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SANS-PAPIERS - Lundi après-midi, à l’initiative de Réseau d’éducation sans frontières, plusieurs élus lyonnais de gauche ont procédé à un parrainage républicain « délocalisé » pour soutenir une famille de sans-papiers albanais détenus au centre de rétention de l’aéroport de Lyon depuis quinze jours. En lieu et place d’une mairie, c’est devant ces algécos grillagés et gardés de CRS que les élus ont officié. Une table à tréteaux faisant office d’autel municipal, un buste de Marianne, des écharpes tricolores.
Après la cérémonie à laquelle ont assisté une centaine de personnes, les élus ont pu pénétrer dans le centre de rétention rencontrer la famille Ali. La sénatrice socialiste, marraine républicaine des enfants, Christiane Demontès raconte : « J’ai vu des gens choqués. Et je suis choquée. Il est tout simplement inadmissible d’enfermer des enfants. La petite Sara (3 ans) ne se nourrit plus. Léa, sa sœur de 21 mois n’accepte plus que le sein de sa mère. Où est le respect de la Charte des droits des enfants ? » La sénatrice s’est engagée à interpeller le préfet du Rhône pour demander la libération de cette famille. « On a le sentiment que les préfets doivent faire du chiffre, quitte à faire n’importe quoi. ». Nathalie Perrin-Gilbert, maire PS du 1er arrondissement de Lyon, très investie dans la défense des familles sans-papiers était également présente, aux côtés des très nombreux parents d'élèves et enseignants mobilisés depuis quinze jours pour la famille Ali. "Ce parrainage devant le centre de rétention est une manière de protester contre le fait que l'on mette en France en prison des enfants de 18 mois. c'est tout simplement inacceptable", explique Nathalie Perrin-Gilbert.
En attente du rééxamen de leur dossier
La semaine dernière, la préfecture du Rhône avait assuré que la famille Ali ne serait pas expulsée tant que l'OFPRA n'aurait pas statuer sur leur cas. La décision devait être rendue lundi, cela n'a pas été le cas. S'ils n'obtiennent pas le statut de réfugiés qu'ils demandent, rien nous pourra dès lors empêcher leur expulsion vers l'Albanie . Car, même s'ils peuvent déposer un recours, celui-ci n'est pas suspensif.
Les Ali ont déjà été déboutés d'une première demande déposée auprès de l'OFPRA. Ils ont cependant continué depuis à vivre dans le centre d’accueil pour demandeurs d’asiles de la commune de Fontaines-Saint-Martin (au nord de Lyon). Leur adresse était connue des autorités. Leur arrestation est intervenue alors qu'une date de réexamen de leur dossier à l'OFPRA venait d'être fixée.
A.Gd.
(1) OFPRA : office français de protection des réfugiés et apatrides