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Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale

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Lycée, collége c'est la rentrée: attention école

dessins kalcif, image kalcif, image éducation nationale, manifestations des lycéens, dessins éducation nationale
remerciement

Au moment où le gouvernement impose une réduction de l'effectif
enseignant, l'ennui à l'école augmente viscéralement, la spontanéité et la
subjectivité sont continuellement refoulées par les méthodes scolaires, la
morale de compétition de plus en plus présente, la synergie entre élèves
toujours absente, la ségrégation sociale de moins en moins sous-jacente.

L'école, c'est le premier acte d'allégeance à l'Etat, le premier pas vers
la négociation de la vie, le premier accord passé entre l'individu et le
monde marchand, la première phase d'acceptation du travail forcé, du
devoir citoyen, du spectacle, de la résignation, de la répression
intellectuelle et physique. Dès le plus jeune âge, l'enfant subit,
lentement mais sûrement, les méthodes d'une éducation misanthrope : réveil
uniforme pendant les cinq jours de la semaine, huit heures enfermé entre
quatre murs, sonnerie pavlovienne toutes les heures.

Pendant ces huit heures, l'élève est muré, félicité, châtié, honoré,
molesté, jugé, méprisé, encensé, grondé, moralisé, manipulé, consolé,
traité comme un objet malléable et docile ; les cinq sens sont émoussés,
placés sous la surveillance autoritaire du professeur
: Il doit fixer celui qui dispense le savoir purulent, l'ouïe doit écouter
seulement celui qui prodigue, la bouche ne doit s'ouvrir que par
l'assentiment de l'enseignant, la main ne doit s'agiter que pour attester
de la soumission faite au cuistre ; quant à l'odorat, il se contente de
humer les vapeurs nauséabondes de l'ennui.

La spontanéité et l'exubérance sont refoulées.



La curiosité qui anime l'enfant dès son plus jeune âge - ainsi que le lot
de questions qui va avec - est complètement annihilée, d'abord par la
famille qui la castre au moyen de réponses évasives ou de rebuffades puis
ensuite
par le poids du travail scolaire qui se substitue à l'émerveillement.

Après cette émasculation de la singularité, le désir de connaître est
tourmenté par l'angoisse de la faute et la crainte des sanctions. Cette
perte de l'émerveillement conduit à la spirale de l'ennui, jamais trop
éloigné du virage de l'échec. Ainsi, nombreuses sont les personnes qui ont
été dégoûtées et contraintes de laisser l'étincelle de la réflexion, de la
surabondance dans le bunker froid de l'école.L'élève ayant su la garder se
retrouve dans une ambiance putride, où le savoir devient un capital que
l'on
fait fructifier selon non plus l'étonnement mais l'ambition. A partir de
là, ceux qui ont des dents longues s'accrochent à la machine qui leur
promet une ascension sociale fulgurante, tandis que les autres se font
balayer par elle. Les élèves en "échec" sont dégagés dans les filières
manuelles ou ils apprennent dès leur plus jeune âge à nourrir le patronat
et à conjuguer le
verbe "profiter" à la 3ème personne du pluriel ; s'ils sont insatisfaits
de leurs conditions, ils n'avaient qu'à "travailler à l'école".

Voici le spectre de la réussite scolaire. L'expression "réussite scolaire"
peut se définir par son opposition : l'absence d'un "bon" diplôme est
généralement identifiée, par la conscience collective, à un mauvais
salaire, ce qui entraînerait une situation sociale indigente conduisant
inexorablement à une vie "ratée". Ce syllogisme sera en adéquation tant
que l'école portera ce vecteur ségrégationniste si nécessaire à l'ordre
établi.

Tant que l'apprentissage se fera sous l'ombre de l'émulation négative,
cette émulation qui nous présente les autres élèves comme des adversaires
potentiels, on portera les germes pourris de l'individualisme ; aussi
longtemps que les projets collectifs seront manifestés comme des travaux
contraignants et non-productifs pour les élèves, on cueillera un champ de
fleurs fanées. Tant qu'on oubliera que les écoles primaires publiques ont
été créées dans le but d'enrayer la propagation des idées révolutionnaires
au sein des classes laborieuses ; tant qu'on verra en Jules Ferry un homme
luttant pour la laïcité et non un homme raciste ayant adopté une optique
pro-coloniale, alors on pourra croire aveuglement à la sainte machine
scolaire et à la merveilleuse harmonie qu'elle engendre

CLM, lycéen à Auch


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