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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 07:44




Reçu par courriel sur la boite aux lettres du laboratoire.

a tous ceux qui organisent des concerts: la solidarité est une arme.



A Lyon, la répression sauvage du 19 mars et au moins cinq arrestations

Suite à la très grosse mobilisation du 19 mars 2009, environ 150

lycéen-es, étudiant-es, chômeur-euses, se sont donné rendez-vous place

des Terreaux pour continuer la journée de mobilisation.

Au menu : déambulation dans les rues de Lyon, pressions policières,

l’IEP de Lyon encerclé par la police pendant une bonne heure, des

arrestations, des violences policières, et pas mal de rage…

Le rendez vous est passé de texto en texto et par le bouche à oreille :

"15h00 rendez vous place des Terreaux pour une manif’ sauvage !"

A 15h20, 150 personnes ont répondu à l’appel. C’est peu pour partir en

manif sauvage. Les camarades doivent être fatigués de la matinée de

marche. Certains d’entre eux sont à l’AG à la Bourse du travail, d’autres

encore profitent du soleil sur une terrasse ou dans un parc… Dommage.

Pas le temps d’attendre beaucoup plus et les 150 personnes partent par la

rue Herriot à contre sens.

C’est un cortège peu structuré mais avec pas mal de slogans et d’énergie

tout au long du parcours.

On arrive place Bellecour pour essayer de récupérer quelques personnes qui

traîneraient par là. On reçoit quelques mots de soutien des derniers

syndicalistes encore présents. Ça ne restera que des mots. Personne ne

vient grossir les rangs de la manif sauvage. En même temps le cortège n’a

fait que passer place Bellecour sans même s’arrêter quelques minutes…

Difficile dans ces conditions d’espérer rameuter quelques personnes. Pas

le temps de tergiverser le cortège repars de plus belle et traverse le

Rhône pour arriver dans le quartier de la Guillotière.

A partir de ce moment la présence policière se fait plus présente et plus

pressente aussi.

Rue de Marseille, le cortège est suivi par 3 camionnettes, 4 voitures de

la BAC et aussi une voiture de flics "classique".

Quelques poubelles sont mises en travers de la rue pour retarder les flics

qui nous collent. Pas de dégradations, pas de graffitis, pas de jets de

bouteilles ou autres.

Le cortège arrive sur le campus de Lyon 2 avec pour objectif de récupérer

quelques étudiant-es pour grossir la manifestation. Manqué ! On ne

trouvera pas grand monde sur le campus. Dommage ! On continue !

A partir de ce moment il devient clair que le rapport de force commence à

tourner en faveur de la police et qu’ils se préparent à faire quelques

arrestations de personnes qui ont un look trop marginal ou "black block".

Le cortège continue vers l’IEP dans le même but d’essayer de le débrayer

et de proposer aux étudiant-es qu’il-les le veulent de se joindre à nous

pour continuer la manif. A partir de là, ça s’accélère.

L’arrivée se fait par la cour du musée de la résistance (tout un symbole).

Là, les flics essayent de contrôler les deux sorties de la cour pour

procéder à des arrestations. Les étudiant-es de l’Institut d’Études

Politiques de Lyon sont alors en AG dans leur bâtiment et comprennent la

situation. Deux arrestations ont lieu rue Rognon. Spontanément les

étudiant-es se mettent en chaîne dans la rue pour ménager un passage

depuis la cour du musée des résistances jusqu’au bâtiment de l’IEP. Ainsi

ils aménagent un "cordon sanitaire" entre la police et les manifestant-es

qui sont dans le collimateur des flics.

De cette façon les manifestant-es trouvent refuge dans l’IEP, et si les

flics essayent dans un premier temps de rentrer dans le bâtiment.

Immédiatement des professeurs de l’IEP rappelle aux fonctionnaires de la

répression qu’ils n’ont pas le droit de pénétrer dans un établissement

scolaire sans la permission de l’administration.

C’est un acte fort de solidarité pratique que les étudiant-es de l’IEP ont

été capables de mettre en place. Nous remercions tout les élèves et les

professeurs de leur courage et de leur bienveillance. Ainsi une réelle

convergence des luttes a pu se mettre en place. Ainsi quelques lycéens

"repérés" par la police ont pu attendre tranquillement et ne pas se faire

embarquer pour des prétextes fallacieux.

Du coup tout ce petit monde se retrouve dans l’IEP. Et la police commence

son siège du bâtiment. BAC flash-ball en main, flics en tenue anti-émeute

avec tonfa, bouclier, etc… se retrouvent devant les portes de

l’établissement. Des flics cernent les rues tout autour.










Une heure après, la commissaire et des profs et/ou l’administration de

l’IEP (c’est pas clair) négocie le départ de la police. Bien sûr il leur a

été interdit de pénétrer dans le bâtiment pour arrêter qui que ce soit.

Enfin il est décidé collectivement (les manifestant-es sauvageon-nes et

des étudiant-es de l’IEP) d’aller chercher du monde à Lyon 2 et de se

rendre au commissariat du 7° pour exiger la libération de nos camarades

arrêtés. Ils sont trois à être au poste à ce moment là.



Rassemblement devant le commissariat du 7° et nouvelle charge des flics



On arrive calmement à une centaine devant le commissariat de Jean Macé.

Bien sûr les BAC sont sur le perron de leur maison, le flash-ball à la

main (à croire qu’on le leur greffe de nos jours).

Quelques slogans sont lancé : "Libérez nos camarades !"

Au bout de quelques minutes, on apprend que les embastillés sont au

commissariat central Marius Berliet. Qu’à cela ne tienne, après quelques

minutes de discussions où les flics s’engagent à ne pas intervenir si tout

le monde s’en va. La centaine de personnes part donc d’elle même de devant

le commissariat de la place Jean Macé direction Marius Berliet. Aucun

projectile n’est lancé en direction de la police. Je n’ai pas non plus

entendu de nom d’oiseau. La situation est donc en train de se détendre

puisque les manifestant-es partent.
Cependant, là, sans sommations, dans notre dos, les flics chargent pour

arrêter deux personnes qui ont une capuche et un foulard noir. [1] Les

flics de la BAC se mettent alors carrément à tirer au flash-ball sur les

étudiant-es. Certain-nes sont terrorisé-es et se couchent derrière des

voitures. D’autres essayent d’empêcher les arrestations qui sont très

brutales, en gueulant sur les flics, ou en prenant des photos. Il

semblerait que pour beaucoup d’entre eux, se faire braquer par des keufs

est une grand première. Pas pour tous malheureusement…

Trois camionnettes de CRS débarquent alors à toute vitesse et prennent

position devant le commissariat.

Après ça les groupes éclatés refont la jonction devant le commissariat du

7°. Devant le rapport de force clairement en notre défaveur, et une fois

l’émotion passée il est décidé de rentrer en direction de Lyon 2 pour

pouvoir se disperser de manière plus sûre pour nous. Deux voitures de la

BAC nous suivent. Arrivés à Lyon 2, certain-es partent, d’autres restent

pour évacuer l’émotion et faire un débriefing de l’après midi.



Encore une fois les flics nous ont montré leur vrai visage : celui du

mensonge, de la répression aveugle, de la brutalité…



Le bilan de la journée c’est soldé par 5 arrestations, pour "jet de

pierre" (mensonge total), et le très pratique "outrage et rébellion" (qui

permet d’inculper n’importe qui).









La "caisse de solidarité" est sur le coup. Il a été dressé une liste des

témoins des arrestations. Un rassemblement doit être prévu vendredi 20

mars 2009 pour soutenir les inculpés en cas de comparutions Immédiates.

Quoi qu’il arrive il faudra les soutenir comme c’est le cas avec les inculpés de la manif contre Biovision.


[1] Il semblerait que les deux personnes arrêtées à ce moment ne

soient pas de Lyon et n’étaient même pas à la manif sauvage de l’après

midi. Pourtant la police pense reconnaître en eux des personnes

repérées plusieurs heures plus tôt, et cela malgré le foulard noir que

ces personnes portaient sur le visage. Il semblerait d’ailleurs que

ces personnes ont été ciblées pour le fait d’avoir masqué leur visage










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