Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
Dans le numero de Barricata n°16 arrivé à la bibliothéque du Laboratoire , très bon dossier sans papiers;site web www.barricata.org,
À Vincennes, semaine après semaine, la tension est extrêmement haute, entre des retenus qui manifestent scandant "Liberté !", et des policiers qui interviennent massivement, à répétition. Journal de bord de lundi à mercredi.
Lundi 2 juin :
● CRA 2
Un retenu X est victime de violences policières lors de son transfert au JLD. A priori, il serait frappé lors de son extraction de la fourgonnette de la police pour être remis au CRA 2.
Mardi 3 juin :
● CRA 1
Monsieur M veut aller à l’infirmerie. En y allant, il a un accrochage avec un autre retenu. L’affaire s’arrange entre eux et M. M va à l’infirmerie. Alors qu’il était en visite médical, 4-5 policiers rentrent dans l’infirmerie et commencent à l’accuser d’être agressif et de mal parler aux autres retenus. La bagarre éclate. M. M reçoit plusieurs coups par les policiers et est placé en chambre d’isolement.
Quelques heures après, il sort de la chambre d’isolement et simule un malaise afin d’être amené à l’hôpital, ce qui est fait. À l’hôpital, il obtient un certificat médical attestant ses blessures.
● CRA 2
1) Les retenus du CRA 2 se mettent en grève de la faim en raison de la façon d’être très mal traités et de la mauvaise qualité de la nourriture au CRA. Plus précisément, ils estiment que :
• ils sont traités comme moins que rien, • que la nourriture n’est pas suffisante, • qu’elle est de très mauvaise qualité • qu’elle n’est pas hallal.
2) Le retenu X qui a fait l’objet de violences policières dépose plainte.
3) Une tentative de suicide au CRA 2.
Mercredi 4 juin :
● CRA 1
1) En arrivant au CRA 1, M. M nous informe qu’il veut déposer plainte. Il va chercher son certificat médical. Quand il revient, les policiers demandent de les suivre. Ils l’amène dans les locaux de la gestion. Le policier qui l’a frappé, présente ses excuses et dit l’avoir frappé sans faire exprès. Il lui demande de ne pas déposer plainte pour ne pas lui causer des ennuis.
M. M revient au CRA 1 et dépose plainte pour violences. Ensuite, il est transféré à la zone « travesti » du CRA 2.
2) Une personne fait un tentative de suicide et est amenée à l’hôpital.
3) En même temps au CRA 1, les retenus se rassemblent devant la porte du centre et scandent « LIBERTE ». Dans un premier temps, nous avons cru qu’il s’agissait d’une libération. Les policiers arrivent en masse et la tension monte d’un cran. Les retenus réclament à voir la CIMADE.
Les policiers réussissent à fermer les portes. Les portes du CRA 1 restent fermées pendant presque une heure et les policiers parlent avec les retenus dans le réfectoire.
Les choses se tassent un peu.
L’histoire qui a été l’élément déclencheur, est la suivante :
Le mardi soir (3 juin) vers minuit, les retenus font leur prière au deuxième étage du CRA 1, au hall qui donne à la cour. Deux policiers montent à l’étage, l’un ouvre la porte, crache par terre et dit « vous me casser les couilles avec votre prière ». Ils s’en vont.
Cinq-dix minutes après, alors que les retenus venaient de finir leur prière, les deux policiers amènent un nouveau retenu dans sa chambre. M. L les suit, commence à discuter avec le policier qui les a insulté et lui demande si ça lui plairait que l’étranger l’insulte pendant que lui faisait sa prière. Le policier lui répond qu’il n’a pas le droit d’être en France, ni le droit de faire sa prière ici en France. Il lui donne une baffe, lui marche sur le pied (pied qui est blessé pour une autre raison) et le pousse. L’autre policier essaie de calmer la situation. Les retenus viennent et éloignent le retenu.
Le chef du centre vient dans le CRA 1 et demande de voir celui qui faisait office d’imam pendant la prière. Il demande au policier qui les a insulté de s’excuser. Les retenus ne veulent pas d’excuses et veulent s’adresser à la justice.
Dépôt de plainte par M. L et quatre témoignages.
Les retenus se sont mis en grève de la faim en dressant une liste avec de noms, prénoms et signature. Leurs protestations/revendications sont les suivantes :
• insultes des policiers envers la religion. • les maltraitances et les provocations • l’absence de médecins et les horaires d’ouverture de l’infirmerie qui ne sont pas suffisants. • agressions de policiers envers les retenus. • la force et la violence quand ils viennent chercher quelqu’un pour l’amener à l’aéroport. • la nourriture est mauvaise, viande périmé, pas Hallal • absence de responsable à qui ils peuvent parler. • stopper la maltraitance et être traité comme des humains.
« Nous allons continuer de faire grève et de mettre tous les moyens pour s’en sortir. Nous demandons de parler avec la personne qui peut décider. »
Les retenus se plaignent collectivement pour les insultes dont ils ont fait l’objet.
[Source : RESF]