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Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan Le parquet général oppposé à la semi-liberté pour Jean-Marc Rouillan
AP - Jeudi 25 octobre, 18h34
PARIS - Le parquet général de Paris s'est opposé jeudi devant la chambre d'application des peines de la cour d'appel à la mesure de semi-liberté qui avait été accordée le 26 septembre dernier à Jean-Marc Rouillan, ancien membre du groupe terroriste Action directe, a-t-on appris de source judiciaire.
L'arrêt a été mis en délibéré au 29 novembre.
Le parquet général a soutenu, comme le parquet avant lui, que le projet de réinsertion de Jean-Marc Rouillan n'était pas satisfaisant et qu'il présentait un risque de reprise de ses actions armées, a-t-on précisé de même source.
Le 26 septembre, le tribunal d'application des peines de Paris avait accordé la semi-liberté à Jean-Marc Rouillan, mais l'appel immédiat du parquet a suspendu son transfert de la centrale de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) au centre de semi-liberté de Marseille (Bouches-du-Rhône) où il devait travailler chez un éditeur.
La semi-liberté est un régime d'aménagement de peine pour préparer la sortie définitive et favoriser la réinsertion. Pendant toute sa durée, la personne vit et travaille à l'extérieur, mais passe ses nuits et ses week-ends en prison.
Les éditions Agone de Marseille ont proposé d'embaucher Jean-Marc Rouillan, 55 ans, en contrat à durée indéterminée comme éditeur. Il a déjà publié trois livres dans cette maison d'édition et a travaillé sur deux autres en tant qu'éditeur.
Jean-Marc Rouillan a été condamné en 1989, avec d'autres membres du groupe Action Directe, à la réclusion criminelle à perpétuité, dont 18 ans de peine incompressible, notamment pour complicité dans les assassinats de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985 et de celui du PDG de Renault Georges Besse en 1986. Sa période de sûreté de 18 ans s'est achevée au début de l'année 2005.
Son épouse Nathalie Ménigon, également ancienne d'Action Directe, est en semi-liberté à Toulouse (Haute-Garonne) depuis le 2 août. Souffrant de séquelles d'une hémiplégie après deux accidents vasculaires cérébraux en détention, elle travaille désormais dans un centre de réinsertion spécialisé dans l'aménagement d'espaces verts avant de rejoindre sa cellule dans le quartier des femmes de la prison de Seysses, située à une vingtaine de kilomètres au sud de Toulouse.
Joëlle Aubron a été libérée pour raisons de santé en juin 2004, avant de décéder en mars 2006 d'un cancer. Si Jean-Marc Rouillan sort, seul Georges Cipriani resterait détenu, en Alsace. AP