Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
pour des luttes autonomes
« Brève qui restera totalement inaperçue, comme celui qui en est mort.
Ce matin entendu sur France inter dans un flot ininterrompu des nouvelles, une phrase brève, aussi brève que la banalisation de l'horreur
En province, un Sdf est mort; les voitures de ramassage des ordures l'ont écrasé: il dormait sous un carton.
En voulant ramasser les ordures... » ( indymédia Paris )

« En province » il s'agit de Valence...
A propos de la mort d'un pauvre écrasé par un camion poubelle un samedi, le 13 janvier 2007 à 6h. du matin( titre du Dauphiné « Le retour du rallye Monte Carlo »).
Le journaliste du dauphiné libéré ( presse locale ) signale juste que le chauffeur du véhicule a été soumis par les services de police à un contrôle d'alcoolémie, du reste négatif. L'horreur est écrite en langage clinique (une main écrasée par le camion, cri de la victime, hémorragie interne quand le blessé est admis aux urgences), pour satisfaire la bonne conscience du lecteur ( la victime venait la veille d'être mis hors du service des sevrages alcooliques de l'hôpital général. Le scribouillard du journal sous-entend: pauvre mais alcoolique.)
Quelques réflexions autour du fait
Il me suffit de reparler des histoires anecdotiques de cette ville, de cet espace de consommation réservé à l'achat des sacro saintes marchandises. Depuis que la bourgeoisie a été élue pour gérer cet espace commercial et immobilier, que se passe t-il?
Arrêt anti-mendicité, vestiaire valentinois ( proposant un espace non commercial pour s'habiller pour les pauvres) supprimé, restaurant (caritatif) pour les sans domicile et les sans argent, secours populaire renvoyés dans une zone Hlm, la mairie soutient une pétition pour le départ de l'entraide protestante prétextant de la nuisance sonore et de la vue de la misère. Cette institution se trouve à proximité des boulevards (en travaux depuis 4 ans pour une somme colossale investie afin de donner de la valeur immobilière et commerciale à la ville) l'entraide protestante permet aux sans logis d'avoir une adresse pour le courrier et de boire le café le matin et surtout permet à la police municipale de les chasser du centre commercial, des rues piétonnes et de cacher la misère qui nuit au business. Il s'agit que les acheteurs n'aient pas mauvaise conscience.
une première explication sociologique
Pourquoi le silence? L'effet barrière:
« Quand des êtres humains sont attaqués, ils ont souvent tendance non seulement à se défendre mais à le faire d'une façon irrationnelle, en se retranchant du monde extérieur par exemple et se faisant, à renforcer souvent les dangers dont ils cherchent à se protéger. » Donc les personnes qui ont leurs adresses à l'Entraide ne parleront pas et ne se manifesteront pas. Surtout ne pas courir le risque que le foyer soit fermé. Cette ville est depuis des années gérée par une bourgeoisie cupide, orgueilleuse et vindicative qui n'a pas permis le moindre espace associatif pour cogérer la ville.
essai d'explication politique et une conclusion
On peut aussi lire la situation avec une autre analyse: Les locataires de l'Entraide se confondent avec la masse, le peuple, communauté régie par les intérêts du capitalisme et se meuvent dans la sphère de production et de reproduction de celui-ci. Cette communauté du capital peut tout à fait faire partie de la classe ouvrière entièrement dévouée au système qui l'exploite après avoir créé cette classe du capital. Lorsqu'elle apparaît massivement au sein d'une lutte qui a pour objet la maintenance pure et simple ou l'aménagement de la condition ouvrière (la défense de l'outil de travail, du salariat, voir la position ouvrière), elle est contre révolutionnaire. Les prolétaires qui composent la lutte à ce moment là font fi de tous les désirs profonds de vivre et se définissent comme agents de production (au même titre que les matières premières, ou les machines). Il faut être abruti, démagogue ou profondément gêné aux entournures pour s'en tenir là.
Cela ne signifie pas forcément qu'ils n'aient pas idée de ce qu'est la société. Et qu'ils ne sachent pas l'importance de leur acte mais que cette conscience procède d'affrontements pratiques. S'ils avaient eu une conscience très claire de l'enjeu, cela se serait répercuté dans la préparation et l'aboutissement du soulèvement, le contenu de leur critique en acte.
Pour toutes ces raisons, ce regroupement de révoltés, ces accords supposent une compréhension commune de la réalité, une autonomie très précise des démarches, c'est à dire une prise en charge réciproque et réelle de sa propre pratique. L'objet de l'accord réalisé, chacun continue la lutte à son niveau, sur des lieux géographiques, sociaux, circonstanciés.