Vendredi 21 décembre, l'ASTIV a célébré la commémoration de la première grève de la faim d'immigrés en France (1972). Avec cet évènement, l'ASTIV a entamé une campagne idéologique pour accréditer l'idée qu'il y a une filiation entre la grève de la faim de 1972 et la campagne de parrainage républicain (2007).
Dans leur réécriture de l'histoire, des membres de l'Astiv seraient à l'initiative du mouvement de révolte contre l'injustice de l'arrestation de quelques uns de nos copains d'une partie de la jeunesse valentinoise. Dans cette réécriture apparaissent les droits de l'homme et Georges Pompidou. On ne votait pas plus à l'époque que maintenant, pour cela Nicolas Sarkozy, on n'a pas plus à dire à une personne qu'on ne reconnait pas plus.
Toute cette histoire a commencé un matin de décembre 72 quand un ami déboule dans notre gourbi, pour nous avertir de l'arrestation d'une vingtaine de personnes place de la Pierre.
"ils ont été alignés contre un mur, mitraillette dans le dos, et puis[...]les flics les ont conduit vers le commissariat"
On ne savait pas que c'était des clandestins, c'était nos voisins tout simplement...
A cette époque , les idées de révoltes, de vérité, de justice étaient portés , en grande partie localement par un groupe aujourd'hui tragiquement disparu.
Après l'impossibilité d'assumer la mort d'un ami à tous Pierre OVERNAY, pour lequel nous nous étions retrouvés dans les rues de valence, avec les lycéens, et les filles de l'Ecole Normale au printemps 1972, pour hurler notre rage, les yeux plein de larmes déjà.
Dans cette bande d'amis , nous étions unis par une révolte politisée , justification de notre vie dissolue.
Par des connaissances dans les aumôneries catho , nous avions contacter le père Laillet. Nous avions bien vu les gars du PSU pour nous aider , leur local était trop petit , rue de L'Isle.
Au moment de la sortie de garde à vue, les copains de la rue, nos amis d'infortune, nous ont rejoint pour envisager leur résistance à l'expulsion. En chemin ils ont été rejoint par d'autres pourchassés par la circulaire Marcellin Fontanet.
Ce petit groupe , collectif seulement pour l'instant d'infortunes, nous les avons protégés contre la volonté de certains de les manipuler. Les copains de Laillet nous ont accueilli dans leur église , naïfs , transis, nous avons pu passer la première nuit à discuter . On était obligé d'inventer le futur notre futur, des bribes de slogans nous ont soutenu " donner la parole au peuple", pour que les mots de nos amis pourchassés puissent éclabousser les rues de valence, nous avons porté ce slogan le plus loin possible dans le temps. De là, la lutte contre l'état commença, nous n'avions jamais envisagé de négocier une quelconque sortie de crise Nous avions bien pensé populariser la lutte, manifs à l'extérieur de plus en plus nombreuses, l'argument de la grève de la faim des Tunisiens toucha un nombreux public non politisé. Loin de nous l'idée de manipuler l'opinion valentinoise mais l'attitude intransigeante du préfet et les attaques des anciens de l'algérie française galvanisa notre groupe. avec l'aide des maos grenoblois ( cause du peuple, secours rouge) nous faisions de chaque quartier( place) des forums populaires de lutte, à notre ancienne interim (usine) on trouvait des alliés dans la jeunesse ouvrière, les bistrots deviennent des meetings impromptus. A ce moment là de la lutte arriva ceux qui admettent l'idée de se rendre à la préfecture pour négocier, mais le mot d'ordre reste les papiers pour tous aucune expulsion. Voilà une partie de l'histoire de la première grève de la faim collective pour obtenir des papiers ( permis de travail) de décembre 1972.[...] Le 25 décembre 1972 plus de 5000 personne manifestent à minuit dans les rues de Valence avec des torches enflammées et le curé de la paroisse et 3 autres paroisses refusent de dire la messe de minuit dans leurs églises pour soutenir nos frères immigrés.