Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale

Publicité

Prison : des travailleurs sociaux se révoltent

·Les travailleurs sociaux de l’administration pénitentiaire dénoncent l’abandon du suivi individualisé des détenus

La Justice se réforme tous azimuts, au grand dam de la plupart de ses acteurs. Cette fois-ci, ce sont les Conseillers d’Insertion et de Probation (CIP) qui s’élèvent contre les projets du Garde des Sceaux Rachida Dati. Interdits de droit de grève, ils manifesteront cet après-midi à 14h sur Paris contre une réforme qui se résume, selon eux, à une disparition progressive de l’accompagnement social et du suivi individuel des détenus. L’antenne bayonnaise des Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (SPIP) a sollicité dans cette optique un rendez-vous à la sous-préfecture pour aujourd’hui. Un représentant est également monté à Paris.

Préparer la sortie de prison

Métier mal connu, les CIP sont en quelque sorte les assistants sociaux des personnes placées sous la main de la justice.Leur mission, de service public, consiste à veiller à l’exécution des sanctions et à prévenir les effets désocialisants de l’incarcération - autrement dit, à préparer la sortie de prison et la réinsertion pour éviter la récidive. "Sur Anglet, nous sommes 10 CIP et assistants sociaux plus trois personnes rattachées à la maison d’arrêt de Bayonne, pour gérer 690 personnes sur l’ensemble du Pays Basque" annonce Laurence Chabalgoity CIP à Anglet représentante du syndicat SNEPA, pour pointer le manque de moyens humains. Il n’y a pourtant jamais eu autant de personnes détenues dans les prisons françaises (63 645 au 1er mai). La maison d’arrêt de Bayonne abrite 160 détenus, soit le double de sa capacité.

Rachida Dati souhaite abandonner le suivi individualisé et privilégier une prise en charge collective des détenus, par groupe. "La réforme vient consacrer une vision purement administrative du travail social, qui deviendrait une aide à la décision du magistrat et un contrôle administratif du respect des obligations judiciaires" proteste-t-on du côté des syndicats CFDT et SNEPAP.

Primes au mérite

Pour couronner le tout, les travailleurs sociaux du SPIP demandent la revalorisation de leur statut, qui n’a pas évolué depuis 1977. "La réforme souligne l’expertise des travailleurs sociaux en matière d’exécution des peines et leurs connaissances en criminologie. En revanche, elle ne procède pas à la reconnaissance et à la revalorisation salariale des métiers" dénoncent les syndicats.

Les syndicats s’insurgent égrènent également les règles statutaires "illégales" en matière de mobilité (obligation de siéger deux ans au même poste avant toute mutation) et "injuste" en matière de répartition des primes. En gros, les travailleurs sociaux vont devoir faire du chiffre. "Nos chefs nous attribueront des primes en fonction des résultats sur nos dossiers. Par exemple, dans le cadre d’une peine de travaux d’intérêt général, la prime sera accordée si le détenu répare intégralement la vitre qu’il a cassée" explique Laurence Chabalgoity.

La réforme Dati prévoit également la réduction de deux à un an la formation des CIP.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article