Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
Georges Ibrahim Abdallah 1680 - A
MC de Lannemezan
Rue des Saligues, BP 166
65307 Lannemezan
France
Voici le texte de l'intervention que je ferai tout à l'heure,
à 19 heure, au meeting de la Bourse du travail de Saint Denis
(métro porte de Paris) pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah
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Pourquoi il faut réclamer la libération de Georges Ibrahim Abdallah
Je prends la parole aujourd'hui en tant qu'auteur d'un livre paru
en 1989 aux éditions de La Découverte et intitulé "L'antiterrorisme
en France ou la terreur intégrée". Très critiqué dans certains
milieux militants parce qu'il ne prenait pas le parti des
organisations armées dites "terroristes", ce livre avait au moins
une qualité, et il faudrait beaucoup de mauvaise foi pour le
contester : il n'a pas été écrit du point de vue de la police.
Cela suffisait quand même pour le distinguer, ce bouquin, de presque
tout ce qui avait été publié jusque là et de ce qui a été publié
ensuite sur le sujet du, ouvrez les guillemets, terrorisme.
Souvenons-nous. Il y a vingt ans, en septembre 86, les murs
du métro de Paris se couvraient d'affiches du type "Wanted"
comme on en voit dans les westerns, où figuraient les visages
de membres de la famille Abdallah. Avec l'aide empressée d'un
Edwy Plenel et d'autres journalistes porte-voix de différents
services de police, on avait imposé dans l'opinion l'idée
que la famille Abdallah faisait la guerre à la France.
Je me souviens en particulier de cette carte de l'Europe
et du Moyen Orient publiée par le Monde, chef d'oeuvre
de comique involontaire, qui démontrait, avec abondance
de petites flèches passant par Chypre et je ne sais plus
quelles capitales, que les frères Abdallah, qu'on avait vu
tel jour à telle heure au Liban pouvaient quand même avoir eu
le temps de venir en vitesse déposer une bombe devant le magasin Tati,
pour y faire 7 morts. Tout cela, pour réclamer, disait-on,
la libération de trois militants, dont Georges Ibrahim Abdallah,
détenu dans les prisons françaises parce qu'on avait trouvé
à son domicile une arme ayant servi à tuer
deux responsables des services secrets, l'un états-unien,
l'autre israélien.
Au lendemain de l'attentat chez Tati, France Soir titrait :
"Un témoin a reconnu, parmi 130 photos, Emile Ihrahim Abdallah comme
l'homme qui marchait". Au plus fort des explosions, Philippe Tesson,
du Quotidien, avait évoqué les avantages d'une justice sommaire.
Claude Saraute, dans le Monde, suggérait de "faire parler" Abdallah.
Ce climat-là, créé par Charles Pasqua et ses attachés de presse,
était encore bien présent dans les esprits quand Abdallah fut
jugé en février 1987. Alors qu'il était démontré qu'il n'était pas
l'auteur de l'exécution des deux maîtres espions, et qu'il n'en
était d'ailleurs pas accusé, alors que, dans un tel cas, le tarif
disons classique, pour détention d'arme, aurait dû être de
quelques années, il fut condamné à la réclusion à perpétuité.
Il était évident, pour tout le monde, qu'on condamnait non pas le
détenteur d'une arme mais l'un des responsables des attentats-massacres.
Or, il ne fallut pas attendre longtemps pour que la vérité éclate et
soit reconnue par tous, journalistes du Monde compris : les attentats
de septembre étaient un épisode de la crise des relations
franco-iraniennes. A l'époque, la France fournissait en armes et
en experts Saddam Hussein dans sa guerre contre l'Iran.
Les quatorze morts des attentats de septembre étaient une réponse
aux milliers de morts provoqués par ces transferts de technologie
française. Dans la réalité des faits, sinon dans l'énoncé du jugement,
Georges Ibrahim Abadallah avait été condamné à la perpétuité pour
des faits auxquels il était entièrement étranger.
C'était une première raison pour faire réviser son procès.
Mais il y avait aussi une deuxième raison, que tout partisan
de l'état de droit aurait dû considérer comme incontournable :
l'un des avocats de Georges Ibrahim Abdallah, l'immonde Mazurier,
était un agent de la DST.
La chose a été rendue publique après le procès, dans un livre,
l'Agent Noir, écrit par ce lamentable personnage, et
elle a été officiellement confirmée. Comme disait Me Vergès
dans une lettre au ministre : "C'est la première fois dans
l'histoire mouvementée de la France qu'on voit l'Etat envoyer
auprès d'un accusé un agent de ses services spéciaux déguisé
en avocat pour le trahir dans sa défense.
Cela ne s'était jamais vu même aux jours sanglants de la Terreur
jacobine ou de la Terreur blanche ni même pendant l'occupation."
Georges Ibrahim Abdallah a donc été victime d'abord d'une injustice
flagrante et ensuite, d'une forfaiture pure et simple.
Si la démocratie française était ce qu'elle prétend être,
il aurait dû être rejugé ou relâché. Aujourd'hui, vingt ans après
sa condamnation, il pourrait être libérable si l'état français
le décidait. L'état s'y refuse, et cet acharnement est dicté par
les mêmes raisons qui ont entraîné l'embastille ment l'abdominal :
la démagogie du spectacle nanti-terroriste et sécuritaire. Je sais
que ces discours qui relèvent les contradictions d'un État
qui se prétend de droit n'intéressent pas Dallais.
Mais moi, si. Ils m'intéressent parce qu'à travers son affaire,
il me semble voir se préfigurer tout ce que nous voyons se déployer
aujourd'hui à l'échelle planétaire. L'unanimisme des la presse
française en septembre 86 me semble annoncer celui de la presse
américaine en septembre 2001 :
même refus de se poser des questions sur les racines réelles de la
violence qui explose sur les trottoirs occidentaux, même refus de
réfléchir aux conséquences logiques (je ne dis pas qu'elles sont
éthique ment acceptable, mais elles sont logiques) des violences de
masse que l'occident suscite ou inflige directement ailleurs dans
le monde, et en particulier à proximité des champs pétrolifères,
même reprise sans recul du discours étatique. Le mépris de la lettre
et de l'esprit du droit manifesté par l'appareil judiciaire français
et son ministre annonce ce que Bush va faire du droit international
et des droits des individus : un torche-cul. L'état français,
notre petit État hexagonal, à bien des égards si souvent ridicules,
cet État qui avait déjà exporté le savoir faire de ses tortionnaires
de la guerre d'Algérie en Amérique Latine, cet État français, donc,
peut se flatter d'avoir été à l'avant-garde d'un phénomène qu'on voit
se déployer aujourd'hui à l'échelle planétaire. Je veux parler de
l'état d'urgence permanent, je veux parler de ce que le pouvoir
impérial de la clique bushienne impose au monde entier, d'Abou-Ghraïb
à Gaza et de Guantanamo aux prisons secrètes en passant par le
développement d'une surveillance planétaire. L'injustice faite à
Georges Ibrahim Abdallah préfigure toutes les injustices que le
gouvernement mondial inflige aujourd'hui à des milliers de gens.
Et surtout, l'acceptation de cette injustice contient l'acceptation
de toutes les injustices à venir, de toutes celles que nous voyons
aujourd'hui.
A ce point, le fait que je ne partage pas le discours politique
de Georges Ibrahim Abdallah n'a aucune importance :
l'injustice qui lui est faite est une injustice qui m'est faite à moi,
à nous tous.
C'est pourquoi il faut réclamer la libération de
Georges Ibrahim Abdallah.
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> Serge Quadruppani
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Le 21 octobre dans toutes les capitales européennes aura lieu des rassemblements et des manifestations.
Le même jour à Beyrouth aura lieu un grand meeting de soutien et une manifestation pour sa libération .
Cette journée de soutien est aussi une journée de lutte
contre la guerre impérialiste que la France et les autres puissances unis sous la direction US ménent contre les peuples du Liban, de palestine d'Irak et d'Afganistan.