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De notre correspondante en Mauritanie
C’est à midi heure locale que les premiers clandestins ont été débarqués dans la capitale économique mauritanienne. Depuis dimanche, le «Marine 1» était positionné à une heure de route de Nouadhibou pour pouvoir entrer dans le port, dès que le feu vert lui serait donné. Ce lundi matin, le remorquage a finalement pris plusieurs heures, la manœuvre autour de la presqu’île de Nouadhibou étant plus difficile que prévu. Conformément à l'accord signé entre la Mauritanie et l'Espagne, un délai de quatre heures à partir de l’arrivée du bateau était prévu pour répartir les passagers selon leur état de santé et leur pays d’origine. Mais là aussi, l’opération est finalement beaucoup plus longue que prévue et se poursuivait encore lundi soir.
Les clandestins ont été autorisés à descendre du bateau par petits groupes de dix, pour permettre leur identification. Cette opération est menée par la police espagnole, l’Office international des migrations et les délégations du Pakistan, d’Inde de Guinée-Conakry qui sont arrivées sur place. Les difficultés de traduction ralentissent la procédure si bien que quatre heures après leur arrivée, 140 immigrants seulement avaient pu débarquer.
«Fatigués et affaiblis certains n’ont pas pu retenir leur larme en mettant pied à terre, d’autres étaient vraiment contents», raconte un interprète d’origine indienne. Les plus malades ont été orientés vers la tente de secours d’urgence installée sur les quais du port autonome. «Beaucoup ont attrapé la gale, ils souffrent de déshydratation et se plaignent aussi d’infection urinaire», ajoute l’interprète.
Après les consultations médicales, les clandestins ont droit à une collation, à une douche et des vêtements de rechange. «Leurs habits de voyage ont été stockés pour être ensuite brûlés», précise Ahmedou Ould Haye, représentant du Croissant rouge mauritanien à Nouadhibou. L’organisation a été à pied d’œuvre toute la nuit de dimanche à lundi, avec d’autres organisations humanitaires, pour préparer les petits-déjeuners et assurer l’accueil des immigrants.
Un événement, dans tous les sens du terme
Depuis ce week-end et l’arrivée annoncée du «Marina 1», la capitale économique mauritanienne est en état d’alerte. «On ne parle que de ça en ville, témoigne un commerçant. Toutes les forces de sécurité sont réquisitionnées, même les policiers, en civil depuis des années, montent aujourd’hui la garde devant le port, en tenue», ajoute t-il.
Le calvaire des clandestins aura duré plusieurs jours. Ils avaient lancé un appel de détresse le 3 février au large du Sénégal, pour une avarie mécanique. Le lendemain, le remorqueur de sauvetage maritime espagnol «Luz de Mar» avait pu porter secours au bateau. Il se trouvait alors au large de la Mauritanie mais Nouakchott a refusé pendant plusieurs jours d’accueillir ces encombrants passagers alors que Madrid ne souhaitait pas non plus les acheminer vers les Canaries. La situation s’est débloquée ce week-end après la visite à Nouakchott du secrétaire d’Etat espagnol aux Affaires étrangères.
par Marie-Pierre Olphand
Article publié le 12/02/2007 Dernière mise à jour le 12/02/2007 à 19:12 TU