Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale

Publicité

Le rêve de nombreux politiciens

Il y a quelques mois,une traduction allemandedu livre « Huye hombre, huye »

écrit par Xosé Tarrío a été présentée dans différentes villes allemandes.

Xosé Tarrío a lutté pendant des années contre la prison et contre le régime

FIES, de l’intérieur et de l’extérieur. Finalement la prison l’a craché en 2005 pour

le laisser mourir. Gabriel, un bon ami et compagnon deXosé, a écrit le texte

ci-contre comme contribution à la présentation

LE RÊVE DE NOMBREUX politiciens est de concevoir lesvilles comme des prisons : des caméras à chaque angle,de puissants projecteurs qui ne laissent rien dans l’ombre, un flic pour contrôler chaque individu et réduire toute protestation

ou toute remise en cause du système à une simple insatisfaction personnelle suivant le cadre juridique supposé nous garantir une série de “droits” qu’ils nomment fondamentaux ou de l’homme.

Ce rêve n’est pas seulement un mélange de “1984” d’Orwell

et du “Meilleur des mondes” de Huxley où les peurs, réelles ou construites, la technologie, les drogues et la génétique font des hommes les objets d’un nouveau système totalitaire.

Ce rêve, c’est la réalité que nous vivons aujourd’hui, des deux côtés des murs ou des frontières. Quand nous disons “Todos somos presos”, nous sommes tous prisonniers, nous voulons dire que nous vivons une existence d’objets, car le

système nous transforme en êtres qui ont oublié leur passé de sujets dotés de mémoire, de conscience, d’envies et de capacité de lutter pour la liberté, pas comme maintenant quand s’applique le lavage de cerveau par les moyens de désinformation. Les débats télévisés pleins d’intellectuels et d’experts en politique ont déclaré morte la classe ouvrière, qu’il n’y aura

plus de prolétariat, ni aucun potentiel révolutionnaire qui justifierait les théories sur la nécessité des révolutions et de la lutte de classes. Il ne nous resterait plus qu’à accepter l’exploitation menée par ce sytème dénommé démocratique,

ou à protester pacifiquement sans trop le déranger.

Dans un même élan, ils appellent aussi les guerres impérialistes

des “interventions humanitaires” et la torture des “méthodes d’interrogatoire”, la liste de ces euphémismes est interminable.

Le pire, ce n’est pas ce que font les intellectuels représentants du néo-libéralisme et du capital, ou ceux qui sont au service du gouvernement en place et de l’état, car ils ne font que leur travail, ce pour quoi et par quoi ils vivent. Le

pire, c’est de voir et d’entendre tant de gens normaux,

qui sont pourtant les mieux placés pour comprendre et reconnaitre ces choses, répéter comme des perroquets les conneries et

les mensonges de ceux qui nous mènent au désastre, sans y réfléchir par eux-mêmes.

La guer- re de classes n’est pas une abstraction du passé qui ne servirait qu’à ce qu’une partie de la classe politique s’auto-légitime comme parti des travailleurs ou travailliste.

Nous tous et toutes qui n’avons et ne voulons même pas le pouvoir, que nous soyions ouvriers ou pas, constituons le prolétariat, consciemment ou pas. Et dans une société où la différence est claire et nette entre les intérêts de ceux qui

sont en haut et de ceux qui sont en bas, c’est la conscience qu’ont celles et ceux du bas pour affronter ou accepter ce système d’inégalité qui est décisive.

Cette brève introduction politique est importante pour moi, pour pouvoir vous parler ici et aujourd’hui et vous dire que notre activité politique et nos intentions ne doivent pas se résumer à une question de droits de l’homme. Prendre catégoriquement position contre les prisons et contre l’isolement et la torture, plus ou moins dure, signifie lutter pour tout, dans un système où nous sommes

tous prisonniers, même à des degrés différents. Au moment où certains d’entre nous se retrouvent pour lutter contre les prisons, nous devons poser que ce que nous voulons, ce ne sont pas des prisons plus humaines; aucune prison ne peut être humaine, pas plus que l’esclavage ou la tyrannie.

L’analyse de cette partie de la société nous aide à mieux comprendre dans quel type de société nous vivons. Car les taules sont un petit miroir qui reflète toutes les valeurs dominantes et les outils utilisés pour combattre la résistance et

le désir de vivre de celles et ceux qui osent se rebeller, que ce soient des prisonniers “sociaux” ou “politiques”. Il faut démasquer et protester contre ce système de destruction et de torture, comme les FIES en Espagne, le 41 bis

en Italie, l’isolement et la mise en détention de sécurité en Allemagne, les QHS en France ou les prisons de type F en Turquie, et nous pourrons montrer comment sont respectés les soi-disants droits de l’homme sur les terres démocratiques.

Et nous, personnes en général marginalisées, avec ou sans conscience de classe, ne pouvons jamais être sûres de ne pas finir un jour dans une de ces cellules. C’est une épée de Damoclès qui pend toujours au dessus de nos têtes.

Bien sûr, il nous faut nous organiser, car nous avons des intérêts communs, par delà les murs, les frontières et les idéologies qui nous séparent.

Ce qui se passe à l’occasion de cette soirée en est un exemple : Pastora une ouvrière impliquée dans les luttes sociales,avec une militante anticarcérale basque, un squatteur basque, un autonome allemand et moi, prisonnier anarchiste en Allemagne, avons, au delà de toutes les différences que nous

pouvons avoir, créé un moment de lutte, unis par nos similitudes et en nous organisant autour de questions de base qui de manière générale, et je dirais universelle, nous intéressent. En ce moment même apparaissent de nouveaux “Tarrios”, “Pombos”, “Ortizes” “Zamoros”, comme de nouveaux systèmes

FIES. Et nous savons que nous provenons du coeur de l’inégalité des possibilités et de l’injustice du système. Nous sommes ordinaires, tout comme les tabassages et les tortures ne sont pas des choses inhabituelles, mais normales

que nous infligent des gens pour un salaire et non en raison d’une idéologie fasciste. Ce qui est doublement triste. Bien sûr, la mentalité sociale est aussi le résultat d’une histoire collective, mais pas seulement. En revanche, la rebellion

contre l’injustice est universelle et échappe aux cultures, à la couleur de peau ou à l’origine et vit dans les individus libres, des humains qui refusent de se laisser contrôler et aliéner au nom d’une vérité universelle, complètement fausse.

L’histoire vitale de Xose, de Paco Ortiz, de Patxi Zamoro et de milliers d’autres, qui continuent à résister sur toute la planète nous apprend quelque chose que nous ne devrions pas oublier : la rebellion est possible, partout et tout

le temps.

Les liens d’amitié et d’amour sont plus forts que les chaînes et les punitions qu’ils nous infligent. Dignité, rebellion, amitié, amour, solidarité, liberté, organisation

sont quelques unes des idées et des valeurs que nous défendons et pour lesquelles nous luttons.Hier, aujourd’hui et toujours!

Un salut combatif d’une geôle destructrice de Aachen.

Je vous remercie de votre attention!

Gabriel Pombo da Silva

Aix-en-Chapelle, 8 mars 2008


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article