La programmation des chanteurs basques dimanche 16 décembre au petit théâtre de valence est une injure à la résistance ouvrière et paysanne , alors que la répression tombe sur la gauche basque ( ceux qui résistent à l'exploitation ), injure faite par le ramassis de bourges ( l'une est liée à un avocat d'affaires, l'autre au plus grand laboratoire pharmaceutique valentinois, elle même épouse du président de l'ordre des médecins et d'autres du même tonneau) qui tiennent la mairie de Valence. A cette occasion les journalistes du quotidien local peut être ils se rappellerons qu'ils sont des journalistes ( objectif - informatif ) , nous en serions fort surpris. Internationalistes, ça nous empêche pas de respecter la langue Basque. Lien vers le comité de solidarité
Quiconque est impliqué dans un processus de changement est témoin du rôle joué par les médias dans la lutte politique : parfois alliés à la cause populaire, mais le plus souvent ennemis avoués de celle-ci : agitation permanente contre l'Unité Populaire au Chili, instigation au coup d'État au Venezuela bolivarien, justification du terrorisme impérialiste contre l'Iraq, couverture du génocide sioniste contre le peuple palestinien... Les études critiques effectuées sur le rôle des médias en tant qu'agents de contre-insurrection et de diffusion de l'idéologie réactionnaire sont sur ce point révélatrices.
Les baillons de l'impérialisme espagnol
Il n'est donc pas étonnant que les médias tiennent également leur rôle dans le conflit basque : la majeure partie d'entre eux se déclarent opposés à nos revendications et tentent de renforcer les thèses de la droite et du centralisme espagnol. Certains médias non alignés sur ce front sont victimes de l'intolérance impérialiste de Madrid. L'État espagnol bâillonne les voix empêcheuses de tourner en rond.
C'est grâce à l'initiative populaire que le projet d'information ayant donné vie au quotidien Egin et à la station de radio Egin Irratia a pu voir le jour. C'était une initiative unique en son genre : "la voix des sans-voix", des milliers de travailleurs qui avaient apporté leur argent étaient les actionnaires de l'entreprise. Lors d'une grève des dockers, les seuls camions qui furent chargés étaient ceux qui transportaient les bobines de papier pour qu'Egin puisse paraître le lendemain. Et dès la fermeture du journal par le pouvoir en place, c'est Euskadi Information, une nouvelle publication de quatre pages, qui reprenait le flambeau dès le lendemain, preuve que le peuple ne voulait pas renoncer à son projet d'information.
La "triste alliance" entre les partis basques tenants des pactes et Madrid avait fonctionné. Le Gouvernement basque et ses multiples succursales avaient boycotté Egin, aucune annonce institutionnelle n'y étant publiée, ce qui plaçait les lecteurs du journal en situation de désavantage grave, cette discrimination étant menée avec des fonds publics. Comme le projet allait de l'avant, le PNB a commencé à criminaliser le journal ; un Conseiller de l'Intérieur corrosif avait préparé le terrain en associant le journal et les actions armées de l'ETA en ces termes : "chaque matin, quelques grammes de gomma 2 sont vendues avec l'Egin". La voie de la criminalisation était ouverte. En 1994, la police basque avait pratiqué une fouille minutieuse des locaux du journal, fournissant ainsi à l'État la piste de ce qu'il devait faire et qu'il a fait. Le 15 juillet 1998, le juge Garzón, du Tribunal National espagnol, ordonne la fermeture préventive du quotidien Egin et de la radio Egin Irratia. La Garde Civile occupe tous les locaux d'Egin, et saisit des pièces essentielles des rotatives empêchant par là toute utilisation. Les deux médias sont ensuite placés sous la tutelle judiciaire de l'État qui n'a rien fait pour préserver leur intégrité. D'ailleurs, l'administrateur nommé pour l'occasion, cité comme témoin du procès 18/98 a reconnu expressément qu'il avait laissé mourir cette initiative d'information populaire qui avait fêté ses 20 printemps. Lorsque, des années plus tard, on a pu entrer de nouveau dans les locaux, le spectacle était désolant : les installations et équipements, de grande qualité en leur temps, étaient détruits et dépourvus de toute valeur. La droite espagnole avait atteint son objectif : par une mesure judiciaire arbitraire, elle avait réussi à détruire un espace de liberté et un point de comparaison.
Ce ne fut pas le seul coup de boutoir : en août 1998, Pepe Rey, chef de la section d'investigation d'Egin était arrêté. Après avoir été remis en liberté provisoire, le journaliste est de nouveau arrêté en 1999. Après sa sortie de prison, il lance un nouveau projet de presse d'investigation sous la forme d'une revue intitulée Ardi Beltza (brebis noire). Au cours de sa brève existence, cette publication a donné à connaître de nombreux cas de corruption. En 2001, Ardi Beltza, subissant le même sort qu'Egin, est fermée sur mandat du Tribunal National.
Le 20 février 2003, le Tribunal National décrète la fermeture préventive du journal Euskaldunon Egunkaria, publié intégralement en langue basque. Ses responsables sont torturés et emprisonnés.
Le cas Egin, inclus dans le dossier 18/98, a été jugé. Les inculpés viennent d'être, de nouveau, incarcérés : selon les renseignements filtrés car non officiels, leur travail d'information leur vaudrait des peines de prison ferme allant de 4 à 19 ans. Et loin d'être un cauchemar dont on se réveille au lever du soleil, il s'agit bien de la cruelle réalité imposée aux basques par l'État espagnol.
Le point de vue des juristes internationaux
Au cours des premiers jours de novembre, une réflexion menée par des juristes internationaux lors d'une rencontre autour du thème "Les médias et le conflit" a eu lieu, analysant la réalité de l'Euskal Herria. D'éminents juristes allemands, espagnols, nord-américains et neerlandais y ont participé.
Voici quelques-unes des conclusions du rapport final de la rencontre :
· La liberté d'expression constitue la pierre angulaire d'une société démocratique ; le droit à recevoir toute information, et à connaître l'expression de la pensée d'autrui constitue une partie essentielle du droit et de la liberté d'expression, sans que le droit à la liberté d'expression ne soit un droit absolu.
· Les experts rappellent que le Tribunal Constitutionnel considère qu'une mesure de fermeture provisoire de médias de diffusion, dans les cas présumés de terrorisme, entraîne une limitation de droits reconnus ou une suspension de ceux-ci.
· La fermeture d'Egin, Egin Irratia et Euskaldunon Egunkaria violent les articles 10 et 15 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme, de par leur caractère disproportionné parce qu'il existe des mesures moins pesantes, et parce que ces décisions se traduisent, dans la pratique, par la dissolution de médias, indépendamment du résultat des procédures pénales dans le cadre desquelles la mesure a été adoptée.
· La fermeture de médias viole la Constitution espagnole parce cette mesure entraîne, dans la pratique, la suspension du droit fondamental de liberté de la presse. Un droit ne pouvant être suspendu que dans les seuls cas d'État d'exception ou de siège (art. 55.1 de la Constitution).
· Si les éléments précédents n'étaient pas suffisants, il convient de souligner le manque de couverture constitutionnelle en application de l'art. 129.2 du Code pénal espagnol relatif à la suspension d'activités et à la fermeture des entreprises de presse.
· Les experts aboutissent à la conclusion que, lors de l'action judiciaire contre Egin, Egin Irratia et Euskaldunon Egunkaria, les critères juridiques de base établis par le Tribunal Européen des Droits Humains n'ont pas été respectés.
Une flamme vivante
Le bâillon espagnol n'a pas réussi à couvrir la voix de la rue. Egin a été tué et l'on a vu naître Gara, autre agent d'information doté de la volonté de servir la cause populaire. Euskaldunon Egunkaria a été fermé et l'on a vu naître Berria, nouveau journal entièrement en langue basque. Egin Irratia a été réduite au silence, et un réseau de radios au service de la liberté d'expression voit le jour.