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le vendredi 30 mars 2007 à 19h18
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Au milieu de la décennie 90, des communautés mapuches du sud du Chili ont entamé un processus de revendication territoriale consistant en l’occupation de propriétés - majoritairement aux mains d’entreprises d’exploitation de bois - pour la production d’aliments. L’Etat a durement répondu à cette stratégie en ayant recours à la législation anti-terroriste de 1984. L’avocat pénaliste Jaime Madariaga de la Barra a participé entre 2001 et 2005 à la défense des membres et ex-membres de la Coordinadora Arauco Malleco - jugés pour les délits d’« association illicite terroriste », « menace terroriste » et « incendie terroriste » - et a dénoncé la violation du droit à un procès équitable de ses protégés devant la Commission interaméricaine des droits de l’Homme.
Hernán Scandizzo, correspondant de Noticias Aliadas, a discuté avec Madariaga de la Barra du mouvement social mapuche, de la loi et de ses usages, dans la ville méridionale de Temuco.
Actuellement, il y a 10 dirigeants mapuches détenus et autant ont été jugés auparavant. A quoi répond tout ceci ?
Il s’agit de la criminalisation d’un conflit social, car non seulement le Ministère public poursuit les mapuches mais, en outre, le gouvernement intervient à travers le ministère de l’Intérieur. C’est-à-dire que la présidente est en train de se quereller avec les membres des communautés, qui se voient confrontés aux principaux pouvoirs qui existent dans le pays : le pouvoir politique - ministère de l’Intérieur-, le pouvoir qui exerce l’action pénale - Ministère public - et le pouvoir économique le plus important, qui est celui des entreprises forestières qui sont aux mains des hommes les plus riches du Chili.
Comment l’Etat justifie-t-il l’application de la loi anti-terroriste, législation utilisée par la dictature militaire pour poursuivre les dissidents politiques et qui, au cours de la dernière décennie, a été utilisée uniquement contre des dirigeants mapuches ?
Il n’y a pas de doute qu’on exagère des conduites, parce qu’aucune perte de vie humaine, ni d’atteintes à l’intégrité physique ou à la liberté des personnes ne sont imputées à des mapuches dans ce conflit. Le concept de terrorisme suppose un mépris de la vie humaine, de la liberté des personnes et est normalement lié à des délits où on ne connaît pas la victime ou où le nombre de victimes n’importe pas.