Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
Prenons nos luttes en mains
Suite à l’annonce de la construction de nouveaux réacteurs EPR à Flamanville, de nouvelles lignes EDF « très haute tension » (THT) vont être construites dans le bocage normand et mayennais pour joindre la centrale nucléaire de Flamanville au réseau national et breton. Ces lignes nous semblent à plus d’un titre dangereuses, mais au delà c’est bien la relance du programme nucléaire qui est néfaste, ainsi que le monde et la société qui l’accompagnent.
Les T.H.T. sont dangereuses. Les effets des champs électromagnétiques sur notre santé et celles des animaux sont aujourd’hui largement connus. Notamment avec les leucémies infantiles. Elles sont destructrices de la faune et plus particulièrement du bétail. Ce n’est pas pour rien que RTE et EDF proposent des dédommagements. C’est là le prix du silence. Le même prix qui fait taire les nord-cotentinois achetés à coup d’argent atomique.
Lutter contre les T.H.T., c’est lutter contre l’EPR à Flamanville et ailleurs, et contre la société nucléaire en général. Le nucléaire et le monde dans lequel il prolifère est dangereux. Dangereux par les désastres environnementaux et sanitaires qu’il génère, de Tchernobyl à Cherbourg. Dangereux par la prolifération de l’arme atomique qu’il abrite. Dangereux par l’exploitation de l’Afrique Noire (comme l’exploitation des mines d’uranium au Nigéria) et de ses dictatures qu’il entretient et par la société policière de contrôle qu’il participe à développer. Ainsi depuis quelques années, un certain nombre de simulations d’accidents nucléaires ont servi de laboratoire aux gestions autoritaires des foules qui ne manqueront pas de s’imposer en temps de catastrophes écologiques majeures ou de crises sociales importantes.
Le nucléaire passe toujours en force, et ce depuis sa création parce qu’il est l’une des faces des sociétés capitalistes contemporaines. C’est ainsi qu’il s’est développé au cours des années 70 en France. A coup de CRS contre les populations locales. Et le voile démocratique dont les nucléocrates d’EDF, AREVA ou RTE se parent ne doit pas nous illusionner. Il n’y a pas de nucléaire citoyen, pas plus que de nucléaire durable. Ils ont déjà décidé pour nous et ne plieront que devant notre propre détermination.
C’est pour cette raison que nous ne pouvons laisser la lutte entre les mains des marchands de rêves qui nous promettent que 2007 et les présidentielles arrêteront le programme nucléaire, ou ceux qui, comme entre autres les Verts, jouent double jeu comme au Conseil Régional de Basse-Normandie, où leur abstention a permis à une motion pro-EPR de passer... ce n’est pas en négociant que l’on obtiendra quoi que ce soit, mais en s’organisant pour inverser le rapport de force par la lutte et l’action directe : la manifestation, les occupations de sites, les sabotages, les perturbations de réunions...
CRAN@no-log.org
[Tract distribué le 28 octobre 2006 à la manifestation de St Hilaire du Harcouët (Manche)]
Le Collectif Radicalement Anti-Nucléaire (CRAN)
Nous nous sommes organisé-e-s en collectif depuis peu. Nous sommes principalement caennai-se-s. Pour certain-e-s d’entre-nous la lutte anti-nucléaire n’est pas nouvelle. Nous étions un certain nombre par exemple à organiser un espace autonome avec la coordination contre la société nucléaire au sein du Village Alternatif Autogéré et Anti-Nucléaire d’avril dernier à Cherbourg.
Nous nous sommes réuni-e-s autour d’un projet commun contre le nucléaire et la société dans laquelle il se développe. Pour affirmer notre refus du nucléaire et de ses désastres quotidiens de la Biélorussie à Cherbourg. Pour dénoncer la prolifération de l’armement nucléaire et le développement de la société de contrôle social et policier qui lui sont intimement liés. Pour s’opposer à la dictature de son armada d’experts et l’expropriation de nos propres vies qui s’y déploient. Egalement pour remettre en lumière le lien entre nucléaire et capitalisme et insister sur la nécessité de rompre avec la notion de développement fut-il durable...
Nous nous sommes réuni-e-s également autour de pratiques communes :1’action directe contre les nucléocrates et leurs entreprises de destruction du vivant, le refus des logiques électoralistes et du fétichisme organisationnel (politique ou syndical), la réappropriation de l’histoire de la lutte antinucléaire, à travers la réédition de textes anciens ou plus récents, l’échange d’infos et d’analyses sur la question du nucléaire.
Toute notre énergie sera pour vous !
[Extrait de "Cette Semaine" n°91, décembre 2006, p.5]