Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
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La surveillance est un business, et une industrie. Son carburant : la peur, avec des relents idéologiques nauséabonds, mais une efficacité démagogique éprouvée. L’analyse que je viens d’en faire, “Technologies de surveillance… ou de discrimination ?“, pour InternetActu.net, a l’inconvénient d’être un peu longue. Tentative de résumé.
Si les statistiques de la délinquance ressemblaient aux personnes les plus surveillées par ceux dont le métier est de regarder les écrans de contrôle des systèmes de
vidéosurveillance, les jeunes femmes en mini-jupe ou décolletés pigeonnants deviendraient probablement l’ennemi public n°1.
Ces dernières n’ayant pas précisément le “bon profil” des délinquants, ceux dont le métier est de nous vidéosurveiller se rabattent donc généralement, et de préférence, sur les jeunes (de banlieue / basanés / de couleur / encapuchonnés / rroms / en bande), les SDF et les “marginaux“.
Regarder, toute la journée, des images de vidéosurveillance n’est pas particulièrement gratifiant, et pour tout dire relativement ennuyeux. Il y a quelques années, un de ces employés s’était ainsi plaint qu’en plus, “les images sont en noir et blanc“…
Depuis, la technologie a évolué, la couleur a tendance à se généraliser, certains systèmes sont même couplés à des modules improprement qualifiés d’”intelligents” et censés aider le regardant à identifier les comportements suspects, ou déviants, mais le fond du problème reste entier.
La vidéosurveillance permet d’abord et avant tout de stigmatiser certaines catégories de la population considérées, a priori, comme criminogènes, quand bien même elles n’auraient rien fait de répréhensibles, et n’auraient rien à se reprocher.
“15% du temps passé par les opérateurs devant leurs écrans de contrôle relèverait du voyeurisme, 68% des noirs qui sont surveillés le sont sans raison spéciale, tout comme 86% des jeunes de moins de 30 ans, et 93% des hommes. En résumé, un jeune homme noir a beaucoup plus de probabilité d’être vidéosurveillé par les caméras, mais du coup, ça ne correspond plus à la délinquance.
Plutôt que de parler de vidéosurveillance, ou encore de “vidéoprotection” l'auteur de l'article préfére d'employer le terme de -“vidéodiscrimination“, puisque la vidéosurveillance, c’est aussi “l’institutionnalisation, et la technologisation, du délit de faciès“, ou de “vidéonormalisation“, avec comme exemple ces centres commerciaux qui, au moyen de la vidéosurveillance, créent “des zones d’apartheid social et géographique” (1).