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Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale

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combattre la logique de l'enfermement

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Les pompiers de Meyzieu et de Décines ont été appelés samedi soir à 22 heures pour éteindre un incendie qui s’était déclaré dans une cellule de la prison pour mineurs de Meyzieu. Ce sont les soldats du feu de Décines, arrivés les premiers sur les lieux avec une ambulance, qui sont venus à bout du foyer, grâce au matériel de sécurité présent sur place. L’équipage du fourgon incendie majolan, arrivé sur les lieux du sinistre quelques minutes plus tard, a dû procéder à l’extinction d’un second foyer dans une cour intérieure, toujours avec l’équipement de la prison. Le fourgon n’avait en effet pas été autorisé à rentrer à l’intérieur.

D’après les premières constatations, les deux foyers auraient été allumés volontairement par des détenus. Les pompiers ont été escortés dans leur intervention par deux véhicules de police et un véhicule de la Brigade anti criminalité (BAC). L’ambiance était extrêmement tendue à la prison pendant toute la durée des opérations, mais le sinistre n’a fait aucune victime.




La lutte contre la construction de 7 établissements pénitentiaires pour mineurs n’a pas, à ce jour, permis d’annuler ce programme d’enfermement des enfants délinquants et de criminalisation croissante de la jeunesse. Ici à Nantes, l’ouverture de l’E.P.M. d’Orvault s’accompagne d’appels à candidature pour que des personnels éducatifs (enseignants, éducateurs, travailleurs sociaux, soignants…) aillent travailler dans ces « nouvelles » prisons pour enfants. Nous n’irons pas, et nous appelons toutes les personnes concernées à refuser de travailler en E.P.M., ici comme ailleurs, car nous refusons de contribuer à l’illusion démagogique qui consiste à faire croire qu’une action éducative est possible en prison.

Nous combattons

La logique de l’enfermement Jusqu’en 1945, les mineurs délinquants étaient enfermés dans des bagnes pour enfants, colonies pénitentiaires, maisons de correction… Dans les années 70, les derniers centres fermés furent supprimés en raison de leur fonctionnement archaïque, violent et inadapté à un objectif éducatif. Depuis quelques années, la tentation d’un retour en arrière dans le traitement de la délinquance des mineurs est bien réelle : création de Centres d’Education Renforcée, Centres Éducatifs Fermés, et aujourd’hui des Établissements Pénitentiaires pour Mineurs, qui ne sont que l’aboutissement d’une politique fondée sur l’exclusion et la répression. Nous pensons que la création des prisons aura une incidence sur le traitement judiciaire de la délinquance des mineurs, et le projet actuel d’abaissement de la majorité pénale de 18 à 16 ans confirme nos craintes : toujours plus d’enfermement pour créer l’illusion d’une paix sociale. Nous savons qu’avec l’enfermement, il y a toujours des risques de dérive vers l’usage de la force physique ou de la maltraitance psychologique : c’est un phénomène bien connu, aussi vieux que l’enfermement lui-même. La vie ne s’apprend pas en prison, on n’y apprend que la haine de soi et de l’autre !

Une logique répressive et non pas éducative Traiter la délinquance par les poursuites systématiques, l’incarcération ou la mise à l’écart dans des structures spécialisées témoigne d’une réponse à court terme. Les causes sociales, économiques de ces passages à l’acte sont éludées. Le jeune délinquant n’est plus un mineur en danger, mais un individu dangereux à enfermer ! Or, les adolescents ne sont pas des adultes ! Chaque année, 15 000 jeunes âgés de 16 et 17 ans sont interpellés plusieurs fois dans l’année. Ce sont pour beaucoup, des adolescents déscolarisés depuis l’âge de 14 ans, sans travail ni qualification, qui n’accèdent pas à un premier emploi. Se percevant comme inutiles, humiliés par les échecs répétés, ils « traînent », provoquent, commettent ensemble la plupart de leurs infractions. 3350 d’entre eux ont été incarcérés en 2006. Cependant 70% récidiveront malgré ce séjour en prison, alors que, par ailleurs, les centres éducatifs ouverts permettent une réinsertion pour plus de 60% des jeunes qui leur sont confiés ! Qui nous fera croire aux bienfaits des prisons pour enfants ?

Nous défendons

Une véritable prévention Le mineur délinquant est d’abord un enfant en souffrance, et il convient de traiter les causes de cette souffrance plutôt que ses effets. Cette évidence connue des professionnels, doit orienter une véritable politique de prévention, d’aide et d’accompagnement, qui inclurait la justice saisie en amont, au civil et non au pénal, et une action éducative et non répressive. La société ne passerait alors plus autant de temps à tenter de rattraper les dommages causés à des mineurs dès leur plus jeune âge, dans l’indifférence ou l’incompétence non moins coupable de responsables politiques qui ne voient guère plus loin que la date des prochaines élections.

Une prise en compte de la réalité de l’adolescence D’autres sanctions existent, qui réparent sans exclure, et permettent un nouveau départ pour des jeunes en danger que l’école, la famille, la pauvreté, la justice, ou la politique répressive ont conduit au ban de la société. Nous devons ainsi nous engager dans la réussite de programmes ou projets éducatifs, de lieux de vie, d’internats qui structurent et aident ces adolescents, de dispositifs relais, de centres de jour, de maisons des adolescents, qui les fassent accéder à la culture, à l’éducation et à la formation. L’efficacité des alternatives à l’enfermement des enfants est probante. Elle serait encore plus forte si elles étaient appuyées par des moyens conformes aux enjeux.

Le droit à l’insoumission éducative Refuser de travailler en EPM n’est pas délaisser les mineurs délinquants, ou refuser le travail avec des jeunes incarcérés. En refusant d’exercer dans les prisons pour mineurs, il s’agit pour nous de bloquer ce système carcéral pour enfants, en contraignant justice et administration pénitentiaire à faire sortir ces jeunes des EPM comme des quartiers pour mineurs, pour leur permettre de suivre des cours, des formations, des entretiens, des soins et ne pas les isoler, toujours plus, de la vie en société. Nous serons solidaires de toute personne inquiétée pour son refus de travailler en EPM.

Les droits de l’enfant La Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par l’Etat français en 1990 stipule que « Les États parties reconnaissent à tout enfant suspecté, accusé ou convaincu d’infraction à la loi pénale le droit à un traitement qui soit de nature à favoriser son sens de la dignité et de la valeur personnelle, qui renforce son respect pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales d’autrui, et qui tienne compte de son âge ainsi que de la nécessité de faciliter sa réintégration dans la société et de lui faire assumer un rôle constructif au sein de celle-ci (article 40) ». Or la dignité et le sens de la liberté ne s’acquièrent pas dans la soumission, ni le respect de l’autre par le déni de soi, et la réintégration ne se prépare pas en prison. Les EPM sont criminogènes. Nous n’irons pas y travailler ! A Nantes le 1er décembre 2007

  • la place des enfants n’est pas en prison. mais que faire quand les (pseddo)aides n’ont pas permis que le minimun soit préservé ? DEs actes trés violents sont fait par des mineurs:viol scollectifs,séquestration,meurtres....La prison devient momentanément un lieu de pose,de réflexion,et de préparation de l’avenir.L’éducation nationale a sa place en temps qu’acteur et témoin de la réalisation d’un projet construtif pour adolescent. enseignante travaillant à l’epm de marseille

    Répondre à ce message

    • Qui a sa place en Prison ? 24 janvier 19:38, par GD 44

      Plutôt que d’entrer dans une polémique pour savoir si l’éducation nationale a ou n’a pas de rôle à jouer dans les prisons pour mineurs, il nous semble plus constructif de poser la question de ce à quoi sert vraiment la prison pour le mineur ? Ci-dessous, la conclusion d’un texte de 2002, et quelques références, pour que tous puissent se faire une idée de ce à quoi vont contribuer les 460 "nouvelles" places des 7 "nouveaux" EPM.

      "Au 31 décembre 1997, il y avait un “ stock ” de 767 détenus mineurs. Au 1er juillet 2002, il y en avait 901... 900 jeunes qui feront quoi en sortant de prison ? Puisqu’en 2002, il faut une fois encore reconduire le constat multi-séculaire selon lequel on ressort de prison en plus mauvais état qu’on y est entré, faut-il s’étonner du fait que la grande majorité de ces jeunes retourneront tôt ou tard en prison ? Dès lors, ne doit-on pas poser pragmatiquement (et non plus simplement idéologiquement), le question du bien-fondé de la prison ? D’aucun répondront peut-être qu’il faut nécessairement “ neutraliser ” (le mot revient à la mode) de dangereux criminels, auteurs d’agressions sauvages, criminels ou violeurs. Ils mentiront. Environ les deux tiers des mineurs détenus ont été condamnés pour des atteintes aux biens ou à l’ordre public (affaires de drogues, altercations avec des policiers). Est-il véritablement profitable à la société de les envoyer dans des prisons d’où ils ressortiront plus désespérés, plus isolés et donc plus violents qu’ils y sont entrés ?

      Laurent Mucchielli, sociologue"

      Pour en savoir plus

      Zambeaux E., En prison avec des ados. Enquête au cœur de l’“ école du vice ”, Paris, Denoël, 2001.

      Chantraine G., 2000, La sociologie carcérale : approches et débats théoriques en France Déviance et société, 3, p. 297-318.

      Combessie P., 2001, Sociologie de la prison, Paris, La Découverte.

      Les cahiers de la sécurité intérieure, numéro thématique : “Prisons en société”, 1998, n°31.

      Informations sociales, numéro thématique : “ Enfermements ”, 2000, n°82.


      Panoramiques, numéro thématique : “ Prisons : quelles alternatives ? ”, 2000, n°45."

      on peut aussi consulter le site

      http://prisonpourmineurs.monsite.wanadoo.fr/

      ou encore http://lejournalenvolé.free.fr

      ou même : http://prisons.free.fr/mineursincarceres.htm

      Et on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas...

      pour le GD 44



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