Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
note pour une critique du film volem rien foutre al païs ( répondre à cette article
adapté son titre dans un sens plus proche de la réalité empirique. Il s’agit d’une critique du travail sous la forme d’un documentaire qui se donne comme le rebond, près de 40 ans plus tard, de « L’an 01 ».
On assiste à 3 réjouissantes attaques du travail qui se conjuguent
Une apologie didactique du RMI liée à des images hilarantes d’un imbécile politique expliquant qu’il y a quelques millions à récupérer sur les fraudeurs.
Plusieurs exemples de retour collectifs à la terre, mais retours raisonnés (appuyés sur le RMI) qui ne se donnent pas vraiment pour la révolution en marche.
Un reportage sur des actions à Barcelone en faveur du « Dinero gratis » ( Pognon gratos), d’occupations d’appartements vides et « d’expropriation » collectives et festives dans des supermarchés.
Des critiques polémiques publiques contre le productivisme et les consommations de produits « merdiques » élaborés comme nécessaire par le marketing.
La critique du travail prend le relais de la critique du salariat en ce que le programme de libération du travail et de l’érection du prolétariat en pôle absolu de la société a été liquidé par la restructuration capitaliste - et l’ « an 01 » montrait le début de cette liquidation. Cette critique est un élément constitutif du Démocratisme Radical avec lequel les théories de la communisations sont embarquées.
La critique que nous faisons du démocratisme radical est celle des propositions politiques et économiques alternatives, qui se constituent sur les limites des luttes actuelles et les solidifient en obstacles à la lutte. Dans ce film, on voit des tentatives d’échapper au travail mais elles ne sont pas présentées comme une véritable alternative, on assiste à des manifestations de salariés confrontés la fermeture de leurs usines, il n’y a pas de dévalorisation de leurs actions, mais profonde solidarité.
On voit aussi une discussion sur la différence entre le travail qui existe actuellement et « l’activité » libre. Les protagonistes passent totalement à côté du plus important : que le travail n’existe que comme travail salarié et « qu’après » on ne se livrera pas à « l’activité » mais à des activités infiniment diverses et incommensurables entre elles, et c’est ainsi que le travail ne sera plus, « l’activité », quant à elle, n’est qu’un travail honteux.
Une seule intervention explique que le prolétariat c’est fini et que maintenant c’est l’espèce et l’individu, mais ce n’est pas la tonalité générale du film qui est celle d’une perspective de lutte contre le capital. Lutte contre l’aggravation des conditions de vie, et images de modes de résistance à l’esclavage salarié.
Ce film est un moment de grand plaisir, qui n’est pas gâché par des dithyrambes politiciennes, altermondialistes ou « alter - économiques ».
Les images des discours aux patrons de Sellières donnent envie de lui faire rentrer ses paroles dans la gorge, mais sans se faire d’illusions, en sachant que c’est dans la crise qui vient que ce sera au finish
le travail pénitentiaire
Le travail pénitentiaire a longtemps occupé une position clé dans le bon fonctionnement des prisons françaises. Dès leur création en 1811, les ateliers pénitentiaires furent appréciés pour leur polyvalence :
-outil de gestion et source de revenue, instrument afflictif mais aussi moyen d'amendement moral et de réinsertion.
L'importance accordée à l'un ou l'autre facteur a varié au cours des deux derniers siècles.
Si au XIXe siècle les trois premières fonctions furent mises en avant, nous constatons à partir des années 1880 une préoccupation grandissante pour le bien-être des travailleurs : réduction du temps du travail, imposition du repos hebdomadaire et interdiction du travail nocturne.
En 1927, l'entreprise générale fut définitivement abolie au profit de la régie et de la concession, qui offraient de meilleures garanties contre les abus du passé (Guilbaud, 2006, 13). Il fallut néanmoins attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale avant que ce mouvement d'humanisation se traduise, sous l'influence de la Défense sociale nouvelle, en une véritable politique d'amendement et de reclassement social des détenus (Conseil économique et social, 2005, 1).
La demande de main-d'œuvre lors du boom économique des Trente Glorieuses justifiait l'espoir qu'un travail régulier, étayé par la formation, puisse suffire pour assurer l'insertion professionnelle de la plupart des sortants de prison.
On croyait également à une retombée économique du travail industriel. Tel n'est plus le cas aujourd'hui. Tous les rapports portant sur le travail pénitentiaire, du Conseil économique et social (1987) aux plus récents d'Auvergnon et Guillemain (2006) et de Guilbaud (2006), soulèvent des doutes sérieux sur son bon fonctionnement. Dans sa forme actuelle, il ne serait ni un outil efficace de réinsertion, ni capable d'alléger le coût de la détention. Il rendrait tout au plus la période d'incarcération plus supportable et faciliterait le maintien de l'ordre dans les établissements qui affichent encore un taux d'activité rémunérée suffisant.
Nous nous limiterons ici à examiner un seul aspect critiqué, la mission de réinsertion.
1)Dans un premier temps, nous tenterons de clarifier le concept de la réinsertion par le travail en considérant ses buts et en vérifiant, en quelle mesure l'intégration professionnelle à la sortie y contribue.
2)Dans une deuxième étape, nous nous intéresserons aux possibilités − potentielles et actuelles − du travail pénitentiaire pour promouvoir l'employabilité des sortants. Nous terminerons avec une analyse des obstacles qui vont à l'encontre des résultats plus prometteurs et nous présenterons les solutions proposées par l'administration pénitentiaire (AP).
Notre approche méthodologique tient compte de la nature pluridisciplinaire de la criminologie en associant une recherche plus générale (droit, histoire, sociologie) avec l'expérience pratique d'un professionnel du travail pénitentiaire et une recherche de terrain faite en 2001-2002 dans neuf prisons européennes, dont trois en France. la suite de l'enquéte dimanche 22 avril