Lundi, 05 Février 2007 ; 21h 43. De l’Agence ANSA: www.ansa.it
Pérouse – Il dit être ému, assure ne pas se considérer « un authentique non-violent », s’en prend à la grisaille de la vie d’aujourd’hui et parle de sa bataille d’épris de liberté : il explique être « un passionné de la prise de parole » et ne nie pas que ce soit là sa passion, Oreste Scalzone, aujourd’hui à Giano dell’Umbria (Ombrie, le pays natal de sa ville de naissance, Terni-les-Aciéries… 150 km de Rome…N.d.T.) pour sa première conférence de presse officielle après son long exil en France. L’ex-leader de Potere Operaïo (Pouvoir ouvrier et Pot’Op pour les intimes…N.d.T.), après une étape non-prévue au programme, hier à Reggio Emilia tient la rencontre d’aujourd’hui avec les journalistes et amis pour le début formel de son voyage politique en Italie, « réflexion sur sa propre bataille pour la liberté ».
En répondant aux journalistes et s’étendant en digressions articulées et parenthèses aussi passionnées que passionnantes, Scalzone parle au singulier, de son épouse Lucia, de sa fille de 34 ans qui vient de lui donner un petit-fils. Une famille qui l’attend à Paris, où il se défend « d’être pas allé hiberner là-bas, et d’y avoir vécu et connu des gens intéressants ». Il parle ensuite de la violence (« Sont-elles vraiment finies, ces années de plomb ? » s’est-il demandé en commentant la mort récente de ce policier au cours des incidents qui l’ont mis aux prises avec les supporters-tiffosi du Calcio de Catane) et de non-violence : « Je ne puis pas me prétendre non-violent absolu, parce que s’il y avait demain une insurrection, je ne puis garantir que je n’irais pas aux barricades faire le coup de feu ». Et il parle de sa bataille d’épris de liberté et de son engagement personnel de soutien, entre autres, à Paolo Persichetti, victime, dit-il, d’une « inéquité évidente ».
Il s’est rendu dans la soirée devant la prison de Viterbe, où est reclus Persichetti, pour lui chanter une sérénade. Chapeau à larges bords et écharpe rouge, Scalzone est arrivé vers les 13 heures – à bord d’un vieux camping-car que lui a prêté un ami- à Giano dell’Umbria, au siège de la « République de FrigolandiaFrigolandia », fondée par son ami Vincenzo Sparagna, figure historique salace de la satyre italienne et directeur en titre de la revue « Frigidaire ». La République de Frigolandia est une sorte de laboratoire d’Art, de satyre et de culture, la « République des désirs », comme aime à l’appeler Scalzone. C’est même avec Sparagna qu’il va réaliser clandestinement une publication sur les Trente ans de 68’, au cours d’un bref séjour en Italie, en 1998.
Il a recommencé aujourd’hui, en homme libre, mais sans documents (il a déposé au Consulat une demande de passeport). Il dit n’être qu’en possession du seul passeport délivré par la République du Frigolandia ( il y a beaucoup de noms au répertoire des citoyens du Frigolandia, tel Carlo Caracciolo – a rappelé Sparagna- et Claudio Petruccioli). Réfugié en exil en 1981, Scalzone –condamné à 16 ans de réclusion pour participation à bande armée et vol – a pu retourner en Italie en homme libre depuis que les délits pour lesquels il était accusé ont été prescrits. À Frigolandia, étaient aussi présents pour l’acceuillir les maires de Giano dell’Umbria et de Castel Ritaldi.
Le voyage de Scalzone se poursuivra demain à Rome, où il a été invité par « Lberazione » à présenter des commentaires sur les années 70, à Terni Vendredi prochain, au Centre social Germinal. Pour « l’anniversaire de la chasse au Lama de l’Université » il sera de nouveau à Rome, et le 17 à Vincenza, pour la manifestation contre l’extension de la base aérienne militaire américaine.