Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
Depuis trois mois déjà que le SII ( syndicat interco de l'Isère ) réuni en assemblée a
lancé un appel à la résistance concernant le personnel hospitalier en publiant le texte
suivant dans le journal de la CNT AIT : extrait: suivre le lien
http://topseveso.over-blog.com/article-13291890.html
A Valence le cloisonnement sectaire est tel que les simples revendication humaines
restent remisées dans les placards à balai
Madame la Ministre
La direction de l’hôpital Saint Louis de l’AP-HP souhaite généraliser l’identification des
malades par des bracelets d’identité. Alors que l’on parle d’humanisation des hôpitaux,
du droit des malades, de la dignité des personnes hospitalisées, nous sommes
particulièrement choqués par une telle démarche, aussi nous sollicitons votre soutien.
Certes, cela peut être acceptable, au cas par cas, pour des personnes incapables de
décliner leur identité (nourrissons, déments), sachant qu’il ne peut y avoir de catégorie
particulière (une personne sénile ou un malade mental qui connait son nom n’a pas à subir
ce genre d’humiliation), mais que des décisions d’équipe sur une personne donnée.
Mais lorsqu’une personne hospitalisée est capable de décliner son identité, lui demander
de "s’étiquetter" revient à la nier en tant que personne, à lui faire quitter sa qualité de
"sujet, objet de soins", pour en faire un "objet des soins". Agir ainsi pose de réels
problèmes éthiques, et va à l’encontre de la démarche soignante.
.
Un bracelet d’identification n’est pas un objet neutre, car il renvoi à l’imaginaire du
marquage, variable selon l’histoire personnelle : le bracelet du prisonnier ou du délinquant
sexuel, renforcé par le fait que l’hôpital comporte lui aussi des caractéristiques
d’enfermement et de soumission à un personnel en uniforme (ne dit on pas toujours la
surveillante en parlant du cadre infirmier ?). Une personne a ainsi demandé à l’infirmière
si on l’obligeait à porter ce bracelet parce qu’elle était séropositive. la chosification est
renforcée par le fait que l’étiquette informatisée collée sur le bracelet comporte un
numéro d’identification et un code barre. Lors d’une réunion d’information dans la
cafétéria de Saint Louis, le cadre supérieur chargé du projet a même indiqué qu’à terme
on passerait le lecteur de code barre sur la poche de sang ou de chimiothérapie, puis sur
le bras du malade afin de lire l’étiquette du bracelet pour vérifier la compatibilité ! Peut on
imaginer que traiter ainsi une personne hospitalisée comme un objet de consommation ne
modifie pas la relation soignant /soigné ?
a) L’animalisation, un malade ayant ainsi indiqué à l’infirmière qu’il n’était pas un chien, et
qu’il était hors de question qu’on lui mette un collier avec son nom
.
b)Le marquage des camps de concentration Ce n’est qu’une anecdote, mais pour
l’infirmière qui rencontrait ce patient pour la première fois, cela a altéré durablement le
rapport de confiance, car une gêne s’était installée entre eux., particulièrement sensible,
dans la mesure où l’hôpital Saint Louis se trouve entre Belleville et le Sentier
.
Une jeune infirmière ne se posait pas de problème par rapport au bracelet : elle
lle appliquait la consigne de la direction. Jusqu’au jour où le vieil homme hospitalisé à qui
e demandait de mettre ce bracelet, avec son étiquette à code barre, l’a regardé, à
remonté sa manche, et lui a dit « Mademoiselle, je n’ai pas besoin de votre bracelet
et, j’ai déjà un numéro d’identification de tatoué ». Face à cet ancien déporté, elle a vécu
un grand moment de solitude. Elle n’a jamais pu reprendre en charge ce patient, car
quelque chose était brisé dans la relation soignant/soigné. Et pour elle, ce bracelet n’est
plus une simple procédure de sécurisation.
A travers ce cas concret d’éthique clinique, chacun peut constater que la technique
modifie la relation de soins. Même en dehors de l’aspect stigmatisant, le bracelet, induit
un rapport de docilité, de contrôle, de soumission, qui va à l’encontre des valeurs du
soin. En mettant un bracelet, un patient ne peut plus être dans un rapport égalitaire avec
le soignant.
Qui plus est, c’est l’infirmière que l’on instrumente pour imposer ce bracelet, alors qu’au
contraire l’infirmière est là pour défendre la valeur et la dignité humaine du malade au sein
de l’univers hospitalier, en rappelant qu’il est en lui-même une fin, c’est-à-dire une
personne que l’on doit respecter, et non une simple chose (organe, pathologie), dont on
peut disposer. De part sa vision globale et ses capacités relationnelles, l’infirmière permet
au malade de conserver son humanité
.
Déjà en 2000, dans sa grande sagesse, le Directeur Général de l’époque avait préféré
retirer un tel projet, suite aux réactions des infirmières qui refusaient de mettre une
étiquette avec numéro et code barre au poignet des personnes hospitalisées, et à la
condamnation des groupes de réflexion de l’Espace Ethique AP-HP
.
Aussi, conformément aux recommandations élaborées par les groupes de réflexion de
l’espace