Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
C'est un événement
La chute des luttes de classes, le chômage, les transformations du travail et le dépérissement d'un mouvement ouvrier que ne remplacent pas de multiformes et insaisissables « mouvements sociaux », ont accompagné sinon provoqué un repli forcé sur la sphère familiale. Si le travail est précaire, le syndicat co-gestionnaire, le quartier anonyme et la rue menaçante, on ne se sent plus en sécurité qu'au sein de la parenté.
Mais à trop exiger de ce cadre, il devient carcan.
L'univers marchand quantifie et relativise. Le capitalisme multiplie à l'infini la quantité et la variété de ses productions, mais les rapporte toutes à un dénominateur unique, le coût social de leur fabrication.
Ce faisant, la société qui ne croit à rien qu'au bonheur individuel et familial, et se comporte comme si le bien collectif résultait de la convergence de millions de trajectoires personnelles, refoule un besoin de communauté qui aujourd'hui, en Europe, aux états unis ou au japon, s'exprime plus souvent dans les formes de fête profane ( voir fête de la lumière, fête du rhône)
La question de la faute et du sacré?
Dans un monde sans transcendance , quelle place reste-t'il à un sacré?
La notion de sacré est l'un des moyens d'exprimer et de vivre cette mise à l'écart qui vaut mise en
relief, mise en valeur.
Même, il n'y a qu'à voir, les rassemblements religieux prennent la forme de fêtes profanes, jusque dans leur vocabulaire, comme les JMJ catholiques.
La faute, en particulier, n'est pas évaluée par rapport à une valeur extérieure aux décisions des hommes, donc indiscutable, mais par rapport à un bien commun que les hommes réunis en société
sont supposés partager et respecter.
Plus il est comprimé, plus le sacré devient explosif. ( risque de suicide). La pacification interne des sociétés occidentales, la diminution des violences visibles de la rue, la discipline des corps, depuis les XVIIe siècles et XVIII siècles, complétés par la modération du langage politique après 1945, ont adouci nos moeurs en les étouffant. Une individualisation croissante n'atténue pas les antagonismes personnels et sociaux, mais les recouvre en retardant leur explosion..Plus exactement, toutes ces raisons n'ont joué qu'en libérant des passions accumulées et laissées sans exécutoire par l'essor industriel et marchand. La famille devient un des foyers où se réfugie une sacralisation prête à se déchaîner contre ce qui se passera pour profanation.
Dans cette grande agglomération valentinoise et bourcaine où la pacification devient le souci constant, l'explosion du sacré est inexorable et en même temps le suicide et la mort pour que le spectacle de la pacification continue.
The show must go on
Pire encore, ce ne sont pas des bourgeois ou des cadres, mais des membres des catégories inférieures de l'échelle sociale ( à ce qu'on dit), qui se sont laissés enrôler par des journaux tel le Dauphiné libéré, pour harceler le voisin.
Remarque en annexe: livrer sa peine, ses émotions, le récit de sa jeunesse ou ses difficultés de couple à un journaliste, « les enfants sont bien polis », c'est perdre une partie de sa vie. Le
mépris social se double d'un mépris de soi même. Les habitants du lieu ( alentour) accordent des interviews dés qu'un micro les sollicite, comme la pratique s'en est depuis banalisée ( émission du matin à France bleu ou RMC). A la dépossession caractéristique de la condition prolétarienne, les prolétaires du cru ajoutent la renonciation à leur propre protestation, à toute velléité d'autonomie.