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Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale

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A nos camaradess qui sont encore enfermé

Tout révolutionnaire court le risque d’être, un jour, arrêté et condamné à de nombreuses années de détention. Son combat ne sera pas pour autant terminé ; l’expérience de la prison sera un enrichissement et, en prison, toujours, il devra continuer la lutte ».

C. Marighella, Manuel du guérillero urbain.

Des années de plomb allemandes, on se rappelle certainement « l’automne allemand » de 1977 qui a marqué de son empreinte l’histoire de la République fédérale. Il est probable qu’on se souvienne également de l’attentat contre l’ambassade allemande de Stockholm et de l’enlèvement de Peter Lorenz en 1975 et, peut-être même, des attentats de 1972 contre des installations militaires américaines. Ces événements apparaissaient comme les fruits du calcul insensé d’un petit nombre de militants radicaux, issus des mobilisations de la fin des années 1960 en en durcissant jusqu’à l’intransigeance les motifs et les principes. De fait, il n’est pas exagéré d’affirmer que ces attentats ont bousculé les fondements sur lesquels on pensait la société allemande solidement installée après le traumatisme consécutif à la Seconde Guerre Mondiale1. On ne saurait les considérer cependant comme résumant à eux seuls le conflit entre la jeune démocratie allemande et les groupes armés révolutionnaires qui brandirent leurs armes à l’orée des années 19702. L’absorption du conflit dans une trame d’épisodes macabrement spectaculaires restreint par trop le regard et, ce faisant, empêche de considérer l’affrontement dans toute son épaisseur. Il convient donc de ne pas borner l’attention aux seuls attentats et de prendre en compte d’autres arènes.

La prison est l’une des arènes alternatives du conflit. Comprendre la prison comme une authentique scène d’affrontement entre des organisations révolutionnaires clandestines et un Etat ne va pas de soi3. La prison apparaît communément comme un dispositif de soustraction au monde qui rompt le temps de l’action. La capture du terroriste, son introduction dans les circuits du traitement pénal, son enfermement dans des enceintes de surveillance maximale sont des moments ordinairement assimilés à l’idée d’un « arrêt ». Dans le cas présent, il n’en est pourtant rien : la prison, plutôt que de clore l’affrontement, en a ouvert une gamme de possibilités nouvelles qui l’ont relancé sous d’autres modalités.

En transformant l’illégalité en mode d’action politique, les mouvements se revendiquant de la « guérilla urbaine » ont d’emblée entretenu avec la prison un rapport étroit4. Ainsi, l’acte de naissance de la Fraction Armée Rouge est concomitant de la libération par la force d’Andreas Baader le 14 mai 1970, alors qu’il se trouvait en détention pour l’incendie d’un grand magasin deux ans auparavant. Et ce lieu où la première génération des groupes de guérilla urbaine a débuté est également celui de sa fin : pour la plupart des membres de ces organisations clandestines, il est rapidement dev
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