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Le Bien Public, mercredi 30 avril 2008
Prison de femmes : cris hurlements et feux de colère
Les spécialistes affirment que toute émeute résulte d’une progression géométrique de l’imbécillité.Ils auraient vérifié le théorême di manche dernier au quartier femmes de la maison d’arrêt.C’est à un point tel que même l’audience de comparution immédiate consacrée aux « coupables » n’a pas permis de cerner l’origine précise du désordre.
A un moment donné, toutes les détenues utilisent leur plateau pour taper sur les barrreaux et organiser le barouf.L’une d’elles est interpellée par un surveillant.Elle nie le tapage et on veut l’entrainer de force vers les zones disciplinaires.Elle crie « comme un cochon qu’on égorge. La progression normale a lieu : on expédie les matelas par les fenêtres et, pour faire bonne mesure, on y met le feu.Et arrivent les mots : ces dames prétendent être moins bien traitées que les détenus mâles :moins de parloir, moins de sortie.Le désordre s’amplifie.Il faut appeler l’ERIS(équipe régionale d’intervention spécialisée) c’est à dire les musclés cagoulés chargé de rétablir l’ordre en milieu pénitentiaire.Tout cela finira par la mise en cause de quatre prévenues et leur conduite en comparution immédiate.Le choix ne s’est pas portée sur les moins chargées pénalement.
Priscilla a 18 ans et déjà 2 enfants.Elle a même accouché du dernier en prison et s’est vu refuser un aménagement de ses 9 condamnations ;l’enfant a été confié à sa mère.Alexandra a accouché de 3 enfants dont 1 en suite d’un viol et un mort-né par suite de coups sur la mère.La troisième,Nadège, est détenue préventive pour tentative de meurtre.Les a-t-on choisies pour leurs palmarès ?A la vérité, il est bien difficile de cerner le rôle de chacune.Nadège sera relaxée car elle reconnait avoir jeté son matelas mais sans y mettre le feu donc sans dommage.Les deux autres ( car la 4ème refuse la comparution immédiate) écoperont de 3 mois après des réquisitoire et plaidoiries variant sur le thème de l’univers inconnu des sages intervenants d’audience,c’est à dire l’intérieur d’une prison.
Le ministère public y ira d’un souhait d’utilité sociale et pédagogique de la détention,invitant les détenues à ne revendiquer que dans le respect de la logique administrative pénitentiaire tout en reconnaissant mal imaginer ce qu’est le séjour carcéral.Les deux avocates en charge de la défense confessent n’en pas connaitre davantage et plus profondément les souffrances et causes de révolte.Si l’on osait, on y verrait l’âme rassurée de la justice qui prononce des sentences et n’en souhaite plus entendre parler.Ce serait sans doute médisance.En monde judiciaire, on ne sait certes pas tout mais on ne demande qu’à apprendre.