Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
Plusieurs travaux ont montré que la connaissance de la position sociale des ascendants est inégalement distribuée : selon que l’on soit ouvriers qualifiés ou non qualifiés, paysan, appartenant aux classes moyennes parisiennes ou à la bourgeoisie, l’amplitude de cette connaissance peut varier de trois à sept générations. Tout comme il existe une mémoire sociale, il existe un oubli social : de transmettre, de recevoir. Cet oubli est fonctionnel, c’est-à-dire qu’il prend place dans les rapports sociaux de transmission inter-générationnels, et qu’il est fonction du rôle de la mémoire dans la socialisation.
Cet article s’insère dans une étude plus vaste sur la mobilité sociale ouvrière. Nous examinerons dans celui-ci quels sont les caractères des groupes sociaux qui oublient la position sociale de leurs grands-parents, ainsi que la relation entre l’oubli et l’amplitude de la mobilité sociale. Nous terminerons sur les explications et ses fonctions, négatives et positives. Positive, lorsqu’il délivre d’une appartenance et ouvre la possibilité de trajets sociaux nouveaux ; négative, lorsqu’il constitue un handicap et se transforme en névrose de répétition et nécessite des formes de remédiation.
Mots-clefs: Mémoire sociale, oubli, transmission, génération,socialisation.
Workers without inheritage
Several works have shown that according to your professional position, that is to say whether you are a blue-collar worker a skilled worker, a peasant or a member of Parisian middle or upper middle class your knowledge of your ancestors’ social position may vary from three to seven generations. Thus as there is a social memory there is also a social oblivion of passing on and of receiving. Oblivion is useful that is to say that it takes place in the social relationships of passing on between various generation and that it depends on the role attributed to memory in the way we socialize. This article comes within a large survey about social mobility among the working class. This survey will study the characteristics of the social groups don’t know anything about their grand-parents’ social position and the relation ship between oblivion and the range of the social mobility.
In final analysis we will study the rationale and its negative et positive functions. Oblivion is a positive thing when it gives you the opportunity to leave a certain social class and then makes it possible for you to have access to a different social category. It is a negative thing when it is an handicap and turns into a neurosis of repetition compulsion and requires certain means of remedial work.
Key words : Social memory, oblivion, passing on, socialization, generation.
Plusieurs travaux ont montré l’inégale répartition de la profondeur de la mémoire généalogique: si la bourgeoisie bénéficie actuellement de la plus grande profondeur (sept générations, soit le maximum anthropologique selon Françoise Héritier) et de la plus grande étendue(1), les classes moyennes se situent dans une position intermédiaire (idem) tandis que la paysannerie(2) et la classe ouvrière ont la plus grande méconnaissance de leurs origines(3). Ceci était déjà pressenti par Maurice Halbwachs lorsqu’il écrivait : « La mémoire collective remonte dans le passé jusqu'à une certaine limite, plus ou moins éloignée d'ailleurs suivant qu'il s'agit de tel ou tel groupe »(4).
Comment se construit cette mémoire sociale en milieu ouvrier ? Nous verrons dans un premier temps les conditions de construction d’un concept d’oubli social familial. Dans un second temps, nous analyserons les données relatives à une population ouvrière sidérurgiste dont l’entreprise a fermé ses portes en 1993 (N=244). Nous distinguerons la population ouvrière ayant connaissance de la profession des grands-parents de celle qui l’ignore, en la mettant en relation avec le statut, le diplôme, le type d’alliance, la descendance et le devenir familial. Enfin, nous dégagerons des pistes pour expliquer les mécanismes à l’origine de l’oubli social, et les problèmes théoriques que cela pose : s’agit-il d’une pathologie sociale, dysfonctionnelle par nature, c’est-à-dire porteuse d’anomie nécessitant une remédiation?
Ou bien, seconde piste, résulte-t-il d’une nécessité fonctionnelle, et si oui, est-il porteur d’une évolution sociale familiale positive ? Sinon, tout fonctionnel soit-il, s’agit-il d’un problème social auquel il convient de remédier ?
Plusieurs travaux ont montré que la connaissance de la position sociale des ascendants est inégalement distribuée : selon que l’on soit ouvriers qualifiés ou non qualifiés, paysan, appartenant aux classes moyennes parisiennes ou à la bourgeoisie, l’amplitude de cette connaissance peut varier de trois à sept générations. Tout comme il existe une mémoire sociale, il existe un oubli social : de transmettre, de recevoir. Cet oubli est fonctionnel, c’est-à-dire qu’il prend place dans les rapports sociaux de transmission inter-générationnels, et qu’il est fonction du rôle de la mémoire dans la socialisation.
Cet article s’insère dans une étude plus vaste sur la mobilité sociale ouvrière. Nous examinerons dans celui-ci quels sont les caractères des groupes sociaux qui oublient la position sociale de leurs grands-parents, ainsi que la relation entre l’oubli et l’amplitude de la mobilité sociale. Nous terminerons sur les explications et ses fonctions, négatives et positives. Positive, lorsqu’il délivre d’une appartenance et ouvre la possibilité de trajets sociaux nouveaux ; négative, lorsqu’il constitue un handicap et se transforme en névrose de répétition et nécessite des formes de remédiation.
Mots-clefs: Mémoire sociale, oubli, transmission, génération,socialisation.
Plusieurs travaux ont montré l’inégale répartition de la profondeur de la mémoire généalogique: si la bourgeoisie bénéficie actuellement de la plus grande profondeur (sept générations, soit le maximum anthropologique selon Françoise Héritier) et de la plus grande étendue(1), les classes moyennes se situent dans une position intermédiaire (idem) tandis que la paysannerie(2) et la classe ouvrière ont la plus grande méconnaissance de leurs origines(3). Ceci était déjà pressenti par Maurice Halbwachs lorsqu’il écrivait : « La mémoire collective remonte dans le passé jusqu'à une certaine limite, plus ou moins éloignée d'ailleurs suivant qu'il s'agit de tel ou tel groupe »(4).
Comment se construit cette mémoire sociale en milieu ouvrier ? Nous verrons dans un premier temps les conditions de construction d’un concept d’oubli social familial. Dans un second temps, nous analyserons les données relatives à une population ouvrière sidérurgiste dont l’entreprise a fermé ses portes en 1993 (N=244). Nous distinguerons la population ouvrière ayant connaissance de la profession des grands-parents de celle qui l’ignore, en la mettant en relation avec le statut, le diplôme, le type d’alliance, la descendance et le devenir familial. Enfin, nous dégagerons des pistes pour expliquer les mécanismes à l’origine de l’oubli social, et les problèmes théoriques que cela pose : s’agit-il d’une pathologie sociale, dysfonctionnelle par nature, c’est-à-dire porteuse d’anomie nécessitant une remédiation?
Ou bien, seconde piste, résulte-t-il d’une nécessité fonctionnelle, et si oui, est-il porteur d’une évolution sociale familiale positive ? Sinon, tout fonctionnel soit-il, s’agit-il d’un problème social auquel il convient de remédier ?
Plusieurs travaux ont montré que la connaissance de la position sociale des ascendants est inégalement distribuée : selon que l’on soit ouvriers qualifiés ou non qualifiés, paysan, appartenant aux classes moyennes parisiennes ou à la bourgeoisie, l’amplitude de cette connaissance peut varier de trois à sept générations. Tout comme il existe une mémoire sociale, il existe un oubli social : de transmettre, de recevoir. Cet oubli est fonctionnel, c’est-à-dire qu’il prend place dans les rapports sociaux de transmission inter-générationnels, et qu’il est fonction du rôle de la mémoire dans la socialisation.
Cet article s’insère dans une étude plus vaste sur la mobilité sociale ouvrière. Nous examinerons dans celui-ci quels sont les caractères des groupes sociaux qui oublient la position sociale de leurs grands-parents, ainsi que la relation entre l’oubli et l’amplitude de la mobilité sociale. Nous terminerons sur les explications et ses fonctions, négatives et positives. Positive, lorsqu’il délivre d’une appartenance et ouvre la possibilité de trajets sociaux nouveaux ; négative, lorsqu’il constitue un handicap et se transforme en névrose de répétition et nécessite des formes de remédiation.
Mots-clefs: Mémoire sociale, oubli, transmission, génération,socialisation.
Workers without inheritage
Several works have shown that according to your professional position, that is to say whether you are a blue-collar worker a skilled worker, a peasant or a member of Parisian middle or upper middle class your knowledge of your ancestors’ social position may vary from three to seven generations. Thus as there is a social memory there is also a social oblivion of passing on and of receiving. Oblivion is useful that is to say that it takes place in the social relationships of passing on between various generation and that it depends on the role attributed to memory in the way we socialize. This article comes within a large survey about social mobility among the working class. This survey will study the characteristics of the social groups don’t know anything about their grand-parents’ social position and the relation ship between oblivion and the range of the social mobility.
In final analysis we will study the rationale and its negative et positive functions. Oblivion is a positive thing when it gives you the opportunity to leave a certain social class and then makes it possible for you to have access to a different social category. It is a negative thing when it is an handicap and turns into a neurosis of repetition compulsion and requires certain means of remedial work.
Key words : Social memory, oblivion, passing on, socialization, generation.
Plusieurs travaux ont montré l’inégale répartition de la profondeur de la mémoire généalogique: si la bourgeoisie bénéficie actuellement de la plus grande profondeur (sept générations, soit le maximum anthropologique selon Françoise Héritier) et de la plus grande étendue(1), les classes moyennes se situent dans une position intermédiaire (idem) tandis que la paysannerie(2) et la classe ouvrière ont la plus grande méconnaissance de leurs origines(3). Ceci était déjà pressenti par Maurice Halbwachs lorsqu’il écrivait : « La mémoire collective remonte dans le passé jusqu'à une certaine limite, plus ou moins éloignée d'ailleurs suivant qu'il s'agit de tel ou tel groupe »(4).
Comment se construit cette mémoire sociale en milieu ouvrier ? Nous verrons dans un premier temps les conditions de construction d’un concept d’oubli social familial. Dans un second temps, nous analyserons les données relatives à une population ouvrière sidérurgiste dont l’entreprise a fermé ses portes en 1993 (N=244). Nous distinguerons la population ouvrière ayant connaissance de la profession des grands-parents de celle qui l’ignore, en la mettant en relation avec le statut, le diplôme, le type d’alliance, la descendance et le devenir familial. Enfin, nous dégagerons des pistes pour expliquer les mécanismes à l’origine de l’oubli social, et les problèmes théoriques que cela pose : s’agit-il d’une pathologie sociale, dysfonctionnelle par nature, c’est-à-dire porteuse d’anomie nécessitant une remédiation?
Ou bien, seconde piste, résulte-t-il d’une nécessité fonctionnelle, et si oui, est-il porteur d’une évolution sociale familiale positive ? Sinon, tout fonctionnel soit-il, s’agit-il d’un problème social auquel il convient de remédier ?