note : hier , nous avons publié une page critique politique à propos du film Lip "l'imagination au pouvoir", .Nous continuons à parcourir les conflits sociaux, conflit emblématique ( qui correspond à la crise économique actuelle, chomage de masse) un film culte " les temps modernes" est sorti le 5 février 1936.
Charlot travaille à la chaîne dans une usine gigantesque. Il serre des boulons. Le directeur ordonne une augmentation de cadence. Ne pouvant suivre le rythme, Charlot est happé dans le ventre de la machine et roule entre les engrenages, rendu complètement fou, il se met à danser au milieu de l'usine, à serrer tout ce qui lui fait penser à des boulons, le nez de ses collègues, les boutons de la robe de la secrétaire, jusqu'à ce que décision soit prise de l'évacuer dans un fourgon sanitaire.
Sorti de l'hôpital, Charlot se retrouve sans travail. Suite à un malentendu lors d'une émeute de grévistes, des policiers prennent Charlot pour le meneur et l'emmènent en prison. Au réfectoire de la prison, Charlot absorbe par erreur de la drogue qu'un voisin de table avait dissimulé dans une salière, et c'est au moment de retourner dans sa cellule que Charlot, sans savoir pourquoi ni comment, se retrouve dehors. Tentant de retourner dans sa cellule, Charlot est témoin d'une tentative d'évasion et, à lui tout seul, met fin à la mutinerie. En récompense, on lui offre une cellule confortable en attendant sa libération.
Une fois dehors, son seul souci est de retourner en prison. Une gamine orpheline est arrêtée pour avoir volé du pain, Charlot tente de se faire arrêter à sa place mais en vain. Il entre alors dans un restaurant et avale tout ce qu'il peut avant d'appeler un policier pour se faire arrêter, car il n'a pas un sou. Dans le fourgon, il retrouve la gamine, mais la voiture a un accident et la petite en profite pour se sauver en faisant signe à Charlot de la suivre. Il hésite, puis se décide, et tous deux s'enfuient en courant.
Il y 71 ans, la gauche gagnait les élections législatives (26 avril et 03 mai 1936). Pour la première fois en France, un gouvernement socialiste dirigeait le pays. Une grande espérance s’emparait des classes populaires .
Le gouvernement de Léon Blum s’installait le 04 juin. A cette même date, un mouvement de grèves sans précédent commençait. Le 10 mai 1936, 2 millions de travailleurs avaient cessé le travail. Pour la première fois, les usines, les magasins étaient occupés par les grévistes. L’ambiance était bon enfant. Les occupations se déroulaient sur fond de musique d’accordéon. C’était la fête et un immense espoir de changement animait les travailleurs.
Le mouvement des occupations est apparu de façon spontanée, prenant au dépourvu aussi bien le patronat, le gouvernement que les syndicats et les partis de gauche : "Le mouvement s’est déclenché sans qu’on sût exactement comment et où." (Jouhaux, secrétaire général de la CGT). Quelle a été l’attitude du patronat, de l’État et des syndicats pour faire cesser les occupations en juin 36 ? [2]
Minimiser l’ampleur des grèves,
désinformation, rétention d’informations
Si le patronat dénonce très vite le caractère révolutionnaire des occupations, en revanche, socialistes, communistes et syndicats dénient tout caractère subversif au mouvement des grèves. Le 6 juin, Jouhaux déclare : "Les grèves qui se déroulent actuellement à Paris et dans toute la France ne sont ni politiques ni insurrectionnelles, elles sont strictement corporatives." Les séquestrations de patrons dans les usines occupées sont fréquentes dès le début du mouvement, mais à la demande du gouvernement, les syndicats font pression sur les grévistes pour que cesse cette pratique. La CGT déclare que les patrons "doivent être libres d’entrer et sortir des établissements" et qu’il faut "éviter toute exagération, enchères démagogiques, désordre dangereux". Alors que, de façon générale, les patrons s’attendent en mai-juin à être dépossédés et expropriés [3], ils s’aperçoivent avec étonnement qu’ils n’ont affaire, grâce à la modération des syndicats, qu’à des revendications [4]. Chez Renault, "Lehideux [membre de la direction de l’usine] est fort surpris de la modestie des revendications ouvrières" [5]. Dans la presse ouvrière, le ton est à la modération. L’Humanité ne fait un rapprochement entre les premières grèves que le 24 mai (elles ont commencé le 11). Lorsque les grèves reprennent, dans la deuxième phase du mouvement (2-7 juin), ce n’est qu’en sixième page que L’Humanité annonce la reprise des grèves. La même chose se reproduira après les accords Matignon et le renouveau des occupations. La désinformation contre les occupations est pratiquée de façon égale par le patronat, qui dénonce des séquestrations là où il n’y en a pas, et par les partis de gauche et les syndicats : il s’agit de faire plier les grévistes par tous les moyens. Salengro, ministre socialiste de l’Intérieur, publie le 6 juin un communiqué affirmant que l’agitation reflue alors que précisément elle s’accroît. Quand le mouvement refluera réellement, la presse ouvrière fera silence sur les dernières résistances des grévistes. La médiatisation de l’agitation ouvrière par les syndicats est un moyen grossier mais efficace de déformer la réalité des luttes sociales : chaque défaite des grévistes est présentée mensongèrement comme une victoire. Dans les entreprises en grève, le syndicat pratique la rétention d’informations pour isoler les grévistes du contexte dans lequel il négocie avec le patronat, officiellement en leur nom. "[Chez Renault], à mesure que les jours passent, note Simone Weil, [6] les informations données aux ouvriers par les délégués se font plus rares et moins précises."paru dansCette page est donnée par la Cnt-ait_valence@no-log;org;
nopasaran_26@no-log.org la suite dans la semaine avant la projection du film non volem rien foutre al pais