Nous avons lu sur le net et c'est très important de lier les oppositions tant de ce côté
des alpes et du côté des pyrénnées
Les participants à la réunion de venaus du 8 décembre ont pu croiser
des pyréennéens c'était on me l'a confirmé une rencontre des occitans
et des basques. Comme à la réunion du 24 novembre de Portes les Valence
les propos du militant syndical qui demandait d'organiser une rencontre
entre les militants syndicaux anti TGv du val de Susa et ceux Rhône
Alpes. Et nous réétirons cette proposition. texte du tract du 24 nov
ci dessous

LE TRAIN À GRANDE VITESSE : NOUVELLE EXPÉRIENCE DE LUTTE DES CLASSES (I
Le transport est un secteur d'importance stratégique pour les économies
nationales et supranationales. Et au sein des sociétés de grande
consommation, le train à grande vitesse semble incontournable. Ce type
de liaison ferroviaire est devenu un instrument indispensable pour les
classes aisées, pour qui le temps vaut de l'or. Les trains à grande
vitesse sont également devenus des indicateurs de la puissance
économiques des nations riches. Une société possédant un revenu par
habitant élevé se doit de le démontrer en construisant des lignes à
grande vitesse. Ce type de transport, dont le tracé et l'entretien
demandent des investissements pharaoniques, est étroitement lié au
capitalisme le plus sauvage.
Ce type de trains, grand consommateur d'énergie et de ressources pour
son entretien, est en outre hautement agressif envers l'Environnement.
Car la grande vitesse ne peut être garantie qu'en supprimant tout ce
qui se trouve sur son passage : montagnes, vallées, rivières,
exploitations rurales... tout est sacrifié sur l'autel du tracé de la
voie, pour que le T.G.V. puisse circuler à grande vitesse dans des
conditions de sécurité acceptables.
Accord intergouvernemental dévoilant les visées des gouvernements
Le Gouvernement Basque, sous la coupe du néolibéralisme du Parti
Nationaliste Basque (PNB), n'a pu éviter la fascination provoquée chez
lui par ce jouet si attrayant et si coûteux, en même temps que
lucratif. Le Gouvernement de Navarre, ultra-droite héritière de Franco,
obtient également sa part du gâteau, et les conseillères des transports
des deux institutions ont eu vite fait de se serrer la main. Les
intérêts des bourgeoisies capitalistes au pouvoir à Madrid, à Gasteiz
et à Iruñea sont, sur ce point, convergents. En effet, Madrid désire à
tout prix renforcer sa connexion à haute vitesse avec le reste de
l'Europe. Les gouvernements basques et navarrais, dans leur perspective
néolibérale, sont également très intéressés par ce projet. Quels
avantages y trouvent-ils ? D'abord, la perspective d'investissements
gigantesques pouvant bénéficier à des entreprises liées aux partis
politiques au pouvoir. Ce macro-projet est destiné en effet à renforcer
l'intégration du Pays Basque dans le modèle de société de consommation
promue par le PNB et UPN (parti aux affaires en Navarre). Outre les
bénéfices économiques attendus, la société basco-navarraise y gagnera
une image de progrès (progrès capitaliste, cela va sans dire) dont ces
partis sont les promoteurs. Et que dire des graves atteintes
environnementales et sociales ? Les gouvernements devraient se soucier,
en premier lieu, de la sauvegarde des ressources naturelles et sociales
de leur territoire. Mais les agressions à l'Environnement n'ont jamais
constitué un véritable souci pour les néolibéraux aux affaires au
niveau national et local. Le cas qui nous occupe ici n'étant qu'un
exemple de plus au bas d'une liste déjà longue. Et c'est ainsi que
l'accord entre les trois gouvernements a été scellé.
La réaction populaire
On parle du projet appelé « Y basque », car son tracé reproduit la
forme d'un Y, depuis mars 1994, lors de l'approbation du Plan
d'Infrastructures. Depuis ces premiers pas du projet, et à mesure que
l'accord entre gouvernement a pris corps, des secteurs populaires très
divers ont montré leur désaccord à son endroit : j'ai nommé le train à
grande vitesse. La contestation populaire a suivi une courbe ascendante
à mesure que le projet a pris forme, avec une nette recrudescence
correspondant au début des travaux, lancés de façon précipitée et
presque en cachette. Actuellement, les travaux sont menés en grande
hâte pour imposer la politique du fait accompli.
Les raisons s'opposant au choix du tracé sont de poids :
- Surcharge d'infrastructures de transports pour un pays si petit, et
dont l'espace disponible est déjà compromis par une marée de béton
(grandes infrastructures et construction massive de logements, motivée
par des intérêts spéculatifs).
- Des travaux entraînant une série d'agressions fortes et irréversibles
sur un relief complexe seront nécessaires : longs tunnels (affectant
sérieusement les nappes phréatiques aujourd'hui actives) et grands
viaducs (détruisant l'habitat social et productif de sites naturels de
toute beauté).
- Problème venant s'ajouter à ceux rencontrés par une agriculture dont
la survie est compromise.
- Des travaux pharaoniques ne répondant pas aux besoins réels de la
population mais bien à des intérêts extérieurs, et qui vont absorber
des ressources économiques importantes, pompées sur le budget social.
Les grands débats suscités par le projet
Les tentatives de construction de la voie à grande vitesse ont suscité
d'importants débats :
1) Le modèle de transport dont nous voulons nous doter.
L'initiative citoyenne est consciente du fait que la société doit
relever de nouveaux défis. Et elle ne s'oppose pas aveuglément à la
modernisation des transports. Une alternative existe : la mise en place
d'un modèle ferroviaire social qui fera l'objet d'un prochain bulletin.
2) Le modèle de société.
C'est un grand débat de fond : capitalisme sauvage ou socialisme
rationalisé; néolibéralisme déprédateur ou progrès rationalisé et
solidaire.
3) Despotisme illustré ou démocratie participative.
Les accords intergouvernementaux ayant permis de « bétonner » le projet
ont été signés dans l'obscurantisme le plus absolu. Des accords passés
entre les membres d'une caste au pouvoir : gouverner pour le peuple
mais sans le peuple. La société n'ayant pas été informée, c'est la
politique du fait accompli qui s'est imposée. Et lorsque la société
civile a voulu prendre une part active au débat, elle s'est trouvée
face à un mur édifié par les institutions censées la représenter. Les
institutions, représentant soi-disant la volonté populaire, se sont
dressées face à la volonté populaire débordant les canaux
institutionnels.
4) Débat social ou conflit d'ordre public.
Les secteurs sociaux qui s'organisent autour de cette question
considèrent leur prise de position comme un débat de société
enrichissant. Les gérants de la « cosa nostra » voyant leurs obscurs
intérêts en danger, tentent de faire dégénérer la confrontation
dialectique en débat d'ordre public. Et comme à l'accoutumée, ce type
de situation est résolue par le recours à la violence institutionnelle
visant à réprimer la dissidence. Le cercle affrontement-répression est
en train de se refermer.
Face à cette attitude répressive et de violence institutionnelle, la
créativité populaire met l'imagination au pouvoir. Car il s'agit là
d'une véritable source d'initiatives pour faire face à la
toute-puissance néolibérale. Mais nous reviendrons sur ce dernier point
dans un prochain bulletin.
Euskal Herria, 27 décembre 2007