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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 11:52

Une lettre ouverte de la part de pro­ches de Nabil :

Le 12 février 2013,

Nous avons écrit à de mul­ti­ples repri­ses l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire au sujet de la situa­tion de notre ami Nabil. Sans jamais aucune réponse ni réac­tion. Alors, nous adres­sons cette lettre à toute per­sonne qui voudra bien la lire et la relayer, en espé­rant que cela per­met­tra de faire savoir com­ment l’AP s’acharne sur lui et de faire évoluer sa situa­tion. Nous avons bien cons­cience que son cas n’est pas unique et sou­hai­tons bon cou­rage à tous les déte­nus subis­sant ce genre de choses, et à celles et ceux qui les aiment !

Depuis des années, nous avons pu obser­ver à quel point l’incar­cé­ra­tion est des­truc­trice. Nabil avait pour­tant un par­cours car­cé­ral qui sem­blait plutôt « normal ». Après d’autres incar­cé­ra­tions qui avaient été plus « tumul­tueu­ses », il fai­sait tout pour éviter les soucis avec l’AP (et pour­tant c’est par­fois dif­fi­cile !). Il fai­sait des pro­jets de sortie dans les­quels nous le sou­te­nions : il sou­hai­tait deman­der une libé­ra­tion condi­tion­nelle pour mener à bien un projet de maraî­chage. Ensemble, nous lui avions trouvé un loge­ment et un employeur. Il n’a jamais été sou­tenu par les juges, SPIP, etc. et n’a obtenu que des refus. Ce qui est pro­fon­dé­ment dépri­mant et révol­tant.

Depuis des mois, il subit ce qui nous semble être un achar­ne­ment par­ti­cu­lier, une situa­tion de plus en plus hard­core. Certains sur­veillants lui met­tent régu­liè­re­ment la pres­sion, voire le mena­cent. Il subit des fouilles répé­tées que nous qua­li­fions de har­cè­le­ment. Quelques objets trou­vés lors de ces fouilles (Lettres ? Clés USB ? Une machine à tatouer bri­co­lée ??? ...) sem­blent avoir fina­le­ment fourni le pré­texte d’un pla­ce­ment à l’iso­le­ment. Notre ami est au fond d’un cou­loir dont on a l’impres­sion qu’on n’attein­dra jamais le bout, on nous éloigne de plus en plus, de jour en jour. C’est inte­na­ble.

Au quar­tier d’iso­le­ment, il est enfermé en cel­lule toute la jour­née, seul, sans voir per­sonne, sauf les sur­veillants, quel­ques fois dans la jour­née. Il voit de temps en temps le per­son­nel médi­cal. Qui ne semble d’ailleurs « pas inquiet » quand une per­sonne qui pèse aujourd’hui 51 kilos en a perdu 15 au cours des der­niers mois, quand une per­sonne en est venue à sa tailla­der le torse pour qu’un sur­veillant lui res­ti­tue ses affai­res alors que c’était son dû. Il est en iso­le­ment strict, il n’a le droit de parler à per­sonne, de voir per­sonne. Il a accès quel­ques heures par jour à une « salle d’acti­vité »... où il n’y a pas d’acti­vi­tés pour une per­sonne seule ! Il y a un baby­foot, his­toire de lui rap­pe­ler à quel point il est seul ! L’accès à un livre de biblio­thè­que est com­pli­qué par des pro­cé­du­res extrê­me­ment com­plexes puisqu’il n’a pas le droit de voir le biblio­thé­caire. La « cour de pro­me­nade » semble être une farce : un minus­cule carré de quel­ques mètres aux murs très hauts et pla­fonné de grilla­ges. Il refuse d’y aller. Quoi de plus com­pré­hen­si­ble ? Ce n’est pas un endroit pour pren­dre l’air. Il ne peut pas se pro­cu­rer le mini­mum vital : les man­dats que nous lui envoyons met­tent dix jours à lui par­ve­nir. Comme la plu­part de nos let­tres.

Heureusement, les par­loirs sont main­te­nus (même s’ils se dérou­lent dans des cabi­nes spé­cia­les, minus­cu­les, avec dis­po­si­tif de sépa­ra­tion et avec toute une mise en scène ultra sécu­ri­taire quand il y est amené, heu­reu­se­ment qu’on en rit !). Quand il arrive au par­loir, il a du mal à parler car il ne parle plus de la jour­née, avec per­sonne. (Sauf quel­ques sur­veillants, trois fois par jour.) Ces moments sont extrê­me­ment pré­cieux pour lui et pour nous. A trois repri­ses des sur­veillants ont posé des soucis pour l’entrée au par­loir. Ils lui ont dit, ou ont dit à la per­sonne venue le visi­ter, qu’il n’avait pas de par­loir, que le rendez-vous n’était pas ins­crit, ou annulé. Ce qui était faux. Nabil a du insis­ter à chaque fois, étant per­suadé qu’il avait bel et bien un rendez-vous et qu’il y avait droit. Nous n’avons pas com­pris pour­quoi cela s’était pro­duit. Mais ce que nous savons, c’est que ces par­loirs sont les seules choses qui le rat­ta­chent au monde, ils sont vitaux pour lui, mais aussi pour ceux et celles qui l’aiment. Le priver de cela, c’est vrai­ment tenter de lui faire péter les plombs.

Notre ami nous a dit pour la pre­mière fois qu’il avait peur des sur­veillants, nous pre­nons ça très au sérieux. Certains l’ont pro­vo­qué, menacé, essaient de le pous­ser à bout. Ils pro­fi­tent de sa situa­tion : com­plè­te­ment isolé face à eux, com­ment se défen­dre et être sou­tenu ?

Il nous semble que cer­tains sur­veillants cher­chent des per­son­nes à punir, coûte que coûte, suite aux évènements sur­ve­nus dans cette prison. Est-ce que Nabil est une cible idéale parce qu’il a porté plainte contre la maison d’arrêt de La Talaudière ? Parce qu’il a par­fois écrit publi­que­ment au sujet de la prison et de ce qu’il en pen­sait ? Parce qu’il exprime par­fois ce qu’il pense un peu fort en déten­tion ? Nous par­ta­geons ses posi­tions et avons com­pris à quel point c’était dan­ge­reux, mais vital, d’expri­mer son avis en prison, de ne pas tou­jours se lais­ser faire.

Pour l’ins­tant, Nabil a réagi avec les mots et exigé que les droits lui soient appli­qués « nor­ma­le­ment ». Quand il s’est senti poussé à bout, il s’en est par­fois pris à lui-même pour expri­mer sa pro­tes­ta­tion, ce qui est inquié­tant. Mais c’était un moyen de ne pas réagir direc­te­ment aux pro­vo­ca­tions péni­ten­tiai­res.

Nous nous sen­tons par­fois bien seules et impuis­san­tes face à cette situa­tion, alors nous pen­sons à tous ceux et toutes celles qui subis­sent pareil, voire bien pire. Nous ne bais­se­rons pas les bras. Nous espé­rons que d’autres (amis ou inconnus, de dedans ou de dehors...) seront soli­dai­res.

Son avocat a déposé un recours au tri­bu­nal admi­nis­tra­tif afin de le faire sortir de l’iso­le­ment.

Des pro­ches de Nabil.

P.-S.

Pour avoir un récpitulatif (non-exhaustif) de ce qui s’est passé là-bas et suivre la lutte qui s’y mène : http://luttes-au-centre-de-detention-de-roanne.overblog.com

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