ENVIRONNEMENT - Paul Ariès, l'un des initiateurs du Contre-Grenelle de l'Environnement qui s'est tenu à Lyon le 6 septembre dernier.
Vous étiez très critique à l'ouverture de ce Grenelle de l'Environnement. Est-ce toujours le cas ?
Paul Ariès. Oui, ce Grenelle a été pour nous une sorte de Munich de l'écologie. On a le sentiment qu'il y a eu une sorte d'union sacrée autour du sarkozysme autour de l'écologie. Le medef, les syndicats par la via de François Chérèque (CFDT), le PS… Tous applaudissent ce capitalisme vert. Il semble qu'il y ait consensus sur la volonté de ne pas remettre en cause les logiques dominantes. Or, pour nous, on ne peut résoudre la crise de l'environnement sans rapport de force avec les lobbies économiques et industriels. L'écologie des bons sentiments ne mène à rien. Pour mémoire, en 1970, 20 millions d'américains étaient descendus dans la rue pour participer au premier grand jour pour la planète. On avait fermé symboliquement à la circulation la principale avenue de New-York… A quoi cela a-t-il mené ?
Certains points retenus, comme l'arrêt de la construction des autoroutes, la question des OGM, le développement de plus de train, le développement d'une agriculture bio, faisaient cependant partie des priorités que vous avanciez…Effectivement, l'Etat s'est engagé dans ces directions en évoquant le gel de la construction d'autoroutes ou de grands aéroports mais il a tellement de conditions d'exceptions (sauf en cas de contournement de ville, sans en cas d'intérêt local, etc.) que cela n'a plus réellement de sens. Par ailleurs, sur les transports, on veut développer le TGV au détriment des lignes TER, c'est selon nous une erreur car cela va à l'encontre d'une nécessaire relocalisation de nos activités. Sur les OGM, le gel annoncé n'est en rien un moratoire. La Loi qui se prépare ne pose pas la question essentielle de la dangerosité des OGM. Sur le bio, c'est pareil, on ne s'est pas posé les bonnes questions. Le bio dans les cantines est pensé pour favoriser les bio-industries au détriment des producteurs locaux. Quel intérêt d'avoir des produits bio s'ils ont du parcourir la moitié de l'Europe pour arriver dans les assiettes
On attendais une déclaration de Paul Ariés à propos du TGV Lyon Turin , projet de quelques milliards d'euros. Ce train qui perdra en fonctionement 16 millions d'euros par an . voir le rapport prudhommes