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CLAIRVAUX (AFP) - Philippe Bidart, 53 ans, chef historique du mouvement indépendantiste basque armé Iparretarrak (IK), est sorti mercredi matin de la centrale de Clairvaux dans l'Aube, au bénéfice d'une libération conditionnelle, en demandant que "le Pays basque puisse vivre".
Vif, souriant, combatif, "Patxi" (son surnom), vêtu d'un jean, d'une veste polaire et coiffé d'un béret basque, est sorti à 07H00 sous les applaudissements d'une dizaine de proches dont ses deux filles Elorri, 23 ans, et Leire, 27 ans, et son frère Betti Bidart, 52 ans, charpentier à Bayonne, a constaté un journaliste de l'AFP.![]() |
Incarcéré depuis 1988, Philippe Bidart a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, en 1992 pour le meurtre de deux CRS à Saint-Etienne-de-Baïgorry et en 1993 pour le meurtre d'un gendarme à Biscarrosse. On lui a aussi infligé 20 ans de réclusion en 2000 pour une fusillade au cours de laquelle un gendarme avait été tué et un autre blessé à Leon.
Après avoir étreint ses deux filles et son frère sous une pluie fine, l'ex-chef d'Iparretarak a tenu un discours militant classique en langue basque, traduite par un sympathisant : "Comme Iparretarrak le disait, il faut que le Pays basque puisse vivre", a-t-il déclaré, parlant à deux reprises d'un "processus de paix" qu'il fallait "enclencher" au Pays basque français. Il a fait allusion à ses "quatre camarades qui sont encore en prison ici à Clairvaux", aux "600 prisonniers politiques (basques) dans les prisons", françaises et espagnoles et à Inaki de Juana (détenu basque de l'ETA, ndlr) "en grève de la faim et toujours en prison" en Espagne. "Ma joie n'est pas complète parce que l'Etat français ne reconnaît pas le Pays basque. (..) Ma joie n'est pas complète parce que c'est la fête des amoureux aujourd'hui, que j'aime le Pays basque, et que je ne peux pas y rentrer", a-t-il ajouté. Interdit de séjour dans plusieurs départements - dont les Pyrénées-Atlantiques, selon son avocat -, Bidart doit pour sa réinsertion travailler pendant sept ans à Béziers (Hérault), dans un centre d'aide aux demandeurs d'asile de la Cimade. Avant de s'engouffrer dans une voiture immatriculée dans les Pyrénées-Atlantiques, Bidart dans un geste savamment étudié a déployé une "Ikurrina " (drapeau basque) qu'il portait autour du coup en scandant "Gora Euskal Herria" (vive le Pays basque), poing gauche levé.