public ce que nous avons appris.
1. Climat de travail et management
Au moins huit personnes ont quitté L’Âge de faire par démission depuis sa création. Avec à peine trois ans d’existence, le turn-over est impressionnant. Sous couvert du tutoiement entre employés et patrons et d’une structure associative, les salariés de L’Âge de faire sont traités comme des « outils » et rabroués en permanence. Le partage du pouvoir ou de l’initiative au sein du journal est inexistant. « Vocifération », « hurlement », « humiliation », « enfer » sont les termes utilisés par les anciens employés.